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« Édifice F »

Définition

Édifice acheté en 1940 par le ministère des Travaux publics pour loger des services de l'Administration.

Construit en 1878, cet immeuble a d'abord été une école protestante appelée High School, puis Commissioners High School.

Il était situé à l'ouest de l'hôtel du Parlement et était voisin immédiat de l'édifice André-Laurendeau.

Il a été démoli au printemps de 1970 pour permettre la construction d'un tunnel reliant l'hôtel du Parlement, l'édifice André-Laurendeau et l'édifice Marie-Guyart.

Historique

La Protestant Board of School Commissioners de Québec achète le terrain en octobre 1873 à William Rhodes au coût de 1100 $.

Début du chantier

Deux ans plus tard, les plans d'un immeuble d'une valeur de 10 000 $ sont prêts. Ce sera une école mixte pouvant accueillir de 100 à 150 élèves. Les classes de garçons et de filles seront séparées1.

Le 4 septembre 1878, le High School est livré à temps pour la rentrée scolaire, mais le nouvel établissement n'accueille que des filles. Elles proviennent d'une école protestante des environs qui est surpeuplée. Les garçons seront quant à eux admis dans une autre école2.


Le High School en 1901 photographié à partir du parterre de l'hôtel du Parlement. Fonds Fred C. WürteleBAnQ

Occupation et transformation de l'édifice

Avec le temps, l'école doit être agrandie, car le nombre d'élève augmente sans cesse. En mars 1914, des plans signés par Harry et Edward Black Staveley sont approuvés. Des travaux d'une valeur de 50 000 $ sont prévus. La nouvelle aile, achevée en novembre 1914, est inaugurée le 22 janvier suivant. Elle est construite en briques Heathfield sur des fondations de pierre. Elle comprend quatre classes, une grande salle et deux salles de jeux sur plancher de béton au sous-sol3.

En avril 1918, la direction du High School, rebaptisée en novembre Commissioners High School, désire accueillir dans l'établissement les garçons de 9e, 10e et 11e année. Pour obtenir des locaux additionnels, on achète de George C. Scott la propriété adjacente située au sud de l'école. Elle coûte de 7000 $. En 1926, l'école est de nouveau l'objet d'importantes rénovations. Elle dispose désormais d'un laboratoire de sciences et d'une bibliothèque de 4000 volumes4.

À la même époque, le gouvernement de Louis-Alexandre Taschereau s'intéresse au quadrilatère où se trouve l'école. Depuis 1910, l'accroissement des effectifs de l'État incite les gouvernements à construire de nouveaux édifices pour résoudre le problème récurrent du manque de locaux. Par sa proximité de l'hôtel du Parlement, l'emplacement de l'école serait parfait pour la croissance de la cité parlementaire. En février 1928, les autorités scolaires refusent une offre d'achat du gouvernement de 11 000 $ pour l'ancienne propriété Scott. Elles préfèrent vendre l'immeuble au complet pour une somme de 145 000 $ sous condition de trouver d'abord un édifice conforme à ses besoins5.

Ce prix ne convient pas au gouvernement. Deux ans plus tard, celui-ci projette de construire dans ce secteur trois édifices dessinés par l'architecte Raoul Chênevert. En février 1931, il envisage d'exproprier l'école pour un montant de 35 000 $ ou de 40 000 $, car la Protestant Board of School Commissioners, sachant ce qui se prépare, a haussé le prix de 1928. Le ministre des Travaux publics, Joseph-Napoléon Francœur, affirme qu'on « ne veut pas nous vendre la bâtisse voisine de son école. On nous dit: "Prenez tout ou rien". L'école est une jolie bâtisse, mais elle nous coûterait peut-être de 150 000 $ à 200 000 $ et nous serions obligés de la démolir.6 » Dans ces conditions, les pourparlers prennent fin.

Le gouvernement possède déjà tous les lots du quadrilatère situé juste au nord de l'école. Il y construit deux des trois immeubles du plan Chênevert, soit l'édifice de l'Agriculture, terminé en 1932, et l'édifice de la Voirie, achevé en 1936.

