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Point de presse de M. Marc Tanguay, porte-parole de l'opposition officielle pour la Charte de la langue française et en matière de laïcité, M. Jean-Marc Fournier, chef de l'opposition officielle, M. Pierre Moreau, leader parlementaire de l'opposition officielle, Mme Stéphanie Vallée, porte-parole de l'opposition officielle en matière de services sociaux, Mme Kathleen Weil, porte-parole de l'opposition officielle en matière d’emploi et d’économie sociale, Mme Maryse Gaudreault, porte-parole de l'opposition officielle pour la condition féminine, et de M. Gilles Ouimet, porte-parole de l'opposition officielle en matière de justice

Version finale

Thursday, November 7, 2013, 13 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Treize heures trente-trois minutes)

M. Couillard (Philippe) : Alors, mesdames messieurs, je suis aujourd’hui accompagné de mes collègues députés afin de réagir au projet de loi n° 60 déposé par le gouvernement il y a quelques instants. Je voudrais vous inviter… que j’ai également fait parvenir une lettre à Mme Marois, au nom du Parti libéral du Québec, que vous allez trouver… Prochainement, une copie de cette lettre va vous être distribuée et, bien sûr, elle sera rendue publique.

Je vais rapidement rappeler nos propositions. Nous avons fait des propositions — notre position est connue depuis septembre dernier — des propositions qui faisaient et qui font consensus pour l’ensemble des partis politiques : d’abord le fait que les services publics doivent être donnés et reçus à visage découvert, que les accommodements doivent être encadrés afin de demeurer raisonnables et qu’il faut préserver et garantir la neutralité des institutions de l’État dans notre charte québécoise des droits et libertés.

Ici, je fais une pause pour exprimer une différence fondamentale de compréhension entre notre formation politique et le Parti québécois sur ce que signifie le mot «neutralité religieuse de l’État». Pour nous — et c’est une définition que vous retrouverez dans de nombreux textes sur la question — «neutralité religieuse» signifie que l’État ne favorise ni ne défavorise aucune religion, ne prétend pas effacer le phénomène religieux de la société et ne favorise ni ne défavorise non plus l’absence de religion. C’est une différence de concept qu’il m’apparaît important de préciser.

Je rappelle également ce que nous avons fait dans le passé. Nous avons garanti l’égalité des hommes et des femmes, bien sûr, déjà reconnue au Québec, mais nous l’avons ajoutée à la Charte des droits et libertés en 2008. Nous avions présenté, à l’époque, le projet de loi n° 94 sur la question des visages découverts et de l’encadrement des accommodements. Une déclaration des immigrants a été mise en place — des candidats à l’immigration — de même que de nombreux services et plans d’action du gouvernement.

Sur ce projet de loi, maintenant, d’abord, comme ça a été dit à de nombreuses reprises, encore aujourd’hui au salon bleu, il n’y a aucun fait, aucune étude, aucune démonstration du caractère d’urgence, rien. Ce projet de loi ne repose sur rien, rien de concret. Et je vous indique à l’avance que — on en parlera tantôt — le caractère légal de ce projet de loi est hautement fragile. Et le premier test des tribunaux pour juger cette question sera justement la démonstration ou non par le gouvernement du caractère urgent de leur projet de loi.

C’est un jour malheureux pour le Québec aujourd’hui. C’est un jour de rupture profonde avec notre histoire de plus de 400 ans, une histoire d’ouverture, d’accueil puis d’intégration. C’est un projet que je peux déjà qualifier d’impraticable, d’illégal et d’inconstitutionnel.

On peut déjà annoncer, sans se tromper, une suite interminable de procédures juridiques qui feront que les chances que ce projet de loi devienne un jour appliqué sont, ma foi, fort minimes. Il y a un paradoxe important qui sous-tend le projet de loi.C’est un projet qui prétend préserver les droits en les retirant, qui institue la discrimination à l’embauche dans les services publics, notamment envers les femmes, qui nie l’importance de la représentativité de la population dans les organismes publics. Comme citoyen, je veux voir le reflet de ma société dans les gens qui me servent au nom de l’État.

