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Point de presse de M. Gabriel Nadeau-Dubois, chef du deuxième groupe d’opposition

Version finale

Wednesday, March 30, 2022, 8 h 20

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Huit heures vingt-neuf minutes)

M. Nadeau-Dubois : Bonjour. Content d'être de retour à l'Assemblée nationale, je me suis absenté pendant à peu près un mois. Je trouve qu'en un mois, il y a beaucoup de choses qui ont changé, ici, beaucoup de choses qui ont évolué en politique québécoise. Quand j'ai quitté l'Assemblée, il y a un mois, François Legault faisait des pieds et des mains pour se créer une image verte. Eh bien, aujourd'hui, on a une opération de sabotage en règle contre un projet de transport en commun tellement important pour la Capitale-Nationale, une opération de sabotage en règle du tramway. Je reviens ici, à l'Assemblée nationale, et on parle de privé en santé, de privatisation de la santé, on parle de privatisation du logement social et on envoie des chèques de 500 $ à des familles qui font 200 000 $ par année. De toute évidence, il y a un vent de droite qui souffle sur le Québec, et ça souffle, ce vent-là, aussi dans les voiles de François Legault. Pourtant, pendant la pandémie, François Legault utilisait le mot «solidarité» à peu près toutes les deux phrases. Les choses ont bien changé depuis.

À l'approche des élections, à quelques mois des élections, moi, ce que je constate, c'est que François Legault tourne à droite. Ça m'inquiète. Je ne pense pas que c'est le Québec dans lequel les familles du Québec veulent vivre, je ne pense pas que c'est de ce Québec-là dont on est fiers. Mais en même temps, je regarde cette situation-là puis ça me motive. Ça me motive parce qu'à Québec solidaire on est en train de construire une équipe exceptionnelle, une équipe redoutable, pour faire face à cette montée de la droite au Québec. Vous avez vu, comme moi, les différentes candidatures qui se sont annoncées récemment, il y en a d'autres qui s'en viennent. Et donc, ce qu'on peut dire, c'est qu'à quelques mois des élections au Québec, les choses n'ont jamais été aussi claires. Il y a une équipe qui est en mesure de faire face à cette montée de la droite, puis c'est l'équipe de Québec solidaire.

M. Laforest (Alain) : Ça fait que Duhaime vous fait peur?

M. Nadeau-Dubois : Pardon?

M. Laforest (Alain) : Duhaime vous fait peur?

M. Nadeau-Dubois : Ce que je constate, c'est que la droite est en montée au Québec comme ailleurs. C'est vrai au Canada, on l'a vu dans les derniers mois, on le voit aux États-Unis, on le voit en Europe, il y a un vent de droite qui souffle. Le Québec n'est pas épargné et François Legault se fait influencer par cette montée de la droite. Ce n'est pas pour rien qu'on entend parler de privé en santé puis ce n'est pas pour rien que, tout d'un coup, on a tous les gros canons de la CAQ, dans la région de Québec, qui sortent pour saboter un projet de transport en commun. On est en pleine crise climatique, là, ce n'est pas rien.

Mme Plante (Caroline) : ...c'est de la droite ou c'est de l'électoralisme?

M. Nadeau-Dubois : Pardon?

Mme Plante (Caroline) : Est-ce que c'est de la droite, vraiment, ou c'est de l'électoralisme?

M. Nadeau-Dubois : Bien, saboter un projet de transport en commun que réclame pourtant toute une région depuis des années, là, c'est irresponsable sur le plan climatique et c'est l'agenda politique de la droite.

M. Lacroix (Louis) : Mais comment vous l'expliquez, cette montée de la droite là, M. Nadeau-Dubois? Qu'est-ce qui amène ça? Vous avez parlé... Parce que, là, ça dépasse — selon ce que vous dites, là, si j'analyse ce que vous dites, là — ça dépasse le simple contexte de Québec électoral où il y a une montée de la droite, là, parce que vous l'étendez à la grandeur de l'Amérique, là, voire, du monde, là. Alors, qu'est-ce qui explique, dans notre société, en ce moment, qu'il y a cette montée de la droite, à votre avis?

