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Point de presse de M. Jean-François Lisée, chef de l’opposition officielle, et Mme Véronique Hivon, députée de Joliette

Version finale

Friday, May 26, 2017, 10 h

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Dix heures dix minutes)

M. Lisée : Bonjour. Ce matin, bien sûr, on va vous parler des événements assez graves qui se sont déroulés dans le mouvement indépendantiste, ces dernières semaines, et les informations qu'on a eues ces dernières semaines. Mais d'abord, j'aimerais vous dire deux mots sur deux sujets d'actualité importants.

La grève dans la construction, d'abord. Bon. Je pourrais revenir sur la mauvaise gestion de ce processus de négociation par la ministre du Travail, qui a été très absente dans les semaines critiques jusqu'au moment du déclenchement de la grève, et sur l'absence du premier ministre, qui est la personne en autorité, de recours pour la dernière phase de négociation souvent, pour éviter, au Québec, d'avoir à subir une perte économique de 45 millions par année. La ministre a été absente et inactive trop longtemps. Le premier ministre est absent et inactif encore aujourd'hui, alors que la grève se poursuit et que les chantiers sont fermés pour la fin de semaine.

Alors, que faut-il faire maintenant? Alors, d'abord, la partie syndicale est en attente de convocation des tables sectorielles. C'est en soi scandaleux que la ministre n'ait pas convoqué les tables sectorielles. Qu'attend-elle? Chaque jour qui passe sans que la ministre convoque les tables sectorielles, c'est 45 millions de dollars qu'on perd, premièrement. Deuxièmement, le premier ministre est-il présent dans la négociation d'une façon ou d'une autre? Est-ce qu'il parle aux dirigeants des deux groupes en présence? Troisièmement, la menace d'une loi spéciale a été introduite beaucoup trop tôt, et les parties s'attendent à ce que la loi spéciale leur soit favorable, et donc le gouvernement a enlevé un incitatif à la résolution du dossier.

Alors, nous, ce qu'on dit, c'est que la convocation doit se faire immédiatement. Le premier ministre doit s'engager personnellement, son autorité, dans la négociation. Nous faisons un appel aux négociateurs patronaux et syndicaux. Nous savons qu'ils ont des intérêts légitimes. Le droit de grève existe et doit être protégé. Cependant, ce sont des Québécois, et, en tant que Québécois, ils doivent aussi penser à l'intérêt collectif et que les différends qu'il reste entre eux ne sont pas suffisants pour justifier une grève longue.

Lundi, ayant mal géré ce dossier, le gouvernement va proposer une loi spéciale s'il n'y a pas d'entente. Nous espérons qu'il y ait une entente avant, nous appelons à une entente avant. Et, si le gouvernement propose une loi spéciale, nous allons l'étudier, nous allons voir si elle permet la poursuite de la négociation, ce que nous avions fait en 2013. Nous avions réglé les deux tiers des syndicats... des ententes, les deux tiers, avant d'avoir une loi spéciale qui poursuivait la négociation pendant un an et ce qui a été couronné de succès. Ça, c'est ce qu'on a fait à l'époque, lorsqu'on était au gouvernement puis qu'on gérait bien ce genre de dossiers. Alors, avant de se prononcer sur une loi spéciale, qui est la dernière chose à faire, on va voir son libellé et on se déterminera en conséquence.

Deuxièmement, parlant de mauvaise gestion, on a appris hier que le gouvernement, en vase clos, a décidé que la distribution de la marijuana se ferait par le privé. Qui leur a donné ce mandat? À partir de quelle consultation ont-ils déterminé qu'il y avait un consensus sur cette question? Aucun. Nous avons appelé à une commission parlementaire itinérante pour que chaque opinion soit mise sur la table, évaluée à son mérite. Est-ce que ça doit être le public, que ça doit être le privé, que ça doit être mixte? Que chacun fasse sa proposition et qu'on en arrive à une décision éclairée.

Là, on a une décision qui n'est pas éclairée, qui est faite dans l'obscurité. Et il y a des avantages et des inconvénients à légaliser le cannabis. Un avantage, c'est qu'on peut utiliser le profit réalisé par la vente du cannabis pour financer des programmes de lutte contre la toxicomanie. Et là le gouvernement est en train de nous dire : Non, nous, on ne veut pas cet argent-là. S'il y a des profits à faire, ça va être le privé qui va les faire. Et je ne pense pas que le privé va investir dans des programmes contre la toxicomanie, ce n'est pas dans leur nature.

Alors, deux dossiers d'actualité mal gérés par le gouvernement du Québec. On leur demande là-dessus de surseoir à cette décision et de tenir une commission parlementaire itinérante là-dessus. Le premier ministre avait même évoqué, puisque la pression était très forte, parce que les gens sont d'accord avec notre proposition, un forum de discussion à l'automne, alors que les décisions sont déjà prises. Alors, ce n'est pas un forum de discussion, ça va être un forum de propagande. Alors, non, qu'il suspende la décision et qu'il fasse une vraie consultation. Merci. Véronique.

