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Point de presse de M. François Legault, chef du deuxième groupe d'opposition, M. André Lamontagne, député de Johnson, M. Mario Laframboise, député de Blainville, et Mme Chantal Soucy, députée de Saint-Hyacinthe

Version finale

Thursday, September 29, 2016, 13 h 30

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Treize heures trente-trois minutes)

M. Legault : Oui. Bonjour, tout le monde! C'est avec beaucoup de plaisir que je veux vous faire une annonce importante aujourd'hui. Je suis accompagné de Chantal Soucy, qui est notre porte-parole en énergie, André Lamontagne, porte-parole en économie, Mario Laframboise, porte-parole en affaires municipales.

Donc, je suis très fier aujourd'hui de faire une proposition économique importante, constructive pour l'avenir du Québec. Et évidemment on souhaite que le gouvernement libéral copie cette proposition, sinon, bien, on va la mettre en place avec un gouvernement de la CAQ dans deux ans.

Une des raisons de notre retard en économie au Québec, c'est notre retard à prendre le virage numérique. Tout passe par les bandes passantes. Aujourd'hui, c'est l'avenir. Et j'ai pu constater, lors de ma tournée de cinq semaines à travers le Québec, que, dans plusieurs régions, on n'a pas accès à Internet haute vitesse. Même dans certains endroits, là, qui ne sont même pas à une heure de Montréal, on n'a pas accès à Internet haute vitesse. C'est très mauvais pour les travailleurs autonomes, mauvais pour les entrepreneurs, mauvais pour les citoyens. C'est comme si on était sur une autoroute de l'information avec une vieille minoune. Il est temps qu'on ait une auto neuve. Il est temps qu'on agisse. On ne peut plus attendre. Donc, c'est pour ça qu'aujourd'hui la CAQ propose un plan d'implantation de trois ans pour doter toutes les régions du Québec d'un accès à Internet haute vitesse. Quand je parle de haute vitesse, je parle d'un accès qui peut atteindre 100 mégabits par seconde mais avec un plancher partout de cinq mégabits par seconde.

L'Internet dans les régions du Québec… Je me reprends. L'Internet dans les régions du Québec, ce n'est pas un luxe, c'est essentiel. Au XXe siècle, c'était essentiel d'électrifier les campagnes. Au XXIe siècle, c'est essentiel de fournir Internet haute vitesse à toutes les régions du Québec. Et on pense que ce projet doit être fait en collaboration et sous la supervision des MRC. Donc, ce sont les MRC qui sont les mieux placées pour bien connaître les besoins des citoyens. Et donc un gouvernement de la CAQ donnerait le leadership, la responsabilité aux MRC de fournir toutes les régions du Québec avec un service Internet haute vitesse.

Maintenant, de son côté, on propose que le gouvernement du Québec finance 30 % du coût minimum et, dans certains cas, jusqu'à 40 %. Ça représente, pour le gouvernement du Québec, entre 500 et 800 millions de dollars. C'est beaucoup d'argent, mais on pense qu'aujourd'hui c'est une nécessité pour le développement des régions. Dans certains cas, dans la proposition qui est faite, les infrastructures d'Hydro-Québec pourraient être utilisées, mais, ce qu'il est important de dire, ce seraient les MRC qui seraient les maîtres d'oeuvre, et les redevances seraient payées aux MRC. Donc, je pense que c'est très intéressant. Depuis longtemps, les MRC demandent d'avoir accès à des nouvelles sources de revenus, mais ce qu'on dirait, c'est que, dans le projet, les redevances seraient collectées et gardées par les MRC.

Et il n'y a pas de raison de ne pas le faire, là. On a vu, au cours des dernières années, que l'Ontario l'a fait, hein? Puis, encore cet été, on annonçait des collaborations avec le gouvernement fédéral, qui fournissait jusqu'à 33 % des coûts pour, entre autres, donner accès à Internet haute vitesse dans 350 communautés du sud-ouest de l'Ontario. Et on a aussi des régions, au Québec, qui ont déjà commencé à le faire. Par exemple, récemment dans la MRC de Bécancour, 12 municipalités ont décidé d'investir 15 millions de dollars pour donner accès à Internet haute vitesse sur tout leur territoire, même chose, on est en train de le regarder, du côté de la MRC de Drummond, mais le gouvernement doit être un partenaire. On ne peut pas pelleter ça dans la cour des municipalités puis des MRC. On parle quand même d'investissements, là, très importants. Et actuellement le Québec a pris du retard, et chaque jour qui passe, c'est une occasion qui est manquée.