M. Nadeau-Dubois : Je pense que la pandémie a épuisé les gens, la pandémie a inquiété les gens, la pandémie a déstabilisé le quotidien d'à peu près tout le monde, à peu près toutes les familles. Puis dans ces moments-là, ça peut être tentant de se replier sur l'individualisme, de se replier sur le chacun pour soi. Moi, ce que j'ai envie de dire aux gens qui sont peut-être tentés par ces idées-là, c'est que si on a traversé la pandémie, si on y est arrivés pas trop amochés, c'est à cause de la solidarité, c'est parce qu'on s'est tenus ensemble, et que la pire chose à faire au sortir de la pandémie, ce serait d'abandonner la solidarité puis de se lancer dans l'individualisme. Ce qu'il faut faire, c'est le contraire.

M. Gagnon (Marc-André) : ...les Québécois se sont désolidarisés?

M. Nadeau-Dubois : La question de M. Lacroix portait sur le contexte général et je dis, de manière générale, à travers... on le voit au Québec, au Canada, aux États-Unis, on voit cette montée de la droite là, on la sent, elle se mesure de plein de manières différentes. Puis ce que je dis, c'est... On me demandait pourquoi ça arrive. Une de mes hypothèses, une des raisons que je pense qui peut expliquer ça, c'est le fait que, quand il y a des chocs comme une pandémie, bien, ça déstabilise le quotidien des gens. Puis, dans ces moments-là, ça peut être tentant de se replier sur le chacun pour soi pour protéger ce qu'on a, dans le fond. Moi, j'ai envie d'avoir un message d'espoir, j'ai envie d'avoir un message positif. Puis c'est ce qu'on va faire à Québec solidaire, dire à ces gens-là : On sait que ça a été difficile, les deux dernières années, là, on sait que ça a été tough, mais là, ce n'est pas le temps de se lâcher, ce n'est pas le temps de se diviser, ce n'est pas le temps de se battre les uns contre les autres, c'est le temps d'être encore plus solidaires qu'on l'a été durant la pandémie.

M. Lacroix (Louis) : Mais ça peut mener à quoi, cette perte de solidarité, ultimement? Quel est le danger de la droite, dans notre société, à votre avis?

M. Nadeau-Dubois : Vous me posez des questions profondes ce matin.

M. Lacroix (Louis) : Bien, vous avez amorcé une réflexion sur la montée de la droite.

M. Nadeau-Dubois : Oui, oui. Tout à fait, tout à fait, je ne vous le reproche pas. Qu'est-ce que ça peut amener... Pouvez-vous me répéter ça?

M. Lacroix (Louis) : Qu'est-ce que ça peut amener comme risques, pour notre société, la montée de la droite? Ça peut aller jusqu'où, là, ultimement? Pourquoi il faut éviter ça à tout prix?

M. Nadeau-Dubois : Bien, parce que je pense qu'une des raisons pour lesquelles on est fiers, au Québec, là, c'est qu'on s'est donnés des institutions, des programmes, des services publics qui nous permettent d'avoir une meilleure qualité de vie. Puis c'est ça qui peut être mis en danger par une montée de la droite, c'est tout ce qu'on s'est donné collectivement pour favoriser la conciliation travail-famille, pour s'occuper de l'environnement, pour s'assurer que tout le monde a accès aux soins de santé, que tout le monde a accès à l'éducation, peu importe l'épaisseur de son portefeuille. Puis ce que la droite nous dit, c'est que ça coûte trop cher, ces affaires-là, puis que ça ne sert à rien. Puis à Québec solidaire, on est d'accord que le modèle québécois, il n'est pas parfait, il a besoin d'une rénovation en profondeur, mais abandonner nos valeurs de justice sociale, abandonner la solidarité puis se lancer dans l'individualisme, c'est la pire des solutions.

M. Robillard (Alexandre) : Est-ce que le Parti conservateur menace Québec solidaire?

M. Nadeau-Dubois : Pas plus que les autres partis politiques, non.

M. Robillard (Alexandre) : Pourquoi ça ne vous menace pas plus que les autres?

M. Nadeau-Dubois : Bien, parce que... J'ai envie de vous renvoyer la question : Pourquoi ça nous menacerait plus que les autres?

