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Point de presse de Mme Isabelle Melançon, porte-parole de l’opposition officielle en matière de condition féminine, Mme Lise Thériault, porte-parole de l’opposition officielle en matière d’entrepreneuriat féminin, et M. Frantz Benjamin, porte-parole de l’opposition officielle en matière de travail

Version finale

Thursday, May 5, 2022, 8 h

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Huit heures une minute)

Mme Melançon : Bonjour, bon jeudi. Alors, simplement, rapidement revenir sur la motion qui a été adoptée hier, à l'unanimité, par les élus de l'Assemblée nationale, motion dans laquelle il y avait un amendement très important du Parti libéral du Québec, je tiens à le souligner. Parce que, dans la motion initiale du ministre du Travail, on ne retrouvait pas d'exigence quant à l'enquête indépendante, et, comme vous le savez, vendredi dernier, j'ai demandé, au nom de ma formation politique, au nom du Parti libéral du Québec, à ce qu'il y ait une enquête indépendante qui soit faite, alors, enquête qui aura lieu. Alors, c'est une belle victoire, hier, pour l'ensemble des élus de

l'Assemblée nationale.

Et aujourd'hui, bien, ce qu'on souhaite, c'est d'aller plus loin. Je déposerai, au nom du Parti libéral du Québec, bien sûr, en collaboration avec Lise Thériault et avec Frantz Benjamin, une motion importante qui exige ceci : C'est que, d'ici la fin de la session parlementaire, on puisse prévoir que toute personne reconnue coupable ou responsable par toute instance, au Canada ou ailleurs, d'infraction, de crime ou d'inconduite à caractère sexuel ou en matière de harcèlement est réputée inéligible à tout poste de direction ou de représentation dans ou pour une association syndicale reconnue.

La raison pour laquelle nous souhaitons présenter cette motion, c'est justement parce que, vous savez, en construction, les travailleurs de la construction sont obligés d'être représentés par un syndicat, et cette obligation-là... Lorsqu'on veut être dans un poste électif, là... Si on doit être représentés, bien entendu que ceux qui nous représentent doivent répondre à des critères d'admissibilité. Nous souhaitons qu'il y ait des critères très clairs d'admissibilité à un poste électif, et c'est ce que nous souhaitons annoncer ou proposer au gouvernement, et on verra si le ministre Jean Boulet aura le courage d'aller jusque là. Parce qu'il faut se poser la vraie question : Est-ce qu'il y a d'autres M. Grondin dans les organisations actuellement? Là, on a mis... LaPresse a mis en lumière une personne, et on veut savoir, en même temps, est-ce qu'il y en a d'autres ou est-ce qu'il est possible qu'il y en ait d'autres. Alors, très clairement, c'est ce que la motion que nous allons déposer aujourd'hui va mettre en lumière.

D'ailleurs, il y a une question qui n'a pas été posée et que je pose aujourd'hui, c'est de savoir est-ce que M. Grondin est parti avec des primes de départ. Je pense que c'est une question à laquelle on devra obtenir aussi des réponses. Je tiens à le rappeler, là, M. Grondin avait fait une victime, et il est question d'agression sexuelle. Ce n'est pas petit. Pendant que lui pouvait s'enrichir, il y a une victime qui était chez elle en choc post-traumatique. Et malheureusement il n'y a personne qui a cru bon dire haut et fort que M. Grondin avait été reconnu coupable. Alors, pour moi, aujourd'hui, c'est important qu'on puisse poser la question sur justement... la question à savoir est-ce qu'il a eu une prime. Parce qu'on apprend que, lorsque le ministre du Travail a téléphoné à la FTQ, on lui a annoncé que M. Grondin n'était plus là. Moi, je veux savoir sous quel prétexte on lui a demandé de partir puis est-ce que c'est avec une prime de départ. C'est important qu'on puisse poser la question.

