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Point de presse de M. Harold LeBel, porte-parole de l’opposition officielle en matière d’emploi, de solidarité sociale et de lutte contre la pauvreté

Version finale

Monday, April 24, 2017, 11 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Onze heures)

La Modératrice : Alors, bonjour à toutes et à tous. Mme Virginie Larivière, porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté; M. Serge Petitclerc, également porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté, vont faire une déclaration. Ensuite, M. Harold LeBel, porte-parole du Parti québécois, en matière d'emploi, de solidarité sociale et de lutte contre la pauvreté, va faire une déclaration. Mme Larivière, la parole est à vous.

Mme Larivière (Virginie) : Merci. Bonjour. Alors, on est ici ce matin, à l'ouverture de l'étude des crédits budgétaires, pour rappeler que malgré ce que le gouvernement en dit, la pauvreté, la lutte à la pauvreté demeure dans son angle mort.

Voilà deux ans maintenant qu'on attend le dépôt du prochain plan de lutte gouvernemental en matière de pauvreté et d'exclusion sociale. On avait annoncé son dépôt en mars dernier, mais le ministre Blais a annoncé récemment qu'il en reportait encore le dépôt à l'automne. Alors, non seulement on ne cesse de reporter le dépôt de ce plan, mais le gouvernement a refusé de tenir une commission parlementaire itinérante avec consultations générales, comme si la pauvreté n'était pas un drame au Québec, comme si la pauvreté n'était pas un sujet digne de débat.

Pour répondre au manque flagrant du manque de volonté politique du gouvernement en matière de lutte à la pauvreté, le collectif a amorcé, à l'automne dernier, une tournée des régions du Québec pour jaser de lutte à la pauvreté. On est allés en Abitibi, en Jamésie, à Montréal, au Saguenay—Lac-Saint-Jean, sur la Côte-Nord, au Centre-du-Québec, à Laval, dans le Bas-du-Fleuve, en Chaudière-Appalaches et en Estrie et on ira prochainement en Gaspésie, en Mauricie et dans Lanaudière. Et de Sept-Îles à Lebel-sur-Quévillon, en passant par Montréal, les gens ont des choses à dire et des questions à poser sur la lutte à la pauvreté. Partout, les gens sont indignés de voir que le gouvernement refuse de mettre la volonté politique nécessaire à l'élimination de la pauvreté et de l'exclusion sociale.

Dans toutes les régions que le collectif a visitées jusqu'à maintenant, l'indignation est palpable et les questions nombreuses. Par exemple, pourquoi le gouvernement refuse d'augmenter le salaire minimum à 15 $ de l'heure, une mesure qui concerne près d'un million de personnes, soit le quart des travailleurs et des travailleuses du Québec? Ou encore, pourquoi le gouvernement refuse-t-il de faire une campagne sociétale de lutte contre les préjugés? Est-ce que ce serait parce que ces préjugés le servent si bien quand vient le temps d'adopter les projets de loi qui condamnent plus de personnes à la pauvreté? Des propos et des questions, malheureusement, que le gouvernement refuse d'entendre. Merci.

La Modératrice : Merci. M. Petitclerc.

M. Petitclerc (Serge) : Alors, merci, Virginie. Écoutez, en plus du prochain plan de lutte contre la pauvreté, le ministre Blais, qui est responsable de deux autres grands dossiers, c'est-à-dire le revenu minimum garanti et le programme Objectif emploi, du côté du revenu minimum garanti, c'est silence radio.

Écoutez, on s'en va théoriquement vers une remise en question assez radicale de nos politiques de sécurité du revenu, et il n'y a rien qui transpire de ce comité d'experts sur le revenu minimum garanti, un comité qui étudie le soutien du revenu sans avoir le mandat plus général de faire tendre le Québec vers une société sans pauvreté et avec moins d'inégalités. Le comité travaille plutôt à faire tendre le Québec vers plus d'efficacité, moins de dépenses et plus de visibilité pour le gouvernement du Québec. C'est ce qui est inscrit d'ailleurs, dans le mandat du comité et les principes qu'il doit mettre de l'avant, et ça, ça pose problème.

