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Point de presse de M. André Villeneuve, porte-parole de l’opposition officielle en matière d’agriculture et d’alimentation

Version finale

Wednesday, April 25, 2018, 9 h 30

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Neuf heures trente-trois minutes)

M. Villeneuve : Alors, bonjour, tout le monde. D'abord, je vais vous présenter les gens qui m'accompagnent. Nous avons trois représentantes... porte-parole, en fait, du groupe Voix citoyenne, Mme Mireille Bonin, qui est avec nous, nous avons Mme Luce Bélanger, qui est présidente UPA Québec—Jacques-Cartier et qui est aussi vice-présidente de la Capitale-Nationale—Côte-Nord.

Alors, écoutez, ce matin, ce point de presse a pour but de rappeler l'engagement du Parti québécois quant à l'avenir des terres des Soeurs de la Charité, qui sont situées dans Beauport, donc tout près du Parlement. D'ailleurs, lorsqu'on est à la fontaine de Tourny, si on regarde au nord-est, on voit très bien les terres de la Charité. Pour les gens qui ne connaissent pas le secteur, ça va leur permettre de pouvoir identifier l'endroit.

On sait que... D'abord, on parle ici de tout près de 200 hectares de très bonnes terres agricoles et qui sont toujours aujourd'hui en culture, et ce, après des centaines d'années, voire plusieurs, plusieurs années, donc, en culture. On sait que ces terres ont été achetées par la Société en commandite Terres d'espérance. Le prix payé pour leur acquisition, 39 millions de dollars, représente plus de 11 fois le prix moyen à l'hectare, soit environ 184 000 $ l'hectare. Sachant que la moyenne dans la région de Québec est d'environ 16 000 $ l'hectare, donc on parle de 11 fois, plus de 11 fois le prix moyen. Alors, quand on parle de pression à la hausse sur la valeur des terres agricoles, eh bien, on a là un exemple assez patent, je vous dirais, surtout quand on est près des grands centres.

On sait qu'ultimement l'objectif visé est d'y construire 6 500 habitations pouvant y accueillir 20 000 personnes, alors il y aura des conséquences. Si jamais ce projet-là allait de l'avant, bien sûr, il y aura des conséquences. D'abord, on perdrait à jamais 200 hectares de très bonnes terres, donc, de très bonnes terres, des terres de très grande qualité au Québec, et évidemment à Québec même. Et là on pourrait parler d'avoir des terres près des grands centres urbains, ce qui permet d'avoir des circuits courts, d'avoir de la fraîcheur.

Ensuite, autre conséquence, évidemment, il y aura assurément des incidences sur la qualité de vie des résidents actuels. Il y aura aussi, évidemment, un impact sur la valeur des maisons, de l'immobilier, donc des maisons actuelles environnantes. Et qui dit augmentation de la valeur, bien, souvent ça va avec une hausse du compte de taxes, on s'entend. Et inévitablement cela provoquera un accroissement de la congestion routière.

Alors, pour toutes ces raisons et bien d'autres que les gens ici pourront vous exprimer, toutes ces raisons et bien d'autres, le Parti québécois tient à réitérer ce matin son engagement, à savoir qu'un gouvernement du Parti québécois ne permettra pas que les terres des Soeurs de la Charité sortent de la zone agricole. Et, pour ce faire, nous avons bien l'intention d'utiliser l'article de loi 96 de la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles, et je vous la lis rapidement, je vous lis rapidement l'article : «Le gouvernement peut, par avis écrit à la commission, soustraire une affaire à sa compétence.

«Lorsque le gouvernement se prévaut des pouvoirs qui lui sont conférés au présent article, la commission doit lui remettre une copie du dossier et aviser par écrit les intéressés que l'affaire à été soustraite à la compétence de la commission. Le gouvernement est alors saisi de l'affaire avec les mêmes pouvoirs que la commission et rend sa décision après avoir pris avis de la commission.

«La décision du gouvernement est déposée à la commission. Celle-ci en avise par écrit les intéressés.»

Et je me permets ce matin de demander au Parti libéral, de demander à la CAQ de prendre le même engagement. Il y a des élections le 1er octobre prochain, là, alors je demande au Parti libéral et à la CAQ de prendre le même engagement. Est-ce qu'ils vont s'engager à garder dans le giron de l'agriculture les terres des Soeurs de la Charité? La question est posée, et on espère avoir une réponse de leur part.

