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Point de presse de Mme Christine St-Pierre, ministre des Relations internationales et de la Francophonie et Mme Dominique Anglade, ministre de l’Économie, de la Science et de l’Innovation

Version finale

Tuesday, January 31, 2017, 15 h 15

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Quinze heures trente-six minutes)

Mme Anglade : Alors, bonjour. Bonjour à tous. Aujourd'hui, je suis accompagnée de ma collègue Christine St-Pierre, mais également de quatre autres personnes qui jetaient avec nous un éclairage sur le Québec et les questions internationales. Alors, il y a M. John Parisella, M. Lauzon, M. Audet et M. Chrétien qui ont été avec nous aujourd'hui lors d'un conseil des ministres spécial.

L'objectif de cette rencontre, c'était pour nous inviter de jeter un éclairage sur tout ce qui se passe au niveau des questions internationales, notamment au niveau du commerce international, et de nous permettre de peaufiner aussi toute la stratégie que nous mettons de l'avant dans les relations que nous entretenons, d'un point de vue commercial, avec l'Union européenne de même qu'avec les États-Unis. Alors, sans plus tarder, je vais céder la parole à ma collègue Christine St-Pierre.

Mme St-Pierre : Alors, merci, Dominique. Donc, je suis très contente qu'on ait eu ces invités prestigieux lors du Conseil des ministres pour faire le point sur la situation, bien sûr, aux États-Unis, mais également en Europe, où nous allons voir très bientôt arriver le vote sur l'accord de libre-échange Canada-Union européenne. On parle du 15 février. Donc, ce vote est très important pour le Québec puisqu'on parle de la création possible d'entre 15 000 et 20 000 emplois.

J'étais à Bruxelles la semaine dernière pour faire différentes rencontres pour faire valoir, évidemment, que cet accord est non seulement bon pour le Québec, le Canada, mais également pour l'Union européenne, parler à nos partenaires là-bas. Et, au Conseil des ministres, évidemment, nous avons fait le point sur ces enjeux économiques.

Alors, le Québec est sur tous les fronts sur le plan économique. Nous avons, bien sûr, parlé des États-Unis, comme je l'ai dit, parlé de l'Union européenne, de l'Europe. Alors, pour parler de l'Europe, c'est M. Michel Audet, qui est notre délégué à Bruxelles, qui a fait le point. Donc, je vais lui demander de nous dire quelques mots.

M. Audet (Michel) : Merci beaucoup, Mme la ministre. Alors, comme la ministre disait, on l'a reçue la semaine dernière au Parlement européen. Dans 15 jours, il va y avoir un vote clé, presque historique, pour la mise en oeuvre provisoire de cet accord. C'est un accord de nouvelle génération, progressiste. C'est un accord qui a maintenant des chapitres importants sur le plan du développement durable, de l'environnement, de la protection des services publics. Donc, nos entreprises seront à pied d'oeuvre au cours de l'année 2017 pour commencer à tirer profit de cet accord. Et également on a pu discuter aujourd'hui des scénarios de sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, avec tout ce que ça comporte éventuellement comme menaces mais aussi comme défis, pour le Québec et le Canada, pour en tirer profit.

Mme St-Pierre : Alors, M. Jean-Claude Lauzon est le délégué général du Québec à New York. M. Lauzon.

M. Lauzon (Jean-Claude) : Merci, Mmes les ministres. Alors, ce dont on a parlé cet après-midi avec le Conseil des ministres, c'est le lien du Québec, le lien privilégié du Québec avec les États-Unis. Plus de 72 % de ce que le Québec vend à l'étranger, on le vend aux États-Unis. 4 500 entreprises, à tous les jours, font affaire avec les Américains, 16 000 entreprises du Québec qui emploient... des dizaines de milliers, voire des centaines de milliers d'emplois ici, au Québec, font affaire avec les États-Unis.

Alors, il a été évidemment question de l'élection de M. Trump, quel impact ça peut avoir au niveau de nos relations, et ce sont les sujets dont nous avons discuté cet après-midi.

Mme St-Pierre : Merci. Alors, M. John Parisella — évidemment, vous le connaissez — analyste politique. Il a été également chef de cabinet. Il a été aussi notre délégué général du Québec à New York. Alors, John.

M. Parisella (John) : Merci, Mme la ministre. Bien, effectivement, j'ai joué le rôle plutôt de l'analyste politique. Le contexte de M. Trump, vous le connaissez. Il est dans ses premiers 100 jours, c'est très passionné, puis évidemment on est toujours à un tweet d'une autre controverse, mais j'ai voulu quand même faire valoir la complexité du système américain, le système du «checks and balances», l'importance des États, l'importance de la société civile. Donc, j'ai voulu donner du contexte dans lequel le Québec va opérer dans les semaines, et les mois, et possiblement les années à venir.

