National Assembly of Québec - Return to homepage

National Assembly of Québec - Return to homepage

To use the Calendar, Javascript must be activated in your browser.
For more information

Home > News and Press Room > Press Conferences and Scrums > Point de presse de Mme Filomena Rotiroti, porte-parole de l'opposition officielle en matière d'immigration et de reconnaissance des compétences, et de M. Geoffrey Kelley, porte-parole de l'opposition officielle en matière d'affaires autochtones et chargé des relations avec la communauté anglophone

Advanced search in the News and Press Room section

Start date must precede end date.

Point de presse de Mme Filomena Rotiroti, porte-parole de l'opposition officielle en matière d'immigration et de reconnaissance des compétences, et de M. Geoffrey Kelley, porte-parole de l'opposition officielle en matière d'affaires autochtones et chargé des relations avec la communauté anglophone

Version finale

Wednesday, May 8, 2013, 11 h 41

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Onze heures quarante et une minutes)

Mme Rotiroti: Alors, bonjour à vous tous. Si on est ici aujourd'hui, c'est suite à la question que j'ai posée hier concernant l'attaché politique de la ministre de l'Immigration et des Communautés culturelles. Il a tenu des propos assez, je dirais, mal placés envers les immigrants. Et mon collègue de Jacques-Cartier, aujourd'hui, il a posé une autre question par rapport aux anglophones.
Alors, juste pour vous mettre un petit peu en contexte, hier, la question portait sur un extrait qu'il avait écrit, qui expliquait c'était quoi un immigrant parfait. Et qu'est-ce que j'ai trouvé étonnant, c'est que la ministre a esquivé la question totalement, elle n'a jamais répondu à la question. Suite à ça, j'ai donné la chance à la ministre, à un débat de fin de séance, de se reprendre, au moins de s'excuser auprès des immigrants par rapport aux propos que son attaché a tenus. Elle ne l'a pas fait. C'est sûr que nous, on... Moi, j'ai réclamé, dans les circonstances, la démission de M. Verboczy. Pas... Je n'ai rien contre, personnellement, contre son attaché politique, c'est plus par rapport aux propos qu'il a tenus. Alors, je cède la parole à mon collègue de Jacques-Cartier.

M. Kelley: Merci beaucoup. À mon tour, hier, j'ai pris connaissance d'un article que ce même attaché politique a écrit sur la question des anglos, avec une rubrique Ils sont fous ces anglos Alors, moi... Le monde qui me connaît, j'aime une blague, j'aime l'ironie aussi, mais les généralités de ce genre sont très dangereuses. On est dans le contexte d'un débat linguistique autour du projet de loi n° 14, on cherche toujours... et je pense que le ministre de l'Immigration et des Communautés culturelles a un rôle important d'être rassembleur dans notre société, de travailler avec l'ensemble des composantes.
Cet attaché politique est assis à côté de la ministre tout le long des consultations publiques sur le projet de loi n° 14. Alors, si l'analyse des présentations qui étaient faites par les groupes de la communauté anglophone, entre autres, sont analysées sous le prisme de ce mépris, moi, je trouve ça fort troublant. Il y a un comportement requis, dans les personnes sur la place publique, qui est plus élevé qu'un simple citoyen. Ici, on a quelqu'un qui conseille le ministre dans le contexte d'un débat linguistique, et, je trouve, ses propos sont méprisants.
En grande pompe, la première ministre, au mois de septembre, a désigné le ministre de la métropole pour tisser des liens avec la communauté anglophone. Je ne comprends pas son silence à cette question, parce que ce n'est pas avec des propos comme ça que ce gouvernement, qui est sensé être le gouvernement de l'ensemble de la population, va tisser des liens avec la communauté anglophone.
And it is no laughing matter to treat 800,000 people as crazy. Perhaps it was a joke, but it was certainly a very bad joke on the part of this «attaché politique» who, as I say, plays a very key role in advising the minister. In a very sensitive language debate, he was someone who sat beside the minister to listen to the 75 or 80 groups who testified on Bill 14. So I think the only choice is that this minister must fire her «attaché politique» and must make excuses to the English speaking community because these words are unacceptable.

Mme Nadeau (Jessica): On pourrait dire que vous essayez de trouver n'importe quel prétexte pour aller foutre la pagaille dans le projet de loi n° 14. Qu'est-ce que vous répondez?

