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Point de presse de Mme Véronique Hivon, ministre déléguée aux Services sociaux et à la Protection de la jeunesse, Mme Sylvie Roy, porte-parole du deuxième groupe d'opposition en matière de services sociaux, et de Mme Françoise David, députée de Gouin

Version finale

Tuesday, April 30, 2013, 15 h 47

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Quinze heures quarante-sept minutes)

Mme Hivon: Alors, bonjour. On est ici parce que la Chambre, donc l'Assemblée nationale, vient d'adopter à l'unanimité, par vote unanime, donc, de l'ensemble des députés, une motion très importante, une motion qui demande au fédéral, donc, de renouveler la Stratégie des partenariats de lutte contre l'itinérance sur le modèle actuel, donc en respectant les priorités et les orientations du Québec et la compétence du Québec en matière de lutte à l'itinérance.
Pourquoi cette motion-là est si fondamentale? C'est parce que, dans le dernier budget fédéral, le gouvernement a indiqué son intention de modifier, donc, le fonctionnement de cette stratégie de lutte à l'itinérance, qui repose sur une entente Canada-Québec, pour privilégier désormais une seule approche, l'approche Logement d'abord, et donc de mettre de côté toutes les autres formes d'approche qui répondent à des besoins et à des réalités variés, bien sûr, de l'ensemble des personnes itinérantes ou à risque de devenir itinérantes.
Donc, aujourd'hui, par ce geste fort de l'Assemblée nationale, on veut envoyer un signal clair au gouvernement fédéral que cette nouvelle orientation ne peut pas être maintenue, qu'elle doit être revue pour bien sûr permettre à l'approche Logement d'abord, qui en soi peut être valable, mais à d'autres approches aussi de pouvoir être mises de l'avant.
Parce que, quand on parle d'itinérance, de personnes itinérantes ou de personnes à risque d'itinérance, bien sûr il ne peut pas y avoir qu'une seule approche mise de l'avant, il y a toutes sortes de besoins. Il y a des besoins d'intégration, il y a des besoins d'aide de jour, il y a des besoins de refuge, il y a des besoins d'aide alimentaire, il y a des besoins de travail de rue. Donc, il y a une panoplie d'approches défendues par une multitude d'organismes, qui en ce moment sont très inquiets de cette nouvelle orientation-là, qui ne vise qu'une seule cible, mise de l'avant, donc, par le gouvernement fédéral.
Donc, aujourd'hui, on parle d'une seule voix pour demander au fédéral, donc, de revoir rapidement cette approche pour permettre au Québec de continuer à pouvoir faire valoir ses orientations et ses manières de faire dans son champ de compétence et aussi de permettre aux organismes, qui travaillent très fort sur le terrain, de pouvoir continuer à mettre de l'avant leurs approches, qui sont variées, je le répète. Donc, je vais...
Et c'est un geste très fort aussi d'être en point de presse avec les représentantes, donc mes vis-à-vis, de la CAQ, de la Coalition avenir Québec, et de Québec solidaire pour démontrer cette unité. Ma collègue du Parti libéral devait aussi être présente, mais elle a eu un contretemps. Elle a voté en faveur de la motion parce qu'on parle vraiment aujourd'hui d'une voix unanime pour dénoncer cette orientation fédérale.
Donc, je vais leur laisser dire un petit mot, et par la suite M. Pierre Gaudreau, qui est représentant, donc, du Réseau Solidarité Itinérance du Québec, qui en est le président et qui est aussi un coordonnateur du RAPSIM à Montréal, va vous dire quelques mots.

