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Point de presse de M. Sylvain Roy, porte-parole de l'opposition officielle en matière de forêts, de faune et de parcs et M. Harold LeBel, député de Rimouski

Version finale

Thursday, March 23, 2017, 14 h

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Quatorze heures)

M. Roy : Bonjour à tous. D'entrée de jeu, je salue mon collègue Harold Lebel, député de Rimouski. On est ici aujourd'hui pour demander de l'aide pour l'industrie forestière du Québec. On veut discuter, dans un premier temps, de la crise du bois d'oeuvre et de l'épidémie de la tordeuse du bourgeon de l'épinette qui touche de nombreuses communautés au Québec et, entre autres, 14 000 propriétaires de lots privés.

En novembre dernier, moi et Guy Leclair, député de Beauharnois, sommes allés à Ottawa faire un point de presse avec le Bloc québécois pour demander une garantie de prêt du gouvernement fédéral pour l'industrie forestière du Québec, et, entre autres aussi, nous avons demandé de l'aide pour soutenir les propriétaires privés qui vivent actuellement avec une épidémie de tordeuse d'épinette.

Hier, le budget fédéral a été déposé et aucune aide pour l'industrie forestière du Québec. Donc, nous avions prévu le coup. Nous avions anticipé la situation, étant donné le peu d'intérêt que le gouvernement fédéral a actuellement pour le développement économique du Québec, et avons demandé, via le chef de l'opposition, M. Jean-François Lisée, au premier ministre du Québec de s'avancer sur le dossier de la crise du bois d'oeuvre et de nous dire au salon bleu si, oui ou non, il allait accompagner l'industrie, au cas où le fédéral n'embarquerait pas, via des garanties de prêt pour soutenir les entreprises. Et le premier ministre a dit qu'il allait accompagner l'industrie forestière du Québec et qu'il allait débloquer des sommes pour assurer des garanties de prêts.

Donc, quelles sommes sont demandées? Bien là, ça va dépendre des pénalités qui vont être appliquées par les Américains et aussi de la rétroactivité. Certains parlent de 20 % à 40 % de pénalité puis d'une rétroactivité de la fin avril jusqu'à la fin janvier, ce qui peut représenter des sommes énormes pour les entreprises, et ça, ça peut venir gruger leur fonds de roulement et même les mettre en péril d'une manière très significative.

Donc, garantie de prêt, mais cette garantie de prêt là doit être accompagnée aussi d'une mesure de protection pour les fournisseurs. Lors de la dernière crise, bon, il y a des entreprises qui ont eu certains prêts, ils ont eu de l'aide, mais ils ont mis en faillite un nombre considérable, je dirais, de petites compagnies, de transporteurs, de fournisseurs de services autour d'eux. Donc, s'il y a garantie de prêt, et nous voulons qu'il y ait une garantie de prêt, nous voulons que ça soit accompagné de mesures pour s'assurer que l'ensemble de la filière puisse survivre, donc les camionneurs, les entreprises de coupe forestière et tous ceux qui gravitent autour des entreprises. Donc, nous demandons au gouvernement d'annoncer, la semaine prochaine, un budget de soutien qui restera à définir selon la mesure de la pénalité pour accoter la crise de liquidités que les entreprises vont vivre sous peu.

L'enjeu de la tordeuse d'épinette, écoutez, nous, on considère que la tordeuse est une catastrophe naturelle et qui nécessite des mesures importantes de soutien aux propriétaires de lots privés. Et je laisserais Harold, mon collègue, en discuter.

M. LeBel : Dans le dossier de l'épidémie de la tordeuse des bourgeons de l'épinette en forêt privée, ça fait également plus d'un an que l'on demande au ministre des Forêts de mettre en place une stratégie pour aider les petits propriétaires forestiers pris avec cette épidémie. Ils sont 14 000 propriétaires, à l'heure actuelle, à être touchés par l'épidémie dans tout le Québec. Les régions touchées sont le Témiscamingue, le Saguenay—Lac-Saint-Jean, la Côte-Nord, le Bas-du-Fleuve et la Gaspésie. Les prochaines régions qui seront touchées sont Charlevoix et l'Abitibi. Dans ma région du Bas-du-Fleuve, du Bas-Saint-Laurent, la forêt privée représente 44 % du couvert forestier. Et ça, il faut dire que ça représente aussi des villages, ça représente des familles, ça représente du monde qui vit dans nos régions, dans nos communautés rurales grâce à la forêt privée.

Ça fait que ce qu'on demande au gouvernement du Québec, c'est d'annoncer, dans le budget de mardi une aide, substantielle. On parle de 10 millions par année au moins pour le dossier de la tordeuse. Ça prend une stratégie de soutien aux producteurs forestiers qui prévoit entre autres des investissements en prévention, en lutte directe et en récupération du bois. Je vous le rappelle, on parle de survie de villages, on parle de familles, de gens qui veulent continuer à vivre en milieu rural. Chez nous, dans le Bas-Saint-Laurent, puis j'imagine que c'est ça dans plusieurs villages, la forêt privée, la gestion de la forêt, c'est le coeur de l'occupation de notre territoire.