Le ministre et le gouvernement prétendent devenir eux-mêmes une cour de justice et se substituer aux organismes responsables de l’application des chartes. C’est grave et sans précédent. Il y a de nombreuses incohérences, dont certaines sont des détails, mais je les explique quand même pour les illustrer. On crée — et vous me pardonnerez le trait d’humour — une fonction d’aumônier à deux niveaux : si on est un aumônier dans un hôpital, on peut continuer à travailler, mais, si on est un aumônier dans une municipalité, par exemple, ou dans un service pénitentiaire, ou dans un établissement de détention, bien là ce n’est pas la même chose. Qu’en est-il… On parle, bien sûr, des gens qui, dans les hôpitaux, offrent des services spirituels ou d’animation pastorale. Je vous donne l’exemple, qui n’est pas un exemple théorique, qui est un exemple pratique, des religieuses catholiques qui donnent des soins palliatifs dans les organismes subventionnés par l’État : est-ce que ces femmes, ces religieuses doivent enlever leurs petits costumes religieux? C’est toujours plus facile quand on parle des autres, des étrangers; ça devient moins évident quand on parle de nous. Le projet de loi, bien sûr, est incohérent, et c’est un exemple parmi d’autres.

Autre élément, l’Assemblée nationale a récemment adopté une motion qui engageait le gouvernement à respecter la Charte des droits et libertés. Dans le projet de loi, le gouvernement va à l’encontre de cette motion en modifiant fondamentalement la construction de cette charte. C’est un projet de loi qui fait du mur-à-mur et au-delà, parce qu’en plus des organismes publics… vous remarquerez qu’on sort du domaine public pour inclure les contrats de l’État et les organismes subventionnés, donc également le domaine privé.

Il y a quand même quelques points de convergence sur le projet de loi, je le rappelle encore : les visages découverts, l’encadrement des accommodements. Mais, au-delà de ces éléments de consensus, et en conclusion, nous assistons aujourd’hui à une attaque frontale contre les droits et libertés de tous les Québécois et de toutes les Québécoises. Un geste qui nous divise, un geste qui fracture notre société. Nous ne serons jamais complices d’une telle manoeuvre. Je veux dire aux Québécoises et aux Québécois que le Parti libéral du Québec, fidèle à ses valeurs et à son histoire, défendra les droits et libertés de tous les citoyens jusqu’au bout. Merci.

Le Modérateur : On va prendre les questions. Vu le nombre de journalistes, on va prendre une question, une sous-question. S’il vous plaît, vous identifier ainsi que le média que vous représentez. On va commencer avec le micro de gauche, s’il vous plaît.

M. Couillard (Philippe) : De gauche?

M. Ouellet (Martin) : C’est moi, ça?

Le Modérateur : Micro de gauche, oui.

M. Couillard (Philippe) : Il semble que ce soit vous.

M. Ouellet (Martin) : Bonjour.

M. Couillard (Philippe) : Bonjour.

M. Ouellet (Martin) : Martin Ouellet, LaPresse canadienne. M. Couillard, compte tenu du calendrier, là, qui est en face de nous, puis compte tenu aussi des propos de M. Bédard ce matin, là, qui faisait du dépôt du projet de loi une question de vote de confiance, est-ce que vous pensez que le Parti québécois se prépare, là, à partir en élection, là, éventuellement, là, dans les mois qui viennent sur le sujet de la charte? Est-ce que c’est… Est-ce que vous êtes prêt à ça?

M. Couillard (Philippe) : Bien, d’abord, moi, j’ai trouvé que ces déclarations, ce matin, malheureusement, et en tout respect pour les personnes, relevaient plus de la farce cynique qu’autre chose, là. Faire du dépôt d’un projet de loi que personne n’a vu un enjeu de confiance envers un gouvernement minoritaire, ça ne m’apparaît pas très sérieux.

