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Point de presse de Mme Catherine Dorion, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de culture, de communications et de langue française

Version finale

Friday, May 29, 2020, 10 h

Salle Louis-Hippolyte-La Fontaine (RC.184), hôtel du Parlement

(Dix heures deux minutes)

Mme Dorion : Bonjour. Merci d'être là. Aujourd'hui, ici, on est le 29 mai, c'est jour de réouverture des ciné-parcs, des bibliothèques. La ministre avait l'air bien contente d'annoncer ça, la semaine dernière, mais, tu sais, il faut quand même se dire que, si c'est bon pour le public qui va pouvoir aller voir des choses, il n'y a pas un artiste ou un créateur qui s'est remis en action avec une annonce comme celle-là.

Évidemment, moi, je le savais, quand je l'ai entendu, le milieu culturel a été super déçu, un milieu qui est vraiment patient depuis le début. Parce qu'ils sont super compréhensifs de... il y a des urgences ailleurs, il y a des besoins très, très grands. Ils sont touchés par ce qui arrive dans les CHSLD, par ce qui arrive dans d'autres milieux.

Mais, à un moment donné, de n'avoir aucune indication, une espèce de black-out total non seulement pour maintenant, qu'est-ce qui se passe, mais aussi pour dans 3 mois, dans 6 mois, c'est dur à faire tenir plus longtemps que ça. Ça commence à être vraiment urgent qu'on ait du contenu, qu'on ait du concret. Et, puisque je voyais que rien ne sortait de la ministre par rapport à ça, on s'est dit : Bon, bien, on va prendre le taureau par les cornes, on va consulter le milieu, on va fouiller, on va faire de la recherche puis on va proposer un plan à nous pour donner des idées.

C'est un plan qui vient avec 10 mesures, ça fait que c'est assez touffu parce que le milieu est très divers. Ça fait que je vous invite à suivre sur le communiqué qu'on vous a envoyé, vous aurez l'esprit plus clair, parce qu'évidemment ça va être quelque chose, un peu, à expliquer.

D'abord, côté déconfinement. Pourquoi est-ce qu'on ne peut pas donner aux artistes la responsabilité de respecter les règles de la Santé publique? Pourquoi on n'est pas capable de leur dire : Voici ce qui doit être respecté, voici ce qui, à l'intérieur, doit être fait, ce qui, à l'extérieur, doit être fait, toutes les mesures, le nombre de personnes par mètre carré, et etc.? Les artistes, c'est leur job à temps plein depuis toujours de créer et de trouver des solutions à l'intérieur de balises. C'est clair que les artistes vont être 1 000 fois plus créatifs dans cette entreprise-là que la ministre de la Culture. Donc, côté déconfinement, là, faites leur confiance, les idées pullulent sur le terrain, ils ont besoin d'avoir des balises claires, et c'est des gens bien élevés, c'est des gens intelligents, ils vont être capables de les respecter.

Deuxièmement, côté relance, et c'est là que nos 10 mesures arrivent, on propose 10 leviers pour relancer le milieu puis pour le faire passer à travers la crise. C'est une aide ponctuelle, donc ça serait vraiment un stimulus, là, qu'on donnerait sur l'année et qui servirait à relancer et à stimuler le milieu culturel. Pas seulement les institutions comme les bibliothèques, comme les musées, qui ne sont pas nécessairement celles qui sont le plus dans le trouble en ce moment.

Et c'est cohérent avec toute idée de relance économique. On a beaucoup parlé de consommer local, retour au local, commerces locaux depuis le début de la crise. La culture fait partie de ça. Il faut recommencer à consommer localement la culture. Mais la culture, c'est un des meilleurs propulseurs d'économie locale. Chaque dollar investi en culture rapporte presque deux dollars dans l'économie. Un festival de théâtre de rue, n'importe quel évènement stimule directement tous les commerces locaux, toute l'économie locale dans une ville, dans une localité, dans un quartier. C'est intimement lié.

