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Conférence de presse de M. Jean Rochon, ministre d'État aux Ressources humaines et au Travail, et de Mme Linda Goupil, ministre d'État à la Solidarité sociale, à la Famille et à l'Enfance

Importantes annonces dans le cadre de la fête des travailleuses et des travailleurs

Version finale

Wednesday, May 1, 2002, 13 h 18

Salle Evelyn-Dumas (1.30), édifice Pamphile-Le May

(Treize heures dix huit minutes)

M. Plouffe (Robert): On est prêt, M. Rochon, vous pouvez y aller.

M. Rochon: Oui, c'est beau. Je suis celui qui ouvre?

M. Plouffe (Robert): Oui, allez-y.

M. Rochon: Alors, mesdames, messieurs, je n'ai sûrement pas besoin de vous présenter ma collègue qui m'accompagne, Linda Goupil; à ma droite, M. Roger Lecourt, le sous-ministre du ministère du Travail. Vous comprendrez que, en ce jour de la fête des travailleurs, à titre de ministre d'État aux Ressources humaines et au Travail, il me fait grand plaisir de vous annoncer, d'abord, une augmentation du salaire minimum de 0,30 $, c'est-à-dire que le salaire minimum passe de 7 $ à 7,30 $, et, deuxièmement, une consultation sur la révision de la Loi des normes du travail.

Le salaire minimum, nous avons une augmentation de 0,30 $ qui se fera en deux étapes: une première augmentation de 0,20 $ le 1er octobre prochain, et une deuxième, le 1er février 2003, de 0,10 $, ce qui fait globalement une augmentation de 4,3 % du salaire minimum. Alors, c'est assez important parce que ce qu'on fait là, en fait, c'est une augmentation du pouvoir d'achat de plus de 200 000 travailleurs qui sont ceux qui sont rémunérés au niveau du salaire minimum. Et il faut se rappeler que le salaire minimum est, avec la fiscalité, un des deux plus puissants outils que possède un gouvernement pour répartir la richesse collective. Et, à ce titre, cette mesure prend une place importante dans la stratégie de lutte à la pauvreté qui s'élabore présentement et qui prévoira d'autres mesures éventuellement.

Deuxièmement, il y a un autre élément s'agissant du salaire minimum qui est important. La dernière fois qu'on a fait une augmentation du salaire minimum, le Conseil des ministres avait décidé de se donner un mécanisme qui nous permettrait d'avoir un suivi beaucoup plus rationnel, plus transparent et plus régulier des augmentations du salaire minimum. Et il y a un comité de travail qui a été mis sur pied avec différents ministères: des Finances, Industrie et Commerce, Emploi et Solidarité, le Travail. Et le Conseil des ministres a aussi approuvé aujourd'hui un nouveau mécanisme qu'on a utilisé pour une première fois pour en venir à la décision qu'on a prise d'augmentation du salaire minimum. C'est un mécanisme qui, globalement, là, je vous décris ses grandes caractéristiques, qui regroupe 11 indicateurs économiques dont le principal est celui qui est le ratio du salaire minimum par rapport au salaire industriel moyen, mais 10 autres indicateurs – là, je n'irai pas dans les détails présentement – qui permettent de bien moduler une décision, et ces quatre indicateurs-là ont été choisis au cours de quatre axes: un qui vise le pouvoir d'achat des travailleurs, un autre axe qui vise la compétitivité des entreprises, qu'il faut maintenir, un troisième qui vise l'effet du niveau du salaire minimum sur l'emploi et, finalement, un quatrième axe qui vise l'incitation au travail avec le niveau de salaire minimum, compte tenu du salaire industriel moyen, compte tenu des prestations de l'aide sociale. Voilà donc pour le salaire minimum.