Du côté du programme Objectif emploi, on est aussi en position d'attente. Mais ici, la position gouvernementale est assez claire et la nôtre aussi. Vous la connaissez, on s'oppose à toute forme d'obligation de participation aux mesures d'aide à l'emploi et aux sanctions financières qui seraient associées à cette obligation. Dans le cadre de la semaine nationale de la dignité des personnes assistées sociales et avec le Front commun des personnes assistées sociales, nous allons nous mobiliser à Montréal le 10 mai sur cette question-là pour démontrer notre opposition.

Mais, pour aujourd'hui, ce qu'on considère encore de plus dangereux avec le programme Objectif emploi, c'est qu'à la toute fin de la commission parlementaire qui s'est déroulée l'an dernier, le ministre a terminé en disant que le programme Objectif emploi pourrait servir de modèle pour le futur revenu minimum garanti. Qu'est-ce qu'il voulait dire par là? Est-ce que c'est un malheureux hasard que le projet de règlement sur Objectif emploi ne soit pas encore sorti? Est-ce que le revenu minimum garanti, ça va être un programme Objectif emploi bonifié ou une réforme encore plus en profondeur de l'aide sociale? Est-ce que l'étude des crédits aujourd'hui va nous en dire plus?

En fait, c'est à se demander si le ministre Blais, il n'est pas en train d'attendre pour tout attacher ensemble lors du dépôt du prochain plan d'action gouvernemental. Si c'est le cas, bien, qu'il le dise et, cet après-midi il va avoir une tribune pour le dire. Et, si ce n'est pas le cas, qu'est-ce qu'il attend? Pourquoi il ne le sort pas, son règlement? Est-ce qu'il attend l'été? Une des questions qu'on pourrait se poser : Est-ce qu'il attend cet été pour noyer le poisson, en sachant fort bien que cet été, pendant la période estivale, les groupes qui défendent les droits des personnes assistées sociales ont beaucoup plus de difficulté à se mobiliser? Peut-être aussi qu'on pourrait espérer que le gouvernement a tellement honte de sa réforme qu'il va la remettre aux calendes grecques. Merci beaucoup.

La Modératrice : Merci. M. Harold LeBel.

M. LeBel : Merci. On pourrait dire qu'il attendait peut-être une coupe Stanley à Montréal pour passer sa nouvelle, mais, malheureusement, ça ne sera pas le cas, il n'y aura pas de veille médiatique. Ça fait qu'il pourra...

Moi, c'est les crédits cet après-midi et c'est sûr que je vais poser des questions concernant le plan de lutte, concernant le règlement. C'est certain que je vais questionner le ministre là-dessus. Au dernier budget, ça a passé un peu inaperçu, mais rien, zéro, pas une cent pour la lutte à la pauvreté au dernier budget. Il y avait une page où on a essayé de trouver une occasion de faire applaudir le ministre, là, en disant qu'on allait avoir un plan d'action à l'automne puis que l'objectif était de sortir de la pauvreté 100 000 personnes au Québec, et là tout le monde a applaudi. Mais 100 000 personnes au Québec, les experts nous disent que le 100 000 en question, avec la méthode de calcul du gouvernement, ça correspond à peu près à un huitième des personnes qui vivent la pauvreté au Québec. Gros objectif. Ensuite, on nous pousse à l'automne un plan d'action qui est déjà attendu depuis longtemps. Les consultations ont été faites, sur ce plan d'action là, depuis déjà un an et demi, quasiment deux ans. Ça fait que ça n'a pas de sens.

