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Version préliminaire

41st Legislature, 1st Session
(début : May 20, 2014)

Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version finale du Journal est publiée dans un délai de 2 à 4 mois suivant la date de la séance de la commission.

Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions

Tuesday, September 20, 2016 - Vol. 44 N° 85

Examination of Hydro-Québec’s 2016–2020 strategic plan


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Journal des débats

10 h (version non révisée)

(Dix heures quinze minutes)

Le Président (M. Pagé) : Alors, s'il vous plaît, s'il vous plaît, je vais vous demander de prendre place. Chers amis et collègues, c'est notre tour à l'Assemblée. J'espère que tout le monde a passé un bon été, que vous êtes en forme pour reprendre les travaux. Alors, je vous demande d'être à l'ordre. Je constate le quorum. Donc, je déclare la séance de la Commission de l'agriculture, pêcheries, énergie, ressources naturelles ouverte. Je demande comme à l'habitude à tous les gens d'éteindre tout ce qui s'appelle cellulaire, tablette, iPhone et tout le reste, et le mettre en mode vibration.

Alors, le mandat de la commission de ce matin, il est... nous sommes réunis afin de procéder à l'étude du plan stratégique 2016‑2020 d'Hydro-Québec. Alors, Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des remplacements?

La Secrétaire : Il n'y a aucun remplacement, M. le Président.

Le Président (M. Pagé) : Alors, je vous remercie. Je vous fais la lecture de l'ordre du jour. Ça va comme suit : Nous débuterons aujourd'hui par les remarques préliminaires, ensuite nos invités présenteront globalement Hydro-Québec ainsi que les quatre stratégies de son plan stratégique 2016‑2020, stratégies qui seront par la suite expliquées individuellement. Des échanges avec les membres auront lieu à la suite de la présentation de chacune de ces quatre stratégies, puis nous conclurons par les remarques finales.

Alors, sans plus tarder, j'invite M. le ministre des Ressources naturelles, tout en le saluant, pour une période de 7 m 30 s pour ses remarques préliminaires. M. le ministre.

M. Arcand : Merci, M. le Président. D'abord, premièrement, j'aimerais souligner, bien sûr, la présence de nos députés, le député de Côte-du-Sud, de Saint-Maurice, mon adjoint parlementaire qui s'en vient d'Abitibi-Est, de Papineau, des Îles et de Saint-Maurice. Alors, mes salutations à nos députés gouvernementaux. Également, j'aimerais saluer le député de Sanguinet de la première opposition, et Mme la députée de Saint-Hyacinthe, deuxième opposition.

J'aimerais souhaiter la bienvenue aujourd'hui à M. Éric Martel, le président-directeur général, qui arrive en force avec une équipe de direction revue et améliorée, j'en suis certain. Mes salutations à Mme Lise Croteau qui est vice-présidente exécutive et chef de la direction financière; M. David Murray, qui est président d'Hydro-Québec Distribution; M. Réal Laporte, d'Hydro-Québec Innovation; M. Pierre-Luc Desgagné; M. Éric Filion, également; puis je salue également Mme Julie Boucher; et aussi j'ai eu le plaisir de retrouver, Mme Ann Bourget qui... que j'ai connue dans une vie antérieure. Elle était à la Fédération québécoise des municipalités, et je vois qu'elle est maintenant rendue à Hydro-Québec. Alors, bienvenue à tous.

Je suis donc très heureux d'être ici en compagnie de tous nos collègues pour étudier le plan stratégique d'Hydro-Québec. Ce plan est le premier plan stratégique à être aussi étroitement lié à la Politique énergétique du gouvernement que j'ai lancée le 7 avril dernier. Une politique qui met le consommateur au centre des actions de notre gouvernement qui assure une gouvernance intégrée de la transition énergétique, une politique qui favorise une transition vers une économie à faible empreinte carbone et une politique qui propose une offre énergétique renouvelée et diversifiée au consommateur.

Et donc inutile de vous dire qu'à l'intérieur de cette Politique énergétique, je pense qu'il est très vrai de dire qu'Hydro-Québec c'est certainement un de nos plus grands atouts que nous avons au Québec, c'est la plus grande société d'État au Québec. Hydro-Québec, c'est 75 milliards de dollars d'actifs; c'est 19 000 employés; c'est 37 000 mégawatts de capacité de production; c'est un bénéfice net de plus de 3 milliards de dollars qui contribue au développement du Québec; et c'est aussi plusieurs milliards de dollars d'investissement ici, au Québec. C'est donc extrêmement significatif. Hydro, c'est un acteur majeur de développement économique, de développement énergétique pour le Québec.

• (10 h 20) •

Le rôle donc de la société d'État, au cours des prochaines années, va être appelé à évoluer. Je pense que nous, ce que nous voulons, et c'est le mandat qui a été donné, on veut qu'Hydro-Québec puisse contribuer au développement du marché des énergies renouvelables partout dans le monde. Je vous rappelle également que nous étudions...

M. Arcand : ...le rôle donc de la société d'État au cours des prochaines années va être appelé à évoluer. Je pense que ce que nous voulons, et c'est le mandat qui a été donné, on veut qu'Hydro-Québec puisse contribuer au développement du marché des énergies renouvelables partout dans le monde. Je vous rappelle également que nous étudions aussi la possibilité d'un retour d'Hydro-Québec sur la scène internationale. Et grâce à ces nouvelles opportunités, la société pourra, d'ici 15 ans, doubler ses revenus afin d'augmenter le bénéfice du gouvernement du Québec.