M. Roy : Peut-être, en conclusion, de rajouter aussi que l'épidémie de tordeuse qui est vécue actuellement sur les lots privés, sur les propriétés privées où on a fait de l'aménagement pendant 30 ans, oblige à faire des coupes accélérées et un peu d'aller ramasser le capital forestier, là, d'une manière peut-être un peu trop rapide. Et là ce qui se passe actuellement, c'est qu'on va avoir une problématique de renouvellement de la ressource sur les lots privés qui va faire en sorte de peut-être mettre en péril le capital forestier de l'ensemble des propriétaires du Québec.

Donc, dans la stratégie, dans l'investissement pour le soutien, bon, à l'épidémie de la tordeuse du bourgeon de l'épinette, on doit garder en tête qu'il faut regénérer la forêt qui devra être coupée d'une manière précoce. Et ça, c'est très important pour la vitalité des communautés. Merci beaucoup.

M. Croteau (Martin) : Ce que je comprends, c'est que, dans le dossier du bois d'oeuvre, vous dites que le gouvernement doit se préparer au pire, finalement.

M. Roy : Nous n'avons pas actuellement les paramètres. Ni vous ni moi ne savons ce qu'il va se passer à la fin avril. Ce qu'on sait, c'est qu'il y a une taxe qui peut s'en venir, qui peut être extrêmement importante. On ne connaît pas encore... on ne sait pas, et qui va être rétroactive. Et ça peut faire en sorte que, 1er mai, quand les camions vont traverser la frontière, on exige de payer la rétroactivité de la pénalité imposée aux entreprises qui auront fait de l'exportation, et là ça peut impliquer de grandes liquidités, ce qui viendra mettre en péril de nombreuses entreprises.

Ça fait que, nous, ce qu'on demande au gouvernement, c'est d'accoter en garantie de prêt les pénalités qui seront imposées pour permettre aux entreprises de continuer leur exploitation, de faire rouler leurs usines puis de sauver les 60 000 emplois qu'il y a actuellement au Québec.

M. Croteau (Martin) : Ce que vous demandez, c'est immédiatement le dépôt d'un budget spécial pour faire face à cette crise-là, sans savoir exactement quelle sera l'ampleur des pénalités?

M. Roy : On peut s'avancer sur... écoutez, je ne veux pas avancer de chiffres, on est dans les centaines de millions, c'est sûr. Mais est-ce que les entreprises sont en meilleure santé qu'elles l'étaient auparavant? Je ne pourrais pas vous dire, il y a des messages contradictoires. On dit qu'actuellement l'exportation est bonne, le prix est bon, elles exportent à tour de bras, et ça, ça peut être aussi... L'envers de ça, c'est qu'actuellement ça va bien, là, il y a une exportation, puis on est dans la période de libre-échange, les moulins le savent, là, les cours à bois sont pleines, et on pousse la machine. Mais quand on va arriver à la fin avril, là, peut-être que la pénalité va être assez importante. Et là on ne peut pas savoir, mais on sait que... bien, on ne peut pas savoir puis on sait...

Écoutez, on est dans les centaines de millions, puis l'objectif, il est clair, c'est d'assurer la pérennité de l'industrie forestière au Québec. Ottawa nous a abandonnés, là, c'est clair, ils n'ont aucun intérêt. Puis on pourrait rentrer sur les enjeux de négociation avec l'Ouest qui n'était pas très favorable à des garanties de prêt pour l'industrie. Ça fait que, qui a eu le plus gros morceau, là, dans le lobbying par rapport au budget fédéral? C'est l'Ouest. C'est ça qu'on vit actuellement. Là, on a répondu aux doléances de l'Ouest, et, par ricochet, on abandonne l'économie forestière du Québec, et on remet sur le dos du gouvernement du Québec la responsabilité de soutenir l'économie forestière.

M. Croteau (Martin) : Pardonnez-moi si j'insiste, c'est parce que vous dites... vous demandez au gouvernement de présenter un budget rapidement, un budget d'aide à l'industrie forestière. Quel est le montant qui doit être mis sur la table tout de suite, là, pour faire face...

M. Roy : Je crois qu'à 300 millions on peut être en mesure de soutenir, mais le paramètre problématique, est-ce qu'on est de 20 % ou à 40 % de pénalité? Et c'est là qu'on ne le sait pas. Ça fait que c'est pour ça qu'il va falloir qu'on réserve des sommes qui vont être affectées à la problématique, mais il faut que ce soit dans le budget, minimum 300 millions par année, minimum.

M. Croteau (Martin) : Merci.

(Fin à 14 h 9)

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