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Point de presse de M. Gérard Deltell, porte-parole du deuxième groupe d'opposition en matière d'énergie et de ressources naturelles (incluant mines et forêts)

Version finale

Thursday, September 25, 2014, 11 h 30

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Onze heures vingt-huit minutes)

M. Deltell : Alors, bonjour, mesdames messieurs. Alors, j'ai été pour le moins surpris d'entendre le ministre Arcand, tout à l'heure, faire son point de presse, alors qu'il évoquait que le gouvernement avait adopté un décret pour souligner à la régie son inquiétude devant la possibilité de l'augmentation des tarifs d'électricité. Écoutez, c'est de l'incohérence pure et pas à peu près. On sait que ce gouvernement se distingue en disant une chose et faisant son contraire, mais là, aujourd'hui, ça dépasse toutes les bornes.

Deux choses. Tout d'abord, on sait que, depuis des semaines et des semaines, le premier ministre n'a de cesse de nous dire, particulièrement à nous, le deuxième groupe d'opposition, que le gouvernement, les élus n'ont rien à voir avec les décisions des régies, que les régies sont autonomes et qu'il n'est pas question de mettre du pouvoir politique dans les décisions des régies. Alors, c'est exactement le contraire… Ce qu'ils ont fait hier, c'est exactement le contraire de ce qu'ils disent. Ce n'est pas qu'on est contre le fait qu'on doit dire aux régies des choses, mais c'est les libéraux qui n'arrêtent pas de dire, depuis des semaines et des semaines, qu'ils ne peuvent rien faire pour les régies, mais hier, ils adoptent un décret. Première incohérence.

Et surtout, la plus grande incohérence, c'est qu'ils s'inquiètent de l'augmentation des tarifs d'électricité alors qu'ils sont les seuls et uniques responsables et artisans de cette augmentation-là. Et ce n'est pas nous qui le disons, c'est le président d'Hydro-Québec lui-même, Thierry Vandal. Je vous rappelle que, lors d'une entrevue le 25 août dernier, il a dit, et je cite : «Au moment même où la demande baisse, on est tenus, par des décisions gouvernementales, d'acheter l'énergie éolienne, dont on n'a pas besoin.» C'est Thierry Vandal lui-même, qui, dois-je rappeler, a été nommé par le gouvernement libéral de Jean Charest et est un ancien président de la commission politique du Parti libéral… Ça a son importance dans le cas présent. Il dit : «On est tenus, par des décisions gouvernementales». Alors, déjà, on sent qu'Hydro-Québec est otage des mauvaises décisions du gouvernement.

Évidemment, ça amène la question de l'éolien, et, plus loin dans l'entrevue, M. Vandal dit : «Il n'y a pas de logique économique à produire de l'éolien au Québec…» Alors, nous, on le sait qu'à la coalition ça fait des mois et des mois qu'on tape du pied pour dire que l'éolien, c'est assez, ça coûte trois fois trop cher, donc il faut arrêter ça, mais voilà que le président d'Hydro-Québec lui-même met ça en lumière. Et c'est surprenant, d'autant plus que le gouvernement a en main une étude qui avait été commandée par le gouvernement péquiste précédent, qui conclut de façon non équivoque que l'éolien, c'est beaucoup trop dispendieux pour le Québec. Et, de façon très précise, il cible ces pertes là pour le Québec à 140 millions de dollars par année pendant 20 ans, que chaque emploi de l'éolien, au salaire moyen de 48 000 $, coûte au trésor public 200 000 $. Alors, tant qu'à créer des emplois, pourquoi ne pas en créer du quatre pour un? Parce que c'est exactement ce dont il est question ici, ce qui, évidemment, serait tout à fait illogique.

Donc, le gouvernement a déjà en main une étude sérieuse et rigoureuse qui conclut que l'éolien, ça n'a pas de bon sens, mais, mieux que ça, c'est que l'actuel président du Conseil du trésor, il y a à peine deux ans, a entériné une étude, signée par l'économiste Michel Lafontaine de l'Université Laval, qui conclut que l'éolien, c'est coûteux, inefficace, absurde et ridicule, et cette étude-là a été endossée par l'actuel président du Conseil du trésor. Alors, c'est dommage que Martin Coiteux… était à l'époque un économiste chevronné, est devenu un ministre libéral muselé parce qu'aujourd'hui il défend l'indéfendable.