Alors, voilà. Je m'arrêterais ici pour le moment. Lise, est-ce que tu avais des choses à ajouter? Merci.

Mme Thériault :  …

Mme Melançon : Oui, voilà. 

Mme Thériault : Bonjour, tout le monde. Évidemment, je suis 100 % derrière les demandes de ma collègue, Isabelle. On a discuté longuement, mais je vais demander au ministre Jean Boulet de faire un pas de plus et d'aller plus loin. Vous savez, comme ministre du Travail, c'est lui qui a la responsabilité de recommander au Conseil des ministres les nominations pour les personnes qui vont représenter les syndicats au niveau de la Commission de la construction du Québec et également au niveau de la Commission des normes du travail. Je vais demander au ministre de faire les vérifications pour s'assurer que tous les gens qui sont représentés à l'intérieur de la CCQ et de la CNESST, qui sont issus du milieu syndical, particulièrement la construction, qu'il n'y ait pas eu de jugement défavorable qui a été rendu contre eux soit à la Commission des lésions professionnelles ou au Tribunal administratif du travail.

Si ça avait été le cas et qu'on n'a pas fait ces vérifications-là, ce qu'Isabelle demande aujourd'hui, c'est qu'on vienne faire des modifications dans la loi. Mais je pense que le ministre a l'obligation également, puisque c'est lui qui fait les recommandations et que personne n'a vu ce qui s'est passé avec M. Grondin dans le passé... Bien, si les vérifications avaient été faites, on aurait probablement trouvé ça. Et le ministre a la responsabilité, lorsqu'il recommande au Conseil des ministres de nommer des gens, que ce soit à la CCQ ou à la CNESST... Je vous rappelle que ce sont des présidents de syndicat ou des représentants de syndicat et qu'en matière de travail, que ce soit au niveau de la Commission des lésions professionnelles du Québec ou vis-à-vis le Tribunal administratif du travail, on doit montrer patte blanche. Il n'y a pas de place pour un représentant ou un président de syndicat qui a fait de l'abus, du harcèlement, que ce soit sexuel ou psychologique, définitivement.

Ces personnes-là siègent aux instances, ils siègent dans les comités. Ça fait que, pour éviter qu'on ralentisse les travaux, parce que, des fois, ça prend beaucoup de temps pour faire avancer les choses et changer les positions, changer les politiques, bien, on peut-u s'assurer que les gens qui travaillent là soient des gens qui soient tous motivés par la même chose : changer pour faire en sorte que toutes les politiques qui seront appliquées vont vraiment aller défendre les travailleurs puis qu'on va se ramasser avec des dirigeants qui n'auront pas agressé ou fait du harcèlement psychologique ou sexuel auprès de leurs propres travailleurs? Et voilà. Merci.

Journaliste :

Mme Thériault : Donc, je vais laisser peut-être Frantz...

Journaliste : Ah! O.K. Excusez-moi…

Mme Thériault : Merci.

M. Benjamin : Bien, bonjour, tout le monde. Donc, premièrement, quel plaisir de partager ce point de presse avec mes collègues, deux précieuses collègues, donc, Isabelle Melançon, donc, notre porte-parole en matière de condition féminine, et la doyenne, donc, qui est parmi nous aussi. Donc, très content, Lise, de partager ce point de presse avec toi aussi.

Vous savez, comme ancien élu municipal, on sait de quoi on parle, puisque, vous savez, la loi a été abrogée afin de rendre inéligibles des élus qui se seraient rendus coupables de certains gestes répréhensibles. Aujourd'hui, et depuis la semaine dernière, d'ailleurs, je dois encore une fois féliciter Isabelle, nous avions demandé au gouvernement, nous avions demandé au ministre du Travail une enquête, d'aller au fond des choses, une enquête indépendante. Après plusieurs, moult hésitations, cette semaine encore, lors des crédits, des échanges aux crédits en matière du travail, nous avons réitéré cette demande. Et aujourd'hui nous croyons que le gouvernement doit aller un peu plus loin. Il y a des gestes forts qui doivent être posés, et ce geste fort, c'est la demande que nous faisions à travers cette motion aujourd'hui.

