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Conférence de presse de M. Gabriel Nadeau-Dubois, chef du deuxième groupe d’opposition, et Mme Manon Massé, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière d’affaires autochtones

Version finale

Thursday, January 27, 2022, 11 h

Salle Evelyn-Dumas (1.30), édifice Pamphile-Le May

(Onze heures deux minutes)

M. Nadeau-Dubois : Rebonjour, tout le monde. Très content d'être ici en cette deuxième journée de notre caucus présessionnel.

Hier, on vous a parlé de la vague Omicron. Aujourd'hui, on veut vous parler de l'autre vague qui est en train de frapper les familles du Québec de plein fouet. Aujourd'hui, on veut vous parler de la crise du coût de la vie.

L'an dernier, le prix des logements à louer au Québec a explosé. Pour un logement de deux chambres, à Montréal, là, c'est 8 % d'augmentation, Sherbrooke, c'est 12 % d'augmentation, à Trois-Rivières, également 12 %. Et pour des logements familiaux, à Valleyfield, on parle d'une augmentation de 27 %. Pour les familles du Québec, là, pour bien des familles du Québec, le logement, c'est le premier poste de dépenses. Quand le prix des logements explose comme ça, les familles ne sont plus capables de joindre les deux bouts.

À l'épicerie, la tendance est la même, et, si elle se maintient, là, nourrir une famille de quatre va coûter 1 000 $ de plus en 2022 que l'an dernier. La CAQ avait promis d'être le parti des familles, mais aujourd'hui, beaucoup de familles québécoises vivent plus de pression financière que jamais. Le portefeuille des familles est vide, et les banques alimentaires, elles, elles sont pleines.

Les Québécois et les Québécoises ont fait énormément de sacrifices dans la dernière année. On a été solidaires les uns des autres, là-dedans, on s'est tenus ensemble. Ça nous a permis de passer à travers plusieurs mois de pandémie. Bien là, on a besoin que le gouvernement soit solidaire envers les familles du Québec. On a besoin d'un gouvernement qui est solidaire envers les familles qui font face, en ce moment, à une crise historique du coût de la vie. La crise du coût de la vie, là, ça prive les familles québécoises de leur qualité de vie. Vous allez nous en entendre parler frénétiquement toute la session parlementaire. C'est l'une des grandes priorités de Québec solidaire pour la session. Manon.

Mme Massé : Merci, Gabriel. Effectivement, dans mon livre à moi, un gouvernement solidaire, c'est un gouvernement qui passe moins de temps à se réseauter avec MM. Bettman et Bronfman que de regarder qu'est-ce que vivent les familles sur le terrain. Alors, oui, on va vous en parler, de ces familles-là, parce qu'on les connaît, parce qu'on est proches d'elles, parce qu'elles nous appellent.

Vous avez entendu comme moi, cette semaine, l'histoire de Nancy, une préposée aux bénéficiaires qui a vu son loyer augmenter de 720 $ d'un coup. Nancy, c'est une mère de famille monoparentale. Bien, elle doit se revirer de bord, puis elle doit trouver un autre logement en pleine crise du logement, puis il faut qu'elle délocalise les enfants. C'est terrible. C'est terrible. Et c'est sûr que ça a choqué bien des gens d'entendre l'histoire de Nancy. Mais ce qui est le plus choquant, honnêtement, là, c'est de savoir que ce n'est pas la seule qui va vivre et qui vit une hausse abusive de son loyer.

Avec la CAQ, les propriétaires ont eu une baisse du compte de taxes, bien, les locataires, eux autres, ont eu la plus grosse augmentation qu'ils n'ont pas eue dans les dernières décennies. L'Ontario a gelé… M. Legault aime ça se comparer souvent à l'Ontario. Bien, en 2020, là, l'Ontario a gelé les hausses de loyer pour 2021. Alors, nous, à Québec solidaire, on propose, pour aider les familles, que le gouvernement du Québec gèle temporairement les loyers pour 2022. C'est la moindre des choses. Ça donnerait un répit aux familles.

Une autre affaire qui donnerait un répit aux familles, c'est d'annuler la hausse caquiste des tarifs d'Hydro. Je ne m'étendrai pas très longtemps là-dessus, augmenter la facture d'Hydro en suivant la courbe de l'inflation, ce qu'a voté, d'ailleurs, je le rappelle, la CAQ sous bâillon, bien, ça, là, ça n'a pas de bon sens. Ça n'a pas de bon sens, parce que les familles sont déjà prises à la gorge financièrement.

Puis, en permettant, comme l'a fait la CAQ, une augmentation modulée à l'inflation, bien, ça vient atteindre particulièrement les familles qui sont en bas de l'échelle. Alors, à la place, il me semble que, dans cette période difficile pour les travailleurs, travailleuses en bas de l'échelle, bien, ce qui serait intéressant, ce qui serait important, c'est que le gouvernement augmente leurs revenus.

Et laissez-moi vous parler de l'augmentation du salaire minimum. En partant, je veux saluer le leadership des entreprises qui, elles, n'ont pas attendu le signal du gouvernement et ont augmenté, dans les derniers mois, les dernières années, les salaires de leurs petits travailleurs, travailleuses.

D'ailleurs, je salue le président de Cogeco, hein, qui a clairement dit que, dans le fond, ça nous prend un salaire minimum viable qui permet aux gens de payer leur loyer et l'épicerie. Bien, c'est ça qu'on vous dit, c'est qu'il y a plein de gens qui, actuellement, n'arrivent pas à payer leur loyer et l'épicerie parce que le salaire à 14,25 $ de l'heure que nous propose la CAQ pour le mois de mai, bien, ça ne va pas leur permettre de sortir la tête de l'eau.

Ce n'est pas ça, prendre du leadership pour aider les familles. 14,25 $ de l'heure, là, bien, il y a des familles qui vont continuer à faire des choix douloureux entre payer le loyer… Ça, c'est un inévitable puis c'est un frais que tu ne peux pas rapetisser. Mais, après ça, c'est quoi : c'est l'épicerie, c'est le linge d'hiver pour les enfants, aller ou pas chez le dentiste? C'est ça, les choix qu'ont à faire les familles en bas de l'échelle pour affronter la crise du coût de la vie que vit le Québec présentement.