Alors, moi, je ne comprends pas du tout pourquoi, hier, le gouvernement a adopté par décret — écoutez, un décret, ce n'est pas rien, là, c'est important — par décret un avis pour signifier à la régie que, attention, là, on ne veut pas qu'il y ait des augmentations trop élevées. Oui, mais, mes amis du Parti libéral, c'est vous qui êtes les seuls et uniques responsables de ces augmentations-là. Assumez vos décisions ou, mieux, prenez les meilleures décisions qui soient et arrêtez l'appel d'offres des éoliens.

Et parlant justement de cet appel d'offres, je tiens à vous rappeler que l'appel d'offres devait se conclure le 6 septembre dernier. Ils ont demandé une prolongation parce que la grille d'évaluation n'était pas prête. Cette prolongation-là devait se conclure le 17 septembre, et ça a été suspendu, et, au moment où on se parle, l'appel d'offres n'a toujours pas été conclu. Alors, écoutez, on peut peut-être rêver en couleurs, peut-être que le fait que cette suspension-là soit toujours en cours, qu'il n'y ait toujours pas… la conclusion de l'appel d'offres ne soit pas faite, on peut peut-être rêver en couleurs et souhaiter que le gouvernement décide d'arrêter cet appel d'offres — écoutez, Noël, c'est le 25 décembre, mais on ne sait jamais, on peut peut-être rêver en couleurs — mais moi, je pense que la seule et unique solution, réaliste et responsable, courageuse — on le reconnaît, courageuse — serait de mettre un terme à l'aventure éolienne au Québec.

Je tiens à vous rappeler aussi qu'au Québec c'est ici qu'on a les plus fortes augmentations de tarifs d'électricité, deux fois le cours de l'inflation pour deux années consécutives, que l'éolien, ça coûte trois fois plus cher que l'hydroélectricité, et qu'on n'a plus les moyens au Québec de se payer l'éolien.

M. Salvet (Jean-Marc) : Est-ce qu'Hydro-Québec n'a pas sa part à faire par des gains d'efficience aussi?

M. Deltell : Bien entendu, mais il faut comprendre qu'Hydro-Québec a fait aussi sa part d'efficience. Lors du dernier… commission parlementaire où M. Vandal était venu, il a dévoilé justement tous les efforts qui ont été faits, qui se chiffraient, si mes souvenirs sont bons, je veux être prudent en citant un chiffre, mais je crois que c'était autour de 500 millions de dollars au cours des dernières années, les économies qui ont été effectuées par Hydro-Québec par une meilleure gestion.

Maintenant, c'est clair qu'Hydro-Québec a des devoirs à faire, mais, lorsqu'on parle d'augmenter deux fois le taux de l'inflation, pour nous, c'est parce qu'on maintient le programme d'abord des minicentrales, mais surtout qu'on maintient… qu'on remet en cause les minicentrales, qu'on remet en marche les minicentrales, mais surtout qu'on maintienne le mauvais programme des éoliennes. Écoutez, j'y ai cru, moi aussi, aux éoliennes, là. C'est une bien belle idée, c'est un bien beau projet, mais 10 ans plus tard, on se rend compte que ça ne tient pas la route au plan économique. Alors, il faut avoir le courage de dire : Assez, c'est assez. Ça coûte trois fois trop cher. Ça coûte trois fois trop cher aux Québécois. Ça suffit.

M. Dutrisac (Robert) : Oui. Maintenant, on pourrait mettre fin au programme des éoliennes, mais ça ne changerait pas la réalité des choses quant aux tarifs, aux augmentations de tarifs dans les prochaines années, là.

M. Deltell : Ce n'est pas notre point de vue, parce qu'actuellement on sait qu'à Hydro-Québec il y a des surplus d'électricité de 3 % à 4 %, dépendant des variantes économiques, là, mais de 3 % à 4 % de surplus. Donc, non seulement on a des surplus, mais on produit à perte pour créer encore plus de surplus. Et, quand je dis à perte, c'est parce que ça coûte trois fois plus cher à produire de l'électricité d'éolien versus l'électricité de l'hydroélectricité. Et, écoutez, au Québec, on a un avantage extraordinaire que, oui, on a misé énormément sur l'hydroélectricité. C'est notre force, c'est notre richesse. On doit le privilégier. Ça amène le corollaire que notre électricité n'est pas chère.