Et donc c'est un plan... mais ce n'est pas juste un plan pour relancer l'économie, c'est un plan pour relancer la conversation collective des Québécois entre eux. On s'en rend compte plus que jamais, on a besoin de se voir, on a besoin de se sentir, et, même si on sait qu'il faut respecter des règles strictes de distanciation et sanitaires, on est en train d'avoir absolument besoin d'inventer toutes sortes de manières de pouvoir le faire.

Et donc il y a deux grands objectifs à notre plan : reconnecter le public québécois à la création de chez nous, comme on l'a fait pour les commerces locaux, etc., ça, c'est super important; et deux, stimuler la relance du milieu culturel.

Donc, dans ce qui est de reconnecter le public québécois à la création artistique de chez nous, on a une mesure phare qu'on a appelée les bons culturels. L'idée, ce serait d'offrir... que l'État offre un bon culturel de 60 $ par personne à dépenser en création québécoise non numérique. Et on donnerait ça à 1,5 million de personnes qui seraient déterminées parmi les moins grands consommateurs de culture au Québec. Ça pourrait être selon... il faudrait voir c'est qui, il faudrait voir selon l'âge, selon le revenu, selon les régions. L'idée, ça serait de dire : Vous avez ça. Et c'est du public qui est ajouté au public déjà amateur d'art au Québec et qui peut développer des nouvelles habitudes, chez eux, qui pourront durer bien après la crise, 10 ans, 20 ans et pour toujours idéalement.

Deuxième solution pour reconnecter le public québécois à sa création culturelle : régler le problème de la découvrabilité de la création québécoise sur le Web. On consomme de l'art sur le Web comme jamais en ce moment. L'affaire, c'est que les grandes plateformes qui, du point de vue économique, ont gagné puis font qu'on va beaucoup sur Spotify, Apple, vous les connaissez, ce n'est pas ces plateformes-là qui vont mettre de l'avant l'art québécois, la création québécoise. Et on a un problème de découvrabilité. Comment on fait, quand on veut voir un film québécois, écouter de la musique québécoise? Où on va? Donc, le milieu a fait ses devoirs. Ils ont créé toutes sortes de sites et d'initiatives qui répondent à ce problème-là. Leurs initiatives ont besoin d'être connues. Les Québécois ne les connaissent pas bien, ne savent pas qu'ils existent.

Donc, nous, on s'est dit : On va investir en publicité pour ces initiatives-là, pour qu'elles deviennent connues nationalement dans les médias québécois indépendants. Donc, ça aide à la fois les médias québécois indépendants et les artistes d'ici. Donc, on ferait connaître des sites comme aimetoncinema.ca, comme leslibraires.ca, des initiatives comme #musiquebleue, des artistes ont réussi à convaincre Apple et Stingray d'embarquer là-dedans, ils vont continuer leur travail. Donc, nous, la moindre des choses qu'on peut faire, c'est dire : Regardez, Québécois, il y a ça qui existe, habituez-vous, allez-y, faites-en une habitude.

Deuxième objectif : stimuler la relance du milieu culturel. Le milieu culturel file un mauvais coton depuis le début de la crise. Ça ne va pas super bien pour eux autres, on le sait, ils vont avoir besoin d'aide pour passer à travers. Et aussi, on peut en profiter pour dire : Bien, il y a certaines choses qu'on va pouvoir même améliorer grâce à cette crise-là, à travers cette crise-là. Donc, on propose un meilleur plan d'aide aux médias, première affaire, meilleur plan d'aide aux médias pour inclure aussi des crédits à la masse salariale des travailleurs de l'information dans des médias autres que la presse écrite.

On veut un élargissement de la mesure du 1 %. Donc, on connaît la mesure du 1 %, quand un bâtiment public est construit, 1 % doit aller à de la création culturelle, toutes sortes de choses qui peuvent se faire sur le bâtiment ou autour. On veut étendre ça au privé pour que le privé fasse sa part aussi. Ça serait pour tous les bâtiments commerciaux, industriels et aussi pour des bâtiments résidentiels, des gros projets résidentiels. Une grosse bonification des projets, de l'argent au CALQ et à la SODEC. Pourquoi? Parce qu'en ce moment tous les organismes ont une baisse de revenus, puis il n'y a plus d'entrée d'argent privé, il n'y a plus d'entrée de billetterie, ils vont avoir besoin d'argent pour passer à travers la crise. Appelons ça un fonds d'urgence pandémie.