Ceci étant dit, on vous annonce aussi ce matin, par la même occasion, qu'à midi pile nous serons donc dans l'arrondissement de Beauport, près des terres de la Charité, nous allons aller distribuer, avec une équipe de bénévoles, cet accroche-porte pour sensibiliser, informer les citoyens, finalement, du projet qui est... du projet exprimé par la société en commandite qui s'appelle Terres d'espérance.

Et je veux dire pour terminer que le message que le Parti québécois veut envoyer à l'ensemble des spéculateurs du Québec, bien, c'est un message à la grandeur du Québec, à savoir : Nos terres agricoles, c'est le Fonds des générations. Le Fonds des générations, là, ce n'est pas des chiffres virtuels dans une colonne d'un grand livre comptable, le fonds, le réel Fonds des générations, c'est la préservation et la conservation de nos terres agricoles, et elle est vraiment là, la motivation première de notre action ce matin.

Je veux saluer... je pense que monsieur...

Une voix : ...

M. Villeneuve : Oui, c'est ça, M. Hébert vient de se joindre à nous, donc, qui est président de la relève agricole dans le secteur — ne bougez pas, que je revienne, juste pour faire les choses correctement — donc président de la relève agricole Capitale-Nationale—Côte-Nord. Bienvenue à ce point de presse.

M. Hébert (Christian) : Merci.

M. Villeneuve : Alors, voilà.

La Modératrice : Merci. Maintenant, Mme Bonin.

Mme Bonin (Mireille) : Merci. On remercie à un parti politique de nous ouvrir la porte pour parler de la vision des citoyens, de ce que ça représente pour nous les terres agricoles. Aujourd'hui, c'est le Parti québécois, mais, comme disait M. Villeneuve, j'espère que ce seront tous les partis qui auront cette vision-là.

Nous, on a appris, en 2014 par les médias, que les terres agricoles des Soeurs de la Charité étaient vendues à un promoteur immobilier, en fait au plus grand promoteur immobilier qu'on a présentement à Québec, avec la collaboration de l'Agence de revenu Canada, d'en faire un projet de bienfaisance. Alors, quand on a vu ça, nous, comme citoyens, on a trouvé ça un peu scandaleux. Comment est-ce qu'un promoteur immobilier pouvait, parce qu'il achetait d'une communauté religieuse, devenir, lui, une oeuvre de bienfaisance en soi?

Alors, il fallait qu'on fasse quelque chose. Ce qu'on a fait, c'est qu'on a commencé à organiser des conférences pour qu'on ait, entre citoyens, le loisir et la possibilité d'en parler. On a fait venir des professeurs d'université dans plusieurs conférences, on a aussi organisé une grande marche festive le 10 juin 2017, ça fait bientôt un an.

Mais, parallèlement à tout ça, il y avait le travail qui était fait au niveau de la révision du schéma d'aménagement. Et la révision du schéma d'aménagement, ça se révise aux 25 ans, alors c'était une occasion en or pour nous, comme citoyens, de voir venir les possibilités d'un aménagement qui était sensible à l'environnement, qui était sensible à ce que les urbains voyaient maintenant comme important. Et les urbains, maintenant, ce qu'ils trouvent important, c'est de préserver notre aire, de préserver nos terres agricoles, de préserver aussi la possibilité de savoir d'où viennent les produits locaux. On a décidé d'en faire nous-mêmes, des produits locaux, alors les citoyens se sont mis à se faire des boîtes à fleurs, à planter des tomates cerises, à faire grimper des vignes à raisins sur leurs maisons.

Et donc, quand sont arrivées les trois lois du gouvernement provincial, la loi sur la métropole de Montréal, la loi sur la Capitale-Nationale à Québec et la loi sur les gouvernements de proximité pour concentrer tous les pouvoirs entre les mains des municipalités, nous, on a eu peur. Nous, on a pensé que le gouvernement du Québec se délestait, se lavait les mains de l'aménagement du territoire et qu'il fallait s'en mêler. Alors, on a appris, par le travail qui a été fait ensuite au niveau de cette révision-là du territoire agricole, que les citoyens de Québec, les gens qui étaient des simples citoyens ou des petites organisations, des petits OBNL, tous ces gens-là étaient contre l'agrandissement du périmètre urbain et certainement contre les terres agricoles. Du monde qui n'avaient jamais, dans leur vie, connu… qui n'avaient jamais été fermiers, leurs parents n'en étaient pas, c'était des urbains, mais qui reconnaissaient cette valeur-là inestimable.

