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Point de presse de M. Vincent Marissal, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de santé, et M. Andrés Fontecilla, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de logement et d’habitation

Version finale

Thursday, May 12, 2022, 8 h 40

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Huit heures cinquante minutes)

M. Fontecilla : Bonjour, mesdames messieurs. Donc, vous le savez, aujourd'hui, cette semaine, c'est les assises de l'Union des municipalités du Québec, et l'on assiste à la montée, à l'apparition d'une nouvelle génération d'élus municipaux un peu partout au Québec, et beaucoup, dans les grandes villes, dans les grandes agglomérations, des élus qui veulent construire des villes à l'échelle humaine et qui veulent s'attaquer au grand fléau de notre temps, les changements climatiques et la crise du logement, là.

Ce qu'on veut leur dire, c'est que Québec solidaire est un allié ici, à Québec, parce qu'on sait que ces maires font face à un gouvernement, gouvernement de la CAQ, là, qui est littéralement figé dans une conception des années 50, concernant le développement des villes. Et nous, on leur promet deux choses, si jamais on est au gouvernement, là, on va mettre en place deux mesures structurantes pour l'avenir des villes. Tout d'abord, réformer la Loi sur les expropriations, qui empêchent les villes de construire à échelle humaine, et élargir le droit de préemption, qui est actuellement seulement octroyé à la ville de Montréal. Mais nous, nous allons permettre que toutes les municipalités du Québec puissent se prévaloir du droit de préemption afin, notamment, de mieux planifier la construction des logements sociaux, et voilà, s'attaquer, véritablement, à la crise du logement.

Donc, avec nous, les villes et les municipalités pourront prendre le virage écologique, densifier le territoire, le protéger et mettre fin à la crise du logement. Merci beaucoup.

M. Marissal : Bonjour. Merci d'être là. Quand on va partir d'ici, ce soir, on retourne dans notre circonscription pour une semaine. On va revenir, il va rester trois semaines. C'est la fin de session. C'est la fin du premier mandat de ce gouvernement, donc c'est le temps des bilans. Comme on n'est jamais mieux servi que par soi-même, la CAQ a décidé de prendre les devants un peu puis s'est acheté de la publicité un peu partout au Québec. Vous avez peut-être vu ces immenses panneaux, là, je ne sais plus trop : La CAQ, Maintenant. Le bilan. Enfin, bref, ils se sont fait plaisir.

Puis je les comprends de vouloir faire leur bilan eux-mêmes, parce que, s'ils laissent ça aux autres, on va dire des choses qu'ils n'aimeront pas. Mais je vais me faire plaisir, moi aussi, puis je vais dire des choses qu'ils n'aimeront pas, parce qu'on doit ça à la population du Québec. On va laisser à la CAQ l'autocongratulation, là, ils sont bien bons là-dedans, là.

Mais juste cette semaine, là, puis là je ne ferai pas le bilan des quatre ans, mais juste cette semaine, on a appris que le gouvernement s'est traîné les pieds quand la COVID est arrivée, alors qu'on avait tous les signaux, alors que l'OMS le disait. Ils se sont réveillés en retard, et puis ça nous a coûté 1 milliard de dollars parce qu'ils ont trop attendu pour acheter de l'équipement, notamment de l'équipement de protection individuelle. Alors, la belle fable du gouvernement, là, qui courait les aéroports, tel James Bond, pour acheter du matériel puis le voler aux autres, là, bien, la fiction a éclaté hier dans le rapport de la Vérificatrice générale, là. Ce qu'on voit, là, c'est qu'ils ont fait preuve de nonchalance, de laxisme et d'amateurisme, puis ça nous a coûté 1 milliard, rien que ça.

On voit aussi que le plan pour les soins à domicile, c'est qu'il n'y a pas de plan, hein? On nous avait vendu ça, Marguerite Blais, la ministre des Aînés : c'est la priorité. Bien, la Vérificatrice générale, encore une fois, nous dit que le plan, c'est qu'il n'y a pas de plan. Pourtant, ça fait juste comme 35 ans qu'on parle de ça au Québec, mais il n'y avait pas de plan prêt puis il n'y en aura pas. Puis, si on ne prend pas les mesures, là, maintenant, avec le vieillissement de la population, on s'en va directement dans un mur.

