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Point de presse de M. Amir Khadir, député de Mercier, et M. Gabriel Nadeau-Dubois, député de Gouin

Version finale

Tuesday, February 6, 2018, 10 h 30

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Dix heures trente-sept minutes)

M. Khadir : Bonjour, tout le monde. Gaétan Barrette a bien des torts. Les solutions caquistes qu'il a instaurées dans le réseau de la santé, mais pour le compte de M. Couillard, bien, ça donne ce que ça donne. Ça donne la catastrophe à laquelle on assiste actuellement et la démobilisation de tout le monde. Donc, Gaétan Barrette a bien des torts, mais ce n'est toujours pas lui qui a décidé de l'austérité, ce n'est toujours pas lui qui s'est choisi, c'est Philippe Couillard.

Philippe Couillard savait très bien, déjà en 2014 lorsqu'il a choisi Gaétan Barrette, et l'avait lui-même dit que le système de santé doit être géré de manière décentralisée. Quand il a quitté la politique, là, il a lui-même dit que ça ne peut pas être dirigé par un seul ministre, ça ne peut pas être dirigé par un seul homme, un député. Malgré ça, pour voler les idées de la CAQ, il a choisi Gaétan Barrette, il est allé le chercher, et c'est ça que ça donne. Donc, M. Couillard ne peut pas faire porter la responsabilité de tout ce qui se passe sur le dos de Gaétan Barrette, qui a bien mauvaise presse, et à raison. Le véritable responsable de la situation qu'on vit actuellement dans les hôpitaux et la situation vécue par les infirmières, leur détresse, leur épuisement, leur cri du coeur, c'est Philippe Couillard, qui a choisi Gaétan Barrette et sa mode de gestion autoritaire, centralisée, avec, à la carte, des coupes par centaines de millions. Bien, c'est ça que ça donne.

J'espère cependant maintenant que les deux sont saisis de la gravité de la situation, ils vont cesser d'imposer leur vision, ils vont écouter les infirmières, ils vont écouter le personnel de la santé. Il y a une rencontre cet après-midi, j'espère que M. Barrette prendra des notes. Les solutions sont proposées depuis deux ans. Déjà, en septembre 2016, la Vérificatrice générale dénonçait la situation, la surcharge de travail, le ratio trop élevé qui mettait en danger des patients. Donc, ils ne peuvent pas plaider l'ignorance. Mais maintenant, là, c'est le temps d'agir, ils ne peuvent plus faire semblant qu'ils n'ont rien entendu, il faut agir.

Le Modérateur : On va passer à la période de questions. Alain Laforest, TVA.

M. Laforest (Alain) : C'est quoi, la proposition, c'est plus d'infirmières? Il y a déjà 3 000 infirmières, 800 postes disponibles. Elles ne veulent pas combler ces postes à plein temps.

M. Khadir : D'abord, ce n'est pas vrai que ces postes-là... Parce que les prétentions du ministre et de M. Couillard sur le terrain ne sont pas observées. Les postes dont on parle ne sont pas des postes que les gens voient passer dans le réseau. Moi, je suis à l'hôpital, j'ai appelé hier pour prendre un peu le pouls. Cette espèce de bar ouvert de postes, là, personne n'en a entendu parler. Alors, je ne sais pas d'où... avec quel culot M. Barrette ose prétendre que ces postes existent. Bien sûr, il y a certains postes qui sont affichés, mais la réalité des effectifs médicaux et du personnel infirmier, ça fait longtemps que le réseau doit l'avoir connue, que le ministre doit la connaître. Il y a des infirmières qui ne peuvent pas travailler à temps plein, c'est des mères monoparentales, c'est des chefs de famille qui ne peuvent pas assumer un poste à temps plein. Il faut tenir compte de tout ça quand on planifie les effectifs dans le réseau de la santé. Il ne peut pas venir, M. Barrette, dire : Moi, je veux juste ça, du temps plein, cinq jours par semaine, puis voici, c'est ça qui est ça, puis arrangez-vous avec le reste.

