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Point de presse de M. André Villeneuve, porte-parole de l’opposition officielle en matière d’agriculture et d’alimentation

Version finale

Tuesday, March 6, 2018, 11 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Onze heures trois minutes)

M. Villeneuve : Alors, bonjour, tout le monde. Très heureux de voir que vous êtes en nombre record. On va parler de l'agriculture. C'est toujours un plaisir pour moi que de parler d'agriculture et c'est toujours un plaisir de vous entendre, évidemment, de voir... de vous entendre poser des questions, et j'espère qu'il y en aura, concernant le dossier dont je veux vous parler ce matin.

D'abord, vous dire que la preuve n'est plus à faire, nous avons, au Québec, des agricultrices et des agriculteurs qui font un travail extraordinaire, animés d'une passion, comme ils le sont, et des connaissances et du savoir-faire qu'ils ont développé. Nous avons des produits de qualité extraordinaire au Québec. Je pense qu'on ne cessera jamais de le dire et de le répéter, c'est tout à notre honneur. Alors, ils nous servent des produits toujours de très, très grande qualité.

Ça m'amène à vous parler d'un événement qui s'est produit... Vous avez dû voir ça dans les journaux, c'est au mois de février, donc, framboises contaminées, donc, deux morts... deux personnes, deux décès au Centre-du-Québec et aussi... framboises de Chine, donc des centaines de malades au Québec. Ça pose des questions. Ça pose des questions. Comment on peut faire pour éviter que de telles choses se produisent?

Alors, écoutez, moi, je vous annonce ce matin qu'un gouvernement du Parti québécois mettrait en place une escouade d'inspection des aliments. Alors, cette escouade-là serait intégrée au MAPAQ, donc au ministère de l'Alimentation, des Pêcheries du Québec, serait donc rattachée au MAPAQ et cette escouade-là aurait comme mandat de s'assurer et de veiller finalement à ce que les produits étrangers qui se retrouvent sur nos tablettes soient inspectés davantage. Parce qu'on le sait, présentement, il y a 2 % des produits qui sont inspectés par le fédéral. 2 %, on parle de 3 600 produits, dont... il y a eu les chiffres qui sont sortis, 2015‑2016, 3 600 ou 3 800 produits inspectés par le fédéral, et donc 2 % de ce qui rentre ici, au Québec, au Canada, et 20 % de ces produits-là étaient non conformes.

Alors là, maintenant, il faut s'assurer que les produits qui entrent sur nos tablettes, des produits des États, donc des produits étrangers qui rentrent sur les tablettes soient mieux surveillés. Alors, l'idée, dans le fond, c'est d'envoyer un signal fort aux autres États que, s'ils veulent que leurs produits viennent sur les tablettes, ils doivent respecter les accords internationaux. Et que disent les accords internationaux? Ils disent, entre autres, que le principe de réciprocité doit s'appliquer.

Alors, ça veut dire quoi, le principe de réciprocité? Ça veut dire que les mesures auxquelles notre monde agricole est astreint, donc à savoir, au niveau environnemental, au niveau des pesticides, antibiotiques, salubrité, les hormones, ici, on est astreints à cela. Ils le font très bien, ils respectent ces règles-là. Alors, les produits qui sont évidemment faits à l'extérieur du Québec devront assurément respecter maintenant cette règle de réciprocité là.

Alors, écoutez, je pense que ça sera un message très fort que nous allons envoyer, oui, aux États comme tels, étrangers qui veulent vendre des produits ici, au Québec, mais ça va être aussi un message fort au gouvernement fédéral pour que, lui aussi, au niveau des frontières, fasse le travail comme il se doit. Alors, on parle ici de sécurité alimentaire, on parle ici de s'assurer que les produits que les gens consomment soient des produits, oui, de qualité et qu'ils soient au moins équivalents à ce que nos producteurs produisent.

Je vais vous donner un exemple très simple. Vous pouvez retrouver, sur une tablette d'épicerie, une pièce de viande de l'étranger, et la production a fait en sorte qu'ils ont utilisé des hormones de croissance. Bien, ici, ce n'est pas permis, mais pourtant on les retrouve dans nos épiceries. Alors, il faut que ça cesse, il faut envoyer un message clair aux États étrangers pour que cette situation-là ne se produise plus.