Évidemment, la promesse d'un médecin pour tout le monde, non seulement ça ne tient pas, mais la patente que le gouvernement a achetée en catastrophe, le fameux hub informatique, l'interface connaît plein de problèmes et de ratés. Ça aussi, c'est à mettre au bilan de la CAQ.

Les fameux bonis aux gestionnaires de sociétés d'État, dont la plupart gèrent des monopoles, rappelons-le, quand même, là. Alors, pour la concurrence et puis la compétitivité, là, on repassera. M. Legault a complètement viré sa veste là-dessus, depuis qu'il est au pouvoir, puis il trouve ça bien normal. Puis, de toute façon, regardez le bilan, encore une fois, les bonis ne font qu'augmenter.

Et puis la meringue sur la tarte, ce matin, une cinquième enquête concernant le ministre Fitzgibbon. C'est devenu une habitude. M. Fitzgibbon est un multirécidiviste du manquement à l'éthique. On l'a déjà vu, on l'a déjà coincé là-dessus, et nous sommes obligés. N'en déplaise au premier ministre, hein, qui ne voulait pas qu'on continue de demander des enquêtes, on fait notre boulot et on demande, encore une fois, une enquête sur des liens entre M. Fitzgibbon et des entreprises qui étaient très, très proches de lui.

Alors, voilà pour le bilan. Désolé de noircir la belle page rose de la CAQ, là, mais on ne s'en fera pas passer, puis on est là pour veiller au grain, et c'est ce que nous allons faire. Merci.

Mme Lévesque (Fanny) : Vous parlez de bilan. Ce matin, on ressort des extraits du livre, là, de M. Legault, là, Cap sur le Québec gagnant. Il vantait clairement les avantages… en fait, les désavantages de l'étalement urbain. Il avait un discours qui ressemble étrangement à ce qu'on entend aujourd'hui des maires, comme vous le dites, là. Qu'est-ce qui explique... Qu'est-ce qui s'est passé, à votre avis, entre la publication de ce livre-là et aujourd'hui, son discours sur l'étalement urbain?

M. Marissal : Veux-tu le prendre, sur l'étalement urbain? C'est plus ton champ que le mien.

Mme Lévesque (Fanny) : ...

M. Marissal : Oui, bien, Andrés est spécialiste en affaires municipales, alors je vais...

M. Fontecilla : Bien, c'est clairement, bien, un changement radical de vision, là. On voit la vraie nature de la pensée de François Legault et de la CAQ, là. C'est un gouvernement qui est au service des promoteurs, là, qui dirige véritablement en...

Au fond, là, le développement urbain au Québec, là, dans l'opposition, il adoptait, comment dire, le point de vue de la plupart des experts, des tendances mondiales concernant la densification, mais, une fois au pouvoir, il s'accommode très bien, là, des promoteurs immobiliers, là, qui dirigent le développement des villes et favorisent l'étalement urbain, là. Donc, c'est un changement radical et ça met en lumière la vraie nature de la pensée de François Legault.

Mme Lévesque (Fanny) : Ça s'explique comment? Parce qu'il est sous l'influence des promoteurs immobiliers, vous pensez?

M. Fontecilla : Parce qu'au fond il pense que le développement immobilier, là, le développement des villes, en général, là, c'est le secteur privé qui s'en occupe. Et les secteurs... les différents paliers gouvernementaux, à la limite, peuvent encadrer un tant soit peu ces développements-là. Mais c'est les promoteurs immobiliers qui prennent les décisions concernant le développement urbain.

M. Bergeron (Patrice) : Et qu'est-ce que ça dit sur la sincérité ou les convictions de quelqu'un, si vous écrivez quelque chose, puis après ça, bien, vous faites d'autres choses?

M. Fontecilla : Je pense, vous savez, l'inertie est forte, hein? Une fois qu'on est au gouvernement, et qu'on fait face à la réalité, et qu'on fait face à l'opposition, et à une réalité qui est dure, là, on a tendance à mettre de l'eau dans son vin, et à peut-être oublier ce qu'on avait déjà dit, et se laisser aller par les circonstances des choses, les promoteurs qui disent : C'est comme ça qu'on va faire, puis c'est très difficile… L'étalement urbain, c'est une tendance forte, on ne va pas véritablement s'y opposer, ça va susciter, éventuellement, des réactions. Donc, voilà, on se laisse porter par l'inertie et on n'agit pas pour contrer des tendances néfastes comme l'étalement urbain.

