National Assembly of Québec - Return to homepage

National Assembly of Québec - Return to homepage

To use the Calendar, Javascript must be activated in your browser.
For more information

Home > News and Press Room > Press Conferences and Scrums > Point de presse de M. Nicolas Marceau, porte-parole de l’opposition officielle en matière de finances, et porte-parole en matière de relations Québec-Canada

Advanced search in the News and Press Room section

Start date must precede end date.

Point de presse de M. Nicolas Marceau, porte-parole de l’opposition officielle en matière de finances, et porte-parole en matière de relations Québec-Canada

Version finale

Wednesday, March 22, 2017, 17 h 30

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Dix-sept heures trente et une minutes)

M. Marceau : Alors, bonjour, bonsoir, tout le monde. Je viens réagir au budget qui a été déposé par M. Morneau tout à l'heure.

Alors, écoutez, le Québec, vous le savez, contribue à près de 60 milliards de dollars aux revenus, aux coffres fédéraux, et j'ai eu beau tourner les pages du budget, je n'ai rien trouvé pour le Québec, un budget qui est déconnecté du Québec. Vous noterez en particulier qu'il n'y a pas de compensation supplémentaire pour les producteurs fromagers. Il n'y a pas les garanties de prêts que nous réclamions pour l'industrie forestière, pour les travailleurs de la forêt, mais, en même temps, il y a un 100 millions de plus pour l'industrie automobile ontarienne. Rien pour la forêt, mais 100 millions de plus pour l'industrie automobile ontarienne. Et je vous dis que, s'il y avait eu une crise dans l'industrie automobile ontarienne, vous pouvez être certains qu'il y aurait eu un beau gros char sur la page couverture du budget, puis, en fait, la seule contribution de ce budget à l'industrie forestière, c'est le papier sur lequel il a été imprimé.

Par ailleurs, on constate les résultats des demandes, là, de M. Couillard en matière de transport collectif en particulier. Vous aurez constaté qu'il n'y a rien... enfin, il n'y a pas d'engagement ferme du fédéral quant au REM, quant à la ligne bleue, quant au SRB. Les demandes, les priorités de M. Couillard ont été ignorées, purement et simplement. Et, en matière de transport collectif, je note que M. Trudeau et M. Morneau ont choisi d'abolir le crédit d'impôt pour transport collectif, pour transport en commun, et c'est une attaque, évidemment, envers les plus démunis, ceux qui sont les grands utilisateurs de transport en commun, évidemment envers les plus jeunes, les étudiants, qui sont les grands utilisateurs. Évidemment, dans un contexte où on pense à améliorer les infrastructures de transport en commun, disons que ça envoie un message particulièrement contradictoire, et je trouve ça, disons, très malavisé.

Autre mauvaise nouvelle pour le Québec, il y a confirmation que le transfert en santé va diminuer de 6 % à 3 %, c'est confirmé maintenant, cette même réduction étant celle que M. Barrette a décrite comme ayant… qu'il nous a décrite comme étant une réduction qui va avoir un impact sur le Québec, sur les soins de santé des Québécois.

Un mot sur l'évasion fiscale, l'évitement fiscal abusif, sur les paradis fiscaux, rapidement. Vous vous rappellerez que l'Assemblée nationale, de manière unanime, va demander au gouvernement fédéral de revoir le règlement de l'impôt pour empêcher le transfert de profits vers les paradis fiscaux, entre autres la Barbade. Rien là-dessus. Évidemment, ça me déçoit.

Et peut-être la seule bonne note du budget, parce que je sais que souvent vous me demandez quelque chose… est-ce qu'il y a quelque chose de bon dans le budget fédéral… comme je vous dis, j'ai peine à le faire, mais je constate que de l'autre côté de la rivière des Outaouais, on va pousser vers un régime public de garderies, de services de garde, au même moment — alors, ça, évidemment, moi, je suis favorable à un service public de garderies, un réseau public de garderies — au même moment où, de ce côté-ci, au Québec, on a un gouvernement qui a tranquillement mais sournoisement privatisé le système de CPE qu'on a, système de garderie. Alors, je constate quand même que M. Trudeau, à cet égard, a du bon sens et puis j'aimerais ça que ce bon sens rejoigne M. Couillard et son équipe. Voilà.

M. Laforest (Alain) : Bref, ce que vous trouvez qui ne fonctionne pas, c'est qu'on n'a pas aidé, entre autres, les producteurs de bois d'œuvre, donc on les abandonne alors que le gouvernement Trump risque de fermer les frontières, là.

M. Marceau : Bien, oui, effectivement, et les entreprises du secteur de la forêt, les travailleurs forestiers vont écoper, là, pour cette absence de leadership de la part de M. Trudeau. C'était une demande que nous avons formulée déjà, que d'autres ont formulée, le secteur forestier la formule. Ça a duré longtemps, la dernière crise, et là on s'engage là-dedans, malheureusement, et je ne vois pas d'autre manière pour assurer la survie de nos entreprises du secteur de la forêt puis pour assurer un gagne-pain à nos travailleurs forestier que d'aller vers des garanties de prêt.

M. Laforest (Alain) : 3 milliards de plus sur la dette?

M. Marceau : Bon, regardez, les finances publiques fédérales sont à peu près au même endroit où elles étaient à la mise à jour dernière. Il demeure que les facteurs fondamentaux pour les finances publiques fédérales sont corrects. On sait très bien qu'à long terme, et le directeur parlementaire du budget le dit souvent, ça va se passer bien pour le fédéral. Le problème est du côté des provinces et du Québec, en particulier en santé, là. Ce poids-là, lui, va s'accentuer avec le temps, et la confirmation de la baisse des transferts en santé vers le Québec, là, de 6 % à 3 %, ça va faire mal dans quelques années, vous allez vous en rendre compte.