Dans les années à venir, Hydro-Québec va accroître également ses exportations d'électricité. Deux marchés sont présentement convoités, les États-Unis et l'Ontario. Nous allons exporter de l'électricité en privilégiant, bien sûr, la réponse à nos besoins.

Et Hydro-Québec va continuer d'intensifier ses efforts en vue de commercialiser les technologies dont elle est propriétaire, que ce soit l'IREQ, que j'ai visité d'ailleurs la semaine dernière, qui effectue des recherches prometteuses en matière de batteries, de stockage de grande capacité, les moteurs TM4, et Hydro-Québec commercialise dans 25 pays des technologies développées ici, au Québec. Nous allons donc encourager Hydro-Québec à saisir ces opportunités.

Nous avons aussi des ententes particulières envers Hydro-Québec. Nous voulons qu'Hydro-Québec, évidemment, agisse avec plus de transparence envers ses citoyens, améliore ses services à la clientèle, réalise des gains d'efficacité afin que l'objectif qui est devant nous, soit une augmentation de tarifs qui soit inférieure à l'inflation, se poursuive.

Et évidemment il est important de dire également qu'Hydro-Québec doit travailler aussi de concert avec la filière éolienne, et j'ai vu avec grand plaisir l'annonce qui a été faite, entre autres, entre Hydro-Québec et Enercon au cours des dernières... des derniers jours là-dessus. Et je vois également que le modèle réfléchi de la filière éolienne commence à porter ses fruits, puisque j'ai vu certains contrats en Gaspésie, entre autres, avec LM Wind Power. C'est donc quelque chose d'extrêmement important.

Plusieurs projets d'exportation sont sur la table. Nous allons soutenir ces projets. On sait que l'énergie éolienne a aussi de l'avenir au Québec dans le domaine des exportations et on sait qu'une combinaison énergie éolienne et électricité peut être une solution gagnante pour pénétrer plus facilement le marché américain.

Alors, en conclusion, j'aimerais vous dire que j'ai lu avec beaucoup d'attention tout le plan qui est devant nous aujourd'hui, le plan stratégique d'Hydro-Québec. Je tiens à remercier toute l'équipe qui a travaillé très fort pour la réussite de ce plan et qui va travailler certainement de façon importante au cours des prochaines années pour faire encore une fois de cette entreprise, qui est un peu le fleuron du Québec, dans une certaine mesure, une entreprise qui va évoluer dans les meilleures conditions, et je tiens donc à remercier l'ensemble des gens qui sont ici présents, qui se prêtent à cet exercice qui est à la fois important et exigeant et qui vont certainement répondre à toutes vos questions aujourd'hui.

Alors, merci infiniment, M. le Président.

Le Président (M. Pagé) : Merci, M. le ministre. Alors, vous avez bien dit doubler les profits en 15 ans?

M. Arcand : Oui.

Le Président (M. Pagé) : Très intéressant! On a bien besoin d'entendre ça.

Alors, on passe tout de suite aux remarques préliminaires avec l'opposition officielle. M. le député de Sanguinet, vous disposez de 4 min 30 s, temps maximal.

M. Therrien : Alors, c'est à mon tour de saluer les gens qu'il y a autour de la table, d'abord vous, M. le Président, à tout seigneur tout honneur, je vous salue bien bas, M. le ministre, vous êtes salué, alors MM. les députés de la partie gouvernementale, je vous salue tous et chacun, et je salue également ma collègue de la seconde opposition, la députée de Saint-Hyacinthe.

Alors, on côtoie régulièrement ces temps-ci... et je dois vous dire qu'on est très heureux aujourd'hui d'avoir avec nous la plus grosse entreprise du Québec, une entreprise qui est la possession des Québécois dans leur ensemble. Alors donc, on sait aussi que vous avez et vous amenez beaucoup d'argent dans les coffres de l'État. On vous en remercie. Je pense qu'au départ on doit dire ça. Évidemment, vous savez qu'on a toujours des comptes à rendre quand on est dans une situation comme la vôtre, et puis je trouve qu'une commission parlementaire dans ce genre s'y prête bien. Alors je vous remercie beaucoup d'être ici avec nous. On va essayer de profiter de ce moment-là pour justement éclaircir le plus possible, là, les différents sujets auxquels on aura à traiter ensemble.

Écoutez, on a vu la politique énergétique récemment. Vous êtes un acteur important de la politique énergétique. On a aussi le projet de loi n° 106 qui est sur la table actuellement et qui aura une influence en partie, je dis bien en partie, sur votre avenir, et on aurait aimé ça vous voir en commission, mais on a eu votre mémoire, et donc c'est avec grand intérêt qu'on l'a lu, qu'on a scruté ça. Mais évidemment nous, on va dépasser le cadre... bien, pas dépasser le cadre, mais on va parler, entre autres, de l'électrification des transports, on va vous poser des questions là-dessus. Je vous annonce d'avance, là, vers quoi on va se diriger, puis je pense que c'est de bon aloi puis c'est dans une discussion intéressante, j'imagine, qu'on aura à traiter de ces dossiers-là. Donc...

M. Therrien : ...ça. Mais évidemment, nous, on va dépasser le cadre... bien, ne pas dépasser le cadre, mais on va parler, entre autres, d'électrification des transports, on va vous poser des questions là-dessus. Je vous annonce d'avance, là, vers quoi on va se diriger, puis je pense que c'est de bon aloi, puis c'est dans une discussion intéressante, j'imagine qu'on aura à traiter de ces dossiers-là.

