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Conférence de presse de Dr Horacio Arruda, directeur national de santé publique et Dr Yves Jalbert, directeur général adjoint de la protection de la santé publique

Présentation du nouveau plan pour le dépistage de la COVID-19 au Québec.

Version finale

Friday, May 1, 2020, 13 h

Salle Evelyn-Dumas (1.30), édifice Pamphile-Le May

(Treize heures deux minutes)

Le Modérateur : Mesdames messieurs, chers collègues, donc bienvenue à cette conférence de presse pour vous présenter le nouveau plan pour le dépistage de la COVID-19 au Québec. Le directeur national de santé publique, Dr Horacio Arruda, est aujourd'hui accompagné du directeur général adjoint de la protection de la santé publique, Dr Yves Jalbert.

Alors, à vous la parole.

M. Arruda (Horacio) : Merci. Dr Jalbert, mesdames et messieurs, bonjour. «Boa tarde». J'ai pensé que quelques mots de portugais pourraient amener un peu de soleil dans cette grisaille québécoise aujourd'hui.

Je suis accompagné du Dr Yves Jalbert qui est le directeur de la protection de la santé publique au ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec, poste que j'occupais juste avant de devenir directeur national. Donc, je suis content qu'il soit parmi nous. Dr Jalbert est aussi celui qui est en charge de la stratégie de dépistage de la Santé publique en même temps, bien entendu, que tous nos collègues du réseau et les directions qui s'occupent aussi du diagnostic et du traitement des patients atteints de COVID-19.

Aujourd'hui, on veut vous présenter notre plan, notre stratégie de dépistage, en lien avec le déconfinement qui est graduel, et ce qu'on appelle, dans notre jargon, notre plan de diagnostic populationnel. Ça va nous permettre, en termes de santé publique, de porter un diagnostic plus précis sur ce qui se passe actuellement puis, en gros, en somme, ça veut dire qu'on va mettre en place un plan de dépistage plus massif dans la communauté, dans les régions particulièrement qui sont très touchées.

Comme l'a dit le premier ministre hier, notre plan inclut six critères qui sont énoncés par l'OMS et plusieurs organisations de santé publique, dont un est, bien entendu, notre capacité de tester, d'enquêter et d'isoler, d'intervenir auprès des cas et des contacts dans des situations différentes. C'est ce que font les équipes de santé publique depuis le début. Et, en date d'hier, on a eu 220 000 tests qui ont été faits. On teste pour trouver les cas positifs, identifier leurs contacts, remonter la chaîne de transmission et on isole les personnes atteintes pour éviter de propager le virus. C'est l'approche qu'on appelle de rechercher, investiguer, contenir.

Dans les dernières semaines, on s'est concentrés beaucoup sur les milieux de soins. C'était là aussi où il y avait des problématiques. On a beaucoup testé, dans les CHSLD, dans les hôpitaux, les patients autant que le personnel de la santé, puis ça, on va continuer ça comme tel. C'est une approche qui doit être là. On doit dire que cette approche a été, je vous dirais, rentable en termes d'efficience parce que, quand on teste dans une population où il n'y a pas beaucoup de cas, on a ce qu'on appelle des taux de positivité très faibles. C'est-à-dire, si on est à 0 %, 2 %, 5 %, ça veut dire que notre test ne cible pas les bonnes populations. Depuis un bon bout, on est à 16 % à peu près, entre 15 %, 16 %, 17 %, ce qui veut dire que les tests ont été utilisés pour les bonnes populations.

En ce moment, on effectue 6 000 tests par jour. Je veux faire une précision. Il y a des gens qui sont testés deux fois. Donc, ça explique que le nombre de personnes testées peut ne pas nécessairement correspondre au nombre de tests effectués parce que, dans certaines situations, il faut faire deux tests soit pour savoir si les gens sont devenus négatifs ou s'ils peuvent rentrer comme tel, toutes sortes d'indications particulières.

Maintenant, pour accompagner le déconfinement graduel, on met en place un nouveau plan diagnostic très agressif, qui a débuté ce matin à Montréal, notamment sur la partie nord-est de Montréal. On va beaucoup augmenter la quantité de tests qui est effectuée chaque jour. On va monter la puissance à partir d'aujourd'hui. Puis on a un objectif de faire 14 000 tests d'ici à la fin de la semaine prochaine et de maintenir ce flot-là au courant des prochaines semaines.

On a une réserve, une capacité de 7 000 tests par jour pour continuer à tester les patients hospitalisés, les résidents des milieux de soins, le personnel de la santé, les gens dans les milieux de vie où logent des personnes âgées, nos sages. Puis, pour le déconfinement, on a une réserve, une capacité de 6 000 tests pour les personnes symptomatiques dans la population en général. Puis on va porter, bien entendu, une attention particulière aux endroits où on va ouvrir, comme les écoles, les services de garde, les usines, la construction, et aussi les premiers répondants de sécurité publique, comme les policiers, les pompiers et les autres travailleurs des services essentiels.

On va se garder une réserve d'un millier de tests pour intervenir rapidement en cas d'une éclosion particulière dans un certain milieu ou de toute autre situation particulière.

C'est important de noter que la répartition des tests régionale va se faire non pas en fonction de la quantité de population, mais beaucoup plus en lien avec l'épidémiologie de chaque région. Par exemple, il va y avoir des tests pour la communauté dans des régions plus froides, mais ils vont avoir, au pro rata, moins de tests que dans les régions chaudes parce que c'est là que se fait la circulation et c'est là qu'on va avoir un taux de positivité qui va être adéquat. Puis ça va, bien entendu, ce ratio-là, être calculé régulièrement en regardant l'épidémiologie qui va évoluer dans la région de la communauté montréalaise métropolitaine mais aussi dans les autres régions.

Ce qui est très clair et très important que vous sachiez, c'est que, si on teste beaucoup plus, on va trouver plus de cas positifs. C'est ce qu'on souhaite. Dans les faits, vous allez voir une augmentation du nombre de cas, qui ne va pas être due nécessairement... qui pourrait être due à une transmission augmentée mais aussi au fait qu'on teste plus, comme tel. Plus on teste, plus on trouve. Moins on teste, moins on trouve, plus il y a de gens qui circulent dans la population qui ne sont pas nécessairement diagnostiqués. On veut trouver les cas positifs, on veut enquêter autour de ces cas-là pour remonter encore la chaîne de transmission puis isoler les personnes susceptibles de transmettre le virus.

En effectuant près de 100 000 tests par semaine, avec tout ce que ça comporte comme défi de ressources humaines, de saisie de données, de manipulations de laboratoire et ensuite de suivis épidémiologiques, ça va être du jamais-vu. On ne sera pas jamais parfait dès les premiers jours, c'est clair, parce qu'il va y avoir une machine à roder, des délais peut-être dans la transmission des informations, mais on va devoir s'ajuster constamment, mais on est confiants d'y arriver en fonction des scénarios et des discussions qu'on a eues avec nos directions de santé publique et les différentes organisations.

Avant de passer la parole au Dr Jalbert, qui va vous expliquer plus en détail notamment quels sont les groupes qui sont visés et notamment aussi quelles sont les modalités qui vont être faites, je veux revenir sur les statistiques qu'on vous donne à chaque jour. On va faire une pause aujourd'hui parce qu'on est en train de faire la révision du mois d'avril. Vous savez, c'est un peu comme un magasin qui ferme une journée pour faire son inventaire, pour réajuster ce que j'appellerais «les chiffres». On va faire cet exercice à chaque 1er du mois. Ce que ça veut dire, c'est... on veut faire cette révision pour être capables d'avoir les données les plus valides et les plus précises.

Dans un système, par exemple, quand on vous donne les décès qu'on va vous donner à chaque jour, c'est le nombre de cas qui sont rentrés la veille dans le système. Si on vous dit, hier, on a eu 45 décès, c'est souvent des décès... pas nécessairement la totalité des décès de la journée, il y en a qui vont rentrer demain ou après-demain, mais il y a des cas qui ont été quelques jours antérieurement, là, dans le système. Ce que ça veut dire, c'est que ça ne change pas le nombre total de décès, mais ça peut changer la courbe des décès parce qu'un décès qui est rapporté une journée mais qui n'est pas arrivé cette journée-là peut être arrivé quatre, cinq jours plus tôt.

Comme par exemple, aujourd'hui, là, si j'essaie de vous le dire, là, pour les maladies à déclaration obligatoire, qui sont les maladies qu'on fait toujours, à la fin du mois de mars, on attend trois mois pour recevoir les nouveaux cas qui peuvent réapparaître plus tard, revalider les cas, ceux qui sont confirmés, non confirmés, puis etc. Donc, le rapport officiel a des chiffres qui sont différents des chiffres cumulés de façon journalière. Ce que ça veut dire, donc, dans le fond, on va le faire à chaque début du mois, donc on va le faire comme tel.