Maintenant, aussi aujourd'hui, on passe à une phase importante qui est un peu l'étape ultime du travail qui a été déjà enclenché il y a quelque temps pour la révision de la Loi des normes du travail, c'est une consultation qui va se faire avant l'été, d'ici, avant la fin du mois de juin – donc, elle commence dans quelques semaines – et qui vise à pouvoir, dès l'automne prochain, procéder avec un projet de loi et différentes mesures législatives, au besoin, pour modifier et moderniser notre Loi des normes du travail. La consultation, présentement, porte sur quatre volets – et vous avez un document qui en donne les détails: un premier qui est l'aspect où on amènera des éléments nouveaux aux normes du travail sur l'important objectif de la conciliation du travail avec les responsabilités familiales et aussi avec les conditions de vie personnelles des gens – les contextes ont changé de façon importante, et on a besoin de moderniser et même de faire des innovations dans notre loi à cet égard; le deuxième aspect de la consultation est celui de la protection des travailleurs et de leurs droits, tous ceux qui sont régis par la Loi des normes du travail, qui représentent à peu près 60 % des salariés au Québec, alors que 40 % sont plus régis par le Code du travail, parce que c'est des gens qui sont représentés par des syndicats et qui ont des conventions collectives qui déterminent leurs conditions de travail; troisième élément est celui du caractère universel de la Loi des normes du travail qui, par nature, est une loi d'ordre public qui vise l'ensemble des citoyens. Comme toute règle, il y a toujours des exceptions qui sont faites à différentes époques, et là on pense qu'on peut élargir encore plus le caractère universel de cette loi-là, et il y a une série de mesures qui sont prises à cet égard. Et, finalement, il y a un volet qui prévoit des mesures pour bien assurer que les normes du travail édictées par la loi sont appliquées et qu'on peut mieux en contrôler l'application.

En plus du travail de ce document et cette consultation, il y a deux autres dossier qu'il faut avoir à l'esprit qui vont aussi converger avec cette consultation à l'automne prochain pour la révision des normes du travail, un concerne le harcèlement psychologique au travail, c'est une consultation qui a déjà été faite auprès de plusieurs groupes, et là il y a un travail intense qui se fait par le ministère du Travail avec différents groupes pour compléter nos analyses, nos études et avoir des recommandations prêtes pour l'automne, et finalement, il y a un autre groupe qui forme le troisième élément du trépied, avec la consultation, le harcèlement psychologique, et l'autre est sur les nouveaux d'emploi. Et on sait qu'il y a une grande évolution puis il y a beaucoup de changements qui se font dans les statuts d'emploi des différentes personnes, ce qui fait que nos lois, autant le Code du travail que la Loi des normes du travail trouvent difficilement parfois son application. Alors, on veut voir pour l'automne prochain aussi comment la Loi des normes du travail pourrait mieux protéger différents titres de statut d'emploi ou comment, au besoin, d'autres mesures législatives pourront permettre de faire ça.

Et là aussi, s'agissant de la lutte à la pauvreté, la Loi des normes du travail rejoint plusieurs objectifs et sera sûrement un élément de la stratégie de lutte qui est en préparation présentement, c'est pour ça que j'étais content que ma collègue qui est aussi responsable de la condition féminine et de la famille puisse m'accompagner pour faire cette annonce.

Mme Goupil: Bien, peut-être... Merci beaucoup, Jean. Peut-être ajouter que, d'abord, c'est une bonne au niveau de l'augmentation du salaire minimum. Souvenons-nous tous ensemble que dans le cadre de la Marche mondiale des femmes, entre autres, c'était une revendication importante. Au moment où on avait augmenté de 0,10 $, ça se voulait, d'abord et avant tout, une mesure de reconnaissance pour cette mobilisation et on sait aussi que la plupart des personnes qui sont prestataires du salaire minimum se retrouvent particulièrement dans les services, que ce soit au niveau de la restauration, l'hôtellerie ou dans des services près des magasins et tout ça, et ce sont majoritairement des femmes aussi qui s'y retrouvent. Alors, non seulement c'est un pas dans la bonne direction, mais c'est une mesure de solidarité aussi, comme mon collègue l'a mentionné, et finalement, la révision des normes du travail, ça a un lien direct aussi avec tout ce qui touche la famille, et le on sait que la conciliation famille, travail, majoritairement, les gens expriment que c'est au niveau du travail que les choses doivent changer.Alors, dans ce contexte-là, non seulement ça a un lien direct avec le plan concerté des familles que notre ministère va déposer bientôt mais, en plus, c'est une considération importante dans le cadre d'une stratégie nationale de lutte à la pauvreté.