Le 21 septembre 1936, le nouveau premier ministre, Maurice Duplessis, annonce que son gouvernement va lancer rapidement la construction du troisième édifice. Il va abriter les bureaux du coroner, la morgue et le quartier général de la police provinciale. Son coût est estimé à 100 000 $. Les fonds proviendront d'une entente fédérale-provinciale destinée à donner des travaux aux chômeurs de la ville de Québec7.


Dessin de l'agrandissement situé à l'arrière de l'édifice existant et réalisé en 1914. Fonds Famille Staveley-Protestant Board of School Commissioner's, BAnQ

 

Le Québec est alors en pleine crise économique et compte de nombreux travailleurs au chômage. Les autorités municipales de Québec demandent au gouvernement d'intervenir. Le 9 octobre, ce dernier décide plutôt de consacrer les 100 000 $ à des travaux d'aménagement dans les parcs de la Ville. De cette façon, les sans-emploi trouvent un gagne-pain dans l'immédiat tandis que construire un édifice demande du temps pour dresser des plans, trouver un emplacement, faire un appel d'offres, etc8.

En mars 1938, des rumeurs courent selon lesquelles le gouvernement réaliserait plusieurs projets d'agrandissement des édifices parlementaires prévus depuis 1930 par l'architecte Chênevert. On fait aussi écho à l'édifice F. Le quotidien L'Événement rapporte que les plans seraient prêts et « l'augmentation considérable du budget du ministère des Travaux publics pour le prochain exercice financier laisse prévoir que le gouvernement entreprendra ces travaux cette année9 ».

Rien ne change jusqu'en mai 1939, alors que le gouvernement fait part de sa volonté d'acheter la Commissioners High School avant le 1er juillet. Les deux parties s'entendent sur les termes de la vente, qui doit être approuvée par le Cabinet, mais cette décision est remise au printemps 194010.

La défaite de Duplessis aux élections générales d'octobre 1939 pourrait laisser croire que le projet tombe à l'eau une fois de plus. Or, la commission scolaire protestante, pour mettre fin à des années d'incertitude, a acheté un terrain situé dans la Haute-Ville dans le but d'y construire une nouvelle école. Une campagne de souscription est lancée pour amasser les fonds qui manquent pour bâtir l'établissement11.

Achat de l'édifice par le gouvernement

La transaction est enfin conclue au printemps de 1940 par le nouveau gouvernement d'Adélard Godbout au coût de 90 000 $. Les autorités scolaires reçoivent également un prêt de 25 000 $ pour la construction de l'école12.

À la fin de l'année scolaire, l'édifice qui accueillait jusqu'à 310 élèves est vidé. Le ministère des Travaux publics y fait des aménagements d'une valeur de 15 440 $ pour l'adapter aux besoins de l'Administration13. L'ancienne école abrite désormais le « Service des Impressions, les bureaux de la perception de la taxe de Vente, des réserves et une salle de projection cinématographique ». La propriété Scott abrite, quant à elle, les bureaux du Service de « cinéphotographie »14.

En août 1940, L'Action catholique rapporte que le gouvernement Godbout a l'intention de démolir l'ancienne école pour construire l'édifice F projeté depuis 1930. L'information est démentie le lendemain, le gouvernement ajoute que l'ancienne école protestante servira encore au moins un an15.

Pendant plusieurs années, on désigne cet immeuble comme étant les « bâtisses sur le site de l'Édifice F » dans les rapports du ministère des Travaux publics. Puis, à la fin des années 1950, on mentionne « l'édifice F » lui-même16.

Démolition de l'immeuble

L'état actuel de la recherche ne permet pas de connaître la date exacte de la démolition de l'édifice F. Il est certain que c'est chose faite en mai 1970 pour autoriser la construction d'un tunnel reliant l'hôtel du Parlement, l'édifice André-Laurendeau et l'édifice Marie-Guyart17.


Vue de l'arrière de l'ancienne école en 1965. Elle donne sur la rue Conroy, aujourd'hui nommée rue Louis-Alexandre-Taschereau. En arrière-plan, les édifices André-Laurendeau et Jean-Antoine-Panet. Photo Neuville Bazin, Fonds ministère de la Culture et des Communications-Office du film du Québec, BAnQ

Pour citer cet article

« Édifice F », Encyclopédie du parlementarisme québécois (en ligne), Assemblée nationale du Québec, 19 janvier 2015.