M. Robillard (Alexandre) : Bien non, mais moi, je vous renverrais la question, là.

Des voix : ...

M. Robillard (Alexandre) : Non, mais, excusez-moi, M. Nadeau-Dubois est en train de répondre. Donc, allez-y. Donc, pourquoi?

M. Nadeau-Dubois : Non, moi, je ne sens pas de menace particulière de la part du Parti conservateur du Québec. Je pense qu'il y a maintenant... Tu sais, il y a quatre ou cinq partis qui vont se présenter aux prochaines élections au Québec. Les électeurs, là, vont faire leur choix. Je ne nous sens pas plus menacés par le Parti conservateur que par...

M. Robillard (Alexandre) : Mais pourquoi? Qu'est-ce qui vous distingue des autres face au Parti conservateur?

M. Nadeau-Dubois : Qu'est-ce qui nous distingue des...

M. Robillard (Alexandre) : Oui, vous dites : On ne se sent pas plus menacés que les autres.

M. Nadeau-Dubois : Non, c'est ça. Moi, je pense que chaque parti va faire valoir son projet de société, chaque parti va faire valoir son programme, et il y a des différences importantes entre les différents projets de société qui vont être présentés aux Québécois. Puis, tu sais, moi, quand je vois un parti avec des candidats antiavortement, avec des candidats climatosceptiques, un parti propétrole, c'est, de toute évidence, un parti qui propose un projet de société complètement, mais complètement différent de celui de Québec solidaire.

M. Robillard (Alexandre) : ...vous expliquez le fait que vous avez, en tout cas, au moins une ancienne candidate, là, qui s'est ralliée à M. Duhaime?

M. Nadeau-Dubois : Très ancienne candidate, que je ne connaissais pas, elle était à Québec solidaire avant que j'y arrive. Donc, je m'explique mal sa trajectoire puis je ne connais pas la personne personnellement.

M. Bossé (Olivier) : ...retour hâtif, M. Nadeau-Dubois?

M. Nadeau-Dubois : Hâtif? Ce qui explique le retour hâtif, c'est la naissance hâtive, parce que j'avais prévu de prendre quatre semaines de congé parental, et l'accouchement était prévu pour la mi-mars. Le bébé nous a surpris, il était pressé, il retient de son père un peu, je pense. Donc, j'ai pris quatre semaines, mais ça a commencé plus tôt, donc je suis de retour un peu plus tôt.

M. Laforest (Alain) : Parlant de pétrole, qu'est-ce que vous pensez de la poursuite qui a été engagée par une pétrolière à l'endroit de votre co-porte-parole? Comment vous allez vous gouverner là-dedans?

M. Nadeau-Dubois : Oui, bien, d'abord, je veux être très clair, Québec solidaire ne se rétractera pas. C'est hors de question. Puis, moi, j'ai un message très clair, ce matin, là : Jamais Québec solidaire ne va arrêter de jouer le rôle, qui est le sien en politique québécoise, celui d'être le chien de garde de l'influence de l'argent en politique. Depuis qu'Amir Khadir a mis le pied à l'Assemblée nationale, c'est ce que Québec solidaire fait, et on va continuer à jouer ce rôle sans relâche. Il n'est pas question qu'on se fasse intimider par une entreprise pétrolière qui n'aime pas les propos qu'on tient.

M. Bossé (Olivier) : L'Université Laval qui réserve une chaire de recherche pour des minorités, des femmes, des autochtones, donc qui exclut les hommes blancs, est-ce que vous êtes d'accord?

M. Nadeau-Dubois : Nous, à la dernière campagne électorale, ce n'est pas ce qu'on proposait. Je pense, c'est important d'avoir des cibles de représentation de la diversité puis des minorités dans les institutions publiques. C'est important que ces cibles-là soient contraignantes, mais il y a des manières plus progressives d'atteindre ces cibles-là, puis nous, c'est ce qu'on proposait, à Québec solidaire. Nous, c'était une embauche sur quatre jusqu'à l'atteinte de la cible pour l'organisme en question, donc, c'est important d'avoir des cibles. C'est important que nos institutions soient plus représentatives de la société, mais notre manière d'y arriver, notre proposition pour arriver à cette représentativité-là, c'est une manière plus progressive.

