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Point de presse de M. Gaétan Barrette, porte-parole de l’opposition officielle pour le Conseil du trésor

Version finale

Thursday, June 4, 2020, 8 h

Salle Louis-Hippolyte-La Fontaine (RC.184), hôtel du Parlement

(Huit heures une minute)

M. Barrette : Alors, bonjour, tout le monde. Alors, je tiens à réagir, au nom de notre formation politique, au dépôt du projet de loi n° 61, un projet de loi qui est très particulier et qui est, encore une fois, l'illustration que dans la pandémie, sur le plan administratif, tout ce qu'a fait le gouvernement a essentiellement mal tourné.

Alors, l'enjeu pour nous, ici, n'est pas la question des 202 projets. Écoutez, les 202 projets, à peu près tous les partis les auraient mis dans leur programme électoral. Mais l'enjeu est d'abord et avant tout la forme. Et je prends à témoin la Vérificatrice générale qui, hier, a déposé son rapport et a traité de cet objet-là.

Alors, de quoi a-t-elle traité? Elle a dit : Regardez, là, on vit dans une ère qui est l'ère post-Charbonneau, et la commission Charbonneau, on s'en rappellera, a permis de mettre en place des règles, des règles pour faire en sorte qu'on ait le contrôle sur les coûts et qu'on évite certain écueils que l'on connaît et sur lesquels je ne reviendrai pas ce matin, mais ils sont tous connus. Elle a, hier, clairement dit que sous les règles de la commission Charbonneau, le ministère des Transports du Québec n'était pas capable de bien contrôler ses choses. Hein, c'est ça qu'elle a dit, elle a dit : Le travail fait aux Transports, là, et ça inclut le ministre, est sous-optimal.

Alors, les règles que l'on a mises en place à la suite de la commission Charbonneau, bien, aujourd'hui on arrive avec un projet de loi, le projet de loi n° 61, qui vient les modifier de façon substantielle. C'est ça qui se passe. Alors, on vient, essentiellement, sous certains principes vertueux, arriver et dire : Voici, à partir de maintenant, on va assouplir, hein, on appelle ça de l'agilité, on va assouplir les règles, et ça va bien aller.

Alors, écoutez, moi, je vais vous dire une chose, là, je ne crois pas à ça. Hier, je n'ai pas vu un engagement, j'ai vu une intention de changement de procédures. Alors, moi, je pense que le risque d'explosion des coûts, il est très grand. Dans tous les dossiers administratifs qui ont été touchés par la pandémie, à la fin, ça a coûté plus cher, et il n'y a pas eu d'engagement comme tel. Alors, aujourd'hui, je vois ça dans le projet de loi n° 61 : il y a un danger pour le contribuable.

Est-ce qu'on est prêts à prendre ce risque-là? Moi, je pense qu'il est possible d'aller de l'avant avec les 202 projets, on peut y aller dès maintenant, et ça va avancer, et ça va participer de la relance économique du Québec.

Maintenant, l'autre élément, dans le projet de loi n° 61, qui est gênant, et là je pèse mes mots parce qu'il est politique, c'est la question de la maison des aînés. Alors, on le sait, là, alors je pense que personne à la CAQ ne va nier le fait que le projet-phare de la CAQ, en matière d'infrastructures, c'est la maison des aînés. Et que constate-t-on dans les 202 projets? On constate que des maisons des aînés, il va y en avoir 38 et seulement deux dans l'épicentre de la crise de la COVID. Il va y en avoir deux à Montréal, deux à Laval. Et, quand on regarde plus précisément, sur les 38 maisons des aînés qui sont proposées, il y en a 35 qui sont dans des comtés caquistes.

Alors, ça, si ce n'est pas politique, là, si ce n'est pas faire de la politique avec une crise, je ne le sais pas ce que c'est. La densité populationnelle des aînés, elle est la plus grande à Montréal, et on sait que le projet-phare, c'est le grand luxe des CHSLD, et on choisit, dans ce projet de loi n° 61 là, non seulement de bafouer les règles de la commission Charbonneau, mais aussi faire de la politique en distribuant aux bons endroits, de façon électoraliste, ce qui est la maison des aînés.