Mme Roy (Arthabaska): Bien, je croyais important d'être ici avec Mme Hivon et ma collègue parce que l'itinérance, c'est un problème à visages multiples. On ne peut pas lutter contre l'itinérance d'une façon seulement. Je pense qu'il y a plusieurs facettes à l'itinérance, et il doit y avoir plusieurs façons d'aborder ce problème, premièrement.
Mais deuxièmement je veux aussi souligner qu'il y a eu un vote et que tous les députés se sont prononcés en faveur de cette motion. J'espère qu'on va avoir un minimum de respect. Des motions de l'Assemblée nationale ne servent pas qu'à remplir le papier sur lequel elles sont couchées. J'espère que le gouvernement fédéral va tenir compte des demandes du Québec. Pour eux autres, ça ne coûtera pas plus cher si l'enveloppe est la même. Peut-on respecter le travail qui se fait au Québec, avec nos organismes, qui travaillent d'arrache-pied sur le terrain, c'est le cas de le dire - je ne voulais pas faire un mauvais jeu de mots, là - et qui travaillent, et qui s'arrachent le coeur pour aider nos itinérants à revenir jusqu'à l'étape ultime, avoir un logement et être autonome? Je vous remercie. Oh! Je ne veux pas te piler sur les pieds.

Mme David: Bien, écoutez, très, très, très rapidement, parce que je pense qu'à peu près tout a été dit, j'ajouterais simplement qu'il serait juste normal que le gouvernement fédéral respecte cette opinion unanime de la Chambre, de l'Assemblée nationale du Québec. Ça a été tellement simple, finalement, à nous entendre entre nous. C'était tellement évident qu'il fallait cette approche, donc, qualifiée de multiple ou de globale. Le gouvernement fédéral n'a pas à s'immiscer dans les façons de faire du Québec sur un terrain à caractère social, où est-ce que nous connaissons ce terrain, nous connaissons très bien les problématiques des personnes qui sont en situation d'itinérance. Les groupes les connaissent très bien, et il revient aux groupes, et entre autres au RAPSIM, de définir comment on doit intervenir. Donc, on demande tout simplement au gouvernement fédéral de respecter ce travail qui est fait au Québec.

M. Gaudreau (Pierre): Bonjour. Pierre Gaudreau, du Réseau Solidarité Itinérance du Québec. On se réjouit vraiment aujourd'hui de l'appui unanime de l'Assemblée nationale au travail qui est fait depuis un mois au Québec pour demander au gouvernement fédéral de maintenir les orientations d'un programme qui fonctionne.
La Stratégie des partenariats de lutte à l'itinérance, depuis une douzaine d'années, a permis de prévenir et de réduire l'itinérance, de sortir des gens de la rue en aidant la construction de logement social avec du soutien communautaire, en accueillant les gens dans la rue, en faisant un travail d'animation, d'intervention, d'accompagnement et de suivi des gens qui se sortent des refuges, qui se sortent des hébergements.
Donc, c'est un programme qui fonctionne. On est vraiment fâchés de voir que le gouvernement fédéral veut revoir ça au nom d'une seule approche. Comme la ministre Hivon l'a dit déjà il y a quelques semaines, on ne peut pas tous mettre nos oeufs dans le même panier en itinérance. Mme Roy en a parlé aussi, Mme David. Il y a différentes réalités, différentes solutions pour les hommes et les femmes qui se retrouvent dans la rue.
Présentement, la SPLI, dans une douzaine de régions, c'est près de 50 000 personnes qui sont aidées, selon une enquête qu'on a menée, et qui sont soutenues pour éviter de se trouver à la rue ou, dans les gens qui sont à la rue, qui sont aidés dans des démarches pour s'en sortir. Revoir l'orientation actuelle du programme de lutte à l'itinérance, c'est menacer ces 50 000 personnes là de voir leur situation se détériorer.
Donc, on demande vraiment, effectivement, avec l'Assemblée nationale, avec la ville de Montréal aussi, la semaine passée, qui a adopté, elle aussi, une résolution unanime, et tout le milieu communautaire, des centres de services sociaux, que le fédéral refasse ses devoirs, tout simplement, en permettant au Québec d'aller de l'avant avec ce qui a été fait depuis une douzaine d'années, où le milieu de la santé, avec le milieu communautaire, voit les besoins dans les différentes régions, est-ce qu'on doit davantage aller en logement, en hébergement, en intervention, un peu de tout en même temps et non pas, mais vraiment pas une seule approche. Merci.

Mme Hivon: Merci beaucoup. Merci.

(Fin à 15 h 54)