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Point de presse de M. André Fortin, porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé et services sociaux

Version finale

Thursday, October 10, 2019, 9 h 28

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Neuf heures vingt-neuf minutes)

M. Fortin : Bien, bonjour. Je suis ici avec des gens de la Mauricie, des gens qui ont oeuvré dans le milieu de la santé, qui ont oeuvré à Cloutier-du-Rivage, qui continuent, de façon bénévole, de donner du temps pour Cloutier-du-Rivage et surtout pour les résidents du Cap-de-la-Madeleine, des gens qui comprennent l'urgence ou l'importance de l'urgence, l'importance des services qui sont donnés, au Cap-de-la-Madeleine, à la population locale, qui parfois n'a pas l'opportunité, l'occasion de se faire soigner, de se faire traiter ailleurs qu'à Cloutier-du-Rivage.

Et on est venus ici aujourd'hui avec eux pour présenter la pétition qui a été signée par environ 7 000 personnes de la Mauricie qui tiennent à leur urgence, qui tiennent aux services qui sont donnés sur place, alors, des gens qui ont fait signer cette pétition-là très rapidement pour pouvoir la présenter ici parce que l'urgence doit fermer au cours des prochains jours. Alors, il fallait bouger rapidement. Je vous en félicite d'ailleurs, parce que faire signer 7 000 personnes, ce n'est pas facile dans un si court délai, mais ça exprime aussi toute la volonté de la population, toute la volonté des gens du Cap-de-la-Madeleine de maintenir les services qui leur sont donnés.

L'idée n'a jamais été de dire que les nouveaux services qui pourraient être ajoutés, ceux de nutritionnistes ou autres, ce n'est pas une bonne chose, l'idée c'est de dire qu'il y a des services, en ce moment, qui sont en voie d'être perdus par l'action du CIUSSS, par l'action du gouvernement pour les gens du bas du Cap-de-la-Madeleine, et c'est pour ça qu'on va présenter avec fierté la pétition qui a été signée par 7 000 personnes en Mauricie.

So, today, we are here to denounce the Government's plans to cut services to the Mauricie, to cut services to the people of the Cap-de-la-Madeleine by closing their emergency room, an emergency room that has been established for years and years, that provides good services, good local health care, the way we should want it everywhere across the province.

And the people to my right got 7,000 people to sign a petition, 7,000 people, in a very short time, to sign a petition to maintain those services and we will be proud to present that petition here, in Québec city this morning. Mme Lanneville.

Mme Lanneville (Andrée) : Oui. Je viens présenter une pétition parce que je viens au nom de mes patients, que je viens au nom des concitoyens du comté de Champlain. Je viens les représenter, je viens porter leur voix, parce qu'ils ne sont pas d'accord avec la perte de ce service-là.

Trois-Rivières, c'est la première ville au Canada qui a plus de personnes âgées que de jeunes. Alors, ces services-là sont très importants pour eux. Déjà, l'urgence de Trois-Rivières est une urgence problématique où est-ce que ça déborde souvent. Alors, une clinique, oui, je n'ai rien contre, mais qu'elle s'ajoute aux services qu'on offre déjà, parce qu'un corps étranger dans l'oeil, un traitement d'inhalothérapie, faire des analyses de laboratoire ou des rayons X qu'on a les résultats en dedans d'une heure, ça se fait dans une urgence, pas dans une clinique. On ne peut pas traiter quelqu'un qui arrive avec une douleur thoracique, puis dire : Je vais vous envoyer en ambulance au CHRTR parce qu'ici on ne le traite pas. Ça n'a pas de bon sens, cette histoire-là.

Il faut absolument qu'on garde ce service-là. C'est primordial. Là, en plus, la région du bas du Cap-de-la-Madeleine, c'est des gens qui sont défavorisés, non seulement âgés, mais défavorisés. Il va falloir qu'on pense à ça. La population est vieillissante, ils ont besoin de plus de services, ils sont plus malades.

Puis tous les services qu'ils disent qu'il va y avoir dans la clinique, on les avait déjà. Ce n'est pas un plus, c'est un moins. C'est très important que le gouvernement écoute aujourd'hui ce que la pétition veut dire, puis ce que les gens demandent.

M. Fortin : Le temps presse pour que le gouvernement agisse. Le gouvernement doit agir rapidement et doit changer son fusil d'épaule. Et on veut aussi... et on doit le faire, on doit dénoncer toute l'improvisation du gouvernement dans ce dossier-là. Le CHRTR n'est pas prêt à accueillir tous ces patients-là. L'urgence, au CHRTR, elle déborde déjà.

