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Point de presse de M. Gabriel Nadeau-Dubois, chef du deuxième groupe d’opposition, et Mme Christine Labrie, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière d’éducation

Version finale

Thursday, April 28, 2022, 8 h

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Huit heures quatre minutes)

M. Nadeau-Dubois : Bonjour, tout le monde, j'espère que vous passez une belle matinée.

Il y a trois semaines, Québec solidaire a demandé la démission du ministre de l'Environnement, puis il y a beaucoup de monde qui se sont demandé : Coudon, ce n'est pas un peu exagéré, ça? Bien non, ce n'était pas exagéré; et ce matin, on a deux nouvelles raisons de constater que ce n'était pas exagéré du tout.

Ce matin, on apprend que même le Port de Québec, même le Port de Québec demande au ministre de l'Environnement de suspendre l'application de la nouvelle norme de nickel, une norme qui va faire en sorte que les gens de la Basse-Ville de Québec vont respirer de l'air encore plus pollué. C'est quand même incroyable, quand même, que le Port de Québec soit plus sensible à l'acceptabilité sociale, que le Port de Québec écoute plus les citoyens que le ministre de l'Environnement lui-même. Résultat : le ministre de l'Environnement, là, Benoit Charette, il est plus isolé que jamais sur ce dossier-là. Il n'a qu'une seule option, reculer sur ce règlement extrêmement controversé.

Dans le journal, ce matin, on apprend aussi que le ministre de l'Environnement est tout fier d'annoncer qu'il va lamentablement rater ses cibles déjà insuffisantes de réduction des gaz à effet de serre au Québec. On apprend que ça sera 51 %, 1 % de plus que la moitié de la cible. C'est une insulte pour les générations futures. On apprenait, cette semaine, dans le journal, que les jeunes Québécois souffrent massivement d'écoanxiété. Il y en a une couple qui ne vont pas bien filer en lisant qu'ils sont gouvernés par un ministre de l'Environnement qui se pète les bretelles d'atteindre la moitié d'une cible que la science juge largement insuffisante, pitoyablement insuffisante.

En plus, on apprend aussi que le ministre de l'Environnement va signer, au nom des contribuables, au nom des payeurs de taxes du Québec, un chèque de 300 millions de dollars pour les plus grands pollueurs du territoire québécois. Au Québec, on devrait appliquer le principe pollueur-payeur, ce que Benoit Charette nous dit, c'est que lui va appliquer le principe du pollueur payé, ça n'a aucun, aucun bon sens.

Qu'on aide des filières d'avenir, là, comme l'aluminium, par exemple, comme les biocarburants, comme le secteur des batteries, à être moins polluantes puis à s'améliorer, c'est une bonne chose, mais qu'on aide des raffineries à baisser de 1 % ou 2 % de leurs émissions, ça ne règle aucun problème. En fait, ça pellette les problèmes par en avant puis ça ne rend pas service aux travailleurs, travailleuses de ces industries-là. C'est un manque de vision épouvantable, une très mauvaise utilisation des fonds publics.

Franchement, là, les échecs de la CAQ en environnement s'accumulent, les échecs de la CAQ en environnement s'empilent les uns par-dessus les autres, puis, de plus en plus, là, ça a l'air d'une montagne infranchissable pour les générations futures.

Mme Labrie : Ce matin, je veux interpeler Simon Jolin-Barrette en tant que leader du gouvernement, en tant que ministre que je sais sensible aux victimes de violence sexuelle. Je l'interpelle parce qu'il reste seulement quelques jours avant la fin de la session parlementaire, les jours sont comptés, et je veux qu'on appelle le projet de loi pour prévenir et contrer les violences sexuelles dans nos écoles.

La majorité des victimes de violence sexuelle au Québec sont mineures au moment d'être victimes, même si ça prend souvent plusieurs années avant qu'elles dénoncent. Ces personnes-là, ces garçons-là, ces filles-là sont donc dans nos écoles, et, en ce moment, nos écoles ne sont pas des lieux adaptés pour recevoir des dévoilements, des dénonciations d'agressions sexuelles. Je veux qu'on adopte ce projet de loi là avant la fin de la législature parce qu'il y a une urgence de protéger les jeunes. Ce sont les jeunes qui nous le disent — ce projet de loi là, que j'ai déposé l'automne dernier, il a été travaillé avec les jeunes — ce sont les jeunes qui le réclament depuis des années déjà, depuis qu'on a décidé de le faire pour les cégeps puis les universités. Puis là, c'est le temps d'agir, parce que, déjà, ces politiques-là, ça va prendre quelques mois, les mettre en branle, on ne peut pas se permettre d'attendre encore.