Sur le financement des groupes communautaires, dans le programme de financement des groupes communautaires, qui est sous la responsabilité du ministre, c'est le SACAIS, pas une cent qui a été ajoutée au financement des groupes communautaires, parce qu'on parle de groupes communautaires qui défendent les droits des personnes qui vivent la pauvreté et, selon le ministre, ces groupes communautaires là, ils ne servent qu'à mettre de l'huile sur le feu, selon ses paroles, et, bref, pas une cent de plus aux groupes communautaires qui défendent les droits des personnes qui vivent la pauvreté et qui sont en situation de vulnérabilité. On a annoncé quelques montants d'argent sur cinq ans pour des fonds de soutien aux initiatives sociales, mais, encore, c'était la méthode sur cinq ans, où les gros montants sont dans la cinquième année, où, la première année, on a des plus petits montants et, encore là, on ne sait pas trop la manière que ça va fonctionner.

Bref, c'est un gouvernement qui n'a aucune vision par rapport à la pauvreté, qui vient de nous passer dans la gorge le projet de loi n° 70. On attend les règlements. Et, comme on a vu pendant toute l'étude des crédits... toute l'étude en commission parlementaire sur ce projet de loi, c'est un projet de loi qui est basé beaucoup sur beaucoup de préjugés, qui met la pression sur les gens qui vivent la pauvreté, et, en contrepartie, l'État n'est pas présent, les services qui sont donnés aux personnes qui vivent la pauvreté, pour les réintégrer à l'emploi, ne sont pas présents. Il y aura des questions intéressantes à poser cet après-midi au ministre Blais.

Ça fait que, bref, c'était un peu l'objectif de la rencontre ce matin pour dire qu'on est, tout le monde ensemble, d'une façon non partisane, mais il faut qu'on puisse prendre la parole plus fort encore pour dénoncer les situations de pauvreté au Québec.

La Modératrice : Merci. On va maintenant passer à la période de questions. Je vous demanderais de bien vouloir rester sur le sujet par respect pour M. Petitclerc et Mme Larivière. On verra peut-être après.

M. Vigneault (Nicolas) : ...M. Petitclerc, Mme Larivière, qu'est-ce que vous constatez actuellement dans les politiques gouvernementales? Qu'est-ce qui fait le plus mal sur le terrain? Est-ce que c'est le projet... bien, la loi n° 70, le projet de loi n° 70 ou l'inaction du gouvernement? J'aimerais vous entendre là-dessus.

M. Petitclerc (Serge) : Bien, c'est certain que, quand on parle du programme d'aide sociale en général, c'est un programme, c'est une loi qui fait mal aux personnes et depuis longtemps, parce qu'il y a des mesures de contrôle. Et ce qu'on voit depuis... ça, ça ne vient pas de moi, ça vient des groupes qui travaillent avec les personnes, c'est que, depuis un certain temps, toute cette période-là où est-ce qu'on a mis de l'avant l'austérité sont comme plus sévères pour aller à la traque, si j'ose dire, à ce qu'on appelle des fausses déclarations ou des fausses déclarations de bonne ou de mauvaise foi, peu importe. Il y a comme une espèce d'acharnement à appliquer ce programme-là.

Et, en même temps qu'on dit qu'il faut adopter un plan d'action gouvernemental, le gouvernement met à la pièce de l'avant toutes sortes de choses qui sont en lien avec la lutte à la pauvreté et le futur plan d'action gouvernemental. Le bel exemple, c'est le projet de loi n° 70, mais un autre bel exemple, c'est tout le travail qui a été fait avec les autres ministres des Finances du Canada pour essayer de bonifier le supplément de revenu... pas le supplément de revenu garanti, mais le régime des rentes du Québec, où ça a été mis de côté, mais là ça va peut-être revenir.

C'est toutes sortes de belles choses qui pourraient faire partie d'un plan de lutte global contre la pauvreté. On pourrait aussi parler du salaire minimum et bien d'autres questions. Mais c'est sûr que l'aide sociale, qu'on parle des plus pauvres parmi les plus pauvres, c'est les gens qui sont plus affectés par l'inaction.