Nous demandons au gouvernement d'assumer ses responsabilités pour rendre inéligibles, donc, des personnes qui se seraient rendues coupables de ces gestes-là, qui va à l'encontre de tous les principes et les valeurs que nous défendons dans la société québécoise. Donc, alors, j'espère que cette motion-là sera adoptée à l'unanimité.

M. Lacroix (Louis) : Ça va? Je ne suis pas avocat, là, mais j'ai l'impression que ce que vous demandez, Mme Melançon, ça demande des modifications au Code du travail, j'ai l'impression, n'est-ce pas? Donc, vous demandez au ministre Boulet de présenter, quoi, un projet de loi?

Mme Melançon : Ça peut être sous forme de papillon. Vous savez qu'il y a un projet de loi, le projet de loi n° 4, sur lequel on travaille actuellement, où il est question de la gouvernance, où on est capables, rapidement, d'y aller avec un papillon.

M. Lacroix (Louis) : …la fin de session, là, forcément.

Mme Melançon : Moi, ce que je demande, c'est que ce soit avant la fin de la session. Ce n'est pas vrai qu'on va attendre la fin de l'enquête indépendante, qu'on ne sait pas quand elle va arriver, avant de poser les gestes qui doivent être posés.

Alors, c'est une motion. On pourra étudier le tout à l'intérieur, par exemple... Je le répète, là, il peut y avoir le projet de loi n° 4. Et, si le ministre veut aller rondement, là, on va aller rondement avec lui, mais encore faut-il qu'il y ait de l'appétit du côté du gouvernement. Et, moi, c'est ce que je souhaite, c'est que le ministre ait le courage d'aller là où il doit aller.

M. Lacroix (Louis) : Est-ce que vous avez vérifié si ça contrevient à la charte des droits et libertés?

Mme Melançon : Je n'ai pas fait la vérification, mais une chose est sûre, dans le... Aide-moi, c'est le R-20? Vas-y, viens donc, Lise, parce qu'on en a parlé hier.

Mme Thériault : Je veux juste vous rappeler que, lorsque j'étais ministre du Travail et que j'ai resserré les critères au niveau de l'émission des permis de la Régie du bâtiment lorsque les gens ont été reconnus coupables de fraude, de malversation… C'est un privilège d'avoir un permis. Je considère que c'est un privilège d'être président de syndicat, comme, pour nous, nous avons un privilège d'être élus. C'est à nous de montrer patte blanche.

M. Lacroix (Louis) : Sauf qu'en regard de la loi puis de la charte avoir un emploi pour gagner sa vie, ce n'est pas un privilège.

Mme Thériault : Non, mais être président d'un syndicat, être le représentant de son syndicat...

M. Lacroix (Louis) : Mais ça demeure un emploi, là.

Mme Thériault : Non, je veux juste vous rappeler, par contre, qu'au niveau de la construction tous les employés de la construction sont obligés. Ce n'est pas un choix, c'est la loi R-20 qui est faite comme ça, et tu es obligé. Donc, raison de plus pour qu'au niveau des syndicats de la construction que les gens qui prétendent à être présidents de leurs sections et représentants de leurs sections, à la FTQ-Construction et à la FTQ-Construction, doivent tous montrer patte blanche en matière de relations de travail dans leurs propres relations de travail.