Alors, je ne sais pas si vous le savez, là, mais, présentement, c'est épeurant, le changement au niveau des banques alimentaires, c'est de voir arriver de façon importante des gens qui travaillent à temps plein et dont parfois les deux adultes de la maison travaillent à temps plein. Je trouve ça vraiment difficile de voir qu'on en est rendus là.

Alors, on propose l'augmentation du salaire minimum à 18 $ de l'heure. C'est la seule façon de permettre aux gens qui sont en bas de l'échelle, qui vont vivre l'inflation de façon très différente que des gens qui sont un peu plus en moyens… Bien, il faut qu'on les aide, ces gens-là. C'est ça qu'on veut dire, de soutenir les familles à la base.

À 18 $ de l'heure, bien, on va permettre aux familles de pouvoir améliorer un peu leur qualité de vie, de s'enlever le stress du chèque qui ne te permet pas de passer à l'autre étape où que tu te demandes toujours ce que tu dois privilégier : payer le loyer, payer l'hypothèque, assurer des sous pour clairer la carte de crédit, mettre des produits frais dans le frigo, participer à l'économie locale. Je pense que c'est une façon d'équité sociale que de permettre aux gens en bas de l'échelle de le faire.

Bien sûr qu'on va aider les petits employeurs. C'est nécessaire. Il faut que le gouvernement soutienne les petits employeurs qui vont avoir besoin d'accompagnement pour passer au travers cette transition. Et, tu sais, je pense notamment aux groupes communautaires. Je pense notamment aux petits commerçants, aux travailleurs, travailleuses agricoles. Mais le gouvernement a déjà des programmes pour aider. Alors, pourquoi ne pas aider, bien sûr, les employeurs, mais aider les travailleurs, travailleuses? Et ça, ça passe par une augmentation du salaire minimum.

Bref, il faut se le dire, les bas salaires, c'est mauvais. C'est mauvais pour tout le Québec. Nous, on veut construire un Québec où tous les travailleurs et toutes les travailleuses peuvent payer leur loyer, payer leur épicerie et avoir une certaine qualité de vie. Je pense qu'on est rendus là. Merci.

Le Modérateur : Nous en sommes maintenant à la période de questions. Nous allons commencer avec Véronique Prince, de Radio-Canada.

Mme Prince (Véronique) : Oui, bonjour. Merci beaucoup. J'aimerais vous faire réagir, par exemple, là, sur des sujets en lien avec la COVID, là. Premièrement, cet après-midi, on va avoir un point de presse du Dr Boileau, qui se veut, en fait, une espèce de briefing technique, mais qui va être public, finalement. Comment vous voyez ça?

M. Nadeau-Dubois : C'est un pas dans la bonne direction. Ça fait depuis le début de la pandémie que Québec solidaire et les autres partis d'opposition demandent plus de distance, plus d'indépendance entre le pouvoir politique et les autorités scientifiques. Mais il faut aller plus loin. Il faut réellement rendre 100 % indépendant le directeur national de la santé publique. Ça passe par une nomination aux deux tiers de l'Assemblée nationale, ça passe par une réelle consultation des oppositions dans la nomination du prochain directeur national de la santé publique.

Mme Prince (Véronique) : Ma deuxième question, je vais faire un lien avec le convoi, là, de camionneurs, par rapport à l'attitude des autorités face aux non-vaccinés, est-ce que vous pensez que l'attitude des gouvernements à leur égard peut alimenter une certaine colère ou même provoquer un déficit de sécurité? Parce que, là, on parle quand même d'un convoi qui s'en va à Ottawa. Il y a des… La police perçoit une certaine agressivité. Alors, comment vous interprétez ça?

M. Nadeau-Dubois : J'ai beaucoup parlé, dans les derniers jours, de division, de polarisation. J'ai dit que j'étais inquiet que le Québec suive la voie des États-Unis, c'est-à-dire qu'on entre dans une dynamique politique où la gestion de la pandémie devient extrêmement polarisée puis extrêmement partisane. Aux États-Unis, une fois que cette dynamique-là s'est installée, ça a ruiné leurs efforts de lutte contre la pandémie. Ça explique notamment pourquoi les chiffres aux États-Unis sont aussi tragiques.

Il ne faut pas se rendre là. Puis les gouvernements ont un rôle d'apaiser la situation plutôt que d'alimenter la polarisation. C'est pour ça qu'on a fait, hier, des propositions positives pour augmenter le taux de vaccination sans tomber dans une logique de punition. Parce que, des punitions, ça ne le règle pas, le problème. Ça peut être satisfaisant parce qu'on est tous… en tout cas, beaucoup de gens sont très frustrés de la situation actuelle, mais ça ne nous rapproche pas d'une fin de la pandémie. On a besoin de pragmatisme, on a besoin de solutions, pas de punitions.

Et le phénomène, là, qu'on voit, là, ce convoi, là, de camionneurs, là, c'est les… c'est exactement de ça dont je parle quand je parle du risque de polarisation puis de division de la société québécoise. On ne veut pas voir ça au Québec. On ne veut pas voir ça au Québec, ça ne nous ressemble pas. Mais, pour éviter de se rendre là, il faut qu'on s'unisse, il faut que se rassemble, qu'on trouve des solutions ensemble puis qu'on ne se laisse pas aller à la colère puis à la frustration contre les non-vaccinés, même si je partage ces sentiments-là.

Le Modérateur : Charles Lecavalier, La Presse+.

M. Lecavalier (Charles) : Bonjour. Peut-être une question sur le gel des loyers. Bon, est-ce que, juste pour comprendre un peu comment vous comptez faire ça, ce serait une loi qui permettrait de geler les loyers, finalement, partout au privé? Est-ce que ça touche aussi les baux commerciaux? Comment vous envisagez ça?

Mme Massé : En fait, mon collègue Andrés Fontecilla vous a déjà parlé de la mesure de gel de loyers. Ici, la raison pour laquelle on vous revient avec ça ce matin, c'est que ça n'a pas été fait, et, parce que ça n'a pas été fait, bien, on voit une situation, comme celle de Nancy, tomber, c'est-à-dire apprendre, du jour au lendemain, qu'elle va devoir soit payer 720 $ de plus ou quitter son appartement.