M. Rochon: Merci. Je vous donne juste l'information que le document de consultation sera disponible dès demain. Vous comprendrez que le Conseil des ministres vient de l'approuver ce matin. On voulait, vu qu'on est la journée de la fête des travailleurs, faire cette annonce-là dès maintenant. Mais dès demain matin, autant sur le site du ministère que le document papier va être distribué, document qui sera mis en consultation. Voilà.

M. Plouffe (Robert): Michel Hébert.

M. Hébert (Michel): À quand remontait la dernière augmentation? Et avez-vous fait une évaluation des coûts pour les entreprises de l'impact de cette mesure-là?

M. Rochon: La dernière augmentation avait été faite le 1er février 2001 et à ce moment-là on était passé de 6,90 $ à 7 $. Et le groupe de travail dont je vous ai parlé quant à ce qui regarde l'étude d'impact qui a établi le mécanisme a justement travaillé pour qu'on puisse maintenant avoir un mécanisme qui tienne compte, comme je vous disais, du pouvoir d'achat qu'on veut maintenir puis améliorer pour les travailleurs, mais aussi la compétitivité des entreprises et ce que ça représente pour l'entreprise d'être capable d'assumer l'évolution du salaire minimum et de s'assurer que le salaire minimum évolue comme étant un reflet de notre enrichissement collectif et que ça se répercute là comme ça s'est répercuté sur les autres travailleurs dans leurs conventions collectives par ailleurs.

Alors, ça, oui, tout ça va être fait durant l'année pour l'établissement du mécanisme et l'utilisation de ce mécanisme-là pour faire la recommandation cette année incluait cet aspect-là.

M. Hébert (Michel): Merci.

M. Plouffe (Robert): Robert.

M. Dutrisac (Robert): J'aurais une question sur le salaire minimum, savoir où est-ce qu'on se situe par rapport à l'Ontario? Puis je vois que ce n'est pas vraiment dans vos variables. Habituellement, c'est ça. Le gouvernement cherchait toujours à avoir une espèce d'arrimage avec l'Ontario. Qu'en est-il justement de cet arrimage?

M. Rochon: L'Ontario a un salaire minimum présentement qui est à 6,85 $ et qui n'a pas été changé depuis sept ans, depuis janvier 1995.

Alors, votre question est très juste, et il fut un temps où se comparait toujours. Maintenant, on réalise maintenant que, pour l'Ontario, le salaire minimum n'est plus un outil qu'ils utilisent parce que, étant resté en Ontario surtout à ce niveau-là, on m'a bien expliqué que, sur le marché du travail, ce n'est plus du tout un critère de référence. Il ne doit pas y avoir grand-monde en Ontario qui travaille à ce niveau-là si on veut vraiment trouver des travailleurs aujourd'hui.

Donc, l'Ontario ont leurs raisons pour faire ça, n'utilisent plus vraiment cette norme-là. Et en Amérique du Nord, il faut dire que, parmi des caractères qui nous distinguent, il y a toute notre législation sur les normes du travail et une des normes très importantes dans ce cadre-là, c'est le salaire minimum. Ça, ça nous distingue au Québec effectivement.

M. Dutrisac (Robert): M. Rochon, dans un autre ordre d'idées, mais qui touche les normes minimales de travail, comment est-ce que le gouvernement justifie le fait qu'il encourage un réseau de 8 000 salariés qui n'ont pas droit à la protection des normes du travail, je parle de l'article du Devoir ... M. Rochon: Vous faites référence entre autres à ce qui était dans les journaux ce matin.

