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Point de presse de M. Jean-François Lisée, chef de l’opposition officielle

Version finale

Thursday, June 15, 2017, 8 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures une minute)

Le Modérateur : Bonjour, messieurs dames. Alors, si vous êtes prêt, M. Lisée va débuter sa déclaration.

M. Lisée : Aujourd'hui, il y a une annonce qui va être faite sur le financement fédéral du Réseau électrique métropolitain. Il n'y a rien qui nous ferait plus plaisir que d'être enthousiastes face à un investissement de 6 milliards de dollars dans le transport en commun au Québec et à Montréal. Rien ne nous ferait plus plaisir.

Cependant, aujourd'hui, les deux premiers ministres vont confirmer qu'un investissement public considérable va être fait sans aucune obligation de contenu québécois, sans aucune obligation de contenu québécois. Lorsque j'étais ministre du Commerce extérieur, on négociait l'accord avec l'Europe, et nous, du Parti québécois, avons insisté pour que, dans l'accord, il y ait une disposition qui permette 25 % de contenu québécois ou canadien dans exactement cela, c'est-à-dire des projets de construction, de transport en commun, d'assemblage, d'autobus, de rails. Nous avons fait introduire dans l'accord Canada-Europe une disposition nous permettant de réclamer 25 %. Et puis on a été modestes parce qu'aux États-Unis c'est 60 %. Et on a réclamé également que l'assemblage du matériel roulant se fasse sur notre territoire. Et là on se rend compte que le gouvernement Couillard et le Gouvernement Trudeau n'utilisent pas cette disposition qui est non seulement légale, mais prévue à un accord international.

Lorsque le projet de loi créant la filiale de la Caisse de dépôt a été discuté, Nicolas Marceau et Alain Therrien n'ont pas arrêté de demander au ministre Leitão d'introduire une disposition de contenu québécois. Il a refusé. Les collègues de la CAQ qui étaient présents ont été complètement muets, complètement muets.

Moi, depuis janvier, je fais le tour des chambres de commerce et je suis allé à la Chambre de commerce de Montréal, devant des représentants de la caisse, et j'ai dit : Comment se fait-il que vous ne réclamez pas de votre propre initiative un contenu québécois? J'ai eu une rencontre avec Michael Sabia en présence de Nicolas Marceau et j'ai demandé à M. Sabia : Pourquoi ne demandez-vous pas un contenu québécois? Parce qu'il n'y a pas de volonté politique. Il n'y a aucun signal du gouvernement Couillard et, d'après ce qu'on voit, aucun signal du gouvernement Trudeau de protéger nos propres emplois. Et récemment des Chinois ont obtenu un contrat de transport en commun pour la région métropolitaine.

Alors, ce n'est pas de la politique économique nationaliste, ce n'est pas de la politique économique qui met le Québec d'abord. Ce n'est pas de la politique économique qui est au diapason de ce que font les autres. C'est comme si on était les plus idiots de la classe. Les Américains le font, les Européens le font, les Chinois le font, mais, nous, il ne faudrait pas le faire. C'est ce que je ne comprends pas dans le refus du gouvernement Couillard de défendre les emplois québécois.

Le Modérateur : Merci, M. Lisée. On va aller au micro de gauche, M. Boivin, Cogeco.

M. Boivin (Mathieu) : Si c'est possible de le faire et qu'on ne le fait pas, est-ce que c'est du sabotage?

M. Lisée : C'est une idéologie qui met... C'est mal comprendre l'ouverture des marchés. Les nations qui performent bien à l'international performent bien localement puis prennent des mesures pour protéger leur industrie. Il faut faire les deux, hein? Dans l'internationalisme, il y a le mot «nationalisme». Alors, on fait du nationalisme économique et on se projette à l'étranger. Clairement, M. Couillard ne comprend pas ça, ne comprend pas qu'on peut faire les deux. Barack Obama était ici il y a quelques jours. Barack Obama lui-même a introduit le Buy American Act. Il l'a fait lui-même, et c'est un grand internationaliste. Alors, je pense que c'est simplement un genre de pauvreté intellectuelle.

M. Boivin (Mathieu) : Pauvreté intellectuelle de la part de M. Couillard lui-même ou de son parti en général?

M. Lisée : De son idéologie.

Le Modérateur : Merci. M. Laforest, micro de droite.