Des mesures pour soutenir le cinéma indépendant. Donc, un fonds qui irait à ça, dont la moitié devrait aller à des créateurs hors Montréal pour stimuler la production cinématographique indépendante dans toutes les régions du Québec, pour qu'ils puissent exprimer une identité plus diverse et plus représentative de ce qu'est réellement le Québec. Et aussi un fonds pour les salles indépendantes. Chaque fois qu'ils vont propulser, diffuser, mettre de l'avant de la culture locale ou hyperlocale, ce fonds-là pourrait leur servir.

Ensuite, il y aurait une aide pour le patrimoine, donc des subventions pour la rénovation de bâtiments patrimoniaux, et aussi de l'aide pour le patrimoine vivant. Là, c'est là où le savoir se passe, où les gens se rencontrent.

Finalement, j'arrive à la fin, dernière mesure, mais non la moindre. Ce n'est pas juste aux contribuables de financer le milieu de la culture. Il faut aller chercher l'argent là où il a fui, dans les dernières décennies, dans les dernières années, et où il continue de fuir à vitesse grand V : dans les grandes entreprises numériques. On a décidé d'aller chercher la TVQ sur les produits qui passent à travers ces plateformes-là. Le fédéral a décidé de ne pas aller chercher la TPS. Donc, nous, on propose d'aller chercher l'équivalent de la TPS dans ce domaine-là. Puisque le fédéral ne le fait pas, on va le faire à sa place, et ça va être de l'argent qu'on va pouvoir investir en culture.

Et on veut aussi aller chercher une taxe de 3 % sur le chiffre d'affaires des GAFAM réalisé au Québec. C'est une demande qui commence à se faire, mondialement, dans toutes sortes de pays du monde. Il y a des pays qui avancent sans attendre la décision de l'OCDE. Je rappelle qu'on ne sait pas ce que l'OCDE va faire. Ça se peut qu'elle accouche d'une souris. Donc, c'est à nous de décider est-ce qu'on fait partie de cette mouvance-là ou est-ce qu'on s'écrase, puis on attend, puis on demeure passifs.

Donc, voilà. On a travaillé fort avec des recherchistes, avec des gens sur le terrain pour trouver des mesures qui pouvaient aider toute sorte de monde en même temps et surtout nous reconnecter à nous-mêmes. Donc, on a vu dans les sorties de la ministre, dans les idées de la ministre assez peu de créativité, c'est assez inquiétant, puis très peu de visibilité aussi. Donc, nous, ce qu'on fait, c'est offrir humblement cette tonne d'idées là à la ministre en disant : C'est le temps, là, il y a déjà plein d'idées sur le terrain, c'est là qu'on est allés chercher certaines des nôtres, il y a plein d'idées aussi chez nous, go, il faut que ça embarque, il faut que ça embraie. Voilà.

La Modératrice : Merci beaucoup. On va prendre vos questions sur le sujet pour commencer.

M. Bossé (Olivier) : Bonjour. Bien évidemment, la question classique : Où est-ce que vous allez prendre tout cet argent-là? Est-ce que ça va coûter plus que 130 millions d'après vous?

Mme Dorion : Oui. Comme on dit, c'est un «one-shot deal», là, c'est une fois, ce serait pendant la pandémie. Ça va développer des nouvelles habitudes aussi qui vont rester pour longtemps par contre.

M. Bossé (Olivier) : …ça, c'est 90 millions, si je ne me trompe pas?

Mme Dorion : Oui. En gros, ce serait 332 millions une fois, et on est capable d'aller chercher 130 millions avec l'argent qu'on exigerait des GAFAM. Il y a des mesures qui sont gratuites aussi, comme étendre la mesure du 1 % aux bâtiments privés, qui ne coûtent rien à l'État. Mais l'idée, c'est que c'est une fois. Par contre, l'argent des GAFAM, lui, ça va être à chaque année.

