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Point de presse de M. Pierre Arcand, chef de l’opposition officielle, et M. Sébastien Proulx, leader parlementaire de l’opposition officielle

Version finale

Friday, August 30, 2019, 13 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Treize heures quatre minutes)

M. Arcand : Alors, bon après-midi à tous.

Comme vous le savez, la politique, on le dit toujours, c'est un sport extrême. C'est exigeant. Ça implique énormément de compromis sur le plan personnel et familial. C'est particulièrement difficile pour des députés qui ont de jeunes enfants parce que, tout le monde le sait, ce n'est pas un emploi de 9 heures à 5 heures. Ça implique d'y investir les soirs. Ça implique d'y investir également ses fins de semaine. Il y a également parfois la culpabilité, qui fait en sorte qu'on se sent coupable de rater le tournoi de soccer ou le récital de son enfant. Ça demande également énormément de compréhension de la part des conjointes et des conjoints. C'est donc, comme je le mentionnais, énormément de compromis.

Le député de Jean-Talon, Sébastien Proulx, notre leader parlementaire, a eu à vivre cette conciliation travail-famille. Aujourd'hui, il en arrive à la conclusion qu'il souhaite prendre une autre voie pour sa carrière. Je tiens donc, au nom de notre formation politique, à le remercier pour son dévouement, pour son implication, pour sa fougue à l'intérieur de notre parti. Merci, Sébastien. Merci également à son épouse, Guylaine. Et je lui laisse dès maintenant la parole.

M. Proulx : Merci, Pierre. Si vous me le permettez, je débuterais peut-être par une déclaration puis ça me fera plaisir par la suite de répondre à l'ensemble de vos questions.

Alors, chers amis, les gens que je côtoie et que je connais, qui sont ici également avec vous, alors c'est une journée qui est très émotive puisque j'annonce aujourd'hui mon départ de la vie politique québécoise. Et je tenais à le faire ici, à l'Assemblée nationale du Québec — c'est votre maison, mais c'est aussi ma maison — après en avoir avisé mon chef, Pierre Arcand, hier soir et les membres de notre caucus ce matin.

Je quitte donc à compter d'aujourd'hui mes fonctions parlementaires et mon poste de député de la circonscription de Jean-Talon. Il s'agit, pour moi, d'une réflexion longue et sérieuse, qui s'est précipitée dans les derniers jours avec l'acceptation vraiment récente d'un nouveau défi professionnel. Comme vous le savez, il n'y a jamais de bon moment pour quitter. Il s'agit d'une décision très difficile, une décision déchirante. Mais, puisque les activités du Parlement reprennent, je me devais, par respect pour mes collègues notamment, d'agir maintenant.

Et cette réflexion, bien, elle a débuté avec le contexte qui entourait la course à la chefferie du Parti libéral du Québec. Après y avoir songé, réfléchi et avoir pris la décision de ne pas m'y présenter, j'ai fait un examen de conscience et je me suis posé la question inévitable suivante : Qu'est-ce que je souhaite accomplir par la suite?       J'ai 44 ans. Je suis à ce carrefour à mi-parcours de la vie et il me faut moi aussi réfléchir à cette autre étape qui viendra. Certains s'en souviendront, certains d'entre vous, les médias, se souviendront que ça fait 15 ans ou presque que je travaille, de près ou de loin, en politique québécoise. Même lorsque je n'étais pas élu moi-même, je travaillais dans l'attente d'un retour. Toutes ces années, j'ai travaillé en fonction de la politique. En voulant servir le Québec, j'y ai consacré une grande partie de ma vie à moi, au détriment des autres sphères de celle-ci. Au moment des réflexions des derniers mois et des dernières semaines, cela a pris tout son sens. L'implication personnelle en politique a un prix. Il est élevé sur soi, sur sa famille et sur ses proches. Et, au moment où mes enfants entrent dans l'adolescence, bien, je choisis d'être encore plus présent pour eux et je fais le constat personnel que je n'ai pas toujours réussi le partage nécessaire entre la vie politique et la vie de famille.

Je quitte en me disant que j'ai parfois réussi à faire une différence, ce dont je serai éternellement très fier. J'ai été élu député trois fois, leader de l'opposition officielle lors de mes deux passages dans l'opposition, ministre de la Famille et ministre de l'Éducation, mais aussi ministre responsable des régions de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, sans oublier ma région, la Capitale-Nationale. J'ai eu le privilège de servir et d'être au coeur de l'action à de nombreuses reprises. J'ai travaillé sans relâche, peut-être même un peu trop, plusieurs heures par jour, souvent tard la nuit, et ce, presque tous les jours. J'ai puisé au plus profond de mes réserves pour servir et améliorer les choses qui m'apparaissaient et qui m'apparaissent incorrectes.

J'ai travaillé toujours dans le respect de ma fonction de député ou de ministre, dans l'intérêt des autres, et dans l'objectif de contribuer au développement du Québec. J'ai aussi travaillé à l'intérieur de certaines limites, que j'ai toujours tenté de repousser. J'ai fait mon travail avec humilité, intégrité et respect, au meilleur de mes connaissances et en y consacrant toutes, mais toutes, mes énergies. Et je ne peux passer sous silence cet immense privilège d'avoir occupé des fonctions ministérielles importantes dans ma vie et d'avoir mis en place des éléments qui, je le crois, portent déjà leurs fruits ou donneront des résultats à court ou à moyen terme. Ce sera à vous et aux autres d'en juger dans l'avenir. Mais il est aujourd'hui le temps pour moi de faire autre chose et de faire différemment. Je veux vous informer, et vous vous en doutiez déjà, j'en suis convaincu, que je veux continuer à servir, à m'impliquer dans ma communauté. Ceux qui me côtoient savent que c'est en moi et que je ne pourrai jamais renier le goût du service.