Je ne sais pas combien de victimes ça va prendre qui ont le courage d'aller dénoncer dans les médias pour que le gouvernement se rendre à l'évidence qu'il faut adapter nos écoles pour soutenir les victimes, pour accueillir les plaintes adéquatement. Mais, en ce moment, les jeunes qui dénoncent dans nos écoles reçoivent des conseils très mal avisés, subissent des commentaires qui les revictimisent. Ils ne réussissent pas à avoir les services adéquats pour les soutenir dans leur établissement, et c'est un très gros problème.

Et c'est l'angle mort de tout ce qu'a fait ce gouvernement-là en matière de violence sexuelle. Puis, oui, ils ont fait beaucoup de choses dont je suis fière parce que j'y ai participé également. Mais, en matière de prévention puis en matière d'accompagnement des victimes mineures, il y a encore tout un chantier à entreprendre, puis, ce projet de loi là, c'est la première voie. Merci.

M. Carabin (François) : M. Nadeau-Dubois, le fait qu'on ait avancé de, quoi, neuf points de pourcentage des mesures nécessaires à remplir le plan en économie verte en un an, comment vous prenez ça? Puis est-ce que vous voyez des mesures, vous, qui auraient pu être implantées rapidement pour permettre d'accéder plus rapidement ou de remplir plus rapidement nos objectifs de réduction des gaz à effet de serre?

M. Nadeau-Dubois : La première chose à faire pour gagner la lutte climatique, c'est d'arrêter de prendre des mauvaises décisions, ça, c'est le strict minimum. Se lancer dans un projet comme le troisième lien, une autoroute sous le fleuve qui va encourager l'étalement urbain, c'est la pire décision, c'est un exemple des décisions qu'il faut arrêter de prendre. Ensuite, une fois qu'on a fait le strict minimum, ne pas prendre de décisions qui empirent le problème; après, il faut prendre des décisions qui constituent des solutions.

Il y a plein de choses qu'on pourrait faire au Québec. Québec solidaire, en 2018, a proposé une série de mesures qui nous permettaient de manière chiffrée d'atteindre notre objectif. C'est ce qu'on veut faire à nouveau lors de la prochaine campagne électorale : des mesures dans le domaine de l'agriculture pour aider les agriculteurs à baisser leurs émissions de gaz à effet de serre, des mesures dans le domaine du transport pour accélérer la transition vers les véhicules électriques au Québec — vous savez qu'à Québec solidaire on le propose pour une date qui est beaucoup plus rapide que la CAQ — des mesures en matière d'aménagement du territoire; des mesures en matière d'efficacité énergétique. Il y a plein de choses qu'on peut faire puis qu'il faut faire, mais ce gouvernement-là n'a pas le courage politique de le faire.

M. Bossé (Olivier) : Vous ne pouvez pas dire que le troisième lien, en ce moment, nuise à grand-chose, là.

M. Nadeau-Dubois : Non, mais imaginez, si, aujourd'hui, on planifie des projets qui vont, dans quelques années, empirer le problème qu'on a déjà aujourd'hui, à quel point on creuse notre tombe, climatiquement parlant, au lieu de trouver des solutions.

Mme Côté (Claudie) : Mais le ministre Charette, à la lecture, là, de ce qui est dévoilé ce matin, affirme avoir une approche qui est un petit peu plus pragmatique, là, puis y aller étape par étape. Tout est mauvais dans le plan qui va être présenté...

M. Nadeau-Dubois : Bien, on ne l'a pas vu, le plan.

Mme Côté (Claudie) : De ce que vous avez vu, là, tout est mauvais?

M. Nadeau-Dubois : Moi, je réagis aux premiers éléments qui sont publiés aujourd'hui, puis ce que je vois, c'est un gouvernement qui dit : Au lieu de faire du pollueur-payeur, on va faire du pollueur-payé. Puis je répète, là : aider des secteurs d'avenir — l'aluminium, les biocarburants, les batteries — à diminuer leurs émissions puis à être plus écologiques, c'est une bonne chose, mais faire, sans discrimination, de l'aide à tous les pollueurs, tous les plus grands pollueurs du Québec, ça ne règle pas le problème. Et ça n'aide pas les travailleurs et les travailleuses de ces industries-là, qui ont besoin qu'on transitionne hors de ces industries-là, qu'on fasse de la requalification pour qu'ils puissent aller travailler ailleurs, pas qu'on aide les raffineries à baisser de 1 % ou 2 % leurs émissions. Ça, ça s'appelle pelleter le problème par en avant.