M. Laforest (Alain) : Le maire de Québec a utilisé quand même des propos assez durs, là, «fallacieux», «dangereux», à l'endroit du gouvernement. Est-ce qu'il s'expose à une certaine forme de représailles? Une fois le nouveau gouvernement élu, là, est-ce qu'on pourrait le mettre sur le banc de touche pour le forcer à rentrer dans le rang?

M. Fontecilla : J'espère que non, j'espère que non, ce n'est pas... On vit dans une société démocratique, tout le monde a le droit à son opinion. Oui, on doit... Je pense que le gouvernement doit... Ne doit pas... doit se rappeler de ces déclarations-là, et chercher les causes profondes de ces déclarations-là, et chercher à changer les choses au lieu de faire des représailles, là.

M. Duval (Alexandre) : On voit que le discours de M. Marchand percole dans la population. Est-ce que c'est les municipalités qui jouent le réel rôle des oppositions à Québec?

M. Fontecilla : Je pense que les municipalités jouent un rôle essentiel en termes d'opposition, je pense que les oppositions ici, à Québec, aussi, ont un rôle très important à jouer, là. Mais on voit que les oppositions se multiplient, là, au Québec, à cette arrogance du gouvernement Legault qui se croit... qui croit avoir la science infuse. Et d'habitude les municipalités qui sont plutôt très diplomatiques, là, par rapport au gouvernement du Québec, là… mais aujourd'hui elles haussent le ton, elles osent s'opposer publiquement à différents projets du gouvernement du Québec, là. Ça indique qu'il y a quelque chose, ça indique que...

M. Bergeron (Patrice) : Est-ce que vous ne voyez pas une différence d'impact? Par exemple, quand la mairesse Plante ou le maire Marchand fait des sorties, et puis ça frappe comme des missiles, puis nous, on est là tous les matins, on rapporte ce que vous écrivez, ce que vous dites puis les bilans que vous faites, mais on dirait que ça n'a pas du tout... on dirait que ça n'a pas le même impact dans l'opinion publique.

M. Marissal : Bien, vous savez, ce n'est pas un concours, hein? À la fin, on a les mêmes électeurs, peu importe le palier de gouvernement, on a les mêmes électeurs. Moi, les miens et les miennes, là, les électrices et les électeurs dans Rosemont, là, ils ont les mêmes priorités que les autres. Ils voient que ça n'a pas de bon sens, par exemple, le REM de l'Est, on relaie ça; nous, on est essentiellement des relais ici, puis c'est ce qu'on fait avec brio, d'ailleurs. Et puis, franchement, là, sans chauvinisme, Gabriel Nadeau-Dubois, en ce moment, c'est lui qui mène le bal, et il est au même moment et au même endroit que ces maires et mairesses qui réclament des actions réelles contre le changement climatique, la crise du logement.

Est-ce que quelqu'un peut nier qu'Andrés Fontecilla a mis toutes ses empreintes digitales sur ce dossier-là? Il était le seul à en parler pendant des mois puis des années ici, au point où même la ministre a fini par reconnaître que, oui, il y a une crise du logement, bon, ça lui a probablement brûlé la langue de le dire, là, mais ça, c'est le travail d'Andrés.

Alors, encore là, ce n'est pas un concours, là. Moi, je ne me sens pas diminué si le maire Marchand est capable d'avoir une position forte et je l'applaudis. Quand la mairesse Plante, puis je suis Montréalais en plus, se tient debout puis dit : Ça n'a pas de bon sens, telle ou telle affaire, j'applaudis quand on peut travailler ensemble, et c'est généralement le cas. Il y a une communauté d'esprit, en ce moment, entre les priorités de Québec solidaire, entre l'action politique qu'on mène et ces maires et mairesses qui disent : Attention! on a des gens qui souffrent. Changements climatiques, crise du logement, pas de transport collectif, c'est notre pain puis notre beurre ici, à nous, depuis des années.

Mme Prince (Véronique) : Comment vous l'analysez, le rapport de force des villes qui se retrouvent quand même devant un gouvernement qui a un taux de satisfaction historique, là? Est-ce qu'ils en ont un, rapport de force?

M. Marissal : Oui, ils en ont un, ils le prennent à la même place que tous les élus prennent le rapport de force : dans la population qui nous élit.

