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Point de presse de M. Pierre Moreau, leader parlementaire de l'opposition officielle, et de M. Guy Ouellette, porte-parole de l'opposition officielle en matière de travail

Version finale

Monday, July 1, 2013, 0 h 01

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Minuit une minute)

 

            M. Couillard (Philippe) : Alors, bonjour — parce qu’on vient de basculer dans une autre journée — à tous. Quelques mots pour vous dire qu’on est satisfaits de la conclusion des travaux de l’Assemblée. Je vais parler un peu du passé et du présent, surtout parler de l’avenir.

            La leçon du passé, c’est que, lorsqu’on est un gouvernement minoritaire, on doit consulter ses oppositions. Je pense que... Évidemment, le gouvernement n’est peut-être pas très heureux de la tournure des événements, mais, s’ils avaient pris la peine de nous parler auparavant, à nous et à la coalition, du contenu du projet de loi et d’en débattre avec nous, je pense qu’ils se seraient évité certains inconvénients, c’est certain.

            D’autre part, la capacité qu’on a eue d’élaborer les principes et de décliner les principes sur lesquels on basait notre prise de position, je crois, a été utile parce qu’elle a été maintenue pas seulement aujourd’hui, depuis deux semaines, dans toutes les interventions qu’on a faites sur cette question-là.

            Je suis également très fier du travail parlementaire qui a été accompli. Guy, comme porte-parole, a fait un travail absolument splendide; Pierre, comme leader, également, a dirigé les travaux de main de maître avec notre whip et l’ensemble de la députation.

            Je voudrais également dire quelques mots sur l’avenir, et moi, j’enjoins le gouvernement de se mettre à l’ouvrage dès les prochains jours pour se doter d’un cadre qui permette d’accompagner la négociation. Une autre leçon du passé, c’est qu’on ne peut pas rester les bras croisés quand on est un gouvernement, sur les lignes de côté quand on a une négociation aussi importante que la négociation du secteur de la construction du Québec.

            Ils doivent donc s’impliquer. Comment? En suivant le processus de négociation, en étant prêts à nommer, éventuellement, un médiateur — ce coup-là avant la grève et non pas après la grève — à évaluer la possibilité, par exemple, au moment approprié, de demander aux parties de venir en commission parlementaire présenter leurs points de vue pendant l’évolution de l’année de négociation, d’obtenir également des études indépendantes. Je pense qu’on a beaucoup tendance à regarder en nous-mêmes ce que nous faisons et oublier parfois de regarder à l’extérieur. Moi, comme citoyen québécois, j’aimerais beaucoup savoir quel est l’état réel de la productivité et de la compétitivité de notre industrie de la construction par rapport aux autres provinces canadiennes. C’est utile de savoir ça, et ça devrait nous guider également dans la façon dont la négociation va se poursuivre.

            Alors, j’espère que le gouvernement va rapidement tourner la page — je pense que les derniers commentaires du leader et de la ministre étaient, je pense, positifs — et se projeter dans l’avenir en étant beaucoup plus actifs, beaucoup plus impliqués au cours des prochains mois pour qu’on en vienne à une entente véritablement négociée avec les travailleurs et travailleuses de la construction. Je suis heureux d’ailleurs, par ailleurs et en terminant, qu’on ait pu préserver leur pouvoir d’achat avec l’amendement qui a été adopté par l’Assemblée ce soir.

 

            Mme Prince (Véronique) : Craignez-vous qu’on reporte le problème à dans une année?

 

            M. Couillard (Philippe) : Si le gouvernement reste assis sur les lignes de côté, c’est un risque. C’est pour ça que je les enjoins, dès les prochains jours, d’abord de se réunir et de voir quelles seront les modalités d’encadrement du processus de négociation qu’ils mettront en place, d’obtenir également des renseignements objectifs sur les facteurs de compétitivité ou de non-compétitivité de notre industrie de la construction et de devenir non seulement… pas vraiment des participants aux détails de la négociation — ce n’est pas au gouvernement d’intervenir dans les détails d’une convention — mais de servir d’acteur qui facilite la négociation. Je pense que c’est leur travail. S’ils font ça, pour répondre à votre question, je ne pense pas qu’on aura de problème, on va en arriver à une entente négociée.