Par exemple, aujourd'hui, il y a 163 décès de plus, mais les 163 décès de plus, il ne faut pas s'alarmer, ce ne sont pas des décès qui sont survenus hier, mais c'est des décès qui remontent aussi loin qu'au mois d'avril, mais qui ont fini par être saisis dans nos systèmes seulement hier. Vous allez voir, avec le tableau qu'on va vous présenter, depuis les 10 derniers jours, on est environ sur un plateau de 85 décès par jour. Ça ne baisse pas, mais ça n'augmente pas non plus comme tel.

Donc, ce que je voulais vous dire, c'est que vous allez voir que maintenant, à partir de maintenant, à tous les mois, on va publier des données qui vont être les données qu'on appelle validées pour le mois dernier, et ça va donner des différences par rapport à ce qu'on vous présente. Donc, ça, c'est ce qui est important, que je voulais vous dire aujourd'hui par rapport aux données. Puis, si vous voulez, dans la période de questions, tantôt, je pourrais vous donner les nombres d'hospitalisés et les mêmes chiffres qu'on vous donne habituellement pour la journée d'hier.

Je vais maintenant céder la parole au Dr Jalbert, qui va vous donner un peu plus d'information technique sur le comment ce dépistage massif va être exécuté et quelles sont les attentes qu'on a envers la population.

M. Jalbert (Yves) : Merci, Dr Arruda. Bonjour à tous. Donc, pour notre stratégie d'utilisation des tests, dans les prochaines semaines, il faut dire, première des choses, que ça va être dès le 4 mai, donc dès lundi, que les personnes qui ont des symptômes de la COVID-19 vont pouvoir téléphoner. Il y a une ligne dédiée qui va vous être communiquée, là, qui va être rendue publique. Donc, dès lundi, les gens vont pouvoir appeler à ce numéro, et, à partir de là, les gens vont être référés à un centre désigné de dépistage, ce qu'on appelle les CDD, qui sont déjà installés, connus, ou, s'il y a lieu, à une clinique désignée d'évaluation.

Alors, on fait une allocation régionale du nombre d'analyses qui peuvent être réalisées dans une journée, et, à partir de là, les CDD vont fournir un nombre de plages disponibles dans les 24 heures. Alors, les gens qui appellent, on s'attend à ce qu'ils soient dans un CDD, qu'ils aient leurs rendez-vous dans les 24 heures. Donc, ça, ça va offrir vraiment un accès rapide au test, et les résultats vont être communiqués, comme maintenant, par une infirmière ou un médecin.

Pour les demandes qui ne pourraient pas trouver un rendez-vous dans les 24 heures en CDD, à ce moment-là, ils pourraient, les gens, être référés dans un CDE, et les CDE sont en relation avec les directions de santé publique. Oui?

M. Arruda (Horacio) : Dr Jalbert, juste pour fins de compréhension, CDD puis CDE, c'est un acronyme que les journalistes ne connaissent pas, et je comprends très bien, même moi...

M. Jalbert (Yves) : Oui, c'est centre désigné de dépistage pour CDD, centre désigné d'évaluation pour CDE. Je m'excuse si je ne les ai pas épelés au long.

M. Arruda (Horacio) : Un dépiste et l'autre fait de l'évaluation du cas.

M. Jalbert (Yves) : Oui. Les CDE ont des ressources qui font vraiment de l'évaluation. Donc, un CDD, en général, on se présente là pour avoir un dépistage, point. Il n'y a pas nécessairement d'évaluation.

Donc, les CDE qui vont recevoir les gens qui appellent, mais pour lesquels on ne peut pas fournir un rendez-vous dans les 24 heures dans un CDD, ils vont avoir une évaluation. Et à ce moment-là les CDE, au besoin, vont rentrer en contact avec les directions de santé publique pour faire le suivi. Puis là il y a des gestions de cas d'éclosion, des enquêtes, etc., qui peuvent être faites à partir des CDE. Et ces centres-là aussi vont s'occuper de faire la déclaration des maladies à déclaration obligatoire aux directions de santé publique. Que ce soit en CDD ou en CDE, il y a des conseils quant aux mesures de prévention, d'isolement et de gestion des contacts étroits qui vont pouvoir être prodigués aux patients.

On a avec tout ça une... On a fait une révision des priorités du dépistage. En fait, on avait une liste de priorités qu'on a maintenant convertie en liste de groupes. Les priorités vont se déterminer selon ce que l'on met en place au niveau opérationnel. Alors, on parle désormais de groupes. Je résume parce que, là, c'est assez technique.

Il y a le groupe 1. Ça, ce sont les patients symptomatiques, hospitalisés ou qui nécessitent des soins réguliers en milieu hospitalier. Donc là, on vise à capter les gens qui pourraient entrer le virus dans les hôpitaux ou qui s'y trouveraient déjà avec le virus.

Le deuxième groupe, c'est les professionnels de la santé symptomatiques, surtout quand ces gens-là... enfin, quand leur absence pourrait causer un bris de service, là, puis on veut être sûrs de leur statut.

Le troisième groupe, les usagers et le personnel dans les milieux d'hébergement tels que les CHSLD, les RPA et les RI-RTF. Là, sur les acronymes, je ne sais pas si ça va. On pourra revenir là-dessus.

M. Arruda (Horacio) : Les résidences intermédiaires...

M. Jalbert (Yves) : Oui. C'est les endroits d'hébergement pour les personnes âgées et de soins chroniques. Donc, dès qu'il y a un nouveau cas positif qui est identifié là, on peut faire des analyses et tout ça. C'est une catégorie qui existe déjà.

Le groupe 4, c'est là où on a un gros changement qui va interpeler beaucoup notre capacité de contrôler l'épidémie au Québec. Le groupe 4, ce sont les personnes symptomatiques de toutes les communautés. Donc, ça, c'est le point important. C'est beaucoup sur ces gens-là qu'on va se concentrer, qu'on va faire des efforts particuliers dans les prochaines semaines, et ça inclut les milieux en réouverture, donc les gens, par exemple, qui retournent à l'école, en milieu de garde, en manufacture, etc.

Le groupe 5, ça aussi, ça n'a pas changé. Les premiers répondants aux travailleurs du système de santé publique, c'est les gens qui fournissent des services jugés critiques ou essentiels.

Et finalement, G6, l'autre groupe qui concerne beaucoup les directions de santé publique, on parle ici des contacts des cas confirmés. Ça, c'est une stratégie très importante si on veut intervenir sur notre situation épidémique au Québec. C'est qu'au-delà d'aller capter les gens qui sont symptomatiques et de les tester, il faut aussi s'intéresser à leurs contacts étroits et remonter des chaînes de transmission pour intervenir. Il pourrait y avoir aussi, dans cette catégorie, des interventions à visée plus de description de la situation dans des milieux. Par exemple, on pourrait arriver dans une entreprise et prélever un pourcentage des employés de l'entreprise pour faire vraiment une description de l'épidémiologie dans le milieu. Tout ça, ça va être géré via les directions de santé publique.

Alors, pour les étapes à venir pour le déploiement de la stratégie, on va évidemment procéder à une répartition de la capacité diagnostique entre les régions et les CDD. On va aussi développer sous peu des nouvelles méthodes de prélèvements pour réduire les besoins en ressources humaines et les besoins matériels. On songe, par exemple, à utiliser des prélèvements par expectoration au lieu de procéder par écouvillon, ce qui simplifie beaucoup le prélèvement et qui nous enlève la charge d'acheter des écouvillons. Puis on sait que les écouvillons sont en demande beaucoup sur la planète et l'approvisionnement n'est pas toujours facile.

Donc, c'est une toute nouvelle approche, qui est bien adaptée au contexte actuel de déconfinement que l'on met en oeuvre. On retourne à un dépistage massif qui va nous permettre de mieux mesurer la transmission communautaire. On a la capacité d'augmenter le nombre de tests actuellement et on entend utiliser cette capacité à bon escient. Et on doit aussi... on a le souci de détecter rapidement toute éclosion possible qui pourrait survenir dans un de nos milieux déconfinés, dont les écoles ou les entreprises. Alors, nous suivons donc tout cela de très près. Merci.

Le Modérateur : Très bien. Est-ce que vous êtes prêts à prendre maintenant les questions en français? Parfait. Donc, nous allons débuter avec Mathieu Dion, Radio-Canada.

M. Dion (Mathieu) : Bonjour, messieurs. C'est quoi, le taux d'efficacité moyen de l'ensemble des tests puis à combien évaluez-vous le risque de faux négatifs?

