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Point de presse de M. Jean-François Lisée, chef de l’opposition officielle

Version finale

Wednesday, February 15, 2017, 8 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures trois minutes)

M. Lisée : Bien, d'abord, je vais commenter la grande nouvelle du jour. Oui, le Canadien a un nouveau chef, un nouveau cap, et j'espère qu'il est sur le chemin des victoires.

Hier, le premier ministre a semblé réaliser que c'était urgent de légiférer pour permettre à des Québécois d'origines diverses d'avoir un meilleur accès aux professions. Alors, on est très heureux qu'il le fasse. Ça fait quand même 15 ans que les libéraux sont au pouvoir. Ça fait trois ans que lui est au pouvoir, et il voit une urgence. Bien, c'est très bien qu'il se rende à cette urgence-là. Mais ce projet de loi est très, très limité dans son objet, simplement la loi sur les ordres professionnels. Et, puisqu'il veut discuter de ça, bien, nous, on est volontaires. On a déposé, la semaine dernière, 20 propositions, certaines touchant les professions, d'autres touchant le marché du travail, d'autres touchant le ministère de l'Éducation, la lutte à la discrimination et au racisme. Et ce que nous proposons aujourd'hui, c'est de faire du projet de loi n° 98 un bill omnibus sur l'intégration au travail et la lutte contre la discrimination.

Donc, les amendements, on les a. On peut les traduire en langage législatif. Nous avons envoyé… Carole a envoyé une lettre à Kathleen Weil la semaine dernière. J'ai tendu la main au premier ministre pour lui demander de travailler avec nous pour faire des avancées significatives dès les semaines qui viennent. Il a choisi que ça se fasse à travers 98, enfin, il a décidé que c'était une priorité. On va commencer à en discuter cet après-midi. On va voir les amendements qu'il amène, mais donc on l'appelle concrètement à accepter d'ouvrir le champ de 98 pour que, par exemple, on mette une disposition sur la loi du travail qui interdirait aux employeurs de réclamer une expérience canadienne de travail préalable à l'obtention d'un emploi au Québec. C'est ce que l'Ontario a fait depuis 2013. On va lui demander d'introduire des dispositions d'amende pour des employeurs pris en flagrant délit de discrimination à l'embauche ou des propriétaires pris en flagrant délit de discrimination au logement et, donc, l'ensemble des mesures que nous avons déposées.

Mais ça prend la bonne volonté du premier ministre. Il peut décider, lui : Non, non, non, c'est juste les ordres professionnels. Nous, on le prend au mot. Il n'est pas très bon dans les mains tendues, à voir les mains tendues des autres, là, mais nous, on n'arrêtera pas de le faire parce que ce qui nous intéresse, c'est le bien commun, c'est l'intégration et la lutte contre le racisme. Et, comme on est pressés de faire ça, on pense qu'on a perdu trop de temps, faisons-le, et on peut faire ça dans les semaines qui viennent. Et on aurait tout le temps, si le premier ministre le désirait, de passer ensuite au projet de loi n° 62 et que tout ça soit fait avant l'été. Voilà.

Le Modérateur : Merci, M. Lisée. On va au micro de gauche. M. Boivin, Cogeco.

M. Boivin (Mathieu) : M. Lisée, dans les propositions que vous avez faites la semaine dernière, il y en a une qui a attiré mon attention, c'est le CV aveugle.

M. Lisée : Anonyme.

M. Boivin (Mathieu) : Oui. Quel problème on veut régler exactement en omettant sciemment le nom d'une personne?

M. Lisée : Ah bien, c'est parce que la démonstration a été faite encore et encore, par des médias québécois, par des organisations, que, lorsque vous envoyez le même CV avec un nom à consonance étrangère ou avec un nom à consonance québécoise, le CV à consonance québécoise va être retenu et pas l'autre, et qu'il y a un biais très clair dans la sélection des CV qui passe ensuite au niveau de l'entrevue, et que, lorsqu'on fait le test, et ça a été fait dans plusieurs États européens, certains avec succès, d'autres avec moins de succès, que le CV anonyme réduit la discrimination à l'embauche. Ce n'est pas une panacée. Un employeur qui veut discriminer va toujours trouver le moyen de le faire, mais, en tout cas, ça équilibre les chances, de le faire comme ça.

