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Point de presse de M. François Legault, chef du deuxième groupe d’opposition

Version finale

Wednesday, April 12, 2017, 12 h 45

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Douze heures quarante-neuf minutes)

M. Legault : Oui, bonjour, tout le monde. Bien, d'abord, les choses sérieuses. Je prédis que le Canadien va gagner en cinq. Je pense que Carey Price nous en doit une avec sa contre-performance du début de l'année. Shea Weber doit nous faire oublier P.K., Paccioretty et Radulov doivent continuer ce qu'ils ont fait durant la saison, puis Galchenyuk doit se réveiller. Donc, je pense que tout est en place pour une victoire du Canadien en cinq.

Maintenant, je veux vous parler d'un autre...

M. Laforest (Alain) : Est-ce que c'est une promesse ou un objectif?

M. Legault : C'est un objectif. Oui, c'est ça. Donc, je veux aussi vous parler d'un autre sujet. Ça va faire, vendredi, jour pour jour, 14 ans que le gouvernement libéral de Jean Charest a été élu. Rappelez-vous, les plus vieux, qu'en 2003, Jean Charest, sa principale promesse, c'était de mettre fin à l'attente dans les urgences, et son joueur vedette pour y arriver, il s'appelait Philippe Couillard. Donc, aujourd'hui, 14 ans plus tard, on voit que le problème n'a à peu près pas changé dans les urgences.

Je vous donne les faits : au mois de mars, donc, 2003, lors de l'élection, le temps d'attente moyen aux urgences était de 16 h 6 min; aujourd'hui, selon les dernières données, il est maintenant de 15 h 21 min Donc, il y a eu une réduction de seulement 45 minutes. Ce n'est pas sérieux. Ce n'est pas sérieux, puis ce n'est pas digne d'un pays soi-disant développé. D'ailleurs, ce n'est pas pour rien, l'année dernière, le Commissaire à la santé disait que les urgences du Québec présentent la pire performance de tous les pays développés. Donc, ce n'est quand même pas rien. Je comprends que Philippe Couillard préférerait qu'on ne parle pas de ce sujet-là. C'est rendu que son ministre de la Santé veut cacher des patients à l'étage pour améliorer les statistiques. Il a été dénoncé par certains médecins aujourd'hui.

Mais les faits sont têtus. Je veux vous donner quelques exemples. Hier matin, taux d'occupation à l'Hôpital Saint-Eustache, 150 %; à l'Hôpital Pierre-Le Gardeur, à Terrebonne, 159 %; à l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, à Montréal, 159 %; Gatineau, 161 %; Baie-Comeau, 170 %; Sainte-Croix, de Drummondville, 184 %; puis le pire du pire, on m'en parlait à Vaudreuil la semaine dernière, l'Hôpital du Suroît, à Valleyfield, 268 %, et on ne prévoit pas l'ouverture du nouvel hôpital de Vaudreuil avant cinq ans. Donc, si Philippe Couillard veut qu'on le prenne au sérieux quand il nous parle de santé, il va falloir d'abord qu'il reconnaisse son échec, qu'il reconnaisse l'échec des libéraux depuis 14 ans.

Et les solutions sont connues. Ça prend du courage, mais elles sont connues. Actuellement, dans les urgences du Québec, 40 % des patients auraient dû être vus dans une clinique par un médecin de famille. Or, actuellement, le gouvernement libéral a cédé au lobby de la FMOQ, qui préfère qu'on ouvre quelques supercliniques ouvertes sept jours sur sept plutôt que d'exiger que tous les GMF, tous les groupes de médecine de famille soient ouverts sept jours sur sept. Moi, je peux vous dire, Philippe Couillard y faisait référence ce matin, quand j'ai été ministre de la Santé pendant un an — pas cinq ans comme Philippe Couillard, mais un an — c'est moi qui ai ouvert les premiers GMF. À l'époque, les GMF devaient être ouverts sept jours sur sept, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui. J'avais refusé le lobby de la FMOQ, qui préférait que ce soit juste certaines supercliniques qui soient ouvertes sept jours sur sept.

Il faut comprendre, là, ce qui se passe, là. On est en train de demander à quelques jeunes médecins d'aller dans des supercliniques faire le travail sept jours sur sept plutôt que de partager le fardeau entre tous les médecins de famille. Donc, manque de courage. Gaétan Barrette était pourtant d'accord avec la CAQ en 2012 lorsqu'il s'est présenté avec la CAQ et il a changé d'idée. Est-ce que c'est lui? Est-ce que c'est Philippe Couillard? Qui a cédé au chantage de la FMOQ? Bien, écoutez, les résultats sont parlants. On n'ose pas appliquer les solutions puis on a toujours des urgences qui sont engorgées.

