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Point de presse de M. Mario Dumont, chef de l'opposition officielle, M. Gilles Taillon, député de Chauveau, et de M. Pierre Gingras, député de Blainville

Version finale

Thursday, March 13, 2008, 19 h 33

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Dix-neuf heures trente-trois minutes)

M. Dumont: Alors, on vient d'avoir un caucus qui s'est fort bien déroulé, dans lequel le porte-parole en matière de finances a pu présenter les différents éléments du budget en regard de ce qu'on avait discuté dans un caucus qui s'était tenu il y a quelques semaines. Alors, les députés de l'ADQ ont décidé d'appuyer ce budget pour un nombre de circonstances dont je vais vous parler. D'abord, on est dans une année économique, tout le monde l'a dit, une année économique qui pourrait... On souhaite tous, on se croise les doigts que tous les astres s'alignent pour le mieux pour le Québec, mais il y a un certain nombre de conditions qui pourraient rendre cette année difficile, ce qui, je pense, appelle tout le monde à être responsable, et c'est comme ça que M. Taillon a commencé ses remarques tout à l'heure, à l'Assemblée nationale.
Nous, on avait commencé dès la première étape en formulant des demandes qui étaient limitées, qui étaient responsables, qui étaient raisonnables pour ce budget, et chiffrées, soit dit en passant. Donc, on avait documenté, chiffré, résumé à quelques-unes des demandes précises, claires. Donc, à cette étape, on avait été responsables, comme on l'a été tout au long du processus dans les négociations, avec ce souhait d'arriver à un budget adopté.
Aujourd'hui, s'il y a une chose, je pense, que les Québécois vont retenir : plusieurs mesures intéressantes pour les familles. Tout le monde est conscient que, sans l'ADQ, il n'y aurait pas ces mesures pour les familles. 93 000 de ces 160 000 familles qu'on a si souvent dites oubliées, il y en a 93 000 de plus qui vont avoir de l'aide dans ce budget et qui vont pouvoir dire merci à l'opposition officielle, merci à l'ADQ pour ça. Il y a beaucoup de choses, l'aide à la fécondité, des éléments, là, qui sont importants pour nous, qui sont dans notre programme. Je veux cependant mettre la loupe sur un élément, qui est celui des aidants naturels. C'était un point fondamental de notre programme électoral; c'était tout de suite après les mesures familiales, là, dans nos demandes budgétaires, et c'est un élément sur lequel le gouvernement a fait un pas et sur lequel on va devoir faire d'autres pas. Je pense, Mme Chloé Sainte-Marie, au nom de bien, bien, bien d'autres, a sensibilisé la population du Québec, mais, si tous les aidants naturels, le même matin, retournaient aux services sociaux, les gens dont ils prennent un soin, notre système social au complet s'écroulerait, je pense que tout le monde le sait, et on fait là-dessus un pas en avant.

Ça étant dit, je pense que tout le monde a compris que ce n'est pas un grand budget, hein? Tout le monde a compris que ce n'est pas un grand budget. C'est un budget de mince marge de manoeuvre, un budget de peu de vision, évidemment qui permet de passer l'année, hein, qui permet au gouvernement de sauter l'année, qui donne assez peu de suite... On a eu toute une série de rapports de commissions d'étude dont certaines, quand même, là, sur la santé et sur l'agriculture, certaines sont assez ambitieuses, de ces commissions, au niveau des projets de réforme. Alors, le budget s'inscrit dans la continuité du gouvernement de ne pas donner suite, hein, à ces éléments. Alors, je dirais que c'est un budget qu'on pourrait appeler une espèce de minimum vital, mais qui pour nous comporte suffisamment de gains par rapport aux demandes qu'on a présentées, et surtout, dans un contexte d'une année où il est demandé, je pense, à tous les parlementaires, d'être responsables, qu'il nous apparaît plus opportun de voir adopter.
J'ajoute à cela la forme, parce que je sais que la question s'est posée. Il n'a pas été du tout, du tout, du tout opportun, acceptable pour notre caucus de jouer dans: deux, trois députés qui se présentent pendant... qui font semblant de voter contre pour que le budget soit adopté pendant que les autres sont dans leur bureau. Nous, on souhaite... Le budget n'est pas parfait. Ce ne serait pas ça, un budget adéquiste. Mais, si on souhaite qu'il soit adopté, on met nos culottes, on les attache, on se présente en Chambre, 41 sur 41, puis on vote. Et c'est ce qu'on a l'intention de faire le jour où il y aura adoption du budget. Ce qui ne nous empêchera pas, tout au long du processus de débat sur le budget, d'être critiques, critiques sur des enjeux de long terme qui, depuis la fondation de notre parti, ont été fondamentaux, d'endettement... Même si là-dessus aussi plusieurs des propositions qui ont été formulées par M. Taillon ont été retenues, il demeure pas moins qu'il y a plusieurs préoccupations sur ces éléments de long terme qu'on va continuer à véhiculer. Mais le jour de l'adoption venu, nous allons voter pour ce budget.