 

            Journaliste : M. Legault dit que c’est nécessaire pour l’économie du Québec que les assouplissements demandés par le patronat soient éventuellement intégrés, là, dans la construction. Est-ce que vous êtes de son avis, que, pour certains éléments, pour qu’on devienne plus productifs...

 

            M. Couillard (Philippe) : Bien, c’est à ça que la période de négociation va servir et c’est pour ça qu’on doit d’abord obtenir des évaluations indépendantes, des facteurs qui rendent notre industrie de la construction plus ou moins compétitive ou plus ou moins productive. Et, si effectivement il y a des ajustements structurels à faire, l’année est là pour ça. Et il y a peut-être également des choses que les syndicats eux-mêmes voudraient suggérer pour rendre l’industrie encore plus compétitive et productive. C’est dans leur intérêt d’ailleurs qu’il y ait des investissements qui se fassent au Québec, que les gens choisissent d’investir au Québec pour les grands projets de construction. Tout le monde va en bénéficier, la population québécoise en général, mais les travailleurs de la construction en particulier.

 

            M. Lavallée (Hugo) : Vous ne craignez pas une baisse de la productivité, du fait que cette loi spéciale là soit adoptée? Il y a des gens, dans l’entourage de Mme Maltais, qui disaient : Les travailleurs vont être démotivés, ça va être épouvantable, il va y avoir des pertes de productivité incroyables sur les chantiers.

 

            M. Couillard (Philippe) : Non, je ne crois pas. Écoutez, le 2 % qui a été mis en place était là au départ. Les travailleurs ont la même augmentation que celle qui était prévue dans la loi initiale de Mme Maltais, ce qui a été fait dans les autres secteurs, pour l’année qui vient, premièrement. Deuxièmement, je pense que les familles vont être contentes. Les travailleuses et travailleurs de la construction vont être contents d’avoir des paies qui rentrent à la maison, c’est une bonne chose. Ils vont être contents de reprendre leur travail, les vacances de la construction arrivent.

            Écoutez, est-ce que tout le monde va être heureux à 100 %? Dans la vie, c’est rare. Je crois… Pas nécessairement, mais je crois que, dans l’ensemble, les activités vont reprendre et qu’on aura un climat, autour de la table, qui va favoriser les négociations. On a des négociations professionnelles de part et d’autre, c’est à eux de faire leur travail, c’est leur job, c’est leur profession de négocier. Qu’ils prennent quelques jours de vacances pour, évidemment, se reposer puis refroidir un peu les esprits, mais pas trop longtemps, puis qu’on retourne à la table, puis qu’on commence à négocier de l’avenir, à parler de l’avenir.

 

            M. Lavallée (Hugo) : Mais vous ne craignez pas, donc, que les travailleurs se traînent les pieds, là, puis que ça entraîne des dépassements de coûts sur les chantiers?

 

            M. Couillard (Philippe) : Ce n’est pas dans leur intérêt. Eux-mêmes, lorsqu’on leur parle, aux travailleurs — j’ai parlé d’ailleurs… on a parlé autant aux syndicats qu’à la partie patronale — nous indiquaient qu’ils avaient conscience qu’au Québec on était très productifs et très compétitifs dans l’industrie de la construction. Donc, ils n’ont pas intérêt à défaire ce qu’eux-mêmes disent être un de nos principaux acquis. Je voudrais cependant qu’on ait cette évaluation dont je parlais un peu plus tôt pour voir quelle est cette différence ou non de compétitivité au Québec.

            Non, je crois que les travailleurs de la construction sont des professionnels, ils vont vouloir faire le travail, ils vont vouloir reprendre leurs activités et ils vont donner mandat à leurs négociateurs d’aller leur chercher une bonne entente. Et la même chose du côté des constructeurs.

 

            Journaliste : Mais, sur la compétitivité, est-ce que vous êtes favorables aux demandes patronales, par exemple, d’une plus grande mobilité des travailleurs? Est-ce que vous êtes favorable à ces demandes?