Ça fait qu'on est dans une période de crise. Qu'est-ce qu'on fait en période de crise? On investit. C'est à ça que sert l'État. C'est ça qu'on fait, c'est comme ça que ça marche. Donc, l'idée, c'est ça : oui, on stimule, et c'est un investissement, puis l'argent, espérons-le, des consommateurs de culture va se revirer plus vers les créateurs de culture grâce à ces mesures-là entre autres. Une culture forte fait qu'on va avoir plus envie de la consommer aussi.

M. Bossé (Olivier) : …ce 60 $ là, vous dites de le distribuer à des gens qui fréquentent moins. Comment ça pourrait être fait? Je comprends que vous n'avez pas encore déterminé les personnes, là, mais ça pourrait se passer comment?

Mme Dorion : Bien, on pourrait étudier… il faudrait faire une évaluation de qui sont ceux qui n'en consomment pas du tout ou qui sont… Tu sais, il y a beaucoup de monde, là, qui ne vont pas consommer d'art vivant ou d'art non numérique. Ça ne fait juste pas partie de leurs habitudes, ou ils sont allés une fois à l'école, ils n'ont pas aimé ça, puis c'est tout. Donc, quand on leur dit : Voici, avec ça, va essayer ce que tu veux, bien, ils y vont selon leurs goûts, puis ils développent un goût pour l'art, et ça ajoute du nouveau public. Comment les déterminer? Là, c'est un travail qui resterait à faire. Est-ce que c'est un mixte de revenus, d'âge, d'où tu habites, de toutes sortes de choses? Ça fait que ce serait à déterminer comme ça, mais ce serait quand même 1,5 million de Québécois qui en profiteraient. C'est beaucoup, beaucoup, beaucoup de monde, là, tu sais? Donc, on ratisse très, très large.

M. Bossé (Olivier) : On a eu, en France... Emmanuel Macron, qui a rencontré des représentants de la culture et des arts, puis ensuite ils ont émis des consignes, des recommandations pour le déconfinement. Alors, ça ne s'est pas fait au Québec, pourquoi vous pensez?, même si les gens de la culture le réclament.

Mme Dorion : Bien, ça a été la même chose en France, hein, les gens de la culture ont dû se choquer pas mal avant d'avoir… puis ça, on a été en contact beaucoup avec eux, avant d'avoir ce qu'ils ont eu et d'avoir même une écoute. Ils sont en avance sur nous dans la pandémie, dans le sens où ça a commencé plus tôt chez eux. Je pense que c'est un peu le même scénario qui se produit ici. Le gouvernement de la CAQ a l'air à considérer la culture comme quelque chose de pas tellement important, comme si ça ne faisait pas partie de l'économie et comme si ça ne faisait pas partie de la santé collective d'un peuple. Parce que, là, on parle beaucoup santé, économie. Ils ont l'air à mettre ça de côté.

Quand la pression monte, à un moment donné, un gouvernement est obligé de dire : Woups! ça a l'air d'être important, puis, si on ne fait rien puis si on ne prend pas ça au sérieux, ça va nous coûter cher politiquement. Donc, le milieu fait bien son travail de ce côté-là, comme le milieu français l'a fait.

M. Bossé (Olivier) : Donc, vous pensez que ça peut encore arriver?

Mme Dorion : Bien oui, bien oui. Ce n'est pas pour rien qu'on... sinon, on ne ferait pas ça, là. On est vraiment en... on essaie de faire comprendre à la ministre : Non, non, ce n'est pas un petit enjeu pas important sur le côté, là, c'est fondamental, là, on a besoin de ça. Puis, en plus, c'est tout un milieu qui a besoin de ça, mais même les Québécois en général ont besoin de ça, ils ont besoin de sortir de chez eux, là. Ça fait que trouvez-nous des façons qui nous permettent de le faire en respectant les consignes de la Santé publique, puis ça va se passer, là.

M. Bossé (Olivier) : ...les consignes de la Santé publique, ça devient un problème. Je peux concevoir que, dans les cinémas, ils vont rouler à 10 %, 15 %, 20 %, je pense qu'ils peuvent...

