National Assembly of Québec - Return to homepage

National Assembly of Québec - Return to homepage

To use the Calendar, Javascript must be activated in your browser.
For more information

Home > News and Press Room > Press Conferences and Scrums > Point de presse de M. François Legault, chef du deuxième groupe d'opposition, M. André Lamontagne, porte-parole du deuxième groupe d'opposition en matière d'économie, d'innovation et d'exportations , et M. Claude Surprenant, porte-parole du deuxième groupe d'opposition en matière de transports

Advanced search in the News and Press Room section

Start date must precede end date.

Point de presse de M. François Legault, chef du deuxième groupe d'opposition, M. André Lamontagne, porte-parole du deuxième groupe d'opposition en matière d'économie, d'innovation et d'exportations , et M. Claude Surprenant, porte-parole du deuxième groupe d'opposition en matière de transports

Version finale

Thursday, February 18, 2016, 8 h 15

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures trente et une minutes)

M. Legault : Oui, bonjour, tout le monde. On a vu Philippe Couillard, après s'être fait rouler dans la farine par Bombardier, s'est maintenant fait rouler dans la farine par Air Canada.

Je veux vous expliquer, parce que c'est un dossier que je connais bien, ce qui est en jeu actuellement. On parle de l'entretien lourd. Chez Air Canada, il y a toujours eu, là, environ 1 800 employés, même, et plus, qui s'occupaient d'entretien lourd. C'est quoi, l'entretien lourd? C'est ce qu'on appelle en anglais les «C check», «D check», remotarisation. Ce sont des emplois très payants qui sont faits sur des avions usagés à peu près à tous les cinq ans, donc c'est très payant. Et, lorsqu'Air Canada a été privatisée en 1988, il a été convenu... il y a eu une garantie écrite d'Air Canada qu'ils devaient maintenir les centres d'entretien, entre autres le centre d'entretien à Montréal.

Par la suite, Air Canada a créé une filiale qu'ils ont appelée Aveos, puis les 1 800 emplois ont été transférés à Aveos. Ensuite, ils ont vendu Aveos, et ensuite Aveos a fermé ses portes. Bon, puis le syndicat accuse Air Canada d'avoir fait exprès pour laisser l'entreprise aller en faillite pour pouvoir donner des contrats d'entretien lourd à l'étranger.

Or, les syndicats, avec le gouvernement du Québec, ont poursuivi Air Canada et ont gagné. Air Canada est même allée en cour d'appel, et ils ont gagné. Donc, il restait seulement à aller en Cour suprême, puis c'était avec dépens, donc aucuns frais à payer pour le gouvernement du Québec et le syndicat. Or, M. Couillard, dans sa négociation avec Air Canada, a échangé l'entretien lourd sur 300 appareils, hein — parce qu'on parle de 300 appareils chez Air Canada — contre 45 appareils, éventuellement, de la série C. Il a échangé des gros porteurs qui demandent beaucoup plus d'entretien contre des petits porteurs et il a échangé des avions usagés contre des avions neufs. Ça veut dire que les premiers avions de Bombardier seront livrés à partir de 2019, il n'y aura pas d'entretien lourd qui va être fait sur ces avions-là avant 2024. Donc, on a échangé 1 800 jobs payantes, environ à 35 $ de l'heure, contre peut-être quelques centaines de jobs dans 10 ans. Donc, M. Couillard, là, est vraiment un mauvais négociateur, un mauvais négociateur, et je n'en reviens pas.

J'ai eu l'occasion de parler au président du syndicat d'Aveos, de parler à des employés d'Aveos, qui étaient autrefois des employés d'Air Canada, ils sont choqués. Écoutez, 1 800 emplois payants. Donc, M. Couillard a accepté d'abord que Bombardier élimine 2 400 emplois chez Bombardier. On voit qu'il y a de la délocalisation qui se fait, actuellement, chez Bombardier. Puis hier il accepte un litige qu'il aurait pu gagner — qu'il a déjà gagné — pour, donc, perdre 1 800 emplois chez Air Canada ou une filiale.

