National Assembly of Québec - Return to homepage

National Assembly of Québec - Return to homepage

To use the Calendar, Javascript must be activated in your browser.
For more information

Home > News and Press Room > Press Conferences and Scrums > Point de presse de M. André Fortin, porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé et services sociaux, et M. Carlos J. Leitão, porte-parole de l’opposition officielle en matière de finances

Advanced search in the News and Press Room section

Start date must precede end date.

Point de presse de M. André Fortin, porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé et services sociaux, et M. Carlos J. Leitão, porte-parole de l’opposition officielle en matière de finances

Version finale

Tuesday, February 18, 2020, 10 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Dix heures deux minutes)

M. Leitão : Merci beaucoup. Merci beaucoup d'être là. Alors, comme vous savez très bien, nous allons avoir un budget bientôt, le 10 mars, il y aura le budget du gouvernement. Alors, nous, on aimerait parler un peu de ce à quoi on s'attend pour ce budget-là.

Je commencerais en disant que le gouvernement actuel dispose de marges de manoeuvre considérables, même d'une position enviable. L'État du Québec, maintenant, est dans une situation que beaucoup d'autres provinces souhaiteraient bien en être. Les marges sont suffisantes, sont importantes. Là, il y a deux choses à dire à cet égard-là. D'abord, donc, c'est maintenant le moment d'agir parce que c'est maintenant qu'on a les moyens, et deuxièmement il faut aussi faire attention parce que ces marges-là ne seront pas éternelles.

La conjoncture est très favorable, présentement, l'économie va très bien, mais on sait déjà, selon les propres prévisions du ministère des Finances, que la croissance économique en 2020 va être relativement moins forte que celle de 2019, et 2021 sera encore moins forte que 2020. Donc, l'économie ralentit, et, à notre avis, il est essentiel, primordial de garder, de maintenir l'équilibre budgétaire du Québec à long terme. Donc, pour cela, il faut que le gouvernement soit très prudent et qu'il s'engage à maintenir cet équilibre à long terme.

Maintenant, pour ce qui est d'aujourd'hui et du budget qui s'en vient, puisque les ressources financières sont considérables mais qu'elles sont limitées à moyen terme, le gouvernement doit choisir, le gouvernement doit gouverner. Gouverner, c'est choisir, et, pour nous, la priorité des Québécois, la priorité, c'est la santé, ce sont les services de santé. C'est là où le gouvernement doit mettre les ressources nécessaires pour bien financer le réseau de la santé, pas seulement aujourd'hui, mais à moyen terme, lui aussi.

Parce que ce qui s'en vient aussi, et ce n'est pas une prévision très difficile à faire, c'est un choc démographique assez substantiel, et donc les coûts de santé, à moyen terme, vont inévitablement augmenter. Donc, l'État, qui a des marges de manoeuvre importantes maintenant, c'est maintenant qu'il doit agir pour bien structurer le système de santé, qui est la grande priorité de tous les Québécois.

Je passerais la parole maintenant à mon collègue, André Fortin, pour vous parler un peu plus en détail de la santé.

M. Fortin : Merci. Merci, M. Leitão. Bien, je ne vous apprends rien, je ne vous apprends rien ce matin, la priorité numéro un des Québécois, c'est toujours les soins de santé. Et une des grandes responsabilités de l'État, du gouvernement du Québec, c'est d'offrir des soins de santé de qualité à ses citoyens. Malheureusement, depuis la dernière année et demie, depuis l'arrivée au pouvoir de la Coalition avenir Québec, les temps d'attente aux urgences augmentent, les temps d'attente pour avoir un médecin de famille augmentent, il y a de plus en plus de Québécois qui attendent pour une place en soins de longue durée également. Alors, il y a des changements majeurs qui s'imposent.

