National Assembly of Québec - Return to homepage

National Assembly of Québec - Return to homepage

To use the Calendar, Javascript must be activated in your browser.
For more information

Home > News and Press Room > Press Conferences and Scrums > Point de presse de M. Gabriel Nadeau-Dubois, chef du deuxième groupe d’opposition, et Mme Manon Massé, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de condition féminine

Advanced search in the News and Press Room section

Start date must precede end date.

Point de presse de M. Gabriel Nadeau-Dubois, chef du deuxième groupe d’opposition, et Mme Manon Massé, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de condition féminine

Version finale

Tuesday, April 12, 2022, 10 h 45

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Dix heures quarante-huit minutes)

M. Nadeau-Dubois : Bonjour, tout le monde. Content de vous retrouver ce matin. D'abord, je veux commencer par à nouveau féliciter notre candidate dans Marie-Victorin, Shophika Vaithyanathasarma, qui a mené une belle campagne, une campagne où, avec elle, l'équipe solidaire a parlé de crise du logement, on a parlé d'environnement, on a parlé de transport en commun et de soins de santé de proximité. Franchement, je suis très fier de la campagne qu'on a menée. Et à partir d'aujourd'hui, bien, on se retrousse les manches et on travaille en vue de l'élection générale d'octobre prochain, et je suis convaincu qu'on mènera à nouveau une belle campagne dans cette circonscription qui est importante pour nous.

Je veux également, ce matin, vous parler du budget fédéral qui a été déposé la semaine dernière. Le gouvernement canadien, donc, a annoncé son intention d'implanter un programme de soins dentaires au Canada. Vous savez qu'à Québec solidaire la question des soins dentaires c'est un dossier sur lequel on travaille depuis des années. Ça n'a pas d'allure qu'au Québec, en 2022, il y ait autant de familles qui n'aient pas les moyens d'aller chez le dentiste ou qui s'endettent pour aller chez le dentiste. Les soins dentaires, ça devrait faire partie du panier de services qu'offre notre système de santé public.

Ceci étant dit, la santé, c'est une compétence québécoise, et ça doit le demeurer. C'est pour ça qu'aujourd'hui Québec solidaire va déposer une motion pour demander que le gouvernement fédéral permette au Québec d'exercer son droit de retrait sans condition, au Québec, pour que le Québec utilise ces sommes-là pour construire un programme de soins dentaires 100 % québécois qui réponde aux besoins des familles québécoises.

Tant mieux que le fédéral veuille investir, mais c'est au Québec à décider quoi faire avec cet argent-là. Et, à Québec solidaire, on a une proposition : Construire au Québec un programme d'assurance dentaire dont les familles québécoises ont tellement besoin. On est en pleine crise du coût de la vie. Les factures de dentiste, là, en ce moment, c'est des factures que le monde ne sont plus capables de payer, et, à Québec solidaire, on va mener la bataille, lors de la prochaine campagne électorale, pour que le Québec se dote enfin d'une assurance dentaire publique et universelle. Merci.

Journaliste : M. Nadeau-Dubois…

M. Nadeau-Dubois : Je vais laisser ma collègue, Manon, vous dire quelques mots. Je réponds à vos questions ensuite avec plaisir.

Mme Massé : Bonjour, tout le monde. Aujourd'hui, bien, on arrive au moment d'adopter le projet de loi n° 21, hein, sur l'interdiction d'exploration et d'exploitation des hydrocarbures. J'aurais tellement aimé ça pouvoir voter pour ce projet de loi là. Vous le savez, depuis 2010, hein, Amir Khadir... moi-même, en septembre dernier encore, je déposais un projet de loi pour interdire l'exploration et l'exploitation des hydrocarbures. Mais malheureusement le gouvernement a choisi de déposer... d'amener cette loi-là avec des compensations financières aux pétrolières et aux gazières.