Je termine là-dessus. Ça va coûter cher, la maison des aînés, très cher. Ça va coûter cher à construire et ça va coûter cher à opérer. Et on peut même penser que peut-être que les 40 000 résidents en CHSLD, dans 10 ans, ne seront pas dans des maisons des aînés. Alors, aujourd'hui est-ce qu'on fait tout simplement se donner une police d'assurance politique et les installer là où ça fait notre affaire parce qu'il y a une situation d'urgence qui nous dédouane et qui nous permet de faire abstraction de toutes les règles? La question se pose.

Alors, je reviens sur mon énoncé de départ. Ce n'est pas les 202 projets, là, qui sont le problème. Ce n'est pas ça du tout, du tout, du tout. Le problème, c'est qu'on change des règles. Tous les experts le disent, la Vérificatrice générale le suggère, il y a un risque de dépassement de coûts et il y a une opération politique, qui est, pour moi, décevante.

M. Lacroix (Louis) : Outre les 35 sur 38 maisons des aînés dont vous dites qu'elles sont dans des comtés caquistes, est-ce qu'il y a d'autres projets, sur les 202, où vous avez décelé peut-être, comment dire, une orientation politique en ce sens qu'ils sont dans des comtés caquistes?

M. Barrette : O.K. Essentiellement, là, les projets, ce sont des projets qui auraient fait partie et/ou qui ont fait partie des PQI de tous les gouvernements. Alors, sur la liste, là, c'est une espèce de buffet, là, il n'y a personne qui va critiquer les 202, ils sont sur les projets ou du moins les intentions de tous les partis politiques. L'enjeu, ici, c'est vraiment un enjeu de forme et de risque que la CAQ fait prendre aux contribuables en termes d'explosion des coûts. Ça m'apparaît évident. Et ce qui est décevant, c'est l'opération de relations publiques, là, politique qui est faite en fonction de la distribution des maisons des aînés. Je le répète, là, le projet de loi n° 61, je vous invite à poser des questions... la question suivante à M. Dubé, et à n'importe quel ministre, ainsi qu'au premier ministre : Est-ce un engagement?

M. Lacroix (Louis) : Mais donc, à partir du moment où vous faites ce constat-là, vous allez faire bloquer le projet de loi ou...

M. Barrette : Là, vous me prêtez des intentions. Vous savez que...

M. Lacroix (Louis) : Je vous pose la question.

M. Barrette : Oui, mais vous me prêtez une intention pareil. Vous avez même affirmé, dans votre question, que je vais bloquer le projet de loi.

M. Laforest (Alain) : Dans sa forme actuelle, est-ce qu'il est acceptable?

M. Barrette : Dans sa forme actuelle, écoutez, il y aura une commission parlementaire. On nous invite à aller dès demain.

M. Laforest (Alain) : Ce n'est pas ma question. Dans la forme actuelle, sans changement, est-ce qu'il est acceptable?

M. Barrette : Dans la forme actuelle, il n'est pas acceptable. Mais, comme tout projet de loi qui est déposé, il y a des aménagements qui peuvent être faits. Et là, les aménagements, on les fera en commission parlementaire. Vous allez me pardonner de ne pas tout vous révéler ce matin.

Journaliste : Il y a des gens qui critiquent le fait...

M. Barrette : Madame, vous aviez commencé à parler en premier.

Mme Lévesque (Fanny) : En fait, désolée, je voulais justement savoir, peut-être : En gros, qu'est-ce que vous proposez pour accélérer le déploiement de ces projets-là en respectant les règles?

M. Barrette : Écoutez, bien, on en reparlera en commission parlementaire, on ne fera pas le débat ici. Mais il y a une chose qui est certaine, pour nous, il y a un enjeu réel de respect des règles ou, du moins, de l'esprit des règles. Et je vais le répéter ad nauseam, là, les projets, on n'a qu'à les lancer aujourd'hui. On aurait pu les lancer il y a deux mois. Il y a plein de projets qui sont prêts à partir. Vous en voulez un exemple? Bien, qu'on construise l'hôpital de Vaudreuil.