Donc, il faut comprendre qu'il s'agit d'une mesure qui est très importante, très importante aussi pour garder en région nos jeunes, nos entrepreneurs. Donc, c'est aussi une façon de garder puis de donner de la vitalité à nos régions.

Donc, pour créer de la richesse, il faut investir, et le Québec a besoin de projets collectifs. Je pense que le projet qu'on propose aujourd'hui, c'est un projet rassembleur, visionnaire, donc, pour l'avenir du Québec, et je pense qu'on doit le faire avec un partenariat avec toutes les régions du Québec.

La Modératrice : On va prendre les questions. Nicolas Vigneault, Radio-Canada.

M. Vigneault (Nicolas) : M. Legault, effectivement, votre évaluation de 800 millions de dollars, vous la faites comment, là? De quelle façon vous avez calculé ça?

M. Legault : Oui. O.K. Bon, ce qu'on a fait, on a regardé les coûts en Ontario, on a regardé les régions qui ne sont pas couvertes actuellement et on arrive à un coût total, là, entre 1,5 milliard et 2 milliards. Donc, quand on dit que le gouvernement du Québec paierait 30 % à 40 %, ça veut dire entre 500 et 800 millions de dollars. C'est pour ça que j'entendais tantôt M. Couillard nous parler d'un plan de 100 millions. Ce n'est pas sérieux. On en ferait des petits bouts, là, mais, si on est sérieux de donner Internet haute vitesse à toutes les régions du Québec, on est très loin du compte avec la proposition de M. Couillard.

M. Vigneault (Nicolas) : Mais ça veut dire quand même, pour certaines municipalités, des coûts importants, là, parce que le reste de la facture est assumé par les municipalités. Est-ce que vous ne craignez pas qu'on se retourne encore une fois vers les citoyens et demander des taxes additionnelles pour payer?

M. Legault : Bon, deux choses. D'abord, le gouvernement fédéral a fourni un tiers des coûts en Ontario, donc ça veut dire qu'actuellement le Québec laisse de l'argent sur la table. J'ai entendu tantôt la ministre fédérale, à la FQM, dire que le fédéral était prêt à faire sa part. Deuxièmement, c'est très important dans notre proposition, ce qu'on dit, c'est que toutes les redevances vont revenir aux MRC. Donc, la partie qui serait investie par les MRC pourrait être remboursable ou remboursée avec les redevances payées par les citoyens, les entreprises.

M. Vigneault (Nicolas) : Les compagnies de télécoms ne risquent pas de vous regarder avec des gros yeux dans ce contexte-là?

M. Legault : Écoutez, j'ai rencontré des entreprises de télécoms comme Bell. Actuellement, dans ces régions-là, ce n'est pas rentable. Donc, on ne peut pas forcer des entreprises privées à donner des services à perte. Par contre, ce qu'on doit comprendre, là, c'est qu'avec ou non le réseau d'Hydro-Québec, ce qu'on appelle le «backbone», là, donc amener le tuyau dans chaque région, ça serait la responsabilité des gouvernements et des MRC, mais fournir le service dans chaque maison, dans chaque entreprise, ça serait la responsabilité des entreprises comme Bell, comme Telus, comme Vidéotron. Puis il y en a des petites dans certaines régions. Et on verrait donc que ces entreprises-là seraient obligées de payer une redevance aux MRC mais s'occuperaient de faire le travail de raccordement maison par maison puis d'envoyer les factures à chaque citoyen. Mais, pour avoir fourni le «backbone», les MRC auraient le droit à une redevance. Mais il n'est pas question, là, qu'on commence, le public, à aller s'assurer de donner Internet dans chaque maison. On va s'assurer d'amener le «backbone» dans chacune des régions du Québec.

M. Vigneault (Nicolas) : Deux autres questions, peut-être, sur d'autres sujets. M. Couillard vient tout juste de réitérer sa confiance, il dit qu'il a toujours confiance en Laurent Lessard.