Ça fait que, oui, j'aurais aimé voter pour, mais c'est impossible puisque, malgré le fait que des dizaines... en fait, excusez-moi, c'est des milliers, on parle de 29... au moins 29 000 personnes qui ont signé la pétition qui dit non aux compensations des hydrocarbures pour le pétrole, non pour les compensations pour le gaz, les gazières... Les groupes qui sont venus nous voir nous on dit non, non plus, aux compensations. On avait un avis juridique qui nous disait... réaffirmait la souveraineté du Parlement du Québec pour interdire, bien sûr, les hydrocarbures, mais, plus que ça, pour ne pas compenser les pétrolières et les gazières.

Alors, c'est vraiment... je suis… Ce matin, je vais, d'ailleurs, peut-être devoir vous quitter pour aller faire mon intervention au salon bleu, mais Québec solidaire va donc s'abstenir de voter sur ce projet-là. On va voter une abstention. Pourquoi? Pour dire : Enfin, le Québec interdira les hydrocarbures. Mais malheureusement on n'aurait jamais voulu qu'une cenne de plus soit donnée à ces entreprises qui nous ont mis, qui ont mis le Québec dans un mauvais état.

Mme Prince (Véronique) : M. Nadeau-Dubois, je vais vous reposer une question que je vous ai posée au bilan à Noël : Pourquoi ça ne lève pas, Québec solidaire? Vous avez plus de visibilité qu'avant. Pourquoi vous n'avez pas réussi à faire mieux, dans Marie-Victorin, qu'en 2018?

M. Nadeau-Dubois : À Québec solidaire, une des clés de nos succès, c'est le vote des jeunes. Et ce vote-là, on a eu de la difficulté à le faire sortir dans Marie-Victorin, notamment, parce que, dans les élections partielles, il n'y a pas de vote sur les campus. Et le vote sur les campus, c'est une force, à Québec solidaire, à chaque fois. C'est ce qui a fait rentrer, d'ailleurs, à l'Assemblée nationale, notamment, ma collègue Christine Labrie à Sherbrooke. Dans une élection partielle, il n'y a pas de vote sur les campus.

Et moi, là, jusqu'à la dernière semaine de campagne, je rencontrais des jeunes et je leur apprenais qu'il y avait une élection. Donc, c'est tout un défi, oui, pour Québec solidaire, mais aussi pour la démocratie québécoise d'intéresser les jeunes à participer aux élections en général. Ce défi-là, il est encore plus grand dans le cadre d'une élection partielle, et je pense que ça explique en partie notre résultat d'hier.

La bonne nouvelle, c'est que les choses seront différentes pour l'élection générale. On va être en mesure de faire campagne nationalement à la grandeur du Québec. Et ce que je souhaite, c'est qu'il y ait une meilleure participation — 36 %, quand même, hier, ou à peu près, ce n'est vraiment pas suffisant — notamment une plus grande participation des jeunes.

M. Lacroix (Louis) : Mais ils sont allés où, vos votes, les votes, là, les gens qui n'ont pas voté pour vous, là? Bon, vous dites... Parce que là, si on écoute tout le monde, on dirait que leurs électeurs ne sont pas sortis voter, là, mais...

M. Nadeau-Dubois : Bien, quand il y a un taux de participation de 36 %, il y a, en effet, des électeurs de tous les partis qui ne sont pas allés voter.

M. Lacroix (Louis) : …mais là il y a des gens qui sont allés voter, parce qu'il y a une nouvelle députée. Si personne n'était allé voter...

M. Nadeau-Dubois : Oui.Bien, c'est normal, s'il y a moins de participation, tout le monde a moins de votes, c'est...

M. Lacroix (Louis) : ...le vote de QS, il est allé où? Les gens qui n'ont pas voté pour QS puis qui, normalement, auraient dû voter pour QS, ils sont allés où? Est-ce qu'Éric Duhaime a changé quelque chose?

M. Nadeau-Dubois : Bien, moi, ce que je constate, c'est que, par rapport à la dernière élection partielle dans Marie-Victorin, il y a assez peu de différence entre nos résultats d'hier et ceux, donc, de la dernière élection partielle. Puis, en termes de pourcentage, je vous le dis, le vote jeune, c'est le noyau électoral de Québec solidaire et, dans une élection partielle, c'est beaucoup plus difficile de le faire sortir. C'est ce qui s'était passé également dans Jean-Talon. Donc, c'est un scénario qui est connu pour Québec solidaire. C'est notre défi, c'est notre défi dans toutes les élections puis, dans le cadre d'une partielle et en l'absence de vote sur les campus, c'est encore plus difficile.