Donc, on se retrouve, là, qu'en une semaine M. Couillard nous a fait perdre au Québec 4 200 emplois. Tout un négociateur, ce M. Couillard! Je n'en reviens pas. Il va falloir que quelqu'un fasse quelque chose pour l'arrêter. Il est en train, vraiment, de démolir l'économie du Québec.

La Modératrice : Alexandre Robillard, LaPresse canadienne.

M. Robillard (Alexandre) : Craignez-vous les impacts du projet de modification de la loi sur la participation publique au capital d'Air Canada? Est-ce que vous pensez que ça pourrait aller dans le sens des intérêts de...

M. Legault : Bien, écoutez, il y avait trois garanties lorsqu'Air Canada a été privatisée : une garantie sur le siège social à Montréal — plus ou moins respectée, il y a beaucoup d'emplois qui ont été transférés à Toronto — une garantie concernant le bilinguisme à travers la compagnie — plus ou moins respectée — et le centre d'entretien à Montréal, donc 1 800 jobs à 35 $ de l'heure. Là, on vient dire, là... Philippe Couillard dit : Je retire ma poursuite. Donc, c'était le gouvernement du Québec qui défendait le centre d'entretien de Montréal. Là, Marc Garneau, au fédéral, dit : Bonne nouvelle! Écoutez, je n'en reviens pas! Puis là on dit... Bien, tout ça, là, pour faire plaisir à Air Canada. C'est incroyable de s'être fait avoir comme ça!

M. Robillard (Alexandre) : ...de voir que cette perspective-là, d'abolir la condition de maintenir des centres d'entretien...

M. Legault : Totalement. S'il n'y a plus de poursuite, Air Canada est morte de rire. Air Canada, actuellement, là, depuis qu'Aveos a fermé ses portes, fait faire l'entretien lourd chez American Airlines, chez Lufthansa Technik... Écoutez, l'été dernier, je suis allé rencontrer la direction de Lufthansa Technik à Hambourg. Ils sont morts de rire. Ils sont contents, ils font l'entretien lourd, en partie, de plusieurs avions d'Air Canada puis ils ont acheté des avions de la CSeries parce qu'ils espèrent faire aussi l'entretien de la Cseries.

Puis, quand Dominique Anglade nous dit : Éventuellement, là, dans 10, 15 ans, il y aura peut-être 1 000 emplois dans l'entretien lourd de la série C, bien, écoutez, ça suppose qu'Air Canada obtienne des contrats de d'autres compagnies. Je veux dire, il n'y aura pas 1 000 emplois pour entretenir 45 petits porteurs.

Puis étant donné que ce sont des avions neufs, là, les cinq premières années, il n'y en a pas, d'entretien lourd, c'est juste de l'entretien léger, là. On prend un avion, on l'envoie pour un mois ou deux faire remplacer la majorité des pièces, faire remotoriser les moteurs, et ensuite l'avion est réutilisable après quelques mois. Mais, un avion neuf, il n'y a pas d'entretien lourd.

M. Robillard (Alexandre) : Sur la valeur de la lettre d'intention annoncée hier par Air Canada, est-ce que le gouvernement du Québec a fait une erreur en déclarant, dans ce communiqué de presse, que la valeur de la transaction était de 5,2 milliards, compte tenu, là, que le chef de la direction de Bombardier dit que c'est le prix de liste?

M. Legault : Que c'est?

M. Robillard (Alexandre) : Le prix de liste.

M. Legault : Le prix de liste. Bien, écoutez, ils ont vendu 45 avions. C'est bon pour Bombardier, mais on vient de perdre 1 800 emplois par année à 35 $ de l'heure. Donc, faites votre calcul, là. Peut-être que Bombardier, à cause de cette commande-là, va embaucher 100 employés?