Mme St-Pierre : Et maintenant, le dernier et non le moindre, M. Raymond Chrétien, ancien ambassadeur du Canada à Washington notamment, mais aussi notre négociateur pour la question du bois d'oeuvre.

M. Chrétien (Raymond) : Merci beaucoup. Alors, on m'a demandé de venir aujourd'hui pour parler de deux dossiers dont je m'occupe pour le gouvernement du Québec, celui sur le prédédouanement à l'aéroport de Québec et à la Gare centrale de Montréal, mais surtout pour parler du bois d'oeuvre.

Trois axes dans le dossier du bois d'oeuvre : l'aspect litige, l'aspect négociation, où cette négociation s'en va, quels sont les problèmes, est-ce que l'attitude américaine deviendra encore plus... enfin, plus protectionniste qu'elle ne l'a été par le passé, et ensuite, l'appui que les gouvernements, le gouvernement du Canada et le gouvernement du Québec, sont prêts à donner à l'industrie forestière québécoise si des droits préliminaires sont annoncés au mois d'avril.

Dans un deuxième temps, je pense que nous avons parlé beaucoup de l'ALENA. C'est un des grands dossiers qui concernent l'Amérique du Nord présentement. Pour moi, c'est un peu un retour aux sources. Il y a une trentaine d'années, j'étais ambassadeur du Canada au Mexique et j'ai vu naître l'ALENA au Mexique. J'ai vu le grand intérêt, pour le Mexique, de se sortir de l'orbite sud-américaine pour se joindre à l'Amérique du Nord et... devenu intéressé de nouveau, 30 ans plus tard, après un séjour aussi comme ambassadeur du Canada aux États-Unis, il y a une vingtaine d'années, c'est un grand privilège.

Ce que j'ai beaucoup aimé aujourd'hui, c'est l'attitude très ouverte du premier ministre, Mme Anglade, M. Blanchette, avec qui nous nous sommes rencontrés, ce matin, pour parler du bois d'oeuvre, une attitude de vouloir savoir brutalement, de façon très réelle, ce que nous pensons de la meilleure façon, pour le Québec, de faire valoir ses intérêts, dans le contexte du dossier du bois d'oeuvre, dans le contexte des négociations à venir sur l'ALENA, potentiellement.

Alors, je pense que ça a été un exercice très utile. Et, je pense que je peux le dire publiquement, mon attitude présentement... on ne me demandera peut-être pas conseil, mais, si on me demandait, je dirais à nos gouvernements, celui du Québec, celui d'Ottawa, de se rappeler de trois mots, essentiellement : vigilance, il faut être vigilant, prudent; deuxième terme, il faut être stratégique, il faut penser de façon... à long terme, quels sont nos intérêts; et, troisièmement, il va falloir faire preuve de grande souplesse et flexibilité face à un nouveau pouvoir à Washington dont on ne sait pas encore quelle est la vision et quelles sont les grandes orientations. Merci.

M. Gagnon (Marc-André) : C'est assez exceptionnel qu'il y ait un Conseil des ministres spécial où vous recevez quatre invités comme ça. Les gens vont évidemment faire le lien avec les différents décrets que M. Trump a pris depuis son arrivée à la Maison-Blanche. On n'a qu'à penser à la renégociation de l'ALENA et au retrait annoncé du partenaire transpacifique. Donc, c'est une réponse à ça, une inquiétude que suscite M. Trump?

Mme St-Pierre : Bien, je ne parlerais pas d'inquiétude, mais il y a quand même des dossiers qui sont majeurs pour le Québec, et je pense que ce que les Québécois veulent entendre de leur gouvernement, c'est comment le gouvernement entend agir.

On n'a pas, évidemment, découvert, à l'élection, M. Trump, lorsqu'il a été élu. Nous sommes sur le terrain aux États-Unis depuis de nombreuses années, nous faisons du commerce avec les Américains depuis des dizaines et des dizaines d'années. Nous avons été très présents et alertes lors de la campagne présidentielle. Nous avons aussi des échanges, surtout avec les États américains. Alors, nous avons des partenaires économiques importants. Donc, ce qui est important, c'est de faire le point, analyser la situation, se dire comment, maintenant, nous devons agir par rapport à la nouvelle situation.

Et je reviens sur la question du libre-échange Canada-Union européenne. Dans le contexte actuel, je ne vous cacherai pas que, la semaine dernière, tout le monde nous parlait de l'élection du nouveau président américain. Et moi, ce que j'ai répondu, à ce moment-là, c'est de dire : Bien, écoutez, vous avez besoin d'un ami outre-Atlantique, et cet ami, c'est le Canada avec le Québec. Alors, ça fait aussi partie du discours de dire que cet accord-là, il est fondamental non seulement pour le Québec et le Canada, mais également pour nos partenaires de l'Union européenne.