Donc, parler d'électrification des transports, parler des plans que vous avez, parce qu'on parle, entre autres, là, de circuits électriques, mais on veut savoir c'est quoi les ambitions, là, à très court terme jusqu'en 2020. Qu'est-ce qui pourrait être envisagé de votre part pour, justement, accentuer et accélérer l'électrification des transports. Évidemment, la situation de l'éolien, les gens du secteur éolien nous disent que ça prend de la prévisibilité le plus possible pour garantir, au minimum, le maintien de ces emplois-là. Alors, on va vous  demander, entre autres, là, qu'est-ce que vous aller faire pour... avec, évidemment, le ministère pour, justement, assurer cette prévisibilité-là et faire en sorte que ces emplois-là de qualité, et qui sont directement, là, je pense, doivent être favorisés grâce à leur rapport à l'élimination du carbone dans la création de l'énergie, je pense que tout le monde s'entend là-dessus, je ne vous apprends rien.

Évidemment, il y a l'entente de TransCanada, ça non plus, vous n'êtes surpris que je vais vous en parler un peu. Je vous remercie, d'abord, d'avoir... de nous avoir donné les informations qu'on vous avait demandé. On va peut-être vous poser quelques questions, juste pour avoir une idée encore plus précise de cette situation-là et donc, on va traiter avec vous, là, de ce dossier, qui est quand même... qui retient l'attention des Québécois puis on peut le comprendre, là, je suis certain que vous en convenez avec moi.

On va parler aussi de stratégie d'exportation. Il est évident qu'une part des profits est liée à l'exportation, on parle d'exportations aux États-Unis, mais on parle aussi d'investissements. Vous voulezrelancer, là, les projets d'investissements étrangers, ce qu'on trouve intéressant puis les questions qu'on va se poser, entre autres, par rapport à ça, c'est : est-ce que ça a des impacts sur les tarifs? Est-ce que ça aura des impacts sur les tarifs que les Québécois auront à subir éventuellement? Donc, on discutera là-dessus.

On va parler des liens avec les consommateurs. On parle d'augmentations qui ne dépassent pas l'inflation. Vous êtes entendus là-dessus, sauf que j'ai un petit peu de la misère à cerner quel type d'inflation il s'agit puis on en discutera. Est-ce que c'est les coûts de production? Est-ce que c'est l'IPC? Est-ce que c'est l'IPC de référence utilisé par la Banque du Canada? C'est quoi... C'est quoi, l'inflation, là, avec laquelle vous allez avoir à travailler? Évidemment, on a des modifications qui sont proposées par le projet de loi n° 106 sur la Régie de l'énergie, entre autres la possibilité pour Hydro-Québec de financer partiellement le réseau électrique montréalais puis donc, on veut vous entendre également là-dessus.

Alors, ça, ça fait un peu le tour, là, de ce que nous souhaitons discuter avec vous. Évidemment, moi, je suis ici comme les Russes en 72, je suis ici pour apprendre. Alors, j'espère que je vais apprendre, alors j'espère que je vais apprendre et je suis convaincu que je vais frapper à la bonne porte pour apprendre que vous et votre équipe, vous allez être diligents et faire en sorte qu'on puisse apprendre bien des choses sur l'entreprise la plus importante au Québec.

Alors, je vous souhaite la bienvenue. Je vous remercie d'être là, vous et votre équipe, M. Martel.

Une voix : Merci.

Le Président (M. Pagé) : Vous êtes rendu expérimenté, M. le député de Sanguinet, vous êtes top chrono dans votre 4 min 30 s. Alors, Mme la députée de Saint-Hyacinthe, vous disposez de trois minutes.

Mme Soucy : Merci, M. le Président. Je vais prendre quelques secondes également pour vous saluer, saluer les employés de cette commission, mes collègues des différents partis. Salutations et bienvenue aux gens d'Hydro-Québec, c'est toujours un plaisir de vous retrouver en commission parlementaire.

Le dossier énergie prend de plus en plus de place dans les médias depuis quelques mois, et avec raison. Les défis sont grands pour toute l'industrie, mais notamment pour Hydro-Québec. Hydro-Québec a mis la barre haute, hein, a mis la barre haute comme objectif à atteindre pour 2020, quand on parle de doubler les revenus; d'envisager les acquisitions à l'étranger; des gestes concrets pour améliorer le service à la clientèle. Également, la contribution au Plan Nord; convertir l'alimentation des réseaux autonomes; le déploiement massif qu'on a eu la chance de discuter lors d'une autre commission des bornes électriques; les promesses du gouvernement ne pas hausser les tarifs également, ça vous met quand même une certaine pression.

Alors, mon collègue en a parlé, l'adoption du projet de loi n° 106, Hydro va devoir contribuer à l'électrification des transports, j'ai hâte de vous entendre sur ça. Ouf! vous avez du pain sur la planche, M. Martel, mais je suis vraiment ravie de voir qu'Hydro-Québec s'est dotée d'objectifs concrets. Évidemment, j'aurai des questions précises quant au plan de match dont vous vous êtes doté également. Nous avons tous à coeur la société d'État, je pense que les Québécois ont un lien d'appartenance à Hydro-Québec.

• (10 h 30) •

Mais je pense qu'il est grand temps de revaloriser ce lien d'appartenance à Hydro-Québec. Alors, le service à la clientèle est un des grands chantiers, je pense, auquel il faudra travailler, qui va également contribuer à améliorer l'image d'Hydro-Québec. Je pense que vous avez franchi un premier pas, un bon pas même, je dirais, avec la nomination d'un nouveau président à Hydro-Québec...


 
 

10 h 30 (version non révisée)

Mme Soucy : ...alors le service à la clientèle est un des grands chantiers, je pense, auquel il faudra travailler, qui va également contribuer à améliorer l'image d'Hydro-Québec.