Je ne peux vous quitter sans prendre le temps de remercier ceux et celles qui, tout au long de ces années, m'ont appuyé, m'ont épaulé et m'ont conseillé. Je veux remercier les électeurs qui m'ont fait confiance, même dans un contexte électoral difficile, le 1er octobre dernier. J'ai beaucoup pensé à vous au cours des derniers jours et des dernières heures. Ces quatre dernières années à vous côtoyer ont été importantes pour moi. J'ai beaucoup appris et, comme à chaque jour de ma vie, j'ai apprécié ces moments. Je serai encore présent ici, dans la communauté, pour m'y impliquer, mais, dans l'avenir, différemment.

Je veux remercier et saluer mon chef actuel, bien sûr, Pierre Arcand, notre ancien chef, Philippe Couillard, mes amis officiers et collègues du caucus, tous ceux et celles qui militent au Parti libéral du Québec et avec qui j'ai eu le plaisir et le privilège de collaborer. Ce fut sincèrement un honneur de travailler à vos côtés. Je vous suis reconnaissant et j'espère avoir été un collègue à la hauteur de votre amitié et de votre confiance tout au long de mon mandat. Je suis fier d'appartenir à une très grande famille politique qui trouvera les moyens et les mots pour se positionner dans l'avenir.

Je veux également saluer les parlementaires de toutes les formations politiques, les employés de l'Assemblée, vous-mêmes, des médias, pour votre gentillesse et votre collaboration au fil des années. Nous sommes des privilégiés qui oeuvrons au coeur d'une société qui est riche à tout point de vue et qui servira encore et toujours de modèle dans l'avenir. Le Québec, c'est une société unique. Soyons-en fiers et disons-le. Moi, j'ai toujours cru en notre nation.

Je voudrais, bien entendu, remercier mes collaborateurs, au comté, ici, à l'Assemblée, dans les cabinets que j'ai occupés. Vous êtes toutes et tous des gens en or. Je vous suis reconnaissant pour votre confiance et votre grand dévouement. Aussi, bien sûr, remercier ma famille, celle de ma conjointe, qui nous ont épaulées au fil des années, et mes amis qui, toujours, sont là présents à nos côtés. Et enfin, bien, c'est le plus important, je veux remercier Guylaine et les enfants. Merci de m'avoir partagé autant. Je vous aime profondément. Merci.

Je suis maintenant prêt à répondre à vos questions.

La Modératrice : Alain Laforest, TVA.

M. Proulx : Pardon, M. Laforest.

M. Laforest (Alain) : Il n'y a pas de problème, monsieur Proulx.

M. Proulx : C'est l'heure de la gorgée. Je l'apprécie. Merci.

M. Laforest (Alain) : La passion n'y était plus?

M. Proulx : Est-ce que la passion n'y était plus? La passion de servir, la passion de venir à l'Assemblée nationale, la passion de siéger au salon bleu, elle est là. J'ai fait une réflexion que j'ai exprimée dans ma déclaration. Il est maintenant, pour moi, le temps de passer à autre chose. Je veux consacrer les prochaines années de ma vie à autre chose et je veux surtout retrouver ou trouver cet équilibre qui, je pense, m'a manqué au fil du temps. Est-ce qu'il y a moins de passion? Peut-être. Est-ce qu'il y en avait encore? Je peux vous l'assurer. C'est ce qui a rendu cette décision extrêmement difficile et déchirante.

M. Laforest (Alain) : Un bon coup et un mauvais coup en 15 ans, un regret, je dirais?

M. Proulx : Ah! écoutez, le regret, puis, je pense, ce sera celui de bien des politiciens, c'est de ne pas avoir accompli tout ce qu'on pensait pouvoir accomplir lorsqu'on vient ici, à l'Assemblée. Alors, moi, j'ai plusieurs bons souvenirs. Un bon coup, je vous dirais, c'est d'être resté celui que je suis. Les gens vous diront que j'ai toujours été, je pense, à l'écoute, assez authentique, dans toutes les variations que ça peut amener, et, bien, ça fait de moi l'homme que je suis. Je l'étais avant. Je l'ai été pendant. Je l'ai été ministre. Je vais l'être encore après.

M. Laforest (Alain) : Et on peut savoir où vous allez?

M. Proulx : Je ne peux pas vous le dire maintenant pour des raisons très simples, c'est que je vais finaliser tout ça dans les prochaines heures et prochains jours. Ce sera annoncé sous peu. Mais je m'en vais dans un milieu, disons, plus institutionnel que la politique.

M. Laforest (Alain) : ...vous appeler maître?

M. Proulx : Ah! bien, je le suis toujours. Alors, vous avez le droit de le faire. Mais est-ce que je reprends la pratique? La réponse est non.

La Modératrice : Mylène Crête.