Dans ce dossier-là, là, il y a eu des représailles face aux médecins, face aux infirmières, face aux préposés qui oeuvrent dans le réseau de la santé et qui, eux, faisaient des représentations uniquement pour leurs patients, qui pensaient au mieux de leurs patients, et ils se sont faire dire par le CIUSSS de cesser toutes ces activités-là. Honnêtement, ce n'est pas ce qu'on veut d'un réseau de la santé à l'écoute de ses professionnels, à l'écoute de ses patients, à l'écoute de leurs besoins.

Et finalement on n'est pas prêt à passer au nouveau modèle de clinique. Le CIUSSS avait pris l'engagement, l'engagement formel que toutes les ressources humaines nécessaires seraient embauchées d'ici la fin de la semaine. On apprend maintenant qu'il y a uniquement deux des cinq IPS, des cinq infirmières praticiennes spécialisées qui sont prêtes à prendre le relais. On n'est simplement pas prêt à faire ces changements-là, tout de suite. Le CIUSSS doit revoir sa position pour que ces services-là soient maintenus à court terme, mais à long terme également pour les gens du bas du Cap-de-la-Madeleine.

Mme Lanneville (Andrée) : Oui, absolument, puis il y a une pénurie d'infirmières praticiennes. Je n'ai rien contre, moi, je suis infirmière. Je le sais, comment c'est important, puis je le sais, toute la latitude qu'on peut avoir. Nous autres, on avait des protocoles préautorisés où est-ce que, quand on recevait les gens, on pouvait faire des analyses de laboratoire, des radiographies. Quand ils arrivaient devant le médecin, on avait déjà les résultats, on les sortait du lot quand on voyait que leurs cas étaient plus graves que qu'est-ce qu'ils pensaient. Les gens arrivent, souvent : Ah! je me sens faible, je suis fatigué de ce temps-là, mais leur saturation en oxygène n'est pas normale, on est obligés de les coucher. On fait des analyses, on trouve d'autres choses.

Ce n'est pas vrai que les gens sont au diagnostic et qu'ils arrivent en sachant qu'est-ce qu'ils ont. Ça, ça ne fonctionne pas. Puis les infirmières praticiennes, ça fait juste commencer, là. Il y a une pénurie, il n'y en a pas suffisamment. Là, il en manque trois pour combler les postes qui sont pour la nouvelle clinique puis ils nous ont dit cette semaine qu'il y en aurait une nouvelle cohorte qui sortirait en 2021. Ce n'est pas demain, ça, 2021, qu'il va y avoir des nouvelles infirmières pour faire fonctionner cette clinique-là.

Ça fait que c'est approximatif, c'est... il n'y a rien de coulé dans le ciment. À tous les jours, ils changent leur discours. Ça va être ouvert de telle heure à telle heure, mais ils ne pourront pas garder les plages ouvertes au maximum puisqu'il n'y a pas assez de personnel pour la faire fonctionner. Puis d'aller chercher des infirmières praticiennes dans des bureaux de GMF présentement, puis de les faire travailler en temps supplémentaire, ils vont les épuiser. Puis pendant qu'ils vont être à Cloutier, ils ne pourront pas recevoir leurs patients ordinaires dans leurs cliniques, dans leurs GMF.

Ça fait que c'est quatre trente-sous pour un dollar, là, on fait juste jouer à la chaise musicale, mais il n'y a pas plus de services là. Il y a une coupure réelle. Les infirmières praticiennes sont capables de voir moins de patients qu'un médecin. On passe — on peut parler de 420 patients qu'on voit présentement... en fait, qu'on voyait au mois de juillet, avant qu'ils nous ferment le soir — à 170. C'est drastique, c'est dramatique. C'est une grande perte pour la population du Cap-de-la-Madeleine.

M. Fortin : Je vous remercie. Je vous remercie beaucoup, Mme Lanneville et j'espère que les gens ont bien compris toute l'importance de cette urgence-là. Je pense que vous le savez déjà, mais j'espère qu'aujourd'hui, à travers le dépôt de la pétition, on va pouvoir convaincre les députés de la région, les députés de la Coalition avenir Québec, d'entendre ce que leur population demande, d'entendre les besoins, mais surtout de faire pression sur la ministre de la Santé, sur le CIUSSS, pour que l'aveuglement volontaire cesse et pour qu'on puisse rétablir ces services-là dès maintenant. Je vous remercie.

(Fin à 9 h 36)

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