Alors, c'est à travers un projet de loi où on peut venir indiquer que, pour l'année 2022‑2023, là, vous comprenez que les loyers, c'est beaucoup de juillet à juillet, en tout cas pas tous, mais majoritairement, donc, pour cette année-là, les propriétaires ne peuvent pas augmenter le coût du loyer. C'est ça que ça vient faire.

Et on n'est même pas originaux, l'Ontario l'a fait. On ne comprend même pas pourquoi un gouvernement qui se targue d'être à l'écoute et au service des familles ne veut pas aller dans ce sens-là, alors que, dans les faits, là, c'est ça qu'on vient vous dire aujourd'hui, c'est que, quand ton pouvoir d'achat, parce que tu as un salaire minimum, parce que ton loyer est pris aux aléas du choix du propriétaire, fait une pression énorme sur toi, bien, ça crée des difficultés pour les familles en bas de l'échelle. Et Québec solidaire est là. On les entend et on propose, donc, cette mesure-là qui serait simple.

Et, si M. Legault veut appeler le projet de loi de mon collègue, on va faire ça très rapidement pour permettre aux citoyens de se dégager un peu de pouvoir d'achat, je dirais, pour la suite des choses.

M. Lecavalier (Charles) : Et, sur le salaire minimum, bon, vous dites… Accompagner les PME, ça veut dire quoi? Ça veut dire un appui financier, des crédits d'impôt? Puis à combien vous évaluez l'aide nécessaire aux PME advenant une hausse du salaire minimum à 18 $ de l'heure?

Mme Massé : Je pense que le salaire minimum, c'est une façon de permettre aux travailleurs, travailleuses, un, d'augmenter leur pouvoir d'achat, et donc de mieux dépenser dans l'économie sociale… dans l'économie locale, pardon. Et on le sait, qu'il y a des petits commerçants qui vont avoir besoin d'aide pour être accompagnés là-dedans pour pouvoir justement, je dirais, assumer cette transition. Mais, pour nous, l'aide doit être ciblée, là, ce n'est pas toutes les PME. On apprenait, là, que Couche-Tard, là, qui est une PME, pour 2021, a fait 3,3 milliards de profits. Allez voir ses travailleurs à la base, combien ils gagnent, ce n'est pas eux autres qui ont bénéficié de ce 3,3 milliards de profits là.

Alors, je pense qu'il y a des compagnies qui sont capables et il y en a d'autres qui auront besoin d'accompagnement. Et on demande au gouvernement qui est prêt, là… C'est la logique du gouvernement caquiste d'accompagner les entreprises. Bien, cette fois… M. Fitzgibbon n'a pas trop de misère à sortir le carnet de chèques, là. Bien, qu'il le sorte, mais pour que l'argent qui soit versé puisse réellement servir aux gens en bas de l'échelle, c'est-à-dire les travailleurs, travailleuses. C'est ça, notre objectif, puis je pense que c'est possible, et c'est surtout souhaitable.

Le Modérateur : Geneviève Lajoie, Journal de Québec.

Mme Lajoie (Geneviève) : Bonjour. J'aimerais vous entendre sur les agences privées en santé. On voit que, finalement, malgré l'annonce de M. Dubé, les agences… en tout cas, le personnel de ces agences-là continue d'avoir des beaux quarts de travail dans les centres hospitaliers et un peu partout dans notre système de santé. J'aimerais vous entendre là-dessus.

M. Nadeau-Dubois : François Legault a brisé sa promesse envers les soignantes du réseau public. Il leur avait promis les quarts de travail les plus avantageux et il ne livre pas la marchandise. C'est la vérité, c'est ça qui se passe sur le terrain.

Quand est venu le temps d'annuler les vacances des infirmières, les contrats de travail, le gouvernement de la CAQ ne s'est pas gêné pour les déchirer. Quand vient le temps de modifier les contrats avec les agences privées, là, tout d'un coup, ça devient très compliqué. Ce deux poids, deux mesures là, il est très révélateur des vraies priorités de François Legault.

Je pense qu'au Québec la priorité, ça doit être le bien-être puis la qualité de vie des femmes qui travaillent dans notre réseau de la santé, pas les profits des agences privées de placement. Christian Dubé et François Legault font preuve de laxisme à l'égard des agences privées de placement.

Je vous rappelle qu'il y a plusieurs mois maintenant mon collègue Vincent Marissal avait déposé un plan respect — d'ailleurs, je l'ai amené avec moi — qui proposait de faire quoi? D'assurer un suivi mensuel de l'utilisation des agences de placement et du temps supplémentaire obligatoire pour qu'on soit capables de mesurer le phénomène et son évolution en temps réel. Cette proposition-là, là, on attend toujours que le gouvernement de François Legault la mette en application.

Ce laxisme-là à serrer la vis aux agences de placement, c'est la démonstration que la CAQ n'est pas le gouvernement, n'est pas le parti qui va reconstruire notre système de santé. S'ils ne sont pas capables de faire ce qui est le plus facile à faire, c'est-à-dire serrer la vis des agences de placement, que tout le monde reconnaît qui est un cancer qui ronge notre système de santé, comment vont-ils être capables de faire tout le reste de ce qu'il y a à faire dans notre système de santé pour le reconstruire? C'est impossible.

Mme Lajoie (Geneviève) : Merci. Hier, vous avez dit… quand je vous ai posé une question sur la loi n° 21, vous avez dit : On est en train de décliner les différentes mesures qui ont été adoptées à notre dernier congrès, pour savoir... Parce que, là, vous avez dit : Oui, c'est sûr qu'on va modifier la loi n° 21, notamment pour les enseignants. Mais vous avez quand même ajouté cette phrase-là. Et j'étais là, je me souviens, à votre dernier congrès, justement, vous aviez non seulement tourné le dos à Bouchard-Taylor, mais vous aviez adopté une résolution qui ouvrait la porte au port du voile intégral dans les services publics. Est-ce que vous modifieriez la loi n° 21 pour aller jusque-là, comme le dit votre programme?

M. Nadeau-Dubois : Ce n'est pas ce qui a... À notre dernier congrès, au congrès de, donc, de cet automne...

Mme Lajoie (Geneviève) : Celui-là, c'est en 2019, mais c'est encore ce qui est écrit dans votre programme.