Mme Crête (Mylène) : Bonjour, M. Proulx. J'aimerais savoir pourquoi vous vous êtes présenté lors de la dernière élection si vous saviez... Vous connaissiez déjà la charge de travail que ça implique, d'être député, vous avez été ministre, et là vous quittez moins d'un an après avoir été réélu.

M. Proulx : Bien, d'abord, je connaissais la charge. Je la connais et je l'ai toujours acceptée. Il y a des éléments qui amènent à déclencher une réflexion comme celle-là. Il y a, bien sûr, le résultat de l'élection, mais qui a surtout amené le départ de M. Couillard et cette course à la chefferie où j'y ai moi-même pensé, pour laquelle j'ai été beaucoup sollicité. Et, après y avoir réfléchi, j'ai fait le choix que ce n'était pas mon tour, ce n'était pas mon temps, ce n'était pas de moi que le Québec avait besoin maintenant et que moi personnellement, je ne voulais pas y aller pour des raisons bien personnelles. Alors, tout ça m'a amené dans cette réflexion dont je parle aujourd'hui, où je me dis : J'ai 44 ans, ça fait 15 ans que je fais des entrées et des sorties dans la vie politique. J'ai donné beaucoup, beaucoup, beaucoup pour les autres. J'ai beaucoup pensé en fonction des autres. J'ai pris sur moi les responsabilités, les tâches, des problèmes que j'aurais pu partager autrement. J'ai décidé de me choisir aujourd'hui et de choisir ma famille.

Mme Crête (Mylène) : Est-ce que je dois comprendre que vous retournez à la pratique du droit?

M. Proulx : Non. Je commence à avoir un peu d'expérience ici. Vous aurez compris que je ne pourrai pas vous dire maintenant où je vais. Puis ce n'est pas parce que je veux le cacher, mais parce que ce sera annoncé en temps et lieu par mon employeur. Ceci étant dit, non, je ne retourne pas pratiquer le droit dans un cabinet d'avocats, si c'était votre question.

La Modératrice : Rémi Nadeau.

M. Proulx : Bonjour, M. Nadeau.

M. Nadeau (Rémi) : Vous dites justement que vous avez pensé à vous. C'est bien.

M. Proulx : Merci.

M. Nadeau (Rémi) : Mais qu'est-ce que vous pensez de l'état dans lequel vous laissez toutefois le parti? Qu'est-ce que ça vous fait de faire en sorte qu'avec votre départ, même, là, il n'y a vraiment plus de députés libéraux, là, dans tout l'Est?

M. Proulx : Bien, d'abord, l'état dans lequel je laisse le parti, il est bon, suite à la dernière élection, puis je m'explique. D'abord, les collègues sont mobilisés. Le chef a une équipe avec laquelle il travaille. La course à la chefferie va s'enclencher. La reconstruction est débutée. Alors, comme m'a dit un vieux sage qui a déjà travaillé avec nous en politique, et il va se reconnaître s'il l'entend, le gouvernement libéral a perdu la dernière élection. Le Parti libéral est l'opposition officielle et il a gagné ses élections et le poste d'opposition officielle parce qu'il y a des collègues qui ont été élus à l'Assemblée nationale. Ça va se poursuivre même en mon absence. Je vais continuer à militer, dans la mesure du possible, bien sûr, en lien avec les responsabilités qui seront les miennes. Je ferai les aménagements nécessaires. Mais le parti est sur la bonne voie dans la mesure où la reconstruction est entamée, et ça, c'est ce qu'il y a de plus important pour le Parti libéral du Québec, qui est une force politique qui ne devrait pas disparaître et qui ne va pas disparaître.

M. Nadeau (Rémi) : Mais est-ce qu'on a fait un peu pression sur vous pour que vous demeuriez, là?

M. Proulx : Non, pas du tout. Écoutez, moi... Puis je vais le...

M. Nadeau (Rémi) : ...comme j'ai dit, vraiment, il n'y a plus aucun député...

M. Proulx : Oui, et je le comprends. Vous exprimez là une des questions que je me suis posées, des réflexions que j'ai faites suite à ma décision. Je suis pleinement conscient des effets de voir un collègue quitter. Je suis pleinement conscient de la situation dans laquelle ça place le parti dans la mesure où il y aura une élection partielle dans une circonscription de Québec. Mais c'est une circonscription qui a été fidèle au Parti libéral du Québec, qui a appuyé le parti au fil du temps. C'est une circonscription qui a une belle organisation. Les militants y sont dévoués. Et le parti va faire son travail pour présenter la meilleure candidature au moment où le premier ministre décidera de déclencher.

Mais je tenais à dire, parce que vous m'en donnez l'occasion, que cette relation que j'ai eue avec le Parti libéral du Québec se termine comme elle a commencé, c'est-à-dire d'excellente façon. J'ai appelé Pierre Arcand hier soir. On a convenu de se reparler ce matin. On avait convenu de garder ça entre nous le temps d'être capables d'aviser ceux et celles qui devaient le savoir. J'ai pu moi-même participer à un caucus téléphonique avec les collègues députés. J'ai pu exprimer les raisons que je vous ai exposées d'abord. Et j'ai le privilège et la chance d'avoir Pierre Arcand avec moi pour exprimer ce que je fais aujourd'hui et pour lui permettre lui aussi de dire que les choses se sont faites de la meilleure façon possible dans de telles circonstances.

