National Assembly of Québec - Return to homepage

National Assembly of Québec - Return to homepage

To use the Calendar, Javascript must be activated in your browser.
For more information

Home > News and Press Room > Press Conferences and Scrums > Point de presse de M. Jean-François Lisée, chef de l’opposition officielle

Advanced search in the News and Press Room section

Start date must precede end date.

Point de presse de M. Jean-François Lisée, chef de l’opposition officielle

Version finale

Thursday, February 9, 2017, 8 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures quatre minutes)

M. Lisée : Alors, aujourd'hui, il va y avoir un vote après la période de questions, à savoir si les élus de l'Assemblée nationale pourraient discuter du plus grand projet d'investissement, au Québec, du siècle, c'est-à-dire 5,5 milliards de dollars pour le réseau électrique métropolitain de la Caisse de dépôt. Il va y avoir un vote si une commission parlementaire pouvait entendre la caisse, pouvait entendre les experts, pouvait discuter de cette dépense considérable, et ça va être battu. Ça va être battu parce que le gouvernement libéral ne veut pas, ne veut pas une commission parlementaire sur le plus gros investissement, du Québec, du siècle. C'est quand même extraordinaire. Et on sait pourquoi ils ne veulent pas de commission parlementaire, c'est qu'ils essaient de cacher le fait que ce projet va coûter extrêmement cher aux contribuables.

Il y a trois étages à ce gâteau. Premier étage, c'est qu'Hydro-Québec va contribuer pour 300 millions. Ça, ça veut dire que tous les utilisateurs d'Hydro-Québec, qu'ils soient au Saguenay, en Abitibi, où que ce soit, vont contribuer, par leurs tarifs d'électricité, au REM de la caisse, premièrement.

Deuxièmement, il y a 32 millions de dollars qui vont être assumés chaque année par les gens des couronnes nord et sud. Ça, c'est la nouvelle taxe 450 libérale. Ça veut dire 30 $ par année par habitant à Laval, 66 $ à Chambly, 71 $ à Châteauguay pour financer le REM.

Et là il y a un troisième étage à ce gâteau, qui est à peu près 200 millions que les villes vont se partager pour subventionner le REM, et tout ça pour assurer que la Caisse de dépôt va avoir un rendement adéquat. Est-ce que c'est une bonne affaire pour la caisse? C'est certain que c'est une bonne affaire pour la caisse. Mais le gouvernement avait dit qu'il n'y aurait aucune subvention, que le projet était autoporteur. Bien là, ce n'est pas autoporteur quand tout le monde doit porter le rendement de la caisse.

Alors, est-ce que c'est une bonne idée d'investir 5 milliards dans le transport en commun à Montréal? Évidemment que c'est une bonne idée. Est-ce que les libéraux font une bonne gestion financière de ce projet? Bien, ce n'est pas clair. Et d'ailleurs le ministre Leitão, pour expliquer pourquoi il ne fallait pas poser de questions, déclarait hier : Le cadre financier du projet sont des évaluations très préliminaires. Mais il a dit : Le REM bénéficiera du finalement adéquat du gouvernement provincial et fédéral. Oui, on voit bien, on voit bien que le gouvernement du Québec va s'assurer que tout le monde paie pour le REM alors qu'il s'était engagé à ce qu'il n'y ait aucune subvention.

Alors, le déni de démocratie... Ce gouvernement qui a déjà refusé qu'il y ait une commission parlementaire sur l'accord de commerce entre le Canada et l'Europe, ils ne veulent pas qu'on en débatte, maintenant ne veulent pas qu'on débatte du principal investissement québécois en transport en commun du siècle. C'est vraiment le gouvernement opaque. C'est le gouvernement de la cachotterie. C'est le gouvernement qui refuse le débat.

Et ce n'est pas comme si on avait du temps. Ils vont commencer à construire cet été. Ils sont en processus d'appel d'offres. Et là ils vont nous dire après, quand les calculs ne seront plus préliminaires : Ah, bien là c'est trop tard, la pépine est là.

Alors donc, on appelle le gouvernement à se ressaisir et à admettre qu'il y a une chose qui s'appelle l'Assemblée nationale, et des députés qui ont le droit de poser des questions, et des journalistes qui ont le droit de regarder ce qui se passe et d'avoir des réponses, et qu'il y a des citoyens à Montréal, sur les couronnes et partout au Québec qui se demandent pourquoi ils vont payer plus cher leur électricité ou leurs taxes pour un projet auquel ils n'auront presque pas accès. Je vous remercie.