M. Chartrand (Yves): M. Dumont, vous n'avez pas peur que demain on vous compare à Stéphane Dion?

M. Dumont: Bien, vous avez bien commencé votre phrase; de façon générale, dans la vie, je n'ai pas peur. Et on n'a pas voulu, pour une multitude de raisons, il ne nous apparaissait pas utile, là... On avait fait les négociations avant. On les avait faites de façon responsable. Et on ne voyait pas l'utilité de créer un suspense, de faire des menaces, de créer une semaine ou deux semaines d'agitation, là, pour... avant d'arriver à une décision finale. On a négocié avant, on a eu un budget déposé, on l'a analysé, puis ce soir on vous annonce une décision puis on est très confortables avec.

M. Chartrand (Yves): Ệtes-vous satisfait de ce qui a été annoncé, notamment en ce qui concerne tout le secteur forestier, là? Il y a eu... Bon, on a fait sauter la taxe sur le capital pour le secteur manufacturier. Mais ça vous contente, ça aussi? Parce qu'il me semble qu'il n'y a pas... on a des grenailles là-dedans...

M. Dumont: Je vous dirais que, dans tous les secteurs, là, hein, si vous les prenez un par un, même en matière de famille, là, ce n'est pas ce que l'ADQ aurait adopté. Je dirais, ce sont certains pas, certains diraient timides, d'autres diraient: Bien, la ministre s'est gardé tellement peu de marge de manoeuvre, c'étaient les seuls pas possibles. Mais ce sont des petits pas et, dans certains cas, c'est... on est loin de parler de régler les problèmes.
Maintenant, je vais vous avouer par contre que, dans le cas de la crise forestière, c'est des années à traîner, c'est des erreurs par-dessus erreurs. Malheureusement, il n'y a plus un budget, à cette étape-ci, en mars 2008, il n'y a plus un budget qui aurait pu, d'un coup de balai, réparer toutes les gaffes puis les négligences que les libéraux ont faites. Et, dans ce dossier-là, moi, je continue de penser, on va voir... En passant, c'est juste le budget, là, on va avoir un long débat sur les crédits, sur l'affectation parce que, dans les ministères, quand on annonce, là, qu'il y aura un budget de 150, 200, 300 millions pour un ministère, il reste des discussions à y avoir sur comment on les affecte. Je crois encore qu'une grande corvée d'aménagement forestier serait une très heureuse initiative pour les régions forestières. Si vous me demandez de parler de forêts aujourd'hui, je suis...

Journaliste: ...

M. Dumont: Non, non, mais très rapidement, je ne peux pas m'empêcher de parler du cas de Chibougamau. Je ne peux pas m'empêcher de parler du cas de Chibougamau parce que c'est une situation, moi, qui m'inquiète beaucoup, beaucoup, beaucoup, ce qui se passe à Chibougamau. Je trouve que le gouvernement prend ça très à la légère.

