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Point de presse de M. François Legault, premier ministre

Version finale

Tuesday, April 5, 2022, 13 h 47

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Treize heures quarante-sept minutes)

M. Legault : Bonjour, tout le monde!

La Modératrice : M. Legault, faites-vous une allocution en premier?

M. Legault : Non.

Journaliste : Est-ce que vous trouvez ça normal… (Panne de son) …la ministre Blais et son cabinet ne vous aient pas informé d'un courriel avec la mention urgente dans un CHSLD?

M. Legault : Bon, d'abord, là, c'est important de dire que ce courriel-là du 30 mars, ce n'est pas rien de nouveau, là, c'est un courriel qui a été déposé à la coroner et qui était accessible à tout le monde, donc il n'y a absolument rien de nouveau là-dedans.

Qu'est-ce qu'on disait dans le courriel du 30 mars? On disait : Le CIUSSS de l'Ouest de l'Île prend en charge la situation dans le CHSLD Herron. C'est ce qu'on dit dans le courriel, donc c'était rassurant. Sincèrement, là, est-ce qu'il y a quelqu'un ici qui pense que, si Danielle McCann, Marguerite Blais ou moi, on avait été au courant de ce qui se passait de terrible dans le CHSLD Herron, on n'aurait rien fait? Écoutez, l'information qu'on avait, le 30 mars, c'était que le CIUSSS s'en occupait.

Mme Prince (Véronique) : Mais est-ce que vous auriez voulu qu'on vous tienne au courant, avoir su?

M. Legault : Bien, écoutez, c'est certain que, moi, je veux toujours être au courant. À l'époque, rappelons-nous, par contre, qu'il y en avait beaucoup d'informations, là, à l'époque. Il y avait 10 000 employés qui étaient manquants, 10 000. On est allés chercher des gens avec Je contribue et 1 000 personnes de l'armée, donc, quand même.

M. Lacroix (Louis) : Mais qui n'a pas fait son travail, M. Legault? Est-ce que c'est le CIUSSS? Parce que, tu sais, vous dites, tout à l'heure : Bon, bien, le CIUSSS… nous autres, on se fait dire que le CIUSSS de l'Ouest-de-l'Île-de-Montréal a le dossier en main, alors on est confiants. Est-ce que le CIUSSS a fait son travail?

M. Legault : Bien, d'abord, on va voir ça dans le rapport de la coroner, quand il va être déposé, le rapport final. Deuxièmement, il faut comprendre que, depuis plusieurs années, là, ça n'a pas commencé avec le gouvernement de la CAQ, il y avait moins d'attention d'apportée par les CISSS et les CIUSSS aux CHSLD privés non conventionnés, ce qui est le cas de Herron. Donc, il faut quand même, là, se rappeler de ça. Depuis ce temps-là, notre gouvernement a changé la situation, puis maintenant on exige des CISSS puis des CIUSSS d'inspecter, de suivre de près la situation, même dans les CHSLD privés.

M. Bossé (Olivier) : Est-ce qu'il faut comprendre que vous allez procéder à un vote, parmi vos ministres, pour le projet de tramway. Hier, vous avez dit : Je vais voter pour ça. C'était une façon de parler ou...

M. Legault : Bien, c'est une façon de parler, c'est que ça fonctionne par consensus. Ça m'arrive de changer d'idée. Il faut que les ministres soient convaincants, mais les décisions se prennent par consensus. Et moi, je vais recommander, demain, qu'on donne les décrets à la ville de Québec.

M. Lecavalier (Charles) : Est-ce que vous avez changé d'idée sur l'enjeu de la rue partagée?

M. Legault : Écoutez, l'aménagement puis le détail du tramway de Québec, là, c'est la responsabilité de la ville de Québec. Nous, notre responsabilité, puis la responsabilité de nos députés à Québec, c'est d'écouter les citoyens. Puis c'est pour ça que ce qu'on va demander au maire de Québec, c'est tout simplement de s'assurer qu'il y a une acceptabilité sociale. Est-ce quelqu'un peut être contre ça, s'assurer qu'un projet aussi important de la ville de Québec soit appuyé par la population?

Journaliste : Comment il doit la mesurer, l'acceptabilité sociale?

M. Legault : Ce sera au maire de Québec à décider comment il fait ça.

M. Carabin (François) : Donc, un référendum mandaté par le gouvernement du Québec, ça, c'est…

M. Legault : Ce n'est pas le gouvernement du Québec qui va s'occuper de ça, c'est la ville de Québec

M. Gagnon (Marc-André) : Mais il faut que la ville en fasse un, référendum… être clair, là.

M. Legault : C'est à la ville de Québec de décider comment ils s'assurent d'avoir un appui de la population. Je pense que le maire, là... Puis, quand j'ai rencontré Bruno Marchand, il m'a dit : Moi, je veux d'abord travailler pour mes citoyens, que ce soit le tramway de Québec, que ce soit le troisième lien, ce que je veux, c'est de répondre à ce que souhaitent mes citoyens. Il y a bien des façons, là. Puis je pense que les conseillers du maire sont sur le terrain. Je pense qu'il y a bien des façons de s'assurer qu'il y a un appui.

