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« Massacre des innocents »

Définition

Expression utilisée au XIXe siècle et au début du XXe siècle pour désigner les projets de loi qui « meurent au feuilleton » à la fin de la session parlementaire.

Historique

L'expression fait référence à l'Évangile selon saint Matthieu. Elle désigne l'ordre donné par Hérode de tuer tous les enfants de moins de deux ans de la région de Bethléem peu après la naissance de Jésus.

Une expression semblable, le « massacre des pelhamites innocents », désigne en Grande-Bretagne la révocation par le roi George III de plusieurs membres du gouvernement de Thomas Pelham-Holles en 1762. Outre le premier ministre lui-même, le renvoi touche également de nombreux fonctionnaires subalternes qui ne sont pas nécessairement liés aux problèmes du Cabinet. L'ampleur de ces départs explique l'analogie avec l'épisode biblique1.

Au Québec, l'expression est utilisée par les députés de manière sarcastique pour désigner les projets de loi inscrits au feuilleton, mais qui n'ont pas été étudiés quand survient la fin des travaux parlementaires.

La locution « massacre des innocents » apparaît pour la première fois le 17 janvier 1874 à l'Assemblée législative. Le député libéral de Shefford, Maurice Laframboise, se plaint que seuls les projets de loi du gouvernement sont considérés par la Chambre. Selon lui, si « les bills privés [sont] impitoyablement sacrifiés; nous verrons un nouveau massacre des innocents2 ».

À la Tribune de la presse, les chroniqueurs parlementaires utilisent couramment cette expression dans la première moitié du XXe siècle3.

Pour citer cet article

« Massacre des innocents », Encyclopédie du parlementarisme québécois (en ligne), Assemblée nationale du Québec, 4 juillet 2013.

Faites-nous part de vos commentaires à : encyclopedie@assnat.qc.ca

Pour en savoir plus

Baranger, Denis. Parlementarisme des origines, Paris, Presses universitaires de France, 1999, 399 p.

Gardner, Juliet et Neil Wenborn. The Columbia Companion to British History, Columbia University Press, 1995, 840 p.

Notes

1 

Denis Baranger, Parlementarisme des origines, Paris, Presses universitaires de France, 1999, p. 176; Juliet Gardiner et Neil Wenborn, The Columbia Companion to British History, Columbia University Press, 1995, p. 571.

2 

Débats de l'Assemblée législative, séance du 17 janvier 1874, p. 172-173. Voir aussi le 1er avril 1903, le 19 décembre 1913 et le 22 janvier 1920.

3 

Damase Potvin en est un bon exemple dans Aux fenêtres du Parlement de Québec, histoire, traditions, coutumes, usages, procédures, souvenirs, anecdotes, commissions et autres organismes, Québec, Éditions de la Tour de pierre, 1942, p. 103.