M. Laforest (Alain) : C'est un mauvais projet?

M. Lisée : Je ne dis pas que c'est un mauvais projet, je dis qu'on aimerait que ce soit un meilleur projet, on aimerait que, pour 6 milliards de dollars, on ait plus de garanties de : ...Couillard lui-même ou de son parti en général?

M. Lisée : De son idéologie.

Le Modérateur : Merci. M. Laforest, micro de droite.

M. Laforest (Alain) : C'est un mauvais projet.

M. Lisée : Je ne dis pas que c'est un mauvais projet. Je dis qu'on aimerait que ce soit un meilleur projet. On aimerait que, pour 6 milliards de dollars, on ait plus de garanties de >retombées locales. On aimerait que, pour 6 milliards de dollars, il y ait davantage d'automobilistes qui laissent leur automobile pour prendre les transports en commun. On aimerait que, pour 6 milliards de dollars, il y ait plus de réduction de gaz à effet de serre.

M. Laforest (Alain) : On revient avec le pont d'or ce matin. Vous en pensez quoi?

M. Lisée : Bien, je pense que ça fait des années qu'on aimerait avoir des réponses à ces questions. Et les questions que pose l'UPAC, ce sont des questions que des journalistes ont posées et qui sont toujours sans réponses. Alors, j'ai hâte d'avoir des réponses.

Le Modérateur : Merci. M. Lavallée.

M. Lavallée (Hugo) : Bonjour, M. Lisée. On a entendu des représentants de votre parti critiquer le REM depuis son annonce. Il y a des élections l'année prochaine, comme vous le savez. Le projet n'aura pas été achevé d'ici là. Si vous prenez le pouvoir, vous allez faire quoi avec ce REM? Allez-vous tout balancer? Conserver? Dire que c'est la faute du gouvernement précédent?

M. Lisée : Bien, on veut bien indiquer que, nous, investir dans le transport en commun dans la région de Montréal, c'est une bonne idée. Le projet, il est là. Il va être construit. Lorsqu'on prendra le pouvoir, le 1er octobre 2018, il va être très avancé. Alors, il n'est pas question de revenir en arrière. Si on peut l'améliorer au moment où on sera là, on le fera.

Mais tout ce qu'on fait depuis le début du débat, c'est essayer de l'améliorer, essayer de comprendre le montage financier. Et d'ailleurs, aujourd'hui, il y a une incertitude. Est-ce que la contribution fédérale sera un prêt ou un investissement? On le saura tout à l'heure. Ça change beaucoup de choses. On a appris, hier en commission parlementaire, à force de poser des questions, qu'il y aura des redevances de 600 millions sur 50 ans pour les nouvelles constructions dans un rayon d'un kilomètre autour du REM. Ça, on ne savait pas ça jusqu'à hier et on ne sait pas encore combien de plus paieront les villes de banlieue et Montréal pour leur contribution au REM. On ne le sait pas encore. Donc, on n'arrête pas d'essayer de faire notre travail de juste savoir et d'améliorer.

M. Lavallée (Hugo) : Même question concernant l'accord de libre-échange Canada-Europe. Vous avez été aussi critique. On a vu le vote hier. Vous allez faire quoi de cet accord-là si vous prenez le pouvoir?

M. Lisée : Bien, écoutez, nous, ce qu'on a toujours voulu, c'est garder un rapport de force du Québec envers Ottawa, et on l'avait. On a des textes écrits d'Ottawa disant qu'ils allaient préciser la compensation agricole avant la ratification par l'Assemblée nationale, mais, à partir du moment où M. Couillard a dit à son arrivée qu'il signerait de toute façon, bien, on a perdu des centaines de millions de dollars. Le refus de M. Couillard d'utiliser le rapport de force avec l'appui de la CAQ, d'ailleurs, qui ne voulait pas utiliser le rapport de force, la CAQ a dit : Nous, on signe de toute façon, a privé les agriculteurs du Québec de centaines de millions de dollars de compensation. Et, de la même façon, on avait réussi à faire en sorte, avec les autres provinces, que le gouvernement fédéral s'engage à compenser les provinces pour les frais supplémentaires de 250 millions par année dans le médicament parce que l'accord prévoit de prolonger la protection des brevets. Et là c'était être de bons négociateurs que de dire : On va attendre votre offre avant de signer.