M. Kelley: Au contraire, moi, je pense, il faut procéder avec le respect, mais quand... j'ai assisté tout au long de la question du projet de loi n° 14, et quand le Barreau du Québec, quand la Commission des droits de la personne du Québec - je ne pense pas que c'est les témoins flyés - sont venus pour témoigner que les droits de la minorité anglophone sont compromis par le projet de loi n° 14, je pense qu'on a tout intérêt d'être vigilants.
Mais quand on voit quelqu'un qui conseille le ministre, qui a cette attitude de mépris envers la communauté anglophone, moi, je pense qu'on a tout intérêt de se lever, tout comme il y avait les médias anglophones à l'extérieur du Québec qui, parfois, ont fait les... parce que c'est M. Verboczy qui évoque la question de Richard Bain dans son article. On sait, la réaction au Québec quand le shoe was on the other foot, et on a vivement contesté le Toronto Star ou le Toronto Sun dans le passé quand ils ont fait les choses semblables. Alors, il ne peut pas avoir deux poids deux mesures.
Moi, je pense, c'est très, très regrettable. Tout l'ensemble de la société québécoise a dénoncé les incidents du 4 septembre et tout le reste. Alors, de lier l'ensemble d'une communauté au geste de cet individu, c'est complètement inacceptable.

Mme Nadeau (Jessica): Qu'est-ce que ça dit, selon vous, qu'à la fois la ministre et que d'autre monde du gouvernement évitent de répondre à cette question-là en disant, par exemple: Bon, c'est des vieilles archives du journal Métro, il y a des choses plus importantes. Donc, en ne répondant pas à la question, qu'est-ce que ça témoigne de la part de ce gouvernement?

M. Kelley: C'est vieux de huit mois, alors ce n'est pas si vieux que ça comme argument. De deux, c'est le manque de compréhension total de la communauté anglophone. Nous avons vu ça dans les présentations qui étaient faites dans le projet de loi n° 14. Ce gouvernement insiste toujours à mélanger la puissance de la langue anglaise, qui est un phénomène international, avec la communauté anglophone qui a fait les pas de géants depuis 30 ans pour s'intégrer dans la société québécoise, pour améliorer la connaissance de la langue française, pour travailler en français. Alors, encore une fois, ça démontre un gouvernement qui a une incompréhension totale de la communauté anglophone.

Mme Nadeau (Jessica): En ne répondant pas à cette question-là, est-ce que vous pensez qu'ils appuient ces propos-là, qu'ils endossent ces propos-là?

M. Kelley: Je ne peux pas arriver à d'autres conclusions que ça.

Mme Rotiroti: Bien, moi, je vais vous dire qu'avec les applaudissements qu'on a eus aujourd'hui du gouvernement suite à la réponse de Mme De Courcy qui n'a pas eu le courage, ni hier ni aujourd'hui, de dénoncer les propos de son attaché politique, on peut arriver à la conclusion qu'ils sont d'accord avec la position de son attaché. Je veux dire...

M. Gagné (Louis): Est-ce qu'il y a une partie... Qu'est-ce que vous dénoncez le plus dans les propos, là, de l'article en question? Est-ce que c'est l'ensemble ou il y a certaines révélations, allégations qui vous ont plus choqués que d'autres?

M. Kelley: Moi, j'ai cité le premier paragraphe de l'article sur les anglos parce que ça met en question qu'on est collectivement... presque on souffre d'un genre de maladie mentale, presque. Ses mots sont un petit peu plus nuancés que ça, mais c'est la conclusion. Et, comme j'ai dit, il n'y a pas de place dans le débat public sur ces genres de régionalités, peu importe l'origine ethnique, le genre, la langue, la religion, de dire que tous les... sont... c'est toujours dangereux.
Et c'est une chose, un écrivain, quelqu'un assis devant son ordi peut faire ça, mais sur la place publique, quelqu'un qui a un poste de responsabilité est tenu aux standards qui sont plus élevés. Alors, c'est ça qu'ils exigent, que cet attaché politique doit respecter les standards beaucoup plus élevés qu'un simple citoyen.

M. Séguin (Rhéal): Mais il n'en n'avait de responsabilités le 14 septembre 2012. Il n'était pas attaché politique.

M. Kelley: Mais il a travaillé avec Mme De Courcy pendant 10 ans, alors Mme De Courcy le connaît bien. Il était commissaire scolaire à l'époque. Il était un élu pour le district de Westmount, de mémoire. Alors, oui, il était déjà sur la place publique et, deux semaines après avoir écrit ça, il était embauché par la ministre comme conseiller politique. Alors, c'est dans le dossier, M. Séguin, avec tout respect.