M. Lacroix, vous me posez des questions : Y a-tu d'autres projets qui sont non pas électoralistes, mais décevants? Je vais vous en nommer quelques-uns. Ce n'est pas compliqué, tous les projets hospitaliers de la région de Montréal, de Montréal, de l'île de Montréal. On sait qu'à Montréal, on a des problèmes de capacité. On le sait. Ça a été bien démontré dans la crise. Regardez ce qui était proposé.

Nous, au Parti libéral, on avait proposé une augmentation du nombre de lits, réelle, dans des structures normales à plus de 710 lits. Aujourd'hui, on propose, par exemple à l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, d'installer 36 lits dans des unités modulaires. Des unités modulaires, là, ce sont des roulottes de meilleure qualité.

M. Lacroix (Louis) : Et, si la CAQ était plus présente à Montréal, pensez-vous que ce serait la même situation?

M. Barrette : M. Lacroix, j'ai devant vous... vous avez devant vous un politicien qui a un arrière-goût vis-à-vis les propositions qui sont faites. Mon arrière-goût, il est en santé. Alors, la question n'est pas l'objet, mais bien de la distribution des choix qui sont faits. Je viens de vous donner un exemple patent, hein? Nous, on avait annoncé... Puis la question n'est pas de savoir si notre projet est meilleur que celui du voisin. Notre projet, là, ce qu'on avait annoncé, par exemple, en termes de lits d'hôpitaux, c'est parce qu'il y a un besoin, hein? Vous l'avez vu, la Cité-de-la-Santé débordée, est-ce qu'on annonce les lits que nous autres, on avait annoncés...

M. Lacroix (Louis) : Non, mais c'est parce que, M. Barrette, vous avez dit il y a un instant, là, vous avez dit : Sur 38 maisons des aînés, il y en a 35 qui sont dans des comtés caquistes. Vous avez dit qu'ils font de la politique avec ça. Je pense que c'est justifié de vous demander si, à Montréal, ils font aussi de la politique avec les investissements.

M. Barrette : Oui, oui. Bien, la réponse, c'est oui, par la négative. Alors, vous le voyez par... Les maisons des aînés... Écoutez, le projet phare, c'est les maisons des aînés : petites unités, grand luxe, et ainsi de suite. À Montréal, il y a des travaux de rénovation qu'on fait des CHSLD dans le modèle standard.

M. Lacroix (Louis) : Donc, Montréal, c'est la grande oubliée?

M. Barrette : Absolument. Montréal, là, en santé, c'est la grande oubliée par la distribution des maisons des aînés et par les choix d'investissements en CHSLD. On garde essentiellement, dans les investissements, la même formule et on réserve la formule dite gagnante aux régions. Puis c'est correct, c'est correct. C'est juste que moi, je n'oppose pas la valeur d'une personne aînée en région à une personne aînée à Montréal. Je pense que cette distribution-là aurait pu être proportionnelle à la densité populationnelle des personnes aînées, tout simplement.

M. Bergeron (Patrice) : M. Barrette, quand vous dites qu'il y a un problème de forme et que vous dites qu'on pourrait y aller tout de suite en avant, ça veut dire que le projet de loi, au fond, il est superflu. On pourrait avancer aussi rapidement, sans ce projet de loi là, les projets?

M. Barrette : Absolument, et on aurait pu le faire avant. Cette réflexion-là, vous allez m'accorder l'hypothèse que c'est dans les cartons depuis un bout de temps, hein? Je pense que oui. Alors ça, c'est quelque chose qui aurait pu être annoncé il y a un mois, il y a deux mois, mais là il y a une opération de relations publiques, ici, qui est en cours depuis maintenant presque trois mois, et là on est dans une sortie que l'on veut positive. Et là moi, je trouve que c'est éminemment critiquable.

M. Bergeron (Patrice) : Est-ce qu'il risque d'avoir besoin d'une deuxième commission Charbonneau, à cause de la mise en place d'un projet de loi comme celui-là, dans quelques années?