La Modératrice : Mathieu Dion.

M. Proulx : Bonjour, M. Dion.

M. Dion (Mathieu) : Bonjour. On en comprend que, si vous étiez encore ministre aujourd'hui, la décision ne serait probablement pas la même. Qu'est-ce que ça représente de passer de ministre à simple député de l'opposition?

M. Proulx : Ah! c'est une très bonne question. Un jour, il faudra épiloguer, si vous me prêtez l'expression, ou en discuter plus longtemps parce que ce n'est pas toujours un passage qui est facile, même dans l'administration de soi, là. Moi, je faisais à la blague... Les gens qui me connaissent le savent. Le jour où le garde du corps m'a dit : Bien, je vous souhaite bonne chance, et il m'a laissé dans un stationnement au travail de ma conjointe, puis j'ai ramassé mes affaires, puis j'ai appelé Guylaine, j'ai dit : Où sont les clés de l'auto?, tu sais... Alors, tu sais, c'est une image, une caricature pour vous dire qu'on n'est pas toujours préparé à ces situations-là, notamment dans l'organisation de soi et de ses proches. On le sait, lorsqu'on est nommé ministre, comme lorsqu'on pratique un sport de haut niveau, qu'on est de passage et en politique et dans les responsabilités. On sait que c'est du temps qui nous est prêté. On sait que c'est un privilège d'y être et que ça ne durera pas et on sait que l'élection peut être le moment où les choses peuvent basculer.

Alors, moi, ce n'est pas de perdre les responsabilités ministérielles qui m'ont amené à faire ce que je fais aujourd'hui. Il y a un déclencheur qui fait qu'une fois le résultat de l'élection connu, la réflexion à l'égard de la course à la chefferie, ce que j'entrevois à l'âge que j'ai et ce que je veux faire dans l'avenir auprès des miens et dans la vie pour toucher à de nouvelles expériences professionnelles, notamment... Parce que moi, je ne suis pas de ceux qui pensent que la politique, c'est une profession. C'est un métier qu'on pratique, mais je ne pense pas qu'on est un professionnel ou on doit être un professionnel qui y passe toute sa vie active. Ça, c'est mon point de vue. D'autres ne seraient pas d'accord avec moi.

Alors, c'est dans ce contexte... Oui, il y a des éléments déclencheurs qui m'amènent ici. Mais moi, j'étais très heureux d'être le député de Jean-Talon, très heureux des fonctions parlementaires qui étaient les miennes, privilégié du contact que j'ai eu et que j'aurai, j'imagine, encore, j'espère, avec les gens, qui prenaient le temps d'arrêter pour dire : Ce que vous avez fait, vous l'avez bien fait, maintenant, merci de continuer à servir. Je voulais aujourd'hui prendre le temps d'expliquer pourquoi je quittais, non pas parce que je ne les aime pas, non pas parce que je n'aime pas ce que je fais, non pas parce que je n'ai pas de considération pour la tâche, mais parce que moi, je suis rendu là, pour aller faire autre chose.

M. Dion (Mathieu) : Vous avez été un ministère de l'Éducation passionné. Un an plus tard, quand vous regardez le ministère que vous avez dirigé, que vous avez tenté de remonter, vous en pensez quoi?

M. Proulx : Bien, écoutez, je ne ferai pas beaucoup d'analyses sur ce qui se fait actuellement. Vous aurez compris que ça me donne le privilège d'aller de votre côté regarder les autres répondre aux questions à partir d'aujourd'hui. Mais, s'il y a une chose qui est certaine, c'est que, et puis je vais me permettre de le dire ainsi, beaucoup des actions qui sont en cours, pas toutes, mais plusieurs actions en cours, plusieurs réalisations, actuellement, sur le terrain, dans le milieu de l'éducation, viennent du travail qu'on a fait au cours des dernières années. La politique sur la réussite éducative, cette mobilisation de l'ensemble du milieu, cette espèce de grande conversation qui fait qu'il y a des gens de partout au Québec qui ont recommencé à se parler puis à se dire : Écoute, c'est une œuvre collective, l'éducation, ce n'est pas chacun notre affaire, chacun pour soi, bien, ça, ça vient, je pense, du travail, en partie, de ce que j'ai fait. Puis je le dis avec toute l'humilité nécessaire. Alors, s'il y a des choses qui, aujourd'hui, peuvent arriver, ce n'est pas seulement parce qu'on a fait le travail, parce qu'il y a un gouvernement pour faire autre chose, mais il y a des choses aujourd'hui qui sont possibles parce qu'on a fait ce qu'il fallait il y a quelques années déjà.

La Modératrice : Patricia Cloutier.

M. Proulx : Bonjour, Mme Cloutier.

Mme Cloutier (Patricia) : Bonjour, M. Proulx. Est-ce qu'aujourd'hui vous nous dites : La politique, au sens large, plus jamais?