M. Dutrisac (Robert): Comment est-ce que vous justifiez ça, M. Rochon?

M. Rochon: Bon. On ne justifie pas ça. Il y a effectivement un bon nombre de gens – on dit 8 000, là, je présume que c'est un chiffre qui peut être adéquat, mais ce n'est pas la question du chiffre qui est importante – qui sont des gens qui remplissent des fonctions de gardien ou de gardienne, c'est essentiellement de ça dont on parlait ce matin, et qui ont vu leur situation évoluer rapidement et à ce point que le groupe de travail dont je vous parlais tout à l'heure qui regarde la question des nouveaux statuts d'emplois a dans son mandat de regarder aussi la situation des gardiens et des gardiennes. Il ne faut pas reculer à tellement longtemps où, pour les personnes âgées, pour les personnes handicapées, surtout, ceux qui faisaient, remplissaient ces fonctions de gardiennage et d'aide à domicile pour leur donner différents services étaient très souvent des gens qui faisaient partie de l'entourage de la personne – amis, parents, alliés – partie d'un réseau très personnel et choisi par la personne. Et les gens tenaient beaucoup à les choisir, parce que beaucoup de ces services-là sont des services, comme on le dit dans l'article ce matin, de nature très intime. Alors, il y a de ce statut-là où graduellement on a eu une évolution où à un moment donné on a donné vraiment un statut de salarié, comme on dit, à ces gens-là qui leur a quand même amené certains avantages qu'ils n'avaient pas auparavant. Le statut de salarié des gens qui font ces fonctions-là maintenant leur a donné, par exemple, le droit au salaire minimum – ce qu'on vient de parler ce matin, ça s'applique à eux – l'assurance emploi, la Régie des rentes et la protection qui est prévue par la loi des accidents... de la santé et de la sécurité au travail. Ça, ça a déjà été une modification de leur statut, qui est encore en évolution. Et, quand on souligne qu'il y a d'autres éléments des normes du travail qui ne les couvrent pas encore, c'est une bonne question. Ça fait partie des travaux qu'on a mis en cours et, moi, je souhaite, j'ai comme objectif qu'à l'automne, là, on sera prêts vraiment pour voir comment on peut continuer d'assurer, d'élargir la protection de ces gens-là, qui a déjà commencé de bouger au cours des dernières années.

M. Dutrisac (Robert): ...votre objectif, donc, de changer la situation et de faire en sorte que ces gens-là soient couverts par les normes du travail.

M. Rochon: Oui. C'est déjà parti. Puis on veut voir jusqu'où la Loi des normes du travail devrait s'appliquer à eux: complètement ou est-ce qu'il y aura certaines modalités qui devront tenir compte de leur situation particulière. Mais donc, on n'est pas du tout en situation d'essayer de justifier ça, mais on en est très conscients puis on est d'accord. C'est quelque chose qui est en évolution, comme beaucoup d'autres statuts d'emploi. Ces gens-là ont souvent été... jusqu'à maintenant été et eux-mêmes souvent se considéraient comme des travailleurs autonomes, jusqu'au moment où on constate que leur situation correspondait plus à celle d'un salarié, mais c'est un salarié de nature très particulière, compte tenu des services qu'ils rendent et du contexte dans lequel ils les rendent. Alors ça, ça fait partie des travaux qu'on fait pour moderniser notre Loi des normes du travail.

M. Plouffe (Robert): Norman.

M. Delisle (Norman): Bien, j'aimerais ça, M. le ministre, avoir plus de détails sur le mécanisme de fixation du salaire minimum qui va... enfin, que le Conseil des ministres a adopté et notamment aussi savoir si son application va être automatique.

M. Rochon: Bon. Je vais vous répondre tout de suite à l'autre partie, là, il n'y a pas d'automatismes. Il y aura... Ce que le mécanisme va permettre, c'est qu'à chaque année, il y aura une décision qui sera prise en ce qui regarde le salaire minimum. Il y a un principe qui est admis, c'est que la valeur minimale du salaire minimum, pas nécessairement une référence au dollar constant là mais la valeur en dollars réels, ne pourra pas être baissée. Elle va être maintenue et à chaque année on aura à déterminer est-ce qu'on l'augmente et on l'augmente de combien si on l'augmente. Donc, ce n'est pas un automatisme mais c'est une décision annuelle qui devra être prise mais il n'y aura rien d'automatique.

Ce que le mécanisme prévoit – si on veut voir sans aller dans tous les détails techniques – l'utilisation des 11 indicateurs dont je vous parlais dont celui qui est l'indicateur maître, qui est le ratio entre le salaire minimum et salaire industriel moyen, établit un créneau entre 45 et 47 % – comme objectif – du salaire industriel moyen. C'est le créneau où l'objectif vise à établir le salaire minimum. Donc, on ne devrait pas... À moins qu'il y ait des situations très particulières de l'économie, on devra s'assurer que le salaire minimum est au moins au niveau de 45 % et bouge dans le créneau compte tenu de la conjoncture et de l'utilisation des 10 autres critères qui regarde les quatre ans dont je vous parlais, pouvoir d'achat, compétitivité, l'impact sur l'emploi et l'impact sur l'incitation au travail. Et ça, ça va amener à chaque année le ministre du Travail à une situation où il pourra faire de façon très rationnelle, si vous voulez, très transparente, une recommandation sur l'application des différents indicateurs qui suggèrent une décision qui va dans un sens ou dans l'autre.