Et moi, je suis heureux et fier de voir ces maires et mairesses se lever. Il y a des limites à avaler les couleuvres. Puis le gouvernement, là, très fort de sa majorité ici, là, puis très fort de ses sondages, là, grisé et enivré, là, de ses sondages, y compris ceux qu'il fait faire lui-même pour s'autocongratuler, voudrait bien passer par-dessus la tête de ces maires et mairesses. Puis là il y a des gens qui se lèvent puis qui disent : Non, ça ne se passera pas comme ça.       Puis c'est très bien comme ça, parce qu'on a fait des gains récemment. Le REM de l'Est, c'était une catastrophe, une affaire mal foutue commencée par les libéraux, que la CAQ a récupérée sans trop poser de questions. La patente avec la Caisse de dépôt, là, c'était la meilleure invention depuis le pain tranché. Ça ne tenait pas la route, c'est la population qui s'est levée.

On était avec eux, et tant mieux si le monde municipal prend ses responsabilités puis dis au gouvernement : Un instant, là, vous n'êtes pas le roi du royaume du Québec, vous ne pouvez pas tout décider, nous ne sommes pas vos vassaux. Alors, moi, je suis très fier de voir ça, je suis content de voir ça.

Mme Prince (Véronique) : Qu'est-ce que ça veut dire au niveau des champs de compétence? Est-ce que ça peut grandir leurs champs de compétence, ce qui est en train de se passer là? Est-ce que vous pensez qu'il y a une croisée des chemins?

M. Marissal : J'espère. J'espère sincèrement, parce que le monde municipal, c'est le palier le plus près de la population, hein, c'est... ce que vous faites tous les jours, ça a un impact avec la politique municipale.

Et trop longtemps, les gouvernements, ici, à Québec, ont eu une forme de mépris envers le monde municipal. Puis pourtant ces gens-là sont élus, sont élus. La mairesse Plante est autant élue que François Legault. Catherine Fournier, elle est autant élue qu'Andrée Laforest. Il n'y a pas de hiérarchie de : Moi, je suis plus élue que toi. Alors, si ces maires et mairesses sont capables de changer le rapport de force… surtout que, très franchement, je le redis, là, on a une communion d'esprit, là : changements climatiques, transport collectif, crise du logement.

On s'en va vers le 1er juillet, là, on s'en va vers une première canicule, là, fin mai, comme c'est devenu presque la norme depuis quelques années… les espaces verts, des gens qui souffrent de la chaleur, qui sont dans des mauvais logements ou qui n'ont pas de logement. Les tentes vont repousser, là, dans certaines régions à Montréal, puis on va en voir partout, là, au Québec.

Bien, tant mieux si on est capables de travailler ensemble. Moi, je n'en prends pas ombrage, pas du tout.

M. Laforest (Alain) : Vous qui avez été très, très critique, là, à l'endroit des organismes de sécurité, là, est-ce que les yeux vous ont brûlé, ce matin, en voyant l'affaire Scoppa dans le journal? 

M. Marissal : Je sais que Les Soprano sont revenus à la mode, là, apparemment, là, mais franchement, c'est un mauvais épisode, là, c'est un très, très mauvais épisode. En plus, écoutez, le frère d'une famille mafieuse qui a des démêlés avec le ministère de l'Environnement, qui fait dans les dépotoirs… franchement, c'est un mauvais scénario, là, c'est presque caricatural. Alors, je vais m'arrêter là dans les superlatifs, là, mais je pourrais en mettre beaucoup, beaucoup, beaucoup, là.

Alors là, la balle est dans le camp, notamment, de Sonia LeBel, qui est la responsable de ce qu'on appelle la LCOP, là, la Loi sur les contrats des organismes publics, parce que ce contrat-là, en plus, a été donné sans appel d'offres. Et la balle est dans le camp de l'Autorité des marchés publics. Voici un bon dossier pour l'Autorité des marchés publics, qui est un nouveau chien de garde au Québec.

Il faut absolument qu'on se mette le nez là-dedans et je pense qu'il faut aussi que le ministre de l'Environnement nous raconte pourquoi est-ce qu'il n'est pas intervenu, pourquoi son ministère n'est pas intervenu pour s'assurer qu'un contrevenant n'obtienne pas de contrat public.