M. Proulx : Je ne serais pas capable de dire cela parce que je suis comme tous les autres qui y ont goûté. On ne sait jamais ce qui peut se passer. Si votre question sous-entendue, puis je vais la préciser pour donner la réponse la plus précise, est la suivante : Est-ce que vous quittez pour en préparer une autre?, la réponse, c'est : Non, pas du tout. Je disais à la blague tout à l'heure à Pierre Arcand : Il doit me rester assez de pancartes de Coroplast, puis de posters, puis de feuillets chez nous pour pouvoir discuter avec moi-même quelques heures si j'ai envie de me représenter à court terme. Sincèrement, non, je ne vais pas préparer une autre élection. Mais j'ai 44 ans. On ne sait jamais de quoi demain est fait, mais je ne quitte pas dans cette optique-là. J'ai déjà 15 ans, cinq élections, trois fois élu derrière la cravate. C'est beaucoup de travail, pour l'âge que j'ai, je trouve, déjà, d'accompli, puis j'en suis très fier.

Mme Cloutier (Patricia) : Donc, dans l'immédiat, par exemple, pour le fédéral, on va mettre une croix là-dessus?

M. Proulx : Ah! ça, vous pouvez en être certain.

Mme Cloutier (Patricia) : Mais je voulais vous poser une question. On vous a pressenti aussi pour vous lancer dans la course à la succession du maire Labeaume, peut-être, à la mairie de Québec. Est-ce que ça, c'est complètement évacué ou ce serait quelque chose qui pourrait vous intéresser?

M. Proulx : Je vais répondre de la même façon que j'ai répondu dans le passé. D'abord, j'ai un handicap, je n'habite pas Québec. Je l'ai déjà exprimé. Vous allez me dire : Ça peut changer. Vous avez raison. Mais moi, je ne me suis jamais acheté une maison pour postuler sur un job. Ce n'est jamais arrivé, puis je ne pense pas que ça va arriver. Si, un jour, je déménage, ce sera pour des raisons familiales plutôt que pour le travail parce que je veux et je souhaite rester dans la région de Québec. C'est notre communauté d'adoption. Nos enfants y grandissent, y vont à l'école. Guylaine travaille ici depuis de nombreuses années. On est maintenant chez nous ici. Alors, non, je ne fais pas cela pour positionner quoi que ce soit. Est-ce que je ferme la porte à une autre intervention ou à une autre implication politique un jour? La réponse, c'est non. Mais je veux être très clair, puis j'essaie de l'exprimer le plus simplement possible, je ne pose pas ce geste-là aujourd'hui en attendant quelque chose. Je le fais parce que je suis rendu à cette étape-là de ma vie, où je veux m'implanter différemment, travailler différemment et construire autre chose pour ma vie puis celle de ma famille.

La Modératrice : Geneviève Lajoie.

M. Proulx : Bonjour, Mme Lajoie.

Mme Lajoie (Geneviève) : Bonjour, M. Proulx. Vous avez été député, ministre, mais vous avez aussi été ce qu'on appelle un apparatchik, un stratège. Vous aviez à conseiller le premier ministre.

M. Proulx : Deux fois dans ma vie. J'ai eu la chance de travailler avec quelques chefs, moi, oui.

Mme Lajoie (Geneviève) : Voilà. Donc, on s'imagine que vous avez quand même calculé pas mal vos affaires. Qu'est-ce que vous diriez, comme stratège, à votre chef, là, qui se ramasse avec le seul député, presque, en dehors de Montréal qui était libéral...

M. Proulx : Bien, on a eu une courte conversation suite à l'annonce de mon départ, mais on a surtout eu plusieurs conversations avant, au moment où on travaillait ensemble. Puis ils vont continuer de le faire, à poursuivre cette reconstruction. Le Parti libéral du Québec, c'est une grande organisation qui a subi un coup difficile le 1er octobre dernier, mais qui va rebondir. Le Québec a besoin du Parti libéral du Québec parce qu'il exprime quelque chose qui est important. C'est un espace politique. C'est un lieu de rencontre et d'idées important et c'est un parti qui sait comment gouverner le Québec. Alors, dans le contexte actuel, c'est plus difficile, mais viendra des moments où, pour les autres, ce sera difficile. Et, dans ce contexte-là, le meilleur conseil que je peux donner à mes collègues, c'est de continuer à rebâtir, à prendre le temps de mettre chacune des pierres au sol bien enlignées pour que, lorsqu'il y aura une prochaine élection, ils soient prêts à reprendre le pouvoir ou à faire cette élection et être l'alternative du gouvernement en place.

Mme Lajoie (Geneviève) : Vous n'êtes pas sans savoir que ça a un coût aussi, une élection partielle. Certains vous le reprocheront.

M. Proulx : Oui, c'est certain.

Mme Lajoie (Geneviève) : Vous leur répondez quoi? Et pourquoi ne pas avoir attendu la fin du mandat?

M. Proulx : Bien, deux choses. La première, c'est qu'avoir attendu la fin du mandat m'aurait placé dans la situation, impossible pour moi, où j'aurais été dans l'attente de quelque chose et j'aurais baissé le niveau de service, et de passion, et, je dirais, d'énergie à faire ce que je dois faire. Ça, c'est la première chose.