Mme Hivon : Oui. Bonjour. Alors, moi, je veux vous dire aujourd'hui qu'à titre de négociatrice du Parti québécois à la table, donc, de négociation entre tous les partis indépendantistes et avec, bien sûr, les OUI Québec, je me suis d'abord sentie prise en otage face au refus catégorique de Québec solidaire de rendre l'entente publique, une entente historique, avant leur congrès de la fin de semaine dernière. Mais maintenant, depuis deux jours, je me sens profondément trahie, trahie parce qu'ils ont maintenant renié leur signature, renié la signature de leurs deux négociateurs, les désavouant du même coup et surtout torpillant une entente sans précédent pour le mouvement indépendantiste au Québec.

Mais moi, comment je me sens, c'est bien peu de choses en comparaison avec comment se sentent tous les Québécois qui croient en l'indépendance du Québec, tous les Québécois aussi qui auraient le goût d'être convaincus, qui auraient le goût de voir la pertinence, l'importance de ce projet-là et, plus globalement, à tous les citoyens et les citoyennes qui croient dans la parole donnée, qui croient en l'importance de négociation de bonne foi, surtout sur des enjeux aussi fondamentaux que ceux dont on parle aujourd'hui. Renier sa signature, c'est un geste grave, mais renier sa signature pour une entente aussi importante pour le mouvement indépendantiste, pour une cause qui touche, d'une manière ou d'une autre, chaque citoyen québécois, c'est très grave.

Alors, aujourd'hui, on peut dire que Québec solidaire a raté un rendez-vous avec l'histoire du mouvement indépendantiste. Et moi, à titre de négociatrice, je demande formellement à Québec solidaire, à la direction de Québec solidaire, de dire toute la vérité, d'expliquer exactement ce qui s'est passé et d'arrêter les contradictions et les demi-réponses. Je demande formellement qu'ils nous disent et qu'ils expliquent à tous les Québécois ce qui s'est réellement passé. Je pense que nous le méritons après avoir investi autant de temps, d'énergie, de bonne foi dans ces travaux. Je pense que tous les partis indépendantistes le méritent, les OUI Québec le méritent. Je pense que tous les Québécois le méritent aussi. Alors, je leur demande formellement.

M. Lisée : Je vais ajouter un petit truc. Véronique et moi, le caucus du Parti québécois, l'exécutif du Parti québécois, les présidents régionaux du Parti québécois, nous sommes passés de la satisfaction à la stupéfaction pendant cet épisode. Lorsque nos négociateurs, Véronique, Alain Lupien, avec l'aide aussi de Gabrielle Lemieux et de Philippe Dufort, nous annonçaient qu'il y avait des progrès réels, qu'il y avait une entente, une première entente, qu'on a ramenée chacun dans nos instances, le Parti québécois, le Bloc québécois, Option nationale, Québec solidaire, l'instance de Québec solidaire, le comité de coordination, ils sont revenus avec... le Bloc québécois voulait une petite modification, Québec solidaire voulait deux petites modifications. On en a discuté, on était d'accord avec ces modifications. Ça veut dire que le comité de coordination de QS avait dit : Avec deux petites modifications, ça va. On a dit oui parce qu'on les trouvait tout à fait légitimes et correctes. Il y avait, autour de la table de négociation, une grande satisfaction, et ils ont signé, pensant chacun qu'ils avaient des vrais mandats. Et nous, on avait un vrai mandat.

Et là quand on a vu ensuite... évidemment, nous, on se disait : Mais c'est extraordinaire. Les gens ne pensent pas qu'on peut s'entendre. Les gens pensent que c'est la chicane permanente dans le mouvement indépendantiste, et voilà qu'on fait la démonstration de la possibilité de compromis réciproques — il y a des choses là-dedans qui ne sont pas dans notre programme, on a fait un vrai compromis, QS a fait un vrai compromis, Option nationale aussi — qu'on pouvait pour le bien commun, pour l'indépendance, s'entendre sous l'extraordinaire médiation de Claudette Carbonneau qui a rendu ça possible, extraordinaire médiation.

Et donc, de voir ensuite qu'un des acteurs prenait sur lui de refuser de rendre public et ensuite de menacer de désavouer si on rendait public, là, on est tombés dans la stupéfaction. Et ça nous a révélé quelque chose sur qui mène à QS. Ce n'est pas les porte-parole, ce n'est pas les négociateurs, c'est ce genre de politburo du comité de coordination où il y a des gens là qui sont les vrais patrons de QS, et qui désavouent leurs négociateurs, et qui disent aux porte-parole de dire des choses qui ne sont pas vraies.

Cette semaine, Gabriel Nadeau-Dubois, Manon Massé sont allés devant vos caméras et ont dit des choses qui ne sont pas vraies. Et on se rend compte que, bien, ce n'est pas des chefs, ce n'est pas des leaders, ce sont des employés du politburo de QS et ils n'ont pas la permission de dire des choses vraies.