M. Laforest (Alain) : Est-ce qu'on peut comprendre, dans cette histoire-là, que, compte tenu que c'est un contrat de gré à gré, les mécanismes de vérification ont été mis de côté?

M. Marissal : Bien, c'est bien ça, le problème. De un, pourquoi c'est un contrat de gré à gré? On nous raconte, apparemment, que l'entreprise a prétendu pouvoir faire telle chose. Bien, ce n'est pas comme ça que ça doit fonctionner avec les contrats publics, là, n'importe qui ne peut pas entrer dans un ministère puis dire : Ah! bien, je vais vous faire ça, puis ça va être parfait. Alors, les contrats de gré à gré, de toute façon, on l'a assez dit, ça devrait être l'exception, là. Dans ce cas-ci, pourquoi est-ce que c'est un contrat de gré à gré? Puis, même si on donne un contrat de gré à gré, là, petite recherche sur les fichiers du gouvernement aurait permis de voir que cette entreprise n'était pas en conformité et qu'elle avait en plus des liens assez douteux. Si vous devez 50 $ au fisc, là, le gouvernement le sait, puis vous n'aurez pas droit à certaines prestations, notamment les 500 $ que M. Legault veut vous envoyer. Mais il y a des entreprises, au passé franchement douteux, qui ont des démêlés, en ce moment, avec le gouvernement, qui obtiennent des contrats publics. C'est soit de l'incompétence, soit de l'amateurisme ou un mélange des deux.

M. Robillard (Alexandre) : Qu'est-ce que c'est la responsabilité des libéraux dans les ratés qui ont été constatés dans le rapport de la Vérificatrice générale sur la gestion de la pandémie?

M. Marissal : Vous parlez en particulier des EPI, l'équipement de protection individuelle?

M. Robillard (Alexandre) : Bien, dans le sens du plan de gestion de la pandémie, il y avait aussi sur l'évaluation des soins à domicile, qui n'avait pas été faite. Donc, est-ce qu'il y a une part de responsabilité qu'on peut attribuer aux libéraux là-dedans?

M. Marissal : Bien, sur les soins à domicile, assurément, parce que, comme je l'ai dit tantôt, ça fait au moins 35 ans qu'on parle de ça ici, ça fait au moins 35 ans qu'on parle de ça. La courbe démographique, là, elle est connue, elle est connue, on le sait que la population vieillit au Québec. On a eu de multiples rapports qui disent qu'on vieillit mieux, on vieillit bien quand on est à la maison, si on n'a pas besoin d'être hospitalisés comme tels, puis les libéraux ont préféré faire des réformes, là, comme la réforme Barrette, là, qui, en fait, a contribué au saccage de notre réseau public.

Alors, oui, essentiellement, les gouvernements précédents ont une responsabilité là-dedans. Ils en ont beaucoup parlé, il y a eu beaucoup de slogans, mais il n'y a jamais eu d'action là-dessus.

M. Robillard (Alexandre) : Sur le fait qu'ils ont... que le plan de pandémie n'avait pas été remis à jour, ça, est-ce qu'ils ont quelque chose à voir dans ça, selon vous? Est-ce que ça peut expliquer une partie de la situation qui s'est produite au cours des deux dernières années?

M. Marissal : Bien, normalement, les plans d'intervention, que ce soit pour des catastrophes naturelles, pour des catastrophes pandémiques, comme celle-ci, devraient être remis périodiquement à jour. Pourquoi est-ce que le gouvernement libéral a décidé de ne pas le faire? Il faudrait le leur demander, franchement, mais de fait, ça devrait être fait. Ça devrait être fait. Sinon, à quoi bon avoir des plans d'urgence, à quoi bon avoir des plans pandémiques si on n'est pas capables de le remettre à jour?

Moi, j'ai toujours été assez surpris de lire dans tous les rapports que, dans ce fameux plan qui datait, on n'avait pas identifié les CHSLD comme des zones à risques en cas de pandémie. C'est quand même assez curieux. Pourquoi n'a-t-on pas revu cela?