Alors, nous, on sait maintenant que la plupart des terres agricoles sont la propriété de promoteurs immobiliers. C'est incroyable. On regarde des films, là, c'est maintenant la... les documentaires qu'on voit… On a été voir le film Main basse sur la ville à Montréal et on a vu que Laval, les gens de Laval montraient sur une grande carte que tout le territoire agricole appartenait à des particuliers, à des promoteurs immobiliers. C'est la même chose autour de Québec. Il n'y a pas juste les terres agricoles des Soeurs de la Charité, il y a aussi les terres autour de l'aéroport.

Et donc, comme citoyens, nous, on considère que les terres agricoles méritent qu'on considère ça comme un bien commun. C'est un patrimoine commun, et ça prend des leaders forts en arrière pour pousser ça, parce que, si un jardin ne survit pas sans son jardinier, une loi pour la protection des terres agricoles ne survit pas à l'immobilier s'il n'y a pas des gens derrière pour le battre.

Alors, ce qu'on demande en plus — on va plus loin — nous autres, on voudrait qu'il n'y ait pas de spéculation foncière des terres agricoles, d'exclure les terres agricoles de la spéculation foncière et on voudrait que soit révoqué le titre de bienfaisance au projet des terres agricoles présentement, de cette ville dans la ville. Ce n'est pas comme ça qu'on fait de la charité.

Alors, merci au gouvernement du Québec de nous écouter. Merci à tous les futurs gouvernements du Québec de savoir qu'on tient à nos terres agricoles. Merci.

La Modératrice : Merci. Maintenant, Mme Bélanger.

Mme Bélanger (Luce) : Bonjour. Première des choses, je suis présidente, mais je suis aussi agricultrice, donc, moi, je vis de l'agriculture.

Les terres des Soeurs de la Charité, comme on a dit plus tôt, c'est des terres qui ont toujours été utilisées en agriculture et elles sont encore utilisées en agriculture, donc leur valeur agricole est encore là. Elles ont toujours été cultivées, comme j'ai dit, donc ce n'est pas des terres en friche. Donc, le spéculateur, quand il a acheté, il savait très bien que ces terres-là étaient utilisées pour l'agriculture.

Dans le schéma d'aménagement, on en a parlé un petit peu, nous, la position de l'UPA était de dire qu'il y avait amplement de place dans la région de la ville ou l'agglomération de la ville de Québec pour loger toutes les personnes dans les 20 prochaines années au moins. Savoir combien de personnes vont venir s'installer dans la ville de Québec, c'est lire dans une boule de cristal, parce qu'on peut prévoir certaines choses, ça ne veut pas dire que ça va arriver. Et, si ça n'arrive pas, bien, on va avoir dézoné des bonnes terres, des terres de super bonne qualité, des terres sur lesquelles on peut faire pousser à peu près n'importe quoi pour mettre des maisons. Puis, comme je dis tout le temps, la minute qu'on met du béton sur une terre agricole, elle est finie, vous ne pouvez plus l'utiliser pour des fins agricoles.

Donc, nous, on a demandé de réviser le montant de logements qui seraient demandés ou qu'il y aurait besoin de créer pour les prochaines années en disant que le chiffre n'était pas réaliste. On attend toujours le schéma, on n'a aucune idée de ce qui se passe avec ça. On espère, en tout cas, que les gens des gouvernements ou des instances concernées ont considéré la quantité de logements disponibles en ce moment par rapport aux futurs résidents.

On parle aussi de la valeur agricole de ces terres-là. Comme je dis, c'est des terres qui sont de super bonne qualité, c'est des terres sur lesquelles on pourrait faire n'importe quoi. On parle d'agriculture urbaine, on veut faire des jardins sur des toits, mais en même temps on veut dézoner des terres qui sont à proximité. On parle de circuits courts, on parle du Grand marché, on parle de plein de choses, on stimule l'agriculture, mais en lui coupant carrément l'herbe sous les pieds en voulant dézoner des terres comme ça. Puis on a parlé aussi des terres des Soeurs de la Charité, le 200 hectares, mais on parle aussi des terres dans le coin de l'aéroport puis à Saint-Augustin aussi, des terres qui sont agricoles et qui ont possiblement des demandes de dézonage dans le schéma d'aménagement.