M. Nadeau-Dubois : Il n'y a pas d'allusion au voile intégral, dans le programme de Québec solidaire, je ne suis pas certain qu'on...

Mme Lajoie (Geneviève) : O.K. C'est le visage découvert, là.

M. Nadeau-Dubois : Il n'y a pas de changement, hein, de la position de Québec solidaire, depuis 2019, il n'y a rien qui a changé. Et ce que je vous ai dit, lors de notre dernier congrès, ce qu'on vous a dit lors de notre dernier congrès vaut toujours. C'est-à-dire que, pour nous, il existe une autre vision de la laïcité que celle de François Legault, qu'un gouvernement de Québec solidaire appliquerait une vision différente de la laïcité et que, pour ce qui est des détails de cette position-là, ça va être annoncé bien avant, bien avant le début de la campagne électorale.

Hier, je vous donnais un exemple, celui des femmes qui souhaitent enseigner dans notre réseau public puis qui, en ce moment, sont bloquées d'y entrer par la loi n° 21 de François Legault. Je vous ai donné cet exemple-là en disant : Ça, c'est un exemple de chose qu'on modifierait. Mais, pour ce qui est de l'ensemble de notre position, ça va être annoncé, comme je vous l'ai dit à plusieurs reprises, là, avant le début de la prochaine campagne électorale.

Mme Lajoie (Geneviève) : Peut-être une petite précision sur ce que vous avez dit à ma collègue, Mme Prince, tantôt. Vous, vous faisiez partie, voilà 10 ans, d'un mouvement très important, au Québec, qui était en réaction à ce que le gouvernement avait décidé de faire. Est-ce que, justement, les agissements du gouvernement à l'égard des non-vaccinés, est-ce que ça attise une certaine désobéissance civile?

M. Nadeau-Dubois : Je veux juste être sûr de bien... Quand vous parlez des agissements du gouvernement, là, de quoi vous parlez spécifiquement? Parce que, là...

Mme Lajoie (Geneviève) : Bien, je parle de la taxe santé...

M. Nadeau-Dubois : ...la mobilisation est lien avec une mesure très spécifique liée à l'isolement des camionneurs. Moi, ça, je pense que... Oui?

Mme Lajoie (Geneviève) : Oui, mais moi, je vous demande plus largement, tu sais? Par exemple, là, hier, vous disiez : Les non-vaccinés, ce n'est pas une bonne chose de les punir. Est-ce que ce genre d'agissement là, ça peut attiser une certaine forme de désobéissance?

M. Nadeau-Dubois : Tout le sens de notre propos, depuis deux jours, trois jours, c'est de vous parler de l'importance de ne pas polariser ce débat-là. Moi, je ne vais pas, aujourd'hui, pointer du doigt les gouvernements en disant : C'est de leur faute s'il y a des réactions comme ça. Notre souhait, c'est justement qu'on apaise le débat et qu'on trouve des solutions pragmatiques, efficaces pour se sortir de la crise. Ça fait que je ne ferai pas ça.

Ce que je constate, par contre, c'est qu'il y a une tendance à la polarisation. Il y a des premiers signes de division. Moi, je n'aime pas ça voir ça. Puis je pense que toute la classe politique, tous paliers confondus, doit travailler à apaiser les choses et non pas l'alimenter. Puis je pense que la logique punitive, la logique de la punition contre les non-vaccinés, ce n'est pas la bonne stratégie pour apaiser les choses puis protéger le climat social.

Le Modérateur : Louis Lacroix, Cogeco.

M. Lacroix (Louis) : Bonjour, Mme Massé, M. Nadeau-Dubois. Je voudrais juste revenir... D'abord, une précision, là, sur... Quand vous dites de geler les loyers, bien, c'est parce que vous commencez en disant qu'à Montréal il y a une hausse de 8 %, hausse moyenne, Trois-Rivières, 12 %, Sherbrooke, 12 %, Valleyfield, 27 %. Est-ce qu'il n'est pas un peu trop tard? Parce que, déjà, la hausse est comme consommée, là, quand vous dites... D'une part, est-ce qu'il n'est pas un peu trop tard déjà? Et, par ailleurs, est-ce qu'il y aura une aide, aussi, accordée aux propriétaires de ces loyers-là?

Mme Massé : Bien, premièrement, vous avez raison, les chiffres que Gabriel a mis de l'avant, c'était pour 2021. Cette année, on verra. Est-ce qu'il est trop tard? En matière d'aider les locataires, on ne peut pas dire que la CAQ a brillé par leurs actions, mais il n'est jamais trop tard pour bien faire, M. Lacroix, puisqu'actuellement les locataires commencent à recevoir — bien, c'est pas mal… la tournée est faite — leur avis d'augmentation pour 2022‑2023. Et c'est maintenant qu'on peut encore agir, avant que le 1er juillet arrive et que, là, ça soit un état de fait. On n'a pas pu agir pour 2021. S'il vous plaît, agissons pour 2022.

Pour ce qui est de votre deuxième question, par rapport à la question de l'aide aux propriétaires, l'objectif, actuellement, là, c'est de permettre aux familles de passer au travers une partie de cette vague, de la crise de l'inflation... de cette crise, pardon, de l'augmentation du coût de la vie. Et on ne dit pas aux propriétaires qu'ils ne peuvent pas, par le futur, encore pouvoir récupérer cette année-là ou quoique ce soit. Ce qu'on dit, c'est : Actuellement, il y a une nécessité de dégager dans le portefeuille de nos concitoyens la hausse des coûts de loyers.

Mais l'autre élément que je rajouterais, c'est que le gouvernement ne cesse de nous répéter que le Québec a les outils nécessaires avec le Tribunal administratif du logement, notamment, à chaque année, émet des indices d'augmentation. Juste pour vous donner un exemple, là, cette année, l'indice d'augmentation pour un loyer, mettons, pas chauffé — parce que ça fluctue selon des éléments, mais je ne veux pas rentrer dans le détail — cette année, pour 2022‑2023, l'indice est de 1,2 % d'augmentation. On est loin des chiffres d'augmentation qui a eu lieu l'année passée.