M. Arruda (Horacio) : Bien, écoutez, ça dépend de la qualité du test puis etc. Il faut dire que le test qu'on utilise au Québec, qui est un test qui a été fait à partir de la méthode du Laboratoire de santé publique, est un test qui est... Un, il n'y a aucun test qui est 100 % parfait. Ça dépend toujours sur quel genre de population on l'applique, là, c'est-à-dire que, si on l'applique à une population où il n'y a presque pas de cas, on va avoir des faux positifs puis on peut avoir des faux négatifs aussi.

Le test qu'on a, un, ce qui est assez difficile... On ne peut pas vous le calculer complètement parce que ça prendrait un «gold standard», ça prendrait ce qu'on appelle un test parfait, qui n'est pas existant. Ce qu'on sait, c'est que le test qu'on utilise ici est très sensible, dans le sens où il détecte, avec très peu de particules virales, le virus. Donc, il est capable de détecter, par sa méthode PCR, une quantité très faible de virus.

Par contre, on sait que les tests qui sont promus par des compagnies qui veulent faire des PCR, là, dont le résultat est très rapide, c'est 100 fois moins sensible. Ça prend 100 fois plus de particules pour qu'ils soient positifs. Donc, les tests commerciaux ont tendance à être un peu plus... moins sensibles que le test qu'on utilise ici, d'après les informations que notre Laboratoire de santé publique du Québec a obtenues, même des compagnies, par rapport à la quantité de virions qu'ils peuvent détecter.

Donc, c'est toujours possible, un test, mais... C'est pour ça aussi, quelque part, par contre, que, si on teste sur des patients symptomatiques qui ont une histoire clinique, on a notre valeur prédictive positive, c'est-à-dire la valeur à laquelle le test va dire que c'est un positif puis que c'est un vrai positif, là, va être plus élevée.

Jusqu'à maintenant, quand on suit les taux de positivité qu'on a eus au Québec, qui sont autour de 16 % — je vous dirais, on est montés même à plus que ça — ça veut dire que c'est un test qui est utilisé dans les bonnes populations. J'aimerais ça vous dire qu'il y en a x % qui sont faussement négatifs, puis etc. Deux, ça dépend du test. Trois, ça dépend... De un, ça dépend du test. Deux, ça va dépendre aussi dans quelle population on le fait. Parce qu'un test, on a souvent l'impression que, parce que tu le fais, il est positif ou négatif, ça va être parfait, mais il y a une influence aussi sur quelle population tu le fais. Si tu as beaucoup, beaucoup de cas dans une population, le test va être meilleur, plus performant que s'il n'y en a pas beaucoup parce que le risque d'erreur est moins grand pour le test dans cette population-là qui est très élevée.

Mais, dans les faits, ce que ça veut dire, c'est que, oui, il y en a. Quand les gens ont des symptômes, la probabilité baisse d'avoir des faux négatifs. Quand les gens sont asymptomatiques, ça peut baisser, mais il y a des asymptomatiques qui peuvent être positifs parce que le test détecte une petite quantité de virus.

M. Dion (Mathieu) : Je vous entends parler des tests commerciaux. Est-ce que c'est une bonne idée d'y avoir recours, notamment au test, là, de Spartan, là, qui n'a même pas encore été homologué par Santé Canada, notamment? Est-ce que c'est une bonne idée?

M. Arruda (Horacio) : Bien, écoutez, c'est dans nos plans, là, on ne se le cachera pas, parce que, si on veut augmenter les capacités de tester, ce genre de technologie là, elle est plus facile, plus rapide en termes d'éléments, mais on va suivre... Quand on va le faire, on va le faire avec une analyse de ce que ça vaut, hein? Je ne sais pas si vous comprenez ce que ça veut dire. On va peut-être réserver les tests pour certains types de patients qui nécessitent absolument un diagnostic plus précis, alors que, dans des masses populationnelles, ce genre de test là pourrait être là. Mais il faut attendre d'avoir les données plus précises. On en parle beaucoup, on en a beaucoup parlé à l'avance, ils font partie de nos plans, eux comme d'autres, mais ce qu'on va faire actuellement et utiliser, ce n'est pas ça du tout, là. Quand on parle d'augmenter à 14 000 pour vendredi prochain, on est sur la même méthodologie, le même genre de test qu'on utilise jusqu'à maintenant.

Le Modérateur : Prochaine question, Alain Laforest, TVA Nouvelles.

M. Laforest (Alain) : Bonjour à vous. Dr Arruda, il y a des scientifiques qui avancent qu'actuellement, au Québec, il y aurait 250 000 personnes infectées. Est-ce qu'on peut avoir, à peu près, une idée, là, parce que, quand on arrive à des taux de 20 000, on sait que ce n'est pas la réalité, là, mais, selon vos courbes, il y a combien de personnes infectées qui ne le savent pas et qui n'ont pas fait la maladie de façon très grave à venir jusqu'à maintenant?

M. Arruda (Horacio) : Bien, je vais vous dire, la question est bonne, il faudrait que j'aille me chercher des calculs, là, mais moi, je pense que c'est sûr qu'on en a plus que 20 000, là. Il n'y a personne, il n'y a aucun système actuellement qui est capable de dire que... Souvent, là, quand on fait des tests, c'est pour aussi voir des tendances, puis etc. Mais on pense que la prévalence, au Québec, là, elle est à peu près autour de 3 %, maximum, hein? On parlait, à un moment donné, de 10 %, puis etc., mais, quand on regarde les autres pays, les études sérobiologiques qui ont été faites ailleurs, plus avancées, on pense plus qu'on est autour de 3 %, maximum 5 %, peut-être, dans certains sous-secteurs où ça a circulé plus, ça. Donc, si on dit 3 % de la population, il faudrait calculer 3 % de 8 millions, là, il faudrait que je le fasse le calcul, là, mais ça doit être 250 000. C'est à peu près ça.

M. Laforest (Alain) : Quand vous allez augmenter vos tests, là, c'est ce que vous faites, là, l'objectif ultime de le faire, c'est pour vous donner une idée? Parce que, vous nous l'avez déjà dit, là, à partir du moment où on fait des tests et que les gens sont malades, ça prend 14 à 21 jours avant d'avoir la maladie. Donc, ça va prendre... À partir de l'ouverture, vous n'aurez pas un portrait précis avant 14 à 21 jours pour savoir si la maladie...

M. Arruda (Horacio) : Non, on n'aura pas un portrait précis, total des choses, mais c'est clair qu'on va suivre plusieurs indicateurs, hein, le nombre de cas, mais lui, le nombre de cas, il est très dépendant du nombre de tests, donc il a une certaine valeur, mais on va suivre... Est-ce qu'il y a des éclosions? Est-ce que, par exemple, dans les écoles qu'on a ouvertes, il y a des éclosions? À la manufacture qui produit, je ne sais pas, moi, un aliment «y», là, est-ce qu'il y a des cas? Parce que l'autre affaire, c'est qu'en même temps qu'on va ouvrir, en même temps, on va devoir faire un diagnostic à la fois communautaire, mais aussi autour des éclosions, pour que, par exemple, si jamais, dans une entreprise manufacturière, on se retrouve qu'il y a 100 personnes — je ne sais pas, là — puis il y en a 14 qui sont malades, bien, les 14 personnes malades, on va s'organiser pour connaître c'est qui, on va s'organiser pour enquêter sur chacun des cas dans la famille, les contacts, puis etc., pour contrôler la situation, pour ne pas que l'éclosion de l'entreprise aille dans la communauté remplir encore plus de malades.

Mais on va aussi voir est-ce qu'on... il y en a-tu, des asymptomatiques? Puis prenons un exemple. Si on a des gens symptomatiques, on demande aux gens de... symptomatiques, mettons, dans une région de Montréal, de se présenter, on va faire des tests. Ceux qui vont être positifs, on va vouloir savoir leurs contacts qui sont négatifs. On va peut-être tester des contacts pour voir est-ce qu'ils sont malades ou ils ont des symptômes, pour être capables de les confiner pendant 14 jours pour empêcher la transmission.

Ça fait que c'est une série d'interventions comme ça qui va nous permettre à la fois de documenter le déconfinement qu'on a fait, qu'est-ce qu'il génère autour de cet environnement-là, des fois, aussi, peut-être même de tester avant pour voir le statut, comme tel, comme on est en train de faire dans les CHSLD, là, dès qu'il y a un cas, on teste les autres pour voir c'est quoi, le statut. Ça fait que ça nous donne un meilleur diagnostic.

Mais c'est sûr qu'on ne peut pas tester tout le monde. Puis on commence par les symptomatiques parce que c'est là qu'on a le plus de chances de trouver quelqu'un de positif, d'identifier les contacts comme tels puis de tester ces gens-là qui vont probablement être plus à risque d'avoir été contaminés et asymptomatiques, qu'un asymptomatique comme ça qui vient dans la population. C'est une question de probabilités et d'utilisation adéquate des ressources pour faire des diagnostics.