Et pourtant il y a des solutions qui sont à portée de main pour la ministre de la Santé et son gouvernement, entre autres, et c'est notre première grande demande en lien avec le budget, la mise sur place des projets ratios. Ces projets-là ont été testés tant en salle d'urgence, qu'en salle d'opération, qu'en soin de longue durée. Ces projets-là ont été testés, ont été prouvés d'avoir un impact positif sur la qualité des soins qui est offerte par les professionnels, sur les conditions de travail de nos professionnels, sur la récupération des patients... a prouvé qu'il y avait une diminution du nombre de médicaments utilisés par les patients, qu'il y avait une diminution de chutes en soins de longue durée.

Alors l'enjeu est simple. On sait que la ministre de la Santé y croit, elle en a déjà parlé, elle en avait fait la promesse en campagne électorale. Bien, le moment est venu de prendre acte de la situation qui se détériore et de prendre les grands moyens pour arriver à améliorer les choses. Et nous croyons bien évidemment, comme les professionnels de la santé, que la mise sur place de ces projets-là peut contribuer grandement à améliorer des soins de santé au Québec.

M. Leitão : J'ajouterais simplement : Pourquoi c'est si urgent, pour nous, de soulever ces questions-là? C'est que, cette année, l'État du Québec n'a jamais dépensé autant en santé. Donc, le budget de la santé est énorme, plus que l'année passée, et pourtant avec moins de résultats. Ce qu'on voit aujourd'hui, c'est moins de résultats que l'année passée, qu'il y a deux ans. Donc, c'est urgent d'agir convenablement. Voilà. Questions, s'il vous plaît.

Le Modérateur : Alors, les questions. M. Louis Lacroix, Cogeco.

M. Lacroix (Louis) : Bonjour. Bonjour, M. Leitão, bonjour, M. Fortin. Vous les évaluez à combien, les surplus, là? Parce que, bon, à un moment donné, dans la dernière mise à jour, on était rendus à 1.7 milliard; là, il faut faire un «write-off» de 600 millions à cause de l'impact, en fait, de l'investissement de la transaction avec Airbus. Vous les évaluez à combien, les surplus? Parce que, du côté du gouvernement, ils nous disent qu'il n'y en a pas, de marge de manoeuvre.

M. Leitão : O.K. Ils disent ça depuis deux ans, et puis à chaque fois il y a un surplus. Écoutez, vendredi prochain, le 21, il va y avoir la publication d'un autre rapport mensuel, et donc, là, on aura une meilleure idée. Mais, jusqu'au rapport mensuel précédent et même prenant compte de l'écriture comptable des 600 millions, moi, j'évalue le surplus quand même entre 1,5 et 2 milliards de dollars. Ça dépend beaucoup du genre de devancement de dépenses que le gouvernement peut ou pas effectuer avant le 31 mars. Ça, on ne le sait pas, on le saura au budget. Mais je vous dirais qu'il y a entre 1,5 et 2 milliards après versement au Fonds des générations et après 600 millions d'écriture comptable. Ça, c'est mon estimé.

M. Lacroix (Louis) : Merci. Est-ce qu'il devrait y avoir des baisses d'impôts pour les contribuables, compte tenu de ces importants surplus et la bonne tenue de l'économie? Bon, vous dites qu'il va y avoir un ralentissement, mais, quand même, quand on regarde les prévisions à long terme, il reste qu'on demeure dans la balance positive, je pense, là. Est-ce qu'il ne devrait pas y avoir un programme pour baisser les impôts des Québécois?