Et là on se rend compte que le problème avec QS, là, c'est... parfois, on parle de l'establishment des vieux partis, là, bien, il est là, le problème. Et ça, on a vu ça dans cette discussion-là et on s'est dit... et vous connaissez la volonté de Véronique d'arriver à des consensus et à des ententes. On s'est demandé : Mais est-ce que ce sont des interlocuteurs valables? Ça veut dire que pendant qu'on parlait à Andrés Fontecilla, et à Manon Massé, et à Amir Khadir, et qu'ils semblaient ouverts, volontaires...

Mme Hivon : Et qui ont signé.

M. Lisée : ...qui ont signé, on ne parlait pas à des gens qui étaient vraiment investis d'un pouvoir. Et quand on les entend maintenant à la télévision, ce sont des porte-parole, ce ne sont pas des leaders. Ce n'est pas à eux qu'il faudrait parler. Vous devriez poser les questions aux vrais patrons de QS, les membres du politburo qu'on ne voit jamais nulle part.

Nous, on est des leaders. On a des instances, on leur parle. On va au micro. On n'a pas besoin de demander la permission pour dire la vérité. On n'a pas besoin de demander la permission pour dénoncer la violence quelle qu'elle soit, où qu'elle soit. On va le faire. Et lorsqu'on a des convictions, on va au micro puis on les défend. Gabriel Nadeau-Dubois ne l'a pas fait au congrès. Manon Massé n'a pas pris de position publique jusqu'à ce qu'elle eut le sens du vent.

Alors, il y a un problème à QS. Et si c'était juste leur problème, je dirais : Bien, c'est leur problème. Mais là ils ont fait très, très mal au mouvement indépendantiste dans un moment qui aurait dû être un moment d'unité, un moment positif, un moment mobilisateur.

M. Boivin (Mathieu) : M. Lisée, est-ce que vous avez l'impression... j'essaie de trouver un meilleur résumé, mais je n'en trouve pas. Avez-vous l'impression que vous êtes devant un parti tout croche?

Mme Hivon : Bien, c'est clairement un parti qui a refusé d'abord la transparence. Quand vous avez une entente de principe signée par des négociateurs à une table de négociation, après, bien sûr, que chaque entité, chaque groupe de négo ait retourné à ses instances nationales — nous, on l'a fait, QS l'a fait, ON l'a fait, le Bloc l'a fait — et que tu reviens, deux semaines plus tard, et que donc tu rapportes, et que tu dis : Voici, nous, ça nous va, on aimerait avoir deux petites modifications, ça va faire encore plus consensus si on a ça, et que là tout le monde dit oui, dans la joie et l'allégresse, signe, et qu'on en est à parler de comment on va rendre ça public, et qu'ensuite on nous refuse, une semaine après que ce soit rendu public, tout le monde ensemble, et deux semaines après, non seulement que ce soit rendu public, tout le monde ensemble, mais que ça ne soit carrément pas rendu public. Ils ont carrément dit au OUI Québec, deux semaines... pas le lendemain, en se disant : Eh mon Dieu! On a outrepassé notre mandat. 

M. Boivin (Mathieu) : Excusez-moi de vous interrompre. Vous me répétez, en fai,t ce que vous nous avez dit tantôt. La question que je vous pose, puis je peux la poser à M. Lisée : Est-ce qu'un c'est un parti tout croche?

M. Lisée : Bien, je n'utiliserai pas ces termes-là, mais c'est sûr qu'ils n'ont pas démontré qu'ils étaient des interlocuteurs valables, fiables, en qui on pouvait faire confiance.

M. Boivin (Mathieu) : Et est-ce que, pour la suite des choses, on vous y reprendra à donner du pouvoir à un parti qui est, somme toute, marginal?

M. Lisée : On ne m'y reprendra... On me reprendra constamment à vouloir rassembler, constamment à vouloir rassembler et à démontrer, par notre volonté sincère de rassemblement, qu'il y a des gens qui ne veulent pas et qui donc ne peuvent pas porter l'espoir du Québec. Québec solidaire a démontré qu'il n'était pas digne de porter l'espoir du changement au Québec, par leur absence de transparence, par le remaniement de signature, par les propos complètement injustes tenus pendant leur congrès, ils ont démontré ça. Il fallait le savoir. Il fallait le savoir parce que ce n'est pas ce que Françoise David, par exemple, projetait. Elle projetait le fait que QS pouvait porter l'espoir.

Maintenant, à cause de ça, l'effet secondaire de notre volonté de rassemblement, c'est la démonstration que QS ne peut pas porter l'espoir. Il s'est comporté comme le plus vieux de tous les partis en refusant la transparence, en reniant la signature, en cachant des éléments à leurs membres au moment de la délibération, en ne se présentant pas au micro dans un moment historique, dans un moment charnière. Cette démonstration-là, bien, il fallait la faire. Ce n'est pas ce qu'on voulait, mais c'est ce qu'on a devant nous. Et nous, on fait la démonstration que le parti qui peut porter l'espoir, le rassemblement, qui respecte sa signature, qui est dans la clarté, c'est le Parti québécois.