Si tu es un président de syndicat, c'est un privilège, parce que tu as été élu par tes membres. Tu peux continuer à travailler dans ton syndicat, les présidents géreront leurs sections locales, ce n'est pas ça qui est question ici. Il est question ici de la représentation des présidents de syndicat de la construction à la CCQ, donc tous les syndicats, que ce soient les filiales de la FTQ-Construction ou les autres syndicats qui sont en construction. Ce n'est pas logique qu'un dirigeant syndical ait pu agresser sexuellement une femme pendant deux ans et monter tous les échelons, un en arrière de l'autre, pour se ramasser président de la FTQ-Construction. Ce n'est pas logique.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Est-ce que les exigences devraient être les mêmes pour les élus de l'Assemblée nationale? Parce que, là, vous avez parlé de fraude, il y en a un, précédent, ici, en matière de fraude. Il y en a eu un, ex-député, qui a été reconnu coupable d'agression sexuelle, il n'est plus là, là. Mais, je veux dire, est-ce que ça devrait être la même chose ici pour quel… pour quoi exactement...

Mme Thériault : Honnêtement, là, moi, je peux juste vous dire, là, que notre cheffe… O.K., on fait toutes les vérifications qui s'imposent, mais vraiment toutes les vérifications qui s'imposent. Puis là, ce qu'on parle, c'est surtout en matière de relations de travail, Commission des lésions professionnelles, Tribunal administratif du travail. Il n'y a pas de raison pourquoi un représentant syndical dans l'industrie de la construction ait eu des jugements contre lui pour des actes qui sont graves, je le rappelle… puisse avoir le privilège de monter chacun des échelons et se ramasser à la grande table pour venir décider des politiques de harcèlement sexuel puis de harcèlement au travail, des recommandations qui sont faites au ministre pour changer le travail.

M. Bellerose (Patrick) : ...quand même, d'être député.

Mme Thériault : Pardon?

M. Bellerose (Patrick) : C'est un privilège, quand même, d'être député, comme vous dites.

Mme Thériault : Oui.

M. Bellerose (Patrick) : Donc, la question se pose : Est-ce qu'on devrait interdire à tous les candidats…

Mme Thériault : La même chose, la même chose. Moi, là, ça fait 20 ans que je suis députée, j'ai été élue sept fois par ma population. Si j'avais quelque chose, là, dans mon dossier, vous pouvez être sûr qu'il aurait été sur la place publique bien avant aujourd'hui. Il n'y a rien dans mon dossier. Puis moi, je considère que, oui, c'est un privilège. Puis, oui, définitivement, je pense qu'il y a des gestes qui ne sont pas acceptables dans notre société, pas du tout.

M. Bellerose (Patrick) : ...considère qu'on devrait interdire à toute personne reconnue coupable d'agression sexuelle de poser sa candidature comme député?

Mme Thériault : Bien, honnêtement, là, ça prend du guts en maudit pour déposer sa candidature dans un poste électif, comme député, si tu as ça qui est à ton... tu sais?

Mme Côté (Claudie) : Entre déposer sa candidature puis l'interdire, c'est deux choses, Mme Thériault. Il y a une vérification que vous… Vous faites une vérification diligente. Là, vous demandez que ce soit interdit.

Mme Thériault : Je suis convaincue que ma cheffe, elle est en accord avec les propos que je tiens ici.

M. Lacroix (Louis) : …juste pour être clair, là, vous voudriez que ça soit étendu aussi. L'inéligibilité pourrait s'étendre aux députés, c'est ce que vous réclamez? Vous dites : Quelqu'un qui a... ça peut faire 25 ans...

Mme Thériault : Elle peut s'étendre aux députés, elle peut s'étendre aux élus municipaux, elle peut s'étendre à n'importe qui qui est représentatif de sa population dans un poste électif. Ce que je demande...

M. Lacroix (Louis) : Un député qui a été trouvé coupable d'une agression sexuelle, ou d'un crime sexuel, ou de harcèlement, parce que vous avez mis le harcèlement psychologique là-dedans tout à l'heure, devrait être inéligible à se présenter?

Mme Thériault : Bien, moi, là, je considère, là, que, quand tu as fait notamment ce que M. Grondin a fait... Ce n'est pas logique, qu'il ait été capable de monter chacun des échelons, particulièrement au niveau des syndicats, qui, je le répète, sont supposés de défendre les intérêts des travailleurs, défendre les intérêts des travailleurs.