M. Lacroix (Louis) : Qu'est-ce que vous pensez du fait que la FTQ-Construction a à sa tête un homme qui a été trouvé coupable par la Commission des lésions professionnelles d'agression à l'égard d'une femme? La décision date de 2012, les événements avaient commencé en 2008, alors je comprends que ça fait quelques années. Est-ce que les années effacent, si on veut, les actions?

M. Nadeau-Dubois : Les années n'effacent rien du tout, mais je vais laisser ma collègue Christine vous répondre plus amplement.

Mme Labrie : Bien, je pense d'abord que ça vaut la peine de souligner le courage de cette victime-là, parce qu'à l'époque ce n'était pas un climat très favorable à la dénonciation puis au fait d'exercer ces recours, ce que la victime a eu le courage de faire, donc je la félicite, j'espère qu'elle se porte mieux aujourd'hui.

Je vais vous dire, bien honnêtement, moi, je n'aimerais pas ça être représentée par quelqu'un qui a commis des gestes comme ceux-là. Ça démontre toute l'importance de lever le tabou sur ce type de comportement là, que les gens soient informés quand il y a des gens qui ont des comportements inadéquats autour d'eux pour pouvoir prendre des décisions éclairées.

M. Lacroix (Louis) : Mais qu'est-ce qu'on fait? Est-ce qu'il a la légitimité de diriger la FTQ-Construction, à votre avis?

Mme Labrie : Bien, à ma connaissance, il a été élu par ses membres. Je ne sais pas si ses membres savaient ce qu'il avait fait au moment de l'élire. Maintenant qu'ils le savent, c'est à eux de voir s'il a la légitimité de le faire. Mais, comme je vous dis, moi, je ne me sentirais pas en confiance d'être représentée par une personne qui a commis des gestes comme ceux-là.

M. Lecavalier (Charles) : Mais vous, est-ce que vous appelez à ce qu'il soit enlevé de ses fonctions ou vous ne voulez pas vous en mêler?

Mme Labrie : Bien, je pense que c'est aux membres de décider s'il doit être relevé de ses fonctions, il a été élu par ses membres. Maintenant que ses membres prennent connaissance de certains gestes qu'il a posés dans le passé, c'est à ses membres de prendre ces décisions-là.

M. Lecavalier (Charles) : Mais, comme députée de Québec solidaire, vous, vous souhaiteriez qu'il quitte son poste?

Mme Labrie : Bien, lui-même peut réfléchir à la pertinence d'occuper cette fonction-là de son côté, il n'a pas besoin d'attendre que les membres prennent une décision à sa place effectivement. Moi, je l'invite à le faire, mais je pense que la légitimité qu'il a en ce moment, c'est ses membres qui lui ont donnée, c'est à ses membres de la lui retirer s'ils n'ont plus confiance en lui.

M. Lecavalier (Charles) : Je veux… juste pour clarifier : Vous l'invitez à réfléchir à quitter ou vous l'invitez à réfléchir? Vous l'invitez à quitter?

Mme Labrie : Bien, il peut se demander lui-même s'il estime avoir la légitimité d'occuper cette fonction-là. C'est à lui de se poser ces questions-là, et aux membres également qui l'ont élu; maintenant qu'ils savent, c'est à eux de vérifier s'ils sont à l'aise avec ça ou pas. Je vous dis, moi, moi, je ne serais pas à l'aise d'être représentée par une personne comme ça, qui a posé des gestes de cette nature-là.

Puis, comme je vous dis, ça démontre toute l'importance de lever le tabou sur ce type de violence, parce qu'il faut que les gens soient au courant, quand quelqu'un dans leur entourage personnel ou professionnel a posé des gestes comme ça, parce que ça permet de prendre des décisions plus éclairées.

Mme Lajoie (Geneviève) : M. Nadeau-Dubois, sur le bonus-malus, peut-être, un instant, pour les gros véhicules, là, qu'est-ce qui est mieux : que les gens paient en masse de taxes à la pompe ou d'avoir un bonus-malus sur les gros véhicules?