M. Gagnon (Marc-André) : Mais leur questionnaire sur la rue partagée qu'ils ont mis en ligne, par exemple, là, plus de 69 % des répondants à ce questionnaire-là étaient d'accord avec la rue partagée. Est-ce que ça, à vos yeux, c'est une consultation qui est suffisante?

M. Legault : Bien, écoutez, je pense que c'est au maire de Québec à répondre à vos questions. C'est à lui à s'assurer puis à vous assurer qu'il a l'appui de la population.

M. Lecavalier (Charles) :  Sur les CHSLD, je veux revenir sur les CHSLD, quelle crédibilité vous accordez à Marguerite Blais? On le sait, par exemple, qu'elle a élevé la voix pour que les transferts dans les CHSLD cessent, là, dans les hôpitaux. Pourtant, votre gouvernement continue à le faire. Pourquoi vous ne l'avez pas écoutée, à ce moment-là?

M. Legault : Écoutez, là, s'il y a quelqu'un qui a à coeur le sort des aînés, c'est Marguerite Blais. Je me rappelle très bien, parce qu'on avait une réunion à chaque jour, j'étais là, pendant les premières semaines, l'inquiétude qu'on avait, les 25 personnes, là, qui étaient autour de la table, c'était que ça déborde dans les urgences des hôpitaux. Donc, Lucie Opatrny, entre autres, a mis en place un plan pour qu'entre autres on transfère des personnes des hôpitaux vers les CHSLD. À l'époque, que ça soit à Boston, que ça soit à New York, ou que ça soit à peu près partout dans le monde, sauf Washington puis Vancouver, tout le monde pensait qu'on vivrait ce qui s'est vécu, entre autres, en Italie, c'est-à-dire une explosion de patients dans les hôpitaux. Donc, les gestes qui ont été posés au début, c'était pour protéger nos hôpitaux. Puis on n'était pas dans une situation idéale, là, on était dans une situation de moindre mal, là : Quelle est la moins pire solution pour faire face à cette crise qui s'en vient?

M. Lecavalier (Charles) : Mme Blais ne vous a pas informé qu'il fallait que ça cesse, les transferts, parce qu'il n'y a pas assez de personnel puis il n'y avait pas assez de soins?

M. Legault : Écoutez, autour de la table, c'est venu, ces préoccupations-là, effectivement, de dire : Bien, écoutez, là, il y a des problèmes dans les CHSLD, mais il y a aussi des problèmes qui s'en viennent énormes dans nos hôpitaux. Donc, je pense que l'équipe qui était autour de la table a jugé, à l'époque, avec les informations qu'ils avaient... C'est facile, après, de dire : Bien, comme Boston puis comme New York, Montréal n'a pas mis assez d'emphase sur les CHSLD… puis trop d'emphase sur les hôpitaux. C'est facile de le dire après. Mais, à l'époque, la grande inquiétude, c'était le nombre de lits. Puis on avait même, à l'époque, le problème des ventilateurs… qu'on se disait : Est-ce qu'on va avoir tout l'équipement aussi pour être capable de traiter les patients dans nos hôpitaux?

Mme Côté (Claudie) : Sur le port du masque, M. Legault, sur le port du masque, qu'est-ce qui garantit aux Québécois qu'après le 30 avril il n'y en aura plus, de masques, puis il n'y aura pas d'autres mesures sanitaires?

M. Legault : Écoutez, moi, je ne suis pas devin, là. Ce qu'on sait, là... J'ai eu une présentation hier soir. Ce qu'on prévoit, dans les deux prochaines semaines, il va y avoir une augmentation des cas puis des hospitalisations. Il y a peut-être une possibilité, après, que ça redescende, mais il n'y a rien de garanti. Donc, on va suivre, de semaine en semaine, la situation. Mais il faut être prudent puis il faut le faire...

Mme Côté (Claudie) : Est-ce que ça pourrait avoir un coût politique pour vous?

M. Legault : Bien, écoutez, moi, le plus important, là, c'est de protéger, entre autres, les personnes vulnérables. Puis je veux en profiter, là, de votre question pour dire aux gens, là, puis incluant les jeunes qui sont allés dans un party où ils étaient à risque d'attraper la COVID : Bien, s'il vous plaît, n'allez pas voir des personnes de 60 ans et plus sans au moins avoir un masque parce qu'il y a un risque pour les personnes de 60 ans et plus, même quand ils ont leurs trois doses.

Le Modérateur : On va passer en anglais. Cathy.