Mme Anglade : Je vous dirais également que c'est une suite logique, hein, parce qu'il y a eu plusieurs étapes qui mènent au Conseil des ministres spécial aujourd'hui. Il y a eu plusieurs rencontres, dans les derniers mois, plusieurs stratégies, dans le point de vue économique, qui ont été déployées, notamment celles des exportations, avec des mesures spécifiques qui ont été déployées pour nos entreprises et pour encourager les exportations sur le marché américain. Et il y a eu plusieurs rencontres également avec les associations patronales, les associations... les entreprises, dans les dernières semaines. On a multiplié les rencontres pour vraiment être collés sur la réalité terrain, d'un point de vue économique, de nos entreprises et la réalité terrain de l'autre côté de la frontière et également en Europe. Donc, c'est une suite logique.

Mme St-Pierre : Nous avons des partenaires aussi aux États-Unis. Lorsque je suis allée, lors de l'assermentation du nouveau président, on a fait également des rencontres, entre autres avec le U.S. Chamber of Commerce, qui est une organisation qui a combien de millions...

M. Lauzon (Jean-Claude) : Trois millions de membres.

Mme St-Pierre : Trois millions de membres et qui aussi se dit : Bien, le libre-échange Canada—États-Unis—Mexique représente aussi beaucoup d'emplois pour les Américains. Uniquement Canada—États-Unis, on parle de 9 millions d'emplois. 35 États américains ont pour premier marché le Canada.

Alors, là aussi, on se dit : Bien, si jamais... parce que je pense que ça va se faire, si l'accord est renégocié, s'il y a renégociation de l'accord, bien, c'est aussi de faire valoir à nos amis américains que l'accord, il est bon également pour eux, et nous avons aussi de la pédagogie à faire.

M. Gagnon (Marc-André) : Donc, au fond, c'est d'essayer de trouver une façon, essayer de trouver comment faire valoir le Québec sans se mettre à dos la nouvelle administration qui vient d'arriver.

Mme St-Pierre : Bien, c'est-à-dire, nous sommes des partenaires adultes, et ce qu'on veut faire, c'est de dire : Voici, nous avons des points à faire valoir, nous avons des forces et nous voulons faire la démonstration que cet accord de libre-échange, il est bon pour les Américains également. Il est bon pour le Québec, il est bon pour le Canada, il est bon pour les Américains, et, avec l'ALENA, incluant le Mexique, ça représente, là-bas aussi, plusieurs millions d'emplois.

Nous, au Québec, nous avons toujours, toujours été en faveur du libre-échange. Nous ne dérogeons pas là-dessus. Nous sommes pour l'ouverture sur les marchés. Notre économie québécoise en dépend énormément, et nous avons d'ailleurs, dans le cas... tout le monde se souvient, dans le cas du libre-échange avec les États-Unis, Canada—États-Unis, c'est le Québec, finalement, qui a sauvé cet accord-là parce que nous y croyons au libre-échange et nous y croyons à l'ouverture des marchés.

M. Gagnon (Marc-André) : M. Chrétien a parlé tout à l'heure du centre de prédédouanement. Bien, il y a celui à l'aéroport de Québec, celui à la gare de Montréal. Est-ce que l'arrivée de M. Trump, l'organisation qui se fait de l'autre côté, ça peut avoir des impacts, là, sur ces projets-là?

M. Chrétien (Raymond) : Ça sera très intéressant d'observer l'évolution de ce dossier. Pour l'instant, la balle est dans le camp canadien. Il appartient au gouvernement canadien de ratifier l'entente de libre-échange. Ça doit se faire, d'après ce qu'on m'a dit, au mois de mars, avril.

Une fois cette entente ratifiée par le Canada — elle l'a déjà été par les Américains — les discussions, négociations commenceront entre les Américains et les autorités de la gare de... et le gouvernement fédéral, le ministère de la Sécurité publique, avec les gens de l'aéroport de Québec et de la gare Centrale pour voir quelles sont les conditions de détachement des douaniers américains, quel espace leur est réservé, quel équipement partage-t-on avec eux, qui paie leur salaire, leurs indemnités, déductions, etc.

Donc, ces discussions vont commencer, à mon avis, ce printemps. Elles ne seront pas faciles parce qu'il y a eu un durcissement de la part des Américains bien avant l'arrivée de M. Trump, et je pense qu'à cause de la grande priorité que M. Trump accorde à la sécurité, ça va devenir encore plus difficile et plus corsé.

Mais ultimement, je suis confiant parce qu'il est dans l'intérêt des Américains d'avoir ces zones de prédédouanement simplement parce que, pour eux, la menace s'éloigne de leur frontière. Alors, c'est une façon, pour eux, intéressante, si vous voulez, de partager le fardeau de la sécurité. S'ils ont une zone de prédédouanement, par exemple, au Proche-Orient, les gens qui appliquent là-bas, qui sont refusés là-bas, bien, ils ne pénètrent pas sur le territoire américain. Ça va devenir corsé, mais il faut être confiants.

Des voix : Merci.

(Fin à 15 h 49)

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