Pour nous, à l'UPA, c'est sûr qu'à chaque fois qu'on perd du territoire agricole, on perd de l'agriculture. Puis on dit tout le temps : Au Québec en entier, il y a seulement 2 % des terres qui sont agricoles qui sont encore arables, qui sont encore utilisées ou qui sont encore zonées vertes, donc importance encore de garder ces terres-là. Puis naturellement, bien, les plus belles terres sont souvent autour des villes parce que les villes sont venues s'installer sur les terres agricoles et non le contraire. Ça fait que, pour nous, c'est très, très important de garder la valeur de ces terres au niveau de l'agriculture pour le futur de l'agriculture, pour le futur des gens, parce que la nourriture, bien, c'est aussi important que des logements, mais on peut mettre un logement sur un terrain de sable, mais on ne peut pas faire d'agriculture là-dessus. Merci.

La Modératrice : Merci. Maintenant, M. Christian Hébert.

M. Hébert (Christian) : Bonjour. Je m'appelle Christian Hébert, je suis producteur agricole, je suis président de la relève agricole pour la Capitale-nationale—Côte-Nord et second vice-président de la FRAQ.

L'accaparement des terres, comme il est fait avec les terres des soeurs patrimoniales des... les terres des Soeurs de la Charité, c'est un type d'accaparement qui nous touche tous comme relève. À notre dernier congrès, au début du mois de mars, on a une résolution qui a passé à l'unanimité contre l'accaparement et la financiarisation des terres, et on demande une loi contre la financiarisation des terres.

Un exemple, l'an dernier, j'ai déposé un grief pour manquement à l'éthique au président de La Financière agricole du Québec. Dans les dernières années, le prix des denrées agricoles a été bon, ça a fait des surplus dans nos programmes. En plus, comme relève, on a milité pour que soit créé un fonds d'investissement en relève agricole : 25 millions du gouvernement du Québec, 25 millions de Desjardins, 25 millions du Fonds de solidarité. Ce n'est pas utilisé tout d'un coup, ça fait que cet argent-là, il ne dort pas à La Financière, il est placé à la Caisse de dépôt et placement du Québec. Et maintenant la Caisse de dépôt devient la banque de Charles Sirois et de Pangea pour piquer nos terres. Et, par le bras immobilier de la Caisse de dépôt, Ivanhoé Cambridge, ça devient aussi la banque de Cominar, qui accapare les terres dans la région de Québec. On est tous touchés. C'est des projets qui sont très loin de la biodiversité comme on souhaite atteindre. C'est une plaie pour la relève agricole, ça met en péril la souveraineté alimentaire du Québec. Et on est tous vraiment touchés parce que c'est la pire attaque, c'est le pire désastre environnemental de l'histoire moderne du Québec. Merci.

La Modératrice : Merci. M. Villeneuve va clore avec un petit mot.

M. Villeneuve : En conclusion, je pense que M. Hébert vient d'en faire une très bonne. Moi, je veux juste réitérer notre position, à savoir que nous ne permettrons pas que ces terres-là sortent de la zone agricole. Et on veut envoyer un message très clair à l'ensemble des spéculateurs du Québec qui auraient idée d'acheter des terres pour, justement, attendre, et attendre, et attendre pour, tôt ou tard, y construire des maisons dessus : On est à l'ère de la densification et on a un patrimoine collectif à protéger, et les terres des Soeurs de la Charité en font partie. Merci.

La Modératrice : Merci. On va maintenant passer à la période de questions. Micro de gauche, Pascal Dugas, de Québecor Média.

M. Dugas Bourdon (Pascal) : M. Villeneuve, vous reprochez souvent au fédéral d'empiéter sur les compétences de Québec, mais là ce que vous faites, c'est un peu la même chose avec la ville de Québec, parce que le zonage, c'est de compétence municipale.

M. Villeneuve : Bien, si vous voulez qu'un zonage agricole soit efficace, il faut qu'il soit géré par une loi, et il existe une loi qui gère ça, et cette loi-là, pour qu'elle puisse être cohérente, elle doit s'appliquer à l'ensemble. Donc, oui, effectivement, les MRC peuvent se donner des plans de schéma d'aménagement, vous avez raison. D'ailleurs, il y a des auditions, il y a des consultations. Et, pour avoir été maire, j'ai participé, dans la MRC de D'Autray, à l'époque, justement... un schéma d'aménagement. Vous avez raison là-dessus, le fédéral, oui, qui, sans tenir compte de nos avis, permet des aérodromes un peu partout au Québec, là, permet des expropriations sans consultation et sans aucune possibilité pour le gouvernement du Québec d'intervenir. Alors, on est un petit peu locataires, au Québec, de nos terres.