Maintenant, il est clair qu’après que Mme Marois ait dit qu’elle ne souhaitait pas d’élection — je pense que le verbe est important — en 2013, on semble être en train d’écrire une histoire où le gouvernement dit qu’il ne peut plus gouverner, qu’il ne peut pas faire passer tel projet ou tel projet. Ce sera à eux de répondre, si… Bien sûr, je l’ai déjà dit, si, Mme Marois décide de déclencher une élection, qu’elle choisisse son enjeu, qu’elle l’explique à la population, et on sera prêts.

M. Ouellet (Martin) : Vous seriez prêts à faire campagne sur…

M. Couillard (Philippe) : Bien, on était prêts s’il y avait eu les élections.

M. Ouellet (Martin) : Mais à ce sujet-là?

M. Couillard (Philippe) : Bien, bien sûr, on répondra sur cette question puis on ramènera rapidement, je peux vous dire, très rapidement, les débats politiques, comme on va le faire ici, d’ailleurs, sur les enjeux profonds et substantiels d’économie et d’emploi et de l’avenir du Québec, l’avenir de nos familles dans les régions notamment.

Le Modérateur : Micro de droite.

M. Lafille (Julien) : Bonjour. Julien Lafille de Radio-Canada. Pourquoi est-ce que cette charte serait impraticable, selon vous?

M. Couillard (Philippe) : Bien, vous avez vu l’avis de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse.D’emblée, on qualifie ce projet, qui maintenant se concrétise en projet de loi, comme une attaque sans précédent envers les droits et libertés des Québécois. Ce n’est pas moi qui le dis, ce n’est pas moi qui l’invente, là. Les chances que ce projet, si un jour adopté, passe le test juridique sont minimes, et je dirais même presque microscopiques, là.

Est-ce qu’on le fait volontairement? Bien, on verra avec les événements, mais ça m’apparaît très douteux que ça passe le test juridique. Ça m’apparaît cependant certain que les contestations judiciaires vont commencer le lendemain de l’adoption de ce projet de loi là et vont être interrompues et interminables, c’est clair.

M. Lafille (Julien) : Quelle sera votre position sur le sort du crucifix au salon bleu?

M. Couillard (Philippe) : Alors, je vais la répéter encore une fois. D’abord, je n’ai pas d’objection à ce que le Bureau de l’Assemblée nationale, bien sûr, se saisisse de cette question-là. Pour moi, il est important que cet objet reste dans l’enceinte de l’Assemblée nationale, très important, c’est quelque chose qui est important dans notre histoire et notre patrimoine.

Maintenant, je veux également dire que, là, rapidement, c’est un exemple parmi d’autres où on s’enfonce dans l’absurdité. On faisait mention ce matin que, juste en haut du crucifix, il y a une moulure en bois où c’est marqué :Dieu est mon droit. Dans le milieu du drapeau du Québec, il y a une croix. Alors, quand on commence à ce niveau-là, de cette façon-là, où on s’arrête? C’est la question que j’aurais. Les aumôniers, c’est un autre exemple. Alors, ça me semble, encore une fois, très fragile.

Moi, là, quand je vois le crucifix au salon bleu, ça ne me dit pas — puis, en passant, ça ne dit pas non plus aux gens des autres communautés à qui j’ai parlé — que le gouvernement a une religion d’État, ça ne me dit pas non plus qu’il essaie de convertir les gens, c’est un élément patrimonial historique. Mais, encore une fois, que le Bureau de l’Assemblée nationale s’en saisisse, ce serait tout à fait légitime, mais je tiens à ce qu’il reste dans l’enceinte du Parlement.

Le Modérateur : On va passer au micro de gauche.

Journaliste : M. Couillard, est-ce qu’il y a unanimité dans vos rangs pour combattre ce projet-là?

M. Couillard (Philippe) : Oui.Sur la question des libertés, c’est tellement fondamental comme valeurs libérales, valeurs du Parti libéral du Québec, ça aussi, ça fait partie des valeurs universelles. Sur la question des libertés, on est absolument très unis.

Journaliste : Est-ce que ça comprend l’adhésion de Mme Fatima Houda-Pepin?