M. Robillard (Alexandre) : ...c'est 5,2 milliards?

M. Legault : Pardon?

M. Robillard (Alexandre) : Pensez-vous que la valeur de la lettre d'intention, c'est 5,2 milliards, comme l'a écrit le gouvernement dans son communiqué?

M. Legault : Ah! bien là on ne le sait pas, le prix des avions, à quel prix ils ont été vendus, mais c'est certain, là, que...

M. Robillard (Alexandre) : Mais donc, vous ne croyez pas ce qui est écrit dans le communiqué du gouvernement?

M. Legault : Bien, écoutez, je ne l'ai pas vu, donc je ne peux pas vous dire si je le crois ou non. Ce que je vous dis, c'est que, pour Bombardier, ça représente peut-être une centaine d'emplois dans l'entretien, ça représente peut-être quelques centaines d'emplois dans 10 ans, mais là, pour ça, on sacrifie 1 800 emplois à 35 $ de l'heure. Je n'en reviens pas, là, écoutez.

Puis Air Canada — moi, je me souviens, quand j'étais chez Air Transat, là — avait la réputation d'être parmi les meilleurs pour faire de l'entretien lourd. Il en faisait même pour d'autres compagnies.

Et là on dit : On a une flotte de 300 appareils, dont des gros porteurs, puis on échange ça pour 45 petits porteurs. Quel mauvais deal de Philippe Couillard! Quel mauvais deal! Je veux dire, il vient de démontrer, encore une fois, qu'il ne connaît pas ça, les affaires, là. Il s'est fait avoir. Quel mauvais négociateur!

La Modératrice : Alain Laforest, TVA.

M. Laforest (Alain) : Changeons de sujet, mais restons dans le transport. Uber va venir dire aujourd'hui que c'est de l'entreprise privée.

M. Legault : Bien, écoutez, nous, on a déjà dit : On a préjugé favorable pour ajouter une offre aux consommateurs comme Uber. Par contre, Uber doit être encadré, puis le gouvernement libéral doit arrêter de pelleter les solutions par en avant. Ils doivent déposer un projet de loi dès maintenant. Ça devient urgent, là, actuellement on a une compagnie qui opère de façon illégale. Pendant ce temps-là, le gouvernement fait des commissions parlementaires, après ils vont faire un projet de loi, une commission parlementaire sur le projet de loi, on en a pour des mois.

Pourquoi le gouvernement... Qu'est-ce qui empêche le gouvernement d'agir, actuellement, puis de s'assurer qu'Uber, d'abord, agisse de façon sécuritaire puis paie toutes ses taxes et ses impôts? Il n'y a rien qui empêche le gouvernement de déposer un projet de loi dès maintenant.

La Modératrice : ...

M. Laforest (Alain) : Je peux-tu poser ma deuxième question? Excuse-moi. Vous allez vite ce matin. On a du temps, pourtant.

Qu'est-ce que, justement, vous allez faire avec la possibilité que le gouvernement autorise cette compagnie-là, qui a agi dans l'illégalité pendant des mois, voire des années... Comment on va aller récupérer ces sommes d'argent là pour une compagnie illégale? Il ne devrait pas y avoir des sanctions?

M. Legault : Bien, on devrait récupérer tous les impôts et les taxes qui ont été non payés par Uber. Donc, il faut que le gouvernement prenne les mesures, mais il faut qu'il arrête de se traîner les pieds. Ça fait des mois et des mois, là... Je comprends qu'il y a eu un changement de ministre, qu'il y a eu un désaccord entre M. Poëti puis M. Couillard, mais là il est temps qu'il agisse. On est rendu à l'action, actuellement.

La Modératrice : Julie Dufresne, Radio-Canada.

Mme Dufresne (Julie) : Bonjour, M. Legault, messieurs. Sur Uber, toujours, je vous pose la même question que j'ai posée à votre opposant politique : Est-ce que le caucus est unanime sur la question?

M. Legault : Totalement. Nous, on n'a pas le problème du PQ, tout le monde est d'accord pour dire : C'est une bonne idée, Uber, mais ça doit être encadré. Donc, on a une position qui est unanime.