Alors, M. Couillard, avec l'appui de M. Legault, a démontré qu'il était très mauvais pour négocier Bombardier, très mauvais pour négocier la Banque de l'infrastructure, très mauvais pour négocier les transferts en santé, ils viennent de démontrer qu'ils sont très mauvais pour négocier l'accord dans l'aspect Ottawa-Québec. Alors, qu'est-ce qu'on fera? Bien, écoutez, on va récolter les dégâts de M. Couillard avec l'appui de M. Legault du fait que Québec n'a pas pu utiliser son rapport de force.

Le Modérateur : Merci. Mme Plante, micro de droite.

Mme Plante (Caroline) : Bon matin, M. Lisée. Changement de sujet complètement. Est-ce que l'article 1 du projet de loi n° 144 sur l'éducation, donc assurant l'accès à l'école aux enfants sans-papiers, devrait s'appliquer dès septembre?

M. Lisée : Nous, on dit depuis très longtemps qu'il faut faire en sorte immédiatement de permettre aux enfants sans-papiers d'avoir de l'éducation. Et le retard qu'a pris le gouvernement Couillard à introduire une législation ne devrait pas pénaliser ces enfants qui ont besoin d'éducation.

Mme Plante (Caroline) : Donc, qu'entendez-vous faire?

M. Lisée : Bien, on entend continuer à dire au gouvernement de donner les dérogations nécessaires aux commissions scolaires et les budgets qui vont avec pour leur dire : Inscrivez-les dès septembre. Il n'est pas indispensable d'avoir une loi. De la volonté politique, de la volonté réglementaire, de la volonté budgétaire pourraient suffire, dans l'intervalle, à le faire. Puis ça aurait dû être fait en septembre de l'an dernier puis en septembre de l'année précédente.

Le Modérateur : Merci. On va y aller avec Mme Lamontagne ensuite.

Mme Plante (Caroline) : Il y a quelques jours encore... quelque chose de concret qui pourrait se faire cette semaine, avant que les travaux se terminent à l'Assemblée nationale? Ça peut passer par une motion?

M. Lisée : Bien, la volonté de l'Assemblée est claire. Je pense qu'on a déjà voté une motion là-dessus. Tout ce qu'il manque, c'est la volonté gouvernementale. Comme l'aide alimentaire, hein? Il y a 10 jours, il n'y avait aucune volonté, d'ailleurs ils niaient le problème, et, à force de leur dire de le faire, ils ont reconnu qu'il y avait un problème et ils l'ont réglé. C'est, entre autres, ce à quoi sert l'opposition. Mais ils n'avaient pas besoin de loi pour le faire. Ils l'ont fait tout seuls. Ils devraient faire la même chose pour les enfants sans-papiers.

Le Modérateur : Merci. Mme Lamontagne.

Mme Plante (Caroline) : Vous allez mettre de la pression?

M. Lisée : J'en mets en ce moment grâce à vous, madame.

Le Modérateur : Mme Lamontagne, micro de gauche.

Mme Lamontagne (Kathryne) : Sur le REM, juste une petite précision. Quelles sont vos cibles pour ce projet-là? Quelle garantie vous voulez avoir? C'est 25 %, en fait?

M. Lisée : Bien, nous, on pense que, normalement, pour le transport, ça devrait être 60 %. Ça devrait être 60 %. Les Américains font 60 %. Pourquoi est-ce que le Québec ne fait pas 60 %?

Mme Lamontagne (Kathryne) : Sur un autre sujet...

M. Lisée : Et d'ailleurs on trouve que la CAQ est très, très modeste en parlant de 25 %. Ça dépend des secteurs. Dans le secteur du transport lourd, la norme, c'est 60 %. Dans d'autres secteurs, ça peut être 25 %, dans d'autres secteurs, ça peut être : Sur un autre sujet...

M. Lisée : Et d'ailleurs on trouve que la CAQ est très, très modeste en parlant de 25 %, ça dépend des secteurs. Dans le secteur du transport lourd, la norme, c'est 60 %. Dans d'autres secteurs, ça peut être 25 %. Dans d'autres secteurs, ça peut être >30 %.

Mme Lamontagne (Kathryne) : Pour le REM, 60 %?

M. Lisée : 60 %, oui.

Mme Lamontagne (Kathryne) : Sur un autre sujet. Un juge de la Cour du Québec qui fait des prêts privés, est-ce que c'est digne de la magistrature?