M. Bergeron (Patrice) : Quelles sont précisément les faussetés que vous reprochez aux porte-parole de Québec solidaire?

Mme Hivon : D'abord, petite chose, hier, dans, je crois que c'est dans votre article, M. Bellerose, Mme Massé évoque comme prétexte pour maintenant renier sa signature le fait que le référendum est proposé pour 2022. Pensez-vous que c'est une nouveauté, ça? C'est connu depuis octobre dernier, quand Jean-François Lisée a été élu chef du Parti québécois. En novembre, le conseil national de Québec solidaire a pris une résolution formelle pour poursuivre les travaux à la table du OUI Québec. En décembre, quand on a recommencé à se réunir, tout le monde a conclu que ça ne faisait pas ombrage au fait de poursuivre les travaux.

Comment ça se fait que maintenant, six mois plus tard, elle évoque ça comme prétexte pour dire : Non, il fallait renier notre signature? Comment ça se fait qu'Andrés Fontecilla... il n'était pas seul. Là, on est en train de le larguer, là, complètement et de lui demander d'aller se désavouer lui-même sur la place publique? Il n'était pas seul, Andrés Fontecilla. Il était avec Monique Moisan, une autre membre, évidemment, importante de Québec solidaire. Les deux ont signé, là. On n'a pas augmenté la chaleur dans la salle, tordu des bras. Tout le monde est revenu après être allé à leurs instances nationales. D'ailleurs, on a donné plus de temps parce que Québec solidaire voulait plus de temps pour pouvoir aller à ses instances nationales. On a décalé la dernière rencontre pour répondre à leur demande. Ils sont revenus, ils ont demandé des modifications, on les a acceptées, les seules. Nous, on n'en a pas demandé, donc on ne peut pas venir dire que c'est nous qui avons changé les termes. Les deux, tout le monde a signé, et on a commencé à parler, O.K., comment on rend ça public.

Et là ils ont commencé à dire que, là, ils ne voulaient pas sortir publiquement avec le groupe. Ils nous ont demandé du temps pour retourner à leurs instances là-dessus. Une semaine plus tard, ils ont dit, donc, qu'ils ne voulaient pas sortir publiquement avec tout le monde. Ils n'ont jamais dit : Et, vous savez, en passant, notre signature n'était pas valable. Ils n'ont jamais dit ça. Ils ont juste dit : On ne veut pas sortir avec tout le monde. Et là le OUI Québec a dit : Mais, vous comprenez, comme Mme Carbonneau a très bien expliqué hier, nous, on ne peut pas ne pas faire preuve de transparence. Donc, le OUI Québec, si vous refusez de sortir avec tous les partis, c'est une chose, mais nous, on ne peut pas, comme organisation crédible, ne pas faire preuve de transparence. Donc, Claudette Carbonneau a dit : Nous, nous allons la sortir. Et donc, une semaine plus tard, quand vient le moment de sortir l'entente, ils réitèrent qu'ils refusent catégoriquement que ça soit rendu public, menaçant même donc de désavouer les choses.

Alors, tout ce temps-là, ils n'ont jamais renié, ils n'ont jamais dit qu'il y avait un problème avec l'entente. Pourquoi, soudainement, quand de bonne foi… Vous vous imaginez la bonne foi de tous les partis politiques. Personne n'a coulé l'entente, là. Nous, là, tout le caucus du Parti québécois connaît l'existence de cette entente-là, l'exécutif national, les présidents régionaux, depuis la fin du mois de mars. Au nom de notre volonté, au-delà de tout, vous vous imaginez, malgré qu'on a été forcés, quand je dis pris en otage, de ne pas dévoiler l'entente publiquement avant leur congrès, malgré ça, malgré évidemment qu'on pensait que c'était important que ça soit connu, on a accepté, à contrecoeur bien sûr, mais pour ne pas mettre en péril l'entente.

Et quand on vient dire qu'on ne peut pas s'entendre avec le Parti québécois, qu'il faut être méfiant, vous vous imaginez la contradiction complète? On a non seulement accepté, il n'y a personne qui a parlé de l'entente publiquement avant leur congrès. Et là, ensuite, alors qu'ils avaient dit qu'après leur congrès on pourrait la rendre publique, non seulement ils n'acceptent pas qu'elle soit rendue publique, mais ils renient leur signature.