M. Leitão : Deux choses là-dessus. Je pense que de nouvelles baisses d'impôt, ce n'est pas ça, la priorité. Comme on vient de dire, pour nous, la priorité, c'est la santé, donc, c'est là où on mettrait les ressources disponibles. Et l'autre chose que je vous dirais, j'ai bien dit : Pas de nouvelles baisses d'impôt parce que c'est déjà dans le système de réduction du fardeau fiscal, qui avait déjà été mis en place par notre gouvernement, pas le gouvernement actuel. Il y a des choses qui vont continuer de se dérouler en 2020‑2021. Donc, de nouvelles baisses d'impôt, je ne pense pas que ce serait approprié, non, sauf pour les PME. Pour les PME, je pense qu'il y a lieu d'ajuster le fardeau fiscal. Et ce gouvernement, jusqu'à maintenant, à mon... Et moi, je n'ai rien vu. Je ne sais pas si vous, vous avez remarqué quelque chose, mais le mot «PME» ne semble pas être un mot dans le lexique de la CAQ.

M. Fortin : Mais, quand on dit aujourd'hui : La priorité doit être la santé, ce qu'on dit, c'est : La priorité doit être l'accès aux services pour les Québécois et les Québécoises. Effectivement, là, au cours de la dernière année et demie, ça a été plus dur d'avoir des services en soins de santé au niveau des urgences, au niveau de l'accès à un médecin de famille. Et on sait que ça va être plus dur, au fil des prochaines années, s'il n'y a rien qui est fait maintenant. Il y a un vieillissement énorme de la population qui s'en vient. Si on n'est pas capables d'offrir les services aux Québécois aujourd'hui, on ne sera très certainement pas capables de les offrir demain. C'est ce qu'on demande à la Coalition avenir Québec de comprendre et de répondre une fois pour toutes.

M. Lacroix (Louis) : Mais, au fait, M. Leitão, la proposition Godbout, est-ce qu'elle s'appliquerait encore à votre avis?

M. Leitão : Laquelle? Il y en a plusieurs.

M. Lacroix (Louis) : Bien, vous savez... vous vous souvenez, la réforme Godbout, il avait proposé, par exemple, de hausser les taxes, de baisser les impôts...

M. Leitão : Ah! la réforme fiscale.

M. Lacroix (Louis) : La réforme fiscale. Est-ce qu'à votre avis elle est encore d'actualité, cette proposition-là?

M. Leitão : Moi, je pense qu'elle est toujours d'actualité, de rendre notre système fiscal le plus performant possible. Maintenant, ça serait quelque chose, à l'Assemblée nationale, d'en discuter. Et surtout, ce qui est nouveau maintenant, dans le décor, ce sont évidemment les préoccupations environnementales. Il y avait aussi une partie de ce rapport qui parlait d'écofiscalité. Mais ce genre de décision doit se prendre avec un très vaste consensus, et donc il faudrait que les partis à l'Assemblée nationale se manifestent à cet égard-là.

M. Lacroix (Louis) : Vous aviez vous-même évoqué la possibilité, alors que vous étiez ministre des Finances, vous nous aviez dit, je me souviens, en face du salon rouge, à un moment donné, vous vous en souvenez sûrement, que vous étiez sur le point de l'appliquer, la réforme Godbout. Est-ce que l'ancien gouvernement a manqué de courage?

M. Leitão : Non, je ne vous dirais pas qu'on a manqué de courage. On a mis en place une bonne partie de la réforme Godbout. Par exemple, les crédits d'impôt, on a réformé les crédits d'impôt. Ce qu'on n'a pas fait, c'était la réduction de l'impôt sur le revenu compensée par une hausse de la taxe de vente. Cette partie-là, on ne l'a pas faite. Et moi, je jugeais que, théoriquement, c'était quelque chose d'intéressant, mais, encore une fois, le consensus social n'était pas là. On n'avait pas l'appui des autres partis politiques, et, pour une telle réforme, il faut que cela passe par un vaste consensus. On a vu d'autres tentatives de réforme fiscale dans d'autres pays, et, s'il n'y a pas du soutien, un vaste soutien, cette réforme va échouer.

Le Modérateur : Pierre-Olivier Zappa, TVA.

M. Zappa (Pierre-Olivier) : Oui. M. Leitão, ma première question porterait sur... Vous avez dit : La priorité, ce n'est pas les baisses d'impôt. Pensez-vous que les Québécois, eux, n'en veulent pas, de baisse d'impôt?

