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Point de presse de M. Jean-François Roberge, porte-parole du deuxième groupe d'opposition en matière d'éducation, d'enseignement supérieur, de recherche et de science

Version finale

Wednesday, June 21, 2017, 13 h 30

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Treize heures trente et une minutes)

M. Roberge : Alors, bonjour. Je vous remercie d'être à l'écoute. Donc, aujourd'hui, je vais réagir au nom de ma formation politique, la Coalition avenir Québec, au dépôt de la politique de réussite éducative du ministre Proulx et du premier ministre Philippe Couillard.

Je vais commencer par vous lire l'extrait d'un document qui, je suis certain, va vous intéresser : «Un gouvernement du Parti libéral — et je lis le document — intensifiera la lutte contre le décrochage scolaire.» Un gouvernement du Parti libéral va :

«Prioriser le diagnostic hâtif [des] jeunes montrant des difficultés d'apprentissage et l'intervention rapide dès la petite enfance en s'assurant du nombre adéquat de spécialistes.»

Un peu plus loin, on parle de littératie, de la qualité du français. On croirait que je suis en train de lire le document de la politique de réussite éducative du ministre Proulx déposé aujourd'hui, mais non, ça, ça date du 10 mars 2014, lors de la campagne électorale pour obtenir ce mandat, et manifestement ça n'a pas été fait. C'est drôle parce qu'aujourd'hui on recycle ces mêmes thèmes dans un document. Ils avaient trois ans à la tête du gouvernement pour le mettre en application. Ils ont choisi de ne rien faire et de nous resservir les mêmes termes.

Un autre document ici. Donc, je cite le premier ministre M. Couillard qui dit : «Nous allons encourager et reconnaître l'autonomie des écoles et des maîtres.» Ça, ça date du 21 mai 2014, lors du discours du trône, encore une fois, le premier ministre. Donc, il y a trois ans et un mois, le premier ministre nous disait qu'il allait encourager et reconnaître l'autonomie des écoles et des maîtres. Est-ce que ça a été fait depuis trois ans? Je ne parle pas des discours. Des discours, il y en a eu. Il y en a eu rien qu'en masse, il y en a eu jusqu'à plus soif. Mais est-ce qu'il y a des gestes concrets qui ont été posés par ce gouvernement, depuis trois ans, pour reconnaître l'autonomie des écoles? Ne perdez pas votre temps, il n'y en a pas eu. Reconnaître l'autonomie des maîtres, donc la valorisation de la profession, l'autonomie professionnelle des enseignants, rien. Rien n'a été fait depuis trois ans. Il faudrait les croire aujourd'hui alors qu'ils nous promettent la même chose. Ça fait trois ans qu'ils sont au gouvernement. Ils avaient l'occasion de le faire.

Mais aujourd'hui on a eu droit, encore une fois, à de superbes déclarations, à un beau spectacle, beaucoup d'annonces, aucune réalisation. Une belle présentation, comme on dit. Et tous les mots étaient là. Les mots, là, importants, ça avait été bien préparé par une équipe de communication. Il y avait les mots «concertation», «transition», «littéracie», qui étaient là il y a trois ans, même si rien n'a été fait depuis. Ils nous l'ont resservie aujourd'hui, la littéracie. «Intervention précoce», le mot «ensemble», qui revient toujours avec le Parti libéral, «réussite», «mobilisation», tous les mots étaient là. Mais ça fait trois ans qu'ils nous disent cette même chose. En fait, ça fait 15 ans que le gouvernement libéral est là, presque 15 ans, rien n'a été fait. Et, depuis trois ans, là, c'est le même premier ministre qui nous dit cette même chose-là. S'ils avaient eu à bouger, ils l'auraient fait, je crois.

Mais, essentiellement, ils ont fait quelque chose aujourd'hui. Ils appellent ça des actions concrètes. Donc, si je suis dans le document, c'est écrit : «Faits saillants de la politique de réussite éducative». Ça, c'est le document du gouvernement. Les actions concrètes. Donc, les actions concrètes du gouvernement, je vais vous les dicter. Dans cette politique il y a... ils nous promettent quatre plans d'action, trois stratégies, trois chantiers, deux tables de concertation et un groupe de travail. Êtes-vous excités? Je ne pense pas. Je ne pense qu'il y ait des parents à la maison qui disent : Aïe! Une chance, là, il y a un groupe de travail qui s'en vient.

