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Point de presse de Mme Dominique Anglade, cheffe de l’opposition officielle, M. André Fortin, leader parlementaire de l’opposition officielle, et M. David Birnbaum, porte-parole de l’opposition officielle en matière de relations avec les Québécois d’expression anglaise

Version finale

Thursday, February 3, 2022, 11 h 30

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Onze heures vingt-neuf minutes)

Mme Anglade : François Legault pratique la politique de division. Aujourd'hui, il a franchi une étape qu'un chef de gouvernement ne devrait jamais franchir. Il a dit : Si on n'est pas caquiste, on n'est pas Québécois. Je vais céder la parole à André Fortin.

M. Fortin :Merci. Pour ceux qui n'ont peut-être pas capté les propos du premier ministre, là, voici ce qui s'est passé. La cheffe de l'opposition officielle, en interpellant le président, comme on se doit de le faire à l'Assemblée nationale, fait un lapsus et dit : M. le Québécois. En réponse à ça, le premier ministre, de son siège, dit à toute l'Assemblée nationale : Bien, oui, c'est un caquiste. Ce qu'il est en train de dire, c'est que, pour être Québécois, il faut être caquiste. Si on n'est pas caquiste, on n'est pas Québécois.

C'est un propos qui ne se tient pas de la part d'un premier ministre. C'est un premier ministre qui oublie sa fonction de base. Sa fonction de base, c'est de représenter tous les Québécois et Québécoises, qu'ils soient d'allégeance libérale, péquiste, solidaire, conservatrice, qu'ils n'aient pas d'allégeance politique, sa job, sa fonction de base, c'est de dire aux Québécois : Je suis votre premier ministre. Puis, aujourd'hui, il leur a dit qu'ils ne sont pas Québécois. Il a dit à des gens, là, des gens qui ont mon nom de famille, il a dit à des gens qui s'appellent Anglade, qui s'appellent Birnbaum, qui s'appellent Fortin, qui s'appellent... qui sont dans toutes les régions du Québec qu'ils ne sont pas Québécois.

On est loin de l'homme d'État qu'il devrait être. On est loin de René Lévesque, qui disait aux gens : Est Québécois qui veut l'être. On est loin des hommes et des femmes d'État qu'on a eus comme premiers ministres, au Québec, qui jamais n'auraient osé faire ça, qui se souvenaient de leur mandat de base de représenter tous les Québécois et Québécoises. Je ne vois pas, je ne vois pas comment François Legault peut revenir au salon bleu, prétendre représenter l'ensemble des Québécois, sans s'excuser.

M. Laforest (Alain) : Moi, j'aimerais ça entendre Mme Anglade, parce que c'est beau de demander, le leader, des excuses, là, mais la cheffe de parti, elle réclame quoi, elle? Et pourquoi?

Mme Anglade : Je réclame des excuses, évidemment, de la part du premier ministre. Mais, dans son rôle de premier ministre, il ne peut pas dire qu'il ne représente pas tous les Québécois. Puis, aujourd'hui, ce qu'il a dit, c'est qu'il ne représentait pas tous les Québécois.

M. Laforest (Alain) : ...vous a dérangée, ou c'est les deux?

Mme Anglade : C'est d'abord et avant tout le fait que le premier ministre du Québec, François Legault, dise : Il faut être caquiste pour être Québécois, et de faire ce lien entre les deux. C'est ça qui m'a d'abord et avant tout dérangée, parce qu'après tout ce qu'on vient de vivre, après les deux ans qu'on a vécus, le premier ministre fait encore la politique de division. Il a divisé avec sa loi sur la taxe sur la santé, il a divisé les gens qui faisaient 56 000 $ et plus versus les autres, il a divisé les francophones et les anglophones et il continue de le faire aujourd'hui. Mais, aujourd'hui, il a franchi une nouvelle étape, il a franchi une nouvelle étape en nous disant qu'on n'est pas Québécois si on n'est pas caquiste.

M. Laforest (Alain) : ...ça va être le thème de la campagne électorale? C'est ce qu'on vient de positionner ce matin, là? On est en campagne, là.

Mme Anglade : Pour moi, là, ce qui s'est passé aujourd'hui, là, ça n'a rien à voir avec la langue. Ça a tout à voir avec la politique de division que fait le premier ministre sur plusieurs fronts.

Mme Gamache (Valérie) : Mme Anglade, le climat est tendu, on le sent, là, au salon bleu. Est-ce que c'est la fatigue pandémique ou c'est le marathon en vue de l'élection, en vue de la campagne électorale, à votre avis?