 

            M. Couillard (Philippe) : Moi, je vais répondre à ça en allant à l’objectif. Moi, j’habite en région, j’habite au Lac-Saint-Jean, comme vous le savez. Alors, que les travailleurs des régions aient accès aux emplois sur les chantiers de construction, pour moi puis pour les citoyens des régions, c’est très important. Alors, cet aspect-là de la mobilité, pour moi, il compte et il compte pour l’ensemble de la population du Québec. Mais je ne commencerai pas aujourd’hui ni au cours des prochains jours, ni aucun d’entre nous, à parler des détails, des modalités spécifiques de la convention collective. Ce n’est pas au gouvernement ni aux partis politiques de faire ça, ça appartient aux parties négociantes. Sur la mobilité, moi, je vais surveiller particulièrement l’accès pour les travailleurs de régions aux projets qui se font à l’extérieur des grandes villes.

 

            Mme Prince (Véronique) : Mais un an, croyez-vous… Juste ma dernière question. En une année, comme ça, est-ce que vous croyez qu’ils vont arriver à une entente négociée, si ça a pris plusieurs mois quand même avant d’en arriver, aujourd’hui...

 

            M. Couillard (Philippe) : Bien là, on a un paysage, on a un encadrement nouveau, là, et on a un environnement qui les incite à négocier. Moi, je suis persuadé qu’on n’a même pas peut-être besoin de un an, là. C’est possible qu’on ait une entente au cours des prochains mois. Je pense que, encore une fois, on a de part et d’autres des négociateurs expérimentés et professionnels qui savent maintenant qu’ils ont devant eux la possibilité d’avoir une entente négociée, qui est toujours mieux qu’une entente imposée. D’ailleurs, c’est ce qu’on critiquait avec la loi spéciale. Le gouvernement imposait des conditions de travail pour les quatre prochaines années. C’est beaucoup mieux d’avoir une entente négociée.

 

            Le Modérateur : On va passer en anglais. Peut-être juste… M. Ouellette, vous êtes demandé en Chambre.

 

            M. Couillard (Philippe) : Merci, Guy. De toute évidence, Pierre...

 

            M. Moreau : Moi, je ne le suis pas.

 

            Le modérateur : On va passer en anglais, s’il vous plaît.

 

            M. Harrold (Max) : You seem optimistic that you could reach an… that there could be an agreement in the next few months.

 

            M. Couillard (Philippe) : Yes.

 

            M. Harrold (Max) : Why are you... Why is that optimism there?

 

            M. Couillard (Philippe) : Because the environment is different for once. And we have… The Assembly has adopted a law that clearly indicates a path to a settlement in the coming months. But also my advice to the government — and I said that in French earlier — is that, in the coming days and weeks, they have to start being much more active in this process, not being involved in the integrity details of negotiation, but providing an environment that will make a settlement most likely, which means looking what’s happening over the coming weeks, appointing a mediator not after but before the strike, asking the parties to come and present their case at the National Assembly in a parliamentary hearing, for example. Lots of tools exist for the Government to be much more proactive in the coming months and this, in itself, is a condition of success. If they remain on the sideline, sitting on their hands, then I’m not as optimistic. But they should be much more active now.

 

            M. Harrold (Max) : So, there is something coming up in September, I think, with Bill 33…

 

            M. Couillard (Philippe) : The implementation of the regulation on the manpower allocation, yes.

 

            M. Harrold (Max) : So, should they wait for after that?

 

            M. Couillard (Philippe) : No, they can start, I mean... Of course, they will want probably to take a few days of rest and have intensive talks in the recent days and weeks, but they should start as early as possible.

 

            M. Harrold (Max) : In this «cadre», is that... that’s just what you refer to... it’s a framework, it’s not a person, you know, you don’t want them to appoint a person to follow?

 

            M. Couillard (Philippe) : Well, they have to take the responsibility as a Government. They can appoint a person, they can appoint a mediator later if they see that, you know, parties are not progressing as fast as they would like them to do so, but they have to do it in a much more active and much more proactive way, I would say, rather.

 

            M. Harrold (Max) : And a year from now, we could be back at the same place, it’s not impossible?

 

            M. Couillard (Philippe) : Nothing is impossible in life but at least we’re providing a frame, an environment that will make a negotiated settlement much more likely, and that would be the best outcome for everyone. Thank you. Merci.

 

(Fin à 0 h 11)

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