Ça n'a aucun sens de nous servir aujourd'hui une annonce de consultation. Après trois années de coupures puis la dernière année qui a allié coupures et consultations, ce gouvernement accouche d'une politique qui nous annonce qu'ils vont consulter pour savoir ce qu'ils vont peut-être nous annoncer lors de la prochaine campagne électorale. Et sachez que ce qu'il y avait dans la dernière campagne électorale, ils ne l'ont pas mis en place quand ils étaient au gouvernement. Alors, on ne sera pas dupe encore une fois. On ne peut pas se faire avoir comme ça à répétition, toujours avec les mêmes énoncés de principe.

Pourtant, il y a des choses à faire tout de suite. Il y a des enseignants qui avaient beaucoup d'espoirs parce que les attentes étaient très élevées. Pour une rare fois en éducation pour ce gouvernement-là, les attentes étaient très élevées pour ce qui allait être annoncé aujourd'hui. La déception est d'autant plus grande pour les parents qui ont des enfants en difficulté, qui n'ont pas eu les services depuis trois ans, pour les enseignants qui attendaient une vraie valorisation, une vraie reconnaissance d'autonomie professionnelle. On nous annonce un chantier. Aussi bien ne rien nous annoncer.

Et, quand on compare avec la démarche de la Coalition avenir Québec, l'écart est abyssal. Ça ne rentre même pas dans votre caméra, dans votre télé, même si vous avec une 52 pouces, ce n'est pas assez grand. Ils nous annoncent des consultations. Ils nous parlent de prévention et d'intervention précoce. Nous, à la Coalition avenir Québec il y a un an, déjà, on tenait un forum qui s'appelait Objectif Réussite Québec et, déjà, on annonçait qu'un gouvernement de la CAQ va implanter, en cinq ans, un cycle du préscolaire, avec la prématernelle quatre ans et la maternelle cinq ans, offert à tous mais non obligatoire, sur cinq ans, budgété, en considérant les agrandissements d'écoles, en considérant l'aménagement des locaux, bien avant qu'un rapport universitaire se penche sur le dossier, en considérant les ajouts de professionnels.

Il y a un an déjà, on annonçait qu'un gouvernement de la CAQ va mettre en place l'école jusqu'à 18 ans ou diplomation en tenant compte d'une diversification de l'offre de formation professionnelle, en tenant compte de l'ajout de conseillers pédagogiques et de conseillers d'orientation pour que les jeunes sachent où s'orienter parce que, des fois, ils décrochent parce qu'ils ne savent pas où ils vont, en tenant compte d'un partenariat avec les carrefours jeunesse-emploi.

En réalité, il y a une énorme différence entre un gouvernement qui est là pour gouverner, qui annonce essentiellement des comités... On n'a plus un ministre de l'Éducation, on n'a un ministre des comités, puis il est très bon là-dedans. Il en a fait depuis un an, il va nous en faire encore pendant un an. Puis on a la Coalition avenir Québec, qui, elle, est prête à gouverner, puis à prendre des décisions, puis à agir concrètement pour faire réussir un maximum de jeunes avec des mesures très concrètes.

La Modératrice : On va prendre les questions.

Mme Plante (Caroline) : Bonjour, M. Roberge. Je vais jouer à l'avocate du diable. N'est-ce pas normal qu'une politique énonce des grandes orientations? D'habitude, on voit des choses concrètes plus dans les plans d'action. Alors, est-ce que ce n'est pas normal qu'une politique énonce des grands objectifs?

M. Roberge : Il devrait à tout le moins nous annoncer des pistes d'action aussi, peut-être sans nous dire précisément le budget, parce que je comprends que c'est au budget qu'on annonce le budget, mais il pourrait nous dire au moins un échéancier. Quand il nous parle d'intervention précoce, c'est quoi, l'échéancier pour implanter la prématernelle quatre ans? Si je me fie aux actions du gouvernement et du ministre Proulx, à leur vitesse, ça va prendre 50 ans. À 100 classes par année, parce que le gouvernement libéral ajoute 100 classes par année pour la prématernelle quatre ans, ça va prendre 50 ans avant de l'offrir à tous les petits Québécois. C'est peut-être pour ça qu'ils ne veulent pas le dire puis qu'ils se contentent de chantiers, de stratégies, de plans d'action.