Je pense que vous avez franchi un premier pas et un bon pas même, je vous dirais, avec la nomination d'un nouveau président à Hydro-Québec Distribution. Alors, maintenant, il va être impératif de cibler les lacunes et puis de mettre en place des mesures concrètes pour remédier à la situation, puis d'offrir un service à la clientèle dont les Québécois sont en droit, je pense, de s'attendre d'une société d'État, hein, d'un monopole.

Alors, je vous remercie, M. le Président, et puis je suis prête à commencer les travaux. Merci.

Le Président (M. Pagé) : Alors, je vous remercie, chère collègue pour les remarques préliminaires. Donc, je vais demander, comme à l'habitude, aux gens de se présenter, présenter les gens qui les entourent. Fait assez différent de ce que l'on fait normalement, vous allez disposer de deux périodes de 15 minutes. Ce qu'on me dit, c'est que la première période de 15 minutes dont vous disposez, c'est afin de présenter votre organisation et globalement les quatre stratégies de votre plan stratégique 2016‑2020. Donc, la parole est à vous. Et, ensuite, vous disposerez d'une autre période de 15 minutes pour ce qui suit. D'accord? La parole est à vous.

M. Martel (Éric) : Alors, M. le Président, M. le ministre, MM., Mmes les députés, je vous remercie d'emblée de nous accueillir aujourd'hui. On voit cette session... cette commission comme une opportunité, un peu comme vous le soulignez, M. le député, de faire comprendre Hydro-Québec, qu'on ait un bon dialogue. Et c'est important pour nous aussi de recevoir des commentaires de votre part et des questions. Alors, on est heureux aujourd'hui d'avoir cette opportunité-là. Mes collègues aussi vont s'introduire.

Je n'ai que 15 minutes, et c'est un peu un défi parce que j'essaie de vous en donner le plus possible, mais je souhaitais aussi vous donner... retourner à il y a un an, O.K., quand je suis arrivé à Hydro-Québec, un peu plus d'un an maintenant, le temps passe très rapidement, un peu le contexte qu'on était, O.K., d'où est-ce qu'on est partis parce que, ce plan-là, on ne la pas travaillé dans les derniers jours, on l'a travaillé à l'automne dernier, on l'a fait approuver par notre conseil. Ensuite de ça, on l'a déposé et on le revoit avec vous aujourd'hui. Alors, c'est important parce que ça a donné le ton à la suite des choses, et puis on n'a pas la prétention que notre plan est parfait, on a la prétention que c'est un très bon plan. Par contre, c'est un plan qui est ambitieux et se voulait ambitieux.

Le Québec... Hydro-Québec est un outil essentiel au développement économique du Québec, est un outil essentiel aussi, hein, pour les revenus de l'État, mais en même temps on fait beaucoup de développement, puis on va revenir là-dessus un peu plus tôt. Mais, en même temps, notre grand souhait à nous, c'est que les Québécois se réapproprient Hydro-Québec, que les Québécois soient fiers d'Hydro-Québec, aller à l'international, faire rayonner le Québec à l'international parce qu'on a des connaissances particulières, Hydro-Québec, qui sont valorisées et reconnues internationalement. C'est quelque chose dont, les Québécois, on devrait tous être fiers.

Alors, sans plus tarder, je vais très rapidement passer, là, alors je m'en excuse d'emblée parce que je vais passer rapidement sur certaines informations, mais je voulais vous donner le contexte un peu qu'on avait quand on a débuté notre plan.

Alors, vous avez devant vous, ici, deux chartes importantes. Ça, c'est la satisfaction, excusez-moi, de la population, O.K., québécoise et l'engagement des employés que vous voyez ici. Alors, vous voyez que l'évolution du taux de satisfaction général de la population était vraiment en chute. C'est un sondage qu'on fait depuis le début des années 90 où habituellement on était dans les alentours de 89 %, 90 % et qui avait chuté à 82 %. Vous voyez un peu... et c'est toujours un reflet, nos employés aussi ressentaient ça, et il y a eu une décroissance de l'indice d'engagement de nos employés. Et on voit par contre qu'il y a eu, l'année passée, parce que ce sondage-là se fait en septembre, on est arrivés, on avait un peu annoncé nos couleurs. Alors, oup! un petit rehaussement déjà ressenti l'an dernier. Et on attend les résultats évidemment bientôt pour cette année.

Un autre élément important... Alors, ça, c'était contextuel. Un autre élément contextuel aussi où on était en 2015, c'est qu'Hydro-Québec avait quand même beaucoup d'employés. Vous voyez qu'aujourd'hui on a baissé nos effectifs à 19 700. Il faut remonter jusqu'à 1986 pour avoir un effectif plus bas que ce qu'on a présentement. Alors, il y a eu... Hydro-Québec, à un moment donné, on a monté à 26 000 personnes, et on a redescendu, on a remonté, et là présentement on a moins de 20 000 employés chez Hydro-Québec. Alors, on avait besoin d'optimiser et d'être plus productifs, et on a adressé ça. Et ça, il faut se rappeler, là, que c'est un contexte différent. En 1986, on avait 20 000 employés, mais on avait 2,8 millions de clients. Aujourd'hui, on en a 4,2 millions. Alors, on a beaucoup plus de clients à servir et on a beaucoup plus d'actif à entretenir. En dollars équivalents, on avait 32 milliards d'actif à s'occuper en 1986 et, aujourd'hui, 75.

Une autre chose importante qui est très contextuelle, c'est qu'on bénéficie. L'hydroélectricité est la source d'énergie, au niveau du prix, qui est la plus prévisible. Alors, ce graphique-là vous montre, si vous preniez en 1963, donc il y a plus de 50 ans, 100 $ d'électricité, 100 $ de mazout et 100 $ de gaz naturel, et là vous suivez la courbe. La ligne pointillée, c'est l'IPC, c'est l'indice... c'est l'inflation en fait...