M. Lisée : Je veux juste préciser. Donc, Manon Massé, lorsqu'elle dit que c'est le problème de 2022, elle désinforme, parce que tout le monde savait qu'on ne mettait pas de date dans l'entente justement parce que certains disaient : Bien, nous, on va prendre le pouvoir. Tu sais, si ON dit : On va prendre le pouvoir en 2018, on va commencer la feuille de route en 2018. Nous, on dit : On va le commencer seulement en 2022. Donc, c'est une omission volontaire pour permettre que tout le monde signe. Donc, ce que Manon Massé a dit est faux.

Quand Gabriel Nadeau-Dubois a dit qu'il fallait sérier les problèmes, d'abord le pacte, ensuite ça, ce n'était pas l'entente initiale. Le calendrier a été écrit avec Québec solidaire précisément pour que ça soit prêt avant leur congrès de mai, pour que l'entente soit ratifiée à leur congrès de mai et nous à notre congrès de septembre.

Alors, je veux dire, on a vraiment, de bonne foi, avec le OUI Québec, fait en sorte que Québec solidaire soit à l'aise dans le processus, et ce qu'ils disent maintenant est le contraire de la vérité. Ils sont dans un exercice de désinformation de leurs propres membres, de tous les indépendantistes et de tous les Québécois. Il faut que ça cesse.

M. Lavallée (Hugo) : Mais Manon Massé, hier, a déjà admis une part de responsabilité. Elle dit : Il y a un imbroglio dont on est en partie responsables. Faute avouée est à moitié pardonnée, non? Vous dites qu'il faut qu'elle rende public... Elle a déjà avoué sa faute hier en disant : Nous sommes responsables d'un imbroglio. Qu'est-ce que vous voulez qu'elle fasse de plus?

Mme Hivon : Un imbroglio. Vous vous imaginez? Un imbroglio. Je veux dire, ça m'a fait beaucoup réagir, l'utilisation de ce mot, un imbroglio, quand on a travaillé de décembre jusqu'au mois d'avril de manière intense. Pourquoi? Exactement comme Jean-François le dit, pour pouvoir rentrer dans leur calendrier de leur congrès du mois de mai et du nôtre en septembre, parce que l'idée, évidemment... Cette entente-là, c'est une entente de principe, mais après on l'amène dans nos congrès respectifs pour que nos membres en débattent, disent : Oui, ça nous va, non, ça ne nous va pas, de manière totalement démocratique. C'est comme ça que ça fonctionne, comme en négos patronales-syndicales, tu as une entente de principe puis après tu vas voir tes membres.

Alors, vous vous imaginez, un imbroglio, quand il y a eu un accord, que tout le monde est allé à leurs instances, qu'ils sont venus, qu'ils ont signé, que le calendrier a été fait pour rentrer dans leurs instances à eux et qu'ensuite ils sont venus dire : Non, non, non, on ne peut pas la rendre publique avant nos instances, ça va mélanger nos militants. Ça, c'était l'argument, hein, en début de semaine, vous avez entendu ça : Ça va mélanger nos militants. Mais, en novembre, quand ils ont décidé de rester à la table du OUI Québec, ils ne pensaient pas mélanger leurs militants. Ils ont pris une décision pour le OUI Québec puis ils ont pris une décision pour ouvrir un chantier de réflexion sur les pactes électoraux. Pourquoi, là, quelques mois plus tard, ça mélangerait leurs militants, alors qu'au contraire c'était une information excessivement importante pour leurs militants avant de voter?

M. Chouinard (Tommy) : M. Lisée, quand vous parlez de politburo, j'imagine que vous ne parlez pas de Chinois ou de soviétiques. C'est qui exactement, ça, ce comité-là? C'est qui? De qui on parle?

M. Lisée : Demandez-leur. Moi, je ne les ai jamais rencontrés. Lorsque Véronique et moi avons rencontré Andrés Fontecilla, Manon Massé, en janvier dernier, dans ma salle à dîner, pour discuter de la suite des choses, nous pensions parler aux leaders de Québec solidaire. Et ils nous ont dit, Andrés Fontecilla, que c'était un processus vers un pacte qui était envisageable et que lui voyait positivement. Manon Massé n'a rien dit, ne l'a pas contredit. Et là nous avons eu l'information de ces deux personnes que, oui, ils étaient des interlocuteurs valables et volontaires pour se rendre à un pacte avec le Parti québécois. Bien, on ne parlait pas aux bonnes personnes. Ce sont des employés du politburo.

M. Chouinard (Tommy) : Bon, c'est qui, le politburo?

Mme Hivon : C'est leur comité de coordination national, mais, je veux dire, c'est comme les...

M. Chouinard (Tommy) : Mais les porte-parole devaient être là...

Mme Hivon : Pardon? Ah! les porte-parole, ils siègent. Les porte-parole, ils siègent, mais les deux porte-parole, mais beaucoup d'autres personnes.

M. Lisée : Mais clairement, ils n'ont pas la majorité et, clairement, ils n'ont pas la permission; clairement, ils se font désavouer; clairement, ils n'ont pas de pouvoir prépondérant au sein de ce politburo.