M. Laforest (Alain) : On ne parle pas de ça, là, on parle de l'Université Laval. Vous en pensez quoi, de cette offre d'emploi là? C'est correct, pas correct, acceptable?

M. Nadeau-Dubois : Ce que je dis, c'est que sur l'objectif d'avoir des institutions plus représentatives, je pense que c'est absolument essentiel. Sur les moyens pour arriver à cette représentation-là, nous, l'approche qu'on préfère, c'est une approche plus progressive, comme en témoignent les propositions qu'on a faites lors de la dernière campagne électorale.

M. Gagnon (Marc-André) : Donc, l'approche de l'Université Laval, ce n'est pas la bonne?

M. Nadeau-Dubois : Nous, on préfère une approche plus progressive où on fait...

M. Gagnon (Marc-André) : Non, on vous questionne sur l'approche de l'Université Laval.

M. Nadeau-Dubois : Oui, je vous dis que, nous, on préfère une approche plus progressive.

Une voix : Donc, ce n'est pas la bonne.

M. Nadeau-Dubois : Selon nous, une approche plus progressive est préférable, c'est-à-dire, nous, ce qu'on proposait, là, c'est une embauche sur quatre jusqu'à l'atteinte de l'objectif de représentation dans l'organisme en question. C'est...

M. Gagnon (Marc-André) : ...vous ne voulez pas condamner l'approche de l'Université Laval dans ce dossier-là.

M. Nadeau-Dubois : Nous, on a une approche différente de celle-là, et nous, on pense que, la bonne approche, c'est une approche plus progressive que celle de l'Université Laval.

M. Gagnon (Marc-André) : Juste revenir brièvement sur le cas des conservateurs. Vous avez vu l'histoire de cette organisatrice au Bas-Saint-Laurent, elle a été arrêtée par la police parce qu'elle embourbait le système de prise de rendez-vous pour la vaccination. Vous pensez quoi du fait qu'Éric Duhaime s'entoure de gens comme ça?

M. Nadeau-Dubois : Bien, c'est des accusations qui sont graves, c'est des gestes qui sont graves, là, embourber volontairement le système de santé en pleine pandémie. C'est épouvantable, ça manque beaucoup de compassion, je trouve. Puis moi, ça m'inquiète que des gens comme ça tournent autour de gens qui aspirent à gouverner le Québec.

Mme Plante (Caroline) : On voit que la COVID est entrée au Parlement. Est-ce que ça complique les travaux, alors qu'on est pratiquement en fin de session, en fin de législature?

M. Nadeau-Dubois : Oui. Je viens d'arriver, je vais prendre le temps de constater comment se déroulent les travaux à l'Assemblée avec la nouvelle réalité, les 125 députés. En même temps, une résurgence des cas de COVID, c'est sûr que ça m'inquiète. Moi-même, je n'ai, ces temps-ci — c'est le moins qu'on puisse dire — pas du tout envie de ramener le virus à la maison. Donc, oui, j'ai une certaine inquiétude. Puis j'espère que tous les députés vont être prudents puis qu'on va être capable de continuer à travailler ici, à l'Assemblée, en toute sécurité.

Mme Plante (Caroline) : Les 120 heures de crédits budgétaires, là, qui ont été annoncés hier, est-ce que c'est suffisant? Parce que, peut-être que je me trompe, mais d'habitude, c'est 200 heures. Est-ce que, sur le 120 heures, là, est-ce que ça va être suffisant, là, pour l'étude des crédits?

M. Nadeau-Dubois : Ce sont des dispositions qui ont été négociées dans les dernières semaines, en mon absence, et par ma collègue Christine, donc je vais vous référer à elle pour cette question-là. Je ne suis pas certain d'être au courant des tout derniers développements.