M. Laforest (Alain) : Votre vote s'effondre, celui de la CAQ monte toujours.

M. Khadir : S'effondre, oui.

M. Nadeau-Dubois : On a quand même vu pire effondrement. Mais, non, sérieusement, c'est sûr que ce sont des résultats qui sont décevants pour nous, on aimerait monter, ce n'est pas ce qui se produit. Donc, on est déçus, mais, je dirais, on n'est pas déstabilisés parce qu'on a un plan clair pour cette session parlementaire. On est bien conscients qu'on a été moins visibles dans les dernières semaines, je pense que c'est ce qui explique en partie les résultats de ce matin. Mais nous, on a un plan clair, on a une série de six annonces qui s'en vient durant la présente session parlementaire.

Il reste six mois d'ici les élections, on a six grandes mesures qu'on va annoncer. On a annoncé une première mesure hier, la fin du financement public des écoles privées, donc... Bon, on a donc un plan clair en termes d'annonces préélectorales. On a également des objectifs de mobilisation puis des moyens de mobilisation importants avec la plateforme Mouvement qu'on a lancée la semaine dernière.

Donc, on est déçus, oui, mais pas déstabilisés parce qu'on sait exactement où on s'en va et on a bien hâte de voir, dans six mois, où on va être, parce qu'on a des belles annonces, des belles propositions politiques enthousiasmantes à faire pour les Québécois puis les Québécoises dans les prochaines semaines.

Le Modérateur : Hugo Pilon-Larose, LaPresse.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Si dans six mois, justement, tout ce que vous réussissez à faire, c'est de maintenir les trois députés que vous avez déjà, est-ce que ça serait un constat d'échec pour votre formation politique?

M. Nadeau-Dubois : Je vais vous répondre ce que je réponds souvent : Je vais laisser l'analyse aux analystes et surtout la politique-fiction aux analystes. Donc, dans six mois, si on a trois députés, on fera les bilans, parce qu'il faudra en faire. Mais aujourd'hui, à six mois de l'élection, je ne me mettrai pas à faire des prophéties ni des analyses prospectives. On va commencer par faire notre travail. Je vous le dis, on a plan très clair. On sait exactement où on s'en va, on a six grandes annonces à faire, on a une nouvelle plateforme de mobilisation. On n'a jamais été aussi nombreux sur le terrain. Donc, on est optimistes et on va suivre ce plan-là dans les prochains mois.

Notre financement ne s'est jamais mieux porté, hein? Québec solidaire, depuis le début de l'année, est le parti politique qui a reçu le plus de dons. On a même plus de dons que tous les autres partis réunis. Donc, il y a aussi des raisons de se réjouir. On est plus mobilisés que jamais. On va suivre le plan qu'on s'est fixé et, dans six mois, on va faire les bilans.

Mais moi, je vous dis, là, je suis optimiste. On a des belles annonces à faire, on a une nouvelle plateforme de mobilisation qui est révolutionnaire, alors on est très optimistes pour la suite des choses.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Il y a beaucoup de travail qui a été fait ces derniers mois pour intégrer Option nationale à votre formation politique, Option nationale qui était quand même un parti politique qui récoltait peu de votes. Est-ce que vous jugez qu'au final on a mis trop de temps là-dessus puis pas assez de temps à parler d'autres idées?

M. Nadeau-Dubois : La fusion avec Option nationale, c'était une bonne chose. C'est un exercice de regroupement des forces militantes, des forces politiques, au Québec, qui veulent vraiment changer les choses. Je pense que c'était une bonne chose pour Québec solidaire.

Ceci étant dit, c'est vrai que, dans les derniers mois, dans les dernières semaines, on a passé beaucoup de temps à travailler sur notre organisation : la constitution de la plateforme Mouvement, le processus de changement de logo, la fusion avec Option nationale. Donc, oui, il y a beaucoup d'énergie qui a été mise sur la préparation de notre machine, et forcément on a été moins dans l'espace public, on a été moins dans les médias pendant ce temps-là. Ça, je vous l'accorde tout à fait. Ce que je vous dis, c'est qu'à partir d'aujourd'hui, par contre, ce travail-là, il est derrière nous, ce travail d'organisation, il est derrière nous, et là on s'en va devant les Québécois, devant les Québécoises et surtout sur le terrain dans les prochaines semaines pour ces six grandes annonces politiques qui s'en viennent.