Mme Prince (Véronique) : Et est-ce que vous qualifiez... Est-ce que c'est vous, en fait, les extrêmes, quand François Legault dit : Les Québécois ont fait entendre qu'ils ne voulaient pas des extrêmes? Est-ce que c'est Québec solidaire, les extrêmes?

M. Nadeau-Dubois : Moi, je pense que prendre au sérieux la crise climatique, prendre au sérieux la crise du logement puis vouloir donner des soins de santé de proximité, ce n'est pas extrême. Ce qui est extrême, c'est de nier la crise du logement, c'est de nier la crise climatique. Ça, c'est des comportements radicaux en 2022.

M. Laforest (Alain) : Ça fait que vous vous êtes sentis visés?

M. Nadeau-Dubois : Pas nécessairement, mais je ne prends pas de chance.

M. Laforest (Alain) : Bien, vous lui répondez.

M. Nadeau-Dubois : Je ne prends pas de chance. Si jamais il nous visait, je lui réponds préventivement.

Mme Lajoie (Geneviève) : Mais vous êtes en train de dire que c'est la CAQ qui est extrême, on comprend...

M. Nadeau-Dubois : Bien, moi, je pense qu'en 2022, quand tous les scientifiques à travers le monde, les plus crédibles, disent : La situation est grave, il faut agir, et que le ministre de l'Environnement répond : Oui, nous autres, on ne peut pas vraiment en faire plus, je trouve que, oui, ça témoigne d'une déconnexion extrême.

Mme Lajoie (Geneviève) : Est-ce qu'il y en a d'autres partis, au Québec, qui sont extrêmes?

M. Nadeau-Dubois : Je présume que oui, il y a beaucoup de partis politiques, mais je ne sais pas...

M. Laforest (Alain) : Éric Duhaine, est-ce qu'il est extrême? Vous êtes un joueur de hockey, là, arrêtez de patiner, puis allez direct au filet, là.

M. Nadeau-Dubois : Je pense que... Non, mais je prends les questions au sérieux, ça fait que j'y réfléchis avant d'y répondre. Est-ce qu'Éric Duhaime est extrême? Bien, je pense que vouloir privatiser le système de santé, au Québec, c'est une proposition qui est assez radicale, oui.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Mais pourquoi les gens votent pour eux d'abord?

M. Nadeau-Dubois : Bien, je ne pense pas qu'on…

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Tu sais, l'urgence environnementale, le coût de la vie... Pourquoi les gens de Marie-Victorin n'ont pas voté...

M. Nadeau-Dubois : Bien, d'abord, je répète que… Oui, bien, je pense que, dans une élection partielle, le taux de participation fait une grande différence. Notre défi, c'était de faire augmenter ce taux de participation là, puis ce n'est pas un défi qu'on a qu'on a réussi à relever. Pour ce qui est de la performance de la CAQ, François Legault bénéficie d'une tribune absolument exceptionnelle, depuis le début de la pandémie, il a occupé énormément de place. Je pense qu'il continue à récolter les fruits de ça.

Mais nous, on va continuer à faire notre travail. Puis moi, j'ai appris une chose dans la vie : il ne faut pas aimer la démocratie pour les résultats qu'elle donne, puis, quand on donne du temps à la démocratie, il y a des belles et des grandes choses qui peuvent arriver. Ça a pris cinq fois pour que Manon Massé se fasse élire comme députée. Elle est arrivée trois fois troisième ou même quatre fois troisième avant d'arriver première. Donc, des fois, les accomplissements sont longs, surtout quand on veut changer les choses en profondeur, puis c'est ce qu'on veut faire à Québec solidaire.

Mme Plante (Caroline) : Donc, dans six mois, le portrait va être complètement différent d'après vous? Le 3 octobre, là, le...