La deuxième, c'est vrai qu'il y a un coût à mon départ. Peut-être préciser, parce que la question va m'être posée : Ça vous donne combien en argent sonnant, votre prime, c'est quoi? Il n'y a pas de prime reliée à mon départ. Je quitte. Et le temps où je ne travaillerai pas d'ici un nouvel emploi sera du temps pris sur moi pour me reposer. Ça a fait partie de ma réflexion aussi, ça. Il faut expliquer aux gens qu'on quitte. Il faut expliquer aux gens pourquoi on quitte après une année. Il faut expliquer aux gens qui militent au sein de notre formation politique ce que ça veut dire, quitter le Parti libéral du Québec dans le contexte actuel, et il faut expliquer aux électeurs qu'il y aura une nouvelle élection.

Vous savez, ça fait partie du contexte démocratique dans lequel on évolue. C'est par des élections que les gens sont élus comme représentants de l'État et du comté. Lorsqu'il y a vacance, il y a une élection. Et, dans ce contexte-ci, je l'ai dit, la politique, pour moi, c'est un moment où tu es de passage, et moi, mon tour, il vient de passer. Et, dans ce contexte-là, je dis aux gens : Merci de comprendre, merci d'accepter cette décision-là, même si, pour certains, ce ne sera pas facile, et surtout permettez-moi de continuer à collaborer et de m'impliquer avec vous dans notre milieu. On peut s'impliquer de bien des façons. Il y a un député... Il y a plus ou moins 50 000 personnes dans un comté. Tous et toutes ont une contribution.

M. Laforest (Alain) : M. Arcand, j'aimerais vous entendre.

M. Arcand : Oui, certainement.

M. Laforest (Alain) : Dans la mythologie grecque, vous venez de perdre le kraken. Le Parti libéral est plus faible aujourd'hui.

M. Arcand : D'abord, premièrement, il n'y a pas juste le Parti libéral. Je pense que l'Assemblée nationale au complet perd, avec Sébastien Proulx, d'abord, premièrement, ce que je considère être un maître de la procédure parlementaire, dans un premier temps. Je crois que, quand je regarde tous les leaders parlementaires qui sont là à l'Assemblée nationale, Sébastien était celui qui était le plus expérimenté. Maintenant, c'est la vie, les choses évoluent de cette façon-là. Sébastien demeure un militant du Parti libéral, va continuer à être un militant du Parti libéral, et certainement que j'aurai l'occasion de l'appeler souvent pour bénéficier de ses conseils. Et je dois vous dire jusqu'à quel point j'ai apprécié travailler avec lui.

Maintenant, pour la suite des choses, je ne laisserai pas aller le comté de Jean-Talon, là. On va se battre. Tous les collègues qui sont à l'Assemblée nationale vont se battre, vont faire du porte-à-porte. On va faire une campagne très intensive dans le comté de Jean-Talon parce qu'on veut garder ce comté-là dans notre formation politique. Alors, on va faire le maximum, je peux vous l'assurer.

M. Laforest (Alain) : Nathalie Normandeau, 50 % des chefs d'accusation qui sont tombés aujourd'hui, ça vous dit quoi?

M. Arcand : Ça ne me dit rien pour l'instant. C'est un dossier judiciaire, et je préfère ne pas commenter.

La Modératrice : On va passer à l'anglais. Raquel, s'il vous plaît.

Mme Fletcher (Raquel) : Bonjour. Premièrement, j'ai des questions pour M. Proulx aussi en français.

M. Arcand : Allez-y.

M. Proulx : Oui. Je vous remercie de m'accommoder. Je vous remercie.

Mme Fletcher (Raquel) : Oui. Au sujet de la communauté anglaise, en fait, parce que, quand vous étiez le ministre de l'Éducation, je sais que vous étiez bien apprécié dans les communautés anglaises au Québec même si vous ne parlez pas anglais et je sais qu'il y avait beaucoup, beaucoup de monde en général, beaucoup de Québécois, pas juste des anglophones, mais beaucoup de Québécois qui voulaient ou qui anticipaient que vous vous lanciez dans la course à la chefferie, qu'est-ce que vous dites à ces gens-là que vous avez touchés pendant que vous étiez ministre?

M. Proulx : Bien, d'abord, je vous remercie de la question puis je vous remercie de relayer leur propos. Moi, j'ai apprécié au plus haut point travailler avec l'ensemble des Québécois. Ça m'a toujours touché de voir que des gens étaient prêts à nous accorder, individuellement, comme ça, leur confiance, voyaient en nous quelqu'un capable de porter le projet collectif du Québec. Moi, je leur souhaite le meilleur. Je leur dis que je vais travailler autrement, moi aussi, comme ils le font chacun de leur côté, à embellir notre société et surtout de ne pas lâcher. Ce que je dis, moi, aux gens du Québec, c'est de ne pas arrêter de croire, de ne pas arrêter de rêver, de revendiquer quand ça ne fonctionne pas, d'accepter que ça ne soit pas toujours simple parce que changer des choses au Québec, ce n'est pas simple. On a quelques traits de caractère. Celui-là, c'en est un. Mais, lorsqu'on s'y met, lorsqu'on prend le temps de discuter, lorsqu'on ne lève pas le ton, mais qu'on trouve l'espace de discussion, on réussit. Alors, ce que je leur dis, à ces gens-là, c'est merci. Et moi, j'ai adoré travailler avec la communauté anglophone, travailler avec les communautés culturelles, dans le milieu de l'éducation. J'ai adoré travailler à défendre leur spécificité. Et c'est une belle richesse pour notre société.

Mme Fletcher (Raquel) : Vous êtes une île libérale dans un océan caquiste dans la région de Québec.