M. Leitão : Je pense que j'ai dit que la priorité, ce ne sont pas de nouvelles baisses d'impôt. Parce qu'il y a des mesures du dernier budget de M. Girard et de notre dernier budget, des mesures qui s'étalaient sur plusieurs années, donc le fardeau fiscal va continuer de diminuer. Ce qu'on a dit, ce que mon collègue et moi disons, c'est que ce n'est pas approprié d'avoir de nouvelles baisses d'impôt.

M. Zappa (Pierre-Olivier) : Sur Bombardier, maintenant, vous avez suivi avec attention la transaction d'hier, M. Leitão. Alstom a fourni une série d'engagements, notamment l'expansion de ses activités à La Pocatière, à Sorel-Tracy, l'établissement de son siège social des Amériques dans la grande région de Montréal. Maintenant, il n'y a pas de pénalité assortie au respect de ces conditions et de ces engagements. Qu'est-ce que ça vous dit?

M. Leitão : Écoutez, je commencerais en disant que, tout d'abord, hier et les événements des dernières semaines, ce n'est pas de bonnes nouvelles. C'est en train de nous être vendu, à la population, comme étant : voilà une très bonne nouvelle. Non. C'est le démantèlement d'un fleuron québécois. Je commencerais avec ça, ce ne sont pas de bonnes nouvelles.

Maintenant, pour ce qui est précisément de la transaction avec Alstom, je pense que... Écoutez, la seule chose que vous dirais, c'est tout simplement de répéter ce que le ministre de l'Économie a dit ce matin à la radio. Il a dit que toutes ces garanties-là dépendent de nouvelles commandes. S'il n'y a pas de nouvelles commandes, ces garanties sont inopérantes. Et là il ne faut pas être naïf non plus. On sait très bien que le vaste marché se situe aux États-Unis. C'est là où, potentiellement, il y a une énorme demande pour de nouveaux trains, matériel ferroviaire. Ce serait naïf de penser que ces nouvelles commandes seraient toutes exécutées au Québec. Les Américains vont certainement insister pour que cela se fasse chez eux.

M. Zappa (Pierre-Olivier) : On avait évidemment un champion industriel, Bombardier, qui était prêt à nous faire des trains, que ce soit pour Via Rail, il y a un an, qui a accordé son contrat à Siemens; l'AMT, il y a trois ans, a donné son contrat aux Chinois, CRC; le REM, les trains sont construits en Inde. Selon vous, est-ce que les gouvernements, est-ce que le précédent gouvernement, notamment à Québec, en ont fait assez pour soutenir Bombardier Transport, pour donner des contrats dans le pipeline? Parce que c'est bien beau donner des subventions, de l'aide financière, investir dans la CSeries, mais on a un peu boudé Bombardier Transport.

M. Leitão : Bien, excusez-moi, on n'a pas boudé Bombardier Transport. Tous les contrats que nous avons mis en oeuvre pour soutenir La Pocatière, les contrats pour le métro de Montréal, la ligne Azur, les voiture Azur, les gouvernements du Québec précédents ont bien travaillé pour que ces contrats-là se réalisent. Et tout dernièrement, donc, on a prolongé, le gouvernement, notre gouvernement avait prolongé ou devancé la livraison des voitures Azur pour le métro de Montréal pour justement que La Pocatière demeure en opération. Il y a aussi un enjeu de capacité. Oui, il y a eu des contrats qui ont été accordés à d'autres entreprises parce que Bombardier, en Amérique du Nord, avait quand même une capacité limitée de production. Je ne sais pas si tu...

M. Fortin :Oui. Bombardier La Pocatière, en fait, au cours des deux dernières années, là, réellement, ce qui a sauvé cette usine-là, à partir de 2017‑2018, c'est le contrat, justement, du prolongement du métro à Montréal ou de l'ajout de véhicules pour le métro de Montréal.

