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Point de presse de Mme Carole Poirier, whip en chef de l’opposition officielle, et Mme Mireille Jean, porte-parole de l’opposition officielle en matière de Condition féminine

Version finale

Thursday, February 9, 2017, 11 h 31

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Onze heures trente et une minutes)

Mme Poirier : Bonjour. Alors, Carole Poirier, députée d'Hochelaga-Maisonneuve, whip de l'opposition officielle. Je suis en compagnie de Mireille Jean, qui est la porte-parole à la Condition féminine et députée de Chicoutimi.

Notre réaction devant la déclaration du député de Laurier-Dorion... Nous sommes très surprises et déçues aussi de voir qu'il n'y a aucun regret, qu'il n'y a aucune excuse, qu'il n'y a aucun mot fort dans cette déclaration pour reconnaître, reconnaître qu'il y a eu un manquement du député de Laurier-Dorion dans son comportement. Lorsque le député de Laurier-Dorion nous dit qu'il est extraverti, volubile, passionné, spontané, ce n'est pas là la reconnaissance que nous nous attendions.

On se rappellera que le premier ministre avait même dit, dans sa déclaration, qu'il s'attendait à ce que le député de Laurier-Dorion fasse une déclaration dans laquelle il devrait démontrer son respect des femmes à l'avenir. Il n'y a eu aucune reconnaissance de cela dans le passé et de ses manques dans le passé.

Le premier ministre avait aussi dit qu'il s'attendait à ce qu'il… comment il entend se gouverner lui-même sur ces questions. On a eu des engagements du député de Laurier-Dorion à l'effet qu'il va oeuvrer au quotidien au principe de l'égalité hommes-femmes. Qu'est-ce qu'il a fait dans le passé? Ce n'est pas ce qu'il faisait? Un député de l'Assemblée nationale, s'il y a bien un principe qu'il doit défendre, c'est l'égalité hommes-femmes. Je n'ai pas vu d'excuses là-dessus de la part du député de Laurier-Dorion. C'est décevant. Et, comme l'a dit le chef du Parti québécois ce matin, il n'y a pas de place dans les caucus des grands partis de l'Assemblée nationale suite à de telles déclarations.

Mme Jean : On a entendu ce matin M. Sklavounos mentionner qu'il n'avait pas nécessairement fait de comportements douteux. Or, il a été rapporté dans les médias qu'il y avait des comportements questionnables de sa part. Ce matin, malheureusement, il n'a pas de reconnaissance de ces comportements-là. M. Sklavounos dit qu'à l'avenir il va faire attention, à l'avenir, il va être un député exemplaire, un homme exemplaire. Mais en ne reconnaissant pas qu'est-ce qu'il a fait qui n'était pas correct avant, il ne prend pas conscience peut-être de certains comportements qu'il a pu avoir qui sont inacceptables dans la relation hommes-femmes. Il faut d'abord reconnaître certains comportements pour dire : Je vais m'améliorer dans l'avenir.

Donc, selon le témoignage qu'on entend ce matin, on ne voit pas ce message-là, qui serait très important pour la population, pour les femmes et même pour les hommes. Lorsqu'on est députés, on est des exemples. Et, lorsqu'on a des comportements qui sont hors norme, ou qui sont douteux, ou qui sont inacceptables, il faut le reconnaître et il faut porter des gestes en conséquence. À ce moment-là, M. Sklavounos doit reconnaître ça et porter des gestes en fonction de cette reconnaissance-là. On se serait attendu qu'il aurait reconnu et qu'après ça il aurait fait les gestes qui doivent s'imposer à un tel comportement. Merci.