M. Nadeau-Dubois : Nous, on va présenter — on est en train d'y travailler — des mécanismes d'écofiscalité qui s'adaptent à la réalité des gens. Il y a des gens qui, pour leur travail, n'ont pas le choix d'avoir un gros véhicule, puis surtaxer ces gens-là, ce n'est pas une bonne solution pour lutter contre la crise climatique parce que ce n'est pas juste. Mais il y a des gens qui n'en ont pas besoin pour leur travail ou pour leur... ou parce qu'ils habitent en ville, par exemple, puis ces gens-là, il va falloir leur demander de contribuer davantage à la lutte climatique. On fera les annonces en temps et lieu, mais c'est possible de mettre en place un système de bonus-malus qui s'adapte à la réalité des gens. Ce n'est pas vrai qu'il faut choisir entre : on ne taxe personne ou on taxe tout le monde, on peut poser des gestes...

Mme Côté (Claudie) : …Mais on va faire quoi? On va demander aux gens qui habitent en ville de ne pas avoir de pickup?

M. Nadeau-Dubois : Je vais juste compléter ma phrase. On peut cibler certains comportements et en exempter d'autres en faisant preuve de gros bon sens. Les gens, par exemple, qui habitent dans nos régions n'ont pas du tout les mêmes besoins et les mêmes réalités, le même quotidien sur les routes que les gens qui habitent en ville. C'était la proposition de Québec solidaire en 2018, il n'y a rien de nouveau là-dedans, et on est en train de travailler à notre proposition pour 2022.

Mme Lajoie (Geneviève) : ...Donc, le pickup en région, mais en ville, petit véhicule?

M. Nadeau-Dubois : On va faire les annonces en temps et lieu. Ce que je vous dis, c'est qu'il ne faut pas tomber dans le tout ou rien, puis ce n'est pas une manière intelligente de lutter contre la crise climatique que de dire : On va imposer tout le… on va taxer tout le monde ou ne taxer personne.

M. Bossé (Olivier) : Est-ce que vous allez demander le code postal?

M. Nadeau-Dubois : On va faire nos annonces en temps et lieu.

M. Bergeron (Patrice) : Au-delà du dépôt du plan, sur le processus en soi, on sait que c'est une prérogative du gouvernement que de présenter, l'exécutif, un plan sur beaucoup d'années, mais est-ce qu'il ne devrait pas y avoir un mécanisme de consultation en amont, par exemple, pour... pas juste avec les industries, mais aussi qui serait plus large que ça, sur le plan, même, transpartisan? Parce que c'est un objectif que toute la société doit atteindre et puis qu'on doit chercher un consensus là-dedans, là?

M. Nadeau-Dubois : C'est une excellente question. Il y a déjà un comité consultatif qui conseille, là… qui est formé de gens de la société civile, qui conseille le ministre de l'Environnement en matière de lutte aux changements climatiques. Je pense, ça a été une bonne idée dans le passé de mettre sur pied ce comité-là.

Vous posez une excellente puis une vaste question. Nos démocraties ont de la misère à rencontrer l'échéance climatique, puis pas juste la démocratie québécoise, c'est un défi partout dans le monde, notamment, parce que les politiciens ont la mauvaise habitude de réfléchir par tranches de quatre ans. Puis ce que la crise climatique exige de nous, c'est qu'on arrête de réfléchir par tranches de quatre ans. Tant qu'on va continuer à faire ça, on va être dans la chnoutte, pardonnez-moi l'expression, tant qu'on va réfléchir à court terme, on va échouer. Comment, comme société puis comme élus, on va être capables de se mettre à penser à long terme? Moi, c'est une de mes obsessions. Il faut être capables de le faire puis il faut élire des gens qui sont capables de réfléchir à long terme. Puis François Legault, la démonstration qu'il fait, depuis le premier jour de son mandat, c'est qu'il en est incapable.

Mme Lajoie (Geneviève) : Est-ce que c'est son talon d'Achille, l'environnement puis…

M. Nadeau-Dubois : C'est... François Legault s'est présenté aux élections de 2018 sans aucun plan en environnement, ça fait que ce n'est pas son talon d'Achille, c'est ses deux talons d'Achille. Je veux dire, c'est inadmissible de se présenter en politique au XXIe siècle sans plan en environnement. C'est une faille énorme dans son projet, c'est un angle mort injustifiable, puis c'est très inquiétant pour les générations futures.