Mais François Legault a toujours dit, au fil des ans, il l'a toujours répété qu'il voulait davantage de contenu québécois, il voulait davantage que des usines québécoises puissent participer au montage des différents trains, entre autres, au Québec. Maintenant, il y a le projet de tramway, à Québec, qui s'en vient. Il y a un projet, à Gatineau, qui est dans les cartons du gouvernement. Il y a des projets de prolongement du métro qui sont en train d'être travaillés. Il y a des projets de prolongement de REM qui sont apparemment dans les cartons du gouvernement du Québec.

Mais c'est là que M. Legault va devoir se prononcer : Est-ce que lui est prêt à faire ce que le gouvernement libéral précédent avait fait et regarder directement pour Bombardier La Pocatière, pour cette usine-là? Est-ce qu'on peut travailler comme on l'avait fait, par exemple, avec un projet de loi qui a permis à ces travailleurs-là d'avoir accès à ce contrat-là? Il y a une tonne de projets au Québec sur la table. Est-ce que Bombardier La Pocatière va avoir l'appui du gouvernement pour réellement pouvoir accéder à ces marchés-là?

M. Zappa (Pierre-Olivier) : ...collègues du Journal de Montréal aimeraient simplement une réaction, M. Fortin. Sur la une du journal, ce matin, un médecin payé 54 000 $ pour surveiller et brancher une machine à oxygène, vous trouvez ça raisonnable?

M. Fortin : Bien, on est d'accord avec la Dre Francoeur, de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, qu'il est temps de revoir tous ces codes-là, toutes ces primes-là. Il est temps que le gouvernement se penche sur la question et règle ça une fois pour toutes. Parce qu'à chaque fois qu'on voit ces enjeux comme ça... Et c'est normal qu'on les découvre après quelques années, qu'on découvre des situations complètement aberrantes comme celles qu'on voit ce matin, mais, une fois qu'on le sait, on a une responsabilité d'agir. Ce n'est pas normal, au Québec, qu'un médecin, avec une seule prime, puisse faire plus qu'une infirmière, puisse faire plus qu'un enseignant... en une semaine ce qu'un enseignant fait en un an.

Alors, il y a lieu pour le gouvernement de s'asseoir avec la Fédération des médecins spécialistes, de revoir l'ensemble de ces fameuses primes là, de ces fameuses lignes là. Parce que ce qu'on voit aujourd'hui, c'est... oui, il y a des gens qui en abusent, mais, même à ça, il faut absolument revoir ces montants-là qui sont dans certains cas, comme dans celui qui est exposé aujourd'hui, là, complètement dérisoires.

Le Modérateur : Valérie Gamache, Radio-Canada.

Mme Gamache (Valérie) : Avec tous les blocages, M. Leitão, qu'on voit partout au pays, il y a des entreprises au Québec qui commencent à trouver le temps long. Qu'est-ce que le gouvernement Legault devra faire? Parce que, même si, là, les blocages étaient levés dans les prochaines heures, ça prendrait quand même deux, trois semaines avant que ça se remette à rouler. Qu'est-ce que le gouvernement Legault doit faire? Est-ce qu'il doit dédommager ces gens-là? Est-ce qu'il y a des mesures qui doivent être prises?

M. Leitão : Excellente question. Et je ne commenterai pas nécessairement la situation elle-même pour les blocages. Ça, c'est aux autres de commenter. Mais pour ce qui est des répercussions des ces blocages, vous avez très bien dit, beaucoup d'entreprises québécoises, surtout des PME, qui commencent à avoir des difficultés financières.