Le Modérateur : Merci, on poursuit avec Olivier Bossé, Le Soleil.

M. Bossé (Olivier) : Bonjour. Vous avez parlé de plus que doubler, donc, de 6 000 à 14 000. Vous avez même parlé, cette semaine, de passer jusqu'à 20 000, 30 000. Où est-ce que vous allez trouver le matériel et le personnel pour non seulement faire les tests, les analyser, faire le suivi et ensuite s'arranger pour que ces gens-là soient isolés?

M. Arruda (Horacio) : Bon, premièrement, je vous ai parlé de... Là, on vous parle du 14 000, là, on vous parle pour vendredi prochain, là. Donc, ça, on a la capacité actuelle pour le faire, O.K.? Quand j'ai parlé de l'autre quantité, là, mettons, le 18 000, 20 000, etc., on parle dans quelques semaines, puis là il va y avoir des technologies nouvelles puis d'autres types d'approches qui peuvent se faire puis d'après les estimés qu'on a.

Vous savez, je l'ai toujours dit, vous allez me revenir en me disant : Telle date, le 1er mai, M. Arruda, vous avez dit ça, puis dans six semaines, puis là, ce n'est pas ça, on ne l'a pas, ça fait six semaines exactement aujourd'hui puis on ne l'a pas, ça va dépendre des contraintes qu'on a. Bien, on ne vous a pas parlé de scénarios de dépistage avant parce qu'on avait trop d'inconnus puis de capacité. Là, on vous en parle parce qu'on pense que c'est assez fort.

Là, je vous ai donné une perspective, là, lointaine par rapport à ce qu'on entend. Mais si, par exemple, le test, on nous dit qu'il n'est pas homologué par Santé Canada parce qu'il n'est pas de bonne qualité, puis etc., ça va changer nos scénarios, mais il y a d'autres alternatives. Ça fait qu'on suit ça de très, très près.

Mais je pourrais vous dire qu'avec nos 14 000 tests qu'on fait actuellement on en a quand même plus qu'ailleurs, si vous me permettez, là, et même que dans le reste du Canada, tout le monde ensemble, mais on est à le faire.

Et, comme disait Dr Jalbert, les nouvelles approches d'expectorat, là… Expectorer, ça veut dire cracher, hein? Il faut que les gens puissent savoir cracher. Il y a du monde qui sont incapables de cracher. Ils vont être obligés d'avoir le prélèvement. Mais, pour ceux qui préfèrent cracher plutôt que de se faire rentrer une tige dans le fond du nez, là, bien, si ça marche puis c'est valide, bien, tant mieux, ça va être encore moins compliqué en termes… On fait… demander aux gens de cracher, ils crachent, on l'envoie au laboratoire. On n'a pas besoin d'avoir une infirmière qui va faire un écouvillon, puis etc.

M. Bossé (Olivier) : Avec le déconfinement, plus de tests. Est-ce que vous êtes rendus à recommander le port du masque artisanal chez les élèves qui retournent à l'école?

M. Arruda (Horacio) : Bien, écoutez, pour ce qui est du port du masque artisanal, là, les gens ont toujours pensé que j'étais contre. Je ne suis pas contre. D'ailleurs, vous pourriez en avoir tous un ici, là, puis vous seriez encore mes amis. Je ne suis pas contre le port du masque artisanal. Ce que je vous ai toujours dit, par contre, c'est que je ne veux pas que ça remplace l'autre élément parce que les gens se sentent trop protégés avec le masque artisanal.

Je vous dirais que l'école va reprendre d'une façon très différente, O.K.? Vous n'aurez pas les mêmes classes qu'avant. Je sais que les gens ont de la difficulté à comprendre ça, là, parce qu'ils voient l'école, ils voient les enfants, là, tous arriver en même temps dans le corridor, tous entassés et passer... Puis, il faut comprendre, là, ce n'est pas parce qu'on est à moins de deux mètres pendant quelques minutes, en bas de 15 minutes, qu'automatiquement il y a eu une contamination. Mais, si les enfants veulent en porter un et le tolérer puis qu'ils vont moins porter leurs mains à la bouche, qu'ils vont se laver les mains adéquatement, on ne peut pas dire qu'on est contre. Mais les enfants, ça tolère mal un peu le masque. C'est la même affaire dans les garderies. Par contre, les éducatrices, parce qu'elles ont des contacts beaucoup plus fréquents, puis etc., eux autres vont l'avoir. Les profs, c'est aussi la question de la distanciation.

Ça fait que, tu sais, moi, je vais vous dire une chose, quelqu'un qui porte un masque, un, il le fait pour protéger les autres, pas, lui-même, se protéger. Mais je veux juste encore répéter, et je sais que j'ai l'air d'un psychotique schizophrénique au lavage de mains, là, mais c'est la chose la plus… Puis ça fait des années qu'on essaie de montrer, même dans les hôpitaux, à se laver les mains. Puis, même les gens avec le matériel, le meilleur, qu'ils ont, des fois ils vont faire ce qu'on appelle des erreurs parce que ce n'est pas naturel. Puis quand tu es protégé avec un «screen», que tu es emblousé, puis etc., tu n'as pas l'impression que tu contamines.

Mais, je veux dire, c'est un défi d'ajouter ça aux autres. Mais, moi, s'ils veulent porter le masque, surtout, maintenant, qu'ils en sortent des tellement jolis, il va en avoir probablement… Il y a un marché qui s'installe là-dessus, là. Moi, à un moment donné, je vais avoir à coordonner les cravates avec mon masque. Mais, bon, je ne veux pas ridiculiser le masque, ce n'est pas ça du tout. Mais, je vais vous dire, si les gens veulent le porter… Moi, je pense que, dans la région métropolitaine, s'ils prennent le transport en commun, puis etc., un couvre... ça va devenir un élément de l'étiquette respiratoire, si vous me permettez. Dans le fond, plutôt que de tousser dans son coude, on va porter un masque. Ça peut être adéquat.

Le Modérateur : Merci. Maintenant, au tour de Louis Lacroix, Cogeco Nouvelles.

M. Lacroix (Louis) : M. Arruda, Dr Jalbert. Il y a un mois presque jour pour jour, j'avais commencé à vous parler des tests aléatoires. Vous vous souvenez sans doute que j'avais posé la question. Là, vous dites : On commence par les symptomatiques parce qu'on a plus de chances d'en trouver. Il me semble que c'est un peu antinomique de dire : Les gens dont on a une bonne idée qu'ils l'ont, là, on soupçonne qu'ils l'ont, on va les tester, alors que, si on veut savoir la quantité d'asymptomatiques, de gens qui l'ont sans qu'on le sache, il me semble que c'est à eux autres qu'on devrait s'adresser en premier. Je ne sais pas, là, c'est une impression, là. Vous êtes des scientifiques, pas moi, là, mais pourquoi on ne fait pas plus de tests aléatoires? Parce que, là, vous n'avez presque pas parlé de tests aléatoires. Vous avez dit : Peut-être dans certaines entreprises si on a... Pourquoi est-ce qu'on ne cible pas des endroits, des quartiers? Par exemple, on a parlé de Montréal-Nord, où il y avait une problématique importante dans ce coin-là. Pourquoi on ne prend pas certains quartiers et qu'on ne fait pas massivement des tests aléatoires?

M. Arruda (Horacio) : Bien, dans Montréal-Nord, il va y a en avoir, des tests, parce que, là, il y a une situation particulière, il y a une éclosion. Il va y en avoir, des tests.

Un, premièrement, juste pour vous dire, en testant des cas symptomatiques, on va avoir des contacts, on va en avoir, des gens qui sont là. Vous savez, si on avait une capacité infinie, on ferait faire des tests à tous les Québécois, puis il faudrait les répéter parce que... Puis, premièrement, actuellement, utilisez un test chez un asymptomatique dans la région du Bas-Saint-Laurent, là, puis vous allez avoir 98 % des chances qu'il va être négatif. Je ne sais pas si vous comprenez? C'est ça, la question comme telle.

Puis une partie des réponses doit venir avec les études séroépidémiologiques qui vont être faites, qui ne sont pas encore faites. Même, il y a des débats par rapport aux tests parce que... C'est vrai que vous pouvez me dire : Bien, on sait déjà, il y a… Les syndromes classiques, là, de gens qui ont toussé, qui ont le rhume, qui ont perdu l'odorat, puis etc., ils ne sont pas si existants. Il y a beaucoup de gens qui sont de la symptomatologie fruste. Ça en est, des symptomatiques, moins, là, que je pourrais vous dire. Notre test sur ces personnes-là va nous aider à aussi contrôler les cas et les contacts où il y a de la transmission.