Dans le cas qui nous préoccupe, votre question, elle est fort intéressante, mais, en quelque part, on est à l'ère de la densification, je le disais tantôt, et la ville de Québec, ça a été démontré qu'ils peuvent densifier encore beaucoup, beaucoup, beaucoup sans toucher à ces terres-là.

Alors là, il y a une question aussi d'avoir une orientation nationale. Et je pense que la loi le dit bien, c'est une orientation nationale qu'il faut avoir. Et c'est clair, là-dessus je vous donne raison, qu'un gouvernement intervienne en utilisant l'article 96 de la loi, c'est par une volonté politique de le faire. Et nous affirmons, au Parti québécois, que nous aurons ce courage politique pour, justement, préserver les terres des Soeurs de la Charité dans le giron agricole.

M. Dugas Bourdon (Pascal) : Est-ce que vous craignez que M. Labeaume dise : Bien, c'est ma décision, c'est à moi de prendre cette décision-là, vous marchez sur mes platebandes?

M. Villeneuve : Bien, je ne crains personne. Je suis un législateur et j'essaie de travailler pour le bien commun de l'ensemble du Québec.

La Modératrice : Merci. Micro de droite.

Mme Bélanger (Luce) : Est-ce que je peux juste préciser?

M. Villeneuve : Oui, bien sûr. Allez-y.

Mme Bélanger (Luce) : Parce que, même si M. Labeaume demande, ultimement c'est à la CPTAQ, la Commission de la protection du territoire agricole du Québec, de prendre la décision.

La Modératrice : Merci. Micro de droite.

M. Patelli (Yannick) : Oui. Vous avez parlé tout à l'heure du problème Pangea, M. Hébert, notamment. Récemment, on a fait une entrevue avec les frères Ménard, à Montmagny, qui se félicitent d'avoir signé avec Pangea. Puis il y en a quelques-uns à travers le Québec qui voient une solution dans le modèle Pangea. Qu'est-ce que vous en pensez, vous, M. Villeneuve?

M. Villeneuve : Bien, moi, je suis de ceux qui croient qu'il faut regarder ultimement... la vocation des terres agricoles, c'est quoi, la vocation ultime. Pangea a un modèle, c'est clair. Ce modèle-là, il est… lorsqu'on nous l'explique, lorsqu'on nous fait aussi valoir la philosophie derrière le modèle… Bien, de la philosophie derrière un modèle, ça ne s'écrit pas sur un contrat, ça ne s'écrit pas dans une fondation ou dans un fonds privé, on ne peut pas l'écrire. Alors, est-ce que… Ce que nous en disent les propriétaires de Pangea, c'est qu'ils ont une belle philosophie de pouvoir faire croître l'agriculture, de pouvoir aider la relève. Mais qu'arrive-t-il si, dans un an ou dans 10 ans, Pangea vend son groupe de terres ou une partie de son bloc de terres à d'autres intérêts? La philosophie ne suivra pas, elle.

Alors, moi, là, ce qui me préoccupe, là, ultimement, là, pour le Québec, là, c'est de s'assurer que nous ayons… que nous puissions protéger comme la prunelle de nos yeux ce patrimoine national que sont les terres agricoles.

M. Patelli (Yannick) : Et, sur les terres des Soeurs de la Charité, vous parliez tout à l'heure de l'agriculture urbaine, de circuits courts, pour revenir un peu sur ce que disait mon collègue. Est-ce que M. Labeaume a été sensibilisé? Avez-vous rencontré M. Labeaume pour lui expliquer votre vision?

M. Villeneuve : On a suivi de très près les différentes discussions qui ont eu cours, mais les gens qui sont ici, Voix citoyenne, ils les ont suivies encore plus près que nous, et je pense que je vais laisser madame répondre à votre question, monsieur.