Nous, on avait agi dans le passé, quand on était là, quand il y avait des situations similaires, que ce soient les tarifs sur l'acier ou sur l'aluminium, les tarifs imposés, aussi, sur le bois d'oeuvre. Nous, on avait rapidement mis en place des programmes d'aide aux PME, aux entreprises québécoises, pour qu'elles puissent passer à travers cette période de crise. Parce que pour elles, c'est une véritable crise. Si vous n'êtes pas capable de vendre vos produits, le banquier, lui, il veut toujours que vous remboursiez votre dette.

Donc, je pense que le gouvernement du Québec devrait réactiver le comité interministériel que nous avions mis en place pour ces situations de crise et considérer très rapidement mettre en place des programmes de garantie de prêts. C'est ce que les PME ont besoin rapidement, c'est des garanties de prêts pour qu'elles puissent passer à travers une situation qu'on ne sait pas si ça va être une semaine, ou un mois, ou quoi. Donc, les garanties de prêt, c'est important tout de suite, ça presse.

Mme Gamache (Valérie) : Donc, ça devrait être fait... le gouvernement Legault devrait agir dans les prochaines heures pour mettre ça en branle?

M. Leitão : Oui, absolument. Et je pense que... je ne sais pas, là, je ne sens pas un grand sentiment d'urgence de leur part. Ils disent au gouvernement fédéral : Bon, réglez ça, réglez ça, ça presse. Très bien. Mais qu'est-ce que vous faites, vous, gouvernement du Québec, pour les PME québécoises qui commencent à avoir des problèmes de liquidités? C'est ça, il faut agir rapidement, et le gouvernement du Québec a les moyens et la structure nécessaires pour pouvoir intervenir rapidement à cet égard-là.

Mme Gamache (Valérie) : Et pour les grands industriels qui ont de la misère à s'approvisionner en ressources de base, là, qu'est-ce qu'on fait? Parce que c'est des emplois, c'est... ça risque d'être des mises à pied temporaires. Qu'est-ce qui peut être fait de ce côté-là? Qu'est-ce que le gouvernement Legault devrait faire?

M. Leitão : Encore la même chose, c'est-à-dire de discuter avec ces entreprises-là, quelles sont les mesures dont elles ont besoin pour faire face à ces problèmes temporaires mais, quand même, des problèmes importants de cash-flow, donc le flux de trésorerie, pour que l'entreprise puisse survivre à cette interruption de vente. Et nous, nos mesures qu'on avait mises en place en 2017‑2018 peuvent facilement être réactivées, et ça s'applique à toutes les entreprises, grandes et petites.

Le Modérateur : Cathy Senay, CBC.

Mme Senay (Cathy) : Good morning to both of you.

M. Leitão : Good morning.

Mme Senay (Cathy) : The end of the giant Bombardier, as we know this company, this is the spin of the Government to sell us as a good news. But for you it's a different story?

M. Leitão : It is a vey different story. But, if you allow me, I would... I will answer your question, but I will start by very briefly saying in English what we said in French about our budget commentary.

We are of the view that it is now that the Government has the best financial position of any government in Canada. There is sufficient financial room to manoeuver. However, a government must govern, so a government must choose. And, in this case, the priority must be health care. So the Government must now, with the means they have at their disposal, consider very seriously a new plan to make sure that the health care system stays healthy and stays well funded into the medium term. So the time to act is now.

Because in the last year, what we have seen is a Ministry of Health that spends record amounts of money, the most that has ever been spent in Québec history, on health care, but the results are actually worse than they were a year ago. So something has to change there, and we believe, as my colleague mentioned, that the «projet ratio», so the ratio patients to professionals, those pilot projects have proven that the approach works, so they must be implemented now.

Now, as for question about Bombardier, I agree, yes, that this is not a good news story. This is actually a very sad story. It's the dismemberment of a very... you know, an iconic Québec-based multinational. So it's not a... I'm not particularly happy about this. There is nothing to celebrate here, it is very unfortunate. And, in a situation where the actual... the current Premier, M. Legault, was, you know, saying, over the past few years, how important it is to defend Québec companies, to make sure that head offices in Québec remain viable and important, and it is under his stewardship that our biggest industrial multinational is being dismantled, so that's quite ironic.

