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Conférence de presse de M. Jean Boulet, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale

Annonce concernant le maintien en emploi des travailleuses et des travailleurs et le soutien aux entreprises dans le contexte de la pandémie de la COVID-19

Version finale

Monday, April 6, 2020, 15 h 30

Salle Evelyn-Dumas (1.30), édifice Pamphile-Le May

(Quinze heures trente et une minutes)

Le Modérateur : Alors, chers collègues, bienvenue à cette conférence de presse de M. Jean Boulet, ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale, concernant une annonce pour le maintien en emploi des travailleuses et des travailleurs et sur le soutien aux entreprises dans le contexte de la pandémie de la COVID-19.

Alors, M. le ministre, à vous la parole.

M. Boulet : Merci. Représentants des médias, bonjour. Notre gouvernement est interpelé, hein, vous le savez, pour relever deux défis, un, d'abord, de nature sanitaire, et aussi soutenir l'économie québécoise. Au cours des prochaines semaines, la reprise des activités sera notre principale préoccupation. Tous ont un rôle à jouer, mais nos entreprises seront au coeur de la relance économique du Québec.

Dans les dernières semaines, différentes mesures ont été mises en place pour soutenir les travailleurs et les employeurs. Le premier ministre l'a dit, ça peut être difficile, pour un entrepreneur qui a bûché toute sa vie et qui ne compte plus les sacrifices, de voir tout ce qu'il a bâti risquer de s'écrouler à cause de la COVID-19. Comme gouvernement, nous souhaitons en faire le plus possible pour donner un coup de pouce à nos entrepreneurs pour les aider à se maintenir en activité.

J'en profite d'ailleurs pour vous rappeler que nous avons annoncé vendredi dernier la mise en place d'un programme incitatif pour la rétention des travailleurs essentiels, une mesure qui permettra de verser une prestation de 100 $ par semaine aux salariés à faibles revenus travaillant dans les services essentiels, pour une période pouvant aller jusqu'à 16 semaines.

Aujourd'hui, j'annonce un programme complémentaire aux mesures annoncées pour aider nos employeurs et nos travailleurs à traverser les prochaines semaines. Par ce programme, je veux encourager tous les employeurs et entrepreneurs du Québec à profiter de ce ralentissement pour augmenter en qualité les compétences de leurs employés et préparer leur retour en prévision de la relance économique.

Le savoir et l'éducation sont fondamentaux dans une économie du savoir. Ce sont donc 100 millions de dollars que nous investissons pour la mise en place du Programme actions concertées pour le maintien en emploi, le PACME, un programme qui a été élaboré en collaboration avec la Commission des partenaires du marché du travail, qui, comme vous le savez, regroupe les acteurs du monde patronal, syndical, éducation et communautaire.

La somme des 100 millions de dollars provient d'ailleurs du Fonds de développement du marché du travail et du fonds de reconnaissance des compétences de la main-d'œuvre. J'en profite donc pour remercier la Commission des partenaires du marché du travail pour son apport important dans ce programme, qui, disons-le, à l'unanimité, a été appuyé par tous les partenaires du marché.

Grâce à ce programme, les entreprises affectées par la crise pourront bénéficier de subventions pour les activités de formation ainsi que pour revoir l'organisation du travail en prévision de la reprise des activités. L'objectif visé par ce programme est de permettre aux entreprises de garder leurs employés plus longtemps grâce à une aide financière et ensuite retourner les travailleurs en emploi dès que possible et d'optimiser le fonctionnement des entreprises.

Le PACME s'adresse à toute entreprise qui emploie des salariés, quel que soit sa taille ou son secteur d'activité. Nous offrons une subvention totale maximum de 100 000 $ par entreprise, ce qui comprend le remboursement de 100 % des dépenses admissibles comme la rémunération du formateur, l'achat de matériel de formation ainsi que les frais liés à la gestion des ressources humaines, en plus d'un remboursement qui peut aller jusqu'à 100 % des heures totales rémunérées, pour un maximum de 25 $ de l'heure par salarié.