M. Delisle (Norman): ...vous n'avez pas répondu à une question de mon collègue Hébert qui demandait si vous aviez une évaluation globale du montant que ça peut représenter la hausse pour les entreprises.

M. Rochon: Quand le travail a été fait par le comité, il y a... Oui, c'est des... je peux vérifier les chiffres. On a sorti... Bon. Pour l'ensemble des industries du Québec, l'impact qu'aura l'augmentation qu'on annonce aujourd'hui, la hausse du salaire minimum qu'on annonce aujourd'hui sera entre 0,13 % – je deviens très technique – et 0,81 % mais là, on rentre dans des éléments très, très techniques. Mais, la réponse à votre question, c'est que, oui, on a tenu compte de ça pour s'assurer que nos indicateurs et nos axes montrent que c'est quelque chose qui peut se prendre par les entreprises. Maintenant, là, il faut dire... il faut préciser une autre chose si vous voulez parler de ça. Les entreprises – Linda l'a rappelé – où on retrouve des gens qui sont payés au salaire minimum, c'est à au moins 75 % des gens qui sont dans le domaine de la restauration, de l'hébergement et des services. Et le salaire minimum qu'on applique est très rapidement répercuté sur l'ensemble de la population qui utilise ces services-là. Et c'est pour ça que je vous disais: c'est un outil pour le gouvernement, avec la fiscalité, de répartition de la richesse et c'est pour ça que le salaire minimum, suivant notre enrichissement collectif, permet de dire, à mesure que notre enrichissement collectif monte, on s'assure que ceux qui sont au salaire minimum en profitent aussi parce que ce que les gens vont payer pour obtenir des services qu'ils donnent et le travail qu'ils font va suivre l'enrichissement collectif.

Quand on regarde l'impact sur les entreprises, on voit que, sauf quelques exceptions, les entreprises qui ont des travailleurs au salaire minimum ce n'est pas des entreprises qui vivent de l'exportation essentiellement, c'est un marché local. Donc, les impacts, là, on peut les cibler beaucoup, si, pour un type d'entreprise ou l'autre, il pouvait avoir un élément d'exportation. Je vous donne ça comme élément, là. Vous voyez que, compte tenu du type de marché où ça s'applique, le travail minimum, les indicateurs qui ont été retenus autour des quatre axes permettent d'être sûr que, quand on prend une décision comme ça, on est équitable. Ce qu'on fait, c'est qu'on assure l'équité dans le partage de notre richesse collective.

M. Labbé (Francis): M. Rochon, Mme Goupil, un peu dans le même sens, j'aimerais que vous résumiez, à tour de rôle, si possible, qu'est-ce que le Québec gagne quand on hausse le salaire minimum?

M. Rochon: J'ai manqué votre... Ce que le Québec gagne?

M. Labbé (Francis): Qu'est-ce qu'on gagne en tant que province quand on hausse le salaire minimum comme vous le faites?

M. Rochon: Qu'est-ce qu'on gagne?

M. Labbé (Francis): Qu'est-ce que ça apporte?

M. Rochon: Bien, essentiellement, ce que ça apporte, comme je vous dis, c'est une mesure que l'État québécois utilise avec d'autres mesures dont la fiscalité. Dans le cas du Québec, ça va se joindre à d'autres mesures d'une stratégie de lutte contre la pauvreté. La population du Québec gagne un pas de plus vers un partage plus équitable des revenus et donc de notre richesse collective. C'est essentiellement là qu'est l'impact d'une mesure comme le salaire minimum.