Le Modérateur : Merci beaucoup, M. Lisée. On y va aux questions en français. Merci d'avoir une question, une sous-question. On y va avec M. Boivin, micro de gauche.

M. Boivin (Mathieu) : M. Lisée, comment est-ce qu'il faudrait financer ça si ce n'est pas, d'une façon ou d'une autre, par de l'argent public?

M. Lisée : Bien, la question, c'est... Le ministre des Finances nous a dit : Voilà un excellent projet financé par la caisse pour lequel il n'y aura aucune subvention. Intéressant. Et là on s'aperçoit qu'il y a trois étages, un gâteau à trois étages de subventions. Alors, soit ce qu'il a dit avant est vrai, soit ce qu'il dit maintenant est vrai. Ça ne peut pas être les deux. Et, avant de signer, les contribuables québécois et les élus doivent savoir exactement quelle est la facture.

M. Boivin (Mathieu) : Est-ce que la Caisse de dépôt devrait assumer une part plus importante du financement pour que les contribuables, d'une façon ou d'une autre, soient moins sollicités?

M. Lisée : Nous, on veut voir les hypothèses. Là, on nous a dit : Voici la meilleure hypothèse. Et là on se rend compte que c'est une hypothèse avec une taxe à trois étages pour les Québécois. On devrait savoir : Est-ce qu'il y en a d'autres? Est-ce que tout le monde est satisfait de ça? Je ne pense pas. Et qu'on voit le montage financier.

Le Modérateur : Merci. On va aller avec M. Laforest, s'il vous plaît, micro de droite.

M. Laforest (Alain) : M. Lisée, M. Sklavounos va faire une déclaration à 10 h 30 ce matin. Vous vous êtes déjà exprimé sur le sujet. Il semble qu'il ne fera pas de mea culpa. Quel est le message que vous attendez de lui ce matin?

M. Lisée : Écoutez, on aura l'occasion d'en parler après. Mais moi, j'ai entendu un message ce matin qui m'a un peu troublé. M. François Legault, interrogé par Paul Arcand, a dit : Écoutez, la solution à ce problème, là, c'est qu'il y ait deux hommes qui soient dans la même pièce, Gerry Sklavounos et Philippe Couillard, et que Philippe Couillard demande à Gerry : Dis-moi que tu n'as rien fait de pas correct. Puis, s'il dit oui, c'est correct, selon François Legault, Sklavounos peut être réintégré dans le caucus du Parti libéral et être un fier représentant de la démocratie. Franchement, je trouve ça un peu léger, compte tenu de l'ensemble des allégations qui ont été portées sur le comportement inapproprié de M. Sklavounos.

Et que M. Sklavounos dise que oui ou non, il confirme ou il affirme que ça ne s'est pas produit, le fait est que vous êtes tous au courant des allégations, vous les avez tous rapportées et que le jugement, il est porté, et le jugement politique, il est porté. Et ce n'est pas en faisant en sorte que deux hommes se rencontrent dans une pièce que ça va régler la question. Ça, c'est la méthode François Legault, d'après ce que je comprends. Moi, je pense que la population québécoise, les femmes du Québec en particulier, convient que Gerry Sklavounos n'est pas un exemple à donner à la société et donc ne devrait pas être dans le caucus d'un grand parti.

M. Laforest (Alain) : Même s'il n'y a pas eu d'accusations?

M. Lisée : Exact.

Le Modérateur : Merci, M. Laforest. M. Vigneault, micro de gauche.

M. Vigneault (Nicolas) : Vous dites que le jugement est fait pour vous. Si je comprends bien, peu importe la déclaration, peu importe le mea culpa, c'est clair, la question est réglée dans votre tête.

M. Lisée : Tant mieux s'il admet ses erreurs. Tant mieux s'il veut faire mieux dans l'avenir, mais le rôle de député à l'Assemblée nationale, ce n'est pas un rôle anodin. L'exigence est plus élevée. Et je pense que, par son comportement et par la totalité des témoignages que vous avez rapportés dans les médias, il est clair qu'il n'a pas été à la hauteur. Et il peut très bien se réhabiliter et avoir une autre carrière après. L'Assemblée nationale n'est pas le seul lieu où il peut avoir une vie couronnée de succès. Moi, je pense que, politiquement, M. Sklavounos n'est pas un exemple qui vaut d'être dans le caucus d'un grand parti.

