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Point de presse de M. Robert Dutil, leader parlementaire de l'opposition officielle

Version finale

Wednesday, January 23, 2013, 15 h

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Quatorze heures cinquante-sept minutes)

M. Dutil: Alors, écoutez, nous sommes ici parce que, comme vous le savez, le gouvernement a rendu publique... a annoncé qu'il avait une stratégie secrète, dans le cadre de la gouvernance souverainiste, de faire l'indépendance du Québec, et auquel il travaille depuis des mois, semble-t-il.
Alors, évidemment, on a un ministre des Institutions démocratiques qui plaide qu'il veut une réforme de l'accès à l'information et on pense que la moindre des choses, ce serait que le gouvernement actuel cesse de travailler en cachette, dans le cadre de son projet de séparation du Québec, en utilisant les fonds publics pour faire des recherches. On se rappellera que le Parti québécois avait dépensé 88 millions de dollars en ce sens-là dans le passé.
Alors, on demande trois choses. La première, c'est que la stratégie doit être rendue publique immédiatement. La deuxième, c'est qu'on ait le détail des coûts que les contribuables québécois vont devoir payer pour l'élaboration de cette stratégie ainsi que toutes les autres dépenses effectuées par le gouvernement pour faire la promotion de la souveraineté. Finalement, le Parti québécois doit préciser le nombre de fonctionnaires affectés à l'élaboration de cette stratégie et à la gouvernance souverainiste en général.
On est dans un contexte économique pas nécessairement facile. Il y a de la turbulence dans le monde. Comme vous le savez, le Canada, le Québec s'en tirent mieux que les autres. Ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas des incertitudes, et on estime que ce n'est pas le mandat que la population du Québec a donné au Parti québécois. Alors, on pense que les urgences qui fonctionnent, des routes qui sont faites, des services qui sont donnés sont drôlement plus importants que de relancer des chicanes avec le gouvernement fédéral et de faire des dépenses injustifiées. Alors, ça nous confirme que le gouvernement ne place pas ses priorités à la bonne place, fait preuve d'une incompétence continuelle et ne gère pas de manière responsable l'État québécois actuellement en faisant la promotion de sa souveraineté, de la séparation du Québec, ce que la population ne souhaite pas et ce pour quoi ils n'ont pas reçu le mandat le 4 septembre dernier.
Questions?

M. Lafille (Julien): Comment vous pouvez affirmer que c'est une stratégie secrète quand ce parti a toujours affiché ouvertement qu'il aspirait à la souveraineté?

M. Dutil: On ne dit pas que le fait qu'ils aspirent à la souveraineté est secret. On dit qu'ils ont travaillé sur une stratégie pour la mettre en application, et que cette stratégie-là n'est pas connue, et qu'ils ne veulent pas faire, d'après les lectures que j'ai faites, de stratégie ouverte. Nous, on pense que, si tu utilises les deniers du gouvernement, tu dois dire de quelle façon ils ont été utilisés.

M. Laforest (Alain): Sauf que, M. Dutil, on parle d'une... ce que Mme Marois a annoncé hier, c'est un plan d'action du Parti québécois.

M. Dutil: Il y a le plan d'action, la publicité va être payée par le Parti québécois. La préparation de cette stratégie-là a été faite par des fonctionnaires. Alors, il y a deux...

M. Laforest (Alain): Vous avez la certitude de ça?

M. Dutil: Bien, il y a deux morceaux, c'est ce que nous, on perçoit, il y a deux morceaux. D'ailleurs, il y a des dépenses qui sont faites, Mme Marois s'en va entre autres en Écosse. Vous ne me ferez pas croire qu'elle s'en va en Écosse pour faire la promotion du développement économique du Québec; elle s'en va en Écosse parce qu'il y a un référendum sur l'indépendance de l'Écosse qui s'en vient, donc ça l'intéresse. Et ils sont allés en Catalogne, et ce n'est pas pour s'abrier avec une couverte qu'ils sont allés là. C'est parce qu'il y a une... ils veulent faire la promotion de la souveraineté.