Mme Goupil: Et j'ajouterais peut-être un élément. D'abord, c'est une reconnaissance pour les femmes et les hommes, et, comme on disait tout à l'heure, il y a plusieurs femmes qui se retrouvent au salaire minimum. Alors, c'est une reconnaissance du travail de ces personnes, et aussi la révision qui fera l'objet de consultations. Il y a plusieurs groupes de personnes qui sont venus exprimer justement qu'à partir de critères éclairés, on sera en mesure justement de permettre à l'ensemble de notre société de voir que oui Québec a un pas d'avant au niveau du salaire minimum en termes d'augmentation mais c'est aussi parce qu'on est une société qui se veut plus égalitaire. Et dans le cadre de redistribution de nos impôts, la fiscalité et le salaire minimum, ces deux mesures là combinées ensemble permettent à ceux et celles qui ont des revenus qui sont plus bas, bien, de rehausser à la fois leur pouvoir d'achat, leur capacité d'avoir plus d'argent disponible finalement. Alors, ça apporte aux hommes et aux femmes qui ont ces salaires une reconnaissance et un peu plus de sous pour pouvoir finalement... soient utilisés pour les paniers de service ou pour toute autre chose. Mais ce sont des personnes qui ont des salaires qui sont quand même assez bas quand on regarde le coût de la vie d'aujourd'hui. Alors, c'est une reconnaissance pour eux et pour elles.

M. Plouffe (Robert): On pourrait prendre une dernière question en français, on va passer en anglais après. Et c'est possible que M. Boisclair vienne après ça s'adresser à vous.

M. Tanguay (Louis): M. Rochon, est-ce qu'on sait combien de travailleurs syndiqués ont un salaire dont l'écart est de moins de 0,30 $ par rapport au salaire minimum actuel?

M. Rochon: C'est-à-dire que quand... un écart de moins de 0,30 $?

M. Tanguay (Louis): De 0,30 $ ou moins, c'est-à-dire pour combien de travailleurs est-ce qu'on peut considérer que ça les fait rejoindre le plus bas niveau de salaire de personnes syndiquées?

M. Rochon: Le salaire... Les travailleurs syndiqués qui vont voir augmenter leur salaire...

M. Tanguay (Louis): Il y a des gens dont le salaire, en tant que syndiqués, est presque équivalent au salaire minimum.

M. Rochon: Bon. Écoutez, on ne peut pas donner un chiffre précis – je consulte, M. Lecourt, le sous-ministre – ce qu'on vous dit, là, avec assurance, c'est qu'il y en a très peu des travailleurs syndiqués qui sont payés au salaire minimum. Dans bien des cas, le salaire minimum peut être un salaire d'entrée. Mais, très rapidement, les gens avec les conventions collectives, en termes de mois même, progressent très rapidement. Donc, même quand on fait un portrait dans le temps, ceux qui pourraient être au salaire minimum, syndiqués, six mois après, ne le sont plus. Ils ont déjà progressé, vu les conventions collectives en général qui ont été convenues.

Donc, quand on parle du salaire minimum, ça vise essentiellement les 60 % des salariés qui ne sont pas syndiqués à toutes fins pratiques, et, à l'intérieur de ceux-ci, ça cible beaucoup, comme je vous le disais, tout le secteur de l'hébergement, de la restauration et des services, en général. C'est vraiment de ces gens-là dont on parle.

M. Plouffe (Robert): John.

M. Grant (John): If an increase in minimum wages is necessary and justifiable, why wait till October?

M. Rochon: Well, the objective that we had as a government, as I have explained, was to make sure that for the future we do have a mechanism which is... will permit to the government on a regular basis, each year, to consider the situation of the minimum wages compared to the average industrial salary in Québec and make a decision every year, now, to make sure that we maintain the evolution. It took a bit more time since the last decision which is about a year and a half from back to February...

Mme Goupil: 2001, 2001.

M. Rochon: ...2001 until next october when this new increase will be in application, because we had to establish this new mechanism to make sure that from now we will do it on a regular basis.

M. Grant (John): The Conseil de la famille, if I remember correctly, said that the best way to conciliate family life with working life is to have more time off. Did you at any time in your deliberations consider a trade off between higher salary and more holidays?

M. Rochon: Now we're talking more about the different conditions that we have within the «des normes du travail» and the decision today has two aspects to it: we make the decision to increase the minimum wage but we are also proceeding to a consultation in order to modify the legislation that we have for the «normes du travail» next fall.

And that as a major focus, the modification of that legislation, to take into account the conciliation between the work and the obligation that we have with the family and the general context of our personal life, which include also leisure time as part of the life of any individual.