Mme Anglade : Je pense que c'est une première semaine de retour en Chambre, avec, évidemment, énormément de confusion. Mais cette confusion-là, qui est générée par le gouvernement, entraîne une grande division. C'est ça qui divise les Québécois. Et, aujourd'hui, le premier ministre en a rajouté une couche.

M. Laforest (Alain) : Simon Jolin-Barrette vous a dit, ce matin, vous a crié, d'un côté à l'autre de la Chambre...

M. Fortin : Le contexte ici, là, il importe peu. Que le premier ministre soit fatigué par la pandémie, qu'il y ait des tensions au salon bleu, tout ça, c'est normal. Mais ce n'est pas une excuse pour dire à des Québécois qu'ils ne sont pas Québécois. Ces propos-là vont au-delà de la fatigue, de la tension. Il n'y a aucune excuse pour tenir des propos comme ceux-là, peu importe le contexte.

M. Laforest (Alain) : Je veux juste savoir, parce que Simon Jolin-Barrette vous a dit : Votre prise de position sur Dawson, votre prise de position sur les juges — vous avez dû l'entendre — c'est pour sauver vos comtés de Montréal. C'est ça qu'il vous a crié.

Mme Anglade : Simon Jolin-Barrette, on va commencer par dire la chose suivante : François Legault encourage la politique de division, et, à l'image de cette politique-là, on voit ce que fait le ministre de la Justice. C'est un récidiviste. Ça fait trois fois qu'il se fait reprendre avec ses enjeux avec la cour. C'est véritablement ça, l'enjeu. Donc, ça n'a rien à voir avec nous. Ça a à voir avec lui et la juge, ça a à voir avec lui et les tribunaux.

M. Bossé (Olivier) : Qu'est-ce que vous pensez de l'arbitrage de M. Paradis, du président, qui est effectivement un caquiste, là? Je veux dire, ce n'est pas...

M. Fortin :Oui, mais, quand il est dans cette chaise-là, il est neutre, et c'est ça, son rôle. Alors, de souligner, même, le fait qu'il soit caquiste, c'est un enjeu pour nos travaux.

Cependant, pour aujourd'hui, le président nous a demandé de s'en tenir à certaines remarques, ce qu'on a fait. Ça n'empêche pas le fait qu'on a pu revenir, à la fin de la période de questions, de le faire de façon plus posée, de le faire de façon plus réfléchie.

Mais l'arbitrage du président n'est pas en question aujourd'hui. C'est le jugement du premier ministre et son respect envers l'ensemble des Québécois.

M. Laforest (Alain) : Mais le leader du gouvernement a remis en question, là, son autorité, là, d'emblée, là.

M. Fortin :C'est son choix. Ça se produit rarement. Alors, c'est à lui à dire, aujourd'hui, s'il a encore confiance au président. Mais, pour nous, la question, aujourd'hui, la question fondamentale, ce n'est pas celle du jugement du président, c'est celle du respect du premier ministre envers tous les Québécois.

M. Laforest (Alain) : Il a encore votre confiance, M. Paradis? Le dernier à qui c'est arrivé, là, c'est Yvon Vallières.

M. Fortin :Ce n'est pas un enjeu pour nous, là. Le président a notre confiance.

M. Larin (Vincent) : Vous pensez que ça mobilise, ce thème-là? Je veux dire, là, vous faites une sortie pour venir dénoncer ça. Je veux dire, les propos du premier ministre, visiblement, lui, il trouvait ça drôle, là, c'était fait à la blague, dans le salon bleu, à micro fermé. Puis vous, vous prenez ça à bras le corps.

M. Fortin :De dire les choses comme il l'a dit, là, c'est indécent. De trouver ça drôle, comme vous le soulignez, c'est impensable. Sa job de base, celle pour laquelle il a appliqué il y a quatre ans, puis celle pour laquelle il applique encore cette année, c'est de représenter tous les Québécois. Puis là il est en train de dire à beaucoup de gens qui ne se reconnaissent pas dans l'idéologie caquiste qu'ils ne sont pas Québécois? C'est irréconciliable avec la fonction qu'il occupe et celle qu'il veut occuper.