Alors, voilà pour ce qui est de l'escouade d'inspection des aliments. Et, en même temps, parallèlement à ça, ce qu'un gouvernement du Parti québécois ferait, il mettrait encore davantage l'accent sur Aliments Québec. Vous avez vu le sondage comme moi hier, Aliments du Québec, les Québécois se retrouvent vraiment dans cette marque-là. Ils savent, lorsqu'ils achètent un produit Aliments du Québec, qu'ils ont un produit frais, un produit de grande qualité, et ils sont portés à l'acheter, ils sont même prêts à payer un peu plus cher même pour se le procurer. Alors, nous, ce qu'on ferait, parallèlement à l'escouade d'inspection des aliments, on lancerait une campagne promotionnelle nationale des produits du Québec.

Alors, avec ces deux éléments-là, je pense qu'on a la recette, sans jeu de mots, on a la recette pour, de un, s'assurer que les États étrangers respectent nos règles que nous, on se donne ici, que nos agriculteurs respectent et qu'on se donne comme société, respectent cela. Le fédéral devra assurément faire un travail beaucoup mieux que ce qu'il fait présentement. Et, en même temps, on va s'assurer que les produits du Québec non seulement pourront être prisés davantage par les Québécois, mais que...

Vous savez, il y a des coûts de production à ne pas respecter les règles que nous, on s'impose. Les pays étrangers, leurs coûts de production, assurément... ceux qui ne respectent pas les règles que nous, on s'impose ici, ont des coûts de production plus bas, et ça, c'est un élément économique. Alors, le fait que ces produits-là se retrouvent sur les tablettes à moindre coût, bien, il y a des raisons à ça.

Alors, voilà. Je ne sais pas s'il y a des questions.

La Modératrice : Oui. On va passer à la période de questions. Patricia Cloutier, Le Soleil, micro de gauche.

Mme Cloutier (Patricia) : Oui. Bonjour, M. Villeneuve. J'aimerais savoir... Il y a déjà, je pense, des inspecteurs au MAPAQ. En quoi votre escouade va donner quelque chose de plus, votre idée? Parce qu'il y en a déjà, là. Ça serait combien de gens? Pouvez-vous détailler un peu plus?

M. Villeneuve : Bien, écoutez, combien de gens, on parle de quelques dizaines d'inspecteurs supplémentaires, on va se le dire, supplémentaires et qui seraient, mais vraiment dédiés à l'inspection des aliments étrangers. Et là je veux qu'on se comprenne bien, là, on n'est pas en train de mettre des standards plus élevés pour les produits étrangers. De toute façon, les accords internationaux ne le permettent pas.

Ce qu'on ferait, c'est qu'on s'assurerait que les produits étrangers qui entrent ici sont l'équivalent en termes de produits utilisés ou de qualité, qu'ils soient l'équivalent à ce que nous, on s'astreint finalement et à ce qu'on produit ici, au Québec. Donc, on parle de quelques dizaines d'inspecteurs. On ne crée pas de structure, c'est vraiment des inspecteurs qui seraient... Et là on ferait évidemment l'analyse de qui pourrait l'être. Il y en a déjà probablement, des gens qui pourraient très bien faire partie de cette escouade-là qui sont déjà au MAPAQ. Mais, vous savez... et ce n'est pas la première fois, on l'a vu dans d'autres domaines, dans d'autres ministères où on a vu, entre autres, le gouvernement dire à certains inspecteurs de rester chez eux parce qu'il y avait des coupures budgétaires. Ce n'est pas acceptable.

Alors, nous, ce qu'on dit, c'est qu'on va dédier formellement quelques dizaines d'inspecteurs qui, eux, vont faire le travail. Je vous l'ai dit puis je vous le répète, là, ce signal-là, il va être entendu forcément. Quand une entreprise étrangère essaiera, entre guillemets, de jouer au plus fin, là... on prête bonne foi à tout le monde, là, mais, si jamais ça s'avérait et qu'ils se font prendre, le fait de retourner une cargaison au complet au pays d'origine, je pense que le message, il est très clair, il est très fort. Nous, on veut s'assurer que ce qui est consommé par les Québécois soit de qualité, en respect de nos standards.