M. Proulx : Je disais souvent que je suis un point rouge sur une carte, oui.

Mme Fletcher (Raquel) : Est-ce que vous vous sentez mal de quitter votre circonscription?

M. Proulx : Je pense l'avoir exprimé tout à l'heure, bien sûr que ça a fait partie de ma réflexion. Et je ne serais pas honnête, et je l'ai toujours été avec vous et avec les gens qui m'ont posé la question, oui, je sens une certaine responsabilité. C'est normal. Ça ne pourrait pas être autrement lorsqu'on apprécie les gens, lorsqu'on apprécie ce qu'on fait, lorsqu'on croit en ce qu'on fait. Maintenant, je ne peux pas non plus... C'est ce que j'ai dit à Pierre hier et je vais le dire ainsi pour que tout le monde le comprenne bien, moi, je ne peux pas porter sur moi l'ensemble de ces responsabilités dans la mesure où elles ne me concernent pas toutes. Le Parti libéral va survivre au départ de Sébastien Proulx, là, comme il a survécu à l'ensemble des départs dans le passé, et d'autant plus que ce départ-là, il se fait, et je le pense sincèrement, dans la courtoisie nécessaire et qui fait qu'on sera capables encore et toujours de travailler ensemble. Alors, moi, j'ai confiance en l'avenir. Mais, oui, je reconnais... Et je porte en moi, dans ces déchirures dont je parlais tout à l'heure, cet aspect important que, bien sûr, actuellement, et pour un certain temps, je prive ma formation politique d'un point géolocalisé, dans la région de Québec, qui était libéral, je sais.

Mme Fletcher (Raquel) : Vous étiez honnête par rapport à votre opinion au sujet de la laïcité. Est-ce que ce désaccord avec vos collègues faisait partie de votre réflexion?

M. Proulx : Pas du tout. Vous avez, encore là, une excellente question qu'il me fait plaisir de répondre. Non, moi, j'ai tout le temps pensé que, quand on était clair, honnête puis on exprimait les choses telles qu'elles sont, c'était plus simple. Dans ce débat-là, compliqué, tout le monde savait que je portais une position qui était celle du rapport Bouchard-Taylor. Pourquoi? Parce que je croyais à un compromis. Et moi, j'ai cru que l'espace de discussion pour la société, il était là. Par contre, tout le monde savait que j'étais contre la loi n° 21. Tout le monde savait et tout le monde sait encore aujourd'hui, je pense, que je ne suis pas d'accord avec ce qu'ils font actuellement, et notamment dans le milieu de l'éducation. Alors, à chaque fois qu'on a eu à voter dans ce bâillon, je me suis levé debout, j'ai fait mon travail et j'ai voté contre.

Alors, non, ça ne change rien. Des gens pourraient penser que, parce qu'il y a de la discussion, dans un parti politique, parfois animée, que c'est malsain. Au contraire, un gars comme moi s'est retrouvé au Parti libéral du Québec parce qu'il y avait de l'espace pour moi. Et moi, je viens d'ailleurs, en plus, mais il y a tout le temps eu de l'espace pour moi, et on a toujours trouvé l'espace nécessaire pour travailler ensemble parce qu'on avait des buts communs. Et c'est pour ça que j'ai porté fièrement les couleurs puis que je suis très fier de ce qui est arrivé dans le passé.

La Modératrice : Phil Authier.

M. Authier (Philip) : Bonjour, M. Proulx. Avez-vous un conseil à donner à votre parti sur comment rebâtir...

M. Proulx : C'est beaucoup de considération de penser que je suis apte à donner des conseils.

M. Authier (Philip) : ...bien, comment rebâtir les appuis dans le Parti libéral.

M. Proulx : Bien, d'abord, ils vont continuer de faire ce qu'ils font et ce que nous faisions au temps où j'y étais, c'est-à-dire de reprendre la conversation avec les électeurs francophones. Ça, je pense que c'est important. Peu importe le constat que vous faites sur pourquoi cette conversation-là n'avait peut-être pas autant lieu ou n'avait pas lieu dans les dernières années ou pour la dernière élection, c'est important d'aller chercher le pouls de ce qui s'y passe, dans cette communauté, d'aller chercher cet espace de discussion où on sera capables de travailler à construire des projets aussi de fierté pour le groupe majoritaire francophone du Québec. Alors, ils n'ont qu'à poursuivre le travail de reconstruction. C'est juste que je n'en ferai pas partie, comme militant actif, au sein de la députation.

M. Authier (Philip) : Très bien. Une en anglais, M. Arcand.

Where does this leave the party? You lose a key... This is a key riding for you. You don't have many ridings outside of Montréal. You're trying to rebuild support in the francophone community. Mr. Proulx is a symbol for that in that it was the only riding in this area in a sea of CAQ. Where does that leave you, at the party, today?

M. Arcand : Well, the party, again, we have a new president. We have a new general manager. We just winded up with a convention… in the youth convention in Québec City, where we had more than 400 young people who were present. We're going to have another one at the end of November. And, of course, we will work very hard to maintain this seat in Jean-Talon when the Premier will decide when will be the next by-election. So you can be sure that all the colleagues from our political party will work hard.