M. Lisée : Écoutez, j'ai regardé ça ce matin. Je dois vous avouer que je ne suis pas assez éclairé pour vous donner une opinion tranchée là-dessus.

Mme Lamontagne (Kathryne) : Ah oui? Aucune opinion?

M. Lisée : Pour l'instant, pas suffisamment informé pour ça.

Mme Lamontagne (Kathryne) : O.K. Donc, pas au courant du dossier.

M. Lisée : Bien j'ai vu, comme vous, ce qui était là. Alors, quels sont les précédents? Quelle est la pratique? Que dit le Conseil de la magistrature, etc? Ce sont de bonnes questions. Aujourd'hui, j'admets que je n'ai pas de bonne réponse.

Mme Lamontagne (Kathryne) : On va vous la pardonner, celle-là. J'en ai une dernière pour la route.

M. Lisée : Allons-y.

Mme Lamontagne (Kathryne) : Les dépenses de 2016 de Mme Jean qui disparaissent, est-ce qu'on n'a pas un manque de transparence du côté de l'OIF?

M. Lisée : Elles disparaissent?

Mme Lamontagne (Kathryne) : Enfin, on a eu les données pour 2014‑2015, et là, surprise, les dépenses de voyage 2016 ne sont plus dans les dossiers.

M. Lisée : C'est louche.

Mme Lamontagne (Kathryne) : Ce sera tout?

M. Lisée : Ça sera tout.

Le Modérateur : Est-ce que... En anglais? Maya Johnson? Oui. Allez-y.

Mme Johnson (Maya) : Bonjour. Hello, Mr. Lisée. First of all, can you explain what your concerns are about the electric train project and the lack of guaranties in terms of Quebec production and products?

M. Lisée : Well, when I was Minister of Foreign Trade, we were in mission of negotiation with Europe, and we insisted, and, thanks to what we did, we got at least a requirement of 25 % of local content for this kind of projects. So we have the ability to use this clause, and, in fact, the Americans ask for 60 % of American content for public transportation.

And so, today, we're going to have an announcement that says that Quebec tax payers will invest, in one way or another, 6 billion dollars in this project, but there is zero requirements for local content. There is zero requirements for having jobs created here for the train itself. Of course, the cement, you know, will be here and the construction will be here, but for the train, the electric train itself, it could be all built outside of Quebec. And I think that's just nonsensical, you know.

The reason why Bombardier has a plant in Plattsburgh, it's because to have to sell subways to New York City they need 60 % American content. So why are we the most stupid in the class? And do we not look at our own interest when we can do it? And I've been asking for that during the debate on the bill that created the Caisse ability to do this. We asked for Quebec content. The CAQ didn't say anything at that point. I met with Michael Sabia, I asked him, I went to the Montréal Chamber of Commerce, I asked for that. This is an issue on which the PQ is front and center. And today, there is still opportunity for Mr. Trudeau, Mr. Couillard, Sabia to say: Well, we decided to be as mindful of our own industry as the Americans are or others are, and so we are stepping up the Canadian content or the Québec content requirement. That's the last chance.

Mme Johnson (Maya) : On another subject, Mme Charbonneau will be unveiling the Government Action Plan to fight the mistreatment or the abuse of seniors. What are you hoping to see in that action plan?

M. Lisée : Well, what we have seen from the Liberals on all these issues in the last three years is announcements, postponements and very little budget. So, I'm looking for means. Is this going to be only just words or are there going to be means?

Le Modérateur : Merci. Mme Fletcher.

Mme Fletcher (Raquel) : Good morning. Just another question on the REM. Are you concerned that, without the guarantee that you are asking for, without that guaranteed content, that there won't… are you concerned that there won't be Québec firms working on the train at all?

M. Lisée : Well, there are going to be Québec firms because there are Québec firms in everyone of the coalitions that are biding on the project, but nothing tells them to build in Québec. They can build in Plattsburgh, they can build in Ontario, they can build in Europe. There is no constraint for building in Québec, and so creating jobs in Québec.

So, it may very well be that, in the end, we're gonna have some Québec content, but we have no guarantees. And there is no reason why. The Americans do it, the Europeans do it. Why are we so lackadaisical with our own industry and our own jobs, not to make sure that we're gonna have a maximum impact on our economy or our tax dollars?

Mme Fletcher (Raquel) : Thank you.

M. Lisée : Merci.

Le Modérateur : Merci.

(Fin à 8 h 17)

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