M. Vigneault (Nicolas) : M. LeBel, j'aurais une question sur le financement du Parti québécois. Est-ce que vous avez accepté de verser le 3 000 $ qui a été demandé?

M. LeBel : On va parler des gens qui ont besoin de 3 000 $ pour vivre actuellement, mais on...

M. Vigneault (Nicolas) : Mais, M. LeBel, est-ce que vous l'avez versé, le 3 000 $? Est-ce que...

M. LeBel : On se reparlera de tout ça une autre fois. Actuellement, on a des discussions qu'on a dans notre caucus, qu'on fait. Et, vous savez, je suis là-dedans depuis assez longtemps. Il y a eu d'autres discussions dans le passé, et c'est toujours mieux que ça reste à l'interne, ce genre de discussion là.

M. Vigneault (Nicolas) : Mais est-ce que c'est normal de demander 3 000 $ pour éponger des dons illégaux?

M. LeBel : On pourrait s'en parler, mais, je vous dis, moi, je suis autour du Parti québécois depuis une trentaine d'années, on a vécu des situations où il a fallu se serrer les coudes. On a toujours fait pour l'avantage des Québécois. On est en train de travailler. Dans deux ans, il y aura des élections, on se prépare à gagner les prochaines élections, et on va faire ce qu'il faut pour être prêt à gagner...

M. Vigneault (Nicolas) : Donc, vous étiez d'accord...

M. LeBel : ...parce qu'il faut se débarrasser du gouvernement libéral, entre autres pour mieux lutter contre la pauvreté.

La Modératrice : Micro de gauche.

M. Boivin (Mathieu) : M. LeBel, est-ce qu'il y a un rapport entre le versement de 3 000 $ qui est demandé aux députés du caucus et le fait qu'il faille rembourser le Directeur général des élections pour des contributions réputées illégales?

M. LeBel : Je ne suis pas dans ces discussions fines. Je vous rappelle juste une chose puis je vous le dis, là, d'une façon... si vous me connaissez... J'ai commencé à militer au Parti québécois, j'étais à l'exécutif national dans le temps de René Lévesque. J'ai vécu des crises au Parti québécois, j'ai vécu toutes sortes de... Mais les gens du Parti québécois, les députés comme les militants, quand il y a des choses à faire, il y a des décisions à prendre, on les fait, on se serre les coudes. Pourquoi? Parce qu'on est un parti qui a un objectif, puis l'objectif, c'est de faire du Québec un pays, mais pas juste ça, c'est de répondre aux besoins des populations.

Aujourd'hui, c'est ce que je fais avec ces gens-là, puis je le fais d'une façon non partisane, je le fais... Puis je sais qu'il faut faire ça, qu'il faut travailler pour prendre le pouvoir dans deux ans, pas prendre le pouvoir juste pour prendre le pouvoir, pour être prêts à répondre après presque 15 ans de gouvernement libéral. Si le Parti québécois vit des difficultés actuellement sur différentes affaires, on va passer à travers, comme on a passé à travers les autres années parce qu'on a un objectif en avant de nous autres.

M. Boivin (Mathieu) : Mais est-ce que c'est effectivement pour payer ce qu'on doit au DGEQ que M. Lisée demande aux députés de...

M. LeBel : Je ne suis pas dans ces détails-là. Tout ce que je dis, mon expérience personnelle, c'est que, quand il arrive des situations du genre au Parti québécois, on prend les bonnes décisions pour l'intérêt des gens, parce qu'on doit rester unis ensemble, on doit travailler ensemble. On doit avoir un parti en santé pour être prêts à affronter les prochaines élections. C'est ce qu'on...

M. Boivin (Mathieu) : Vous avez longtemps été l'organisateur du Parti québécois. Avez-vous vu, sous votre gouverne, des méthodes discutables de financement?