Mais je comprends ce que vous dites. Mais ça, c'est réfléchi en termes de la meilleure utilisation du test à ce moment-ci comme tel. Mais ce qui va répondre, à savoir véritablement il y en a eu combien qui n'ont pas eu de symptômes puis qu'on a détecté, c'est à travers les études séroépidémiologiques, parce qu'en plus, quand vous le faites sur un asymptomatique, peut-être qu'il va le devenir dans deux jours, dans trois jours. Ça dépend où on l'a pris. Ça fait qu'on y va plus là où il y a de la chance de trouver quelque chose sur lequel on va être capables d'intervenir aussi.

M. Lacroix (Louis) : Et, dans les écoles, parce qu'il y a une grande inquiétude en termes de possibilités de cas, là, qui pourraient être transmis soit aux enseignants ou aux enfants qui pourraient ensuite le transmettre dans leur cellule familiale, vous allez tester de quelle façon? Et combien il va y avoir de tests spécifiques pour les écoles?

M. Arruda (Horacio) : Bien, ça va dépendre. Le chiffre — peut-être que tu pourras compléter, Yves, parce que c'est toi qui a fait les scénarios — il y en a une proportion qui est réservée pour ces éléments-là puis pour le directeur de santé publique en fonction de la situation. Mais c'est clair... Là, j'ai une question. Il y a un cas chez un prof, mettons, il y a des enfants, là. Je vous donne un exemple, il y a des enfants, là, qui ont fait la maladie, ça a passé comme dans du beurre, personne ne s'en est rendu compte, mais il y a un prof qui se rend compte, un matin, qu'il ne goûte plus rien et il ne sent plus rien. Ça fait que là, on va dire qu'il y a un cas. Ça fait que, là, on va aller faire l'investigation autour de ce prof-là, là, on va aller tester ses collègues de travail qu'il a croisé, on va tester les enfants, puis on va l'avoir, le portrait de cette situation-là. Heureusement, le professeur est en bonne santé, il va guérir. Il va sortir de l'école parce qu'on ne voudra pas qu'il contamine d'autres personnes. On va investiguer sa famille si jamais il y a eu des contacts, puis etc.

Donc, ça va se faire à travers les cas qui vont émerger, puis, tout dépendamment, dans certaines régions où il y a de la disponibilité de test, où il n'y a pas de circulation, les directeurs pourraient décider qu'au lieu de laisser, je vous dirais, x tests par jour ou, je ne sais pas, moi, 100, 200, 300 tests par jour ne pas être utilisés, on va leur dire : Testez de façon aléatoire. C'est un peu comme ça, là, ça va être une analyse qui va être faite région par région, et la distribution des tests aussi.

Imaginons, là, je dis ça n'importe comment, Mauricie—Centre-du-Québec devient chaude au même titre que Montréal ou commence à devenir chaude, bien, il y a des tests qui vont être renvoyés plus tôt en Mauricie—Centre-du-Québec pour faire le bon diagnostic. C'est toujours par un élément d'échantillonnage qu'on fait ça, en fonction d'une probabilité détectée. Puis ce n'est jamais pour connaître la quantité totale, c'est pour voir les tendances. Yves, des ajouts?

M. Jalbert (Yves) : Oui, avec tout ça, bien, on va évidemment tester les gens qui sont symptomatiques de façon plus accentuée, et on va se doter d'une capacité en santé publique pour suivre les... je parlais des maladies à déclaration obligatoire, donc il y a des informations qui sont livrées aux directions de santé publique. On va avoir une structure pour s'assurer de capter rapidement de l'information sur un milieu où il y aurait plusieurs cas infectés, O.K., donc, essayer rapidement de voir est-ce qu'il y a un problème spécifique avec les écoles, avec les garderies, avec les milieux de travail, les différents secteurs pour être capables d'agir très rapidement. Puis, au-delà de ça, si on a des craintes par rapport à des milieux pour des raisons spécifiques, c'est à ce moment-là qu'on pourra faire les analyses un peu à l'aveugle, c'est-à-dire qu'on va prendre une proportion des gens qui sont dans ce milieu-là et leur offrir le test pour se donner une image de la circulation du virus dans ces milieux-là.

Il faut comprendre qu'avec le test qu'on a actuellement, si tu arrives le jour avant que la personne ait suffisamment de virus chez elle pour que notre test devienne positif, bien, tu as un négatif, mais qui ne veut pas dire grand-chose. En fait, sa validité n'est pas là très longtemps, O.K.? Donc, le test actuel n'est pas le meilleur pour faire ce genre d'intervention. Mais, on va quand même se donner la peine, pour être sûrs de capter rapidement des milieux qui pourraient devenir problématiques, là, avant qu'on se retrouve avec des choses plus délicates à gérer.

M. Arruda (Horacio) : Puis, je vais accompagner une chose parce que vous avez parlé tantôt de personnel, puis, etc. On a implanté une nouvelle plateforme qui s'appelle Akinox qui permet de gérer les contacts de cas actuellement, que ça fonctionne assez bien, et de gérer aussi les cas... Ça va être cette semaine que ça va être implanté?

M. Jalbert (Yves) : ...

M. Arruda (Horacio) : La semaine prochaine? O.K. Et donc ça va automatiser beaucoup des opérations, là. Même, les gens vont recevoir le questionnaire d'enquête par courrier électronique, ce qui va empêcher... ce qui va éviter qu'une infirmière prenne une demi-heure pour parler au patient nécessairement. Donc, on se donne des outils technologiques plus une capacité plus grande d'enquêteurs qui vont rentrer.

Le Modérateur : Merci. Prochaine question, Isabelle Porter, Le Devoir.

Mme Porter (Isabelle) : Oui, bonjour à tous les deux. Je voudrais savoir, est-ce qu'on aurait eu la capacité, en termes d'équipement et de ressources, pour faire des tests aléatoires et des tests plus systématiques dans les écoles pour la rentrée? Si on avait voulu le faire, est-ce qu'on aurait pu?

M. Arruda (Horacio) : Bien, vas-y Yves, puis je compléterai ou tu veux que j'y aille?

M. Jalbert (Yves) : En fait, écoutez, on a mis un chiffre de 1 000 analyses par jour, quand même. C'est quand même pas mal d'analyses, là, qu'on pourrait réaliser sous la catégorie des contacts de cas et de ces interventions dans des milieux spécifiques. Mais, même là, on s'entend que, si on voulait capter tous les étudiants, tous les enseignants, ça serait difficile. Puis, il faudrait le répéter aussi, hein, parce que, comme je disais, la validité du test, elle n'est pas bonne à long terme. Donc, on a ce souci-là d'aller chercher la réponse à la question que vous posez, à savoir est-ce qu'on peut protéger ces gens-là, mais il faut se donner une stratégie qui va nous permettre de la réaliser avec notre capacité de tests actuelle.

M. Arruda (Horacio) : Puis, dans les faits, les recommandations des groupes, là, puis des choix qui ont été faits... Parce qu'on ne peut pas non plus tasser le clinique, hein, dire aux gens du clinique : Vous n'en avez plus besoin, on va tous les prendre pour faire des dépistages. Ça a été fait avec les experts pour nous dire quel est le meilleur équilibre, compte tenu des ressources qu'on a, des tests qu'on a pour être capable de répondre à ces questions-là.

Le Modérateur : Sous-question.

Mme Porter (Isabelle) : Oui. Tout à l'heure vous avez dit qu'on avait en moyenne à peu près 85 décès par jour, qu'on était sur un plateau, que ça ne baissait pas, que ça n'augmentait pas. À partir de combien de décès par jour en augmentation est-ce que vous envisageriez de remettre à plus tard la réouverture des écoles à Montréal?

M. Arruda (Horacio) : Bon. Vous savez, la réouverture des écoles ou de n'importe quel milieu ou déconfinement est associé à l'analyse de plusieurs variables, six conditions, là que l'OMS a donné. Le nombre de décès.... Ce qui est clair, c'est, un, le nombre de cas ne peut pas être le facteur actuellement parce que, surtout qu'on va se mettre à dépister, on va avoir plus de cas. Par contre, si on voit que les hospitalisations sont en hausse, les hospitalisations aux soins intensifs sont en hausse, que les urgences débordent de façon importante, qu'on n'est pas capables ou qu'on n'est plus capables d'ouvrir des soins intensifs ou d'autres places, puis si on voit qu'il y a une réaugmentation des choses, bien, on pourrait revenir en arrière en termes, effectivement, de déconfinement, puis etc.

Et Yves, tu peux peut-être... Puis, dans les faits, c'est une série de facteurs. Ce n'est pas un seul chiffre puis ce n'est pas parce qu'on est à 100 une journée, que hier on était à 95, que ça veut dire qu'on est en train de remonter. Il faut véritablement voir la tendance en fonction des journées puis voir aussi le R0, hein, en fin de compte, le chiffre, là, qu'on regarde de reproduction du nombre de cas pour doubler, etc. Yves?