Mme Melançon : Et travailleuses.

Mme Thériault : Et des travailleuses, définitivement. Il n'y a pas de femmes dans l'industrie de la construction. 55 % sortent de l'industrie de la construction. Il y en a à peine 3 %. Les chiffres se sont un peu améliorés depuis 10 ans, mais moi, je pense qu'on a peut-être un ménage à faire.     Définitivement, là, ce qui s'est passé, c'est inacceptable. Puis oui à une enquête, mais, oui, beaucoup plus loin, le ministre doit prendre ses responsabilités, c'est lui qui recommande les nominations, doit faire les vérifications. Puis ce n'est pas normal, ce n'est pas normal, je le répète, que quelqu'un qui a été reconnu coupable, dans le milieu du travail, parce que c'est un syndicat, qu'il n'y a pas personne qui était au courant puis que ça a passé, qu'il a pu monter tous les échelons.

Est-ce que le président de la FTQ était au courant? Je donne le bénéfice du doute à M. Boyer. Je le donne même à M. Boisjoly, qui est le directeur général de la FTQ-Construction. Mais ce n'est pas vrai qu'à l'intérieur de la structure de la FTQ-Construction il y a un avocat qui a défendu… Puis les gens suivent, normalement, ce qui se passe en matière de relations de travail puis tous les jugements qui sont rendus. Ça fait que ce n'est pas vrai que personne ne savait. Il y a des gens qui savaient. Moi, je veux que la lumière soit faite, je veux savoir comment il a pu gravir, mais je veux aussi surtout que le ministre prenne ses responsabilités puis que ça ne se reproduise plus. Voilà.

M. Bellerose (Patrick) : Notre système de justice est basé sur le fait qu'on peut, justement, avoir une certaine rédemption. Tu sais, on purge sa peine, on a une rédemption. Cinq ans après, on peut avoir un emploi, on peut se présenter comme député. Est-ce que vous considérez que ce n'est pas quelque chose de valable, cette idée-là, de rédemption, du système de justice?

Mme Thériault : On peut lancer le débat. Moi, je suis prête à débattre. Est-ce que... à vie, cinq ans, 10 ans, 20 ans? On peut lancer le débat. Mais, chose certaine, ce n'est pas normal, et je l'ai dit, dans un syndicat, où tu es supposé de protéger tes travailleurs, qu'un président a été reconnu… d'agression sexuelle, harcèlement sexuel… Il est coupable, là, il a grimpé les échelons. On a des questions à se poser.

Moi, quand j'étais ministre, là, quand il y avait quelque chose qui ne marchait pas... Puis, rappelez-vous, à chaque fois que j'avais des reportages dans l'industrie de la construction, puis il y avait quelque chose qui ne marchait pas, on a loué des licences, on a augmenté les amendes, on a… Du monde qui faisait de la fraude, ils n'en ont plus, de permis. On a tout changé les règles. Moi, j'ai pris mes responsabilités quand j'étais ministre. Ça ne marche pas? On change. Le ministre Boulet a la responsabilité de changer et de vérifier son mode de nomination pour s'assurer qu'il n'y ait pas personne qui ait eu des coches mal taillées puis qu'une affaire Grondin n° 2 ne puisse se reproduire.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : ...un climat particulier, à la FTQ, qui a permis que ça arrive?

Mme Thériault : Je ne suis pas à l'interne, je ne pourrais pas vous le dire.

M. Lacroix (Louis) : Vous connaissez la FTQ, vous.

Mme Thériault : Non, je ne suis vraiment pas à l'interne, je ne pourrais pas vous le dire. Puis, comme j'ai dit, moi, je pense que M. Boyer ne le savait pas. Honnêtement, je pense qu'il ne le savait pas, vraiment, puis je n'ai pas de problème à lui donner le bénéfice du doute.