Mme Dufresne (Julie) : Et un bref mot sur Bombardier. On entend bien vos arguments sur les emplois perdus, mais, vous qui vous y connaissez, est-ce que ce n'était pas la seule façon de sauver l'industrie aéronautique québécoise?

M. Legault : Bien, on n'a pas été assez exigeants. Écoutez, là, je voyais sourire le président d'Air Canada. Air Canada, aujourd'hui, doit être morte de rire. Depuis 1988 qu'ils ont ce différend, qu'ils veulent être capables de donner l'entretien lourd de leurs 300 appareils à l'étranger, mais ils ont une loi qui les oblige à faire l'entretien lourd ici.

Donc, Air Canada, là, est le grand gagnant, et je ne pense pas qu'on était obligés de faire un aussi gros cadeau à Air Canada pour qu'ils achètent des appareils, dont ils ont besoin, puis qu'ils s'engagent de façon un peu floue, maintenant, seulement sur 45 petits porteurs pour lesquels il n'y aura pas d'entretien lourd avant 10 ans.

Mme Dufresne (Julie) : On comprend bien ce point-là, mais, vous savez, en même temps, la situation financière de Bombardier, est-ce que ce n'était pas la seule façon de sauver cette industrie?

M. Legault : D'abord, là, mettons les choses en perspective. Dans le créneau des avions de 120, 140 places, il y a trois compétiteurs, hein : il y a le Boeing 737, il y a l'Airbus 319 et 320, puis il y a la série C. Actuellement, là, Boeing et Airbus ont chacun 3 000, 4 000 commandes, O.K.? Là, on dit : Bombardier va chercher 45 commandes. On est encore très, très loin du point où ça peut devenir un produit rentable, très, très loin. C'est un petit pas dans la bonne direction, mais, je veux dire, ça ne règle pas le cas que Bombardier, depuis 2014, n'a vendu aucun appareil de la série C. Puis là, bien, ils l'ont vendu à Air Canada. Pourquoi? En achetant Air Canada, en leur disant : Vos 1 800 jobs, là, que vous voulez donner à l'étranger, bien, vous pouvez maintenant donner vos 1 800 jobs à l'étranger à des compagnies, à Singapour ou ailleurs, qui, dans le fond, coûtent moins cher qu'ici, écoutez, là, Air Canada, là, vient de se sauver d'un problème majeur qu'ils avaient dans les pattes depuis 1988, depuis 1988, là. Je veux dire, dans l'aviation, tout le monde savait ça, qu'Air Canada avait une obligation de faire l'entretien lourd.

Puis je vous invite... Moi, j'ai déjà visité des installations d'Air Canada. C'est extraordinaire, on est équipés pour remotoriser... prendre un moteur qui est au bout de sa durée de vie utile puis le remotoriser, on est équipés pour prendre un avion puis, peut-être, tout remplacer les pièces pour faire un «C» puis un «D check», là, une vérification majeure. C'est un travail qui exige de l'expertise, une expertise qu'on a au Québec.

Allez, là... Moi, j'habite... j'habitais dans l'ouest de l'île de Montréal, il y a des milliers de personnes qui sont des mécaniciens, qui habitent dans l'ouest de l'île, qui ont fait de l'argent, qui, aujourd'hui, dans certains cas, sont à la retraite. On vient d'abolir 1 800 emplois de qualité dans l'entretien d'Air Canada. Je n'en reviens pas, tu sais. Oui, il y a des emplois de pilote qui sont payants, mais il y en a bien plus du côté des mécaniciens.

La Modératrice : Régys Caron, LeJournal de Québec.

M. Caron (Régys) : Oui, bonjour, messieurs. Le premier ministre a dit hier que le seul secteur en croissance chez Bombardier, c'est la série C, c'est l'avionnerie, puis le gouvernement a fait son placement dans cette section-là, dans ce créneau-là. Mais là est-ce qu'on n'est pas en train d'enterrer la division fabrication de trains de Bombardier? En posant la question à M. Couillard hier, il nous a fait la réponse suivante : C'est à la compagnie à voir... à s'en occuper. Qu'est-ce que vous en pensez?