M. Jalbert (Yves) : Bien, il y a beaucoup d'analyses qui sont faites présentement à Montréal, là. Il va y en avoir beaucoup en fin de semaine, et déjà ce sont des données dont on va pouvoir tenir compte sur les décisions.

Le Modérateur : Merci. Maintenant, au tour de Tommy Chouinard, La Presse.

M. Chouinard (Tommy) : Oui. Bonjour, Dr Arruda. J'aimerais qu'on revienne sur le bilan quotidien, si vous voulez bien. On est passé un petit peu vite là-dessus. Je voulais savoir, bien...

M. Arruda (Horacio) : Je vais vous réexpliquer ça clairement.

M. Chouinard (Tommy) : Oui. Qu'est-ce qui en est exactement et doit-on comprendre qu'il y aura une remise en question de la présentation quotidienne de ces éléments-là?

M. Arruda (Horacio) : Non, ce n'est pas ça. Je vais essayer d'être plus clair, O.K.? Juste pour vous dire qu'à la fin d'une certaine période de temps, ce qu'on... On va donner les chiffres quotidiens, vous allez les avoir, on n'est pas ici pour vous cacher quoi que ce soit. Mais, quand on donne des chiffres quotidiens, qu'on dit : Il y a tant de décès... Je vais donner un exemple. Si je regarde le rapport d'hier, là, il y a 163 décès qu'on a eus hier puis, dans les faits, ces 163 décès qui nous ont été déclarés hier ne sont pas tous arrivés hier. Hier, il y en a eu 22 de plus que... Il y en a eu 22, 60 le... c'est-à-dire il y en a, depuis... les 163 qu'on a eus, déclarés hier, O.K., leur date... non pas leur date de déclaration, pas la date du signalement, la date du décès, il y en a un, c'était le 3 avril, un le 17, deux le 18, un le 20, un le 21, quatre le 22, quatre le 23, trois le 24, 10 le 25, quatre le 26, 16 le 27, 33 le 28, 29, 60, puis 22 le 30. Ce n'est que peut-être cinq jours après que le chiffre de 22 qu'on va avoir, qui est le 30, va devenir 80 et quelques. O.K.?

Ce qu'on a actuellement, là, quand on regarde les données... parce qu'au jour le jour on a les cas qui nous sont déclarés, mais ce n'est pas les cas qui sont la date de décès précisément, pour toutes sortes de raisons d'enquête, de délai. Prenons un exemple, le médecin, le patient décède, en théorie, doit passer dans les 24 heures pour faire le décès. Il est passé mais il n'a pas rempli le formulaire SP3, le formulaire qui est envoyé à la Santé publique pour entrer le cas. Il y a eu des délais. Le temps que la Santé publique le reçoive, si jamais ils n'ont pas pu le saisir ce soir-là parce qu'il est arrivé tard dans le système puis il n'est pas dans le chiffre du CISSS, il y a une autre journée de délai.

Ça fait qu'on se retrouve toujours avec... Comme dans les maladies à déclaration obligatoire à chaque année, les chiffres hebdomadaires... Puis là on a les journaliers. Imaginez-vous quand... Habituellement, on reporte des cas à la semaine, jamais à la journée. Les chiffres hebdomadaires, ils sont corrigés dans le temps. Ça fait qu'à la fin du mois on va regarder tout ça, puis la vraie courbe qu'on avait à chaque jour, elle va être corrigée. C'est-à-dire que les 163 décès, là, ils vont être placés à la bonne place par rapport à la date de décès. Ça, c'est ce qu'on appelle des rapports validés et vérifiés.

Ce que je veux que vous compreniez… Puis vous allez voir, là, vous allez voir, on vous a distribué une courbe, hein, je ne sais pas si vous l'avez devant vous? On vous a distribué une courbe puis vous voyez, là, que la dernière journée, ce n'est pas marqué «163 cas», hein, parce qu'il y en a qui ont été placés le 3 avril, le 17 avril, donc ces journées-là.

Ça fait que c'était un peu pour que vous compreniez qu'on va faire des rapports à chaque mois qui vont avoir corrigé ce qui s'est passé dans le mois dernier pour replacer les chiffres. Mais nous, on veut avoir, en fin de compte, l'incidence, c'est-à-dire le nombre de décès par jour et non pas le nombre de décès déclarés cette journée-là. Est-ce que je suis clair?

Le Modérateur : En sous-question, M. Chouinard.

M. Chouinard (Tommy) : En fait, je pensais que vous alliez me présenter les hospitalisations également dans la même réponse.

M. Arruda (Horacio) : Oui, je vais vous donner ça. O.K., en date du 30 avril 2020, je vais vous donner des chiffres, on a 28 648 cas confirmés, ce qui correspond à 1 110 nouveaux cas. On est rendus à un cumulatif de 2 020 décès par rapport à la date d'hier, hein? Par rapport à la date d'avant-hier, le nombre de décès qui nous ont été signalés, mais pas qui sont arrivés hier, 163 nouveaux décès. C'est ce que je vous expliquais, ces 163 nouveaux décès là, il y en a qui datent du 3 avril jusqu'à maintenant. Il y a 6 700 personnes qui ont récupéré. On est à 1 716 hospitalisations, ce qui correspond à plus 31, et 218 aux soins intensifs, ce qui correspond à plus quatre. Il y a 6 166 cas confirmés parmi les travailleurs de la santé, ce qui correspond à 302.

M. Chouinard (Tommy) : Maintenant, mon autre question porte sur le dépistage. Des experts à qui on a parlé plus tôt cette semaine disaient que l'un des critères, effectivement, de l'OMS, vous l'avez dit, c'est une bonne capacité de dépistage. Mais ils disaient qu'avant de déconfiner il fallait commencer par augmenter de façon importante le dépistage et attendre, au fond, une semaine avant de déconfiner si... l'opération qu'on a faite pendant cette semaine-là. Là, nous, on va déconfiner, là, les commerces de détail avec porte extérieure, là, comme on dit, bon, bien, c'est lundi, là. Pourquoi on ne s'est pas accordé ce délai-là pour procéder à cette nouvelle stratégie et cette augmentation de tests?

M. Arruda (Horacio) : O.K. Je vais vous dire, là, on propose des diagnostics, là, puis on va voir. Pour ce qui est des dates, c'est des dates qui ont été annoncées en termes de scénarios, là. Je ne veux pas rien vous annoncer aujourd'hui puis je ne peux pas prétendre... On va voir ce que les chiffres de Montréal nous donnent, comme tel, puis, si les conditions ne sont pas au rendez-vous pour les ouvertures, elles ne le seront pas. Si elles sont au rendez-vous, on le fera.

Le Modérateur : Merci.

M. Chouinard (Tommy) : Pour que ce soit clair, Dr Arruda, le 4 mai, il se passe quoi?

M. Arruda (Horacio) : Non, mais le déconfinement le 4 mai correspond à une petite proportion de secteurs qui, ailleurs, n'ont pas, d'ailleurs, été fermés, comme tel, dans les autres entreprises, et c'est un déconfinement à 50 % de la capacité. Comme je vous le dis, pour le moment, il n'y a pas de décision qui est prise de ne pas le faire. Si ça change, on verra, comme tel. Mais ce que je voulais vous dire, c'est que, dans le fond, c'est des secteurs qui n'ont pas été fermés ailleurs, dans des endroits où on n'a pas... notamment en Ontario, qui n'ont pas été fermés. Alors, on le fait avec une prudence puis on va le surveiller de très, très près.

Le Modérateur : Merci. Genevière Lajoie, Journal de Québec, Journal de Montréal.

Mme Lajoie (Geneviève) : Bonjour. Vous avez dressé tout à l'heure la liste, bon, des priorités pour les tests. M. Arruda, vous avez vraiment donné un exemple concret d'un professeur qui serait infecté. Mais les professeurs arrivent quand même loin dans cette liste de priorité des tests. Donc à chaque fois qu'il va y avoir un professeur qui va avoir des symptômes, est-ce qu'il sera testé? Et, s'il est testé positif, qu'est-ce qui se passe? Est-ce qu'on ferme l'école? Est-ce que les parents sont aussitôt informés que le professeur a été testé positif?

M. Arruda (Horacio) : Bien, écoutez, premièrement, juste quand vous parlez que les professeurs sont tard dans la liste, ce n'est pas comme ça qu'on le voit. Les milieux qui vont réouvrir vont être surveillés pour savoir s'il y a des éclosions. O.K.?