M. Duchesne (Pierre): M. Dumont, donc il n'y a rien d'exceptionnel dans ce budget-là? Vous dites: Ce n'est pas un grand budget, beaucoup de saupoudrage. Vous disiez pourtant...

M. Dumont: Budget terne.

M. Duchesne (Pierre): ...il y a moins d'un an: On est l'opposition loyale de Sa Majesté. Seulement...

à moins de cas exceptionnels, on vote contre le budget. Vous faites de l'opportunisme politique, là.

M. Dumont: Bien, en fait, on a pris la décision qu'on avait à prendre dans les circonstances. Et j'avais dit aussi, l'année dernière, au même moment et dans les mêmes moments, qu'on était ouverts à se faire faire des propositions, on était ouverts à discuter. Lorsque M. Taillon a été convoqué par le ministre des Finances, l'an dernier, l'histoire est connue, le budget était imprimé. Il se faisait convoquer pour discuter, mais le budget était déjà sur les presses. Ce n'est pas très sérieux, comme façon de discuter. Alors, cette année, le gouvernement, là, a complètement changé sa façon d'approcher l'adoption d'un budget dans un cadre de gouvernement minoritaire. La première rencontre a eu lieu fin janvier, les derniers jours de janvier. Alors, dès le mois de janvier, il s'est amorcé des discussions et, nous, on a fait notre travail de façon responsable là-dedans.

M. Plouffe (Robert): Parlant de « pas très sérieux », là, M. Dumont, parlant de « pas très sérieux », vous avez voulu renverser un gouvernement sur un taux de participation faible des commissions scolaires puis, aujourd'hui, vous avez un budget qui accumule les déficits, vous qui avez parlé des générations à venir. Vous avez un gouvernement qui arrive avec un budget qui accumule encore des déficits puis, aujourd'hui, là, vous allez dire: On vote pour ça? Honnêtement, c'est vous qui n'avez pas de l'air sérieux, aujourd'hui, M. Dumont. Et on se demande si votre décision n'est pas plus basée sur vos sondages.

M. Dumont: Bien, d'abord, vous pouvez porter un jugement. Je sens plus un jugement qu'une question. Vous avez le droit de l'exprimer. Et on n'a jamais voulu provoquer une élection, soit dit en passant, c'est une réécriture de l'histoire. On n'a jamais voulu provoquer une élection sur un taux de participation; on a voulu provoquer une élection sur l'avenir puis la façon d'organiser l'éducation de nos enfants au Québec puis on a présenté...

M. Duchesne (Pierre): ...budget, les commissions scolaires.

M. Dumont: ...une vision alternative de l'éducation. On va continuer, soit dit en passant, de la présenter. Maintenant, on est à l'étape de l'adoption d'un budget, à ce moment-ci, et le gouvernement, dès la fin janvier, a commencé à discuter avec nous, a demandé les propositions, a demandé des suggestions. Le parti qui n'a pas été très sérieux, c'est le Parti québécois, qui a présenté une multitude de demandes dans toutes les directions, pas chiffrées, c'est du jamais-vu, même pas chiffrées. Alors, nous, là, on est arrivés...

M. Plouffe (Robert): Votre demande, c'était 100 $ pour les familles, vous l'avez coupée à 50 $, vous n'avez même pas rien de ça, O.K.? Vous n'avez rien de ça.

M. Dumont: Bien, non. Oui et non. Faites attention. Attention!

M. Plouffe (Robert): On s'entend sur une chose, là: vous n'avez pas vos demandes, vous non plus. Puis la question est: Basez-vous votre décision sur vos sondages, M. Dumont?