Mme Dorion : Ça peut être 25 %, ça dépend. On peut estimer...

M. Bossé (Olivier) : ...les salles de spectacle ou, je ne sais pas, moi, les théâtres ne peuvent pas rouler à 25 %, là.

Mme Dorion : Ils peuvent. Ils peuvent rouler à 25 % si l'État est là pour dire : Bon, bien, trouvez les meilleures façons, qu'est-ce que vous allez faire avec ces mesures, ces consignes de Santé publique là. Les théâtres, par exemple, il y a plein d'autres arts vivants, vont proposer des choses. Puis, quand nous, on dit : Il faut qu'il y ait une grosse bonification des budgets du CALQ et de la SODEC, c'est ça. C'est de dire : O.K., il faut passer à travers la pandémie, vos revenus de billetterie vont baisser pas mal, ça fait que, tu sais, faites des appels. Puis oui, c'est un fonds d'urgence pandémie, ce n'est pas de votre faute, là, vous avez juste 25 % de la salle ou 15 % de la salle ou... tu sais?

Mais les artistes sont vraiment... Et ça ne fonctionnera peut-être pas juste comme ça fonctionnait avant, tu sais? On a vu Dear Criminals, des musiciens, là, ils n'ont pas attendu, ils ont dit : O.K., on va faire un show — c'est des musiciens — une toune, deux personnes maximum, qui sont en couple, ou une personne à la fois, puis ils sont passés un après l'autre en respectant toutes les consignes. Ils sont capables de... on ne peut même pas imaginer jusqu'où ils sont créatifs. C'est leur job à temps plein, là, de créer, ça fait qu'ils vont trouver des manières, là, puis le public ne sera peut-être même pas moins nombreux. Il y a toutes sortes de manières d'imaginer des choses.

M. Bossé (Olivier) : Une autre question sur l'église Saint-Sacrement, qu'il a été annoncé ce matin qui sera protégée, vraisemblablement. C'est quoi votre...

Mme Dorion : Bien, c'est une intention d'avis de classement, ça, c'est... Il y a beaucoup de mots, mais c'est vraiment une bonne nouvelle, c'est un bon pas. Mais, encore une fois, tantôt, je parlais de la pression du milieu, là, il y a eu... Les citoyens, dans Saint-Sacrement, ils ont été hallucinants, là, ils ont fait une grosse pétition, ils ont fait des études, ils ont demandé à tout le quartier : Est-ce que vous voulez la garder? Ils ont fait beaucoup, beaucoup, beaucoup de choses. Ils ont envoyé des lettres, j'ai donné personnellement de leurs lettres à la ministre. Beaucoup de monde font partie de cette victoire-là qui n'en est pas une encore, il faut rester vigilants, parce que, là, c'est un avis d'une intention de classement, là. Ça fait qu'il faut regarder ça. Mais c'est excellent, c'est une super bonne nouvelle. Que serait le quartier Saint-Sacrement sans l'église Saint-Sacrement? Je veux dire, c'est...

M. Bossé (Olivier) : Qu'est-ce qu'ils vont faire avec ça? Qui va payer pour ça, là? C'est un OBNL?

Mme Dorion : Oui, ça, c'est... Oui, c'est ça. Mais c'est pour ça que, dans notre plan, on propose une aide aux municipalités pour le patrimoine bâti, parce qu'il y a plein de choses... Tu sais, ils vont en annoncer, là, ils ont dit : On va mettre de l'argent dans les infrastructures. Bien, O.K. Il y a plein d'idées, là, qui... On en a besoin, de toute façon. Dans Saint-Jean-Baptiste, que faire avec l'église Saint-Jean-Baptiste? Elle est collée sur une école, comme beaucoup d'églises. L'école manque de place. Ils sont en train de trouver la solution : l'église va servir à l'école. Il suffit, encore une fois, d'être créatif et intelligent.

Une voix : Merci.

Mme Senay (Cathy) : Good morning. One of the only appearances of Nathalie Roy was last week, when she announced in Montréal that drive-in theaters will open tonight. How do you see this? Well, first of all, what do you think about the fact that drive-in theaters will open tonight, about the experience that people may get from this?