Faites-nous part de vos commentaires à : encyclopedie@assnat.qc.ca

Notes

1 

Arthur G. Penny, Moulding our Tomorrows : A Survey of the First Hundred Years of Protestant Education in Quebec City, 1846-1946, Québec, Protestant Board of School Commissioners, 1947, p. 53; « To-Day's Sunbeams », Quebec Daily Telegraph, 10 septembre 1878, p. 4.

2 

« Reopening of Protestant School », Morning Chronicle, 31 août 1878, p. 2; « Girls' High School », Budget Saturday, 21 septembre 1878, p. 2.

3 

A. G. Penny, op. cit., p. 55; « Opening of the girls' high school », Quebec Chronicle, 23 janvier 1915, p. 5.

4 

A. G. Penny, loc. cit.; « C. H. S. Loses Identity But Not Traditions; Old Girls' School Dates Back To 1875 », Quebec Chronicle Telegraph, 3 septembre 1941, p. 10.

5 

A. G. Penny, op. cit., p. 54-56.

6 

Débats de l'Assemblée législative, 20 février 1931. Le 21 février 1932, Francœur aborde de nouveau la question en disant que la commission scolaire protestante « est anxieuse de nous vendre, mais elle nous demandait $140,000 pour cette construction-là, et nous en n'avions pas besoin ».

7 

« Nouvel édifice de la province dans Québec », Le Soleil, 21 septembre 1936, p. 1. Au lieu des bureaux du coroner, L'Événement et L'Action catholique du 23 septembre rapportent erronément que c'est la « cour du recorder » qui sera logée dans cet édifice.

8 

« Le $100,000 sera dépensé pour les parcs de Québec et non pour des édifices », L'Action catholique, 9 octobre 1936, p. 3.

9 

« Le parlement sera agrandi cette année », L'Événement, 15 mars 1938, p. 3.

10 

« New School Site Is Purchased For Commissionners' High School », Quebec Chronicle Telegraph, 4 novembre 1939, p. 1 et 11.

11 

Ce terrain est situé entre les rues Saint-Cyrille et Marquette, aujourd'hui René-Lévesque Ouest et Père-Marquette. « New School Site Is Purchased For Commissionners' High School », Quebec Chronicle Telegraph, 4 novembre 1939, p. 1 et 11.

12 

Cette nouvelle école sera nommée le Quebec High School. A. G. Penny, op. cit., p. 56.

13 

« C. H. S. Loses Identity... », loc. cit.; A. G. Penny, op. cit., p. 56; État des comptes publics de la province de Québec et rapport annuel de l'auditeur de la province pour l'exercice clos le 31 mars 1941, Québec, Imprimeur du Roi, 1941, p. 217 et 228.

14 

Rapport général du ministre des Travaux publics et Président du Bureau de reconstruction économique de la province de Québec pour l'année finissant le 31 mars 1941, Québec, Imprimeur du Roi, 1941, p. 28.

15 

« Un nouvel édifice sera construit par la province, rue St-Augustin », L'Action catholique, 14 août 1940, p. 3; « Plans Incomplete For New Building On C. H. S. Site », Quebec Chronicle Telegraph, 15 août 1940, p. 3.

16 

Rapport général du ministre des Travaux publics de la province de Québec pour l'année finissant le 31 mars 1950, Québec, Imprimeur du Roi, 1950, p. 45; Rapport général du ministre des Travaux publics de la province de Québec pour l'année finissant le 31 mars 1959, Québec, Imprimeur du Roi, 1959, p. 63.

17 

Le permis de démolition pour un contrat d'une valeur de 8000 $ est accordé à Flibotte & Fils ltée. La Semaine commerciale, 24 avril 1970, p. 17. Une photographie publiée dans Le Soleil du 1er avril 1970 (p. 11) montre la construction du tunnel et mentionne que « les travaux préparatoires nécessitent la démolition d'un petit édifice en arrière des édifices du parlement », vraisemblablement l'édifice F.