M. Lacroix (Louis) : …Je comprends ce que vous dites, sauf qu'il a quand même fait élire 72 députés, puis là, il est à 40 quelques pour cent dans les sondages.

M. Nadeau-Dubois : C'est vrai.

M. Lacroix (Louis) : Alors, est-ce que ça percole dans la population, ces préoccupations-là, qui sont très importantes, là, sur le plan environnemental, mais est-ce que ça percole dans la population? Parce…

M. Nadeau-Dubois : Bien, s'il y a 40 % des gens qui veulent voter pour lui, c'est qu'il y a 60 % des gens qui ne veulent pas voter pour lui. Malheureusement, notre mode de scrutin, on en a beaucoup parlé cette semaine, fait en sorte que, même avec quatre électeurs sur 10, tu peux avoir 100 % du pouvoir politique au Québec. Donc, il y a 60 % des gens qui ne veulent pas voter pour François Legault au Québec. Dans la partielle de Marie-Victorin, il y a presque 70 % des gens qui n'ont pas voté pour François Legault.

Donc, il faut faire bien attention quand on fait ces analyses-là. Puis, la démocratie, elle ne prend pas toujours les décisions que nous, on souhaiterait, mais on la respecte puis on travaille à convaincre les gens. Puis le rôle d'un leader politique, en 2022, c'est d'expliquer ces choses-là, c'est d'en parler, c'est de faire tout ce qu'on peut pour parler à nos concitoyens, nos concitoyennes de l'importance d'agir en environnement. Puis, des fois, ça prend du courage; des fois, ce n'est pas facile; des fois, il faut prendre des décisions qui ne sont pas 100 % les plus faciles. Mais la job d'un leader climatique, ce n'est pas de faire ce qui est facile, c'est de faire ce qui est nécessaire.

M. Carabin (François) : M. Nadeau-Dubois, une petite dernière, sur un autre sujet. Qu'est-ce que vous pensez de la manière de fonctionner de la ministre de la Culture dans les processus de nomination de BANQ et du conservatoire?

M. Nadeau-Dubois : Bien, moi, ce que je constate, c'est que François Legault avait promis la fin des nominations partisanes et qu'il en a fait tout au long de son mandat. Puis ce qui s'est passé dans le secteur de la culture, c'est juste un exemple de ça : François Legault avait promis du changement, puis ce qu'il livre aux Québécois, c'est la version bleu poudre du Parti libéral.

M. Duval (Alexandre) : Sur le caribou forestier, on apprend ce matin qu'il y a trois caribous qui se sont échappés, l'été dernier, de leur enclos à Val-d'Or, ça a pris des mois avant que le ministère les rattrape. C'est un incident qui n'a pas été rapporté publiquement avant aujourd'hui. Qu'est-ce que vous pensez de la manière de gérer du ministère?

M. Nadeau-Dubois : Moi, je n'en reviens pas que François Legault tolère pareille incompétence autour de la table du Conseil des ministres. Je veux dire, le ministre de la Forêt, des Faunes et des Parcs, là, il a échoué systématiquement, et pourtant, il conserve son poste comme si de rien n'était : il rencontre en catimini des lobbyistes des compagnies forestières pour s'assurer qu'on ne les dérange pas trop en protégeant le caribou, son ministère ne dévoile pas l'échec d'une des stratégies que, lui, il promeut pour protéger l'espèce. Je veux dire, c'est un niveau d'incompétence sans pareil en ce moment autour de la table du Conseil des ministres, je ne comprends pas que François Legault tolère ça. 

M. Bergeron (Patrice) : Mais, hier, il a soulevé une préoccupation à savoir que si, par exemple, on agit trop vite, ou si le fédéral agit comme c'est déjà arrivé pour la morue, il allait se perdre des milliers d'emplois. C'est un peu le parallèle qu'il a fait avec ce qui s'est passé avec la morue dans l'est du Canada.

M. Nadeau-Dubois : Bien, d'abord, j'aimerais bien savoir d'où M. Dufour tient ces chiffres-là et ces informations-là. J'aimerais bien qu'il nous le dise, en vertu de quelles études indépendantes il est en mesure de raconter des histoires de peur comme ça aux Québécois puis aux Québécoises.