Quand on parle d'éclosion, habituellement, on parle de deux cas, mais ici on ne parlera pas d'un cas... Dès qu'un prof va être testé ou qu'il a des symptômes... Puis, un, s'il a des symptômes, on ne voudrait pas qu'il se présente. Ça fait que ça va être comme dans les écoles, habituellement, il y a quelqu'un d'autre qui va pouvoir venir le faire. S'il a des symptômes, on va le tester et, s'il est véritablement positif, on va faire une intervention au niveau de l'école, on va l'identifier, quelle est sa classe, quels sont les professeurs avec qui il aurait pu être en contact, il y a-tu eu des périodes où il n'a pas respecté le deux mètres, puis etc., on va investiguer dans le milieu scolaire où il travaille puis on va investiguer dans son milieu familial à la maison pour prendre la situation en charge.

Là, tout dépendamment de ce qui va se passer, on verra ce qu'on fait. S'il y a d'autres enfants qui sont testés positifs, on va les prendre en charge, on va faire la même enquête. Tu sais, c'est comme une escalade. Autour de chacun des cas, on va le faire. Là, la question, si l'école va fermer, ça, ça va être l'Éducation qui va décider, là, en fonction, là, si on pense que le milieu de transmission, c'en est un parce que tout le monde est ensemble. On va voir. Il va y avoir une décision qui va être prise au cas à cas.

Mme Lajoie (Geneviève) : Une question qui me turlupine depuis un moment. Vous avez dit, bon, il y a certaines personnes à risque, par exemple, des parents qui ont plus de 60 ans ou qui ont des maladies chroniques, qui sont immunosupprimées, de ne pas envoyer leurs enfants à l'école ou à la garderie jusqu'en... en tout cas, pour cette période-ci, jusqu'à la fin de l'année scolaire. Mais ces gens-là auront aussi ces mêmes conditions rendus en septembre prochain, où, là, toutes les écoles seront ouvertes. Qu'est-ce qui arrivera pour ces enfants-là? Est-ce qu'ils pourront aller à l'école?

M. Arruda (Horacio) : Bien, ça va être une situation qui va être à réévaluer selon comment... où on va être rendus dans la transmission communautaire, puis etc.

Puis, un, sur la base aussi de : Est-ce que les... Parce que c'est une question, hein? Il y a plein de controverses encore dans la littérature. Est-ce que les enfants, ils peuvent être asymptomatiques? On pense que oui. Ils peuvent avoir des symptômes beaucoup moins graves, heureusement, O.K.? Mais est-ce que ce sont les grands transmetteurs dans les familles ou pas? On va avoir plus d'informations là-dessus, ne serait-ce que sur l'expérience québécoise, mais aussi ce qui se passe à l'international, dans les autres pays. Parce que certains disent que, contrairement à l'influenza, où ce sont des bombes à virus, qui répliquent, qui répliquent, puis qui amènent... C'est comme les gastros, là, vous avez des enfants à la garderie... bon. Ce n'est peut-être pas ça dans le contexte du COVID-19, c'est peut-être ça aussi. Donc, c'est ce genre d'éléments là qui va nous permettre de mieux prendre une décision pour voir ce qu'on fait à l'automne.

Le Modérateur : Patrice Bergeron, LaPresse canadienne.

M. Bergeron (Patrice) : Bonjour à vous. Juste pour bien vous comprendre, donc, la stratégie massive qui va être mise sur pied, là, il n'aurait pas été possible de la mettre sur pied au début de la crise, à la fin mars ou ça n'aurait pas été utile ou ça n'aurait pas été nécessaire?

M. Arruda (Horacio) : Bien, peux-tu y aller? Parce que je parle beaucoup puis tu n'as pas beaucoup l'occasion de parler, puis je suis sûr que ces gens-là ont le goût de t'entendre.

M. Jalbert (Yves) : En fait, on a eu, au début de toute cette situation, à répondre à un virus qu'on ne connaissait pas beaucoup, hein, c'était tout nouveau. On a mis en place une capacité de laboratoire quand même assez importante, là. Le Québec se signale à ce niveau-là. Et il a fallu observer un peu quel était le rendement de tout ça. Ce qu'on a rapidement constaté, c'est qu'il y avait plus de demandes que de capacité, alors, et des demandes qui étaient beaucoup associées à des enjeux cliniques pour lesquels on n'avait pas encore toute l'information. Vous savez, on ne savait pas à l'époque et on ne sait encore pas tout de comment les gens réagissent à ce virus. Le taux de mortalité, on n'avait aucune idée au départ, etc. Donc, on s'est retrouvés rapidement dans une situation où beaucoup de gens voulaient avoir le test et avec une capacité qui ne suffisait pas.

On s'est retrouvé à certains moments avec un délai dans la livraison, du côté des laboratoires, dans les résultats. Ça fait qu'à ce moment-là ça aurait été contre-productif de rajouter là-dessus une intervention pour aller chercher plus de gens. Parce que, si le résultat arrive seulement une semaine après, on s'entend qu'il a beaucoup moins de valeur à ce moment-là. C'est la situation qu'on n'a plus maintenant, là. Donc, là, on a une capacité résidentielle d'analyse de laboratoire, et c'est là-dessus qu'on veut miser.

M. Bergeron (Patrice) : Et maintenant, en complémentaire, si vous permettez, la finalité de l'opération que vous faites actuellement, au fond, c'est pour diminuer votre taux de transmission, le fameux R0, dans le fond. Vous le gardez sous contrôle ou le diminuez par rapport aux chiffres que vous avez actuellement avec le déconfinement?

M. Arruda (Horacio) : Un, c'est de mieux le connaître, hein, parce que c'est calculé sur le nombre de cas puis leur reproduction. Deux, c'est effectivement de contrôler la situation comme telle puis nous permettre aussi de faire ce qu'on appelle identifier… C'est pour faire un diagnostic dans la population, là. Dans les faits, vous savez, là, vous avez des gens qui ont des symptômes, ils viennent à l'urgence, le docteur, lui, il va faire le test ou pas, selon l'histoire qu'il va faire. Mais moi, là, dans la population, je veux savoir, le patient, là… c'est plusieurs patients.

Moi, je vais vous donner un exemple : qu'est-ce qui se passe actuellement dans Montréal-Nord, comme tel, quelle est la dynamique de transmission, c'est quoi, les caractéristiques des personnes qui sont là, est-ce que je peux avoir des hypothèses qui commencent à rentrer, comment ça… un, le contrôler le plus possible, aussi, que ça aille moins ailleurs, puis etc. Ça fait que c'est ça, là. C'est un message qui est là.

Puis, quand on déconfine, on veut aussi voir quel est l'effet de notre déconfinement. Si je me retrouve avec… Disons qu'on l'ouvre, le secteur, mais, mettons, les petits commerces avec les portes à l'extérieur. Je me retrouve qu'il y a des éclosions importantes, que, par exemple, la clientèle d'un certain endroit, c'est un point commun. On se rend compte que tel magasin, là, il y a eu 14 cas au cours… on a testé du monde, là, puis il y a eu une personne qui est symptomatique, puis là on essaie d'obtenir la liste des personnes qui sont allées, là, là, bien, je veux dire, là, on va pouvoir dire : Bien, il y a comme un enjeu là, là.

C'est sûr qu'on prend les mesures. On ne rouvre pas de la même façon. Les petits commerces devront maintenir la distanciation, puis c'est ça, là, qu'il faut comprendre aussi. On ne l'ouvre pas, mais on veut tester là où ça ne marche pas.

Le Modérateur : Très bien. Alors, pour la dernière fois, je vais prendre une question d'un média qui n'est pas représenté ici, à la Tribune de la presse. La question nous vient d'Étienne Phénix, Bell Média : Considérant que la COVID-19 ne serait pas une maladie pulmonaire, mais bien une maladie sanguine, ne serait-il pas plus à propos de faire un test sanguin pour détecter la maladie? Le test par le nez donnerait plusieurs faux négatifs, ce qui complique davantage le problème pour le déplacement des patients entre les hôpitaux. Dr Arruda.

M. Arruda (Horacio) : Bien, écoutez, le virus, c'est sûr qu'il rentre probablement au niveau respiratoire ou il envahit cette région-là. C'est là qu'il se réplique au début, ça fait que c'est pour ça qu'on va le chercher là. Il va effectivement dans le sang, mais, encore là, faut-il... La détection du virus par le PCR, au niveau des voies respiratoires, semble être la chose la mieux placée, parce qu'avant que le virus... à quel moment le virus va aller dans le sang, infecter tout... C'est sûr que, sur certaines personnes, il va donner des maladies vasculaires, mais il a une affinité pour le poumon et les sécrétions pulmonaires.

Ça fait qu'à quelque part, le jour où on aura la démonstration qu'il y a un meilleur test pour faire le diagnostic, on l'utilisera. Mais ce n'est pas actuellement dans les... même pour ce qui est ce qu'on appelle les tests pour vérifier si les gens ont des anticorps récents ou des anticorps à terme, ce n'est pas même pas encore au point parfaitement, les études de séroépidémiologie, là. Ça fait que je pense que, pour le moment, le standard, pour faire ce qu'on appelle, nos dépistages, c'est une mesure... la recherche du virus par PCR dans les sécrétions respiratoires hôtes.