M. LeBel : Des méthodes discutables, non, non. Il n'y a aucun... ça, non jamais. Mais un jour, peut-être, quand je serai vieux, j'écrirai un livre, et on pourra s'en parler. Il y a eu Dominique Lebel qui a écrit un livre, il y aura peut-être Harold LeBel un jour. On ne sait jamais, mais il y aurait plein de choses à dire.

Mais actuellement, je vais vous le dire, dans nos bureaux de comté, comme députés, on reçoit beaucoup de cas de pauvreté, beaucoup... puis moi, ça vient me toucher. Ça m'est arrivé de ne pas laisser partir les personnes comme ça, de sortir un peu d'argent, de payer des épiceries. Il y a de plus en plus de cas, de pauvreté des aînés, entre autres, qui ne réussissent pas à payer leur logement. C'est une situation qui est inacceptable. Mais, quand on parle de pauvreté, on ne réussit pas à percer le mur médiatique, j'ai l'impression. On dirait qu'il y a beaucoup de préjugés qui tournent autour de tout ça, puis c'est très difficile.

Moi, j'aimerais ça qu'on en fasse un cas de société. C'est sociétal, on ne peut pas laisser les gens tomber dans la trappe de la pauvreté. Et, si le gouvernement nous dit qu'il va arriver à l'automne avec un plan de lutte, il ne peut pas rire de nous autres. Il faut qu'il arrive avec un vrai plan de lutte. Il ne peut pas prendre en otages les gens. À un moment donné, il avait dit : On n'ira pas... Quand on parlait des sanctions à l'aide sociale sur le projet de loi n° 70, il dit : Faites-vous-en pas, le monde, on ne rentrera pas chez vous avec des fusils, avec des armes. Tu sais, tu ne peux pas parler comme ça dans une situation de même. Et c'est ce qu'on va essayer de passer à travers, là, des travaux parlementaires, entre autres les crédits cet après-midi.

La Modératrice : Merci. Caroline.

Mme Plante (Caroline) : Bonjour, M. LeBel. Je vous amènerais sur le sujet des locataires aînés. Je ne sais pas si vous avez vu passer ça, il y a un récent sondage de la CORPIQ qui a montré qu'un propriétaire d'immeuble locatif sur deux hésiterait à louer à une personne âgée de 70 ans et plus suite à l'adoption, vous le savez, de la loi n° 492 sur les locataires aînés. Alors, trouvez-vous ça inquiétant? Est-ce que vous voyez là des effets pervers de la loi n° 492?

M. LeBel : Il faudrait que je regarde ça plus précisément, mais j'ai vu aussi des nouvelles récemment des aînés dans le Bas-Saint-Laurent et la Côte-Nord. Avec des revenus d'environ 1 200 $, 1 300 $ par mois, ils devaient payer des loyers qui leur coûtaient à peu près 1 100 $, 1 200 $. Ça fait qu'ils avaient des choix à faire. Malgré leur condition, ils avaient des choix à faire pour choisir leur résidence. Ça, c'est venu me chercher. Ça veut dire qu'il y a des... Quand tu es aîné, quand tu as travaillé toute ta vie, puis tu arrives à la fin de ta vie, que tu veux trouver une résidence qui a de l'allure, puis que tu regardes tes revenus puis les coûts, que tu ne peux pas réussir, moi, je... il y a quelque chose qui ne va pas, là.

Je ne sais pas s'il y a un lien direct avec votre question, mais il y a une réflexion à avoir par rapport aux aînés en général. On parle souvent des aînés en CHSLD, là, mais il y a les aînés travailleurs, il y a la pauvreté des aînés. Il y a une grande réflexion à avoir au Québec sur la situation des aînés, parce que la population vieillit, puis ça sera une situation qui va continuer à avancer.