Je pense que les syndicats ont leur raison d'être, c'est normal qu'ils soient là, ils défendent des dossiers, ils défendent des intérêts. 100 % en arrière d'eux, je vais toujours l'être, parce que je pense que c'est le travailleur qui va être le bénéficiaire. Mais, quand tu as un travailleur… une travailleuse qui harcelée, agressée par un président de syndicat, puis que le président de la section continue de monter les échelons, un en arrière de l'autre, ça, c'est inadmissible, là.

M. Duval (Alexandre) : Mme Thériault, il n'y a personne qui remet en question qu'il y a quelque chose qui a été échappé, dans cette histoire-là, puis que, visiblement, l'enquête nous permettra de savoir où est-ce qu'on l'a échappé. Mais la question de la réhabilitation est quand même très importante, c'est un pilier de la justice pénale au Canada.

Mme Thériault : Oui, absolument.

M. Duval (Alexandre) : Y a-t-il une fenêtre de temps qui va être incluse dans votre proposition? Parce que, là, vous dites : Cinq ans, 10 ans, 20 ans, à vie. Qu'est-ce que vous faites du principe de réhabilitation, même pour les postes électifs, là?

Mme Thériault : Oui, bien, honnêtement, la discussion est ouverte. Moi, je n'ai pas de problème à ce qu'on puisse mettre du temps. On en discutera en commission parlementaire. Ça me fera plaisir d'aller à la commission où M. Boulet sera... ou le projet de loi n° 4, s'il décide de déposer un papillon. C'est des choses qui peuvent se régler rapidement. Là, le libellé de la motion aujourd'hui est inspiré directement de la Loi R-20, donc c'est une modification à la Loi R-20. La loi, elle est déjà écrite, c'est un papillon qu'on dépose pour s'assurer que quelqu'un qui a été reconnu coupable… Par la suite, là, honnêtement, là, si le ministre veut rouvrir le débat, ça me fera plaisir d'y contribuer, même si je ne suis plus parlementaire, à titre d'ex-ministre du Travail.

M. Duval (Alexandre) : ...une période de temps acceptable?

Mme Thériault : Non, mais ça me fera plaisir de pouvoir contribuer à l'avancement des travaux.

M. Duval (Alexandre) : …c'est quand même important. Je comprends que vous êtes prête à en débattre, mais est-ce que vous avez une conception de ce qui serait une période de temps acceptable d'inadmissibilité à un poste électif?

Mme Thériault : Non, je pense qu'il faut aller voir qu'est-ce qui se fait ailleurs. Ça ne serait pas logique de vous répondre ça là, là, comme ça, il faut être capable de l'étudier. Moi, je suis de celles qui croient au pardon, également, mais il faut mettre toujours en lien l'infraction avec le domaine dans lequel on est. Est-ce que c'est acceptable qu'un professeur qui a agressé... tu sais, qu'une personne qui a agressé des enfants sexuellement soit professeur? Il ne peut pas, il ne peut pas. Est-ce que la question s'est posée : Y a-tu une limite de temps? Non. Bien là, vous me posez la question. Je trouve que c'est une question qui mérite la peine d'être débattue, c'est tout.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Le débat que vous soulevez est très intéressant, très complexe. Est-ce que de mettre un échéancier à d'ici la fin de la session, ça relève du spectacle parlementaire?

Mme Thériault : Non, pas du tout.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Et pourquoi ne pas se donner le temps d'avoir ce débat-là de façon posée et entre les partis?

Mme Thériault : La première question à régler sont les nominations recommandées par le ministre. Donc, la modification qu'on demande ici, là, c'est quelque chose qu'il peut faire. Parce que, de toute façon, les vérifications, si on oblige à le faire dans la loi, on va être sûrs qu'elles vont être faites. Ça, c'est la première responsabilité. Par la suite...