M. Vigneault (Nicolas) : Sur PSPP, notamment, il est entré au caucus hier, comment ça s'est déroulé? Est-ce que c'était un peu froid comme ambiance, compte tenu du rapport qu'il a livré?

M. Lisée : C'était très chaud. C'était très chaud. Bon, les discussions du caucus sont à huis clos. Il y a eu une discussion franche, ouverte, des questions, des réponses, un échange très constructif.

Le Modérateur : Merci. Il y a d'autres questions en français? M. Gagnon.

M. Gagnon (Marc-André) : Alors, justement, sur le même sujet, 24 heures plus tard, comment vous voyez l'impact qu'a eu ce rapport-là? Est-ce que ce n'est pas une étiquette qui est un peu négative pour votre parti?

M. Lisée : Bien, j'ai regardé les reportages, j'ai vu les entrevues et je pense qu'il y a deux messages. Évidemment, il y a l'étiquette, mais ça, les gens le pensaient déjà. Finalement, ils ont dit : Bien oui, c'est ce qu'on pense, c'est ce qu'on dit. Puis il y a eu le message de dire : Wow! Le Parti québécois est en train de se regarder dans le miroir, de faire face à la musique puis de vouloir se transformer, et c'est quelque chose d'extraordinaire. Et moi, je pense que ce qui ressort de ces 24 heures, c'est un parti qui veut se reconnecter, et qui n'a pas peur de se poser des questions, et qui va dans la bonne direction.

M. Gagnon (Marc-André) : Vous ne craignez pas qu'il y ait des gens dans la population qui, au contraire, étaient convaincus que le Parti québécois était jeune et vivant, qui se disent : Ah, bien oui, finalement c'est un parti vieillissant, déconnecté?

M. Lisée : Bien, si vous les connaissez, vous me les enverrez.

M. Gagnon (Marc-André) : Vous croyez que ça n'existe pas. Tout le monde était au courant des constats qui ont été faits dans ce rapport-là? Parce que, visiblement, dans votre caucus, il y a des gens qui ne semblent pas nécessairement d'accord avec ça ou qui n'ont pas apprécié.

M. Lisée : Bien, c'est-à-dire qu'il est sûr qu'on a demandé aux gens qui se sont détournés de nous ou qui n'ont pas voulu venir vers nous : Quelle est votre perception? Et ils ont cette perception-là qui, pour nous, est largement fausse. On n'est pas un club social, on est un parti de discussions, de débats, on est dynamique, on a plus de jeunes dans notre parti que dans n'importe quel autre parti au Québec. Mais c'est une perception. Alors, si cette perception existe, il faut l'entendre et il faut la dissiper. Et c'est ça, l'enjeu.

Et là je pense qu'il y a un certain nombre de gens qui savent qu'on est un parti dynamique. Eux autres, ils disent : Bien là, peu importe ce qu'il y a dans le rapport, c'est un parti dynamique. Puis des gens qui ont cette fausse perception du PQ, ils ont dit : Bien là, ils ont l'air à s'en rendre compte puis ils vont faire quelque chose pour changer. Donc, moi, je pense qu'au global c'est positif.

M. Gagnon (Marc-André) : Merci.

Le Modérateur : Merci. On va y aller en anglais. Merci d'avoir une question, une sous-question aussi.

M. Robillard (Alexandre) : J'en ai juste une toute petite.

Le Modérateur : Ah! M. Robillard, désolé.

M. Robillard (Alexandre) : Comme solution de compromis sur les signes religieux, est-ce que le fait de légiférer pour interdire aux fonctionnaires avec pouvoir de coercition, avec uniforme, ce serait acceptable ou si vous exigez absolument que les juges soient soumis à cette interdiction-là?

M. Lisée : Bon, il y a la décision politique de dire : Bien, il faut faire les trois, il faut faire Bouchard-Taylor sur la coercition, y compris les juges; le vrai visage découvert, sans des grosses exceptions; baliser les accommodements raisonnables avec des guides pour l'éducation, la santé et que ça s'applique au municipal. Ça, c'est pour l'ensemble.

Ensuite, on sait très bien qu'il y a des juristes qui travaillent à différentes formules de mettre ça en application, y compris pour les juges. Il y a même des pistes pour les juges, qui sont indépendants, mais il y a une façon de faire en sorte que, dans le respect de leur indépendance, ils prennent cette décision-là.On va attendre les libellés. On ne va pas faire les compromis ou on ne va pas dire : On baisse la garde, etc. Non. Nous, on veut ça. La population veut ça. Les quatre partis pourraient voter ça. Ensuite, sur les libellés, qu'ils nous présentent des libellés, on va en discuter, on va les améliorer.