M. Couillard (Philippe) : Oui, puis d’ailleurs, Mme Houda-Pepin participe activement à notre réflexion là-dessus. Vous savez que ça fait des années qu’elle est en réflexion sur cette question, une réflexion qui est riche et profonde. Elle travaille, elle réfléchit, d’ailleurs, depuis quelque temps, à un travail juridique, à un projet de loi éventuel qu’elle va soumettre aux instances du caucus et qui pourrait mener à un dépôt de projet de loi de notre part. On n’en est pas là, les travaux commencent, mais on compte absolument sur son expertise.

Journaliste : On s’attendait, peut-être à tort, à ce qu’elle soit avec vous.

M. Couillard (Philippe) : Bien, elle le sera, c’est certain, elle le sera. Ici, j’ai des porte-parole autour de moi qui sont directement concernés par le projet de loi, mais je suis certain que Mme Houda-Pepin va s’exprimer, et j’accueille avec plaisir sa participation aux travaux du caucus sur la question.

Le Modérateur : On va passer au micro de droite.

M. Dutrisac (Robert) : Mme Houda-Pepin… Robert Dutrisac, du Devoir. Mme Houda-Pepin disait en fin de semaine ou il y a quelques jours qu’il ne fallait pas en faire une question partisane, sous-entendait, finalement, que sa position était probablement plus… différente de celle du parti. Vous parlez d’un projet de loi, donc ce projet de loi là irait au-delà de ce que vous avez déjà proposé?

M. Couillard (Philippe) : Je ne sais pas ce qui vous permet de dire ça. Le projet de loi n’est pas devant nous. Il va passer les instances du caucus, et c’est clair que, dans toute cette question, ce qui nous heurte fondamentalement, c’est la restriction des droits et des libertés des citoyens. C’est tellement profond comme valeur au Parti libéral du Québec qu’on ne peut pas envisager de faire des compromis là-dessus. Mais qu’elle arrive avec son expérience et éventuellement les résultats de ses travaux au sein du caucus… On a formé un comité, d’ailleurs — M. Ouimet, qui est ici, va le coprésider — sur cette question, mais également sur des questions de lutte contre l’intégrisme et l’extrémisme.Parce que je répète encore une fois que ce projet de loi, en plus d’être mal ficelé, mal soutenu, rate complètement la cible. La véritable cible, le véritable adversaire de notre société, ce sont les phénomènes d’intégrisme et d’extrémisme. Ce projet n’offre pas le début du commencement d’une solution pour lutter contre ces fléaux-là.

    Alors, j’ai demandé à nos collègues de se réunir, de profiter d’ailleurs, avec Mme Houda-Pepin, sur son expérience sur cette question, d’ajouter, par exemple, des interventions au niveau de la direction de la protection de la jeunesse, des interventions non législatives pour lutter efficacement contre ça, parce que c’est ça, le véritable problème.

    Puis je vous encourage à le tester auprès des citoyens. Lorsque vous parlez aux gens de cette question, rapidement vous constatez… ce qui les inquiète, ce n’est pas le fait qu’une personne soit habillée de telle ou telle façon… puis je mets à l’écart la question du voile facial sur lequel, au Québec, il n’y a pas beaucoup de tolérance, mais sur les autres signes, les gens disent : Non, ce n’est pas ça qui m’inquiète; je ne veux pas qu’on ait des extrémistes, je ne veux pas qu’on ait d’intégristes chez nous. On voit ce qui arrive ailleurs. Mais ce projet de loi, il ne fait rien, rien, rien, pas l’ombre du début, encore une fois, d’une solution pour ça.

M. Dutrisac (Robert) : Maintenant, vous dites, finalement, que le projet de loi enlève des droits pour en protéger, protéger d’autres droits.

M. Couillard (Philippe) : Il prétend protéger des droits en les enlevant.

M. Dutrisac (Robert) :Oui, mais est-ce que ce n’est pas exactement ce que le Parti libéral a fait en adoptant la loi n° 78, c’est-à-dire d’enlever des droits pour protéger le droit d’expression?