Là, on n'a pas le portrait pour cette année, mais c'est ça, on n'a pas de mesure, au Québec, qui nous permettent d'avoir une action en continu sur la question des hausses de loyer. Là, actuellement, il y a une question d'urgence. Les familles qui sont à loyer — parce que c'est souvent des familles, qui sont à loyer, c'est des gens à petits revenus, qui sont à loyer, c'est des gens qui ne sont pas capables d'assumer l'achat d'une résidence, qui sont à loyer — ces gens-là ont besoin qu'on s'occupe d'eux autres, et une façon de le faire, c'est par le gel des loyers.

M. Lacroix (Louis) : Bien, c'est parce que vous dites… Oui?

M. Nadeau-Dubois : …au caucus présessionnel de Québec solidaire de l'automne, on a fait une proposition, on a proposé un pacte pour les premiers acheteurs, qui était une série de mesures pour venir en aide aux propriétaires, spécifiquement aux jeunes propriétaires qui souhaitent faire l'achat d'une première propriété.

M. Lacroix (Louis) : Non, mais quand je parle de propriétaire, je parlais… Est-ce qu'il y a des mesures, par exemple, pour aider les propriétaires d'immeubles locatifs?

M. Nadeau-Dubois : Bien, les tarifs d'hydroélectricité, là, ça arrive souvent que c'est les propriétaires qui récoltent cette facture-là. Notre proposition de geler les tarifs d'Hydro pour cette année va aider notamment les propriétaires, ça va aussi aider les locataires.

Mais c'est important, pour moi, de rappeler qu'on a fait des propositions pour aider les jeunes familles à faire l'achat d'une première propriété : rendre l'inspection obligatoire, par exemple, s'assurer que les offres d'achat soient transparentes, taxer la spéculation immobilière. Ça, c'est des facteurs qui tirent le prix des maisons vers le haut, qui emballent le marché, et ça contribue à augmenter le poids financier sur les propriétaires, surtout les petits propriétaires occupants. Donc, on a fait des propositions sur cette question-là.

Et c'était important pour nous d'en faire. Pourquoi? Parce que la crise du logement, elle est indissociable de la crise de l'accès à la propriété. Locataires et petits propriétaires sont deux groupes qui sont victimes de la même crise de la hausse du coût de la vie. Il ne faut pas les mettre les uns contre les autres, parce que les deux groupes sont victimes, à leur manière, de la situation actuelle. Puis on a des propositions pour aider tout ce monde-là.

M. Lacroix (Louis) : Mais c'est parce que, Mme Massé, vous avez dit, il y a deux minutes et demie, là, que la mesure que vous proposez, ce serait d'aider les gens maintenant, que les propriétaires pourraient toujours se récupérer par la suite. Est-ce que ce n'est pas juste déplacer le problème?

Mme Massé : Bien, c'est-à-dire qu'il faut se donner cette année de pause, par le gel des loyers, pour revoir comment fonctionne tout le système du contrôle des loyers au Québec. Je suis d'accord avec vous que ça ne se peut pas qu'on fait juste passer 2022, O.K.… puis là pouf! on augmente. Il y a des mécanismes qui n'existent pas, au Québec, il faut qu'on les revoie. Et ça aussi, ça faisait partie du projet de loi qu'on proposait… mon collègue Fontecilla.

Le Modérateur : Caroline Plante, LaPresse canadienne.

Mme Plante (Caroline) : Oui. Bonjour. Est-ce que vous vous attendez à ce qu'il y ait des mesures sanitaires restrictives, au Québec, tant et aussi longtemps que le système de santé ne sera pas refondé? Est-ce que ça serait souhaitable pour protéger le système de santé?

M. Nadeau-Dubois : Une des leçons qu'on a apprises, depuis le début de la pandémie, c'est que le virus est imprévisible. Alors, il faut se préparer à plusieurs éventualités. Ce qui est sûr, c'est que notre système de santé, qui était magané avant la crise, il s'est magané encore plus durant la crise et il ne va pas se redresser instantanément le jour où les cas vont baisser. Il va y avoir une période où il va falloir le reconstruire, puis ça va prendre un certain temps.

Moi, je pense que le gouvernement de François Legault n'est pas le bon gouvernement pour faire ça. La preuve, on l'a aujourd'hui, ils ne sont même pas capables de s'assurer que les soignantes du réseau public aient les meilleurs quarts de travail dans nos hôpitaux. S'ils ne sont pas capables de faire ça, pouvez-vous me dire comment ils vont reconstruire le système de santé québécois?

C'est un gouvernement qui fait des promesses, mais qui ne livre pas la marchandise. Et nous, on va faire des propositions, dans la prochaine année, pour reconstruire le système, puis les Québécois, les Québécoises pourront avoir confiance que nous, on va livrer la marchandise.

Mme Plante (Caroline) : Mais, selon vous, est-ce qu'on doit maintenir les mesures sanitaires restrictives tant qu'il n'y a pas de grand changement dans le système de santé?

M. Nadeau-Dubois : C'est une question qui est difficile à répondre. Il va falloir avoir des avis de la Santé publique sur cette question-là. Ça va dépendre, est-ce que ça se terminera avec le variant Omicron ou est-ce qu'il y aura d'autres variants. Donc, c'est difficile pour moi de dire de manière, comment dire... en avance, comme ça, qu'est-ce qui sera nécessaire. Mais, de manière générale, ce que je vous dis, c'est qu'il faut que les Québécois, Québécoises, je pense, se préparent à ce qu'il y ait un rétablissement qui soit progressif de notre système de santé. Il va falloir rester solidaires, il va falloir trouver des solutions ensemble.

Le Modérateur : Alain Laforest, TVA.

M. Laforest (Alain) : Deux petites questions rapides. Mme Massé, vous avez pris l'exemple du pire, tout à l'heure, là, Couche-Tard, Alain Bouchard. Vous dites quoi à la pâtissière de Saguenay, là, d'augmenter de 3,75 $ l'heure, ou au petit commerçant, là, qui a une quincaillerie qui a été fermée, puis qui en arrache, puis qui se demande s'il ne sera pas capable de passer l'hiver? Il y en a plusieurs, comme ça, là. À 14,25 $, il y en a déjà, des PME qui ont dit : Moi, je n'y arrive pas. Un, pas d'employé, deux, ça coûte trop cher. Couche-Tard, ce n'est pas un bon exemple, là. Vous leur dites quoi, à eux, là?