M. Dumont: Pas du tout. Pas du tout. Et je vais vous dire une chose. Sur la question du 100 $ ou du 50 $, on ne l'a pas. Puis l'exercice va avoir servi à prouver que ça va prendre un gouvernement de l'ADQ pour l'avoir. Par ailleurs, il faut quand même être... on peut regarder la mesure, mais, si on regarde les individus, si on regarde les personnes, si on regarde les familles, des familles que, nous, on défendait comme étant oubliées, il y en a quand même 93 000 aujourd'hui qui ne sont plus oubliées, qui ont trouvé une réponse... pas la réponse idéale, pas la réponse adéquiste, mais qui ont trouvé une réponse à leurs besoins. Alors, ces familles-là savent bien que, sans l'ADQ, sans l'ADQ pour mettre son poids dans la balance pour les familles du Québec, ils n'auraient rien eu.

M. Duchesne (Pierre): Est-ce que l'exercice ne prouve pas que vous êtes prêts à reculer sur vos principes? Parce que le 100 $ par semaine, c'est les libres choix pour les familles. Je pense que vous n'avez rien là-dessus. Vous reculez non pas sur les demandes qui étaient principales selon l'argent débloqué, mais sur vos principes.

M. Dumont: Non. En fait, ça donne plus de choix, Je vous répète la même chose : ça donne plus de... il y a plus de familles qui vont avoir un certain choix. Il y a moins de familles qui vont être oubliées, grâce à l'ADQ. Est-ce que c'est la mesure parfaite? Est-ce que c'est la mesure idéale? Non. Alors, ça rappelle aux gens que, pour avoir une vraie politique familiale complète, ça va prendre l'ADQ au pouvoir. Mais, d'ici là, je veux dire, chacune des mesures, et prises individuellement, il faut se demander à chaque fois: Est-ce que ces mesures-là, dans une année sur le plan économique qui est celle qu'on connaît là, qu'est-ce qui doit être discuté, qu'est-ce qui doit être remis en question? Et les gens de notre caucus aussi, au cours des dernières semaines, là, ont parlé aux gens de leur comté et consulté les citoyens dans leur comté, et on pense que les gens, les familles du Québec vont juger que l'opposition officielle a fait son travail de façon responsable en utilisant son pouvoir pour obtenir des gains pour les familles, des gains pour l'économie aussi, des gains pour l'intégration des travailleurs, mais qu'à ce moment-ci l'adoption de ce budget est largement préférable à la tenue d'élections.

M. Chartrand (Yves): M. Dumont, il y a quelque chose d'extrêmement malaisé dans ce budget-là dans le sens que Mme Forget a dit qu'elle prévoit 1,5 % de croissance économique et elle dit dans un peu la même phrase que 1,3 % de ça, c'est de l'investissement public. Il reste 0,2 %, ça, c'est la stagnation économique. Là, est-ce que vous avez un peu l'impression, vous, qu'elle n'a plus rien dans ses poches, elle a tout vidé son bas de laine et qu'il ne faut pas qu'il arrive rien au Québec pendant la prochaine année, parce qu'on est «fourrés»? Excusez-moi le mot, mais c'est ça.

M. Dumont: Oui, mais là, la précarité des finances publiques, M. Taillon en a parlé largement dans son allocution...

M. Chartrand (Yves): Mais est-ce que, vous, vous cautionnez cette façon, cette approche-là qui fait qu'on n'a plus d'argent puis il ne faut pas qu'il arrive rien au Québec au niveau économique, là?

M. Dumont: Pour cautionner la précarité des finances publiques... Maintenant, la précarité des finances publiques du Québec, c'est une longue histoire, hein? Vous aimez que je sois bref dans mes réponses, je ne vous la referai pas toute là, mais, du PQ au Parti libéral, du pelletage par en avant, c'est une longue historique. C'est une croissance économique ralentie, c'est une économie qui ne roule pas comme l'ADQ, on voudrait la voir rouler, c'est le manque de grands projets, c'est tout ça qui crée la précarité économique. Il faut ajouter à ça, il y a... Il faut quand même être réaliste, il y a le contexte là, sur l'Amérique du Nord, pour l'année qui vient, là, il y a un contexte plus large. Mais on s'entend...