M. Lacroix (Louis) : Messieurs, vous avez associé, tout à l'heure, le Parti libéral à la CAQ. Donc, pour vous, ça semble être à peu près la même affaire. La CAQ monte dans les sondages, le Parti libéral est deuxième. Vous avez dit hier que le Parti québécois n'était pas un vrai parti social-démocrate. Est-ce qu'il y a une désaffectation de la gauche, en ce moment, quand on constate que vous baissez quand même de façon assez importante?

M. Khadir : Écoutez, c'est vraiment la beauté ou la misère des sondages d'opinion et du système électoral actuel. Dans le même sondage, où on voyait le vote combiné en faveur de la CAQ et des libéraux arriver à peu près à 66 %, 67 %, quand on posait la question aux gens : Voulez-vous plutôt une baisse des impôts ou une amélioration des services publics par un meilleur financement?, deux tiers des Québécois choisissaient l'amélioration des services publics. Alors, on ne peut pas déduire automatiquement des choix électoraux, qui sont en fonction de ce que les gens veulent pour se débarrasser de celui qui est au pouvoir à cause multiples raisons, de l'associer à un choix sur leur orientation générale. Moi, je suis persuadé... Je sillonne le Québec, Gabriel l'a fait à l'occasion de Faut qu'on se parle, le coeur des gens, leurs choix globaux sont des choix de justice sociale, c'est des choix d'égalité, de chances égales pour tous, d'égalité entre les sexes. C'est toutes des valeurs qui rejoignent l'essentiel de Québec solidaire. Cependant, notre système électoral, les rapports de force dans la société au niveau des grandes institutions médiatiques également font en sorte que c'est difficile de monter une alternative aux partis qui règnent sur le Québec depuis 150 ans, quand on combine le PQ et le Parti libéral. Donc, ça va prendre du temps. Nous, on a bon espoir.

M. Lacroix (Louis) : Mais comment on explique le 8 %, dans ce cas-là? Parce que, selon votre propre définition, la vraie gauche ne récolte que 8 % au Québec en ce moment. Ce n'est pas beaucoup.

M. Nadeau-Dubois : Je pense que j'ai fourni quand même un élément d'explication tantôt en disant que, dans les dernières semaines, dans les derniers mois, Québec solidaire s'est beaucoup concentré sur la consolidation de sa machine, de son mouvement politique, le processus de changement de logo, la fusion avec Option nationale, la constitution de notre plateforme Mouvement. Tout ça nous a beaucoup occupés, et on a été moins visibles. Et, pour un parti comme le nôtre, dès qu'on est un peu moins visibles dans les médias, bien, forcément il y a des gens qui nous oublient, puis nos idées passent un peu, disons, sous le tapis.

Ce travail-là, il est derrière nous. Ce travail de consolidation de notre machine, il est fait. On est six mois avant l'élection et on est déjà à peu près prêts. Donc, dans les prochains mois, le travail qu'on va faire, c'est celui de faire des propositions concrètes. On en a fait une première hier, il y en a cinq autres à venir. On a un plan de six grandes annonces durant le printemps. Et on va, en parallèle de ces grandes annonces-là, à chaque fois déclencher des campagnes de mobilisation citoyenne sur notre campagne... sur notre plateforme Mouvement en lien avec chacune de ces annonces-là. Donc, le plan, là, il est très clair, on sait exactement où on s'en va, et c'est pour ça qu'on est, bien sûr, déçus, mais qu'on n'est pas déstabilisés, parce qu'on a confiance en nos moyens.

Le Modérateur : Patrick Bellerose, Journal de Québec.

M. Bellerose (Patrick) : Bonjour à tous les deux. Juste pour revenir sur le dossier des infirmières, quelle est la proposition concrète de Québec solidaire dans ce dossier?