And, of course, we will wind up, now, in the coming months, I hope, I would say, where certain subjects like Bill 21 will be something that will be behind us because it is now a law. So I think that we're going to be able, in the following months, and we're working hard on that, to be able to present to Quebeckers solutions for the future of Québec and be able also to show the weakness of this Government in many respects. So this is what we're going to do. And, of course, I can tell you that, when I look at the... when I talk to the associations' presidents, when I talk to members of the party, you know, there's still a room for a party who is at the center of the politic spectrum and who believes in rights, who believes in freedoms and who believes in a strong economy in Québec. I think that we are perfectly there for the… We will be there for the future.

M. Authier (Philip) : You must admit it's a big loss for your party.

M. Arcand : It's a big loss for the party and it's a big loss for… Also, like I said, it's a big loss for the National Assembly. I think that Sébastien was able to talk often to the President of the National Assembly, and remind him often of the procedures, and what was important, what was good to be done. So, in that sense, I would say that it's a loss. But, you know, we'll have a strong candidate in Jean-Talon, I can promise you.

La Modératrice : Mylène.

Mme Crête (Mylène) : Je voulais vous poser la question. Qui va être votre prochain leader parlementaire?

M. Arcand : Bien, écoutez, j'aurai l'occasion de prendre cette décision-là assez rapidement parce que la session recommence bientôt. Mais je vais me pencher là-dessus en fin de semaine et au début de la semaine prochaine, puis, en temps et lieu, on pourra vous l'annoncer.

Mme Crête (Mylène) : Est-ce que M. Barrette serait un bon leader, à votre avis?

M. Arcand : Écoutez, vous comprendrez qu'à ce stade-ci je ne ferai pas de commentaire là-dessus.

La Modératrice : Jocelyne Richer.

Mme Richer (Jocelyne) : Bonjour, M. Arcand. Sur un autre sujet, la commission parlementaire sur l'avenir des médias a pris fin il y a quelques heures à peine. Vous connaissez très, très bien le monde des médias. J'aimerais beaucoup vous entendre sur... J'imagine que vous avez suivi, de près ou de loin, les travaux.

M. Arcand : Bien sûr.

Mme Richer (Jocelyne) : C'était, je pense, une commission très, très pertinente, très instructive. Et j'aimerais savoir qu'est-ce que vous en retenez, sur l'ampleur de la crise qui frappe présentement les médias et sur le rôle que vous voyez, à partir d'aujourd'hui, que doit tenir le gouvernement du Québec.

M. Arcand : Bien, c'est-à-dire que je pense que le gouvernement... On a eu l'occasion... Je pense que Mme Melançon l'a exprimé très clairement, sur le fait qu'il fallait que le gouvernement exerce une forme de leadership au niveau de la taxation. Je pense qu'on l'a exprimé à plusieurs reprises. Mais je pense aussi qu'il faut avoir une vision plus globale de la situation. Moi, la chose que j'ai moins aimée dans cette commission, je ne comprends pas pourquoi ceux qui investissent, par exemple, des dollars publicitaires comme des agences de publicité, on n'a pas entendu... Elles ont été étonnamment muettes, ces agences, au cours... et c'est elles qui contrôlent les dollars publicitaires dans tout le Québec. Pourquoi ces agences choisissent d'aller vers Google ou, encore une fois, Facebook et les autres?

Alors, ça, il y a cet élément-là. Mais je pense aussi qu'on oublie toujours aussi, dans ces éléments-là, que peut-être qu'il peut y avoir des solutions qui ne soient pas seulement des solutions locales, ça peut être des solutions... Vous savez, quand on a créé, par exemple... Puis vous, vous venez de La Presse canadienne. On a créé La Presse canadienne. C'est une coopérative, puis c'est une coopérative pour permettre aux journaux locaux, à l'époque, d'avoir leur correspondant à Ottawa, de reprendre des fils de presse et ainsi de suite. Je pense que cette réalité-là... Je comprends que le contexte est différent, mais cette réalité-là, elle est là encore aujourd'hui, et je pense que, là-dessus, il faudrait se pencher sur cette question-là. Je pense qu'on se bat maintenant contre les géants de Palo Alto, en Californie. Il faut, à travers le Canada, s'équiper pour être en mesure, à tout le moins, de les affronter.

Mme Richer (Jocelyne) : ...sur l'ampleur de la crise, votre lecture actuellement. Certains vont dire : Oui, c'est gérable... et avons quelques mesures ici et là. D'autres vont dire : On est au bord du précipice. Quelle est votre vision?

M. Arcand : Vous savez, la crise, elle a commencé, à mon avis, il y a plusieurs années, plusieurs années. La chose, c'est qu'elle s'est intensifiée depuis les deux ou trois dernières années. Mais je me rappelle très bien à l'époque où j'étais ministre de l'Environnement, par exemple, où j'avais les représentants des journaux, des magazines, qui venaient me voir pour me dire : Écoutez, on n'a pas les moyens actuellement de payer, là, les frais nécessaires dans le cas du recyclage. Donc, ce n'est pas quelque chose qui était nouveau. Et donc je pense que c'est une bonne réflexion qui doit être faite. Mais je pense qu'on doit penser en termes de grand ensemble et non plus juste localement, si on veut.

La Modératrice : Merci.

M. Proulx : Merci à vous.

M. Arcand : Merci.

(Fin à 13 h 41)

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