Mme Bonin (Mireille) : Vous savez, il y a un mouvement d'agriculture urbaine à Québec qui existe depuis neuf ans, ça s'appelle la Fête des semences. Ça fait neuf ans que ça existe, ça fait son petit chemin, 500, 1 000, 1 500… L'année dernière, on s'est dit : Bien, il faut faire ça sur deux jours. Ça se fait à l'Université Laval, cette fête-là, avec conférenciers, et tout, bien là il va falloir faire ça sur deux jours, il y a trop de monde. Cette année, c'est 5 000 personnes qui sont venues. M. Labeaume était là. Il était là parce qu'il sait maintenant que la population de Québec, de sa ville, ce n'est pas juste des promoteurs, c'est aussi des citoyens qui savent que l'agriculture urbaine, c'est une rareté, c'est une valeur inestimable. Alors, si on veut planter autre chose que sur son balcon, ça nous prend des terres agricoles. Il y a des projets magnifiques qui peuvent être faits. On prend, par exemple, le modèle d'André Desmarais, avec sa ferme, qui montre que, dans un petit lopin de terre, on peut rendre rentable… et avoir un bijou de culture, la meilleure alimentation possible, les produits les plus nourriciers possible sur un petit lopin de terre. Alors, oui, les maires sont conscients que ça vaut quelque chose, et certainement le maire Labeaume.

La Modératrice : Merci.

M. Villeneuve : Peut-être, M. Patelli, juste dire un élément qu'on n'a peut-être pas précisé tantôt. Les terres des Soeurs de la Charité, beaucoup d'agriculteurs auraient aimé les acheter. Mais, à 39 millions, là, quelqu'un qui a une capacité comme ça au niveau de la trésorerie, là, c'est clair que les agriculteurs n'ont pas pu rivaliser en termes d'offres d'achat, on s'entend, et c'est un peu ce qui se produit avec la plupart des fonds d'investissement privés au Québec. Mais allez-y.

M. Patelli (Yannick) : Et en fait Mme Bonin a parlé de M. Desmarais. Effectivement, M. Desmarais a un projet qu'il a bien expliqué, d'ailleurs, dans La ferme et son État, il semble dire qu'il veut le démultiplier en 100 fermes. Est-ce que des projets comme celui de M. Desmarais, La Ferme des Quatre-temps, pourraient être un projet réaliste à Québec?

M. Villeneuve : Honnêtement, là, je n'ai pas le détail, le fin du détail. Quelqu'un... ou expliquez-nous un peu davantage, M. Patelli.

M. Patelli (Yannick) : Non, mais c'est pour savoir... En fait, puisque le modèle de M. Desmarais, effectivement, a été présenté cette année comme un modèle assez exemplaire — M. Desmarais et M. Fortier, en fait, Jean-Martin Fortier — est-ce que ce modèle-là pourrait se dupliquer dans d'autres secteurs, notamment à Québec, en fait, sur les terres des Soeurs de la Charité?

Mme Bonin (Mireille) : Absolument, hein, parce que, dans le fond, son modèle, c'est de dire : Sur un espace restreint... Il faut dire que les terres agricoles des Soeurs de la Charité sont un grand terrain, mais une partie de ce terrain-là pourrait être utilisée pour reconnaître la valeur du travail artisanal en agriculture, en reconnaître en plus la valeur éducative. Nous autres, on voit un multiprojet sur ces terres-là. Mais, honnêtement, M. Dallaire, s'il savait ce qu'il faisait, il se rendrait compte que la plus grande rareté et le produit le plus précieux qu'il a entre les mains, c'est des terres agricoles pour les cultiver. Alors, nous autres, on aimerait ça que M. Desmarais rencontre M. Dallaire pour lui dire ça. Ce projet-là, il faut qu'il soit... Il faut que tous les gens sachent ce qu'on peut faire avant, avant de détruire.

M. Hébert (Christian) : Que ce soit le projet de M. Desmarais, qu'on s'entend qu'il n'est pas du tout pareil comme le projet de M. Sirois, mais, dans un cas ou dans l'autre, on a des relèves qui sortent extrêmement formées et compétentes des différentes institutions, que ça soit les ITA, que ça soit les collèges, que ça soit les centres de formation professionnelle. Et, si La Financière agricole travaillait comme elle devrait travailler, prenait les mêmes risques envers les jeunes, comme elle prenait voilà des décennies, qui étaient faits au Québec, il n'y a personne, aucun jeune qui aurait avantage et qui voudrait s'associer avec ces gens-là, hein?

La Modératrice : Merci beaucoup.

M. Villeneuve : C'est bon? Ça va? Bien, merci beaucoup de votre présence. Merci, mesdames, merci, messieurs.

(Fin à 9 h 57)

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