Mme Senay (Cathy) : Herron. I remember you came back from your Easter holiday weekend on Saturday, April 11th, talking about Herron, tragic, this situation was. And now, you're telling us that you knew about it since March 30th, thinking that the CIUSSS of the Ouest de Montréal was taking care of it. But you had between March 30th and April 11th, you had time to intervene.

M. Legault : O.K. First, if you read…

Mme Senay (Cathy) : …on Saturday, on that Easter weekend.

M. Legault : No. First, the email that you're talking about is not something new. It's something that has been tabled with the coroner.

Mme Senay (Cathy) : Not by the public.

M. Legault : But everything that has the coroner is public. So, right now, what do we have in this email? They say the CIUSSS… so Mrs. McVey, the responsible of the CIUSSS, she will take charge of the situation in Herron. So, of course, Mrs. Blais, Mrs. McCann, myself, we were comfortable to hear that the CIUSSS was taking charge of the situation. Because, remember, at the time, there were many problems in many CHSLDs, we had thousands of workers missing, so it wasn't easy. So, when you have an email saying : I'm taking charge of the situation in Herron, for me, it was O.K., for Mrs. McCann and Marguerite, they were O.K.… that.

But on the Friday, 10th to the 11th, with Mr. Derfel, we heard that, no, the situation was not taken in charge. We understand that Mrs. McVey had a problem of collaboration with the management of Herron. So… and I guess, in the final report of Mrs. Kamel, the coroner… I'm anxious to see what did the CIUSSS did, exactly, to take charge in the period from March the 30th to April the 10th.

M. Authier (Philip) : I have a question as well.

M. Legault : Yes.

M. Authier (Philip) : I'm glad you're feeling better, Premier.

M. Legault : Thank you, Phil.

M. Authier (Philip) : The Liberals say they made a mistake with Bill 96 and the result of their mistake is going to hurt many Anglophones in CEGEPs because they might not be able to pass these three French courses when they get into the CEGEP level. Is there anything you are able to do to correct the situation, such as extending the period when this is phased in, or will you drop this idea? Because, at the beginning of the Bill 96 process, you said there would be no penalties for the English community.

M. Legault : Yes. OK, first, we have to remember exactly the facts, what happened. In commission, Hélène David, MNA from the Liberal Party, she tabled an amendment suggesting that there'll be three French courses that have to be succeeded for all English people in English colleges, all right? This amendment had been supported by the four parties that are here, at the National Assembly. So, right now, the Liberal Party says : Oh! I made an error in making this suggestion. So, we have to discuss, with the two other parties also, what do we think about that. Do we give a delay? It's surprising that the Liberal Party, even the other MNA from…

M. Authier (Philip) :D'Arcy-McGee.

M. Legault :D'Arcy-McGee, also supported and said : It's perfectly possible to put that in place. So, I think that, right now, we're looking at what we can do.

Le Modérateur : Dernière question.

Mme Henriquez (Gloria) : …if you should have trust it, the CIUSSS.

M. Legault : «Bien», we'll have the answer in the final report of Mrs. Kamel.

Le Modérateur : Merci beaucoup.

M. Gagnon (Marc-André) : ...sur le recul des libéraux, là.

M. Legault : Bien, écoutez, il faut rappeler un peu ce qui est arrivé. Hélène David, députée libérale, a déposé un amendement en commission parlementaire pour qu'à l'avenir les étudiants des cégeps anglophones doivent réussir trois cours en français. Cet amendement a été appuyé par le Parti québécois, par Québec solidaire, par le Parti libéral et par la CAQ. Là, le Parti libéral nous dit : Bien, on a parlé à nos anglophones, puis là ils sont choqués, puis on voudrait changer d'idée. Bien, écoutez, là, d'abord, ça a été voté à l'unanimité. Donc, on est en train de regarder la situation avec les autres partis.

Mme Plante (Caroline) : Donc, vous étiez informés, le 30 mars, vous étiez au courant pour Herron, le 30 mars?

M. Legault : Bien, écoutez, ce qu'on sait, c'est que, dans le courriel, on disait : Le CIUSSS s'en occupe, O.K.? Moi, je n'étais pas... Je ne me rappelle pas d'avoir été au courant de ça, mais je peux très bien comprendre que Mme McCann puis Mme Blais, quand elles ont vu un courriel qui disait : Le CIUSSS prend en charge la situation à Herron, que ça les a satisfaites.

Mme Plante (Caroline) : Mais est-ce qu'elles ont menti, dans la mesure où...

(Panne de son)

M. Legault : ...on a appris la gravité, on a appris la gravité dans la Gazette, là. Ce qu'on a appris le 30 mars... encore une fois, il n'y a rien, rien, rien de nouveau, là. Ce courriel-là a été déposé à la coroner.

Le Modérateur : Merci.

M. Legault : Merci.

(Fin à 14 h 1)

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