M. Legault : Bien, écoutez, il a fait ça avec d'autres ministres dans le passé, puis, avec les jours, les semaines qui passent, M. Couillard, ça lui prend un certain temps pour se faire un jugement politique, là. Il n'a pas les meilleurs réflexes quand il s'agit d'éthique. Mais nous, on pense, à la CAQ, là, qu'actuellement il y a beaucoup de travail à faire au ministère des Transports. Je ne pense pas que M. Lessard ait la tête à faire avancer les dossiers importants au ministère des Transports puis je pense qu'actuellement il y a comme trop de hasards, là, il y a trop de subventions qui ont été données à des amis ou à la famille de M. Lessard. Je pense que, si j'étais à la place de M. Couillard, là, je demanderais à M. Lessard, au moins temporairement, de laisser sa place.

M. Vigneault (Nicolas) : Sur le rapport de la Protectrice du citoyen, on attaque de façon assez sérieuse toute la réforme du ministre de la Santé, Gaétan Barrette. Est-ce que vous estimez aussi que c'est une réforme ratée?

M. Legault : Bien, effectivement. Écoutez, là, depuis deux ans et demi, là, faites le tour dans toutes les régions du Québec puis demandez aux gens : Est-ce que ça va mieux en santé? Ça ne va pas mieux nulle part en santé. Donc, il y a effectivement des coupures qui ont été faites aux dépens, même, de certains services. Donc, actuellement, le moins qu'on puisse dire, c'est que ça ne va pas mieux qu'il y a deux ans et demi.

La Modératrice : Merci. On va passer aux questions en anglais. Maya Johnson, CTV.

Mme Johnson (Maya) : Hello, Mr. Legault. If you consider high-speed Internet to be a necessity rather than a luxury, why do you think it is taking so long for it to be accessible in various regions of the province?

M. Legault : I think that, right now, Mr. Couillard… a lack of vision when you think about fast-speed Internet. We need to have that. It's a necessity like electricity 100 years ago. So, I think, right now, we have to have a serious plan, and Mr. Couillard doesn't have a serious plan. We evaluated that, in order to give access everywhere in Québec, it would cost between $1.5 and $2 billion. And we think, right now, the Québec Government should supply between 30% and 40% of the money. The Federal Government already did supply about 33% in some projects in Ontario, and we think that the MRC's should supply some of the money, but, in exchange, they should receive the royalties to give the service from the people using the service.

Mme Johnson (Maya) : …at $1.2 billion, between…

M. Legault : $1.5 and $2 billion.

Mme Johnson (Maya) : 1.5, sorry. OK, $1.5 to $2 billion.

M. Legault : Yes. So, it means the part of the Québec Government would be between $500 and $800 million. It's a lot of money, but it's a real good investment for the economic development of all regions in Québec and, right now, it's a necessity.

Mme Johnson (Maya) : But that was actually going to be my next question. Can Québec really afford to do this? I mean, we just saw the «rapport de la protectrice», who is saying that Quebeckers don't even have access to essential health services. So, can we really afford to be investing more money in Internet access?

M. Legault : But we can ask the question in the opposite : Can we afford not to have access to Internet? And some analyses say that you can increase by 1 % your economic growth in having fast-speed Internet in all regions right now. Again today, the TD Bank decreased the forecast for this year in the economic growth from 1.7 % to 1.3 % only. So we really need to do something for the economy, and Internet is a priority.

Mme Johnson (Maya) : And, on another topic now, as my colleague just said, Mr. Couillard has reiterated his confidence in Mr. Lessard, and you don't seem impressed by that.

M. Legault : No, I think that, right now, somebody has to focus on problems with the Transport Ministry, and it is not the case. Of course, Mr. Lessard is stuck in all kinds of problems right now. And it's surprising, it's the less I can say, to see how many grants were given by the Liberal Government to some friends of Mr. Lessard.

So, right now, I think that Quebeckers are fed up and I think Mr. Couillard should take the only acceptable decision : ask Mr. Lessard to take some time to make all those files clear and… But, right now, I think he does not have the credibility to be Minister of Transport.

Mme Johnson (Maya) : Mr. Lessard tried to distance himself from Mr. MacKay this morning. He says, you know, he did not know him at the time that he came into that position.

M. Legault : Is it somebody else at the Liberal Party? But every time you look a bit in details about grants or nominations, it is always people from the Liberal Party. So, if it is not Mr. Lessard who named Mr. MacKay… Mr. MacKay himself said : I don't have the qualifications for the job. Himself said that. So, the only qualification Mr. MacKay had is he was a good Liberal. Was it a decision of Mr. Couillard or Mr. Lessard? I think, right now, we need to have some answers and I think there is a total lack of leadership from Mr. Couillard again. Thank you.

Une voix : Merci beaucoup.

(Fin à 13 h 48)