Deuxièmement, c'est tellement une vieille manière de voir les choses, là, c'est tellement une manière passée date. C'est possible, en 2022, au Québec, de faire de la foresterie, de créer des bons emplois forestiers tout en protégeant les espèces disparues, il y a plein… disparues ou menacées de l'être, si elles sont disparues, on n'a pas besoin de les protéger, donc les espèces en voie de disparition. C'est possible de le faire, il faut avoir le courage politique puis l'imagination nécessaire. Puis il y a des entreprises qui le font déjà, il y a des entreprises qui le font déjà, ma collègue Lessard-Therrien en a plein dans sa région, puis elle en parle souvent.

Donc, c'est une manière passée date de voir les choses, opposer comme ça emploi et protection du territoire et de l'environnement, c'est tellement digne d'une autre époque, en fait, c'est tellement CAQ.

Mme Senay (Cathy) : Mr. Nadeau-Dubois, the Minister responsible for Agriculture, Mr. Lamontagne, will announce in a few minutes the fact that the big land of «les Soeurs de la Charité» will become a park, an agronomy park. This isn't great for the green economy?

M. Nadeau-Dubois : My colleague Sol Zanetti is doing a press conference, I think, right now, on the ground there. It's in his riding, so I will…

Mme Senay (Cathy) : For the CAQ Government?

M. Nadeau-Dubois : I will let him the privilege to comment on that news, he's been deeply involved in that struggle.

Mme Senay (Cathy) : I'm reading through the Plan for the Green Economy for 2021 and 2026. Remember, like, we had… the fact that we just had 42% of the means to get there, in this plan, so, it's not even half of it. And now, we have another plan today. I mean, what is… don't you think this strategy of the Legault Government is so washy-wishy that citizens are not even following what they are doing?

M. Nadeau-Dubois : You know, governments have been failing to fight climate change for decades, so, I'm forced to say that people are used to governments betraying their promises and their trust on that. Mr. Trudeau did exactly that, Mr. Guilbeault, very recently, did exactly that. So, Mr. Legault is only one of many politicians that have failed systematically to meet the importance of the climate crisis. He is just the last example of a whole bunch of politicians who are unable to act with courage in face of that crisis and it's… You know, we learn this week that a lot of young people in Québec are anxious about climate change. I can't imagine how they will receive such a plan that says : We are proud to have the means to meet 1% over the half of our target, which is, according to the science, an insufficient target.

Mme Senay (Cathy) : And don't you think it's a good thing to boost the investment to help industrial players? That's the way to go?

M. Nadeau-Dubois : We should be making the polluters pay, not paying the polluters. It's not a bad thing to fund sectors of the industry that have a green future, aluminium, for example, or the battery ecosystem, or biofuel industries, those are industries that actually have a future in the transition toward a green economy. But helping bigger refineries to lower by 1% or 2% their emissions is not a real vision, it's not a real vision for the transition, and we're not helping the workers in those industries by doing that, we're only shoveling the problem in front of us.

M. Wood (Ian) : Can I get your thoughts on the state of COVID, right now, with regard to vaccination? Québec is starting to lag behind in booster shots, and we know we need to get these in order to protect the hospitalizations. What do you think needs to be done to encourage people? Because it seems like we've become... the society has become complaisant to getting boosters.

M. Nadeau-Dubois :You know, living with the virus does not mean doing anything… doing nothing to fight the virus. We need to continue to be careful, we need to continue to go get our shots, especially our booster shots, and we all have a responsibility, as elected officials, to keep saying this, and keep talking to the people we represent that it is an important thing.

Mme Henriquez (Gloria) : There is... In the United States, Dr. Fauci just said that the United States is out of the pandemic phase. Yet, we're seeing a lot of cases here, in Québec, as well. That sort of puts some pressure on other governments to, also, you know, move away from the panic of the pandemic. What do you think we should do here in Québec?

M. Nadeau-Dubois : Well, we are certainly in a new phase of the pandemic, but I do not think the pandemic, it's over, and it's not... and honestly, my personal opinion does not really matter on that. The authorities of public health in Québec don't say the pandemic, it's over, so I trust them, and I just repeat their message.

Mme Henriquez (Gloria) : Do you think they're doing a good job?

M. Nadeau-Dubois : Overall? Well, I think they're… I think the main problem in Québec has not been our public health authorities, it has been the absence of independence between the political power and our public health authorities. Thank you. Merci.

(Fin à 8 h 28)

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