M. Martel (Éric) : ...au niveau du prix qui est la plus prévisible. Alors, ce graphique-là vous montre, si vous preniez, en 1963, donc il y a plus de 50 ans, 100 $ d'électricité, 100 $ de mazout et 100 $ de gaz naturel, et là vous suivez la courbe. La ligne pointillée, c'est l'IPC, c'est l'inflation, en fait, qu'on a eue année après année. Et vous pouvez voir, M. le Président, que le prix de l'électricité est à peu près parfaitement corrélé avec l'inflation. Alors, vous voyez qu'on paierait environ 750 $, notre 100 $ qu'on payait en 1963, en 2015. Par contre, quand vous regardez le gaz, on est plus aux alentours de 1 250 $, et ça, c'est malgré une correction dans les dernières années, et le mazout aussi, qui a subi une correction, est environ 1 500 $. Alors, la beauté de l'électricité du modèle québécois qu'on a, c'est la prévisibilité de nos coûts, et ça, c'est quelque chose qu'on veut préserver.

Les exportations d'électricité aussi, c'est un enjeu présent dans le plan d'affaires d'Hydro-Québec, et ça, c'est important, je veux que tout le monde soit conscient de ça parce que, présentement, vous voyez, on exportait, en 2005, 6,7 TWh. Pour chaque kilowattheure d'électricité, on se faisait payer 0,12 $. Présentement, on exporte 30 environ. Si vous regardez les dernières années, quatre années, et, cette année, on est, en 2016, dans les mêmes grandeurs d'ordre, on exporte donc 30 TWh, ce qui est à peu près cinq fois plus que ce qu'on exportait avant; par contre, le prix est aux alentours de 0,05 $ et 0,06 $, et le marché a chuté. Mais c'est important, ça, parce que 0,01 $ à 30 TWh, c'est 300 millions de dollars de profit à peu près.

Alors, quand ça fluctue, les marchés, si ça continue de baisser, le profit d'Hydro-Québec peut être mis à rude épreuve, mais, en même temps, s'il monte de 0,02 $, bien, ça peut nous donner 600 millions. Alors, pour nous, là, c'est très, très important de comprendre ça, c'est une dynamique de marché que nous ne contrôlons pas, évidemment, un peu partiellement, parce que nos volumes peuvent impacter, mais c'est une situation qu'il faut tenir compte.

L'autre chose aussi qu'on doit préserver au Québec, c'est que, vous le voyez ici, à Montréal ou partout au Québec, on dit Montréal, les gens paient 72 $, ou 0,072 $, si vous le voulez, si on le met en sou, on est plus habitués en sou, du kilowattheure. Si vous allez à Vancouver, 103 $, Toronto, 143 $, donc exactement ou à peu près le double. Donc, si vous avez une facture d'électricité à Toronto, chaque kilowattheure va vous coûter deux fois plus cher qu'au Québec. Si vous êtes à New York et à Boston, ça va vous coûter quatre fois plus cher. Alors, c'est un avantage qu'on a, c'est un beau modèle économique. Alors, ça aussi, dans le contexte d'affaires, il faut préserver ça et s'assurer qu'on continue de creuser l'écart en ayant des hausses à l'inflation plus basses, en fait, que l'indice d'inflation.

L'autre chose qui est très importante et puis qui est très mal comprise, c'est qu'Hydro-Québec, c'est une entreprise avec des actifs, hein, c'est une entreprise d'actif qu'on a investi, qui ont coûté des milliards de dollars, mais qui sont bons pour une centaine d'années souvent. Et ça, ça fait que, quand on regarde nos revenus consolidés puis qu'on regarde nos profits, je ne dis pas que la partie du haut, le 8,1 milliards, il n'y a rien à faire, il y a toujours de l'optimisation, mais, par contre, on a des actifs pour 75 milliards, que, selon des règles comptables, il faut déprécier un certain rythme. Alors, ça, il n'y a pas grand-chose à faire sur ça. On a des frais financiers, hein, parce qu'on n'est pas une compagnie qui va sur la bourse, émettre des actions puis amener de l'argent. Alors, nous, on va chercher de la dette sur les marchés. Alors, on a une dette évidemment à long terme, Hydro-Québec, et les frais financiers de tous nos emprunts et de toutes les transactions financières qu'on fait, et on en fait plusieurs, nous coûtent environ 2,5 milliards de frais financiers par année. Ça, c'est important de le comprendre aussi. C'est des obligations qu'on paie des intérêts.

Ensuite de ça, il y a des achats d'électricité aussi qu'on doit faire et il y a des taxes qu'on paie au gouvernement du Québec par-dessus le bénéfice, environ 1 milliard de dollars de taxe par année, les droits d'eau, entre autres, qui sont la portion la plus significative. Alors, ce que je veux dire ici, c'est que, quand on dit : Il faut adresser les coûts d'Hydro-Québec et de préserver les bénéfices, hein, qui sont aux alentours de 3 milliards, on doit absolument comprendre que c'est surtout sur le 2,5 milliards de charges d'exploitation qu'on doit travailler. Alors, ça nous donne plus ou moins une marge de manoeuvre. Alors, ça, ça crée un contexte que, si on veut préserver le bénéfice, on doit faire face à l'inflation, et c'est pour ça qu'on dit, dans le plan, qu'il faut augmenter notre ligne de revenus pour trouver des nouvelles sources de revenus et, au moins, préserver et même améliorer le bénéfice d'Hydro-Québec. C'est très important de comprendre ce contexte-là d'affaires qui est très, très important.