Le Modérateur : PCR faisant référence à?

M. Arruda (Horacio) : «Polymerase chain reaction», c'est une... Excusez-moi, le PCR, c'est une «polymerase chain reaction», c'est-à-dire qu'on utilise une enzyme pour aller identifier une partie spécifique du virus puis, à ce moment-là, on peut dire que c'est positif. C'est une façon de tester la génétique du virus. Quand on a ces traits spécifiques, quand on a... bon, traits, les microbiologiques diraient que peut-être pas à 100 %, parce qu'il peut y avoir ce qu'on appelle des familles, des cousins du virus qui réagissent pareil, mais c'est qu'on va identifier, avec ça, si on prend une sécrétion, puis il y a du virus, du coronavirus, en mettant le test puis en l'analysant, on est... ça réagit avec l'ADN spécifique du virus.

Le Modérateur : Très bien. Alors, je voyais des points d'interrogation à ma gauche, donc c'est réglé. Merci pour la précision. On doit maintenant passer en anglais. We'll start with Cathy Senay, CBC News.

Mme Senay (Cathy) : Good afternoon to both of you. Dr. Jalbert, you said that, in March, the situation was overwhelming. You had too many demands, not enough capacity. Now, we are opening the gates gradually. To get to the bottom of this, testing, contact tracing, but then you have to know what's the proportion of people that are infected, but not showing symptoms. I have no idea how you are going to get to the bottom of this with the people that are not presenting symptoms, with this plan.

M. Jalbert (Yves) : Well, for the first part of your question, we now have the capacity, which we didn't have a few weeks ago. OK? So that's not a problem, and it's this capacity that we want to use for this new approach.

For the question of the persons who carry the virus, why are they not showing any specific symptoms, we know this is something that exists. We know it is a real phenomenon. What we don't know is the exact importance of this, OK? So, we have a lot of demonstrations that people who have absolutely no symptom can carry the virus and transmit it as well, but what importance this had so far in our global pandemic is still to be demonstrated, OK?

Obviously, this is quite interesting for us to know what happens on this side, and it's something that we would like to clarify with these new blood tests that are supposed to be available in a few weeks. So, we expect to have a serological test done among… Well, we will define a strategy to find some people to be tested, and this may provide some clue about the proportion of people who have been infected without showing any symptoms.

M. Arruda (Horacio) : And that's really the epidemiologic… seroepidemiologic studies with blood that will tell us what was the proportion of Quebeckers who are being infected and which proportion probably that will have no symptom. But it's not going to be to, I would say, test, strategy of...

Mme Senay (Cathy) : But, Dr. Arruda, as we are opening gradually, we put Québec on pause, why people, Quebeckers should feel reassured with this new screening plan if you don't have a clue about this intangible proportion of people who do have COVID-19 without symptom? It's still fuzzy. It's sill not clear.

M. Arruda (Horacio) : But all coronavirus is a fuzzy thing, and probably we will know things that we don't know today. But no one can wait for that before deconfining. So, we are having strategies to do it in a right way and also to make sure that, when we open, we measure, we open, we measure, we open, we measure. And, if things are going OK, we continue to open. If things are going bad, we stop. But we will be making the diagnosis of each step we are going to go through.

Le Modérateur : Samuel Pouliot, CTV News.

M. Pouliot (Samuel) : Hi. Dr. Arruda, Montreal North is a hot spot right now in Québec. How many tests do you hope to perform in Montreal North? And do you think it would be useful and helpful to record and collect race information like they do in Toronto?

M. Arruda (Horacio) : Could you repeat just the last part?

M. Pouliot (Samuel) : Do you think it would be helpful to record and collect race information, like, about communities? They do that in Toronto.

M. Arruda (Horacio) : Yes. This is part of the characteristics of the person that is going to be accumulated…

M. Pouliot (Samuel) : It's collected?

M. Arruda (Horacio) : Yes, it is. And I just want to say also that Montréal is going to work with the associations of those communities to explain why and collaborate. So it's going to be a very proactive, I would say, approach. We're going to invite people to come, but we will also be working, because of cultural aspects, with the, I would say, «organismes communautaires» or the groups from the community, based in the community, to be partners to the screening there.

M. Pouliot (Samuel) : In Montréal North?

M. Arruda (Horacio) : Yes. We think it's around…. If I am aware, it's going to be around 3,000 tests done in the next days.

Le Modérateur : Thank you. The next question is from Phil Authier, Montreal Gazette. A study today by the Université de Montréal estimates there are more than 2,065 COVID-19 cases in Québec. What is your response to this study? I'm not sure of the number. Sorry. C'est 265 000.

M. Arruda (Horacio) : Yes. In fact, it's related to what we think is the proportion of people who have been infected in other places like here. We thought it would be until 15%, but, in fact, actually, we think, because of the containment we made and the stopping in Québec, it would be almost over 3% or even less then that. And, if we extrapolate this 3% around the, I would say, 8 million persons, that's around those numbers.

Le Modérateur : Please describe how contract tracking is going in Québec. How many people are currently doing it now and how many will you need as the «déconfinement» starts? Please tell us exact numbers.

M. Arruda (Horacio) : OK. I could not… I don't have them, but we've got the capacity to do the job we have now. And we want to, I would say, even double, I would say, in the next days and weeks, the capacity. We have been… offers from different parts, universities that are going to make us available… We're going to also work with firms who are doing polls, phone polls. We are having new technology helping the facts. So we are aware that we'll need more people. I would say a ground estimate of more 50% than what we have now. Because, also, those people are working every day since, I would say, more than 100 days, and we need also to make sure that they are getting some rest. And, at the same time, we want to make sure that the people who will come to help us will have the minimum, I would say, formation program to be able to work. But, we already had developed those, I would say, training programs for the ones who are going to get… helping us with the public health investigations.

Le Modérateur : Thank you. Two last questions, from Raquel Fletcher, Global News. Now that's schools are going back, do you have any concerns about summer camps operating? This is a big deal for parents who would like to ear your views.

M. Arruda (Horacio) : I think the issue of summer camps is important. I think that there could be opening like other situations, but in respect with some conditions. I know that dormitories are always a problem, I would say, in different outbreaks, even in the military thing. So, I think, if they open, they will be opening in the perspective of, I would say, keeping distancing.

Le Modérateur : Pouvez-vous répéter en français votre réponse? Merci.

M. Arruda (Horacio) : Dans les faits, pour les camps d'été, je pense qu'ils vont pouvoir éventuellement réouvrir. Il va falloir, par contre, que ça soit réouvert d'une façon qui est différente à ce qu'on a comme d'habitude. Vous savez, les dortoirs, dans l'armée, ou chez les cadets, ou ailleurs, ont toujours été des sites de transmission assez importants de maladies infectieuses. Donc, je pense que ça va réouvrir, mais avec des conditions particulières.

Les camps d'été aussi, municipaux, puis, etc., là, on verra à maintenir qu'on appelle des... certaines distanciations de deux mètres, de mettre là des personnes qui sont en santé. Heureusement, souvent, ces camps-là sont animés par des jeunes. Donc, quelque part, on va voir comment ça va se faire, mais ça ne pourra pas être, je vous dirais, 400 personnes dans des «sleeping bags» collés les uns sur les autres, là, dans une cabane à sucre ou une salle, dortoir, gymnase.

Le Modérateur : Thank you. And as a very last question, from Global News : When it comes to testing essential service workers like orderlies and medical staff, why can't everyone be tested regularly?

M. Arruda (Horacio) : Because we need to have a reason to test people, and I understand that people are giving to the test a power that is not there. Sometimes, if you have no symptoms, you can be tested and it's going to be positive, but you can be negative and it doesn't mean that you are not infected. So, we combine different types of strategies to do the best for the person.

I don't know, Yves, if you want to add something in English?

M. Jalbert (Yves) : And, in addition of that, we ask every health care worker, for one example, to behave as if they were infected, keeping distances, wearing a mask. So we think this lowers the risk pretty much.

Le Modérateur : Thank you very much. So that's it. Dr Arruda, Dr Jalbert, merci pour votre disponibilité.

M. Arruda (Horacio) : Oui, et on vous souhaite à tous une excellente fin de semaine.

Le Modérateur : À vous de même.

M. Arruda (Horacio) : Sérieusement, essayez de... J'espère qu'il va faire beau, un peu de soleil. Ça va nous faire du bien parce qu'aujourd'hui je vais vous avouer que ça a été une journée grise.

Le Modérateur : Profitez-en vous aussi. À bientôt. Merci.

(Fin à 14 h 7)


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