M. Barrette : Tous les experts, incluant la Vérificatrice générale, considèrent que de ne pas appliquer les règles de façon stricte amène automatiquement un risque d'explosion des coûts, tout le monde, tout le monde, tout le monde. Je prends à mon compte l'expression de Me Gallant, le premier M. Big, qui a dit hier, dans une entrevue sur un des grands réseaux, qu'urgence égalait toujours risque d'explosion des coûts. Bien, si ça existe, ça égale risque d'explosion des coûts, c'est parce que les règles, si elles ne sont pas appliquées de façon suffisamment rigoureuse, ça ouvre la porte à ça. Ne me demandez pas de vous dire comment ça va se passer sur le terrain. Je dis que tous les experts, incluant ceux qui ont été là-dedans, Me Gallant, la Vérificatrice générale disent que le risque est très grand. Alors, je le répète, ce n'est pas les projets à l'exception des remarques que je viens de faire, qui sont l'enjeu, mais bien la façon de faire ça.

M. Lacroix (Louis) : Alors, Mme LeBel se ferme les yeux? Parce que Mme LeBel était quand même la procureure en chef de la commission Charbonneau.

M. Barrette : Vous lui poserez la question.

M. Lacroix (Louis) : Bien, je la pose à vous.

M. Barrette : Vous lui poserez la question. Je ne sais même pas, moi, si Mme LeBel a été impliquée dans le dossier. Je ne le sais pas. Là, actuellement, il y a un dossier qui est piloté par M. Dubé, qui est président du Conseil du trésor et qui nous dit qu'il pose le bon geste. Bien, moi, je pense que le geste est éminemment critiquable.

M. Laforest (Alain) : Demandez-vous à Mme LeBel d'intervenir?

M. Barrette : Moi, aujourd'hui, là, je viens vous donner la position de notre parti sur ce dossier-là. Je vous la donne. Alors, il y aura d'autres personnes dans notre caucus…

M. Laforest (Alain) : Alors, le gouvernement, il recule, il continue, vous allez bloquer le projet de loi? Vous avez fait un état de situation; à partir de maintenant, vous faites quoi, là?

M. Barrette : Vous me mettez… À partir de maintenant, on va débattre du projet de loi. Alors, le projet de loi, tel qu'il est présenté, doit être modifié en ce qui me concerne. Les éléments qui doivent être modifiés sont en lien avec l'application des règles selon lesquelles on vit actuellement, et qui découlent toutes de la commission Charbonneau, et qu'on veut toutes modifier. Je pense qu'il y a un enjeu là. Alors, si ça sert à quelque chose, une commission parlementaire, aussi courte soit-elle, puis peut-être même que ça va finir en bâillon, bien, on va faire le débat.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Mais pouvez-vous demander la modification de certains projets? Vous avez montré des réticences envers des projets, à Montréal, qui ne sont pas assez ambitieux en termes de place. Est-ce que vous comptez profiter de la commission parlementaire pour, je ne dirais pas marchander, là, mais votre appui contre une bonification de certains projets ou c'est juste sur la forme que vous voulez agir?

M. Barrette : La première question à poser est, parce que je pense que vous tous et toutes avez perçu le dépôt du projet de loi comme ceci : Est-ce que c'est un engagement ou c'est un écran de fumée de négociation? Moi, je pense que toute la population du Québec, quand elle a regardé ça, là, elle a dit : Ça, c'est un engagement, on va faire 202 projets. Est-ce le cas? Avez-vous, vous, l'impression que c'est un engagement que vous avez entendu hier? Moi, quand j'ai vu ça, là, quand j'ai écouté la lecture du projet de loi, j'entendais un engagement. Alors, quand on change les règles, quand on annonce qu'on va tout changer les règles, hein, pour mettre dans un projet de loi 202 projets, je m'attends à ce qu'ils arrivent à destination. Avez-vous cette impression-là? Moi, je ne le sais pas.

M. Lacroix (Louis) : Avez-vous l'impression qu'ils sont en train de préparer la prochaine campagne électorale?

M. Barrette : Bien, ça ressemble à ça beaucoup. Et d'autant plus que, dans le projet de loi, hein... Vous savez, je vous rappellerai le projet de loi n° 17. Vous rappelez-vous, le projet de loi n° 17, il y avait eu un infâme article qui était arrivé à la dernière minute, hein, où on empêchait les gens de poursuivre. Là, on a un article, l'article 3, deuxième, troisième paragraphe du deuxième alinéa, qui dit que, ô surprise! pendant le processus, on peut arriver avec des nouveaux projets. Alors, moi, j'ai bien hâte de voir qu'est-ce qui va sortir du chapeau, quel lapin va sortir du chapeau. Parce qu'on a prévu dans ce projet de loi là non seulement 202 projets, mais on a ouvert la porte à la possibilité de tout autre projet à la discrétion du Conseil du trésor.