M. Lacroix (Louis) : Si les Sénateurs décidaient de venir jouer cinq matchs à Québec, ça ferait probablement plaisir aux fans, mais est-ce que ce serait acceptable que le gouvernement du Québec, par exemple, fasse une espèce de garantie pour qu'il n'y ait pas de, comment dire, de déficits reliés à ça? Est-ce qu'on devrait s'impliquer financièrement, en d'autres termes, là-dedans?

M. Nadeau-Dubois : Moi, je suis un grand fan de sport professionnel, mais je pense que ce sont des activités privées qui devraient être financées par de l'argent privé. On est dans une situation où on a un système de santé à reconstruire, où il faut s'occuper de l'environnement, où il faut s'occuper des aînés. Je pense que c'est à ça que doit servir l'argent public, pas à soutenir des entreprises privées, qui sont, par ailleurs, très profitables.

M. Lecavalier (Charles) : Est-ce qu'il y a l'émergence d'un parti pour la défense des droits des anglophones, particulièrement à Montréal? Ça serait un allié objectif pour Québec Solidaire qui veut faire des percées, là, par exemple Verdun. Est-ce que vous voyez ça comme une bonne nouvelle pour vous?

M. Nadeau-Dubois : Il y a toujours eu, autour de certains lobbys anglophones, une frange très radicale qui a toujours été contre toute forme, à peu près, de protection de la langue française au Québec. Ces voix-là ont toujours existé. Moi, je pense que ce n'est pas des gens qui sont représentatifs de la communauté anglophone du Québec, pas celle que je connais, pas celle que je rencontre où, maintenant, je pense, une bonne partie des anglophones au Québec reconnaissent tout à fait que c'est légitime puis normal de protéger le français au Québec et que ce n'est en rien une marque d'hostilité envers les anglophones. Ça fait que, pour moi, ce sont des... Selon moi, ce sont des voix marginales, puis je serais même bien surpris qu'un tel parti voit le jour puis connaisse un succès significatif.

M. Gagnon (Marc-André) : ...Mme Jennings, par exemple, pour vous, représente une... Ce n'est-ce pas la...

M. Nadeau-Dubois : Moi, je la connais peu, personnellement, mais ce que je sais, c'est que ce genre de discours là, ça a toujours existé. Je pense qu'on leur donne beaucoup d'attention, mais moi, quand je rencontre des anglophones, des Québécois qui parlent anglais, notamment des jeunes, c'est très, très rare qu'ils tiennent ce discours-là, très, très rare.

M. Gagnon (Marc-André) : Mais qu'est-ce que ça dit de la relation entre le Parti libéral et une partie de sa base électorale?

M. Nadeau-Dubois : Bien là, ça, je vais laisser Mme Anglade faire l'analyse de l'état de ses troupes, là. Bien, moi, je n'ai jamais été membre du Parti libéral. J'imagine, vous être surpris d'apprendre ça, je n'ai jamais été membre du Parti libéral, je ne le serai jamais, donc je ne suis jamais allé dans une instance, je ne connais pas leur base militante. Donc, je ne suis pas en mesure d'analyser.

M. Laforest (Alain) : ...bon pour la CAQ, vous voyez les mouvements dans les sondages.

M. Nadeau-Dubois : Bien, ce parti-là n'existe pas encore. On va attendre avant de faire des analyses politiques.

M. Gagnon (Marc-André) : ...dans les sondages chez les non-francophones, les libéraux ont reculé pas mal quand même, là.

M. Nadeau-Dubois : Oui, bien, je le constate comme vous puis c'est des choix stratégiques qui appartiennent aux libéraux. Je n'ai pas une grande opinion, une grande analyse à vous offrir, ce matin, là-dessus.

M. Desrosiers (Sébastien) :  ...de COVID, M. Nadeau-Dubois, les primes aux travailleurs de la santé qui devaient prendre fin à la mi-avril vont être maintenues, finalement, un mois de plus. Qu'est-ce que vous en pensez, c'est une bonne façon de fonctionner?