Mme Poirier : J'ajouterais que ce qui nous a beaucoup surpris dans sa déclaration, de dire que jamais on n'avait porté à son attention les allégations qu'on a vues dans les journaux. Alors, moi, je suis très surprise d'apprendre cela. Donc, j'interpelle mon collègue whip du gouvernement. Il n'y a jamais eu de discussion entre le whip ou la présidente du caucus du Parti libéral et le député de Laurier-Dorion. Entre autres, on se rappellera que même le whip du Parti québécois avait parlé, il y a quelques années, avec le whip du Parti libéral pour dénoncer des agissements. Je comprends que ces conversations-là ne se sont pas rendues au député de Laurier-Dorion. Je trouve ça très regrettable.

Mme Richer (Jocelyne) : Avez-vous l'impression, Mme Poirier, que M. Sklavounos, ce matin, a, en quelque sorte, blâmé les femmes, en ce sens qu'il dit qu'elles ont pu mal interpréter ses gestes, ou des propos, ou des comportements, donc que c'est la faute des femmes et que lui ne prend aucun blâme sur ce qui a pu se passer?

Mme Poirier : Exactement. Vous lisez exactement ce que l'on lit nous-mêmes. Parce qu'il est spontané, parce qu'il est charmeur, dit-il, dans les partys de Noël…

Mme Richer (Jocelyne) : Donc, il minimise.

Mme Poirier : ...alors, pour lui, ce n'est pas… il n'y a pas de problème avec ça, son comportement n'est pas à remettre en question. C'est ce qu'il dit.

Mme Jean : Ce sont les autres qui ont mal interprété. Donc, ce n'est pas lui qui est en trouble, c'est les autres. Que ce soient les femmes qui l'ont interprété ou certaines choses qu'il entendait d'hommes, aussi, qui pouvaient dire des choses, c'est toujours les autres qui étaient dans le tort et non pas lui. C'est ça qui n'est pas reconnu ce matin.

M. Gagnon (Marc-André) : Donc, vous trouvez qu'il minimise.

Mme Poirier : Alors, la grande introspection dont il nous a parlé a fait porter le blâme aux autres mais pas à lui.

M. Gagnon (Marc-André) : Vous ne trouvez pas que le moment est drôlement choisi, pour le premier ministre, là, de s'absenter de l'Assemblée nationale ce matin?

Mme Poirier : Ce n'est pas à nous à justifier les absences ou les présences du premier ministre.

M. Gagnon (Marc-André) : Vous ne trouvez pas que le timing est particulier aussi, que M. Sklavounos fasse cette déclaration-là alors que vous êtes en période de questions?

Mme Poirier : Bien, ça, c'est effectivement un espace-temps qui, en principe, est réservé à la période de questions. Alors, ça fait partie des questions que vous pourrez poser au Parti libéral.

M. Boivin (Simon) : Est-ce que vous voulez qu'il démissionne de son siège ou si son absence de remords l'exclut du caucus mais pas n'est assez grave pour le faire démissionner de son siège? C'est quoi, votre position?

Mme Poirier : Bien, nous, notre position a toujours été claire. L'égalité hommes-femmes, c'est un principe cardinal dans notre Assemblée. Alors, s'il reconnaît qu'il n'était pas exemplaire en cette matière, je pense qu'il a des questions à se poser et je pense qu'aucun des grands partis qui est à l'Assemblée nationale ne devrait accueillir ce député-là dans ses rangs.

M. Boivin (Simon) : Il peut conserver son siège mais pas sa place au caucus.

Mme Poirier : Tout à fait. Ça lui appartient puis ça appartiendra aussi à ses électeurs à la prochaine élection.

M. Croteau (Martin) : Quel accueil comptez-vous réserver à M. Sklavounos la semaine prochaine?

Mme Poirier : Je vais vous dire que je vais laisser ses collègues l'accueillir. On verra ce qu'ils feront. Mais, en ce qui me concerne…

M. Croteau (Martin) : Mais vous êtes sa collègue un peu.

Mme Poirier : …mais en ce qui me concerne, je peux vous dire que le comportement et la déclaration de ce matin me laissent croire qu'il n'a aucun regret et qu'il ne se remet même pas en question.