M. Plouffe (Robert): Kevin.

M. Dougherty (Kevin): M. Rochon, first of all, why are you announcing this now? And second of all I remember in the past comparisons were made with the minimum wage in New Brunswick for instance and the argument was made that we couldn't really raise our minimum wage that high because that would make, the argument that you know if you raise the minimum wage to a certain point you loose jobs in fact, you don't create jobs. Has anything changed in that equation and why are you doing this now?

M. Rochon: Will you repeat the last part, the end of your question?

M. Dougherty (Kevin): O.K., well, I'm just wondering if there are any changes in that equation, you know, Québec's minimum wage as relative to New Brunswick, relative to Ontario in terms of, you know, the argument is that if the minimum wage is too high in Québec, jobs will go, say in the Gaspé...

M. Rochon: Ah, will transfer from one province to another one?

M. Dougherty (Kevin): Yes, yes, yes, yes, has that changed?

M. Rochon: Well, I think that when we look at the situation now and we consider that the workers that are really concerned with the minimum wage which how... as I explained, exist essentially in the sector of services, this is not a very mobile manpower, and, from all the information I have, I don't think that today we do consider that the evolution of the minimum wage – within the economic context, of course – will have an impact on the mobility of this kind of manpower.

M. Dougherty (Kevin): If I'm interpreting you correctly, the idea that jobs would go to New Brunswick, say, you know, because of this increase... You're not going to lose any jobs to New Brunswick, you don't really think?

M. Rochon: No.

M. Dougherty (Kevin): No.

Mme Goupil: Moi, je voudrais ajouter quelque chose. Je comprends bien en anglais, mais je vais répondre en français à votre question. Parce que, quand on a eu des gens qui effectivement nous ont fait part que, dès qu'on augmentait le salaire minimum, ça avait des répercussions sur nos entreprises et qu'on quittait... Comme notre collègue a travaillé pour être capable d'aller avec plus de précision mesurer quel serait l'impact, quelles sont les personnes qui sont touchées par cela, comme ce sont majoritairement des personnes dans le domaine du service, ça n'a pas d'impact pour de la mobilité. Quand ce sont, par exemple, des entreprises qui, comme Jean vient de le mentionner... Lorsqu'ils entrent dans une entreprise, rapidement, ils dépassent le salaire minimum. Alors, avec les demandes qui ont été faites, on a été capable de préciser davantage les personnes qui seraient touchées par cela et quelles seraient les répercussions économiques. La consultation va permettre aussi d'approfondir pour qu'on soit capable de dire: Quand on augmente le salaire minimum, voici l'impact sur les entreprises, voici l'impact sur le personnel des services.

M. Dougherty (Kevin): The real question is: Why are you doing this now? Has it to do something with the economic meeting on Saturday, or the popularity of the government?

M. Rochon: No, no, no! No, no, no!

M. Dougherty (Kevin): It's a cynical question, but...

M. Rochon: Well, if you're asking why we're doing it now in terms of why today instead of tomorrow...

M. Dougherty (Kevin): No, why... Ha, ha, ha!

M. Rochon: ...that's very clear that we were really interested to it today, because this is an important celebration on May the 1st. That's what... But, in the past, since 1994, the practice was to make a decision, and it has been a decision to increase on a regular basis the minimum wage every year, and the new decision was in application as of October the 1st, O.K., and what we were aiming for was to reestablish this pattern, and we remember that the last time that has been, we were just coming out of a very difficult economic period, it had been a very difficult decision to make, and one of the decisions has been made back in February 2001 that, for the future, we will not every year be in that kind of situation which is difficult to define, really, with respect to the minimum wage. So the decision was taken that we will have a mechanism that will make sure that we can do it on a regular basis and on the basis of a rigorous economic analysis and good indicators. So we had to take the time to establish that mechanism, so it took a bit more than one year. But now that we have this mechanism, the objective is that, every year now, the Minister of Labor will make a recommendation to the government and the decision will be made. And if the economy continues to develop and to improve, then we could expect that every year we would be able to follow with the minimum wage.

M. Plouffe (Robert): En vous remerciant, on va laisser la place aux deux autres ministres parce qu'ils ont une annonce rapide à faire. Si vous voulez être concis dans votre annonce, et concis dans vos questions.

(Fin à 13 h 49)

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