M. Nadeau-Dubois : Bien, tant mieux pour les gens qui bénéficient de ces primes-là, mais il faut rappeler, quand même, le cafouillage monumental qui a eu lieu au gouvernement de la CAQ quand est venu le temps de donner ces primes-là, d'une part, puis d'autre part, retenir les gens, puis ramener des gens, les travailleurs, travailleuses, dans le réseau de la santé, là, ça va prendre pas mal plus que des primes rafistolées sur un coin de table. Ça va prendre un changement de culture, ça va prendre un changement profond dans les relations entre le système de santé puis ses travailleurs, travailleuses, ça va prendre une révolution de respect, de compassion, puis de considération. Parce que depuis des décennies, les réformes libérales ont instauré une culture autoritaire, parfois même violente, envers les travailleurs, travailleuses de la santé. Puis cette approche, souvent, carrément inhumaine là, là, c'est de ça dont il faut se débarrasser pour ramener les gens puis retenir les gens dans notre système de santé. Des primes monétaires, c'est bien, personne ne va les refuser, mais le nœud du problème, c'est la culture organisationnelle, et là-dessus, le gouvernement de la CAQ n'a rien à proposer.

M. Laforest (Alain) : Ça fait que le plan Dubé...

M. Nadeau-Dubois : Bien, Christian Dubé, les Québécois, Québécoises commencent à le connaître, c'est un champion des bonnes intentions, mais c'est un plan qui n'a pas d'objectif chiffré, c'est un plan qui n'a pas d'échéancier clair. C'est un exercice de communication préélectoral et ce n'est, en aucun cas, une nouvelle vision pour notre système de santé, puis c'est de ça dont on a besoin.

Mme Senay (Cathy) : So, Mr. Nadeau-Dubois, the new party that Colin Standish wants to put in place, because there's so much frustration with Bill 96, you think that this is just a minority of angry Anglos?

M. Nadeau-Dubois : Well, what I… You know, we'll see if this party really gets started, we'll see, and we'll see who it will attract. But what I was saying is that I think there has always been a small portion of people, you know, in some very hardcore lobbies that have been against pretty much any protection of French in Québec. But what I want to put the emphasis on is the fact that, from what I see, it is a minority, a very small, small minority of people who think like that. When I meet young Anglophones, and I meet a lot of them in Montréal, where I live, they don't think that the Bill 101 is an attack against them, they understand that it's normal for a society like Québec society to protect its language, and they don't think it's an act of hostility towards them. And those people seem to think that anything to protect French language is an attack on the anglophone community. I think this is an old way to think about those issues and I think a lot of people, including inside the anglophone community, are ready to have that discussion in a more open and nuanced way.

Mme Senay (Cathy) : Just, because, if you read LaPresse's article this morning, Marlene Jennings, who's at the head of the Quebec Community Groups Network, is basically warning the Liberals about the seriousness of having a new political party that will represent better the interest of English Quebeckers. So, it's not just a small minority, and when you have the president of, like, the group, the QCGN, representing Anglophones, I think it's another level, don't you think?

M. Nadeau-Dubois : Honestly, it's probably a question for Mrs. Anglade. I mean, it's her that is being pointed by those declarations. The anglophone community I know, and the ones I meet with, do not talk to me about the fact that they think that, for example, Bill 101 is an attack against them. I don't think it's a largely held view inside English-speaking Quebeckers. That's not what I personally experienced.

Mme Senay (Cathy) : And one last thing, on another topic, COVID-19. Mr. Bonnardel could not do his consultations for his own bill this week because he has COVID-19, Premier Legault is not there, Geneviève Guilbault is not there, you have… Émilise is not there. So, how do you see this? You just... I know you're coming back, but you have not a lot of weeks left before the end of the session, and you have a newborn at home.

M. Nadeau-Dubois :You know, I think a lot of Quebeckers, right now, are worried about the number of cases going up. I am, too, a little bit worried. I don't like to see that, here, in the National Assembly. These days, I really don't want to bring back the virus at home, so, of course, I'm a little bit worried, but I trust all MNAs here to act accordingly, I trust them to respect the rules, and I trust the Public health to give us advices if we need to do some modifications to the way we work here.

