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Point de presse de Mme Marwah Rizqy, porte-parole de l’opposition officielle en matière d’éducation et d’enseignement supérieur , Mme Jennifer Maccarone, porte-parole de l’opposition officielle en matière de famille et de clientèles vivant avec un handicap ou avec le spectre de l’autisme et Mme Francine Charbonneau, porte-parole de l’opposition officielle en matière de lutte contre l’intimidation

Version finale

Friday, February 7, 2020, 21 h

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Vingt et une heures)

Mme Rizqy : Alors, bonsoir. Nous venons de terminer un débat restreint qui devait porter sur la gouvernance scolaire et l'abolition des élections scolaires, mais évidement, avec un projet de loi aussi gigantesque que le projet de loi n° 40 déposé par le ministre Roberge, ça a été très difficile de nous rendre à une véritable étude. On a fait de notre mieux pour essayer de corriger ce projet de loi, mais évidemment, lorsqu'on veut faire une réforme aussi importante, on ne dépose pas un projet de loi qui comporte déjà plus de 300 articles. Quand c'est tellement important, on n'attend pas à l'automne pour déposer un projet de loi, on s'y prend d'avance, on s'assure d'attacher les fils avant de le déposer.

Le ministre savait qu'il y avait énormément de corrections à faire. Il en a déposé plus d'une centaine, et, au final, on s'est rendu compte qu'on a joué dans son spectacle. Il n'avait jamais eu l'intention de repousser la date du 29 février pour l'entrée en vigueur, parce que, s'il avait eu l'intention de le faire, clairement, aujourd'hui, il ne nous aurait pas refilé en douce un amendement qui dit qu'en fait son projet de loi est sanctionné dès ce soir ou dès ces heures de matin.

Alors, le ministre a manqué de transparence, et je comprends finalement son empressement. C'est que, depuis 24 heures, nous recevons, le premier ministre, le ministre de l'Éducation ainsi que mes collègues, des courriels des comités de parents à travers le Québec. Plus de 30 comités de parents, qui représentent 64 % des élèves dans notre réseau d'éducation, ont décidé que, pour eux, le projet de loi n° 40 n'était pas la solution. Ces parents-là ont besoin d'être aussi entendus. Le ministre a compris que finalement il était seul à véritablement vouloir une telle réforme dans le réseau de l'éducation et il a fait fi des voix discordantes. Ni les enseignants ni les parents ne sont écoutés, puis aujourd'hui les oppositions sont bâillonnées, et les commissaires scolaires sont tout simplement congédiés.

Mme Maccarone : Un petit mot pour la communauté des enfants, des élèves handicapés. C'est les grands oubliés dans le projet de loi n° 40, puis ce n'est pas la première fois. C'est multiples fois que le gouvernement caquiste oublie la communauté des personnes vulnérables, que ce soit adultes ou enfants. Mais, encore pire, dans le projet de loi n° 40, on a soulevé ce problème, on l'a soulevé, le problème, aujourd'hui, en période de questions, on n'a pas eu de réponse, on a eu des platitudes puis on a eu des réponses en disant que... aucun problème, ils vont pouvoir figurer à l'intérieur du comité qui existe déjà. Mais ils sont oubliés partout, partout, partout dans le projet de loi n° 40.

On a entendu la Fédération québécoise de l'autisme, on a entendu... on a entendu la coalition des parents handicapés. Tout le monde a dit qu'il voulait avoir plus de pouvoirs, ils voulaient être entendus par un ministre qui a fait un monologue et non un dialogue avec la communauté.

Et un mot aussi pour la communauté anglophone. On n'est pas en train de nous donner quelque chose qui m'appartient déjà comme membre de cette communauté. Les lois vont être brimées avec l'adoption du projet de loi n° 40, parce que, c'est sûr, les droits de la communauté minoritaire, expression anglaise, ne seront pas respectés. De gérer et contrôler leurs institutions, ça, c'est quelque chose fondamental. Nous sommes en train de changer les droits et les libertés des personnes sous bâillon, on ne respecte pas la communauté, et c'est une communauté qui s'est fait un lobby, qui ont essayé, ont parlé à un mur, un ministre qui n'était pas à l'écoute et il va payer pour dans le futur.

Une voix : Je vais vous faire un petit mot pour la...

Mme Charbonneau : Je vous dirais que c'est une journée très triste. On savait d'emblée que le projet de loi n° 40 amenait l'abolition des commissions scolaires, donc la fin du mandat des commissaires scolaires. Le projet de loi avait été écrit pour que ça se finisse au mois de juillet puisqu'il y avait un moment de transition. Ce soir, au début de la plénière, le ministre a déposé des amendements qui annoncent cette nuit que le projet de loi va faire en sorte que les commissaires scolaires n'ont plus d'emploi.