M. Legault : Écoutez, si, comme homme d'affaires, là, demain matin, vous m'offrez des actions de la division matériel de transport ou des actions de la division série C, en courant, 100 fois plus, je vais aller du côté des actions de la division matériel de transport, comme l'a fait Christian Dubé de la Caisse de dépôt, qui a réussi à obtenir 30 % des actions matériel de transport. Écoutez, là, il ne faut pas être un spécialiste pour savoir que les wagons de métro, les trains, tout ce qui touche au transport en commun, c'est appelé à se développer dans l'avenir.

Par contre, la division C, on est en compétition contre deux géants qui ont 10 fois plus de commandes que nous autres, qui peuvent nous faire une guerre de prix, comme ils ont fait depuis quelques années. Je veux dire, sincèrement, là, moi, je ne serais pas prêt à mettre mon argent dans la série C parce que c'est une division qui est très à risque contre deux géants qui ont les poches profondes, comme on dit en affaires, donc qui peuvent assumer des pertes sur cet appareil-là, ils peuvent dire : Sur les appareils de 120 places, on ne fera pas d'argent, mais on va se reprendre sur les appareils de 200, 300, 400 places. Donc, je ne comprends pas, là. Compétitionner contre Embraer, c'est une chose, compétitionner contre Airbus, puis Boeing, c'est hyperrisqué. Puis, nous autres, là, Philippe Couillard, il a décidé que c'était juste là-dedans qu'il prenait des actions. Il aurait pu, même — c'est ce que j'essayais de lui expliquer hier — prendre des actions, si c'est vraiment ça qu'il croit, dans la Cseries, mais demander des garanties sur l'ensemble des divisions. Il n'y a rien qui l'empêchait parce que Bombardier a besoin de liquidités dans la série C, pas dans le matériel de transport. Mais il aurait pu prendre en garantie les actifs du matériel de transport, qui est la division la plus... qui a le plus de valeur chez Bombardier.

M. Caron (Régys) : Donc, M. Couillard, quand il dit : Le secteur en croissance... l'unique secteur en croissance, c'est l'avionnerie chez Bombardier, il se trompe, ou il ment, ou il...

M. Legault : Moi, je pense qu'il se trompe. Puis qu'il regarde juste combien d'avions ont été vendus depuis 2014 : zéro; là, on a en 45 hier. Pendant ce temps-là, les compétiteurs, ils en ont 3 000, 4 000 de vendus. On a un problème, on se bat contre le 737. Vous savez que le 737, là, c'est un petit bijou dans le monde de l'aviation. Le seul avantage qu'avait la série C sur le 737 puis l'Airbus 319, c'est qu'il consommait 10 % à 20 % moins de carburant. Mais, avec le prix du carburant qui a baissé, là, l'avantage est presque disparu. Donc, pourquoi les gens iraient acheter de la série C? Parce que, vous savez, quand, dans notre flotte, là, on a plusieurs avions de la même compagnie, ça facilite l'entretien. Je veux dire, quand j'étais chez Air Transat, on avait des Boeing 727, des Boeing 757, les mécaniciens pouvaient travailler sur les deux appareils. Donc là, on dit : Il y a une compagnie qui vend juste des 120 places. Donc, c'est certain que la compagnie aérienne, si elle a le choix d'avoir tout des Airbus ou tout des Boeing, de 100 places jusqu'à 400 places, elle sauve des coûts dans l'entretien, c'est plus facile de requalifier les pilotes, donc Boeing... pas Boeing, mais la Cseries de Bombardier est dans une position difficile parce qu'ils vendent seulement un type d'avion. Donc, il faut que l'entreprise s'équipe de mécaniciens puis de pilotes juste pour ce type d'avion là.