M. Lacroix (Louis) : Mais, vu le débat que ça soulève, même ici, en conférence de presse, est-ce qu'il n'y aurait pas lieu de tenir des consultations là-dessus pour savoir, dans le droit, ce qui est acceptable ou ce qui est même possible de faire?

Mme Thériault : Je comprends vos questions...

M. Lacroix (Louis) : Parce que, là, si on met un papillon dans le p.l. n° 4, là, je vais dire une chose, ça...

Mme Thériault : Bien, savez-vous quoi, on étudie des projets de loi qui sont omnibus, puis souvent ce n'est pas les ministres qui portent les dossiers, c'est un ministre qui est à côté.

Moi, je fais juste vous dire, là, la question ne s'est jamais posée pour une personne qui a agressé sexuellement ou qui a de la pornographie, s'il devient professeur, vous ne posez même pas la question : Est-ce qu'on peut mettre une limite de temps, cinq ans, dix ans, quinze ans? Pourquoi vous...

Journaliste : ...

Mme Thériault : Bien oui, mais il y a une incompatibilité quand tu es président d'un syndicat de travailleurs, il y a une incompatibilité, point. On ne l'empêche pas de gagner sa vie, là, on l'empêche de représenter ses gens, et d'avoir tous les privilèges, et d'aller siéger sur les comités respectifs qui en découlent.

M. Bellerose (Patrick) : Pourquoi ne pas inclure d'autres types de crime, là? On sait, par exemple, qu'il y a des dirigeants syndicaux qui ont déjà tabassé des gens, par exemple.

Mme Thériault : On est prêts à rouvrir le débat. Moi, je vous dis que, là, présentement, c'est l'affaire Grondin, c'est : Pourquoi il a pu grimper les échelons? Nous, ce qu'on est en train de vous dire : On peut-u faire en sorte que ça n'arrive plus puis, s'il y en a, on peut-u les tasser? Ça fait que faisons les vérifications rapidement, n'attendons pas, parce que, si, dans deux semaines, il y a d'autres victimes sur la place publique, là, bien, vous allez voir que ce que je propose, là, ça a bien de l'allure, surtout si c'est dans un autre syndicat de la construction.

M. Lacroix (Louis) : Là, vous n'avez pas une crotte sur le coeur contre la FTQ?

Mme Thériault : Pas pantoute, non, pas du tout. Non, non, non. Puis, non...

M. Lacroix (Louis) : C'était quoi, l'expression qu'avait utilisée M. Arsenault?

Mme Thériault : Non, non, non, on n'ira pas là, on n'ira pas là. Mais, honnêtement, moi, là, je défends les travailleurs, les travailleuses, et je l'ai toujours dit, j'ai une oreille pour le syndicat, une oreille pour le patronat, mais mon coeur, il est aux travailleurs et aux travailleuses. Et ce qui s'est passé est inadmissible, inadmissible. On doit faire les changements.

Comment vous pensez, vous, que la CCQ peut travailler correctement avec des gens qui ont posé de tels actes, dans leurs comités de formation, dans les comités de politiques? Aïe! C'est du beau show, là. Je m'excuse, là, mais moi, j'appelle ça des larmes de crocodile, quelque chose, là. Ça n'a pas de bon sens, il faut qu'on sorte ce monde-là, il faut qu'on fasse le ménage. Bien, «let's go», allons-y.

Mme Melançon : Merci, tout le monde.

Mme Thériault : Merci.

Une voix : …English question.

Mme Thériault : Oh! in English. Vas-y, Frantz.

Mme Henriquez (Gloria) : Today, students at John Abbott College are going to be protesting Bill 96. I was just wondering what your thoughts are on that, that they're taking the matter into their own hands.

M. Benjamin : Well, it is clearly a situation where you have citizens who express their opposition to Bill 96, and I think Dominique Anglade has spoken, regarding Bill 96, what we, as the Liberal Party of Québec… where we stand on that.

Des voix : Merci.

Mme Melançon : Bonne journée, là!

(Fin à 8 h 23)