M. Chartrand (Yves): Mais elle s'est mise dans le trouble quand même toute seule: elle a accordé 1 milliard de baisses d'impôt l'année passée, là. La marge de manoeuvre, elle était là.

M. Dumont: Oui, oui. Il y avait...

M. Duchesne (Pierre): Toute votre aile parlementaire va aller voter, là. C'est une motion de confiance.

M. Dumont: Sur la question des marges de manoeuvre comme sur la question tout à l'heure, quand on parlait de l'utilisation de la réserve par rapport au budget, sur les choses qui étaient là l'année passée, on a eu l'occasion de les critiquer, de les dénoncer l'année passée. Ce ne sont pas des nouvelles choses dans le budget de cette année, ce sont des choses qui ont été faites par le gouvernement dans le budget de l'an dernier. Puis évidemment le budget de cette année, nécessairement c'est un budget qui est fait en prenant en compte...

M. Plouffe (Robert): ...cette année. Voyons donc, M. Dumont! C'était non l'an passé, puis oui cette année. Ça n'a pas de sens. C'est là-dessus qu'on ...

M. Dumont: Ah! bien là, je veux dire, on verra. On verra. Le Parti québécois, c'était oui l'an passé, ce sera peut-être encore oui cette année. On verra si chacun des partis...
Mais, moi, je pense que les budgets comme les lois, on les adopte un à un, hein? Et chacun des gestes parlementaires qu'on a à poser dans un gouvernement minoritaire, là, on a à les analyser un à la fois.

Mme Beauchemin (Malorie): Mais, M. Dumont, vous ne pensez pas que le rapport de force...

M. Deltell (Gérard): Justement, concernant la réserve, M. Dumont, on revient là-dessus parce que c'est fondamental, vous avez été le premier politicien, depuis des années, à sonner l'alarme concernant la dette, concernant le déficit. Pour la première fois, un budget techniquement déficitaire est présenté depuis des années, vous allez voter pour, vous, un adéquiste?

M. Dumont: En fait, attention! Le budget, là... L'année passée, la ministre s'est constitué une réserve. Notre position là-dessus... D'abord, créer une réserve, en soi, on ne peut pas être contre ça. C'est la façon dont la réserve était créée l'année passée qui n'a pas de bon sens. En soi, de faire un réserve, c'est même plutôt une bonne chose. C'est que la réserve l'année dernière dans le budget, elle a été constituée par des ventes d'actif à Hydro-Québec. Puis on a fait un débat puis on pourra le refaire sur la stratégie d'Hydro-Québec, la façon de fonctionner d'Hydro-Québec. Le budget de cette année donc utilise cette réserve-là.
Sur la question de l'endettement, il faut quand même voir que, dans le dossier d'Hydro-Québec, là, le traitement des dividendes d'Hydro-Québec, tout l'automne, vous avez vu Jean Charest qui faisait des blagues à l'Assemblée, qui disait que Gilles Taillon voulait priver de 1 milliard. Mais Monique Jérôme-Forget, là, dans ses actions d'aujourd'hui, elle dit: C'est Gilles Taillon qui avait raison puis c'est Jean Charest qui disait des sornettes. C'est ça qu'elle a pris comme décision. Bon.
Il y a quand même, sur le plan de la transparence, il y a eu une réforme comptable tout à fait inspirée des travaux qu'on a faits. Il y a maintenant, dans la façon de traiter les dividendes d'Hydro-Québec, un changement par rapport à des pratiques qu'elle reconnaît elle-même comme inacceptables. Donc, on considère que, là aussi, on a fait faire des pas au Québec en avant en matière de transparence des comptes publics pour se donner les vrais chiffres, puis tout ça. Par contre, il reste un très, très large espace pour un meilleur gouvernement et, en fin de semaine, on va être en congrès pour continuer à travailler à jeter les bases d'un meilleur gouvernement pour le Québec dans l'avenir.