M. Dutrisac (Robert) : Donc, on doit cesser de respecter des contrats qui ont déjà été signés…

M. Deltell : Bon. Alors, notre position, c'est de dire que d'abord on met un terme à l'aventure éolienne en ne poursuivant pas ce mauvais modèle d'affaires. Il n'est pas question pour nous de déboulonner, là, toutes les éoliennes. Il faut respecter les contrats, mais voir, de gré à gré, si on est capable de fermer les contrats. Mais ça, on est tout à fait conscients que c'est extrêmement difficile. On en est conscients, mais la pire chose à faire, c'est de continuer ce mauvais modèle d'affaires là. Et là on a une occasion en or de dire : Assez, c'est assez. Et, écoutez, je le dis encore, je rêve peut-être en couleurs, là, mais, encore ce matin… on vérifie à tous les jours, l'appel d'offres n'est pas conclu, l'appel d'offres n'est pas terminé. Plutôt que d'adopter hier un décret pour dire à la régie : Aïe! On n'est pas content, les tarifs vont augmenter, ils auraient dû adopter un décret pour dire : On ferme cet appel d'offres là. Ça, c'eut été responsable et courageux.

M. Dutrisac (Robert) : À moins que je ne me trompe, là, le gouvernement, quand même, a dit à la Régie de l'énergie : Il y a une partie des gains d'efficience qui vont aller au gouvernement, là, et qui n'iront pas aux consommateurs.

M. Deltell : Il faudrait vérifier ce point-là, mais nous, ce qu'on pense, nous, ce qu'on affirme par rapport à ça, c'est que ça doit aller directement dans les poches des contribuables, c'est-à-dire de ne pas augmenter plus que le taux de l'inflation les tarifs d'électricité. Puis je veux être bien clair là-dessus, hein, nous, on n'est pas pour le gel puis ces trucs-là, parce que le gel, ça conduit à une irresponsabilité qui nous amène à un mur plus tard. On l'a vu, il y a deux ans, avec l'histoire des frais universitaires. C'est que, si on gèle tout le temps, veux veux pas, l'inflation va nous rattraper, puis là on va faire un choc tarifaire. Donc, nous, on est pour les augmentations, mais au maximum de l'inflation, et on a d'ailleurs déposé un projet de loi récemment à cet effet-là. Pour nous, c'est une logique économique qui respecte le porte-monnaie des contribuables.

Mme Lajoie (Geneviève) : Que pensez-vous de l'idée que le gouvernement participe financièrement au retour des Nordiques?

M. Deltell : Oui, il faut être prudents là-dessus. Écoutez, on ne peut pas empêcher une entreprise privée de faire des demandes au gouvernement, là. Si les programmes existent, ils peuvent faire les demandes, puis c'est du cas par cas, ça doit être évalué. Mais il faut quand même garder en tête que les Québécois font un effort très élevé avec le 200 millions de dollars du gouvernement provincial pour la construction d'un nouvel amphithéâtre. Mais, comme je vous dis, on ne peut pas empêcher une entreprise de faire des demandes dans des programmes déjà existants.

M. Robillard (Alexandre) : Est-ce que c'est responsable d'ouvrir la porte à ce genre de demande là dans le contexte budgétaire actuel?

M. Deltell : Bien, quelle demande? C'est ça, le point. C'est que, là, c'est une hypothèse. On comprend que c'est une hypothèse. C'est à la suite d'une question, hier, en entrevue : Est-ce qu'on serait contre le fait qu'une entreprise privée puisse demander des subsides, ou un prêt garanti, ou des choses semblables? Alors, laissons venir la chose. Mais nous, on ne peut pas dire, du jour au lendemain : Non, non, telle entreprise n'a pas le droit de postuler ou n'a pas le droit de demander dans des programmes déjà existants. Comprenons-nous bien.

M. Robillard (Alexandre) : Trouvez-vous que le gouvernement a donné assez d'argent à ce projet-là jusqu'ici?

M. Deltell : Comme je vous dis… D'ailleurs, je l'ai dit dès notre mot d'introduction là-dessus, écoutez, c'est 200 millions de dollars que les contribuables ont versés pour la construction du nouvel amphithéâtre. L'effort est déjà important. Maintenant, on ne peut pas empêcher une entreprise privée de faire des demandes dans les programmes déjà existants.