Mme Hivon : Andrés Fontecilla, là, ça n'en est un porte-parole.

M. Bellerose (Patrick) : Mais le processus décisionnel vous rappelle l'Union soviétique.

M. Lisée : Me rappelle des groupes d'extrême gauche, oui.

M. Lavallée (Hugo) : Avez-vous l'impression que c'est une mauvaise foi depuis le début puis qu'ils vous ont roulé dans la farine?

M. Lisée : Non. Au politburo, oui. Au politburo, il y avait des gens de mauvaise foi, qui avaient un pouvoir prépondérant et qui ont roulé dans la farine les co-porte-parole, les militants de Québec solidaire, les membres de Québec solidaire, tout le mouvement indépendantiste engagé de bonne foi dans le OUI Québec. Ça, c'est vrai.

Mais est-ce que 87 % des électeurs de Québec solidaire étaient de mauvaise foi? Non. Est-ce que les militants étaient de mauvaise foi? Non. Est-ce qu'Andrés Fontecilla et Amir Khadir étaient de mauvaise foi? Non. Mais ce n'est pas eux qui décident dans ce politburo, il y a des gens qui décident à leur place.

M. Bergeron (Patrick) : Est-ce que M. Fontecilla a déjà dit, dans les négociations, que sa signature était sujette à l'acceptation d'un autre comité au bout du compte, comme une autre étape d'approbation?

Mme Hivon : Bien non. C'est sûr qu'on n'est pas ici pour dévoiler les... mais ça, je pense que là, on n'est pas ici pour dévoiler toutes les négos et les allers-retours, mais ça, c'est fondamental. Il y en a eu, je vous l'ai dit.

M. Lisée : Il y en a eu, un aller-retour. Il est allé au politburo, il a dit : Regardez l'entente. Le politburo a dit : Changez deux mots. Peut-être qu'ils pensaient, au politburo, qu'on serait contre, mais on était pour. Ça fait que là, ils ont dit : Bien là, on scrape ça. On scrape ça.

M. Boivin (Mathieu) : On a bien compris que vous êtes de mauvaise humeur, là. On a bien compris que ça ne va pas bien dans le mouvement souverainiste, mais «what's next»? C'est quoi, la suite des choses, là? Mme Carbonneau a dit : On va chacun aller réfléchir chez nous, là.

M. Lisée : Bon, bien, la suite des choses, je vais vous la dire, moi. La suite des choses, c'est qu'on est dans la clarté. On sait maintenant que l'appareil de Québec solidaire est nuisible à la fois au changement social et politique et au mouvement indépendantiste. L'appareil actuel de Québec solidaire est nuisible, et on appelle tous les gens qui sont de bonne foi, qui sont l'immense majorité des gens à Québec solidaire, les militants, les membres, les électeurs, de venir dans le grand parti fondé par René Lévesque, avec des gens de toutes tendances, qui veulent le changement social, le progrès social et économique et l'indépendance du Québec.

M. Chouinard (Tommy) : M. Lisée, qu'est-ce que vous dites aux électeurs dans Gouin? Le premier test, c'est Gouin. Il n'y a pas de candidat du PQ. Ils font quoi, les électeurs?

M. Lisée : On leur dit : Lundi, M. Nadeau-Dubois aura une victoire vide. Il aura une victoire vide, O.K.? Elle est devenue vide à cause de la décision de QS de tourner le dos au rassemblement. S'il avait dit oui au rassemblement, il aurait une victoire significative. Mais maintenant ce sera une victoire vide.

Nous, on se tourne vers l'élection générale de 2018. Nous avons le devoir, devant tous les Québécois qui sont indépendantistes, progressistes, qui veulent la fin du mouvement, la fin du régime libéral, d'incarner cet espoir-là, et nous disons à ceux qui ont cru au Québec solidaire de Françoise David que ce Québec solidaire là, l'appareil n'existe pas, c'était un écran de fumée.

M. Chouinard (Tommy) : Est-ce que QS trahit l'héritage de Françoise David? Est-ce que Québec solidaire trahit l'héritage de Françoise David?

M. Lisée : Françoise David donnait de Québec solidaire une image de modération, de rassemblement, de gros bon sens. L'appareil de Québec solidaire démontre l'image inverse, et c'est cette image-là désormais qui est la réalité.

M. Bellerose (Patrick) : Donc, c'est le départ de Mme David qui a fait que ça a changé ou l'arrivée de M. Nadeau-Dubois?

M. Lisée : Je ne sais pas pourquoi, je ne sais pas comment, mais certainement ce n'est plus le même visage, et le visage qu'on voit maintenant, c'est le visage réel.

Mme Hivon : Puis moi, je veux juste dire en...

M. Bellerose (Patrick) : On comprend que, pour le OUI Québec, il n'est pas question de retourner à la table, négocier avec Québec solidaire. Vous dites : C'est un parti intransigeant. Il n'y a pas d'entente possible.