M. Nadeau-Dubois : Bien, je pense qu'il y a des différences qui sont fondamentales entre une élection partielle puis une élection générale, notamment le taux de participation. Puis je le répète, pour nous, le vote des jeunes, c'est essentiel à nos succès. C'est ce qui nous a permis d'aller chercher une circonscription comme Sherbrooke, par exemple, où les sondages ne nous donnaient pas du tout gagnants, parce qu'on a été capables de mobiliser ces électeurs-là sur leur lieu d'études. Quand ça, ça saute, dans le cadre d'une élection partielle, ça fait une différence sur le résultat solidaire.

Mme Plante (Caroline) : Alors, vous allez faire beaucoup mieux aux élections du 3 octobre?

M. Nadeau-Dubois : Pardon?

Mme Plante (Caroline) : Vous allez faire... vous vous attendez à ce que QS fasse beaucoup mieux?

M. Nadeau-Dubois : Oui. Bien, c'est ce à quoi je m'attends, oui.

M. Duval (Alexandre) : ...faire sortir le vote des jeunes, M. Nadeau-Dubois, ce n'est pas le rôle des bureaux de vote sur les campus, c'est le rôle des organisations des partis sur le terrain. Y a-t-il des choses qui ont fait défaillance dans votre organisation dans Marie-Victorin?

M. Nadeau-Dubois : En fait, dans l'ensemble des démocraties et pour l'ensemble des partis politiques, on réalise que c'est un défi de plus en plus important. Moi, je vous le dis, là, jusqu'à la dernière semaine d'élection, j'allais faire du porte-à-porte, je croisais des jeunes qui n'étaient pas au courant qu'il y avait une élection. Pourquoi? Parce que, souvent, ils se tiennent informés ailleurs que sur les médias traditionnels qui, eux, oui, parlaient beaucoup de l'élection partielle. Souvent, ces jeunes-là s'informent ailleurs. Donc, comment les partis politiques s'adaptent à ça?

M. Laforest (Alain) :

M. Nadeau-Dubois : Comme les médias sociaux, c'est un des moyens, mais c'est...

M. Laforest (Alain) : À écouter vos... à lire vos publications, là, vous en avez parlé beaucoup, là.

M. Nadeau-Dubois : Oui, les médias sociaux, c'est un des moyens...

M. Laforest (Alain) : Donc, les démocraties sont malades, c'est ça que vous dites?

M. Nadeau-Dubois : ...c'est un des moyens, mais encore faut-il se dire quels médias sociaux. Par exemple, historiquement, des partis ont beaucoup utilisé Facebook. Beaucoup de jeunes aujourd'hui ne sont même plus sur Facebook, sont sur d'autres plateformes. Donc, c'est un défi, pour l'ensemble des partis politiques, de rejoindre les jeunes, et on travaille en ce moment à développer des stratégies pour qu'à l'élection générale on soit encore plus efficaces pour le faire.

M. Bossé (Olivier) : Est-ce que vous avez des chiffres, là, juste pour savoir, ou vous dites ça en regardant votre score, vous dites : Nécessairement, les jeunes ne sont pas sortis, ou vous avez...

M. Nadeau-Dubois : Bien, je regarde ça en faisant le bilan du travail qu'on a fait sur le terrain, c'est les observations que nos militants et militantes ont faites, c'est les observations que moi, j'ai faites également. J'ai fait du porte-à-porte samedi dans Marie-Victorin. J'ai croisé une jeune femme de 26 ans à qui j'ai appris qu'il y avait une élection. Pourtant, quand je lui ai parlé de crise du logement, les yeux sont venus grands, grands, grands, puis ça l'intéressait. Donc, ce n'est pas qu'elle était...

M. Bossé (Olivier) : Vous n'avez pas de chiffres de participation… pour l'instant.

M. Nadeau-Dubois : Non, à ma connaissance, ces chiffres-là ne sont pas sortis.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Sur un autre sujet, est-ce que le fédéral...