Mais on dit qu'il y a deux choses à faire. On fait un projet pilote de CV anonyme, on sait que la méthodologie est très importante. Par exemple, en France, ils ont utilisé une méthodologie qui n'était pas très efficace. Dans d'autres pays européens, ils ont été plus efficaces. Il y a une autre méthode qu'on peut faire aussi pour des entreprises qui veulent avoir le label, disons, employeur équitable, c'est que les centres locaux d'emploi fassent une présélection à partir de la demande d'embauche que fait l'entreprise et envoie les trois meilleurs candidats en disant : Écoutez, n'importe lequel de ces trois-là ferait l'affaire. Il se trouve qu'il y a un Tremblay puis il y a un El-Malbrouk là-dedans, c'est à vous de faire le choix final. Si vous ne choisissez jamais, après 15 ans, le El-Malbrouk, vous allez avoir un problème. On vous le dit, là, ces trois-là peuvent faire l'affaire.

M. Boivin (Mathieu) : Est-ce qu'on a raison de dire qu'au bout du compte c'est à une espèce de petit racisme ordinaire qu'on s'attaque?

M. Lisée : Il y en a de l'ordinaire puis il y en a de l'extraordinaire, hein? Il y a des employeurs qui ne veulent pas employer des gens qui sont... qui font de la discrimination, et ceux-là doivent être sanctionnés par des amendes. Et on peut très bien envoyer des inspecteurs qui se font passer pour des chercheurs d'emploi pour démontrer la discrimination, comme le ministère de la Santé envoie des jeunes femmes qui ont l'air d'avoir 24 ans, mais qui en ont 17, pour prendre en flagrant délit des dépanneurs de vente de l'alcool ou de cigarettes.

Alors, il y a ceux qui veulent vraiment discriminer qui doivent être réprimés, sanctionnés, et il y a ceux que c'est simplement... ils se disent que, si c'est écrit El-Malbrouk, ce n'est pas possible qu'il soit compétent. Il faut leur dire : Oui, oui, c'est tout à fait possible qu'il soit compétent, et on va vous le démontrer de différentes façons.

Le Modérateur : O.K., merci. On va y aller avec M. Laforest, s'il vous plaît.

M. Lisée : Et, si on le fait pour le tabac, pourquoi est-ce que c'est plus important de lutter contre le tabagisme que contre le racisme?

Le Modérateur : Merci. M. Laforest, TVA.

M. Laforest (Alain) : ...M. Lisée, le minimum acceptable pour vous dans cette loi-là, c'est quoi?

M. Lisée : Sur 98? On est en bonne…

M. Laforest (Alain) : 98, c'est quoi, au juste?

M. Lisée : Alors, la loi, c'est… Bon, ce qu'ils viennent de… C'est une loi qui modifie les ordres professionnels, la loi des ordres professionnels. À l'intérieur de cette loi, qui couvre beaucoup de champs, il y a des dispositions qui rendent plus facilement disponibles des stages pour l'acquisition de certificats ou de diplômes, de reconnaissance professionnelle pour des Québécois qui viennent d'ailleurs. Et il y a également un commissaire aux plaintes qui est créé au-dessus de tous les ordres professionnels pour voir aux plaintes particulières.