M. Lecavalier (Charles): Mais, en Écosse, elle a dit que sa priorité serait l'économie. Donc, vous ne la croyez pas?

M. Dutil: Exactement. On ne la croit pas. On ne voit pas l'intérêt que le gouvernement du Québec a à aller plutôt en Écosse qu'à d'autres endroits où il y a plus de développement économique à faire. Et on pense qu'ils ont fait volontairement cette stratégie-là parce qu'il y a un référendum sur l'indépendance en Écosse.

M. Dutrisac (Robert): Bon. Il y a le parti et il y a le gouvernement. Le gouvernement, c'est la gouvernance souverainiste, et cette gouvernance souverainiste là, c'est essentiellement d'affirmer les compétences du Québec dans tous les domaines possibles. Il y a eu quelques exemples récemment, bon, le registre des armes à feu, l'orientation sur les récidivistes de l'alcool au volant, même le projet de loi sur mourir dans la dignité est aussi un moyen pour le Québec d'affirmer ses compétences dans ce nouveau champ.

M. Dutil: Il y a une différence entre affirmer ses compétences et vouloir faire de la gouvernance souverainiste. Quand vous me parlez du registre des armes à feu, nous avons une opinion différente du reste du Canada, et on en est bien conscients. On a le droit de faire un registre des armes à feu dans le cadre des compétences gouvernementales actuelles et on a réclamé les données, et la cour nous donne raison actuellement. Donc, dans le cadre fédéral, actuellement, un registre des armes à feu peut être fait par le gouvernement du Québec.
C'est un des exemples que vous me citez. Il y a d'autres exemples qui peuvent être très bien faits dans le cadre d'un gouvernement fédéral. On ne dit pas qu'il n'y a pas de désaccord entre le gouvernement fédéral et nous sur certains aspects, dans certains cas. Ce que l'on dit, c'est que le gouvernement... le Canada fonctionne bien, on reste un des pays qui a le plus de succès sur le plan économique dans le monde, mais on reste un pays où la paix règne de façon la plus complète dans le monde. Et on peut défendre nos capacités, on peut défendre notre culture dans ce cadre-là, et c'est notre prétention. Alors, nous, ce qu'on dit, c'est qu'il y a moyen de ne pas tout appeler «gouvernance souverainiste». Le registre des armes à feu, ce n'est pas de la gouvernance souverainiste, c'est une différence d'opinion avec le gouvernement fédéral. On a le pouvoir de l'exercer, on veut l'exercer.

M. Dutrisac (Robert): Mais, au-delà du mot «gouvernance souverainiste», il reste que les moyens d'action du gouvernement sont très limités, là, d'autant plus que c'est un gouvernement minoritaire. Et ce dont on parle, en réalité, c'est tout simplement d'essayer, autant que possible, dans plusieurs domaines, de baliser et d'étendre les pouvoirs, les compétences du gouvernement du Québec à l'intérieur même de la constitution actuelle.

M. Dutil: Bien, c'est ce que... Nous, c'est ce qu'on veut nous faire croire, là, c'est qu'on ne vise pas la souveraineté du Québec. Si vous parlez en privé avec des députés du Parti québécois, pour eux autres, la souveraineté est le but ultime et ils sont prêts à prendre tous les moyens pour le faire. Moi, je suis en politique depuis un certain nombre d'années. J'en ai vu des vertes et des pas mûres. Je ne vous citerai que quelques exemples. En 1994, je m'étais retiré de la politique. Je suis pourtant intervenu dans le débat sur le référendum qui avait eu lieu à ce moment-là, et la raison était la suivante: M. Parizeau avait promis une question claire, puis la question était loin d'être claire.
Alors donc, il y a des stratégies qui visent à faire croire que, si on n'a pas voté pour la souveraineté du Québec, c'est parce qu'on n'a pas compris. Et nous, qui sommes fédéralistes, on dit: Je pense qu'on comprend. Je pense qu'on comprend très bien les enjeux. Nous, on estime qu'il y a un intérêt pour les Québécois à faire partie de la fédération canadienne et que ça ne nous empêche pas de développer notre culture, et c'est le point que nous autres, on défend, et ce n'est pas parce qu'on ne comprend pas.
Alors, on voit qu'il y a eu, dans le passé, des stratégies de façon à vouloir convaincre les Québécois d'une chose qu'ils ne veulent pas. Quand on regarde des sondages, ça m'apparaît extrêmement clair, ce n'est pas la préoccupation des Québécois actuellement. Il y en a bien d'autres, et c'est normal.
Alors, ce que nous, on dit, c'est: Préoccupons-nous, surtout dans le cadre d'un gouvernement minoritaire, de ce qui préoccupe les Québécois, d'abord et avant tout.