M. Nadeau-Dubois : Donc, ce n'est pas que les gens… ce n'est pas que les jeunes ne sont pas intéressés par les enjeux, c'est que, souvent, ils ne sont pas au courant qu'il y a une élection.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Sur un autre sujet... Je vais l'avoir.

M. Nadeau-Dubois : Oui. Quel est cet... célèbre autre sujet maintenant, oui?

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Je sais que c'est un sujet qui vous intéresse, en plus. Est-ce que le fédéral fait bien de se mêler de ce dossier-là, du caribou forestier?

M. Nadeau-Dubois : Moi, je trouve ça gênant, pour un gouvernement qui se dit nationaliste, de se faire faire la leçon comme ça par le gouvernement canadien. Ça veut dire quoi, le nationalisme, si on ne protège pas notre territoire, si on ne protège pas notre nature, si on ne protège pas nos espèces emblématiques, nos espèces en péril?

Mme Lajoie (Geneviève) : Bien, est-ce qu'on est rendus là à cause de l'inaction du gouvernement du Québec? Est-ce qu'il faut que le fédéral s'implique?

M. Nadeau-Dubois : Moi, ce que je souhaite le plus au monde, comme écologiste et comme indépendantiste, c'est qu'il y ait au Québec un gouvernement qui prend ça au sérieux, l'environnement, qui protège notre territoire puis qui protège les espèces menacées, qui protège la biodiversité. Mais on a un gouvernement, en ce moment, qui démissionne puis on a un ministre qui sert servilement les intérêts des forestières plutôt que protéger le territoire. Ça fait que c'est très malheureux qu'on en soit rendus là, c'est honteux, c'est gênant pour le Québec. Puis, moi, ce que je demande à François Legault, c'est de remettre à l'ordre son ministre des Forestières puis d'agir pour éviter que le fédéral ait à intervenir. Parce que, comme indépendantiste, c'est la dernière chose que je souhaite, que ce soit le fédéral qui vienne protéger le territoire québécois. Ce serait bien le comble de la honte pour un gouvernement qui se dit nationaliste.

M. Lacroix (Louis) : Mais est-ce que la vie d'un caribou vaut la peine... Si on la met dans la balance avec des emplois en forêt, là, que vaut la vie d'un caribou?

M. Nadeau-Dubois : Oui. Moi, je pense que ça, c'est des vieilles manières de réfléchir à ces enjeux-là, c'est une fausse opposition, c'est un faux dilemme. Il y a moyen en 2022 de faire de la foresterie de manière différente, et ce n'est pas une question d'emplois. On peut protéger le caribou forestier et s'assurer de garder les emplois dans l'industrie forestière.

Mme Lajoie (Geneviève) : Sur la Caisse de dépôt, M. Nadeau-Dubois, dans le dossier Otéra, qu'est-ce que vous pensez de l'attitude, justement, de la caisse, qui a camouflé, donc, un autre vice-président qui avait un conflit d'intérêts?

M. Nadeau-Dubois : Bien, je pense que les dirigeants de la caisse devraient venir s'expliquer devant les parlementaires de cette situation-là. D'ailleurs, ma collègue Ruba Ghazal va en faire officiellement la demande dans les prochaines heures. C'est l'argent des Québécois et des Québécoises, c'est notre épargne collective, ça devrait être administré avec les plus hauts standards éthiques. Et il semble y avoir à la caisse, là, une espèce de culture d'opacité où on veut sauver les meubles plutôt que de faire preuve de transparence. Et nous, on va demander des comptes aux dirigeants de la caisse sur ce dossier-là.

Mme Lajoie (Geneviève) : ...dans le contexte, à l'époque où la caisse a su ces informations-là, est-ce que ce vice-président aurait dû perdre son poste?

M. Nadeau-Dubois : Si on avait des preuves sérieuses qu'il y avait des erreurs sérieuses, il aurait dû y avoir des conséquences.

Mme Senay (Cathy) : Mr. Nadeau-Dubois, voting abstention, for youth, that was your main opponent in this by-election in Marie-Victorin?

M. Nadeau-Dubois : For Québec solidaire, one of the keys of our electoral success is always the young vote. And it's always a challenge in any election, but, in a by-election, it's even more challenging and for one reason, specifically, there is no vote on campuses.