Mme Senay (Cathy) : And how realistic it is for Premier Legault to keep repeating that there is no American manufacturer of trains, tramways and subways, and then there is an opportunity to develop from Québec this market in North America that is in the U.S.A.?

M. Leitão : It is... you know, it sounds very interesting, but I think he's being a little naive or he's telling us something that, you know... It's very difficult to implement. We know that every other contract in the United States in recent history, whether it's for the New York Metro, subway, any other public transit rail development in the United States, those cars have always been manufactured in the United States. Protectionism is very real in the United States, and it applies specially to the industrial production of railway cars. So, yes, the outlook is very promising, but one has to be realistic.

And Alstom itself has something like over 2 000 employees in the United States. The Alstom head office in New York is a very significant business, a very significant place. Frankly, I doubt it very much if that head office is going to be transferred to Montréal. Personally, I think we are being naive if we believe that. However, having said that, and what my colleague mentioned, and I'm sure he will mention again, the Government must... the Québec Government must make sure that the factory in La Pocatière continues to have access to contracts, to Québec contracts, to supply railway cars to the Québec projects that... appears to be a number of projects on the horizon. I don't know if...

Mme Senay (Cathy) : ...strong at home?

M. Fortin : Yes. We've got so many projects on the table right now in terms of public transit; the Metro in Montréal, as you know, the blue line is being extended; the Government is talking about extending the REM; the Government has also talked about the tram project in Québec and reiterated its support; but also, a project in Gatineau is on the table. So, there will be opportunities for local construction if Government supports the La Pocatière workers, which are hardly-trained workers, which have an expertise that is recognized, the same way that our Government did in 2018... or 2017 or 2018.

The reason that La Pocatière was able to keep going and to keep its employees and actually hire more employees is because of a bill that we passed here that allowed them to have the contracts for the increased cars of the Montréal subway. So, if the Government is willing... has been willing to say... or if Mr. Legault, over the years, has been willing to say : We need more Québec content in our trains, well, now is his opportunity to prove it to the La Pocatière workers that he'll stand behind them and not just use empty words here, in the House, but actually prove to the workers that, for all these... or for some of these contracts that are coming, that are local market, that they will have access to that work.

Le Modérateur : Stéphane Giroux, CTV.

M. Giroux (Stéphane) : Hello, Mr. Leitão.

M. Leitão : Bienvenue.

M. Giroux (Stéphane) : Merci.

M. Leitão : À nouveau!

M. Giroux (Stéphane) : So, a couple of very quick questions on topics you said in French. About the reinvestment, with the upcoming budget, you did say that that there is a lot of surpluses. Other people are also asking: Shouldn't it be time for the CAQ to lower taxes? What's your position on this?

M. Leitão : Well, as I mentioned in French, and I'll repeat it in English, we are of the view that the priority should be public services and, within public services, the priority must be health care. That's where our financial means should be dedicated.

In terms of the fiscal burden, what we said, what we say is that we don't think it's prudent to come up with new tax reductions. But, in the previous budget, Mr. Girard, and even in our previous budgets, there were put in place measures to reduce the fiscal burden that extend over numbers of years, and that continues. So, the fiscal burden will diminish this year, and it will diminish again next year. But we have the view that we should not add any new tax reductions.

M. Fortin : It's a pretty simple formula. The Government is sitting on important surpluses. Wait times are getting longer at our hospitals. It's getting longer and longer before you get a family doctor. There are more people waiting for a space at long term care facilities. The opportunity to invest in health care is now because, if we don't address the situation now, it's only going to get worse with years to come. And so far this Government hasn't done much, in terms of real actions, to improve access to health care. This is their opportunity to do it now.