     M. Couillard (Philippe) : Bien, d’abord, c’était un projet qui avait un horizon, là. En passant, je me suis prononcé sur ce projet de loi au cours de la course à la direction, vous vous en souvenez. Mais il y avait un horizon fixe de temps, là. Là, on parle de quelque chose de long terme, de définitif, dans notre société, pour répondre par une fausse solution à un non-problème.

M. Dutrisac (Robert) : Comme ça divise les Québécois, puis c’est une question controversée, puis c’est une question de valeurs, est-ce que vous préconisez un vote libre là-dessus?

     M. Couillard (Philippe) : Non. Sur cette question-là… D’ailleurs, je n’ai même pas besoin de le préconiser parce que l’ensemble du caucus est tellement enligné, l’ensemble du parti, de nos instances, est tellement enligné que moi-même, si j’étais mal avisé de suggérer à mes collègues de dévier de la défense des droits et libertés des Québécois, je pense que je passerais un mauvais quart d’heure au caucus, puis j’adore être avec le caucus.

    Le Modérateur: On va passer au micro de gauche, s’il vous plaît.

    Journaliste: Oui, bonjour.

     M. Couillard (Philippe) : Bonjour.

    Journaliste: Pour revenir sur la question du crucifix, vous aviez dit que vous étiez ouvert à l’idée de débattre sur la possibilité de le déplacer, tant et aussi longtemps qu’il reste dans l’enceinte…

M. Couillard (Philippe) : C’est le Bureau de l’Assemblée nationale qui fera ce débat-là. Et j’ajoute que je n’ai aucune objection qu’il reste où il est. Pour moi, ce n’est pas un enjeu réel, là.

Journaliste : Mais c’est quoi, la position de votre caucus là-dessus? Est-ce qu’il y en a qui sont pour le déplacement?

M. Couillard (Philippe) : Oui. Plusieurs souhaitent qu’il reste là, et c’est clairement exprimé au caucus. Puis moi-même… Il resterait là, ça n’entre pas du tout en contradiction avec tout ce que je viens de dire.C’est un objet qui est là, qui est un résidu… un résultat de notre histoire. On ne s’entend pas tous sur le type de témoignage historique que ça donne, mais c’est là, ça fait partie de notre patrimoine. Et on serait bien mal avisés de faire ça, parce que la prochaine question : Qu’est-ce qu’on fait avec la boiserie qui est juste au-dessus? Qu’est-ce qu’on fait avec le drapeau du Québec? Ça n’arrête plus, là.

D’ailleurs, vous vous souviendrez — et je vous invite à vous y référer — dans le document qu’on a publié en septembre, on indiquait que tous les éléments décoratifs et architecturaux en place au moment de l’adoption des lois ne seraient pas affectés de façon rétroactive, qu’on les conservait. Maintenant, si le Bureau de l’Assemblée nationale, dont c’est le rôle, veut en débattre, moi, je n’ai aucun problème à ce que ce débat ait lieu.

Journaliste : Vous avez pensé quoi, ce matin, que le gouvernement engage la confiance de la Chambre lors du dépôt du projet de loi?

M. Couillard (Philippe) : Bien, je répète ce que j’ai dit tantôt : C’était une farce cynique, en ce qui me concerne. On ne fait pas… On n’engage pas la confiance d’un gouvernement sur le dépôt d’un projet de loi que personne n’a lu au moment où on fait cette déclaration. Ce n’est pas sérieux, là. On verra s’il continue dans cette veine-là.

Ce que je remarque également — puis notre leader, M. Moreau, a insisté beaucoup en Chambre ce matin — c’est qu’il y aura des consultations générales sur ce projet de loi, mais je tiens à répéter que ces consultations régionales… générales, pardon, devront avoir lieu avant que le vote sur le principe ne soit fait. Et je pense que plusieurs partis d’opposition, sinon la totalité des partis d’opposition, sont en accord avec ce principe. Je l’indique parce qu’il y a eu une tentative récente de procéder différemment, et on va s’opposer à ça, bien sûr. Il faut que les consultations générales aient lieu avant le débat sur le principe.

Le Modérateur : Micro de droite.