And, you know, I was doing door-to-door, this weekend, and I met young people who weren't aware that there was an election. So, when you see a participation rate of 36 %, you have to ask yourself : What can we do as a party, what can Québec do to increase the political participation of young people? Because, of course, it's a specific challenge for us, as a party, but, honestly, it's also a problem for democracy itself.

Mme Senay (Cathy) : Let's look at it. In 2018, in Marie-Victorin, you did a better score. You lost votes last evening. And then you're better known, in 2022, so there is something that is not working.

M. Nadeau-Dubois : Well, it's always risky to compare the results of a general election with the results of a by-election. Still, if you ask me what factor could have made a difference, I think that's a factor. Because, when you look at the election of Mme Labrie, for example, in Sherbrooke, the vote on the campus of the Sherbrooke University was a huge difference, a huge difference in the results. So, when you take that out of the equation, there's a difference. And we've seen the same phenomenon in the by-election of Jean-Talon a few years ago. It is a challenge for Québec solidaire to perform without vote on campuses. I do not say that to excuse the result of yesterday, but, if you ask me for an explanation, I think there is one explanation here.

M. Authier (Philip) : There is often a trade between your vote base and the PQ's vote, there's often transfers in those…

M. Nadeau-Dubois : It depends. At the last general election, we made half our victories in former liberal ridings and half our victories in former PQ ridings. So, it depends on where you are on the map.

M. Authier (Philip) : But it was interesting to see, last night, that the PQ vote was relatively stable, even though they lost, compared…

M. Nadeau-Dubois : Oh! yes, well…

M. Authier (Philip) : …and your vote slipped.

M. Nadeau-Dubois : Yes, a lot of… people come to Québec solidaire from all backgrounds and from all political affiliations. I think that old framework of understanding the Québec solidaire vote as only ancient PQ voters is an old way of thinking about what has become Québec solidaire as a mainstream force in Québec politics right now. We are uniting people that come from different backgrounds and different former political affiliations.

M. Authier (Philip) : …surprised by M. Duhaime's performance yesterday? Because this party that has no roots whatsoever in Montréal or Marie-Victorin and yet…

M. Nadeau-Dubois : Well, they did a… what I saw was that they did a real and serious campaign on the ground, and, even with that effort, they scored about 10 %. So, I wouldn't say that I'm impressed, no.

Mme Senay (Cathy) : Are you surprised that the CAQ won and, you know, without a doubt, for this by-election, since last week was a very disastrous week for the CAQ, and the Opposition tackling the Legault Government on the CHSLD Herron, with the information that came out, too, and were known by the general public? How come your message didn't get at last?

M. Nadeau-Dubois : When we entered that election, we were all aware that this was a PQ stronghold, an historic PQ stronghold. So, we knew it wasn't going to be easy and we entered that campaign knowing that. It quickly became a race between the Coalition avenir Québec and the Parti québécois, everyone was aware of that. And, even in that context, we succeeded in consolidating our third place, which is, for me, a totally satisfying result.

Mme Senay (Cathy) : But how come what the Opposition did last week, the fact that the Legault Government had such a bad week on the CHSLD Herron… how come it didn't show at the polls, like, in the voting result?

M. Nadeau-Dubois : I think there's a difference about what happens here, in this building, and what is happening on the ground. At Québec solidaire, we did not do our campaign on these Herron scandal. We did a campaign on the housing crisis, on the climate crisis, on the importance to build public transit, on the importance of bringing back proximity healthcare into neighborhoods like Marie-Victorin. So, that was not the focus of our campaign. We talked about the issues that, I think, care for people. And, honestly, the answer was good. The answer was good, but we knew, entering that race, that is was a PQ stronghold, we knew it wasn't going to be easy, and, considering that and considering the absence of voting on campuses, I think a solid third place is a result that is honorable for Québec solidaire.

Mme Senay (Cathy) : Thank you.

M. Nadeau-Dubois : Merci beaucoup.

(Fin à 11 h 8)

Participants


Document(s) Related