La Modératrice : On va commencer les questions. Patrick Bellerose, Le Journal de Québec.

M. Bellerose (Patrick) : Bonjour, M. Legault. M. Barrette a quand même mis 100 millions de dollars. Il a envoyé un message aux directeurs d'hôpitaux pour leur dire : Réglez le problème. Qu'est-ce que vous attendez de plus de M. Barrette?

M. Legault : Bien, écoutez, d'abord, aussi paradoxal que ça puisse paraître, ce n'est pas en mettant de l'argent dans les urgences qu'on va régler le problème des urgences. Il faut être capables d'éviter que 40 % des patients se retrouvent à l'urgence de façon inutile. Ces personnes-là doivent voir, dans une clinique privée ou publique, un médecin de famille. Puis actuellement, bien, ces médecins de famille là ne sont pas disponibles. Comme, si je prends l'exemple dans ma région, dans Lanaudière, bien, il n'y en a pas, de GMF ouvert sept jours sur sept. Il y a une superclinique qui s'appelle la polyclinique, qui est juste à côté du Centre hospitalier Pierre-Le Gardeur, puis eux autres se plaignent, ils disent : Moi, je n'arrive plus à trouver tous les médecins pour couvrir sept jours sur sept. Parce que, quand les médecins vont travailler dans une superclinique, ils sont obligés de travailler sept jours sur sept, alors que, s'ils restent dans un GMF, ils travaillent cinq jours par semaine. Écoutez, faites un petit calcul, là, il y a 8 500 médecins de famille pour 8,5 millions d'habitants; ça donne 1 000 patients par médecin. Donc, il ne manque pas de médecins, mais il faut que tous les médecins fassent leur part, pas seulement les jeunes. Mais évidemment la FMOQ est très persistante. Ils se sont essayés avec moi. Ils voulaient aussi que j'ouvre des supercliniques. J'ai toujours refusé parce qu'en ouvrant des supercliniques on déresponsabilise l'ensemble des médecins puis on met le fardeau sur quelques supercliniques.

M. Bellerose (Patrick) : Dans un autre dossier, Québec solidaire a proposé une motion aujourd'hui sur… en fait, ils veulent retirer le financement public des écoles privées. Je comprends que ce n'est pas votre position. Pourquoi vous souhaitez maintenir le financement public dans les écoles privées?

M. Legault : Parce que les gens ont le droit d'avoir le choix. Ça, c'est la première chose. Je pense aussi qu'il y a des beaux modèles qui permettent des bons résultats. Bon, est-ce qu'il faut adapter le système, par exemple obliger les écoles privées à accueillir ce qu'on appelle des EHDAA, des enfants qui ont des difficultés d'apprentissage? C'est possible, et je pense que c'est quelque chose qu'il faut regarder.

L'autre chose aussi, c'est que moi, j'avais fait l'étude, comme ministre de l'Éducation, et on ne sauve aucun coût en abolissant le système privé. Au contraire, actuellement les parents financent 40 % des écoles privées. Si demain matin tout était public, bien, on perdrait ce 40 % là, donc on aurait moins de ressources pour l'ensemble des écoles publiques. Donc, on n'a rien réglé, et c'est une fausse solution.

M. Bellerose (Patrick) : Juste sur votre prédiction pour ce soir, vous dites Canadien en cinq. M. Couillard dit Canadien en six. Êtes-vous plus optimiste ou vous connaissez mieux votre hockey que M. Couillard?

M. Legault : Je pense que je connais mieux mon hockey que M. Couillard, hein, parce que, rappelez-vous, M. Couillard, quand on lui avait demandé le nom des joueurs québécois pour le Canadien, il avait dit Carey Price, puis je pense qu'il avait dit P.K. Subban aussi, là. Je pense que ce n'est pas nécessairement sa tasse de thé, hein?

M. Bellerose (Patrick) : Merci.

La Modératrice : Merci. Nicolas Vigneault, Radio-Canada.

M. Vigneault (Nicolas) : Alors, coach Legault, on va parler de marijuana, si vous voulez bien. Votre position là-dessus? Il semble y avoir vraiment plusieurs positions qui divergent, là, des gens qui disent : Non, on ne devrait pas légaliser tout ça. Votre position à vous, quelle est-elle? Est-ce qu'on doit légaliser la marijuana? Êtes-vous favorable à ça? On sait que ça va arriver, mais êtes-vous favorable à ça?

M. Legault : O.K., bon, d'abord, je veux voir le projet de loi, je veux en discuter avec les gens du caucus de la CAQ avant de prendre une position. Par contre, j'ai déjà dit qu'a priori j'ai beaucoup d'inquiétudes. Comme parent, comme ancien ministre de l'Éducation, j'ai vu tellement de jeunes être brûlés par le pot, des consommations qui se transforment en maladies mentales comme la schizophrénie. Actuellement, là, c'est un drame, la drogue dans nos écoles, même nos écoles secondaires.