Le ministre prétend qu'il veut un moment de transition, un moment qui va faire en sorte que ça sera facile pour l'administration de mettre en place quelque chose. Il est faux d'annoncer que ce sera aussi simple que ça. Ce n'est pas parce que les commissaires ne savaient pas ce qui arrivait, c'est surtout par le choc qu'amène la fin de leur emploi et de leur passion, parce que ce sont des gens...

Donc, plutôt que de faire une transition honorable, respectueuse, qui fait en sorte que les gens s'y retrouvent, bien, ce qu'on fait, c'est qu'on met à la porte, à l'intérieur d'une nuit, des milliers de gens qui donnent de leur passion et de leur temps pour la réussite éducative. C'est une journée très triste pour la démocratie.

Mme Rizqy : Le ministre, en terminant, a essayé de dire que, dans l'opposition, on faisait de l'obstruction, qu'on était des gens qui empêchaient de faire avancer son projet de loi. Moi, je peux vous dire que je suis très fière d'avoir avec moi Jennifer Maccarone, Francine Charbonneau, qui comptent en plus plusieurs années d'expérience, aussi mes collègues des autres oppositions. On a travaillé de façon très collégiale à toujours bonifier le projet de loi. Ce n'est pas la première fois qu'on était tous réunis à travailler avec le ministre. Et dans les autres projets de loi qu'on a été capables d'amener en procédure régulière, même si on n'était pas en accord totalement avec le ministre, on a toujours été capables de faire des amendements qui nous permettaient d'avancer. Pour qui? Pour les enfants.

Aujourd'hui, c'est un recul pour les enfants, c'est un recul pour les parents, c'est un recul pour l'ensemble des enseignants, mais c'est surtout, surtout un recul pour le ministre, parce qu'il a perdu énormément de crédibilité, mais aussi notre confiance pour la suite des travaux.

Mme Fletcher (Raquel) : Speaking of the Anglophone community, you said that the Minister will pay for what he did. What do you mean by that?

Mme Maccarone : Well, certainly I think you're going to see a strong lobby from many of the community groups, be it QCGN, be it the Québec English School Boards Association, the English Parents' Committee Association or APPELE, the new group that's coming together to house all of those groups that represent the Anglophone community. They've sent a strong message to the Minister to say that they know for a fact that their rights are not respected and that it was their intention to act in the event of an adoption of Bill 40.

Mme Fletcher (Raquel) : And what will that mean, I guess, for Bill 40 if they go ahead with that?

Mme Maccarone : I'm not a lawyer but I think it would mean that they would be moving forward with legal action. I would say that Mrs. Rizqy is probably better suited to answer that question.

Mme Rizqy : Well, that means more money for the lawyers and less money for all the services that the kids need.

Mme Fletcher (Raquel) : There was also a debate about that the Minister has the power to decree a different territory for service centers or fusion them together, possibly. Would that also be the case for the Anglophone school boards?

Mme Rizqy : Yes.

Mme Fletcher (Raquel) : What is the fear or their concern with that...

Mme Maccarone : The fear in the community?

Mme Fletcher (Raquel) : Just in general, because I know there was a big debate about that. If you could speak what their concern is about that.

Mme Maccarone : There is a genuine concern because there's only nine Anglophone school boards, as it states today, and the size of the territories are enormous. The Central Québec School Board is the size of 400,000 square kilometres, that's Spain. The Sir-Wilfrid-Laurier School Board is 35,000 square kilometres, that's the size of Belgium. They cannot get any larger and be able to service the needs of the students on their territory. It is already a huge, huge burden. Any further fusing of territories will result in significant loss in students' success.

And I have to say that in the Anglophone sector, they're all excelling in students' success and they are models that should be followed, not ones that should be put through rigorous tests of structures and governance changes that do absolutely nothing to support our students.

Mme Charbonneau : And let me say, for the Francophone community, it's a risk because there is much more school boards, but some of them are smaller, in villages, in places where the Minister could challenge them to say : I'm going to make a fusion and make sure that it's a bigger «commission scolaire». This is the wrong way to put democracy in an act.

So the Anglophones are worried, the Francophones are worried, and the parents are going to look at their schools, saying : Which one do I choose? Am I at risk if I go in this school or am I better with better services and better community if I go within this school? So he's not building a better way to see school boards. What he's doing is making a big fracture within school boards where parents will have to ask for services, who will... they will not know who to ask it for. They will see the «directeurs d'école», they will see their teacher, but who are they going to see after? There won't be anybody.

Des voix : Merci.

(Fin à 21 h 9)