Alors, ce sont de bonnes dispositions, puis nous, on était dans le processus de les améliorer, mais évidemment c'est beaucoup trop… si le premier ministre dit : Bien, la priorité, c'est de faire en sorte d'intégrer à l'emploi grâce à cette loi-là, bien, cette loi-là fait très peu de choses pour intégrer à l'emploi. Alors, on lui offre d'utiliser ce véhicule législatif pour faire tout le reste en même temps, s'il le désire. Parce que, s'il dit non, bien, la procédure réglementaire, la procédure parlementaire peut lui interdire d'ajouter des choses qui ne sont pas de l'objet premier de la loi. Donc, il faudrait qu'il accepte d'ouvrir le champ.

M. Laforest (Alain) : Hier ici, à l'Assemblée nationale, il y avait le président de la Fédération des omnipraticiens, M. Godin, qui a clairement dit : Pourquoi on en demanderait moins à un médecin étranger qu'on demande à un médecin québécois? Est-ce qu'il y a un problème là avec les ordres professionnels?

M. Lisée : Bien, il y a un problème avec les ordres professionnels parce qu'ils ont de bons arguments, mais ensuite, lorsqu'on les compare aux ordres professionnels dans d'autres provinces ou dans d'autres pays, il y a moins de résultats. Alors, pourquoi est-ce que nos ordres professionnels sont moins efficaces à reconnaître les compétences étrangères que nos voisins ontariens ou albertains? Je renvoie la question à M. Godin.

Le Modérateur : Merci. On va y aller avec M. Vigneault après.

M. Laforest (Alain) : …entente avec l'Union européenne a été signée ce matin. Ça représente quoi, pour vous, là, que cette signature là soit faite en Europe?

M. Lisée : Bien, ça représente une avancée, c'est sûr, pour nos entreprises qui vont avoir un avantage comparatif significatif sur le terrain européen. Ça veut dire que l'essentiel de ce qu'on produit va pouvoir entrer en Europe avec 6 % à 10 % de coûts de moins que les produits américains, alors c'est un avantage considérable, et 6 % à 10 % de moins que ce qu'ils étaient jusqu'à maintenant. Alors, c'est sûr que, pour une nation qui exporte énormément, ça va nous donner un avantage.

Maintenant, ce qui est inacceptable, c'est qu'une entente de cette ampleur soit adoptée sans débat à l'Assemblée nationale, avec une commission parlementaire. Aucun Québécois, aucun syndicat, aucune entreprise ne peut être entendu dans une commission parlementaire pour dire aux parlementaires : Voici, ça, c'est bon, ça, c'est moins bon. Faites attention à ça. Où sont les mesures compensatoires? Et nous, on dit depuis le début que le gouvernement québécois ne devrait pas adopter le décret d'application tant qu'on n'est pas satisfaits de la compensation qu'Ottawa va faire à nos agriculteurs et à l'industrie, donc, laitière et fromagère, qui vont payer 1,5 milliard de dollars en cinq ans à cause de la décision d'Ottawa de favoriser le boeuf de l'Ouest au détriment de notre industrie à nous.

Alors, c'est sûr, là, que, si M. Couillard décide de faire voter son décret par le Conseil des ministres, on n'a plus aucun rapport de force pour notre industrie laitière et fromagère puis on ne sera jamais compensés correctement.

Le Modérateur : M. Vigneault.

M. Vigneault (Nicolas) : M. Lisée, en fait, sur 98 notamment, les ordres professionnels, est-ce que ce n'est pas une façon pour vous, pour le gouvernement, de repousser aux calendes grecques, finalement, le projet de loi sur la laïcité? Est-ce qu'il n'y a pas un danger à repousser ce débat-là, finalement, dans le temps? Plusieurs disent qu'on va tout simplement en profiter pour remettre ça aux calendes grecques et attendre la campagne électorale.

M. Lisée : C'est une pure question de volonté politique. Si le premier ministre a une volonté politique de régler ces questions-là avant l'été, c'est possible, et on sera au rendez-vous. Mais c'est clair, hier, qu'il a démontré une intransigeance et une absence de volonté politique. D'ailleurs, son maître à penser, Charles Taylor, est non seulement contre le Taylor de Bouchard-Taylor, mais il est même contre l'idée de légiférer sur 62 tel que proposé par M. Couillard.