M. Lacroix (Louis) : Depuis le 5 juin 2015, il y a une politique contre le harcèlement sexuel qui a été adoptée — la voilà — par l'Assemblée nationale. Est-ce que vous croyez que le comportement de M. Sklavounos devrait être examiné par l'Assemblée nationale, à votre avis?

Mme Poirier : Vous savez, la politique fonctionne à partir du moment où il y a une plainte. C'est le processus que nous avons mis en place. Moi, j'invite, j'invite toutes celles qui ont des doutes sur le comportement de quelque député que ce soit, homme ou femme, de s'adresser au répondant de l'Assemblée nationale. Cette politique-là, elle est pour tout le monde : pour les députés, pour le personnel des députés, mais pour le personnel de l'Assemblée nationale. Et moi, je demande à tous ceux ou celles qui ont vu, ont subi quoi que ce soit, de s'adresser à cette politique. Et c'est à l'épreuve de cette politique-là qu'on va voir le sérieux des choses.

Mme Plante (Caroline) : Donc, M. Sklavounos est encore vulnérable?

Mme Poirier : M. Sklavounos n'a pas reconnu son attitude, il n'a pas reconnu qu'il y avait un problème. Alors, est-ce qu'il encore vulnérable? À partir du moment où on ne reconnaît pas ses torts, je pense que oui.

M. Boivin (Simon) : Est-ce qu'il y a des femmes, au Parti québécois, qui ont été, dans les dernières années, là, récemment, là, la cible de comportements inappropriés de la part de M. Sklavounos? Avez-vous vérifié ça?

Mme Poirier : Moi, je n'ai pas... Bien, pas des députées. Il y avait eu des échanges dans les... On se rappellera d'un cas, là, que mon collègue, Harold LeBel, avait mentionné.

M. Boivin (Simon) : Mais depuis?

Mme Poirier : Mais, depuis, non. En ce qui me concerne, de moi, comme whip, non.

M. Gagnon (Marc-André) : Donc, vous trouvez que sa déclaration de ce matin est insuffisante, mais pas au moins de réclamer sa démission?

Mme Poirier : Sa déclaration est insuffisante. Et, je vais vous dire, moi, à sa place, je me remettrais beaucoup plus en question. L'introspection, je la recommencerais à la lumière de dire : Est-ce que c'est vraiment les autres qui ont tort de penser que je suis trop charmeur?

M. Gagnon (Marc-André) : Est-ce qu'il doit démissionner?

Mme Poirier : Ça lui appartient. Ça appartient aussi à ses électeurs. Merci.

Mme Fletcher (Raquel) : As two women MNAs in the National Assembly, what would it mean for you if he was accepted back in the Liberal caucus?

Mme Jean : What is the question? As an MNA?

Mme Fletcher (Raquel) : As two women MNAs in the National Assembly, if he is accepted back in the Liberal caucus, how would you feel about that?

Mme Jean : I would be very sorry because what we heard about the behavior of Mr. Sklavounos is not acceptable for a great party. So, we conclude that it would not be a good idea for the Liberal caucus to admit Mr. Sklavounous because he didn't admit that he made something wrong. If he doesn't admit, he has no fault. So, no fault, but we heard that some behaviour was not acceptable, so we have a problem there.

Mme Fletcher (Raquel) : Would that be insulting to you, personally, as a woman MNA?

Mme Jean : Every time a woman is badly…

Mme Fletcher (Raquel) : Treated.

Mme Jean : ...yes, I'm affected by that. Every woman has the right to be… and don't be hurt by any man.

Mme Johnson (Maya) : So, Mme Poirier, for you, this is disappointing?

Mme Poirier : It's a real, real disappointment to hear this morning that Mr. Sklavounos doesn't recognize that there is a problem. That's the problem. He didn't recognize that, he just said : I'm a little bit too charming…

Mme Johnson (Maya) : Social.

Mme Poirier : …social, «extraverti», so the problem is not him, the problem is the others. So, I think that he should do again his introspection. Thank you.

(Fin à 11 h 42)

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