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Point de presse de M. Amir Khadir, député de Mercier

Version finale

Wednesday, December 6, 2017, 16 h 50

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Seize heures cinquante et une minutes)

M. Khadir : Très bien. Merci d'être là. Nous venons d'apprendre, donc, que le ministère de la Sécurité publique a remplacé M. Pichet par M. Prud'homme, qui est un autre policier de haut grade qui, disons, vient des mêmes directions de divers services de la police. Pour le moment, pourvu que ça soit temporaire, pourvu que ça ne soit rien de permanent, on peut vivre avec ça. Mais le problème avec ce genre de nomination, c'est qu'on ne sort pas du petit cercle de hauts officiers qui gravitent alentour des mêmes cercles de pouvoirs policiers, qui explique... la concentration des pouvoirs desquels explique pourquoi aujourd'hui on a tant de problèmes à la fois à la Sûreté du Québec, qui est sous enquête actuellement pour les fonds secrets, à la fois au Service de police de la ville de Montréal, à la fois à l'UPAC, avec des problèmes, disons, de climat de travail.

Et donc nous souhaitons très rapidement amorcer une réflexion avec les autres partis et le gouvernement sur l'importance de nommer des gens qui ont une certaine indépendance par rapport aux directions policières précédentes. Il faut renouveler cette direction, et en attendant on a peut-être besoin de civils, surtout lorsqu'il y a des crises de cette ampleur, on a besoin de civils à la direction de ces corps-là pour faire le ménage, instituer une nouvelle culture qui ne sera plus... disons, qui ne se compromettra plus dans l'utilisation des ressources internes à des fins qui ne sont pas prévues pour faire des règlements de comptes à l'interne, pour faire taire des preuves, pour fabriquer des preuves et, malheureusement, pour atteindre, finalement, à la confiance du public dans le système policier.

Le Modérateur : Mathieu Dion.

M. Dion (Mathieu) : Il y a une enquête de la SQ au SPVM, à ce que je sache. Ce n'est pas un peu bizarre qu'on nomme le chef de la SQ pour aller au SPVM? Ce n'est pas confus, tout ça? Ce n'est pas rempli de conflits d'intérêts?

M. Khadir : Excellente question à poser à M. Martin Coiteux, qui a raté une autre chance...

M. Dion (Mathieu) : Vous en pensez quoi?

M. Khadir : Bien, j'en pense... je pense exactement la même chose que vous, qu'il y a un problème. C'est pour ça que je dis que, tant que c'est temporaire, en attendant de trouver mieux... Et là j'espère que temporaire, ce n'est pas une année, ce n'est pas plusieurs mois, c'est quelques semaines à un ou deux mois, le temps de s'entendre sur une direction qui puisse faire le ménage. Et, pour qu'une direction puisse faire le ménage, il faut que cette personne-là soit totalement indépendante des pratiques passées à la direction non seulement du Service de police de la ville de Montréal, mais aussi de la Sûreté du Québec et, je suis porté à dire, de ceux parmi les hauts officiers de tous ces services-là qui travaillent maintenant à l'UPAC.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Sur le fond du rapport, il y a quand même plusieurs dossiers qui sont présentés : un officier qui est ciblé par une plainte pour inconduite sexuelle, mais on ne traite pas la plainte parce que monsieur veut devenir commandant; de l'argent des fonds publics donné à des policiers parce qu'on ne veut pas qu'ils réintègrent le service. Est-ce que vous croyez que c'est juste au SPVM... Il y a un système parallèle, j'oubliais, de traitement des plaintes. Celles qu'on ne voulait pas voir aboutir, on les classait comme infos. Est-ce que ça existe juste au SPVM, selon vous, ce genre de pratique là?

M. Khadir : Je n'ai pas d'indication positive pour dire que ça existe ailleurs, mais ça me surprendrait beaucoup que ça soit le seul endroit. C'est la même culture policière d'impunité, hein? Si ces gens-là, les hauts dirigeants n'avaient pas une protection politique, une protection politique qui vient peut-être en retour d'une autre protection qu'on a vue et on a su démasquer...