M. Khadir : Dans l'immédiat, il y a des choses urgentes à faire. Il faut diminuer le ratio infirmière-patients... en fait, patients-infirmière. Une des raisons, pour répondre à votre collègue tout à l'heure, qui fait que les infirmières ne prennent pas des postes à temps plein, parce qu'elles savent dans quelles conditions, actuellement, on travaille dans le réseau de la santé. Je comprends très bien des infirmières qui ne peuvent pas, logiquement, humainement, se taper cinq jours de travail avec la lourdeur de la tâche qui les attend. Donc, pour corriger l'autre problème, qui est de faire en sorte que les postes à temps plein puissent être occupés, la première chose à faire et qui répondrait à la critique de la Vérificatrice générale de septembre 2016, c'est de diminuer le ratio patients-infirmière. Pour ça, le réseau a besoin, d'abord, de ressources supplémentaires, de l'argent, ensuite qu'on arrête la gestion autoritaire — je ne sais pas si vous avez vu l'article de deux professeurs de sciences infirmières dans Le Devoir aujourd'hui — la gestion autoritaire du réseau qui crée un climat très délétère, qui repousse les infirmières, donc de corriger ces problèmes-là pour ensuite pouvoir avoir des postes à temps plein qui sont adéquatement pourvus par des infirmières qui acceptent des postes et donc d'augmenter le nombre d'infirmières.

M. Bellerose (Patrick) : Il faut investir combien d'argent et où, pour faire quoi?

M. Khadir : Moi, je n'ai pas fait ce calcul-là. Je pense que le gouvernement a suffisamment de marge de manoeuvre budgétaire. Il faut écouter les infirmières, voir c'est quoi, le besoin puis, en fonction de ça, investir ce qui est nécessaire.

M. Bellerose (Patrick) : D'accord, mais juste... Est-ce qu'on crée plus de postes d'infirmières — hier, vous disiez qu'il y en a suffisamment, si je me souviens bien — ou est-ce qu'on crée plus de postes d'infirmières auxiliaires pour les aider?

M. Khadir : Non, ce n'est pas moi qui a dit qu'il y a assez de postes d'infirmières. Actuellement, il n'y a pas assez de postes d'infirmières à temps plein qui sont occupés dans le réseau, ça, c'est clair. Il y a des postes peut-être offerts, mais certainement pas au nombre que prétend le ministre dans le réseau. Moi, en tout cas, je n'entends pas ça, les infirmières le disent. Moi, j'ai vérifié hier dans mon hôpital, c'est la même chose.

Donc, là où j'ai dit : Il y a suffisamment d'infirmières de formées au Québec, ça, c'est vrai, et il y a surtout des infirmières étrangères qui ne demandent qu'à travailler. Mais, avant que celles-là acceptent ces postes-là, puissent travailler, puissent fournir cinq jours par semaine, il faut que le climat... la charge de travail soit humaine pour qu'elles puissent postuler dans ces emplois. Moi, à la place des infirmières, je comprends très bien qu'il y en a beaucoup, plusieurs qui n'acceptent pas cinq jours, un temps-plein cinq jours par semaine avec ces conditions, c'est-à-dire dans lesquelles il y a une surcharge de travail énorme puis dans lesquelles on pourrait leur imposer en plus un temps supplémentaire.

M. Bellerose (Patrick) : Juste pour être clair, il y a suffisamment d'infirmières, est-ce qu'il y a assez de postes? Désolé.

M. Khadir : Je crois que non. En tout cas, sur le terrain, il n'y a pas assez de postes offerts, comme je vous dis, en tout cas, dans mon hôpital, je vais vous le nommer, Centre hospitalier Pierre-Le Gardeur, vous pourriez vérifier. Ce dont parle M. Barrette, là, ça n'existe pas, ces postes qui seraient affichés puis qui ne seraient pas pris par des infirmières. Bon. Je ne veux pas réfuter totalement la parole de M. Barrette, il doit y en avoir, mais certainement que ce n'est pas le bar ouvert qu'il prétend.

Mme Richer (Jocelyne) : Bonjour, M. Khadir. Chaque fois qu'on pose la question à M. Barrette sur les ratios, il ne dit pas qu'il ne veut pas, il dit qu'il ne peut pas, que ces infirmières-là, elles n'existent pas. Qu'est-ce qu'on répond à ça?