Et, quand j'entends Philippe Couillard dire : On n'a pas le choix, il va y avoir une augmentation de la consommation, bien, moi, je veux être sûr qu'on fasse tout pour ne pas qu'il y ait d'augmentation de la consommation, là. Il ne faut pas que ce soit banalisé puis qu'il y ait des jeunes qui, parce que c'est plus facile, décident de consommer, là. Donc, c'est un problème grave de notre société, je ne voudrais pas que ce soit encore pire.

M. Vigneault (Nicolas) : Est-ce que, justement, le Québec devrait exiger certaines compensations? Déjà là, on sait que ça risque d'avoir un impact sur la sécurité publique et la santé publique.

M. Legault : Bien, on n'est pas rendus là, là, mais effectivement, il faut regarder qu'est-ce qu'on fait pour s'assurer qu'il n'y ait pas d'augmentation de la consommation, pour s'assurer que, si jamais on n'a pas le choix, effectivement, on soit capables de donner les services en santé, en sécurité, dans tous les domaines. Mais je vous le dis, là, il faut tout faire pour ne pas qu'il y ait d'augmentation de la consommation.

La Modératrice : Oui, Martin Croteau, LaPresse.

M. Croteau (Martin) : Bonjour, M. Legault. Je prends la balle au bond si vous permettez. Quelles mesures concrètes attendez-vous du gouvernement Couillard en prévision de la légalisation de la marijuana?

M. Legault : Bien, écoutez, il est trop tôt pour entrer dans le détail, là. Je veux voir le projet de loi, je veux voir ce que Philippe Couillard puis le gouvernement vont proposer, mais il ne faut exclure aucune mesure pour s'assurer qu'on limite la consommation.

M. Croteau (Martin) : Je vous pose la question un peu directement. Est-ce que vous êtes pour ou contre la légalisation?

M. Legault : Écoutez, il est trop tôt, là, pour dire, là. Il y a la légalisation, il y a aussi la décriminalisation. Donc, je veux voir ce qui est proposé avant de donner plus de commentaires. Mais ce que je vous dis, c'est qu'a priori j'ai beaucoup d'inquiétudes.

La Modératrice : Merci. Alain Laforest, TVA.

M. Laforest (Alain) : Une commission parlementaire comme le propose… Est-ce que ça prend ça? Le premier ministre, ce matin, on ne savait pas trop, le ministre de la Santé, on ne savait pas trop, ils semblent dire oui. Mais, pour vous, est-ce que c'est un incontournable?

M. Legault : Bien oui. Il faut au moins avoir une commission parlementaire. Il faut écouter tous les groupes. Il faut écouter tous les experts. Il faut avoir l'occasion de poser toutes les questions, incluant l'opposition. Donc, oui, c'est le minimum du minimum d'avoir une commission parlementaire.

M. Laforest (Alain) : Il semble y avoir beaucoup de résistance à l'intérieur de votre caucus. Il y a plusieurs députés qui sont contre le fait qu'on légalise la marijuana. Évidemment, ça sera un fait le 1er juillet 2018, juste avant la campagne électorale provinciale, là. Est-ce qu'il y a un moyen pour le Québec de faire bande à part et de dire non alors que le gouvernement fédéral dit oui?

M. Legault : Bien, écoutez, j'entendais le premier ministre en Chambre ce matin dire que lui, il trouvait que le 1er juillet 2018, c'était trop rapide. Je pense... encore là, attendons de voir le projet de loi avant d'aller plus dans le détail.

La Modératrice : On va passer aux questions en anglais. Maya Johnson, CTV.

Mme Johnson (Maya) : Bonjour, Mr. Legault. You've expressed many concerns about the legalization of marijuana and the impact on young people. Your fear is that «la consommation»… people would be smoking more?

M. Legault : Right. I worry a lot about legalization of marijuana. I think that, already, we have many problems in our schools with young people smoking pot or whatever. And I think we have to make sure that we put in place enough measures in order not to have more consumption. I was a bit sad to hear Mr. Couillard, this morning or yesterday, saying that he expects an increase in consumption. We have to do everything to make sure that we don't increase the consumption. We already have enough problems with young people.

Mme Johnson (Maya) : And what is the best ways to deal with this, from the Québec perspective, to develop a framework for regulating it? Is it a parliamentary commission?

M. Legault : Yes, I think we need a commission, we need to listen to all experts, to all proposals, take time. For me, it's pretty fast to talk about July 1st, 2018. But we'll see the bill when it will be tabled. So, I haven't read it yet. Merci.

(Fin à 13 h 3)

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