M. Giroux (Stéphane) : ...on a different topic, I know that Via is about to resume their train service between Québec, Montréal and Ottawa. But the impact on across Canada remains the same: small businesses, even big businesses are concerned about their chain of supply, and it could affect them. Do you think that the Government, the Legault Government has a responsibility into helping or supporting those businesses?

M. Leitão : Absolutely. And, as we did in previous governments, not just ours in the past, but previous governments, in periods of great upheaval, have stepped up to sustain our small, medium businesses and big business to. What we are facing or what the private sector is facing now is a temporary but very important cash flow situation in that they're unable to move their products... unable to get revenues, and yet the bankers still expect to be paid. So, in this kind of situation, loan guaranties are very a practical and a very effective means to assist businesses. And that can be put in place fairly quickly. The mechanisms and the infrastructure are in place to do that. And I detect a certain nonchalance on the part of the Legault Government. They don't seem to care or they don't seem to realize the urgency and the difficulty in cash flow position of many small businesses. And loan guaranties are crucial, and they must be put in place as fast as possible.

M. Giroux (Stéphane) : Thank you very much.

M. Leitão :Thank you.

Le Modérateur : Philip Authier, The Gazette.

M. Authier (Philip) : Hello.

M. Leitão : Monsieur, bonjour.

M. Authier (Philip) : How are you? Oui, Mr. Fortin, just explain to me what the patient ratio project is. These are not in place yet. They are supposed to be pilot projects? And how does this improve care?

M. Fortin : Yes. So, over the past two years, there have been but 17 or 18 pilot projects on patient-caregiver ratios across Québec hospitals. They have been deployed in emergency rooms, in operation rooms, they have been deployed at long-term care facilities, and the results of these projects are in. Patient care has increased. You see, in long-term care facility, the number of falls has decreased, the number of medication that our seniors take have decreased, workers have said that they enjoy their profession a lot more, that they actually have the time to take care of patients. So, now that these projects are concluded, now that we have the results of those projects, we're asking the Government to look at the patient-caregiver ratios and change them so that we have access not only to basic care, but to quality care in our hospitals.

M. Authier (Philip) : But what are they? Is it more doctors, or... What, exactly... Is it a broader team or...

M. Fortin : Doctors aren't necessarily part of this, it's more nurses and ward aides that are part of these project ratios, but it's to make sure that there is always the right professional at the right time and the right number to meet the needs of the patients.

M. Authier (Philip) : It's an organisational thing? It's a work flow thing?

M. Fortin : Yes. Exactly. You're seeing situations, right now, where, if you don't have a minimum standard... You're seeing situations, and they come up every couple of days or weeks in the newspapers, even, where you'll find one nurse for 170 patients in a long-term care facility, and that's simply not acceptable. The nurse doesn't feel she can give the proper care to the patients, and obviously the patients aren't receiving the necessary care.

M. Authier (Philip) : And, for Mr. Leitão. The other day, you told me that the Government was spending more than it was taking in in revenues. What is your forecast for the coming months?

M. Leitão :OK. The Government is not spending more because they... we still have surpluses, but the Government is spending at a much faster pace than what... the revenues are coming in. And, if they continue with that trend, by 2021‑2022, we will be back in deficit situation. So, you know, hopefully, that will not happen. So, that means that the Government has to be a lot more strategic in the way it spends. And to govern is to choose, to make choices, and we believe that the priority of all priorities must be... has to be healthcare.

So, the current financial room to manoeuvre that exists, that should be dedicated to improving the health care system. The ratio projects, we fully realize that those things are expensive. It costs money to increase the number of professionals in the health care system. But it is absolutely important and crucial that that be done. That should be the priority.

And, by the way, we had asked already, back in November, when there was the economic update. We said the exact same thing, that the results are in, the results are conclusive, you have the money to do so, so do it now.

Le Modérateur : Merci.

M. Leitão : Thank you. Merci beaucoup.

(Fin à 10 h 34)

Participants


Document(s) Related