M. Khadir : Dans le climat de gestion autoritaire qu'il a imposé, qui s'est aggravé grandement avec lui... Ça existait avant, comme je vous ai dit, ça fait 15 ans, là. La situation qu'on déplore aujourd'hui, ce n'est pas le résultat de trois ans ou quatre ans de régime Barrette, c'est le résultat de 15 ans de régime libéral, où l'essentiel a été occupé par M. Couillard et M. Barrette, avec un intervalle, disons, pas très glorieux de M. Bolduc, d'accord? C'est ça, la réalité du réseau, et les infirmières, le personnel le vivent au quotidien.

Donc, il y a un réel problème de rétention, il y a un réel problème d'attrait également parce que c'est un climat de travail, une situation très, très détériorée au fil des ans. Donc, c'est sûr que c'est l'oeuf et la poule. Là, il faut montrer sa capacité de réparer ça en même temps, et ça commence par une gestion qui est moins autoritaire, qui n'est pas accompagnée du climat de harcèlement psychologique. Je ne sais pas si vous avez lu Le Devoir, c'est très violent, certaines infirmières se sentent violées dans leur vie familiale. Elles disent : Moi, là, je suis violée dans ma personne, dans ma capacité à assumer mon rôle de mère, mon rôle de chef de famille lorsqu'on m'impose des temps supplémentaires. C'est sûr que, dans ce climat-là, ce n'est rien pour réparer la situation.

Donc, il faut réinvestir, améliorer le climat de travail, enlever la gestionite aiguë dans laquelle on a mis des gestionnaires sur le dos des infirmières à tout bout de champ, donc, et diminuons le ratio pour pouvoir inviter des infirmières au travail, puis elles sont plus que prêtes, plus que dévouées et contentes de pouvoir contribuer.

Le Modérateur : On va prendre une dernière question en français. Sébastien Bovet, Radio-Canada.

M. Bovet (Sébastien) : Bonjour, messieurs. Le gouvernement s'apprête à réformer les normes du travail en présentant un projet de loi, à l'Assemblée nationale, qui permettrait d'accéder à une troisième semaine de vacances plus rapidement que c'est le cas actuellement, des congés de maladie aussi et la reconnaissance légale, semble-t-il, des proches aidants. Est-ce que le gouvernement va dans la bonne direction, selon vous?

M. Nadeau-Dubois : Ce qu'on a appris ce matin, c'est largement insuffisant, je dirais, c'est même minuscule. Le taux d'absentéisme au travail, dans les 20 dernières années, là, il a augmenté de près de 25 %. Ce qu'on a besoin, c'est un remède de cheval puis ce qu'on entend ce matin, c'est de l'homéopathie. C'est complètement à côté de la track par rapport à ce que vivent les travailleurs, travailleuses sur le terrain. L'épidémie d'épuisement professionnel qu'on vit au Québec, comme ailleurs dans d'autres économies, là, on ne réglera pas ça en disant : La troisième semaine de vacances, vous allez l'avoir après trois ans au lieu d'après cinq ans. Ce n'est pas sérieux.

Si c'est ça, le nouveau Parti libéral qui réinvestit et qui prend soin des familles, ce n'est pas très impressionnant, là. Ajouter deux jours de congé par année, deux jours par année... C'est 74 heures, en moyenne, que prennent les femmes québécoises de jours d'absence, au Québec, par année. Et là on dit : On va ajouter deux jours. C'est... pardon, pas 74 heures... Oui, voilà, 74 heures pour responsabilités familiales. Donc, deux jours, là, on est complètement à côté des besoins réels des gens qui, en ce moment, souffrent d'épuisement professionnel.

M. Bovet (Sébastien) : Qu'est-ce qu'ils devraient faire?

M. Nadeau-Dubois : Bien, nos propositions, on les a faites à la session dernière. Nous, on propose deux ans de congé de maladie... deux ans de vacances... pardon, deux ans... deux semaines de vacances, bien sûr. Deux ans, ce serait un peu généreux.