Alors, est-ce que M. Couillard va aller jusqu'au bout de son mimétisme avec Charles Taylor en retirant complètement 62? Est-ce qu'il va revenir sur sa proposition de fermer l'exception béante qu'il avait introduite pour faire en sorte que, oui, c'est interdit d'avoir le visage couvert, sauf si on le demande pour accommodement religieux, ce qui est le contraire de l'objectif de la loi? Il avait dit, en réponse à une de mes questions, que, oui, oui, il n'y aurait aucune exception pour motif religieux.

M. Vigneault (Nicolas) : Est-ce qu'il y a un danger à ça?

M. Lisée : Bien, le danger, c'est l'absence de volonté politique de M. Couillard ou, tout simplement, sa volonté politique de ne pas légiférer là-dessus.

M. Vigneault (Nicolas) : Sur la paix sociale?

M. Lisée : Bien, sur la paix sociale, c'est sûr que le Québec est prêt à adopter des règles, le Québec est prêt. QS est prêt, la CAQ est prête, le Parti québécois est prêt. Beaucoup de députés libéraux sont prêts. La personne qui n'est pas prête, c'est Philippe Couillard. Alors, c'est sa responsabilité politique.

M. Vigneault (Nicolas) : Dernière question sur les juristes. Est-ce qu'on est rendus à l'étape de la loi spéciale maintenant? Ça a été rejeté encore une fois. La poursuite de la grève a été entérinée hier par les membres. Est-ce qu'effectivement on n'est pas rendus à adopter une loi spéciale pour ça?

M. Lisée : Non, on est rendus à l'étape du respect des juristes par le gouvernement. On est rendus à l'étape où le gouvernement devrait admettre que ces gens-là sont indispensables, qu'ils sont maltraités et qu'il faut les traiter mieux. Et la très grande déception de la rentrée, c'est l'incapacité de Pierre Moreau de régler ça, donc son incapacité de comprendre l'ampleur du problème, la justesse des revendications des juristes et d'en convaincre le premier ministre. Alors, M. Moreau, là, dont on attendait beaucoup, livre peu.

Le Modérateur : On va y aller avec M. Lecavalier, micro de droite.

M. Lecavalier (Charles) : Bonjour, M. Lisée. Le portrait que vous faites du marché de l'emploi ne démontre-t-il pas qu'il y a du racisme systémique au Québec, le fait qu'il faut utiliser des CV anonymes?

M. Lisée : Il y a du racisme. Alors, est-ce que c'est systémique ou non? Moi, cette polémique ne m'intéresse pas. Ce qui m'intéresse, c'est des résultats, c'est de faire reculer le racisme. Et lorsque le premier ministre, hier, a montré des chiffres qui sont alarmants sur le chômage, et tout ça, bien, ce sont ses chiffres. Ça fait 15 ans qu'il est au pouvoir. Et, s'il est mécontent que des ordres professionnels placent des obstacles, bien, il était ministre de la Santé pendant plusieurs années et responsable des professions de la santé. Alors, qu'il se réveille aujourd'hui et qu'il dise : On va bouger, très bien, mais on lui dit : Bougeons vraiment. Alors... ou est-ce que ce n'est que de la communication?

M. Lecavalier (Charles) : Vous semblez vous intéresser beaucoup au sujet. Pouquoi il ne faudrait pas faire une commission... je ne sais pas quelle forme ça pourrait prendre. Il y a des gens qui demandent une commission d'enquête sur le racisme. Pourquoi il ne faudrait pas faire ça?

M. Lisée : Bien, ça ne donnera pas de stage à personne, cette commission-là. Nous avons, depuis plusieurs années, documenté le problème du racisme, de la discrimination. Nous savons ce qu'il faut faire pour l'intégration en emploi. On n'a pas de temps à perdre. Il faut aller de l'avant avec de l'écoute, il faut constamment bonifier nos processus, mais moi, je suis contre le fait qu'on passe un an à s'autoflageller, à faire le procès des Québécois, alors que ce qui est important, c'est d'agir résolument, immédiatement pour améliorer les choses sur le terrain.