Mme Massé : Ce que je leur dis, c'est que le coût de la vie, là, ce n'est pas juste les salaires. Le coût de la vie, l'augmentation du coût de la vie, c'est l'énergie, c'est beaucoup plus que juste la dimension salariale. L'enjeu, c'est que, si on ne soutient pas les travailleurs et travailleuses en augmentant le salaire minimum et si on n'aide pas ces entreprises-là à faire la transition, c'est qu'on est voués, socialement, à faire en sorte que...

Les gens qui sont en bas de l'échelle, là, eux autres, l'augmentation du coût de la vie, là, ils le vivent beaucoup plus dur que tous les autres. Alors donc, augmentons le salaire minimum, faisons en sorte que le gouvernement soutienne les entrepreneurs qui ont besoin et que ceux et celles qui, pour répondre, justement, au besoin de main-d'oeuvre, ont haussé par eux-mêmes le salaire de leurs employés à petit salaire, bien, soient rejoints par l'ensemble des entreprises, au Québec, pour augmenter le pouvoir d'achat du monde en bas de l'échelle puis de faire en sorte qu'ils puissent affronter beaucoup mieux la crise actuelle. C'est une question d'équité sociale, M. Laforest.

M. Laforest (Alain) : M. Nadeau-Dubois, vous avez parlé tout à l'heure de polarisation. Est-ce qu'on doit lever l'obligation de vaccination tant à la frontière canadienne qu'à la frontière américaine?

M. Nadeau-Dubois : Moi, sur ces questions-là, je me réfère à l'avis des experts indépendants, et, pour le moment, ce que j'entends de la part des scientifiques, c'est que c'est une mesure qui est raisonnable, puis qui permet de limiter la contagion, puis qui permet de lutter contre la pandémie. Donc, quand je parle de limiter ou, en tout cas, d'essayer d'apaiser le débat, ça ne veut pas dire tirer vers le bas les mesures sanitaires, ça veut dire, dans la stratégie qu'on adopte pour lutter contre la pandémie, être pragmatique, trouver des solutions qui sont efficaces, plutôt que chercher à canaliser la frustration de certains contre d'autres.

M. Laforest (Alain) : …problème.

M. Nadeau-Dubois : Pardon?

M. Laforest (Alain) : Il est là, le problème, c'est la vaccination. C'est pour ça qu'ils sont en route pour Ottawa.

M. Nadeau-Dubois : C'est-à-dire, le Québec est l'un des endroits les plus vaccinés au monde. Est-ce qu'il faut continuer à faire augmenter le taux de vaccination? Oui. Et hier on vous a fait trois propositions pragmatiques pour augmenter…

M. Laforest (Alain) : Je ne parle pas de la vaccination de la population en général, là, je parle de la situation aux frontières. Le convoi, c'est un peu ça, là.

M. Nadeau-Dubois : O.K. Je pensais que vous me disiez : Le problème, dans la pandémie, c'est le taux de vaccination. O.K.

M. Laforest (Alain) : Non, non. Moi, je vous parle du convoi, là, le convoi. Les gens, actuellement, vont à Ottawa parce qu'ils veulent franchir la frontière en n'ayant pas d'obligation. Vous me dites : On suit les mesures sanitaires, puis il faut arrêter de faire de la provocation. Mais le problème, il est là. Donc, on fait quoi? On enlève la vaccination pour régler le problème?

M. Nadeau-Dubois : Non. Moi, je pense qu'il faut respecter les mesures sanitaires et il faut suivre la science. Et, si la science nous dit que la manière de lutter contre le virus… une des manières de lutter contre le virus, c'est celle-là, il faut maintenir ces mesures-là.

Quand je parle de polarisation, je ne parle pas de mesure comme celle-là. Je parle du couvre-feu, par exemple, je parle de la taxe santé, des mesures qui sont plus politiques que scientifiques. Et, dans les deux exemples que je viens de vous donner, la cause est entendue sur cette question-là.

Donc, non, il ne s'agit pas de tirer vers le bas les mesures sanitaires pour calmer les mécontents. Il s'agit d'avoir des stratégies pragmatiques et efficaces pour lutter contre la transmission du virus puis reconstruire notre système de santé, plutôt que se laisser aller à une logique punitive alimentée par une frustration qui est, par ailleurs, je le répète, légitime.

Le Modérateur : Olivier Bossé, Le Soleil.

M. Bossé (Olivier) : Est-ce que la prestation spéciale que les gens ont reçue cette semaine ou qu'ils vont recevoir la semaine prochaine, 275 $ ou 200 $ pour les gens qui sont en couple, qui habitent en couple, est-ce que c'était quand même un bon pas, vous trouvez, pour aider les moins nantis du Québec?

Mme Massé : Vous voulez dire le chèque de M. Girard?

M. Bossé (Olivier) : Oui.

Mme Massé : Bien sûr que c'est un pas dans la bonne direction. L'enjeu, c'est qu'il n'est pas modulé, hein? Nous, ma collègue Ruba Ghazal avait fait une proposition à l'effet de doubler le crédit d'impôt pour solidarité, qui lui est modulé en fonction de ton revenu. Ça fait que les gens en bas de l'échelle en ont plus que le monde qui sont… Et puis là on dit en haut de l'échelle, le crédit de solidarité, c'est autour de 50… Je n'ai pas le chiffre juste, mais 53 000 $ ou 56 000 $, là. Je m'arrête là parce que je n'ai pas le chiffre juste. Mais tout ça pour dire, c'est modulé entre ça. Ça fait que, oui, c'est un pas dans la bonne direction, mais ça prend plus que ça. Je reprends l'exemple de Nancy, là, qui a eu cette augmentation de 570 $... de 720 $, pardon : son loyer, là, regarde, c'est des peanuts; le panier d'épicerie qui va augmenter de 1 000 $...

Alors, c'est pour ça que, nous, ce qu'on dit, c'est, et c'est parce qu'on l'entend sur le terrain : Si on veut vraiment donner de l'air à nos familles, il faut agir sur le revenu, donc le salaire minimum. Il faut agir sur la plus grosse dépense qui est dans le portefeuille de nos concitoyens, qui est le logement, puis les frais d'Hydro, c'est parce que ça l'a un réel impact. Et je nous rappelle qu'Hydro-Québec, ça nous appartient, collectivement. Ça fait que, donc, dans des moments difficiles, il me semble qu'une société d'État est là aussi pour nous soutenir, nous aider.