M. Brennan (Andrew) : But are you concerned that, by having the virus potentially circulating in... keeping people out of the National Assembly, there's only 25, 26 days left for... not only just for question period, but also to be having committees meet. So, there's not a lot of time left through Bill 1, Bill... Bill 11, Bill 15, a lot of things that need to get done. Are you worried that we may be invoking closure on things that are very important to Quebeckers?

M. Nadeau-Dubois : It would be a huge, huge failure for the Coalition avenir Québec if they impose closure to end this session, and COVID-19 should not be used as an excuse to impose closure. I trust Public health authorities to give us the advice we need in order to fulfill our mandate, here, in the last weeks. To my knowledge, there has been no outbreak of COVID-19 inside the National Assembly since the beginning of the pandemic. That means the Assembly, as an institution and as a workplace, was able to organize things in order to prevent that. So, I trust we will be able to continue in that direction. But, yes, we have to stay... we have to be aware; we have to... How do you say «prudent»? I'm looking for that word since, like...

Une voix : Careful.

M. Nadeau-Dubois : Careful, so easy.

Une voix : ...

M. Nadeau-Dubois : Prudent, yes. So, we have to stay careful. I think that's the main thing to say.

M. Brennan (Andrew) : The other thing is, just looking at... as Cathy was eluding to with the nuances of the anglophone community, and you talk about the CAQ being pushed to the right. What do you see, heading into election, the major… What's the right word? This is where a French word would be better — the major gripes, maybe, that people are having? There's nuances amongst the anglophone community, but you also see that the CAQ will be to the right. What do you see in the portrait of the Québec electoral base, going into the election?

M. Nadeau-Dubois : There are two big crises in Québec today: the climate crisis and the cost of living crisis. I think the question for the next election has to be: Which party and which team is able to solve those crises and to help Quebeckers going through those two crises? I think, at Québec solidaire, we are building a team that can be an alternative to the Coalition avenir Québec, a progressive alternative to that Government that is being pushed to the right by the rise of conservative right in Québec and Canada. So, for me, those are the two main issues of the next election and, I think, at Québec solidaire, on those two issues, we have the best solutions and we have the best team.

Mme Henriquez (Gloria) : So, you mentioned that you don't meet a lot of Anglophones that feel threatened by the defense of French language. So, do you think this new party that could be coming up has no place, that it's not needed?

M. Nadeau-Dubois : I'm a hardcore democrat. So, I think that everyone who feels not represented by a party has the right to create a new party. Québec solidaire was founded by people who did not feel represented by traditional political parties. So, it's not my job to say : You should not create a new party. If people feel they need one, they have the right, in a democracy, to do so. But what I think is that we are at a point, in the history of Québec, where we are able to debate about language and French in Québec without going back into old, very tense wars, and old divisions, an old way of seeing the protection of French in Québec as a threat to the anglophone community. It is not a threat to the anglophone community, and, I think, a large portion of English-speaking Quebeckers think that way. They are ready to move forward to fight side to side with Francophones against climate change, they are ready to fight side by side with Francophones for a more just society. They are not held up in the conflicts of the past.

Mme Henriquez (Gloria) : Such a party, then, would create more division in our society?

M. Nadeau-Dubois : Once again, I think, if some people feel they need a new party, they can create one, it's their right, it's not my job to tell them it's a bad idea. But I think that, at Québec solidaire, we have a modern, a nuanced way to intervene in the debate about French and English in Québec. I think we are a party that is very clear on the importance of protecting French, without it being an attack to the historic and important rights of English-speaking Quebeckers.

Mme Henriquez (Gloria) : I have to ask you… of a phantom trial that took place, the leaders of media, of news rooms across Québec wrote a letter saying… asking for an intervention, for a review, an in-depth review of the justice system because it erodes public confidence. What do you think of that?

M. Nadeau-Dubois : I support them. I support them 100%. Justice has to be public, it's one of the pillars of our democracy, of our society, of right, of law. And yes, I support them. I think it's important for citizens to know what is going on inside our justice system. There are some exceptions that can be acceptable in very specific circumstances, but total obscurity should not be acceptable.

Merci.

(Fin à 8 h 50)

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