Donc, une politique de réussite éducative, avec peut-être un horizon plus lointain, ç'aurait été normal après peut-être six mois au gouvernement. Mais là, à même pas 18 mois des élections, c'est rire du monde, surtout de savoir qu'ils recyclent les mêmes thèmes qu'ils nous servaient en campagne électorale en 2014 et au discours du trône une fois au gouvernement. Ils nous repromettent encore de rebrasser les mêmes intentions, mais sans mesure concrète pour les appliquer, parce que les thèmes sont corrects, là. Un objectif de diplomation, c'est intéressant, agir auprès des plus jeunes, c'est intéressant, mais, à un moment donné, il faut agir, justement, il ne faut pas juste dire qu'on va penser à agir. Sur l'école jusqu'à 18 ans, le ministre annonce une réflexion suite à une annonce d'action de la CAQ il y a un an. Il a pris un an pour penser, puis sa conclusion, c'est qu'il faudrait qu'il réfléchisse. On n'est pas sortis du bois, là.

Mme Plante (Caroline) : Trouvez-vous qu'il y a quand même un peu de concret dans la politique? Quand on parle d'un groupe de travail pour créer l'institut, on annonce l'intention de créer l'institut d'excellence. Une possibilité de créer aussi un ordre professionnel pour les orthopédagogues, poursuivre le déploiement des maternelles quatre ans, ça, est-ce que c'est assez concret pour vous?

M. Roberge : L'institution nationale d'excellence en éducation, c'est une idée de la Coalition avenir Québec. On en a fait une annonce très claire il y a quelques mois. Moi, je pense qu'il faut un engagement. C'est correct, il faut le faire correctement, mais il pourrait déjà nous dire à tout le moins : Bien, ça va être en place à partir du 1er janvier 2018. Qu'il nous donne un horizon parce qu'il peut nous dire qu'il réfléchit puis qu'il est en chantier pendant quelques années, là. Si on se fie aux trois dernières années, ça fait longtemps qu'ils réfléchissent à leur plateforme électorale de 2014. Ils n'ont pas décidé de l'implanter encore, la plateforme électorale de 2014. Donc, on ne peut pas leur faire confiance. De comités en chantiers en plans d'action, ça tourne en rond, ça tourne en rond. C'est un gouvernement usé à la corde.

Mme Lévesque (Catherine) : Un taux de diplomation de 85 % d'ici 2030, est-ce que c'est réaliste, à votre avis?

M. Roberge : Oui, c'est réaliste. C'est ambitieux, mais c'est réaliste à condition qu'on prenne des actions pour y arriver, encore une fois. Moi, je pense qu'on peut y arriver, mais pas en créant des chantiers, en embauchant des professionnels.

Quand le ministre annonce l'ajout de personnes dans les écoles, il ne veut pas trop, trop définir parce que ce qu'il nous a fait l'année passée, c'est qu'il a ajouté des personnes dans les écoles. Il n'y a même pas 10 % de ces personnes qui sont des professionnelles, il n'y a même pas 10 %, là, d'orthophonistes, d'orthopédagogues, psychoéducateurs.

Très souvent, il ajoute des gens parce qu'il ouvre des nouvelles classes, donc il embauche des enseignants, des enseignantes, des secrétaires d'école, des directions d'école. On a besoin de ces gens-là, mais ça n'améliore pas les services. C'est juste que, comme on agrandit des écoles, on embauche des enseignants. Donc, de se fixer un objectif de taux de diplomation, c'est intéressant, mais il faut prendre des vrais moyens pour les atteindre. Et ce n'est certainement pas en gonflant les notes qu'on va réellement atteindre un vrai taux de réussite.

La Modératrice : D'autres questions? Merci.

M. Roberge : Je vous remercie.

(Fin à 13 h 42)

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