Mme Rotiroti: D'ailleurs, là-dessus, je vous dis, hier soir, à la séance de fin des débats, on a eu le débat là-dessus. La ministre a avoué qu'elle était au courant de qu'est-ce qu'il avait écrit et elle l'a embauché pareil. Alors, c'est elle-même qui l'a avoué qu'elle était au courant de ses propos.

M. Harrold (Max): The other story you're talking about, immigrants, when did that come out?

Mme Rotiroti: This came out on the 23rd of September, I believe. And what's even more preoccupying is that this «attaché politique» in question has the files that deal with immigration and «la francisation». So the stereotypes that he brings is quite worrisome.

M. Harrold (Max): Is he not entitled to his opinion?

M. Kelley: As a simple citizen, yes. As someone who works for the Government, no, because the standard that we have for someone who works for the Government is different. And particularly in that role as the Minister of Immigration and Cultural Communities, the role is to bring all Quebeckers together. The Premier, in her first answer today, said: I'm the Premier of all Quebeckers. Well, when you say that, you include the English-speaking community of Québec as well. And with that kind of lack of respect, how can this person then become an advisor to the Minister on Bill 14, which divides Quebeckers?

M. Harrold (Max): Isn't that a little bit of a stretch though? He does say in his first paragraph: «Ils ne sont pas fous à lier comme cet infâme Richard Bain», which, to me, says they're not as crazy as Richard Bain.

M. Kelley: But they're still crazy.

Mme Rotiroti: They're not as crazy, but they're still crazy.

M. Harrold (Max): OK, so... And you're saying that he is held to a higher standard because he happens to be an advisor to the Minister, who is...Can you explain what is such a problem about... Don't you trust the Minister to be able to separate, you know, various opinions and...

M. Kelley: Well, I think it says a lot about his attitude in general towards the English-speaking community.

Mme Rotiroti: Until now, the Minister has done nothing, nothing in order to... All she does is defend his positions, and, like I said, when we speak of immigrants or we speak of a few that come to Québec, they come here for a better life and when you already have these stereotypes, how could you advise the Minister in her new politics that deal with immigrants or this clientele? How can you defend the cause when you're already going to it with already... you have a preconceived notion of it. It just doesn't make sense.

M. Harrold (Max): But so we are going to assume that he hasn't been writing on a regular basis since September. He's not doing column anymore. You're just worried about his thinking based on these columns in September and how that's affecting...

M. Kelley: And the judgement of the Minister to hire him, if you want to know the complete answer. They worked together for 10 years, they sat together as commissioners at the commission scolaire de Montréal. So it's someone that the Minister knows well and despite that, when they hadn't hired him, as I say, the role of that Minister and that Department is to bring Quebeckers together. What he said about immigrants, what he wrote about Anglophones shows that he is not able to work on a project to bring Quebeckers together, which, I think, is first and foremost what that Ministry should be all about.

M. Harrold (Max): Do you think that right now the climate is over he did, that there is a tension in the air that was not there before and that perhaps the Minister missed an opportunity today to calm the air?

M. Kelley: Well, as I go back to the month of September, the Premier designated the Minister for the Métropole to create links with the English-speaking community. His silence on the question, the fact he got up and applauded with the rest of his colleagues when Mme De Courcy defended these comments, I find difficult to understand, because there's something with the English community does not accept the words that are written in this article.

M. Harrold (Max): What particular words that are the most bothersome to you?

M. Kelley: Well, I just think... To say, first and foremost, all generalities of that source have no... of that sort have no place in politics. To say all women are this or all Native people are that, or all immigrants are this, that's a kind of discourse that always leads you into trouble. So I think, on that level, it's unacceptable.
But to say that, when it comes to questions of Québec, English Quebeckers have no pride, English Quebeckers are not able to participate in life here is simply not true. And all you have to do is to look at the testimony of all the groups that came before Bill 14, particularly the school boards, where they were very eloquent to show the progress that's been made, the great strides that have been made to produce bilingual students in our schools. And we can think of lots of examples from life where Anglophones have made a significant contribution to Québec. So I just think the whole tone, the whole perspective in his peace is unacceptable.