M. Nadeau-Dubois : Quand on fait face à une crise de l'inflation, là, les leviers que le gouvernement a sont limités. Tu sais, on ne nationalisera pas le steak haché, mais il y a des choses sur lesquelles le gouvernement a le pouvoir, et Manon vient d'en faire la liste. C'est pour ça qu'il faut se concentrer là-dessus puis qu'envoyer des chèques, ce n'est pas suffisant, même si c'est une bonne chose, en effet.

M. Lacroix (Louis) : On a déjà nationalisé le popcorn...

M. Nadeau-Dubois : Il y a déjà eu un grand débat sur le popcorn. Je ne suis pas sûr que ça nous ait fait beaucoup avancer, ça fait qu'on va se concentrer sur Hydro, logement puis salaire minimum pour aujourd'hui.

M. Bossé (Olivier) : Je vous ramène sur le convoi, M. Nadeau-Dubois. Est-ce que ça... Vous n'avez pas l'air à croire que c'est, en fait, une manifestation de plus de colère que juste des camionneurs qui ne veulent pas être vaccinés pour aller aux États-Unis. Est-ce que vous pensez qu'il peut y avoir des vaccinés puis des gens qui ne sont pas camionneurs qui appuient ce mouvement-là puis que la colère est plus large qu'on peut penser?

M. Nadeau-Dubois : Bien, au contraire, j'ai... À la question de votre collègue, je pense, j'ai essayé d'expliquer que, pour moi, c'est un symptôme d'une maladie qui a ravagé les États-Unis. Et moi, je souhaite qu'on ne l'attrape pas, cette maladie-là, la maladie de la polarisation excessive, la maladie de la dégradation du débat public à un point où la vérité est optionnelle en politique. C'est ce qui permet à des figures comme Trump d'émerger aux États-Unis. Puis il n'y a pas de remède miracle ou de vaccin pour qu'on ne l'attrape pas, cette maladie de la polarisation puis de la dégradation du débat public, mais on a un devoir de vigilance, comme élus, puis un devoir d'alimenter un débat public puis un climat social le plus sain possible.

Et moi, je vois dans la taxe santé un risque de tomber dans une logique où, par frustration, on veut punir des gens. Je pense que ça... une mesure comme ça, ça comporte un risque d'alimenter la polarisation, et ça nous inquiète, ça m'inquiète. Puis le convoi des camionneurs qu'on voit actuellement, on voit... il y a là en germe une logique qu'on voit maintenant accomplie aux États-Unis. Puis, moi, c'est ça qui m'inquiète. Et donc je suis bien conscient que ce n'est pas seulement une question de camionneurs. Il y a une question de... il y a une dynamique de polarisation qui nous guette, et il faut s'en prémunir.

Le Modérateur : François Carabin, Le Devoir.

M. Carabin (François) : Oui. Bonjour à vous deux. M. Nadeau-Dubois, je voulais revenir sur le rôle de la Santé publique en ce jour de point de presse de M. Boileau. Vous avez évoqué la possibilité que l'Assemblée nationale vote aux deux tiers pour le nouveau directeur ou la nouvelle directrice nationale de santé publique, mais est-ce qu'il ne faudrait pas aller plus loin que ça, par exemple, en détachant le DNSP du ministère de la Santé, totalement?

M. Nadeau-Dubois : C'est essentiel de le faire. C'est une proposition qu'on a faite, à Québec solidaire. Tu sais, il y a, je pense, deux étapes, là.

D'abord, en ce moment, la loi est telle qu'elle est. Et nous, ce qu'on propose, d'abord, à très court terme, c'est, malgré la loi actuelle, qu'on s'entende entre formations politiques sur un processus temporaire pour nommer le prochain directeur national de santé publique aux deux tiers à l'Assemblée nationale. Ça pourrait se faire avec le consentement des parlementaires à l'intérieur du cadre actuel. Ça, on peut le faire demain matin. Si tout le monde est de bonne foi, si tout le monde s'entend, on peut le faire avec nos procédures parlementaires. C'est possible.

Ensuite, sur le fond des choses, puis je pense que c'est l'esprit de votre question, il faut, à moyen terme, revoir la loi elle-même, changer la structure de la Santé publique au Québec, faire en sorte que le directeur national de santé publique soit nommé par l'Assemblée nationale et pleinement indépendant du pouvoir politique. Ça, ça veut dire on n'est pas sous-ministre et responsable de la santé publique en même temps.

M. Carabin (François) : Merci. Je veux vous parler de la session à venir, une dernière avant les élections. Est-ce que, selon vous, il y a des projets de loi inscrits au feuilleton qui doivent absolument être adoptés durant la présente législature? Et, au contraire, est-ce qu'il y en a qui peuvent attendre ou doivent attendre?

M. Nadeau-Dubois : Bien, d'abord, il y a le projet de loi de mon collègue Andrés Fontecilla sur le gel des loyers. Je serais bien fou de ne pas commencer par celui-là puisqu'on vient de vous en parler. Et je serais bien fou de ne pas vous en parler également, parce qu'on est au milieu d'une crise historique, là, du coût de la vie, de l'inflation. La CAQ se prétend le gouvernement des familles. Il doit aider les familles en gelant leur loyer. Le projet de loi, il est là. Il est tout chaud. Il est prêt à être adopté. Puis nous, on tend la main au gouvernement pour collaborer à son adoption rapide.

Il y a ma collègue Christine Labrie qui a déposé un projet de loi sur les violences sexuelles dans les écoles, un projet de loi qui a été salué par une grande partie du milieu de l'éducation. Ça aussi, on serait capables de collaborer, tout le monde ensemble, pour l'adopter, et je pense que c'est possible de créer un consensus sur cette question-là au Québec.

C'est deux exemples de projets de loi que je pense qu'on peut et on doit adopter d'ici la fin de la session.

M. Carabin (François) :

M. Nadeau-Dubois : Rappelez-moi-la.

M. Carabin (François) : Est-ce qu'il y a des projets de loi qui, selon vous, peuvent attendre ou qui pourraient bénéficier de ne pas être adoptés durant la session actuelle?