Mme Beauchemin (Malorie): Quand on regarde ce qui se passe à Ottawa, quel sorte de rapport de force ça va vous donner comme opposition officielle alors que vous allez vous faire ramener sans arrêt que vous avez sauvé le gouvernement libéral de Jean Charest?

M. Dumont: Bien, en fait, le rapport de force, là, il est à chaque vote. Il va y avoir des projets de loi, il va y avoir... il peut y avoir des motions, je veux dire, à chaque occasion, là. Le rapport de force joue, et les gens qui m'ont connu dans ma vie, il ne faut pas me tester trop souvent. Et, moi, je suis, dans ce cas-ci, dans une position où, au niveau du caucus, dans les circonstances présentes, on souhaite... Je pense que la meilleure des choses, la chose la plus responsable à ce point-ci, c'est l'adoption de ce budget-là. Je veux dire, mardi matin, le gouvernement, ou la semaine prochaine, veut l'adoption d'un projet de loi, à chaque fois, dans un Parlement minoritaire, là, il faut qu'il y en ait au moins deux sur trois qui s'entendent pour faire arriver quelque chose. Les Québécois souhaitent qu'il fonctionne, soit dit en passant, leur Parlement minoritaire, ils souhaitent que leur Assemblée nationale fonctionne, et ça ne nous empêchera pas de continuer. Vous pouvez regarder, je pense que tout le monde a reconnu la qualité des contenus qu'on a dans notre congrès en fin de semaine. Nous, on continue à préparer l'avenir.

Mme Beauchemin (Malorie): Vous avez sauvé le gouvernement, vous avez adopté ce budget-là.

M. Dumont: Ah bien! Attention, là! Je veux dire, à chaque fois, nécessairement, là, à chaque fois qu'on vote dans un Parlement minoritaire... Quand le Parlement est majoritaire, pour l'opposition, même un projet de loi qu'on considère, là, tu sais, qu'il est bon à 98 % puis qu'il y a un petit article qui ne fait pas ton affaire, tu votes contre parce que le projet de loi est adopté quand même puis tu ne portes pas le poids de ton vote qui a empêché l'adoption. Or, dans un Parlement minoritaire, chacun est responsable de chaque vote puis il vit avec. Donc, si tu n'aimes pas un article sur un projet de loi qui en a 100, puis tu en empêches l'adoption, tu portes le poids des 99 autres. Alors, c'est pareil à ce moment-ci. Nous, il y a des gains pour les familles dans le budget, il y a tous les éléments qui sont là, et on vit avec le poids de la décision qu'on prend avec ses bons et ses mauvais côtés. Par contre, contrairement à d'autres avant nous ou d'autres ailleurs, on vit et on assume le poids de nos décisions. Nos 41 députés qui ont été élus par le monde vont être à l'Assemblée nationale puis vont poser le geste, le devoir qui leur est demandé.

M. Plouffe (Robert): ...politique à la prochaine élection, M. Dumont, est-ce que les vrais adéquistes vont reconnaître le chef de l'ADQ?

M. Dumont: Bien, les vrais adéquistes, là, ils ont... je pense qu'ils ont voté pour un parti qui avait mis très haut dans ses priorités la famille, puis ils vont reconnaître dans le budget que, sans l'ADQ, il n'y aurait pas ce qu'il y a pour les familles. Alors, on considère qu'on a, dans ce budget-là, fait faire des pas en avant au Québec. On n'a pas un budget adéquiste, on sait tous que ce serait bien meilleur, mais, à ce moment-ci, il nous paraît, là, que l'ensemble des circonstances mises dans la balance, la décision responsable, elle était responsable depuis le début du processus, la décision responsable aujourd'hui, c'est de permettre l'adoption du budget.

M. Duboyce (Tim): How much did recent opinion polls play into your decision to support the budget?

M. Dumont: I've been used to all kind of polls in my career and, frankly, what we hear right now in Québec is not very negative. Lot of things are happening in other parties and... but we know we have some... lot of responsibilities here in the National Assembly. We know that, in a year that economically speaking has a lot of challenges for Québec, we have a just bigger responsibility. We put our weight in the balance for measures in favor of families, and, taking all that into account, we think the responsible thing for us is to get the budget adopted.