M. Bossé (Olivier) : Qu'est-ce que vous pensez du fait que ça a été dit hors micro?

Mme Anglade : Je vais réagir à la question d'abord, puis, après ça, je vais répondre à votre question. Mais, pour moi, simplement rappeler que ça fait deux ans qu'on est en pandémie, ça fait deux ans que les gens sont fatigués, qu'ils sont tannés, qu'ils veulent passer à autre chose. La dernière chose dont on a besoin, c'est de la division. Et c'est ce que nous a démontré la CAQ et François Legault toute la semaine, les mois précédents également, mais toute la semaine. Et ça, c'est ça qui est épuisant à la fin, parce que ce qu'on a besoin de faire, c'est de rassembler, pas de diviser.

À votre question, savoir si ça a été dit au micro...

M. Bossé (Olivier) : ...ça a été dit hors micro.

Mme Anglade : Que ce soit dit hors micro ou pas, pour moi, n'a pas d'importance. Les propos ont été tenus par François Legault, qui est premier ministre du Québec, et ils sont totalement inacceptables.

M. Larin (Vincent) : Pensez-vous qu'il les redirait à micro ouvert?

M. Fortin :C'est un heureux adon pour François Legault que ces propos-là ont été tenus hors micro parce que, si tout le monde pouvait voir François Legault, devant une caméra, dire ce qu'il a dit en chambre, loin de la caméra, il y a beaucoup de gens qui seraient scandalisés de ça. De dire aux Québécois qu'ils sont moins Québécois, qu'ils ne sont pas Québécois, ça ne se fait pas de la part d'un premier ministre. Au micro, hors micro, au salon bleu, à l'extérieur, dans son comté, dans sa maison, n'importe où, ça ne se fait pas de la part d'un premier ministre, de la part de n'importe quel élu, d'ailleurs.

M. Lacroix (Louis) : Alors, c'est quoi, la suite?

Mme Anglade : Comme le mentionnait le leader, la suite, c'est une demande d'excuses du premier ministre.

M. Lacroix (Louis) : Puis, s'il ne s'excuse pas, c'est quoi, la suite?

Mme Anglade : Encore une fois, j'estime que le premier ministre devrait s'excuser, devant tous les Québécois, pour les propos qu'il a tenus.

M. Lacroix (Louis) : Mais, s'il ne s'excuse pas, c'est quoi, la suite?

Mme Anglade : Les Québécois jugeront. Est-ce que tu veux...

M. Fortin :Bien, les Québécois pourront juger de son propos. Les Québécois pourront juger du propos de François Legault. Ils pourront juger s'il refuse de s'excuser. Ils pourront juger à savoir si c'est un propos acceptable de la part d'un premier ministre.

Moi, je vous le dis, aujourd'hui, je ne connais pas beaucoup de Québécois qui pensent que c'est un propos qui est acceptable de dire que, si on n'est pas caquiste, on n'est pas Québécois. Alors, les Québécois ont l'occasion, cette année, en 2022, de se prononcer sur l'ensemble de l'oeuvre du premier ministre, mais sur des propos comme ceux-là aussi.

Le Modérateur : On va passer en anglais.

Mme Senay (Cathy) : Mrs. Anglade, the fact that Mr. Legault, basically, answered one of your question in saying «Liberals» in English, during question period, what do you think Quebeckers that are not fully Francophones feel when you have a premier not taking seriously the fact that they need a judge to understand them, and this is a right?

Mme Anglade : I feel the Quebeckers feel divided. And, after two years of being in this pandemic, I think it's the last thing we want. This politic of division is totally unacceptable, and today it's another step, another line that was crossed by François Legault. For him, to say that if, you're not a Caquiste, you're not a Quebecker, this is totally unacceptable, and this is not what you would expect from a premier at all. And honestly, I can't believe that we want four more years of this.

Mme Senay (Cathy) : If the Premier doesn't recognize that he made a faux pas, during question period, I mean, how can you reach the attention of Quebeckers to shake them up and say : What happened there is unacceptable?

Mme Anglade : I believe a lot of Quebeckers are going to make their own judgment. I believe the Premier should definitely apologize. But people will realize... Again, politic of division, we've seen it again, and again, and again. It's a whole different level today that was reached by Premier François Legault.

M. Authier (Philip) : ...the Dawson incident, I think Mr. Birnbaum has addressed the question of the Associate Deputy Minister that was named for the English school system who has no education experience. We've seen a number of incidents in which you see the tone of the Government towards the English-speaking community has changed a lot. How to do you interpret that? And why is it... The reason you're speaking out today, is it because it's gone overboard? I mean, there's been a series, this has been growing over the last few weeks, but today you're reacting.

Mme Anglade : So, I'll let André speak a few minutes, but, first, I'll say the following. These are not incidents, this a deliberate approach to divide Quebeckers. The Dawson project is a project that was not only approved by the Government, it was sped up in the Bill 66, and they decided to remove it. There are no coincidences, this is deliberate act to divide Quebeckers.