M. Lyons (Shawn): The Minister De Courcy says two things in order to get you to one end to the other. First one is that you didn't read the whole article, that later on he talks about, you know, Francophones, in a certain way as well, and that you're overreacting to this piece, taking one bit of this article out and jumping down on this part of the article without looking at the whole thing.

M. Kelley: I can assure you I read the whole thing many times. I took obviously the parts out of it that I think are the most shocking, but, once again, making generalizations about Francophones is no better, is no more acceptable. There is no place in public debate for those sorts of sweeping generalizations because there are always a lack of respect underneath that.

M. Lyons (Shawn): The Minister also says: This is a smoke screen, that you're blocking among Bill 14 an important legislation, that you're essentially trying to distract Quebeckers from your own party's failings.

M. Kelley: But all we are doing is our job in the opposition. Our rules in the National Assembly say that members can express themselves on the bills that are put forward the National Assembly. For those of us, including myself, who represent a number of English-speaking electors in the National Assembly, I think I have my right to speak for 20 minutes, which is the regulations that are set forward by the National Assembly.

M. Lyons (Shawn): But on this specific issue though, she's saying you're trying to throw up a... And we're all here talking to you so that you're trying to distract people from other more important issues.

M. Kelley: I am reacting to words that I think are unacceptable. One of the things I'm elected to do is represent the electors of the riding of Jacques-Cartier, two thirds of whom have English as their first language. And this kind of generalization, these sweeping statements are... display a lack of respect and are unacceptable to the population of the riding that I represent here, at the National Assembly. That's my job to do, and I will continue to do it.

M. Lyons (Shawn): Sir, I have to ask this and I'm certain you said it at the beginning, we were talking to Mme De Courcy at the same time. But being along in the short now, here we are, he doesn't work... he doesn't write anymore, things have moved on. What do you want now?

M. Kelley: He should be fired because we are dealing with issues that are very sensitive. You have talked about Bill 14. He is an advisor to the Minister on Bill 14, he sat in all of the public hearings on Bill 14. If this article reveals his attitude toward the English-speaking community, we will never get to some kind of consensus that can bring Quebeckers together, and the role of any government is to govern for all Quebeckers.

Mme Bryan-Baynes (Elysia): We were also outsiders. What do you find specifically objectionable?

M. Kelley: Well I come... first, any sweeping generalizations based on ethnic origin, on religion, on language, on gender are always unacceptable. And there is a standard for people who work for governments, for people who work and participate in the public debate that are higher than just for a simple citizen. He is someone who has a very strategic post in a debate over a very sensitive question, Bill 14, so this article reveals a lack of respect toward the English-speaking community. That's completely unacceptable.

M. Harrold (Max): Don't you think there are people who were paranoid beyond reason though on both sides of the debate? There are extremes in any debate, certainly...

M. Kelley: I am not a psychiatrist, so I am not going to designate anyone as paranoid because it's not my job as an MNA to do that. But this is a sensitive issue, of course, it's a sensitive issue. Just have to look over the speaker's chair in the National Assembly and that wonderful painting is called The language debate. So it's something we've had to live with, but I think, in that context, we have to be even more careful. And there is no caution, there is no care in the piece written by Mr. Verboczy, and that's why I find it objectionable.

M. Lyons (Shawn): ...are you calling for a form of censorship here then, though? And... because this is... some would call this just, you know, political discourse or satire, whatever you want to call it.

M. Kelley: As I said, there are two measures. There are measures for simple citizens, and simple citizens can go ahead and say what they want. But when you hold strategic position in the Government, the standards are higher.

M. Harrold (Max): Does this guy was beaten up, pulled out of Métro? This just happen, right? Do you think that she missed an opportunity to try to say: That's the bigger question or... it's showing up in these types of incident? Should she have addressed that?

M. Kelley: I don't know the detail of that incident, so I don't want to comment on that incident.

Mme Bryan-Baynes (Elysia): ...told he'd go back to where he came from and they made one arrest.

M. Kelley: But as I said, I don't want to comment on that and make other links and perhaps impairs. So...
But, just more importantly, the point we've said from the beginning is that there was a form of linguistic piece in our society that has been perturbed by Bill 14, and that's something that is disturbing. But I don't want to link that to incidents in the Métro or anything else like this, because I don't know enough about it.
Thank you.

(Fin à 11 h 58)

Participants


Document(s) Related