Mme Cloutier (Patricia) : Et, dans l'affaire des framboises de l'été dernier, c'est arrivé dans des institutions qui sont quand même publiques, dans des CHSLD, tout ça. Est-ce que vous, au Parti québécois, vous obligeriez, par exemple, les institutions publiques à acheter des aliments du Québec, là, par exemple, pour...

M. Villeneuve : Bon, écoutez, vous avez vu, avec la Politique de souveraineté alimentaire de François Gendron, mon collègue d'Abitibi-Ouest, lorsqu'il l'avait déposée en 2013, depuis ce temps-là, on a vu que le Parti libéral l'a retirée en catimini du site Internet, donc ne l'a pas appliquée du tout. On s'est retrouvé, pendant quatre ans, avec un vide incroyable en termes de politique de souveraineté alimentaire.

Le gouvernement du Québec, le gouvernement libéral, à la veille des élections, nous annonce qu'il va annoncer une nouvelle politique. On a perdu quatre ans. On a perdu quatre ans, quatre ans au cours duquel on aurait pu faire de la sensibilisation, mettre des éléments incitatifs aussi pour justement s'assurer que nos CPE, nos écoles, nos hôpitaux puissent s'approvisionner davantage en produits du Québec.

Alors, maintenant, il y a encore là des normes internationales qui s'appliquent, mais l'idée de la table de M. Gendron, à l'époque, table de concertation, c'est d'asseoir tous les acteurs autour de cette table-là, de travailler en concert pour justement promouvoir les produits du Québec, parce que, lorsque vous faites la promotion des produits du Québec, c'est toute l'économie locale, régionale et nationale que vous encouragez, et ça, il n'y a pas un accord international qui interdit de faire ça.

Alors, je pense que le jour où on a compris que, comme consommateurs, là, on a un pouvoir de changer les choses, eh bien, ça passe aussi par l'achat local et par l'achat de nos produits du Québec.

La Modératrice : Merci. Alain Laforest, micro de droite, TVA.

M. Laforest (Alain) : Bonjour. Ce n'est pas le rôle du fédéral?

M. Villeneuve : Bien, le fédéral, aux frontières, c'est son rôle. Maintenant, au Québec, les inspecteurs du MAPAQ doivent s'assurer que les normes et la qualité, les standards soient respectés.

Alors, je vous dirais, c'est partagé d'une certaine façon. On peut le voir comme ça, c'est partagé d'une certaine façon. Mais force est de constater que le maillon faible actuellement, entre autres, c'est le fédéral, parce que faire juste 2 % d'inspection et retrouver 20 %, je ne sais pas, moi, il y aurait une lumière qui... je suis convaincu, M. Laforest, que, vous aussi, il y aurait une lumière rouge qui serait allumée, là. Si vous faites 3 600 ou 3 800 inspections, et que, là-dessus, vous avez 20 % qui sont non conformes, 20 % non conformes, c'est beaucoup, là. Alors, c'est des produits dans lesquels se retrouvent des substances qui ne devraient pas être là, selon nos standards ici, qu'on s'est donnés comme société. Alors, je suis convaincu qu'autant vous que moi, une lumière rouge se serait allumée, puis on se serait dit : Il faut faire quelque chose.

Et, avec ce qu'on a vu, l'épisode des framboises de Chine, je pense que là c'est vraiment... il n'y a pas de mot assez fort pour le dire, là, mais c'est vraiment la goutte d'eau qui a fait déborder le vase, et il faut agir maintenant. Et agissons maintenant au Québec. On peut le faire, on doit le faire et on le fera.

M. Laforest (Alain) : Le MAPAQ fait déjà les abattoirs, le MAPAQ fait la restauration. Là, vous voudriez ajouter les importations. Ils font ça comment? Ils s'en vont aux frontières? Ils vont dans les supermarchés? C'est compliqué, là.