• (10 h 40) •

Ensuite de ça, la masse salariale d'Hydro-Québec, on avait... on a clairement des choses qu'on a adressées, je vous le disais, on a la plus basse population d'employés chez Hydro-Québec, depuis 1986, avec des actifs qui ont augmenté de façon significative, une base de clients qui a augmenté, mais on a encore du potentiel, ça, c'est le 2,5 milliards que je parlais à la diapositive précédente, sur lequel on a encore une possibilité de travailler. Mais on a des enjeux, on travaille avec nos syndicats, par exemple, sur la réduction du temps supplémentaire. C'est un enjeu, à Hydro-Québec, le temps supplémentaire, on est en train de l'adresser. Cette année, je peux vous annoncer une bonne nouvelle, c'est que, déjà, après huit mois, ça nous coûte 10 millions de moins que l'an passé...

M. Martel (Éric) : ...à la diapositive précédente, sur lequel on a encore une possibilité de travailler. Mais on a des enjeux, on travaille avec nos syndicats, par exemple sur la réduction du temps supplémentaire. C'est un enjeu, à Hydro-Québec, le temps supplémentaire, on est en train de l'adresser. Cette année, je peux vous annoncer une bonne nouvelle, c'est que déjà, après huit mois, ça nous coûte 10 millions de moins que l'an passé et, en plus de ça, on fait ça dans un contexte avec 750 employés de moins, puis ça, ça coûte 10 millions de moins. Alors, on continue d'optimiser puis de travailler là-dessus, mais on a des enjeux dans certains endroits où est-ce qu'on a des heures de travail où est-ce qu'on doit avoir sept jours couverts, 24 heures par semaine, où on n'a pas assez d'employés qualifiés, et présentement on le fait avec du temps supplémentaire. Alors, on a pris le taureau par les cornes au début de l'année, on est en train de s'assurer d'avoir une équipe complète, parce que, là, on paie du temps supplémentaire à des gens qui, heureusement, nous servent et acceptent de le faire, mais, en même temps, il ne faut pas se rendre vulnérables, puis, en même temps, bien, il faut avoir des employés partout, puis ça nous permet aussi de créer des emplois. Alors, on est très transparents, là, je partage ça avec vous ce matin.

Sans croissance... évidemment, ce que je vous mentionne ici, c'est que notre plan stratégique, évidemment, adresse les cinq prochaines années, mais on a un plan stratégique qui va quand même... où on a une ambition de doubler nos revenus d'ici 2030. Alors, notre contribution, si on ne va pas chercher de nouveaux revenus au gouvernement du Québec, va, au mieux, se maintenir, O.K., dans les prochaines années. Mais on est tous d'accord que 3 milliards de dollars en 2030 et 3 milliards de dollars en 2015, ça ne vaut pas la même chose, alors évidemment ça voudrait dire que, proportionnellement, on aurait diminué notre contribution, et ça, je pense que c'est inacceptable, alors il faut augmenter nos revenus pour être capables de palier à ça, et on va y revenir un peu plus tard.

On a un avantage extraordinaire, écoutez, j'ai eu la chance d'aller dans d'autres pays, entre autres chez nos voisins américains, à maintes reprises, et on fait beaucoup d'envieux. Il y a peu de gens qui sont dans une situation où est-ce que 99 % de l'énergie qu'ils produisent est renouvelable, alors ça nous place dans une position de choix, ça nous place dans une position de faire plus d'exportations vers les États-Unis, parce qu'eux ils ont des cibles à atteindre aussi pour réduire les émissions de carbone, et on peut être un joueur important dans cette contribution-là.

L'autre chose aussi, c'est qu'il faut toujours, hein, faire la distinction, on doit combler les besoins énergétiques. La mission première d'Hydro-Québec, c'est de s'assurer que les Québécois ont suffisamment d'énergie et suffisamment de puissance. La puissance et l'énergie, ce sont deux produits différents, hein? L'énergie, c'est la quantité d'énergie qu'ils consomment, et la puissance, c'est la quantité d'énergie qu'ils consomment pendant un moment précis de temps, et on sait que ça, ça varie beaucoup dans une journée. Alors, notre plan stratégique adresse ça, parce qu'aujourd'hui on a plein d'énergie, mais, par contre, en puissance, on est limités, et ça fait qu'on a des besoins de puissance.

Les ventes au Québec, ça aussi, c'est contextuel, puis je veux vous le dire, parce qu'il ne faut pas se mettre la tête dans le sable, il faut être très transparent par rapport à ça. Une autre des raisons pour lesquelles il faut aller chercher des revenus, c'est que la consommation d'électricité au Québec, elle est équivalente depuis 2007. Vous voyez, là, on joue à 173, 170, 169 térawattheures cette année, alors on a à peu près maintenu un chiffre, il n'y a pas eu de croissance. Historiquement, Hydro-Québec avait toujours vu, jusqu'aux années 90, des croissances de 6 %, 7 % par année. Entre 1990 et 2007, environ 2,5 %, alors c'était suffisant comme augmentation de revenus pour être capables d'augmenter notre bénéfice et d'en prendre compte. Par contre, là, ça nous amène un défi. Et ça, ce n'est pas un problème québécois, c'est un problème nord-américain. Les Américains sont à 4 000 térawattheures par année depuis 2004 et ils n'ont pas du tout, du tout bougé... alors, du côté nord-américain. Évidemment, il y a des industries qui se sont peut-être relocalisées, mais il y a aussi l'efficacité énergétique, hein? Quand on construit une maison aujourd'hui, versus une maison d'il y a 15 ans, on consomme à peu près 30 % moins d'énergie.