Mme Hivon : Non, bien, écoutez, vous comprenez que la confiance est totalement anéantie, là. Quand vous négociez avec des gens de bonne foi pendant des mois, que vous arrivez à une entente de principe ratifiée, signée, que vous faites tous les gestes de bonne foi pour les accommoder parce qu'ils vous disent que ça ne peut absolument pas sortir publiquement, tout ça, que la première chose qu'ils font après le congrès, ce n'est pas de sortir l'entente publiquement, c'est de la renier, donc vous pouvez vous imaginer qu'effectivement, pour l'instant, nous ne retournerons pas. C'est à eux d'expliquer ce qui s'est passé encore une fois, pourquoi ils ont renié, pourquoi ils ont demandé tout ça, si aujourd'hui ils renient ça.

Mais surtout, moi... C'est sûr, écoutez, c'est certain qu'on est déçus, c'est certain qu'on est stupéfaits, et je pense que le mot est faible, de la tournure des événements, particulièrement des 48 dernières heures. Mais nous, on est, je dirais, plus combatif que jamais, parce qu'il y a une réponse qui est très claire. Est-ce que Québec solidaire est un parti indépendantiste, quand il torpille une entente aussi majeure pour le mouvement indépendantiste? Alors, c'est particulier.

M. Chouinard (Tommy) : M. Lisée, est-ce que que QS est un vrai parti indépendantiste?

M. Lisée : Là, on ne sait plus. Est-ce qu'il y a des indépendantistes à QS? Oui, bien sûr, il y a des indépendantistes à QS. Est-ce que le politburo de QS est indépendantiste? Je ne le sais pas, je ne les connais pas, je ne leur ai jamais parlé. Est-ce qu'ils ont aidé le mouvement indépendantiste? Non. Ils ont nui. La pire chose à faire au mouvement indépendantiste, à ce moment-ci, c'est ce que le politburo de QS a fait.

Maintenant, pour la suite des choses, il y a une entente qui est là. Nous, elle nous satisfaisait. Il y avait un équilibre des compromis dans cette entente. On accepte la recommandation de Mme Carbonneau. On met ça de côté pour l'instant. On verra, d'ici les mois et les années qui s'écouleront, comment on se gouvernera. Mais, en ce moment, la responsabilité de Québec solidaire, de son appareil, est écrasante, et la meilleure réponse à ça, c'est que tous les gens de bonne foi disent : Bon, ça va, on a compris, notre maison, c'est le Parti québécois.

Mme Porter (Isabelle) : Ce n'est pas une déclaration de guerre que d'aller courtiser les militants de QS puis de leur dire de venir chez vous, en quelque part?

M. Lisée : C'est de la lucidité. C'est du rassemblement.

M. Chouinard (Tommy) : M. Lisée, sur un autre sujet que vous avez abordé un peu plus tôt, la marijuana, est-ce que je comprends que vous tenez à ce que ce soit donc l'État qui procède à la distribution et la vente de la mari?

M. Lisée : Je tiens à ce que Carlos Leitão et Martin Coiteux ne prennent pas la décision seuls. Je tiens à ce qu'il y ait des options soumises à la discussion publique et que des gens, que ce soit la SAQ ou le privé, le public, les OSBL, etc., viennent à une commission qui a les oreilles ouvertes et l'esprit ouvert et qu'on regarde les options. Je veux que le Colorado nous dise comment ils ont fait, que la Hollande nous dise comment ils ont fait, les succès et les échecs. Je ne fais pas confiance à un comité de ministres du Parti libéral pour prendre seul une décision de société.

M. Chouinard (Tommy) : Tout à l'heure, vous avez déploré que le gouvernement fasse une croix sur des profits éventuels. Donc, je comprends que, dans votre esprit, l'État ne doit pas seulement récolter le fruit des taxes qui seraient sur la vente de la mari, mais doit aussi engranger les profits. Donc, dans votre tête, ça ne peut pas être privé, donc.

M. Lisée : C'est une option qui ne doit pas être écartée comme ils l'ont fait. Et d'où viendra l'argent pour investir contre la toxicomanie? Je veux dire, c'est vraiment, là... Moi, comme citoyen québécois, là, je me sens exclu d'une discussion qui nous engage tous.

M. Lavallée (Hugo) : Concernant la grève dans la construction, est-ce que... donc, on comprend que vous n'avez pas encore pris votre décision, là, si vous allez voter en faveur ou contre une éventuelle loi spéciale, mais je comprends que vous n'êtes pas complètement fermé. Vous n'avez pas l'intention de mener une guerre contre l'adoption de cette loi-là. Ça ne vous semblerait pas nécessairement illégitime qu'on doive en adopter une.