M. Caron (Régys) : Au sujet d'Uber, UberX, est-il normal qu'une entreprise qui verse dans l'illégalité, qui ne paie pas ses taxes, ses impôts, soit invitée au salon rouge pour venir s'expliquer, pour...

M. Legault : Bon, écoute, ils peuvent bien venir s'expliquer, mais là ce que je ne trouve pas normal, c'est que le gouvernement de M. Couillard, là, se traîne les pieds. Écoutez, il ne semble pas savoir quoi faire. Mais là, s'il ne sait pas quoi faire, qu'il laisse sa place à quelqu'un d'autre, là. Mais on a besoin d'un premier ministre qui prend des décisions, qui agit pour que l'entreprise UberX soit sécuritaire, paie ses impôts, paie ses taxes. On n'a pas besoin de passer des semaines, des mois en commission pour agir; qu'on agisse.

La Modératrice : On va juste reprendre une dernière petite question de Julie Dufresne.

Mme Dufresne (Julie) : ...je vous promets. Sur les mères porteuses, vous savez que le Conseil du statut de la femme a émis un avis favorable à l'encadrement de cette pratique ce matin. Qu'est-ce que vous en pensez? Êtes-vous favorable?

M. Legault : Bien, écoutez, on me dit que c'est un rapport qui est volumineux, là, je vais d'abord en prendre connaissance, bien honnêtement.

Mme Dufresne (Julie) : Mais, a priori, est-ce que vous pensez qu'une femme qui ne demande pas une rétribution peut le faire?

M. Legault : Bien, écoutez, je pense que ce n'est pas noir ou blanc, là, ça pose toutes sortes de problèmes d'éthique. Moi, j'aime mieux regarder exactement ce qui est proposé. C'est très délicat, oui.

La Modératrice : Merci beaucoup. On va prendre une question en anglais? Raquel Fletcher.

Mme Fletcher (Raquel) : Can you explain what your fear is of losing the 1,800 jobs that you mentioned?

M. Legault : OK. I used to stay in the West Island of Montréal and I know very well that they are thousands of workers who used to be in the maintenance department of Air Canada, earning $35 an hour, so, very well… good jobs. And what happened is, since 1998, when Air Canada was privatised, they had the obligation to keep those jobs. What Air Canada did is they first transferred those jobs to another company called Aveos and eventually they sold the company and the company went bankrupt. Unions went to see the Court and they won. So, Air Canada, they still have the obligation to keep those 1,800 jobs for what we call the heavy maintenance. You know, every five years, you have to do the heavy maintenance on an aircraft.

So, what Mr. Couillard said, he traded heavy maintenance on 300 aircrafts for heavy maintenance on 45 small aircrafts of the CSeries. So it's a very, very bad deal. We're trading about 1,800 jobs for couple of hundred jobs, and only in 10 years because those aircrafts will be new. So, after delivery in 2019, it will take another five years before we start having some C check, D check, so there will be no job before 2024 for heavy maintenance. So it's a very, very bad deal. We're losing 1,800 jobs in the West Island of Montréal and exchanging that for a few, maybe, 100 jobs in ten years from now. So it's a bad deal. So, Mr. Couillard is showing again that he's not a good businessman, he's not a good negotiator and, after signing a bad deal with Bombardier, which announced yesterday that they are cutting 2,400 jobs, now he's announcing that's we will cut the 1,800 jobs of Air Canada, the obligation of Air Canada for 1,800 jobs. So, it's more than 4,000 jobs lost because of the bad management of Mr. Couillard.

Mme Fletcher (Raquel) : And your reaction on Uber?

M. Legault : I think Uber… We need to have this kind of service, and we have this kind of service at many places in the world. The only thing is that we have to make sure that they pay their taxes. So, right now, the Government should table a bill to make sure that they pay their taxes. But I don't see why they are listening for weeks and months for everybody. They should know what to do and they should take action now. Thank you.

(Fin à 8 h 53)