M. Villeneuve : Oui, sur les tablettes.

M. Laforest (Alain) : Quand ça rentre dans les frontières, ils ne sont pas là, là.

M. Villeneuve : Non, mais regardez bien, là... Oui, je suis d'accord. Ici, là...

M. Laforest (Alain) : La framboise qui rentre à Calgary, qui se ramasse à Québec ou qui rentre à...

M. Villeneuve : Ici, là, au Québec, M. Laforest, on s'occupe de la production, donc les gens sont surveillés à la ferme, ils sont surveillés lors de la production, ils sont surveillés lors de la transformation, ils sont surveillés même dans l'emballage qui se trouve sur nos tablettes. Alors, ça, c'est vraiment ce à quoi ils sont astreints. Ils le font puis ils le font parce qu'ils savent que la finalité, c'est de s'assurer de la sécurité alimentaire. Donc, ils le font très bien, nos agriculteurs, agricultrices, producteurs et transformateurs. Ils le font très bien.

Alors, maintenant, on n'a pas de... Nous, là, on ne sait pas comment ça se passe dans un pays étranger au niveau de la production, au niveau de la transformation, au niveau de l'emballage. Par contre, on sait, dans les traités internationaux, il y a une règle de réciprocité qui doit s'appliquer. Alors, ce faisant, vu qu'on ne peut pas aller dans chacun des pays qui veut vendre des produits ici, nous, ce qu'on dit, c'est qu'on va augmenter les inspections sur les tablettes pour s'assurer effectivement que tout est conforme. Et si ce n'est pas le cas, bien, évidemment, on retourne le produit. Et je peux vous dire une chose, le signal qu'on envoie, moi, je suis convaincu que ça va être très clair. Les autres pays devront respecter nos règles.

M. Laforest (Alain) : Sur les tablettes, ça va prendre des milliers d'inspecteurs, là. Il y a des centaines et des centaines d'épiceries partout au Québec.

M. Villeneuve : Non. Bien, écoutez, il faut resserrer les règles. On va s'entendre sur une chose, M. Laforest, là, on ne mettra pas 100 000 inspecteurs, demain matin, là, à vérifier la conformité des produits sur les tablettes. On ne mettra pas des centaines de milliers d'inspecteurs, mais on va en mettre, par exemple, des inspecteurs, et ils vont être dédiés à ça, ce qui n'est pas le cas présentement.

Alors, leur mandat principal, leur mandat, ça va être de s'assurer que les produits qui sont sur les tablettes sont des produits sécuritaires, qui ne se retrouvent pas... de substances que nous, on ne tolère pas ici, comme société, puis qu'on astreint nos producteurs, justement, à ne pas les utiliser, ces produits-là, pour avoir des produits de plus grande qualité. Mais ça ne prendra pas des centaines d'inspecteurs, M. Laforest, mais ça va en prendre... Je pense que le signal, il faut l'envoyer et il faut l'envoyer clairement.

La Modératrice : Merci. Catherine Lévesque du Huffington Post.

Mme Lévesque (Catherine) : Bonjour. Est-ce que les inspecteurs devraient cibler certains pays en particulier? On s'entend que les normes de production ne sont pas les mêmes aux États-Unis qu'en Chine, par exemple.

M. Villeneuve : Bien, écoutez, ça dépend de quoi on parle, parce qu'on parle de production, de transformation, d'emballage, de distribution, ça se fait évidemment au Québec, mais la production et la transformation dans les autres pays, cibler d'autres pays... Écoutez, moi, je ne veux pas ici ostraciser un pays en particulier, mais je pense que l'épisode qu'on a vécu ne doit pas... on ne doit pas revivre ça, et, pour ne pas revivre ça, il faut resserrer les règles. Mais je ne pense pas qu'on doive... à moins qu'on ait des éléments de preuve qui nous disent que, dans tel pays, les normes ne seraient pas réciproques aux nôtres, à ce moment-là, effectivement, il faudrait jeter un regard plus précis. Mais pour le moment, moi, je n'ai pas l'information pour dire : On devrait cibler tel pays en particulier.

Mme Lévesque (Catherine) : Est-ce qu'il y a lieu aussi de vérifier, en fait, les questions entourant l'éthique? Je sais que, par exemple, il y a quelques années, ça ne fait pas si longtemps. Costco avait dû retirer de ses tablettes des crevettes qui étaient faites par des esclaves, en fait, essentiellement. Donc, est-ce que vous pensez que les inspecteurs devraient s'attarder à ça aussi?