Mme Plante (Caroline) : Mais là les propriétaires d'immeubles locatifs qui disent : Bon, moi, j'aime peut-être mieux ne pas louer à un aîné de 70 ans et plus, vu que je ne pourrai peut-être pas l'évincer...

M. LeBel : Là, c'est un problème. C'est sûr que c'est un problème, mais ça fait partie, à mon avis, de la réflexion qu'on doit avoir. Comment on travaille avec une société où il y aura de plus en plus de gens aînés? Puis ce n'est pas juste des gens aînés, hein, qui cherchent des logements, mais ça va être aussi des travailleurs aînés, 65 ans, 67 ans, 68 ans. C'est très large, toute la... pas la problématique, mais les défis, les enjeux du Québec par rapport aux aînés, et je ne veux pas qu'on voie ça aussi comme un problème. Ce n'est pas une problématique, le vieillissement de la population. Ça peut être une richesse, ça dépend comment qu'on prend ça. Mais il faut que quelqu'un s'assoie à un moment donné et qu'on réfléchisse ensemble. C'est pour ça que j'ai parlé de tenir des états généraux sur le vieillissement de la population, des états généraux sur la situation des aînés au Québec. Je pense que ça vaut la peine.

Mme Plante (Caroline) : Comment prévenir la discrimination basée sur l'âge, quand on parle de locataires aînés?

M. LeBel : Bien, je pense qu'il y a des moyens de, je ne sais pas, de promotion, des campagnes de promotion. C'est comme les préjugés par rapport aux gens vivent la pauvreté. Je sais qu'il y en a aussi, des préjugés. Il y a des gens qui ne loueront pas à des gens qui sont sur l'aide sociale. Il y a des... Par rapport au logement puis aux préjugés autour du logement, effectivement, on devrait trouver une façon de protéger notre monde.

Mme Plante (Caroline) : Est-ce que monsieur ou madame voudrait intervenir sur cette question-là?

M. Petitclerc (Serge) : Moi, ça me rappelle en... je pense que c'est 1998, quand le... il avait été entendu, prévu qu'on allait peut-être permettre la saisie des chèques des personnes assistées sociales par les propriétaires lorsqu'il y a un non-paiement de loyer. Et à cette époque-là, puis aujourd'hui, je dirais la même affaire, que la CORPIQ interpelle les ministres des Finances et les gouvernements pour qu'ils améliorent le revenu des plus pauvres.

J'aimerais ça, moi, voir la CORPIQ interpeller le ministre des Finances, M. Leitão, actuellement, qui a refusé les bonifications qui ont été négociées entre les ministres des Finances au fédéral pour l'amélioration du Régime des rentes puis le Régime des pensions du Canada. J'aimerais ça les voir à ce moment-là, et on sait très bien que souvent la CORPIQ nous présente ce genre de cas là comme étant épouvantable puis qu'on veut venir à la défense du petit propriétaire occupant, mais on sait très bien qu'en arrière de la CORPIQ et de ce genre d'organisation là, c'est les gros joueurs. C'est les gros joueurs qui ne veulent pas perdre ne serait-ce qu'un centième d'un millième d'un pourcentage de profit parce qu'ils vont avoir des pressions qui vont venir de leurs actionnaires.

Moi, je pense que c'est beaucoup plus ça qu'il y a en arrière que de la défense du petit propriétaire qui va arriver à s'entendre avec sa personne aînée. Puis on pourrait remettre en question pourquoi les prix des loyers ont autant augmenté depuis les dernières années. Pourquoi il n'y a pas de dépôt obligatoire des baux? Il y a une manif là-dessus aujourd'hui, du regroupement des associations de locataires, qui réclame un dépôt obligatoire des baux. On ne bouge pas là-dessus. Voilà pas si longtemps que ça, la régie... pas la régie, mais la régie des... pas la régie... la Régie du logement avait, au début, refusé de mettre de l'avant ses tables d'indexation des logements. Il y a eu des pressions, ils sont revenus en arrière.