Puis par ailleurs, à Québec solidaire, nous, on propose, depuis des années, quelque chose qui s'appelle Pharma-Québec, ça date de l'époque d'Amir Khadir. Nous, on a dit depuis longtemps : Il faut qu'on soit maîtres chez nous dans notre approvisionnement puis qu'on arrête de dépendre tout le temps des autres. Puis, dans le plan de Pharma-Québec, il n'y a pas juste des médicaments, là, il y a aussi de l'équipement de protection individuelle. Ça, ça n'a jamais été fait, et, au contraire, les libéraux étaient de ceux qui ridiculisaient ce plan-là mis de l'avant par Amir… et qu'on a remodernisé, qu'on remet de l'avant en disant : Si on s'occupe de nos affaires, on sera mieux servis que d'être dépendants d'entreprises douteuses qui vendent n'importe quoi.

Mme Senay (Cathy) : Mr. Marissal, the fact that the debate, since the beginning of this week, on densification and urban… was pushed by mayors of the new generation or new Mayor Bruno Marchand, and there is a debate now, how do you feel about seeing mayors speaking up against the vision of the Legault Government and having this debate, you know, still there among the population today, and we're Thursday? You didn't succeed to do that as the Opposition at the National Assembly. Like, the questions you raised, it's hard for them to move the debate. It's been hard, even on Herron, on different things. How can you explain the two? Yes, is it because it's a new movement, perhaps, with the new mayors? Because you're doing your job as the Opposition, it's just that…

M. Marissal : Thank you, thank you, yes, I think we're doing our job actually. And, you know, I won't argue on the premise of your question, of course, I respect that. But we've been front and center for years and years on the major issues that we are seeing being debated today on the public place: climate change, housing and fiscal reform for municipalities, collective transport. We've been front and centre asking Government, first of all, to wake up, and face the music, and then come with some real decisions facing these real issues on the planet.

So, actually, I won't take offense if the mayors are now stepping up with us, because they are with us. So, I would like to see ourselves as «précurseurs».

Mme Senay (Cathy) :OK. And how important it is to make citizens realize that what Mr. Bonnardel has said about densification, that it's «à la mode», that's it, and then having… you know, thinking about the third link and how the speech of the CAQ is dangerous, populist, it's what Bruno Marchand said, how it is important for citizens to realize that this… perhaps, it is an old fashion way of doing things?

M. Marissal : And that's what we have been saying here for years and years. I can clearly... sorry, remember questions by M. Andrés, by Catherine Dorion, by Sol Zanetti, and of course Gabriel and Manon, asking the Government: What's your plan for climate change? What's your plan collective transport? What's your plan for housing? And now, to see that the mayors, some of them, stepping up, joining their voices with ours, I mean, for me, it's music to my ears.

And it is very important that this happens at this moment because we're at the end of the first mandate of the CAQ Government, and it's time for the report card, and it's time for the people to realize that this party has not delivered. And it's worst than that, actually. For years, they have been denying some evidences like climate change or housing problems.

So, for me, I means, I more than happy to see that happening.

Mme Greig (Kelly) : On the Auditor General report that was issued yesterday, the $1 billion of taxpayer's money that was lost on PPE, personal protective equipment, do you feel like that is taking center stage? Because that is a big announcement, but it comes, on the same day, it was a very busy news day, with the Roxham Road as well. Do you feel like Quebeckers are understanding what… the losses theirs and that it is as big as a story as it should be?

M. Marissal : Well, I think Quebeckers know what a billion dollar is, although I've never seen it. But most of the people, in Québec, are able to understand that it is a big amount of money. And the fact that François Legault is just trying to hide away, saying: Well, you know, there was a crisis and you're trying to rewrite history. No, we' re not trying to rewrite history. It's not about me, it's about the «Vérificatrice générale», the Auditor General who tabled, yesterday, a report saying that the Government just failed on that issue of PPE.

Mme Greig (Kelly) : I know there's been a lot of questions about, you know, campaigning on the pandemic and not wanting... to avoid that, rather. But, when you have these reports, when you have the not wanting to do a public inquiry into certain issues like the Herron Home, for instance, how do feel the pandemic will creep into the election campaign? Because it's hard to put those issues aside.

M. Marissal : Well, this $1 billion fiasco is just one another piece of the report card of this Government that I was talking about just a few minutes ago. The Government would like very much to talk about something else, anything else. But you can count on me to do my job, and go out there, and remind the people that they were not even able to buy masks, and, when they did, they bought masks that didn't work, and they didn't check on that. I mean, it's not serious.

Une voix : Merci.

M. Marissal : Merci.

(Fin à 9 h 16)

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