M. Séguin (Rhéal): Quelle est, selon vous, la plus grande différence entre cette stratégie de gouvernance souverainiste et cette volonté d'aller chercher plus d'autonomie pour le Québec?

M. Dutil: Bien, nous, ce qu'on soupçonne toujours, malheureusement, c'est que le Parti québécois ne veut pas vraiment régler de dossiers avec le fédéral, parce que les régler est faire la preuve que le fédéralisme fonctionne. C'est le principal point qui est soulevé. Nous, on pense que le fédéralisme, malgré ses difficultés, fonctionne. Il n'y a pas de fédération qui n'a pas de débat, et c'est normal. Mais le résultat est là, le résultat pratique et pragmatique est là. Le Canada se tire très bien d'affaire dans une économie mondiale qui n'est pas facile, et on pense que ça doit être mis en valeur également.

M. Ouellet (Martin): M. Dutil, vous ne pouvez pas reprocher au PQ de faire la promotion de la souveraineté.

M. Dutil: Oui, monsieur, on peut reprocher au PQ de faire la promotion de la souveraineté dans un gouvernement majoritaire, ce pourquoi ils n'ont pas reçu le mandat, et c'est ce qu'on fait. Alors, c'est...

M. Ouellet (Martin): Mais ce n'est pas une surprise pour vous que le Parti québécois est souverainiste.

M. Dutil: Non, non, non. Je ne dis pas que c'est une surprise. Je ne dis pas que c'est une surprise, mais quand vous nous dites: Vous ne pouvez pas le leur reprocher, je vous dis: Oui, oui, on peut le leur reprocher et on le fait. Nous, on estime que le 4 septembre, ils ont reçu un mandat de gouverner le Québec, mais sans faire la souveraineté, et ce qu'on souhaite, c'est qu'ils s'en tiennent à ça. Ils ne veulent pas s'en tenir à ça, et on va le leur reprocher avec véhémence, je vous le dis tout de suite.

M. Séguin (Rhéal): Mais qu'est-ce qu'il y a de secret dans la stratégie du Parti québécois, mis à part qu'on nous a dit qu'on aurait...

M. Dutil: Bien, mon cher ami, ce qu'il y a de secret, c'est justement ce qu'on veut savoir. Qu'est-ce qu'il y a de secret? Pourquoi Mme Marois dit qu'elle ne fera pas de stratégie ouverte? Donc, elle va cacher la stratégie pour mener les Québécois, essayer de convaincre les Québécois à la souveraineté.

M. Séguin (Rhéal): Parce que ce que j'ai pu comprendre hier, c'est qu'elle allait nous dévoiler son plan de gouvernance souverainiste dans les semaines à venir. Donc, ce n'était toujours pas prêt, là, elle est en train de travailler là-dessus et là, finalement, elle allait le dévoiler...

M. Dutil: C'est ça. Alors, nous, on demande...

M. Séguin (Rhéal): ...donc finalement ça va être public, tout ça, là.

M. Dutil: C'est ça. Alors, on demande qui travaille, combien ça a coûté. Vous avez vu les trois questions que j'ai posées. Je pense que ce sont des questions tout à fait légitimes. Et qu'ils nous répondent à ça, puis on se montrera satisfaits si c'est raisonnable.