Alors, moi, je trouve que c'est un projet de loi qui est éminemment discrétionnaire. On décide ce qu'on va faire, on se garde une porte pour en faire d'autres, puis on change les règles à l'avance, puis on ne vous dit pas exactement qu'on va les changer. Puis on va aussi loin que de dire, vous l'avez entendu en point de presse hier, que les contrats, hein, la gestion contractuelle va être changée, puis elle pourrait même être changée en fonction du projet. C'est quelque chose, là, hein? C'est écrit tel quel dans la loi que la gestion contractuelle pourrait être modifiée, modifiée sans qu'on nous dise quoi, selon le projet, particulièrement dans le secteur municipal.

Alors là, on vient de passer de l'époque Charbonneau à une époque où tout est possible pour un ensemble de projets qui est discutable, mais que tout le monde a perçu comme étant un engagement.

Mme Lajoie (Geneviève) : M. Barrette, là, vous donnez votre accord à aller en commission parlementaire, on comprend. Mais après ça il y a un processus. Ça fait que, s'il faut que ça se rende... s'il faut que ça soit adopté, il faut que vous ayez... ils aient l'accord du parti libéral. Est-ce que, dans la mouture actuelle, ils auront, l'accord du parti libéral pour...

M. Barrette : Écoutez, dans la mouture actuelle, c'est comme n'importe quel projet de loi. Je ne pense pas que vous ayez vu, sauf exception, et elles existent, des projets de loi qui sont adoptés exactement comme ils ont été présentés. Ça arrive. Ce sont des projets de loi relativement... peut-être pas secondaires, ce n'est peut-être pas le bon qualificatif. Il y a des projets de loi qui, par nécessité, sont adoptés, pour utiliser le jargon parlementaire, un, deux, trois. On n'est pas dans la catégorie un, deux, trois.

Le Modérateur : En anglais.

Mme Senay (Cathy) : Mr. Barrette. Quebeckers are exhausted, overwhelmed, it's a very hard period for everybody. But what do you want them to understand from Bill 61?

M. Barrette : Well, Bill 61 is basically a discretionary bill that will give maybe too much power to the Government in the way the process will be undertaken. That's the way it is. What this bill says is that whatever rules that we have put in place after Charbonneau's hearing we can modify. Whatever was put in place we can modify. And we don't know exactly how it will be modified, but it can be modified. And every expert in the field, including the Auditor General, is saying that, if you do that, you are putting public finances at risk. And what do we do when we do that? It is you and I who will pay the bill. So there is a significant risk, according to all experts in the field, that the costs of all those projects will flare up. And, to me, this is something that is not exactly responsible.

Mme Senay (Cathy) : Among the 202 projects that you saw in the list, you say: Well, this is like an operation to seduce regions, as opposed to Montréal. They want to extend the public health emergency for up to two years. Two years from now, it is the election campaign.

M. Barrette : Yes. To me...

Mme Senay (Cathy) : So, it is very well calculated, don't you think?

M. Barrette : I do think, I do think it is well calculated. And that's the reason why I'm saying that when it comes, for instance, to senior homes, their project of «maison des aînés», which is the top of the line of whatever senior homes that can be built, hein, it is something that is not existent, and this is their main project, when you see the distribution of those homes across the province, you see that there are only four in the... not the Greater Montréal area, but in the Montréal Island area and Laval. Four. There are 35 out of 38 of those houses... homes that will be in their ridings.

And this is not about election. Seniors are seniors, and when it comes to senior homes, it has to be non-political. It has to be a reflection of where people are. And is there someone who can step up today and say that, in Montréal and Laval, we don't have per capita more seniors than elsewhere? So their main project is distributed across the province in an electoral, political fashion, and this is highly criticisable.

Le Modérateur : Merci à tous.

(Fin à 8 h 21)

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