Les formations admissibles peuvent viser les compétences numériques, la communication organisationnelle, les langues, le télétravail, le marketing, le commerce en ligne, le développement des affaires ou toute formation qui vise fondamentalement à rehausser le savoir-faire des employés.

Par exemple, un restaurateur qui doit réduire le nombre d'heures de ses travailleurs puisqu'il ne prépare que des commandes pour l'heure du lunch, il pourrait donc compenser la réduction de salaire de ses employés en leur offrant une formation pour perfectionner leurs techniques culinaires. Un travailleur pourrait ainsi augmenter ses compétences, continuer de recevoir son salaire malgré une diminution de ses heures de travail, ou encore un fabricant de portes et fenêtres pourrait offrir une formation de design ou de commercialisation à ses travailleurs pour augmenter leur productivité et ainsi bénéficier d'une subvention des salaires pour les heures de formation rémunérées.

Les entreprises peuvent dès maintenant soumettre une demande, jusqu'au 30 septembre prochain, auprès d'un conseiller de Services Québec. Les formations pourront être données en ligne ou à distance afin de respecter les consignes de santé publique en vigueur. J'invite les entreprises à profiter de la situation actuelle pour se tourner vers les offres du réseau de formation continue des cégeps, des universités, des commissions scolaires, des ordres professionnels, qui rendront accessibles leurs formations en ligne. Un inventaire des formations en ligne sera d'ailleurs rendu disponible sous peu sur le site quebec.ca.

Il s'agit d'une opportunité pour les employeurs de soutenir le développement des compétences de leurs employés tout en bénéficiant d'une compensation salariale et d'accroître leur compétitivité. Ce programme permettra aussi d'accompagner les entreprises qui souhaitent revoir leur organisation du travail et leur processus de gestion des ressources humaines. Nous souhaitons que les entreprises puissent se préparer à la relance et éviter au maximum toute perte d'emploi.

En terminant, je souhaite souligner le travail important, encore une fois, des partenaires du marché du travail. Ils sont très présents. Ils font des représentations. Ils veulent assurer un soutien des entreprises et des travailleurs partout au Québec. C'est un moment difficile que nous vivons, mais nous passerons au travers tous ensemble. Et profitons d'avril pour augmenter nos profils. Merci de votre attention.

Le Modérateur : Merci, M. le ministre. Est-ce que vous souhaitez y aller d'une brève allocution en anglais ou prendre directement les questions en français maintenant? M. le ministre, on y va avec les questions? Comme vous voulez.

M. Boulet : Non, mais je peux... Essentially, we have to speak about two very important dimensions. We have to be called upon for a sanitary challenge and an economic one. So it's extremely important to take advantage of the situation and the pause that was announced by the Premier of Québec to make sure that we have the capacity to increase the qualifications of the employees of all Québec's companies. You know, we live in a very competitive world. We have to make sure that all the employees have the opportunity to take into consideration the necessity to increase their potential and, again, to take advantage of the training sessions that will be put forward by the universities, colleges and all the schools that are involved in the importance of training sessions. Thank you very much.

Le Modérateur : Merci, M. le ministre. Donc, pour la période de questions, nous allons débuter avec Patrice Bergeron, de LaPresse canadienne.

M. Bergeron (Patrice) : Bonjour, M. Boulet.

M. Boulet : Bonjour.

M. Bergeron (Patrice) : Vous avez énuméré certaines formations, donc, que vous envisagiez comme étant possibles. Est-ce que vous allez autoriser ou ne pas autoriser certaines formations ou est-ce que c'est ouvert… ou est-ce que ça pourrait arriver, comme ce qui est arrivé à certains employeurs, d'autoriser des formations en yoga, par exemple?