Journaliste : Je voudrais enchaîner sur la question du vote de ce matin, justement. Si vous avez accepté que le projet de loi soit déposé, c’est parce que vous ne vouliez pas, finalement, faire… vous n’étiez pas prêts à faire tomber le gouvernement? Vous ne vouliez pas le faire tomber là-dessus?

M. Couillard (Philippe) : Non, c’est parce qu’on voulait lire le projet de loi.

Journaliste : C’est parce qu’on a l’impression que ça vous a placé vraiment dans une position très inconfortable et contraignante.

M. Couillard (Philippe) : Non, non. Non, vraiment on a tous rigolé un peu, honnêtement, là. La seule raison pour laquelle on a voté pour le dépôt, on voudrait bien lire le projet de loi avant de le débattre, puis on va le faire, en passant, de façon ouverte et de façon constructive. Mais je veux juste indiquer la ligne dans le sable, comme on dit en mauvaise traduction de l’anglais, là. La ligne dans le sable, pour nous, c’est les libertés. Il n’y a pas de compromis, au Parti libéral du Québec, sur les droits et libertés des citoyens, surtout les droits fondamentaux. Et on est très inquiets, je suis inquiet, nous sommes inquiets de la fracture sociale que ça peut causer dans notre société. Je pense qu’il est temps de se préoccuper de ça aussi.

Le Modérateur : On va passer en anglais. Micro de gauche.

M. Dougherty (Kevin) : Kevin Dougherty, Montréal Gazette. Mr. Couillard, the Government talked about a confidence motion this morning, they wanted to make the first vote a confidence motion. Are they loosing their judgment?

M. Couillard (Philippe) : It’s a strange situation this morning. Honestly, we all laughed when we heard that, because it’s almost ridiculous, you know. You don’t do such a thing for a bill that hasn’t been read by anyone. So, that’s the first thing that came to our mind. Of course, we voted for the fact that this bill be tabled at the Assembly, has to be studied and discussed. But after that we’ll see how the Government presents the debate.And again, I want to say in English again as I said in French earlier, that the consultation, the parliamentary hearings on the bill must be done before the principle of the bill is approached at the Assembly.

M. Dougherty (Kevin) : And on confidence again though, Mr. Drainville, when he spoke to us, he said : With this charter, Quebeckers will be confident, it will boost Quebeckers’ confidence. Do you see a problem of confidence with people wearing hijabs?

M. Couillard (Philippe) : I think it’s the opposite. What this bill is telling the world, and that’s highly unfortunate, it’s telling the world : Look how we are weak, how weak we are; we feel like we cannot defend ourselves; we are besieged, we are under threat. Therefore, in order to react to that perception, we have to limit our citizens… our fellow citizen’s rights. It’s a wrong signal to send to the rest of the country and to the world.

Le Modérateur : Micro de droite.

Mme Plante (Caroline) : Mr. Couillard, Caroline Plante, Global News.

M. Couillard (Philippe) : Hello.

Mme Plante (Caroline) : Hello. Why do you say it’s unconstitutional?

M. Couillard (Philippe) : Inconstitutional or unconstitutional? I don’t know, in English, what’s the right word. «Un»? OK, sorry. I still am in continuous learning, you know, in English.

I say that because of what the commission of… the Human Rights Commission said. They qualified the project, which is now a bill, as an unprecedented attack on the rights and freedoms of Quebeckers. That’s a very serious statement. I don’t remember this type of statement in the recent decades. It’s a very, very serious episode that we are witnessing; in our view, a very unfortunate episode.

Mme Plante (Caroline) :And the fact that candidates will be hired or not based on whether they accept to remove their religious signs, what messages does that send?

M. Couillard (Philippe) : Well, it’s a message of discrimination. What is this? What signal are we sending to the world here? This is totally unacceptable. It’s kind of saying that part of our values in Québec is discrimination based, on hiring, because of the way you dress. I am almost ashamed to hear that. I don’t want to hear that ever again, and we’ll make sure that no rights and freedoms are touched, are affected by whatever bill comes out of the Assembly. And if the bill that comes out of the Assembly looks more or less like what is tabled today, I can guaranty you that the recourses in tribunals will start almost immediately and will be lengthy.