Le Modérateur : Merci. On va y aller avec M. Bélair-Cirino, Le Devoir.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Vous nous dites que cet exercice-là, d'une certaine façon, a été fait, là. La littérature est abondante à ce sujet-là. Est-ce que le problème est plus important au Québec qu'ailleurs au Canada? Est-ce que le racisme ordinaire et extraordinaire est plus fréquent ici qu'ailleurs?

M. Lisée : Bien, on a un certain nombre d'indicateurs qui montrent que non, que, par exemple, l'ouverture à l'immigration est plus forte au Québec que dans plusieurs provinces du reste du Canada. On a des indicateurs qui montrent qu'il y a plus de crimes haineux dans le reste du Canada qu'au Québec, plus de crimes antisémites ou d'incidents antisémites en Ontario qu'au Québec, même en proportion de la population. En termes d'intégration à l'emploi, effectivement, les résultats du Québec sont moins bons que les résultats de l'Ontario ou du reste du Canada. Donc, on ne peut pas tirer de conclusion. Puis, finalement, à quoi bon? L'important, c'est d'agir résolument pour une meilleure intégration à l'emploi et moins de racisme et de discrimination.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Puis des amendes, ça fonctionne actuellement, lorsqu'on épingle quelqu'un qui a discriminé quelqu'un pour logement ou pour un emploi?

M. Lisée : Moi, j'ai fait tout le projet de loi n° 44 sur le tabac, et les dépanneurs sont terrorisés par l'ampleur des amendes si un de leurs employés vend une cigarette à un mineur. Ça peut monter jusqu'à 60 000 $ pour une première infraction. Alors, ils ont pris des mesures extrêmement fortes pour que tout le monde qui a l'air de 25 ans ou moins soit carté, peu importe. Ils forment leurs salariés, leurs salariés d'été. Ils ont très, très peur des amendes. Alors, je me dis : Si ça marche pour les dépanneurs, ça va marcher pour tout le monde.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Vous avez été diplomate en chef du Québec pendant un an et demi. Qu'est-ce que vous pensez de l'attitude de la ministre, aujourd'hui, des Affaires étrangères canadiennes qui a réussi, selon elle, à obtenir un accord avec l'Union européenne, avec la Wallonie, dans le fond, en feintant une crise... bien, en fait, une crise de larmes, en faisant couler des larmes à la sortie d'une rencontre? Puis elle a avoué ça candidement lors d'une rencontre à l'ambassade des États-Unis cette semaine. Puis ça suscite des réactions assez vives à Bruxelles, notamment. C'est une bonne…

M. Lisée : Écoutez, j'ai manqué ça. J'ai manqué ça. Je vais aller me renseigner, puis on va en reparler peut-être demain. Merci.

Le Modérateur : Dernière question en français. M. Robillard.

M. Robillard (Alexandre) : Sur la carte électorale, Québec solidaire va déposer un projet de loi aujourd'hui. Est-ce que vous pensez que c'est réaliste, qu'on peut changer le processus de délimitation des circonscriptions d'ici la prochaine élection?

M. Lisée : Bien, écoutez, le Directeur général des élections, hier, a dit que lui était disposé, dans le calendrier qui permet la nouvelle carte, de faire de nouvelles consultations si on lui en donne l'ordre ou si on le lui permet de façon législative. Alors, je m'en remets à son jugement. Je pense, c'est important d'avoir une nouvelle carte dès l'élection de l'an prochain. Il y a eu une erreur qui a été commise certainement dans cette circonscription. Si lui-même nous dit que c'est possible, bien, je vais m'en remettre à son jugement.

M. Robillard (Alexandre) : Mais réviser le processus en profondeur, est-ce que vous pensez que ça, c'est possible dans le contexte actuel d'ici la prochaine échéance électorale?