M. Villeneuve : Bien, ce n'est peut-être pas nécessairement le rôle des inspecteurs. Par contre, moi, je vais vous dire une chose, quand vous achetez du café équitable — on ne produit pas de café au Québec, ça va? — donc, quand vous achetez du café équitable ou un produit équitable qui n'est pas produit au Québec, vous... le terme «équitable» fait en sorte que les employés, le producteur recevront un prix correct et les employés recevront un salaire correct.

Eh bien, je vous réponds à ça : Acheter Québec, c'est acheter équitable, parce que nous, ici, on paie nos travailleurs selon les règles correctes, hein? On paie nos salaires... On donne des salaires à nos employés de façon correcte, et le producteur s'assure aussi d'être capable d'assurer la pérennité de son entreprise de par le profit qu'il pourra générer. Donc, si on parle d'être équitable, bien, acheter Québec, c'est... la meilleure façon d'acheter un produit équitable, c'est de l'acheter au Québec.

M. Lévesque (Catherine) : Puis finalement est-ce que vous craignez les... Si, par exemple, il y a des aliments qui ne sont pas bons, qui ne passent pas l'inspection, qui sont renvoyés dans leurs pays, est-ce que vous craignez des représailles? Est-ce que vous craignez, par exemple, que l'Inde augmente le prix encore plus sur les pois chiches, par exemple?

M. Villeneuve : Bien, écoutez, je reviens à la règle des traités internationaux. La réciprocité, on l'a inscrite dans les traités internationaux. On dit, dans les traités internationaux, on dit : Il faut que les règles soient réciproques.

Donc, on ne peut pas exiger d'un pays d'avoir des règles plus sévères que qu'est-ce que nous, on exige de nos gens ici. Mais on exige la réciprocité. Alors là, c'est important. Et là présentement vous pouvez... Allez dans un... Écoutez, moi, je ne nommerai pas de pays parce que je ne veux pas ostraciser aucun pays, mais vous allez dans une épicerie présentement et vous allez avoir une pièce de viande qui vient d'un pays où les hormones de croissance sont légales, où on peut l'utiliser. Et vous avez une pièce de viande, la même pièce de viande, mais du Québec, où là vous êtes certain, vous êtes certaine qu'il n'y a pas d'hormones de croissance qui ont été utilisées. Alors, ce n'est pas normal qu'on les retrouve encore sur les tablettes.

Il faut bouger, là. À un moment donné, il faut bouger. Ou bien on fait respecter la règle de réciprocité ou bien ou l'enlève puis on dit : Bien, faisons un peu n'importe quoi. Mais non, la règle, elle est là parce que justement on ne veut pas qu'il y ait un peu n'importe quoi. On veut s'assurer que ça soit respecté.

Alors, est-ce qu'on aurait des représailles? Moi, je pense que non. Il y a un marché ici. Il y a un proverbe africain qui dit qu'ils savent où sont leurs intérêts. Alors, ils savent où sont leurs intérêts. Leurs intérêts, c'est d'être sur les tablettes du Québec. Soit. Qu'ils respectent nos règles et qu'ils appliquent la réciprocité.

La Modératrice : Merci. Est-ce qu'on a d'autres questions? Pascal Dugas de QMI.

M. Dugas Bourdon (Pascal) : Oui, bonjour. Vous avez dit que le fédéral a inspecté 2% des aliments. Ça, c'est...

M. Villeneuve : 2015‑2016.

M. Dugas Bourdon (Pascal) : O.K. Puis ce serait quoi, la cible des inspecteurs du Québec dans ce cas-là?

M. Villeneuve : Bien, écoutez, la cible, c'est autant le fédéral que la règle de réciprocité, je vous dirais, là... Je répondrai à votre question un peu plus tard, je veux juste revenir là-dessus, c'est important. La cible, c'est d'envoyer un signal fort, c'est d'envoyer un signal très, très clair que nous, au Québec, là, on ne tolérera plus que les gens ne respectent pas cette règle de réciprocité là. Parce que le jour où vous n'appliquez pas cette règle... et c'est le cas présentement, hein, parce qu'il y a plein de produits qui sont sur les tablettes qui ne respectent pas cette règle-là. Alors, les pays étrangers qui veulent mettre des choses sur les tablettes, bien, dans le fond, ils ont des standards un peu comme ils veulent puis ils savent qu'il n'y a pas trop d'inspections.