M. Boulet : Non. Écoutez, on a des conseillers en entreprise. On en a 220 qui sont répartis dans les 17 régions administratives du Québec, qui sont, donc, dans nos Services Québec, qui vont évaluer la pertinence des formations. Mais l'offre de formation a été élaborée en collaboration avec les partenaires qui sont à la Commission des partenaires du marché du travail, donc les universités, les collèges, les commissions scolaires et les ordres professionnels. Et, si une autre offre de formation peut se rajouter, elle aura besoin d'être accréditée par nos conseillers en entreprise. Donc, pertinence. On vit dans une économie du savoir. Ce qui est important, c'est d'améliorer les compétences de notre main-d'oeuvre.

M. Bergeron (Patrice) : Et par ailleurs, M. Boulet, dans votre communiqué, vous parlez d'une aide qui est modulée en fonction de l'aide d'urgence du gouvernement fédéral. Qu'est-ce que vous voulez dire par ça, exactement, là? C'est-à-dire que vous allez donner moins d'aide s'il obtient... l'entreprise reçoit plus d'argent du fédéral? Comment ça va fonctionner au juste?

M. Boulet : Ce qui est important, c'est de travailler de façon à ce que nos programmes soient complémentaires, s'imbriquent bien avec les programmes fédéraux, notamment les subventions salariales. Si une entreprise a une baisse de revenus de 30 % et bénéficie d'une subvention salariale de 75 %, notre offre de formation, les heures rémunérées en formation seront jusqu'à concurrence de 25 % des heures rémunérées. Donc, on veut s'assurer qu'il y ait une symbiose complète et éviter les dédoublements.

Le Modérateur : Olivier Bossé, Le Soleil.

M. Bossé (Olivier) : Bonjour, M. Boulet. Avez-vous une idée... Je sais que les chiffres du chômage vont plus sortir demain, mais combien il y a d'emplois qui ont été perdus puis combien vous pensez en sauver avec ça?

M. Boulet : Bonjour, M. Bossé. Oui, j'essaie d'obtenir le nombre d'emplois qui ont été perdus. Évidemment, ça augmente de jour en jour. Est-ce qu'en date de ce jour on est à 550 000, 600 000 emplois perdus au Québec? Je vous dirais que c'est approximativement le nombre d'emplois perdus, mais encore une fois c'est une estimation. Et vous savez qu'il y aura une étude sur la population active qui va être publiée par Statistique Canada ce vendredi, donc le 10 avril, et là je vais avoir un portrait beaucoup plus clair de la situation de l'emploi au Québec.

M. Bossé (Olivier) : Et combien vous pensez que ce programme-là pourrait aider à garder l'emploi, à peu près?

M. Boulet : Bien, le maximum, hein? Comme je vous dis, c'est jusqu'à concurrence de 100 000 $ par entreprise. Notre estimation pour ces subventions est de 100 millions de dollars. Le plus possible. Évidemment, ça vise deux objectifs qui sont clairement énoncés : fidéliser notre main-d'oeuvre et la préparer à la reprise économique pour accroître la productivité, pour améliorer la compétitivité des entreprises et bénéficier le plus possible aux salariés québécois.

Le Modérateur : Tommy Chouinard, La Presse.

M. Chouinard (Tommy) : Bonjour, M. Boulet.

M. Boulet : M. Chouinard, bonjour.

M. Chouinard (Tommy) : Je comprends que ça, c'est admissible aussi bien aux entreprises qui sont forcées de fermer leurs portes plus longtemps que pour celles qui peuvent quand même poursuivre des activités considérées comme essentielles?

M. Boulet : Oui. C'est admissible aux entreprises qui sont dans les services essentiels. Éventuellement, il y aura une reprise progressive des activités, vraisemblablement après la période du 4 mai. Mais ça s'applique à toutes les entreprises qui ont un intérêt à former leur main-d'oeuvre et à l'adapter à de nouvelles réalités. Ça pourrait notamment aussi être des activités de formation pour assurer une organisation du travail qui soit la plus efficace, la plus concurrentielle au moment de la reprise des activités. Et ça concerne aussi les personnes qui ont pu faire l'objet d'une mise à pied ou d'un licenciement depuis le début, c'est-à-dire depuis le 15 mars, en raison de la COVID-19.