M. Nadeau-Dubois : On va attendre de lire celui sur la contribution santé, mais disons que, si la tendance se maintient, ça pourrait être exactement le genre de projet de loi qui n'est pas nécessaire.

M. Carabin (François) : Merci.

Le Modérateur : Nous en sommes maintenant à la partie des questions en anglais. Je cède la parole à notre collègue Phil Authier, The Gazette.

M. Authier (Philip) : Good morning.

M. Nadeau-Dubois : Good morning.

M. Authier (Philip) : Just one small clarification. Yesterday, when you were talking about Bill 21... and your staff has explained this to me already, but yesterday, in your quote, you said : In a Solidaire government, women, regardless of their religion, will be able to teach in our schools. And now I assume it was an example…

M. Nadeau-Dubois : Yes, it was.

M. Authier (Philip) : …and you include men, because men, there can be men teachers wearing kippahs and…

M. Nadeau-Dubois : Yes. Yes. You guessed right, yes.

M. Authier (Philip) : So, it's all encompassing?

M. Nadeau-Dubois : Of course, yes.

M. Authier (Philip) : Thank you. And the other question I want to ask, it's just about the mood of Québec. You're talking about… we're seeing this truck convoy that's heading for Ottawa, but yesterday you were talking about the polarization in Québec and that the health Bill could… the health tax could fuel this. Can you elaborate on that for me?

M. Nadeau-Dubois : Let's look at what happened in the United States. The American democracy is in pieces because of the extreme political polarization there. This is what fueled the rise of figures… of authoritarian figures like Donald Trump. And no democracy is protected from that. We should all be very careful not to fuel such dynamics, because we will all lose. All the society will lose if we let ourselves slip into that kind of social climate.

For me, the convoy that we're seeing right now is a symptom, is an early symptom that such a risk exists in Québec. We're not there yet, and it's a very good news. But, you know, social illness can be contagious too, and the illness of extreme polarization that affects our neighbors to the South can come here, we are not immune to that. So, we have to be careful. And, for me, the health tax represents a risk that we could let ourselves go into a dynamic of «colère», of…

M. Authier (Philip) : Anger.

M. Nadeau-Dubois : …of anger — so simple — of anger towards a group of the population. And we could be tempted to punish them. I don't think it's a mature, and efficient, and pragmatic way to get out of the crisis. We have to find efficient solutions, no let ourselves go into punishments. Punishments are not always efficient, all parents know that.

M. Authier (Philip) : Thank you.

Le Modérateur : Cathy Senay, CBC.

Mme Senay (Cathy) : This anger… we can hear a lot of Quebeckers that definitely want to stay away from the health care system, because it's overwhelmed, especially in the fifth wave. Do you have the impression that several Quebeckers can get angry because they have the impression that the health care system let them down?

M. Nadeau-Dubois : It is frustrating for a lot of Quebeckers to see so much resources being monopolized by unvaccinated people. My girlfriend and I are, in a very small part, impacted by the actual measures inside of the health care system, and we feel that frustration. So, I cannot imagine the level of anger of people that see, for example, their operations for cancer being delayed. This is a tragedy for people, and it's thousands of people across Québec. So, that's why I always insist on the fact that I understand, and I share the anger and the frustration towards a situation where, after two months of... after two years of sacrifices, we are still in front of a system that is in pieces.

The question is : What can we do to get out of that mess? We have to slow down the spreading of the virus and we have to reconstruct our public system. The health tax does neither of that. It does not bring one more bed or one more nurse in our system and it does not slow the spreading of the virus. It's a political measure to canalize the frustration of people, frustration which I understand, but it's not an efficient nor a pragmatic way to get us out of the fifth wave.

Mme Senay (Cathy) : The fact that it's not going to be a joint press conference today, it's going to be Mr. Boileau by himself, what are your expectations? I mean, like, shall we be fooled about the fact that, yes, it's an independent press conference or we have to take a step back and be realistic about what it will make as a difference?

M. Nadeau-Dubois : It is a step in the right direction. It is. But it's not enough. We need to go further. We need a real, an official, a formal independence between Public Health officials and politicians. It has been done elsewhere in Canada. It could be and should be done in Québec. What I hope is that Mr. Boileau will be able to give us his honest and complete opinion on all topics that will be presented to him. For example, I think we're all very interested to hear him about the health tax. It should be made clear to Quebeckers if it's a political decision or a Public Health decision. And I hope that Mr. Boileau will be able to shed the light on this.

Mme Senay (Cathy) : What if he says : It's a bill from the Legault Government, I can't say anything because it's the Government's decision?

M. Nadeau-Dubois : Well, then, it will be a clear and honest answer.

Mme Senay (Cathy) : Would that be enough for you, to have this answer?

M. Nadeau-Dubois : I want the Public Health officials to be independent. It would be a misstep from my part to tell them what to say. I want Dr. Boileau to give us his honest and complete opinion as a scientist on that measure. For example, I think it would be interesting, for the public debate, to hear that. And I think it's an important information for Quebeckers that want to have an opinion on that very controversial measure by François Legault.

Mme Senay (Cathy) : Can I ask one last question?

Le Modérateur : Une petite dernière, vraiment, oui.

Mme Senay (Cathy) : OK. You said that the Liberals had their own page to recruit candidates. For you, I saw you at the La semaine des 4 Julie, you had, you know, great exposure to talk about the 10th anniversary of «le printemps érable», among other things. Do you have the impression that this exposure is helping you to attract candidates?

M. Nadeau-Dubois : What is more attractive for eventual candidates for Québec solidaire is our vision. It's what we say we want to do for Québec. And, when I talk to potential candidates, which I do, they don't talk to me about what talk show I went. Sometimes, they joke about it, but what interests them is that we are becoming more and more, in the eyes of many Quebeckers, the real alternative to François Legault. People are watching that dynamic unfold. They are seeing Québec solidaire being more and more the party that can stand up to the Coalition avenir Québec, and, when I talk to eventual candidates, that's what we talk about.

Le Modérateur : C'est ce qui met fin à cette conférence de presse. Merci pour votre patience.

(Fin à 11 h 53)

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