M. Authier (Philip) : For electional reasons, I assume? Sorry, Mr. Fortin.

M. Fortin : Maybe just because the incident, I'll call it «incident» but that's a nice way to say it, happened off-camera... Here's what happened. The leader of the official opposition had a slip of the tongue and called the Speaker «Mr. Québécois», and François Legault's reaction was to say to everybody there : Of course, he's a Caquiste, of course, he's Québécois, he's Caquiste. What he's basically saying here is, if you're not Caquiste, you're not Québécois. He's telling everybody, in that Assembly, that we are not Québécois, that we are lesser Québécois than he is. He's telling everybody out there, everybody who supports the Liberal Party, everybody who supports Québec solidaire, the PQ, or any other political formation, or has no political affiliation whatsoever, that they're not Québécois because they don't support his party, they don't support the CAQ.

That is way beyond what any past leader of this province would have even conceived saying. It is something that, if I heard in my daily life, you would call it out. Anybody would call that out. For the Premier of the Province of Québec, to say that one Quebecker is lesser than the other because they don't have a political affiliation, they don't have his political affiliation, is beyond the bonds of what's acceptable.

He needs to apologize, but he also needs to take a serious look in the mirror and to decide if that's how he wants to govern this province, by nonstop division. And what we saw today and the reason we're calling it out today is because what happened today is the ultimate act of division. You can't divide any more than that. By saying to a majority of the province that they are not Quebeckers because they are not affiliated with this Coalition avenir Québec is almost an unforgivable faux pas for our Premier, and he has a long way to go to regain a lot of people's trust after that. He's lucky that was done off-mic and off-camera.

M. Authier (Philip) : The fact that he used the term «Libéral», speaking French, speaking with an English accent, is he trying to portray... Maybe Mme Anglade can answer too. Is he trying to portray the Liberals as the «parti des anglais»?

M. Fortin : The issue today is not how he's trying to portray the Liberals. The issue today is how he's portraying every Quebecker who doesn't support him, that's the issue. Would you ever have imagined René Lévesque, Lucien Bouchard or any other Premier of Québec say that you're not a Quebecker because you don't support their political party? I can't think of a single premier that would have that ideology and that would say it out loud. That's the issue today, it's not how he's trying to portray the Liberal Party, or Québec solidaire or anybody else. The issue today is what he's saying to Quebeckers and how he feels about who is a Quebecker and who is not.

There have been great leaders of this province who said : If you feel like a Quebecker, if you want to be a Quebecker, you're a Quebecker. That still holds truth today in my book. In his book, if you don't support his political party, you're not a Quebecker. I'm sorry, that doesn't fly.

Mme Senay (Cathy) : The epicenter of the debate was linguistic matters with judges, bilingualism and Dawson being rejected as a project. And then, part of the strategy of the Premier was to give you the label «Liberals», of being Anglophone. Is it good for you or you want to get out of this?

M. Fortin : You know what we did today? We supported equity for the students at Dawson College. That's it, it didn't go any further than that, we supported equity so that they would have the same norms as everybody else. The Premier would have used any possible issue to divide Quebeckers. And today he went above and beyond what is acceptable. He needs to apologize, not to us, he needs to apologize to the Quebeckers that he offended today.

M. Lacroix (Louis) : Juste une petite dernière, M. Fortin, parce que vous avez dit, tout à l'heure... Tu sais, il y a un climat, là, qui s'est installé. Vous reprochez à M. Legault de faire des commentaires hors caméra alors qu'il n'a pas la parole, qu'il est assis. Mais le député de Nelligan puis le député de D'Arcy-McGee sont assez vocaux pendant la période de questions aussi. Est-ce que vous allez leur demander de se calmer?

M. Fortin :Il y a une différence entre être vocal puis dire ce que le premier ministre a dit aujourd'hui. Il y a une grosse différence entre dire : Je ne suis pas d'accord, entre dire : Ça ne marche pas, ce que vous dites, ça ne fait pas de sens, puis entre dire que vous n'êtes pas Québécois parce que vous n'êtes pas caquiste. Il y a une immense différence.

Il y a une personne qui doit s'excuser aujourd'hui, il y a une personne qui doit se regarder dans le miroir, il y a une personne qui doit regarder les Québécois puis leur dire : Je suis allé bien, bien, bien que trop loin.

Le Modérateur : Merci beaucoup.

(Fin à 11 h 48)