Le Modérateur : Micro de gauche.

Journaliste : Mr. Couillard, what do you make of the Government’s decision, this morning? You were sort of asked about this earlier, but you start everything off by saying : The very first thing we are going to with this bill is make it… make a vote, a confidence vote. Do you see the Government setting the table for, I guess, essentially trying to spark elections sometime in the spring based on this charter?

M. Couillard (Philippe) : Well, I see this as a cynical joke, you know, unfortunate and cynical joke, first. You don’t do this. Nobody had read the bill when they said that. It’s totally ridiculous. Well, of course, we see that Mme Marois said, at the lac Taureau, that, you know, it’s not their intention or they don’t wish for an election in 2013. I think the choice of the verb here is important. They’re trying maybe to tell a story that they cannot govern. Well, they have to govern like a minority government. They’re not a majority government. They’re acting in a very arrogant way, as if they were a majority government, which is very, very bad.

Journaliste : Now, critics will say that, I mean, your party is taking a principled stand, that you won’t infringe on anybody’s individual rights, but it was a Liberal government that passed a bill infringing on the right for people to... to free expression, in the student demonstrations. How do you reconcile one with the other?

M. Couillard (Philippe) : Well, it’s not the same thing at all. First, I commented on that bill during the leadership race. Second, this bill had a definite end point. It was not «indéfini» in time, it had a definite time where it stopped being applied. So, it’s a very important difference here.

Journaliste : But if rights are rights are rights...

M. Couillard (Philippe) : Yes, rights are rights. I commented that during the leadership race, that this part of the bill, you know, could be discussed, but it’s not a reason… Bringing this argument is, I think, a fallacy. It’s not any... There is no excuse for this type, and this size, and this importance of attack on our rights here.

Le Modérateur : Micro de droite.

Journaliste : Yes. When it comes to the consequences that are held in this charter, many journalists were trying to ask Mr. Drainville about what would happen to people who don’t take off their... Is it necessary or important to have that clearly spelled out or have the Parti québécois tell people?

M. Couillard (Philippe) : Yes, of course. They have to be coherent with themselves. There are so many things that don’t work in that bill, anyway. I mentioned the chaplains, for example, earlier in my statement. You know, it’s okay if you’re in a hospital. There is no mention if you’re in a municipality or in a jail, and we know that there are.

By the way, in Québec City here, there is one chaplain in the municipality. I don’t know what Mr. Labeaume will want to say about that.

So, it’s totally incoherent and they have to be crystal clear. But they cannot be clear because there is so much confusion and incoherence in the bill that there is no way that they can be clear.

Journaliste : But what do you make of Mr. Drainville’s response, that he hopes that people will conform and that there will be no departures as a result of this, but, at the end of the line, people will need to follow the law? What do you make of it?

M. Couillard (Philippe) : Well, again, you know, people will not accept…Quebeckers will not accept to see their rights trampled in that way, I’m sure. How is this going to be expressed? We’ll see.

By the way, we already know that, in Québec, where this coexistence of communities is much more visible and present in the island of Montréal, all the candidates for mayorship were opposed to the charter because they say : It cannot work in Montréal — the largest city in the province. So, this is one more example of the fact that it cannot be applied anyway.

Le Modérateur : Micro de gauche.

Journaliste : In French you talked about the fact that there is some convergence, but could you talk about the fact that the party, your party has a very different, what you call fundamentally different definition of religious neutrality?

M. Couillard (Philippe) : Yes, yes. Our definition of neutrality is not only our definition, something that you will find in various texts that have been published since decades past. That neutrality of the State means that the State does not favor or disfavor any religion, nor that it disfavors or favor the absence of religion. It does not pretend to erase the religious phenomenon off, away from our society, that’s a big difference.

For the PQ, neutrality means that religion disappears, where it’s a very human phenomenon to express spirituality or religious freedom… feelings, sorry. And for us this is a very, very divergent interpretation of what the word neutrality means. Merci.

Une voix : Merci beaucoup.

(Fin à 13 h 55)