Je vous ramène aussi — on en a parlé — contribution importante d'Hydro-Québec. On est, Hydro-Québec, le plus gros investisseur au Québec, privés, publics confondus, avec des investissements d'environ... significatifs de 3,4 milliards, et aussi on verse un bénéfice au gouvernement du Québec de 3,5 milliards, là, incluant les taxes et tout ça, qui vont dans les coffres de l'État. Alors, on est un peu un incontournable et on a un rôle significatif par rapport à ça, qu'il faut préserver et même accroître.On appuie la décarbonisation du Québec, vous le savez, on va en reparler un peu plus tard, mais ça aussi, c'est important.

Alors, je vous amène à nos cibles, qui sont ambitieuses, et c'est important d'être ambitieux, mais c'est important aussi de faire arriver les choses par la suite. On va continuer d'investir massivement, on dit qu'on va investir, sur les cinq années de notre plan, 18 milliards de dollars, alors c'est un apport important à la société québécoise. Et, de ce 18 milliards là, il y en a 4,3 milliards qui vont être sur le territoire du Plan Nord. Ensuite, on veut doubler nos revenus d'ici 2030, hein, pas d'ici 2020, d'ici 2030, mais on veut augmenter les revenus, donc, de 13,8 milliards à 27 milliards, et vous voyez le bénéfice de 2 milliards. On veut enrichir les Québécois d'un bénéfice supplémentaire d'environ 2 milliards de dollars d'ici l'année 2030. On a aussi — je vais vous faire part de ça parce qu'on va les revoir un peu plus tard — des objectifs financiers, mais on a aussi des objectifs en termes de tarification, de satisfaction à la clientèle, les performances aussi, là, sur le terrain, les raccordements, combien de temps que ça prend...

M. Martel (Éric) : ...on veut enrichir les Québécois d'un bénéfice supplémentaire d'environ 2 milliards de dollars d'ici l'année 2030.

On a aussi, et je vais vous faire part de ça parce qu'on va les revoir un peu plus tard, des objectifs financiers, mais on a aussi des objectifs en termes de tarification, de satisfaction à la clientèle, les performances aussi, là, sur le terrain, les raccordements, combien de temps que ça prend, combien de temps il faut que je parle à Hydro-Québec avant? Alors, ça, on a fait des pas, vous allez voir tantôt, mais on doit travailler encore là-dessus, et c'est très important.

Mais on a campé notre plan stratégique, en fait, en quatre grands objectifs, qui sont ici : on doit doubler nos revenus d'ici 15 ans afin d'augmenter nos profits, comme vous avez vu, on veut être une référence en matière de service à la clientèle, on veut contribuer au développement économique puis à la transition énergétique du Québec, on veut limiter les hausses tarifaires à un niveau inférieur ou égal à l'inflation. Et tout ça est supporté — c'est des objectifs mesurables — et on va supporter ça par quatre grandes stratégies, que vous voyez ici, que je ne nommerai pas, parce que, dans le fond, ce sont ces quatre stratégies-là qu'on va vous partager aujourd'hui, qu'on va vous expliquer. C'est : améliorer le service à la clientèle; communiquer de façon proactive avec nos clients, et nos employés, et nos partenaires; améliorer la productivité d'Hydro-Québec, encore une fois; puis aussi exploiter des nouvelles avenues de croissance. Alors, c'est ce qui termine mon introduction. Merci, M. le Président.

Le Président (M. Pagé) : Merci beaucoup, M. Martel, pour cette très intéressante introduction. Donc, vous allez donc disposer d'une autre période de 15 minutes. Les gens... S'il y a d'autres personnes qui s'adressent, évidemment je les invite à se présenter préalablement à leur présentation, à se nommer. Donc... Et cette présentation va porter sur la stratégie 1 du plan stratégique, soit Améliorer les services à la clientèle. Donc, à partir de maintenant, vous disposez de 15 minutes, et ensuite nous aurons des échanges avec les parlementaires. La parole est à vous.

M. Filion (Éric) : M. le Président, M. le ministre, messieurs mesdames les députés, bonjour. Je suis très fier, ce matin, d'avoir l'opportunité de vous présenter notre stratégie Améliorer nos services à la clientèle.

Je fais partie de l'organisation comme vice-président de la clientèle depuis quelques mois. Donc, très fier d'être ici avec vous. Nos objectifs sont très ambitieux : devenir une référence en matière de service à la clientèle. Pour y parvenir, on a fait beaucoup de balisage dans l'industrie pour vraiment identifier les meilleures pratiques. Puis certaines vont vous être présentées ce matin avec des exemples très concrets de choses qu'on a déployées.

Ce qu'on vise, en fait, c'est d'offrir un service à nos clients qui va être simple, qui va être accessible, mais aussi qui va être adapté à nos différentes clientèles.

Donc, il y a quatre éléments qui composent notre stratégie. Le premier, c'est en ce qui a trait au centre de relation à la clientèle. On compte présentement 14 centres qui sont répartis dans la province. Puis notre objectif, c'est vraiment à travers nos employés qui sont très engagés, c'est de rehausser la qualité et la performance de nos services.

Deuxièmement, les délais de raccordement. Plusieurs initiatives qui ont été mises en place pour vraiment s'assurer qu'on va respecter nos engagements. Puis je vais vous présenter des indicateurs de performance. Encore là, on voit des résultats très concrets en 2016.

Efficacité énergétique, ça demeure une priorité. Il y a des résultats qui sont intéressants au niveau du plan 2003‑2015, mais vous allez voir la suite des efforts qui vont être déployés.