M. Bellerose (Patrick) : Qu'est-ce que ça vous dit sur la vision que le gouvernement Trudeau a du Québec?

M. Marceau : Écoutez, à part de s'être fait élire 40 députés, c'est comme si ça ne comptait pas, le Québec, là. Je répète, là, ce que je disais sur l'industrie automobile ontarienne. Est-ce qu'il y a quelqu'un qui croit ici que le budget n'aurait pas été strictement orienté là-dessus s'il y avait eu une crise dans le secteur automobile comme ça a été le cas effectivement au moment de la crise financière? Et là la crise de la forêt, elle a un impact majeur au Québec, elle va en avoir un. Ça fait longtemps que ce secteur-là passe à travers des difficultés. Rien.

M. Bellerose (Patrick) : Est-ce que vous y voyez une insulte contre le Québec?

M. Marceau : Moi, je trouve ça insultant, oui, effectivement. En passant, le secteur du lait puis des fromages aussi, vous savez comme moi que la compensation pour nos producteurs de lait et de fromage est insuffisante, et on espérait qu'il y ait un peu plus pour ces producteurs-là dans le budget. Il n'y a rien.

M. Bellerose (Patrick) : Est-ce que le Québec était mieux traité sous Harper que sous M. Trudeau?

M. Marceau : Regardez, je pense que, s'il y a une constante au Canada, c'est que le Québec ne peut pas tirer son épingle du jeu. C'est une constante, malheureusement. Dans le cas de M. Trudeau, évidemment, il entretient un peu plus son image, mais, pour le reste, ça ressemble beaucoup.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Bon, le gouvernement fédéral accroît ses dépenses. Vous dites : Bon, en même temps, il a réduit les transferts canadiens en matière de santé. Est-ce que le déficit fiscal, qui est reconnu également par le gouvernement du Québec, est-ce qu'il s'amenuise ou s'amplifie?

M. Marceau : Vous parlez du déséquilibre fiscal?

M. Bélair-Cirino (Marco) : Le déséquilibre fiscal, pardon.

M. Marceau : Écoutez, moi, ça fait plusieurs années, quand j'étais ministre des Finances, je vous en ai déjà parlé, du déséquilibre fiscal, c'est sournois, ça existe encore. Effectivement, ça devient plus visible.

M. Trudeau, M. Morneau n'ont pas de gêne à s'immiscer dans les compétences des provinces. On l'a vu avec ces fonds dédiés sur les soins à domicile et puis sur la santé mentale. On le voit aujourd'hui avec les garderies. Moi, je trouve que c'est une bonne idée qu'ailleurs au Canada ils se dotent de garderies publiques, mais il n'en demeure pas moins que c'est une compétence des provinces, c'est une violation de la Constitution, et, de toute évidence, le gouvernement ne sait pas trop... le gouvernement canadien, là, a de l'argent en trop pour investir dans les compétences des provinces.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Dans le gouvernement, il est question... le gouvernement fédéral ouvre la porte à l'étalement de l'allocation qui est versée aux parents pour congé de maternité et paternité sur 18 mois. Est-ce que ce serait une mesure... le Québec devrait imiter le fédéral?

M. Marceau : Là, je ne suis pas capable de me prononcer là-dessus maintenant, puis l'élément peut-être qui va m'intéresser plus, là, au-delà des choix qui seront faits au Québec, puis ce sera un débat qu'on pourrait faire entre nous, il y a aussi le fait que ça pourrait avoir des répercussions, là, sur le Québec, et ça, je ne suis pas au clair là-dessus. Dans le petit 45 minutes qui a précédé mon arrivée ici, j'ai essayé de trouver des affaires, mais je n'ai pas pu tout voir. Alors, ça, ça va m'intéresser particulièrement. On me dit que le Québec va être compensé, mais je n'ai pas vu les détails de ça.

M. Laforest (Alain) : Banque d'infrastructures, REM, ligne bleue, SRB, il n'y a rien.

M. Marceau : Il n'y a rien.

M. Laforest (Alain) : C'est quoi, le message qui est envoyé au gouvernement Couillard?

M. Marceau : C'est un message très négatif pour le Québec, pour Montréal, pour le transport en commun évidemment. Et une conclusion qui doit être tirée, c'est que M. Couillard est complètement ignoré par M. Trudeau, complètement.

M. Hicks (Ryan) : What kind of message are you hearing from the federal Government about what they think about Québec and what Québec needs?

M. Marceau : Well, I mean, I think you will notice that Québec's domains have been completely ignored, and the message that is sent is that you are irrelevant. Québec is irrelevant.

M. Hicks (Ryan) : What do you think dairy producers, softwood lumber producers where they are left now?

M. Marceau : Well, there are left with a very, very doomed prospects. The future is not bright for the lumber… for the forestry workers. It's looking very bad, right now, and only if the Canadian Government reacts in the next few months, we'll be able to save a number of jobs. And this sector, by the way, has been hit over the last 10 years maybe, by a succession of difficulties. Now they were slowly recovering, and then Mr. Trump arrived, and this dispute emerged.

So it's going to be very rough, and again I am amazed and shocked by the fact that the treatment of the forest sector is completely different from that of the automobile sector, completely different. It's hard to explain, except for the fact that Ontario is extremely important for electoral results, means a lot for both the Liberal… for all federal parties, while Québec… As you know, Mr. Harper was able to obtain a majority government without Québec, and, even if the Liberal Party got 40 seats in Québec, they don't seem to help too much. Merci.

Des voix : Merci.

(Fin à 17 h 42)

Participants


Document(s) Related