La Modératrice: En anglais.

M. Duboyce (Tim): So you say that the PQ is working almost in secret on this plan to promote sovereignty, but they miss no opportunity to say that they're sovereignists and that they're a sovereignist government. So what do you mean? What are they hiding?

M. Dutil: Bien, what we mean, that's: On September 4th, they don't receive the mandate to work on sovereignty, they received the mandate to govern the Québec. And the Government have not the majority in National Assembly, so they have to take that in account. We don't think they take that in account, we think that they try to govern as if they were a majority government. It's not the case.

M. Duboyce (Tim): But what's wrong with a PQ Government trying to persuade the population that their option is the right option?

M. Dutil: There's no problem in that. We want to know what it costs to take this plan, who was implied in this plan and all information we have the right to have. And that's all. And Mrs. Marois said: No, we want to make an open strategy, we will keep our strategy secret. And we don't accept that.

M. Dougherty (Kevin): But, sir, isn't... If I understand correctly... I asked Mme Marois this question yesterday, and her answer was: There's two things. There's a government, which is a minority government, which doesn't have a mandate, as she said, to go ahead with a referendum, and they have a policy called sovereignist governance.
And then the other thing is it's the Parti québécois, and they're having a meeting in Drummondville to adopt a «plan d'action», an action plan to promote sovereignty. So it's the party, it's not the Government.

M. Dutil: Yes, this part is their business. If this is a plan paid by the party, and all things are paid by the party, OK, that's their...

M. Dougherty (Kevin): ...

M. Dutil: Yes, I make the difference between the expanses of Parti québécois and the expanses of Government. But, when Mrs. Marois goes to «Écosse»... to Scotland, we think legitimately, I think, that she doesn't go there to make... to improve the economy of Québec province. They are going there to know what will happen with the independence referendum in Scotland.

M. Séguin (Rhéal): What do you think would happen if Scots vote for independence? What do you think would happen? What impact that would have in Québec?

M. Dutil: I don't know what will be the result in Scotland, but I read the agreement, and, if you read the agreement, you will see that that's one thing. That's not the only thing. But one of the things there is that the question will have to be agreed from both parties.

M. Séguin (Rhéal): ...question. They have a clear question that will be put to the Scots.

M. Dutil: In Scotland, yes.

M. Séguin (Rhéal): Yes. United Kingdom has...

M. Dutil: What I mean by that, it's... we didn't have, in the past, in Québec province, a clear question.

Mme Montgomery (Angelica): Now, this campaign that is going to be brought forward by the Parti québécois, there is a chance that it could convince some people, if they have a really good campaign. Is there any plans, on the Liberal side, to go on some kind of counter offensive?

M. Dutil: We will see that. We heard about their strategy, but we will see what we will do. Clearly, we're not for sovereignty of Québec, we're federalists.

Mme Montgomery (Angelica): Can I also ask... when the Parti québécois launched their new language law, we've also learn that they drew a party that cost about $7,000. How much respect do you think that show towards people who feel that they are being signalled out by this language law?

M. Dutil: We will have a debate on the language law, and I'm not the «porte-parole» of this debate. But we don't agree with Parti québécois for all their laws they put in National Assembly. In autumn, we accepted to vote for eight of the... the eight laws passed. I think the only law who was not adopted at unanimity of the Assembly was one were CAQ decided to don't vote for it.

Mme Montgomery (Angelica): Yes, but I'm talking about this cocktail party. They drew a cocktail party, a $7,000 cocktail party when they introduced that bill. Do you think it's inappropriate for a Government to draw a cocktail party when they introduced a bill that doesn't agree with some Quebeckers.

M. Dutil: That's not the main problem of Québec. I don't agree with them, but, you know, we have to choose our fights and we think that the fight of other expenses by the Government, it's more important.

(Fin à 15 h 11)

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