M. Lisée : Bien, si le gouvernement, qui a mal géré ce dossier-là, arrive avec un projet de loi, on va le lire, et on va vous dire ce qu'on en pense, et on va peut-être vouloir l'amender. Mais nous, on dit au gouvernement qui a tellement mal agi : Arrangez-vous pour qu'on ne se rende pas là. Si le Parti québécois était au pouvoir, on s'arrangerait pour ne pas se rendre là. Et la dernière fois, avant d'avoir une loi spéciale qui a été acceptée par tous, on avait fait régler les deux tiers des membres... des grévistes. Alors là, en ce moment, c'est 0 % que les libéraux ont réussi à régler. Alors, ils ont beaucoup de choses à faire avant de se rendre là.

M. Bellerose (Patrick) : Mais vous dites aussi que la grève ne peut pas durer, dans le fond, une semaine maximum peut-être, quoi?

M. Lisée : Je mets de la pression sur les négociateurs et sur les parties. Moi, je veux que ça se règle aujourd'hui, demain, samedi, dimanche, le plus tôt possible.

M. Hicks (Ryan) : Do you think that all this drama with the sovereignty strategy, with your deal, would have happened if Mme Françoise David was still around?

M. Lisée : There is no telling because, you know, she's not the boss. These people, Manon Massé, Françoise David, Nadeau-Dubois, they are the employees of a group, that I call the politburo, that really calls the shots. You don't know their names, I don't know their names, but they are the ones who have sabotaged the greatest agreement between sovereigntists since 1995. They have sabotaged.

So, the others, Françoise was bound by that, but she gave an aura of moderation to Québec solidaire that the current spokespersons do not. And since they didn't have this crisis we couldn't see where the power really lied when Françoise was there. So we could think that it was her's, but it was not, and now we know that there is an obscure group of radicals within QS that have hurt the progressive movement, the anti-Liberal movement and the independentist movement badly. So it is incumbent upon us, the Parti québécois, to take the matter and to say : We are the home, we are the place for progressive, social democrats independentists in Québec, we know how to bridge our differences within the party. Join us.

M. Hicks (Ryan) : So it sounds like you're saying that this episode has kind of pull back the veil a little bit on how Québec solidaire works?

M. Lisée : Exactly so.

M. Hicks (Ryan) : Do you regret agreeing to keep the deal secret?

Mme Hivon : No, never.

M. Hicks (Ryan) : Why not?

Mme Hivon : Because, to me, my word is everything. When you don't keep your word, you know, who are you, especially in politics? How can people trust you, put your confidence in you when you want to be an elected member of the National Assembly?

So, of course, it was tough. Can you imagine all the deputies knew about it, our «exécutif national» knew about it, but, you know, we decided that we wanted to keep to maximize the chances that, of course, the deal be made public after the congress. We wanted to protect the deal, you know. And so this is why we didn't have a choice. The OUI Québec said : OK, we just cannot release it because Québec solidaire strongly objects. So we said : Well, we didn't have any choice, you understand? And this is why it's so astonishing to see that they say that we, the Parti québécois, can not be trusted. We, when we gave our word, kept our word, even against what we wanted. So this is why I think many, many questions have to be answered by Québec solidaire and this is what we are asking them today : to tell the truth and to explain how they can shift their signature like that.

M. Hicks (Ryan) : How were or how much do you think this has… I mean, you kind of alluded to this already, but how much do you think this has damaged the sovereignty movement in that it kind of gives a perception that at least some people aren't transparent, that maybe the sovereignty groups can't kind of all get on the same page? How much does that damage the movement, at least at this point?

M. Lisée : Well, it's a step back, but at least now we know who we can trust and who we can't. So we needed to know that during the playoffs rather than the series… during the regular season. I'd rather have learned that during the regular season rather than during the series.

So it's a clarification. It's not our preferred course, but now, we're on stronger ground. And the people in Québec who want the Liberals out and the CAQ not in, they know that their only hope now is the Parti québécois. We didn't make this demonstration. We have been trying for years, Québec solidaire just did.

M. Hicks (Ryan) : On the construction strike, just changing the hats, how do you feel about the possibility that the Government puts forward back to work legislation, at least that they have threatened back to work legislation?

M. Lisée : Well, we think they did that much too soon and so they… Since the last legislation was a standstill, they have… Je cherche mon mot, là. Ils ont incité…

M. Hicks (Ryan) : They incited or they…

M. Lisée : Induced.

M. Hicks (Ryan) : Induced.

M. Lisée : So they used the threat much too soon, and so the parties may decide not to deal, not to compromise, because they think they'll have what they want in the law. So that was counterproductive. The ministry intervened much too late. The Premier is nowhere to be seen talking to the players now, trying to bridge a gap that is not that great.

And so we say there are steps to be taken. The minister has not called for meetings of sectorial tables in 48 hours. They should be working now. She's not doing her work. And we are pushing all parties to say : You have interest, we understand that, you have the right to strike, we understand that. But you are Quebeckers as well, and the impact of the strike on all of Québec is much bigger than what is left to be decided between you. So, get on the table, get to work and settle this before the end of the weekend.

Des voix : Merci.

(Fin à 10 h 48)

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