M. Chouinard (Tommy) : O.K. Lorsque vous avez parlé tout à l'heure des emplois perdus jusqu'ici à cause de la crise, là, jusqu'à 600 000, si je comprends bien, là, est-ce que ça, c'est des... Selon vos indicateurs sur le tableau de bord, là, est-ce qu'on vous a indiqué que c'étaient des pertes d'emploi, disons, je veux dire, des emplois vraiment perdus, ou il y a un faible risque de les retrouver, d'une part? Et, d'autre part, j'aimerais savoir si vous êtes inquiet de la relance? Compte tenu du tissu économique du Québec fondé principalement sur les PME, ça risque d'être compliqué. Donc, apportez-moi un éclairage à ce sujet-là, s'il vous plaît.

M. Boulet : Moi, j'ai une grande confiance dans la capacité de tous les partenaires du marché du travail de relever le défi qui s'annonce devant nous, qui est d'abord de nature sanitaire, qui va se transformer graduellement en défi de nature économique. J'ai eu encore une discussion avec l'ensemble des partenaires de l'assemblée délibérante de la commission ce matin, et ils envisagent… Évidemment, il y aura des dommages. Il y a des sacrifices économiques que nous nous sommes imposés en raison du défi de santé publique qui est devant nous. Mais il faut y aller de manière graduelle, faire les choix appropriés et s'assurer que notre économie redevienne ce qu'elle était et qu'elle soit même plus forte dans des secteurs qui seront particulièrement à haute valeur ajoutée.

Le Modérateur : Mylène Crête, Le Devoir.

Mme Crête (Mylène) : Bonjour, M. Boulet. M. Legault, tout à l'heure, quand il parlait de cette annonce que vous nous faites, disait que, bon, il pensait, entre autres, à toute la formation numérique, la formation sur le télétravail. Donc, ça va être quelle portion de votre programme qui va être allouée à ça?

M. Boulet : Quand je parlais… Souvenez-vous de mes trois grands chantiers. La Grande Corvée était mon premier chantier. Mon deuxième chantier, c'était le rehaussement des compétences, et le troisième, c'était l'augmentation de la productivité. Ce défi-là, il va toujours devoir être relevé par les entreprises du Québec. Puis l'augmentation de la productivité, ça passe par la numérisation, l'intelligence artificielle, l'automatisation, la robotisation. Et donc, s'il y a des activités de formation, comme je le mentionnais un peu plus tôt, qui vont permettre aux entreprises d'améliorer leur productivité, elles seront admissibles, bien sûr, comme activités de formation en vertu de notre programme.

Mme Crête (Mylène) : Est-ce que ça va être une activité comme une autre ou il y a une portion du programme qui est dédiée à ça pour inciter les entreprises à aller dans cette direction-là?

M. Boulet : On n'a pas voulu faire de compartiments. Il va falloir que la formation soit adaptée aux besoins de l'entreprise, qu'elle soit pertinente au rehaussement des compétences de sa main-d'oeuvre. Merci, Mme Crête.

M. Gagnon (Marc-André) : Si je peux me permettre à mon tour? Marc-André Gagnon, du Journal de Québec, Journal de Montréal. Est-ce qu'il y a certaines catégories d'entreprises qui sont exclues, certains types d'entreprises qui n'auront pas droit à ce programme d'aide?

M. Boulet : Non, toutes les catégories d'entreprises, peu importe le nombre de salariés, peu importe le secteur d'activité. Il y a cependant les organismes gouvernementaux puis les ministères qui ne sont pas inclus dans ce programme.

M. Gagnon (Marc-André) : Est-ce que ça ne risque pas de donner place, peut-être, à certains abus, dans le sens où il y a peut-être certains types de commerces où il n'y a pas de réel besoin de formation, là, dans l'immédiat, qui vont, tout à coup, essayer de s'en inventer une ou s'en trouver une pour recevoir des sous provenant du gouvernement?