Mme Dorion : It's an announcement for the public : Oh! You're going to be able to go see films outside. But it's not an announcement that is in any way related to any creation. Which artists will be put in action because of this announcement? Same thing for the libraries and the... If she mixes the two things to such a point that she says this is an announcement for the cultural people, and that's what she announces, it's problematic. We have to... I mean, that's why we just say, like : Look, this could really help the milieu.

Mme Senay (Cathy) : When they announced that the libraries will reopen, and then you had authors that were saying... Because there is this inclination to go to digital, and you see books going to the digital, and you have authors saying: Well, we still exist. And then you have Olivier Kemeid who wrote this letter this week saying : We need this emergency meeting with you, Nathalie Roy, we need to plan ahead. Because you know what it is in theaters, for representations, the calendars...

Mme Dorion : Yes, it takes at least three months to be able to present a show. You have to know when it is, when it is going to be in order to be able to rehearse right now, so you can build something. Yes, she... Well, how to say that? What is your question, again?

Mme Senay (Cathy) : Do you have the impression that she has the leadership to bring artists and Québec to another level in this pandemic context?

Mme Dorion : I don't think she has enough knowledge of how it really works to invent herself solutions. But she can really be... she can listen. All the solutions, all the ideas are there. And, if she's able to just really listen... Because even the artists that were invited to her multiple tables she put, like, they said : What's the point? we're just speaking like five minutes each, and there's nothing there. OK, so there's no... it's not really creative, you know? We're not trying to fix things, we're just expressing what's on our sheet, and then that's all. So she has to really, really just listen, but in the human sense, like : OK, now I can understand what the problem is and so I can choose, between different solutions that are being proposed, which one we're going to push.

Mme Senay (Cathy) : And did you see what Premier Legault said this week? I'm going to go back to... Because the question was asked about the cultural sector. He says that it's going to take time, we're going to need months before we go ahead with shows. We have to respect the two meters, we have to... there's no way that, like, a show can happen at 50% of its capacity.

OK, knowing this, there is a... Sorel-Tracy, there is this kind of pilot project they're trying to put together, like a theatre room and to have shows with distances. Do you have the impression that the Québec Government was so imaginative for... You know, they took risks, they started the reopening of the province faster and earlier than the rest of Canada. So we were able to take risks. And do you have the impression that they're lacking some mindset for the culture to find idea and say : Go ahead and take risks?

Mme Dorion : They're able to take risks if we're talking about the economy, like, if it's going to help the economy in their vision. Because I think they really think that culture is not a plus for the economy. It's just like : Oh! that's people asking for money, and it's for nothing, you know? They don't realize how it structures a local economy too. I don't like talking about culture just with the economy lens, but to speak their language, even with these lenses it's a really good idea. So you are not doing that. Why? It's... Comment on dit ça, «angle mort»?

Mme Senay (Cathy) : It's not in their vision, they don't see it.

Mme Dorion : Yes, they just don't see it, it's not in their vision, it's not in their experience. You can see that it's not. They don't really know what artists... why we need it, why it is so important. So when...

Mme Senay (Cathy) : They don't see the innovations, you think?

Mme Dorion : No. And they also think that they live in a world where, in their minds, most Quebeckers don't care. That's why they are so easily speaking about : Oh! look, it won't happen before long, and no, it's impossible, and... They live in this world where people... in their minds, people don't care. It's not true. A lot of people care. A lot of people need it. And a lot of people work in these milieus. So there is really a big, a huge blind spot that they don't see. And this can harm them in the long term, for real.

Mme Senay (Cathy) : One last clarification. In having this plan that you propose, would you like Nathalie Roy to bounce back soon and come up with a plan like this?

Mme Dorion : We've spoken with so many people, really, on the phone and to have this, and the point is also to say : Why aren't you able to do this? You're a minister, why is it not happening? It doesn't have to be that ambitious, but why nothing at all, except : We are speaking with people, we are arranging tables? No, no, that's absolutely not the way it should happen if you are to show that you respect this part of our life.

La Modératrice : Merci beaucoup.

(Fin à 10 h 26)

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