Mme Rich (Kristy): How is it that your party who has spent so... outspoken on the deficit would vote for a budget with a deficit?

M. Dumont: It's not a budget with a deficit. It's a budget... This year's budget and last year's budget are affected by the creation of a kind of a reserve, a fund, which is not bad in itself; creating some reserve is a good thing. The problem is the way it was created. It was created by selling assets, and that is the bad part. But that was last year's budget. In this year's budget... and in that, in addition to what was done in terms of the reform in the Government accountancy last December, we consider as a party that there are big progresses in terms of how the books of the Government really reflect the reality of our public finances. And I've always mentioned that books that clearly reflect the reality are part of sound public finances, and on that we are proud of the role we played.

Mme Rich (Kristy): ...the principle that parents should have a choice whether or not their child goes to day care. Really, what did you gain?

M. Dumont: More parents will have a choice, and 93 000 parents who were forgotten by the system today will say thank you to the Official Opposition, to the ADQ, because we pushed for families. You'll tell me it's not all of them, it's not the perfect family policy. I'll tell the people the perfect family policy, the real one, the real complete one, you'll have to wait until an ADQ Government to have that. But we have to be fair: there is for many families a progress in that budget, and, when I say «many families», many of those families who were forgotten by the current system.

M. Duboyce (Tim): Since 1994, when you were first elected, how many times have you voted yes for a budget?

M. Dumont: Frankly, I'll come back to the answer I was giving in French: as long as you have a majority government, the choices are much easier. There's a number of votes that are automatically against, and, even on bills on which you like 99 articles out of 100, you don't like one, you can vote against, because the Bill will be adopted anyway, and you pay no price for stopping the adoption. You vote against because of this little article. Now, it's totally different. I mean, if both opposition parties vote against something, you have to support the weight of the fact that it will not be adopted. In that case, it did mean an election. So, of course, in this opportunity, it will be a case in which you put all that in the balance and at the end of the day you think the most responsible thing to do is to support the budget, which is not something that is usual, but, you know, in Québec minority governments are not usual either.

M. Grant (John): At the end of the day, let's say in a year from now, what's the advantage to you of having Jean Charest get the credit for your ideas?

M. Dumont: You know, two things. With the years in politics... When I was young in politics and people were taking some of our ideas, we were feeling bad about that. But, with the years, with the experience, you realize that, if there's one thing that does not threaten any political party, it's the lack of problems in society, the lack of challenges for the society and that one day all the problems will be solved and then you'll be useless as a party. That's not very likely to happen. The role of the political parties is to be connected to the people, to be really connected to what the new challenges of society will be, and we always have been a party that was at the forefront of the new realities, always connected to those new realities. So, when our proposals are accepted, what the people see is that all those people who in the last electoral campaign said we were wrong, said we had the wrong priorities, that they have no credibility, for the next campaign, when it will come to attacking us. So, I feel quite comfortable with showing that, in the last campaign, in the last years of politics of the ADQ, we were right, we had the right priorities, we forced other parties to adopt some of them, because there will always be progress to be possible, and a party that has a great platform, a great vision is in... no way in trouble of having more to offer to the people of Québec.

Mme Pfeffer (Amanda): How much more has your confidence in this Government grown since the last budget?

M. Dumont: I cannot compare, in the last budget, it was not even confidence in the Government. I mean, we were not even consulted. They prepared the budget alone, period. I wouldn't say that it's confidence into the Government, I would say that it's the Government that realized what it is to be a minority government. I think that's mostly what happened. And, this year, they acted in a way that was certainly much more appropriate for a party that is in a minority situation. And it makes the process of the adoption of the budget maybe a little less dramatic than last year.

Le Modérateur: Merci beaucoup.

M. Dumont: Merci bien. Bonne fin de journée. À bientôt!

(Fin de la séance à 19 h 59)