M. Boulet : J'ai beaucoup confiance dans la capacité de nos conseillers en entreprise de bien articuler et de bien opérationnaliser ce programme-là, un, de vérifier les activités de formation, de s'assurer de leur pertinence, que les activités répondent bien aux paramètres de notre programme. Et après ça ils vont analyser les offres de formation, les factures, les soumissions. Non, je n'ai pas de crainte, d'autant plus que ces personnes-là ont développé des nouvelles habiletés dans le contexte de la Grande Corvée. Ces personnes-là ont accompagné des entreprises qui recherchaient des employés. Elles vont maintenant accompagner les entreprises qui ont besoin d'améliorer les compétences de leurs salariés.

Le Modérateur : Très bien. Maintenant, question envoyée par courriel par un des membres de la Tribune de la presse, Mathieu Dion, de Radio-Canada. Il vous demande à savoir est-ce que vous songez à créer un comité paritaire patronal-syndical, comme le propose le Parti libéral du Québec, pour s'assurer que la réouverture de l'économie, là, ne se fera pas dans le désordre.

M. Boulet : Écoutez, en ce qui concerne mon ministère, je travaille beaucoup avec l'ensemble des partenaires du marché du travail. Donc, les principaux acteurs patronaux y sont présents, les chefs syndicaux, les représentants du monde de l'éducation et du monde communautaire. On a une équipe ministérielle qui a été mise en place par le premier ministre. On travaille en collaboration avec des personnes qui vont nous conseiller de l'externe. On a vraiment une équipe qui est extrêmement bien articulée et qui va nous permettre de reprendre les activités économiques de façon graduelle, mais de façon totalement harmonieuse et compatible aux besoins des entreprises et des travailleurs.

Le Modérateur : Et en sous-question pour M. Dion. Donc, que pouvez-vous faire pour aider les travailleurs autonomes qui font très peu d'argent en honorant des contrats et qui ne peuvent obtenir des sous supplémentaires des gouvernements, là, pour cette raison à ce moment-ci?

M. Boulet : Bien, les travailleurs autonomes, évidemment, dans le cadre de mon programme, il y en a qui sont regroupés sous le chapeau de coopératives, ou de comités sectoriels, ou d'associations de travailleurs autonomes. Dans la mesure où ces personnes-là se versent un salaire, elles pourraient bénéficier du programme de formation. Je ne veux pas analyser programme par programme, mais les travailleurs autonomes sont aussi protégés, sous réserve de certaines conditions, par des programmes fédéraux.

Le Modérateur : Maintenant, questions additionnelles, à commencer par Patrice Bergeron, oui.

M. Bergeron (Patrice) : M. le ministre, j'ai une courte question. Ça peut commencer quand? Est-ce qu'un employeur, par exemple, pourrait donner une formation à ses employés lundi prochain, que ça se mette en place rapidement et qu'il obtienne l'argent postdaté par la suite, là?

M. Boulet : Oui, absolument, ça commence dès maintenant. Je suis extrêmement motivé par l'efficacité des programmes que nous mettons en place et la capacité des entreprises et des travailleurs d'en bénéficier le plus rapidement possible. Donc, c'est en place dès maintenant. Quand je vous disais que ça fait l'unanimité au sein des partenaires du marché du travail… L'offre de formation, elle est complète, déjà en ligne. Les offres de formation sont maintenant consultables par ceux qui veulent bénéficier de notre programme.

Le Modérateur : M. Chouinard.

M. Chouinard (Tommy) : Oui. M. Boulet, est-ce que vous… C'est un autre programme qui est annoncé par le gouvernement, 100 millions. Je comprends très bien que tous ces investissements-là sont faits pour assurer la relance économique dans cette période difficile. Mais est-ce qu'on a fait le compte de ce que représentent les différents investissements qui sont faits par le gouvernement au total jusqu'ici? Vous-même, vous avez annoncé déjà quelques programmes. Votre collègue, M. Fitzgibbon, a fait de même. M. Girard a fait de même. Le portrait global, il est combien?

M. Boulet : Bien sûr, on fait un suivi qui est régulier. Mais, à ce type de question, M. Chouinard, je permettrais à mon collègue des Finances, Eric Girard, de donner des réponses beaucoup plus précises, que moi, je ne suis pas en mesure de donner cet après-midi.