M. Lisée : Bien, je pense que ce n'est pas possible et ce n'est pas souhaitable parce que, comme on espère pouvoir prendre le pouvoir en octobre de l'an prochain et ensuite proposer un système proportionnel mixte régionalisé, bien, on aura une grande discussion à la fois sur la carte électorale et sur le mode électoral. On fera tout ça en même temps. Mais effectivement, dans cette discussion-là, la représentation régionale des députés, la capacité des députés d'avoir un contact réel avec leurs électeurs, tout ça doit faire partie de la discussion pour l'avenir.

Le Modérateur : On y va en anglais. Mme Fletcher.

Mme Fletcher (Raquel) : Good morning. How are you?

M. Lisée : Fine. How are you?

Mme Fletcher (Raquel) : I'm good. I haven't asked a question in a while.

M. Lisée : That's right. That's right. I missed you.

Mme Fletcher (Raquel) : Can you elaborate in English on the issue of the inspector at the job interviews that you said in French to my colleagues?

M. Lisée : OK. Well, the Premier says that the priority is to go through Bill 98 to have a better integration in the job market. Well, that's well and fine, but that bill is very specific, and so what we propose is that we expand the bill to cover all areas of integration in job market and to fight against racism and discrimination. And we can do that within a month. We can have an omnibus bill that will do all that.

Within these measures is, of course, Ontario, that, three years ago, decided to outlaw the requirements of previous canadian work experience to get a job, and that's a major impediment. We can do this too with a stroke of a pen, if the Premier accepts. Also, of course, for employers who will fully discriminate, we have inspectors elsewhere, like for tobacco, that try to see if shop owners sell tobacco to minors. And, if they do to an inspector, they will be fined $60,000 for first offense. So, I know for a fact that shop owners are extremely mindful of not selling tobacco to minors because of that.

Clearly, we could set up the same thing for employers or for owners who discriminate against tenants on the basis of race or religion. This is something that could be set up. We could have trials for that, and, certainly, I'd like to see some narrow-minded people wonder if the person that they are rejecting for no other reason than discrimination is an inspector and if they are going to be fined for that. I think that's one of many tools that we can use to push back racism and discrimination.

Mme Fletcher (Raquel) : I have another question about asylum seekers who are sneaking into Québec from the U.S. Do you think that the Liberal Government should address this and do something about that?

M. Lisée : I think, we should be open, we should be open to that. Clearly, there are people who wanted to have asylum in United States that are prevented from doing so. I mean, we have a process, I think we should extend the hand. I see no problem with that.

Mme Fletcher (Raquel) : Do you think that we should sneak asylum seekers and grant them asylum if they sneak across the border?

M. Lisée : I think we should be open to that, absolutely.

Mme Fletcher (Raquel) : Thank you.

Le Modérateur : Mme Johnson, dernière question en anglais.

Mme Johnson (Maya) : Good morning. Mr. Lisée, this evening, there will be a demonstration outside of the National Assembly, protesting against so-called rape culture here. Do you agree with the organizers that a rape culture exists in the National Assembly or is that too strong?

M. Lisée : Well, I think, any attempt to push back on a rape culture or inappropriate behavior for women, you know, is a good thing. I think, we should be very much aware. It depends. Will you be covering that event tonight?

Mme Johnson (Maya) : I'll be.

M. Lisée :O.K. I think, someone might go then, if Maya is covering, you know? I didn't have this question before, but we'll see that. But, of course, you know, the expression «rape culture» is extremely strong, and we can debate about its use. But the… the…

Mme Johnson (Maya) : The underlying message?

M. Lisée : …yes, the underlying message, to push back against any inappropriate behavior, is the right message. OK? Merci.

Journaliste : Mme Poirier, est-ce que vous voulez ajouter quelque chose? Ça va? O.K., merci.

(Fin à 8 h 25)

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