Nous, on va augmenter. Alors, le pourcentage, c'est clair que ça va être plus que 2%. Je ne veux pas me lancer dans un chiffre, mais moi, je pense que l'important, là, c'est le message qu'on envoie. C'est que là, maintenant, là, si vous envoyez une cargaison puis que cette cargaison-là, elle ne respecte pas les règles de réciprocité, on vous la retourne. Leur intérêt, c'est quoi? C'est d'être sur les tablettes. Ils vont s'ajuster, puis, le coup d'après, je pense qu'ils vont faire les choses correctement, et c'est l'idée.

M. Dugas Bourdon (Pascal) : Il faut qu'il y ait un pourcentage assez élevé pour leur faire peur, comme vous dites, là, entre guillemets.

M. Villeneuve : Bien, juste le signal, je pense que, déjà là, ce n'est pas mal, juste le signal, là.

M. Dugas Bourdon (Pascal) : Comme votre conférence de presse de ce matin, par exemple, c'est un signal?

M. Villeneuve : Bien oui, puis ce que vous allez écrire aussi, probablement, qui va se retrouver dans différents journaux à travers la planète pour dire : Le Québec, maintenant, exige que les pays qui veulent rentrer sur les tablettes doivent respecter la réciprocité et doivent respecter les règles auxquelles nous, on est astreints.

M. Dugas Bourdon (Pascal) : Nécessairement, on va faire augmenter le prix du panier d'épicerie, parce que, comme vous dites, si on impose des inspections aux pays étrangers, les prix vont augmenter ici. Vous en avez même fait mention, là, comme quoi ce n'est pas équitable, parce qu'à l'extérieur du pays il n'y a pas les mêmes critères, donc les prix sont moins élevés.

M. Villeneuve : Bien, moi, je ne tirerais pas cette conclusion-là comme ça, maintenant, là, honnêtement, là. Est-ce que ça va augmenter le prix du panier d'épicerie? Pas sûr.

Par ailleurs, on va s'assurer que les gens vont manger des choses qui sont saines, puis moi, j'invite les gens à acheter québécois. J'ai passé deux heures à faire mon épicerie, hier, avec mon épouse et puis je n'ai pas trouvé de piment fait au Québec, et pas parce que je n'ai pas cherché, là, je n'en ai pas trouvé. Finalement, entre le Mexique puis l'Ontario, j'ai pris l'Ontario, mais j'aurais aimé ça avoir des produits du Québec. Puis je ne suis pas sûr que les piments du Québec, si on les faisait ici, seraient plus chers que qu'est-ce qu'on achète de l'Ontario ou du Mexique. Pourquoi? Puis là on pourrait embarquer dans d'autres choses...

On a, au Québec, un surplus d'énergie, d'électricité, alors on pourrait mettre à contribution ce surplus d'énergie là pour promouvoir la culture en serre. On importe actuellement 85% de nos fruits et légumes. Ce n'est pas normal. Alors, on devrait produire davantage ici.

Alors, je ne suis pas certain que nécessairement ça entraînerait une augmentation des coûts, mais je suis certain d'une chose, par exemple, c'est que ça ferait en sorte que les gens mangeraient des produits beaucoup plus sains, beaucoup plus frais et ils participeraient à l'économie locale, régionale et nationale.

La Modératrice : Merci beaucoup.

M. Dugas Bourdon (Pascal) : Juste une dernière question. Êtes-vous en mesure de chiffrer ce que ça va prendre au MAPAQ pour être en mesure d'engager ces inspecteurs-là? Donc, la différence...

M. Villeneuve : Je vous donne un chiffre : entre deux et cinq millions. Quelques dizaines d'inspecteurs de plus et un message clair et fort au fédéral et aux pays étrangers qui veulent être sur nos tablettes.

M. Dugas Bourdon (Pascal) : Merci.

M. Villeneuve : Merci à vous. Merci beaucoup.

(Fin à 11 h 21)

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