M. Robillard (Alexandre) : Mais trouvez-vous que 200 millions, c'est déjà suffisant?

M. Deltell : Je pense que c'est pas mal ce que j'ai dit, à l'effet que les contribuables ont déjà fait un effort substantiel pour l'érection du nouvel amphithéâtre, qui était de mise, soit dit en passant, parce que le colisée avait atteint sa vie… Comment on dit ça, donc?

Une voix : Sa vie utile.

M. Deltell : Sa vie utile, voilà, merci. Donc, il fallait faire quelque chose. Puis on comprend aussi que ce n'est pas exclusivement pour l'arrivée éventuelle d'un club de la Ligue nationale de hockey, mais c'est un effort substantiel. Et, d'un autre côté, on ne peut pas empêcher une entreprise privée d'aller frapper à la porte dans les programmes déjà existants, et j'insiste là-dessus.

M. Salvet (Jean-Marc) : Pardon, je pense… je crois comprendre que vous avez répondu à cette question, mais est-ce que le gouvernement… ce serait une bonne chose qu'il devienne partenaire ou qu'il le supporte?

M. Deltell : Bien, il n'est pas question de devenir partenaires, là. Ça, c'est clair que je vois mal le gouvernement acheter des actions pour dire : Tiens, c'est beau, on va être propriétaires. Ce serait malvenu également de donner une subvention directe.

Soit dit en passant, pour la petite histoire, dans les années 75-76, le gouvernement du Québec avait subventionné les Nordiques, du temps de l'AMH, là. Juste pour vous dire, mais c'est une petite anecdote, comme ça. Et c'est pourquoi les joueurs de hockey avaient la fleur de lis marquée «Québec» dessus. Et, si je me souviens bien, c'était par l'entremise du ministère du Tourisme que cela avait été fait parce qu'ils disaient que c'était un vecteur touristique et tout ça, donc…

Alors, je vous répète que, là-dessus, on est conscients qu'avec les 200 millions de dollars pour l'érection du nouvel édifice, les contribuables ont déjà donné substantiellement pour la venue potentielle d'une équipe. Maintenant, on ne peut pas empêcher une entreprise privée de frapper à la porte du gouvernement pour des programmes déjà existants.

M. Robillard (Alexandre) : C'est quels programmes?

M. Deltell : Bien, écoutez, il y a 600 programmes actuellement au gouvernement du Québec. D'ailleurs, nous autres, on voudrait passer le peigne là-dedans. Mais, écoutez, cette... On est dans...

M. Robillard (Alexandre) : J'essaie juste de voir, là, c'est quoi la nuance que vous faites entre un programme existant puis un programme qui n'existerait pas.

M. Deltell : La nuance, c'est qu'il ne faut pas créer... En fait, ce qu'on ne veut pas, c'est qu'on ne veut pas créer un programme qui serait ciselé exactement pour une entreprise x, et ça s'applique pour cette éventualité-là. Puis, comprenons-nous bien, là, on est vraiment dans l'hypothèse au moment où on se parle, là, hein? On se comprend, là, aux dernières nouvelles, là, il n'y avait pas de club de la Ligue nationale à Québec, là. J'ai peut-être manqué quelque chose à matin, là, mais je ne l'ai pas vu, là. Alors...

M. Robillard (Alexandre) : C'est seulement que c'est un type d'hypothèse qui génère beaucoup d'attention.

M. Deltell : C'est un type d'hypothèse... J'ai remarqué, oui. Mais ce que je veux vous dire là-dedans, c'est qu'on ne peut pas créer sur mesure un programme précis pour une entreprise précise. Ça, ce n'est pas bien puis, à notre point de vue, ce n'est pas la façon de faire. On crée un programme global pour dire : Bon, bien, d'accord, on peut aider les entreprises dans certains cas. Et si, par bonheur, ça s'adresse à telle entreprise, tant mieux, mais on ne peut pas non plus empêcher une entreprise privée de dire : Bien là, vous, là, on... jamais vous n'allez participer aux programmes gouvernementaux. Ça ne tient pas la route. Merci.

(Fin à 11 h 40)

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