M. Khadir : Ça serait pour les journalistes.

M. Nadeau-Dubois : Oui, seulement pour les journalistes des réseaux publics. Mais donc deux semaines de vacances après un an de service continu, nous, on pense que ça, c'est une proposition progressiste qui inscrit le Québec dans ce qui se fait en moyenne à travers le monde. Il faut le rappeler, là, à l'heure actuelle, le Québec, c'est un des six pays au monde où il y a le moins de vacances payées.

M. Bovet (Sébastien) : Les deux années sont... Excusez-moi, là, j'en manque peut-être un bout, mais les deux années ne sont pas déjà statutaires quand on arrive au travail? Les deux semaines.

M. Nadeau-Dubois : Après un an de service continu. Nous, on propose deux semaines après un an de service continu.

M. Khadir : Et trois semaines...

M. Nadeau-Dubois : Oui, voilà.

M. Bovet (Sébastien) : Pouvez-vous répéter, s'il vous plaît?

M. Khadir : Bien, c'est ça. Là, ma mémoire fait défaut, mais deux semaines, c'est déjà dans la loi. Nous, on propose d'augmenter à trois semaines et on propose même une quatrième semaine au bout de deux ans de travail continu.

M. Nadeau-Dubois : Voilà. Désolé.

M. Bovet (Sébastien) : Trois semaines au bout de la première année, et une quatrième semaine au bout de deux ans.

M. Nadeau-Dubois : Quatrième après deux ans.

M. Khadir : Voilà.

Le Modérateur : Je vais prendre les questions en anglais maintenant.

M. Khadir : Comment ça se fait que vos mémoires sont si infaillibles et les nôtres, si faillibles?

M. Nadeau-Dubois :Si fragiles.

Mme Fletcher (Raquel) : How would you characterize Mr. Barrette's handling of the situation with the nurses?

M. Khadir : I didn't hear the second part of your…

Mme Fletcher (Raquel) : How would you characterize the Health Minister's handling of the situation with the nurses?

M. Khadir : It's, of course, nothing that surprises me, knowing Mr. Barrette since a long time. He's very authoritarian, and it has been within the framework of austerity, cutbacks. So, it's the catastrophe that we see today, but everybody told him, everybody told Mr. Couillard. Worst, Mr. Couillard did know very well. He was saying, before retiring as a politician, that the health system shouldn't be under the direct control of one politician and he said a modern way of managing a health system today is decentralization, but he chose somebody from CAQ, which is Gaétan Barrette… Because, actually, we have to remind : what we see today is CAQ in power. It is the CAQ solution that Mr. Barrette applied, OK? He came from the CAQ, applied the solution that the CAQ wanted to implement in the health system, and it gives this. Mr. Couillard did know that and he chose to do it for electoral purposes. So, what we have now is the electoral choice, the unreasonable and sad choice of Mr. Couillard. It's the responsibility of Philippe Couillard.

Mme Fletcher (Raquel) : So, you blame the Premier over the Health Minister?

M. Khadir : Of course, that's his choice. He knew, he knew what he was expecting, he knew that this CAQ solution for the healthcare doesn't comply with modern management of the healthcare, but he chose it because, electorally, he wanted to damage the CAQ's possibility to gain power. And we have the CAQ in power, but with the Liberals.

Mme Johnson (Maya) : Good morning. As far as you're concerned, what is more damaging, is it Dr. Gaétan Barrette's policies or is it his personality?

M. Khadir : I think the policies are first because, if we had a managing policy which would be decentralized, if we had enough resources, if it was a policy based on we manage the system by listening to those who work in the system and their best solutions, we wouldn't be there. Since two years, the nurses are proposing solutions. They weren't applied. In 2016, the Vérificatrice générale told that the ratio of patients to nurses is too high, and we know why now that has dissuaded so many nurses to take leave, to be absent or to not accept five days a week, because they know they can't work five days a week in this situation.

So, if the management was different, it would… might work, even with the very, I would say, confronting attitude and arrogant attitude of the Minister. But, when both are combined, this is disastrous. But Mr. Couillard, the head of the Government, knows that very well. He sees that and he knows that since three, four years, and he maintained him in office. So, the responsibility of the actual disaster is not Mr. Barrette, it's Mr. Couillard.

Le Modérateur : Merci beaucoup.

M. Khadir : Merci à vous.

(Fin à 10 h 59)

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