M. Robillard (Alexandre) : Et donc l'exigence que les juges soient soumis à l'interdiction de port de signes religieux, pour vous, c'est un incontournable.

M. Lisée : Bien, c'est incontournable qu'on se rende là. Maintenant, de quelle façon? On est ouvert sur les processus. Mais, sur la volonté, oui, la volonté est ferme.

Le Modérateur : Merci. On va en anglais. Merci d'avoir une question, une sous-question. M. Hicks, CBC.

M. Hicks (Ryan) : Good morning. Just picking up on that, what did you think about what was reported in La Presse that said that the Couillard Government is possibly looking at going a little bit more in the direction of Bouchard-Taylor?

M. Lisée : Well, it's encouraging, it's encouraging. We've been in a constructive mood for many months now, saying that it's not all or nothing. We don't ask for the whole PQ program in this bill. We're glad that the CAQ, this week, came to our conclusion, saying : Well, we don't want the whole CAQ program in the bill. We were distressed that the Premier didn't seem to want to move towards a compromise. What is reported today is that there is work being done that could lead to a Liberal compromise and we're going to wait and see, but these are good signs.

M. Hicks (Ryan) : On Gerry Sklavounos, is there anything that he could say today that would change your opinion about whether he should be allowed back in the National Assembly or back into the Liberal caucus?

M. Lisée : I don't think so because the harm is done, you know. When you choose an MNA to be a candidate for your party, you want to show someone that is exemplary in some form. And certainly someone who has been dabbling in inappropriate behavior repetitively, he can be contrite, he can rehabilitate, but a caucus of a great party is not rehabilitation chamber, you know. He can do this in civil life. And I think he missed the mark and it's a political decision. We may find this harsh but politics is harsh and cynicism is already so great that, you know, we have to be very strict in our political decisions on ethical grounds and on these issues of behavior, and that's the line that I want to hold. Let's see what Mr. Couillard does.

Le Modérateur : Merci. On va y aller avec Mme Johnson, M. Hicks.

M. Hicks (Ryan) : So, his political life is over.

M. Lisée : That's my understanding.

Le Modérateur : Merci. Mme Johnson.

Mme Johnson (Maya) : I suppose the issue for some people is that these are rumors, essentially. We've heard a lot of them but no one, aside from Alice Paquet, has put a name to these allegations. So, in that case, is it fair to continue to judge Mr. Sklavounos based on what essentially amounts to hearsay?

M. Lisée : Well, it's hearsay by journalists. Many of you have reported of first-hand witnesses saying : This happened, this happened, this happened. If there were one or two, I would say : Well, it may be misunderstandings, fabrications, but there are so many. And plus, that's what you heard personally, Maya, in these corridors, that you know of, that is not registered anywhere, and we know that.

And so politics is not fair, politics is not a place where every call is based on a burden of proof, a burden of criminal proof. We have the duty to lead the nation and lead the nation by a moral code. And clearly, for me, Mr. Sklavounous does not need that moral code. It will be better if we had an orderly process where these women would have come, even anonymously, and a third party would have said : Well, listen, there is so much evidence. I would love this process and I wish that, in the future, our policies in the Assembly be expanded and open to that. But we have the cards that we have now, and that's the conclusion I draw from our knowledge of the situation.

Mme Johnson (Maya) : As for the light rail project, what is the issue that you are taking with the Liberal Government's approach to the way it's being financed right now?

M. Lisée : Well, it's a great thing that we invest $5 billion in a light rail project in Montréal, but the Government told us that there wouldn't be any grants to support it, that it was self-sufficient. Well, now we have three-layered cake of taxes : $300 million by Hydro-Québec, everyone will pay for that, a second layer of $32 million per year for people in the suburbs of Montréal and a third layer of $200 million, we don't know how it's going to affect people, but it's going to be a Liberal tax on people. So, I say : Listen, let's have a parliamentary commission and get to the bottom of that. We want the light rail, but is the cost skyrocketing? Is there any handle of these costs? Let's tell the truth and let the Government tell the truth to the people of the Montréal area : You will pay for that in some form, even if don't use it.

Le Modérateur : Merci. Mme Fletcher, ça va? Parfait. Bonne journée, messieurs dames.

M. Lisée : Merci. Au revoir.

(Fin à 8 h 21)

Participants


Document(s) Related