Moi, j'aimerais ça qu'on interpelle là-dessus puis qu'on fasse des pressions là-dessus, pour améliorer, d'un côté, les conditions de vie des gens qui doivent avoir un logement et qui sont en situation de pauvreté et, de l'autre côté, d'essayer de réglementer le marché du logement, qui fait en sorte qu'actuellement il y a des gens qui, effectivement, c'est épouvantable, là, pour être capable d'avoir un logement puis de pouvoir se nourrir en même temps.

Mme Plante (Caroline) : La loi n° 492 est censée protéger les aînés, mais là est-ce que vous... peut-être que vous n'êtes pas là-dedans, dans ce dossier spécifique là, mais est-ce que vous voyez des effets pervers à cette loi-là, du fait qu'on...

M. Petitclerc (Serge) : Bien, j'avoue qu'on ne l'a pas étudiée sur le fond, mais il n'en demeure pas moins que le problème, pour payer son loyer, c'est un problème de revenu  à la base. Et si les aînés ont des revenus qui ne sont pas assez élevés pour payer le loyer, bien, c'est là-dessus qu'il faut réfléchir et non pas à comment on va empêcher les personnes aînées d'avoir accès à un logement. Là, ça n'a juste pas de bon sens.

M. LeBel : Et comme porte-parole des aînés aussi, on adopte la loi n° 115 sur la maltraitance des aînés, et, dans la maltraitance, il y a ce qu'on appelle la maltraitance systémique organisationnelle. Mais moi, à mon avis, ce genre de situation là, ça devrait être traité par... si on a un gouvernement qui veut voir un peu c'est quoi, la maltraitance, on devrait se préoccuper de ces situations-là, mais le projet de loi n° 115 ne viendra pas régler ça. On va parler plus de maltraitance en établissement, mais il faut peut-être s'occuper aussi de la bientraitance.

La Modératrice : Merci. Ryan Hicks, CBC.

M. Hicks (Ryan) : Pour Mme Larivière, en anglais. Est-ce que vous parlez un peu l'anglais?

Mme Larivière (Virginie) : Oui, un peu.

M. Hicks (Ryan) : So what would you like to see the Government do from this point forward when it comes to fighting poverty?

Mme Larivière (Virginie) : Start a real debate with people would be a good start, rising the minimum wage at $15 an hour would be also a good point, and on… I don't know how to say that in English, le projet de loi n° 70…

M. Hicks (Ryan) : The bill.

Mme Larivière (Virginie) : Yes, the bill, if he could just take off the penalties of the bill would be also a good idea.

M. Hicks (Ryan) : So what would you… so, when it comes to something like… Have you heard of a guaranteed income program? I think in Ontario, they might try it. Is that something that you would like them to try in Québec?

Mme Larivière (Virginie) : Well, if the debate is done with everyone, we are not invited at the table at the moment to talk about the «revenu minimum garanti», the minimum wage. So it's kind of a problem because they are talking about it and we'll see in fall what it's going to look like. But we don't really know what's the point, what is their objective and we think that, if it's going to look like the «projet de loi n° 70», it's going to be a huge problem.

M. Hicks (Ryan) : When you look at the last two-and-a-half, three years of this Government, how would you describe its philosophy in, you know, fighting poverty, helping the most vulnerable?

Mme Larivière (Virginie) : Well, I think they missed the point. I thin, what we think, they missed the point with all the austerity measures and like they are really happy to say that they are having a lot of «surplus budgétaires», a lot of money, because they've been doing like… so tight with the finance. But it's not right, it's not «lutter pour la pauvreté».

M. Hicks (Ryan) : You just don't think that they're doing enough to fight poverty in an active way.

Mme Larivière (Virginie) : Well, we think they are more able to fight... sorry, they're more willing to fight poor people than poverty itself. So it's not the good objectives.

La Modératrice : Merci.

(Fin à 11 h 22)

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