M. Chouinard (Tommy) : Pour vous-même, pour votre champ de compétence, si je peux dire, vous êtes…

M. Boulet : Bien, écoutez, il faudrait que je le segmente, là. Il y a le Programme d'aide temporaire pour les travailleurs. Il y a le Je Bénévole. Il y a le programme incitatif pour la rétention des travailleurs à faibles revenus. Pour mon programme d'aide temporaire, on a versé à peu près 13 millions. Pour le programme incitatif pour la rétention des travailleurs à faibles revenus, on a une estimation à 890 millions. Pour ce que j'annonce aujourd'hui, c'est 100 millions que nous investissons. Et, pour l'appel à la solidarité des Québécois, bien, ça ne se calcule pas, là, en argent, mais en services humains.

Le Modérateur : Maintenant, dernière question par courriel, de Sébastien Bovet, Radio-Canada. Est-ce qu'il s'agit uniquement de séances de formation en ligne, M. le ministre?

M. Boulet : C'est de la formation qui doit respecter les consignes sanitaires du département de la santé publique. Et donc c'est de la formation en ligne que nous priorisons de façon importante.

Le Modérateur : Et donc, si je peux me permettre de préciser en donnant un exemple pour illustrer, en fait, là, vous n'invitez pas les gens à se rassembler dans une salle même s'ils ont une distance sécuritaire pour une formation?

M. Boulet : Bien, écoutez, je pourrais vous dire, de façon exceptionnelle, il pourrait y avoir de la formation, comme on dit, présentielle dans la mesure où les consignes sanitaires énoncées par le département de la santé publique sont totalement respectées. Mais ce que moi, je favorise, ce qui est nettement priorisé par notre programme, c'est de la formation en ligne.

Le Modérateur : Bon, bien, très bien. On va passer maintenant en anglais. We'll switch in English with Cathy Senay, CBC News.

Mme Senay (Cathy) : Good afternoon, Mr. Boulet.

M. Boulet : Good afternoon.

Mme Senay (Cathy) : The goal of this program is basically to convince businesses that they have to stay active in order to bounce back after the outbreak even though we'll be in a recession, and perhaps in a depression?

M. Boulet : Yes, of course, it's to allow Québec's businesses to take advantage of the pause to train their employees, to increase their competitiveness and to improve their employees' qualifications. And I think it's extremely important to, again, take advantage of the situation to do just that, to improve the capacity of the Québec economy to get back on track in terms of economic recovery.

Mme Senay (Cathy) : There is a motto in English that says: No pain, no gain. But there is so much pain right now, so I don't know how you're going to convince them to, you know, take advantage of this program and be convinced that it's going to make a difference after the storm.

M. Boulet : Yes, of course, I understand the mantra: No pain, no gain. But, when you look at the benefits of training, of course, it isn't a pain. Most employees like to participate in training sessions when they know that it's going to be beneficial for them when comes the time of the economic recovery. It's a win-win situation for companies and for employees regardless of the period or regardless of the context, I think. And I've always said that it's fundamental for companies to think ahead, and to look forward, and to make sure that they will become even more competitive.

And we also refer to the importance of productivity. When we want to increase our productivity in Québec.... And you know that, when we make comparisons with other countries, we know that there's a gap. So we have some catch up to do, and it has to go through automation, artificial intelligence, computerization, and so on, and so forth. And Québec's companies have to be aware of the necessity of improving their productivity.

So my program looks ahead. And I think, beyond the sanitary crisis and sanitary challenge we have to go through, we have to think ahead and make sure that the economic recovery will be harmonious and beneficial to all Quebeckers.

Le Modérateur : Any other questions in English? Ça va pour tout le monde? Merci beaucoup. Merci, M. le ministre. Bonne fin de journée à tous.

Mme Boulet : Merci, M. Gagnon. Merci beaucoup, hein, de votre présence.

(Fin à 15 h 58)

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