Rappelons-nous le cas de M. Charest, rappelons-nous le cas de M. Charest. Lorsqu'il a été approché par quelqu'un qui était poursuivi par la police, on a demandé immédiatement l'arrêt de la filature pour ne pas embêter M. Charest, le premier ministre de l'époque. Lorsqu'il y a ce genre de retour d'ascenseur, qu'est-ce que vous pensez qu'il risque d'arriver au sommet de ces corps policiers qui sont, après tout, des humains faillibles? Et on le sait, à partir du moment où qu'il y a trop de pouvoirs entre les mains de personnes qui se sentent en plus non imputables, immuns, à l'abri de tracasseries, bien, il y a une corruption systémique qui s'installe où on abuse du pouvoir pour toutes sortes de raisons parfaitement illégitimes et inacceptables, que ça soit dans la suppression des enquêtes pour harcèlement, que ça soit dans l'usage des biens publics pour régler des comptes à l'interne entre des clans, que ça soit dans la fabrication de preuves, que ça soit dans la filature ou l'écoute des journalistes et, qui sait, peut-être l'écoute de politiciens de l'opposition.

Je l'ai déjà demandé, personne ne me répond. Est-ce que M. Lafrenière, est-ce que M. Pichet, est-ce que, maintenant, M. Prud'homme peuvent nous regarder devant les yeux, s'adresser au public et nous promettre que, dans notre travail de défense du bien commun et de l'intérêt public... Moi, là, je n'ai pas besoin de faire attention à mon cellulaire. Moi, je peux dire aux gens qui veulent me parler qu'ils n'ont pas besoin de s'inquiéter. Or, au moment où on se parle, je ne peux pas vous dire, je ne peux pas vous garantir ça. C'est pour ça que, dans tout le traitement de ce genre de dossiers, je suis obligé d'entourer ça de prudence et d'une série de mesures pour éviter de vivre avec cette incertitude.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Faites-vous confiance à l'équipe mixte pour rembourser ou rendre justice aux personnes qui ont été flouées soit financièrement, parce que leurs taxes ont servi à payer des policiers, ou soit moralement, disons, parce que leurs plaintes n'ont pas été retenues pour diverses raisons?

M. Khadir : L'équipe mixte?

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : L'équipe mixte qui est en train d'enquêter, l'équipe qui a repris les dossiers de... il y en a 1 000 quelques, là, selon le rapport, les dossiers de la division des affaires internes.

M. Khadir : Oui, oui, sur les harcèlements sexuels, sur les plaintes de...

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Tous les dossiers des affaires internes ont été transférés à une équipe mixte, là, composée de...

M. Khadir : Ah! les dossiers des affaires internes du SPVM?

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Oui.

M. Khadir : Ah! très bien, ça, je…

Journaliste : …ça fait quelques mois.

M. Khadir : Que puis-je dire? Je ne veux pas alourdir, je dirais, notre charge et notre critique parce que sans ça on ne s'y retrouvera plus, mais c'est sûr que la confiance de l'ensemble de la population et des politiciens est sérieusement entamée par tout ce qu'on entend et c'est sûr que, tant et aussi longtemps que ces équipes ne seront dotées que de gens qui viennent de cette culture policière, de la direction de ces cultures policières qui se croient au-dessus des lois, qui ont trop de pouvoirs et qui ne rendent de comptes à personne, on n'est pas nécessairement servis à la hauteur de nos attentes. Mais souhaitons que cette équipe mixte est consciente du poids sur leurs épaules et qu'ils seront, je dirais, à la hauteur des attentes, au-dessus de tout reproche.

Le Modérateur : En anglais, oui.

Mme Montgomery (Angelica) : Mr. Khadir, how would you describe this decision today?

M. Khadir : Well, the decision that was taken, as far as it is for a short term, very provisional, very… — provisionnel, c'est ça? — as far as it is perfectly provisional, for a very short time, we can live with it, but it's not satisfying for us in the long term. This situation is due to the fact that there was a group of high officers which have been very close to political power since years and who evidently believe that they are immune, have believed for a long time to be immune from any scrutiny and have done unacceptable things. We read their report and we say : My God, how is it possible? For that to change, we need people outside of this small group, clan of high officers close to power. And probably — but I want to debate that with my colleagues and with the Government — we need a civilian, somebody from, for example, the judiciary system, a high-ranking judge who has… you know, who knows the situation, somebody from… you know, a university professor well aware of the reality of the police forces. We need to have somebody outside this power structure to be able to clean up the system.

(Fin à 17 heures)

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