Finalement, l'électrification des transports. On va continuer à avoir une participation très active, entre autres à travers notre circuit électrique, qui est le plus important au Canada.

Donc, je parlais d'indicateurs de performance. Je voudrais vous en présenter trois ce matin qui indiquent clairement que notre virage à la clientèle est amorcé. Le premier, c'est ce qu'on appelle les délais moyens de réponse. Donc, c'est le temps que les gens prennent pour entrer en contact avec un représentant dans nos centres. Vous pouvez voir, ici, avec les résultats, si on compare 2015 à 2016, il y a une hausse de plus de 50 % de notre efficacité ou une réduction de ce temps-là qui est maintenant, en moyenne, de 94 secondes. Donc, c'est un très bon résultat.

Le deuxième élément, c'est au niveau des plaintes qui sont reçues à Hydro-Québec. Encore là, si on compare 2015 à 2016, on a une réduction de 36 %. Puis ça, c'est à tous les types, tous les niveaux de plaintes qui sont reçues. Donc, ça, pour nous, c'est un indicateur de la qualité de nos services qui continue à s'améliorer.

Le troisième, c'est le respect des engagements pour ce qu'on appelle les raccordements multiples, des raccordements qui impliquent évidemment le client, mais plusieurs intervenants aussi, comme des maîtres électriciens. Puis vous pouvez voir, 2015 à 2016, une hausse de 35 %, puis notre performance aujourd'hui est à 90 % de rencontrer nos engagements. Donc, il y a encore du travail à faire, mais c'est une hausse qui est notable.

• (10 h 50) •

Maintenant, si on parle d'accessibilité à nos services, il y a beaucoup de choses qui se font par rapport à ça aussi. Donc, depuis le 25 juin, nous avons débuté l'ouverture de nos centres d'appel...

M. Filion (Éric) : …Maintenant, si on parle d'accessibilité à nos services, il y a beaucoup de choses qui se font par rapport à ça aussi. Donc, depuis le 25 juin, nous avons débuté l'ouverture de nos centres d'appels de soir et de week-end. Donc, c'est un changement qui est important, un changement qui a été fait en collaboration avec nos employés, encore là, qui étaient très engagés dans le changement aussi avec nos partenaires au niveau du syndicat. Vous pouvez voir ici que ça répond vraiment à un besoin réel de la clientèle. Depuis qu'on a débuté les fins de semaine, on reçoit en moyenne entre 4 000 et 5 000 appels des clients. Donc, il y a vraiment, comme j'ai mentionné, une demande qui est importante, un besoin. Puis pour la première fois cette année, on a été ouverts le 1er juillet, une date très importante pour les aménagements et déménagements. Vous pouvez voir que le 1er, 2 et 3 juillet, où normalement on était fermés, cette année on a répondu à environ 10 000 appels. Donc, ça, c'est un élément important de notre service à la clientèle.

Ce qu'il est important de mentionner aussi, ici, c'est que tout ce changement-là a été fait en collaboration avec nos employés, mais à un coût nul. Puis je viens de vous présenter aussi la performance en termes de qualité et de productivité, c'est amélioré en même temps. Donc, c'est plusieurs éléments qui ont un impact, on l'espère, sur la clientèle.

Pour améliorer nos services, évidemment, on fait beaucoup de balisage, comme j'ai mentionné, dans l'industrie. Il y avait un virage qui était important à faire au niveau des services numériques pour certains types de clientèle. Donc, des exemples concrets ici : tout d'abord, on a fait notre page d'accueil Hydro-Québec sur le Web, on a fait une refonte complète pour que ce soit vraiment un site d'accueil visé à la clientèle pour mieux les accueillir. Donc, vous voyez ici beaucoup de pages vues sur notre site Web. On a également élaboré des nouveaux services qu'on appelle les libres-services sur le Web et le mobile. Ces services-là permettent aux clients une plus grande autonomie. Donc, ça leur permet de faire des transactions avec nous sans devoir nécessairement nous appeler par téléphone, des services qui sont évidemment disponibles sept jours par semaine 24 heures. Un exemple : suivi des demandes de travaux, c'est vraiment… les clients, lorsqu'ils font des demandes chez nous, maintenant ils peuvent faire un suivi de l'état d'avancement de leurs travaux. Mise à jour de données personnelles, un autre exemple, où ils peuvent faire les transactions très simples sur leur propre chef. Et les ententes de paiement, un nouveau service qu'on a offert depuis le mois de mai, qui permet vraiment aux clients de faire une entente simple avec nous lorsqu'il y a des légers retards sur le paiement des factures, puis ça tout… à travers la voie du Web.

D'autres pistes d'amélioration qui sont très importantes, puis ça, c'est ressorti vraiment des sondages qu'on fait auprès de la clientèle, qu'on fait en continu. Donc, il y avait une nécessité de revoir notre facturation, O.K., pour tous les types de clientèle. Donc, il y a un projet très important qui est en cours présentement, qui a deux volets. Tout d'abord, on veut revoir le gabarit visuel de notre facture, donc vraiment améliorer l'aspect visuel, un aspect plus graphique, plus simple à comprendre pour nos clients. Puis pour faire ce projet-là, évidemment, on a consulté nos employés, mais aussi on est en discussion avec des clients et des associations de clientèle qui vont s'assurer que la démarche va être gagnante pour les clients.

Puis le deuxième élément qui est important aussi, c'est la révision de notre offre clientèle. Donc, aujourd'hui, pour un client résidentiel, la facturation est sur une période qui peut varier de 54 à 70 jours. Puis ça, ça amène certains enjeux, hein, quand on veut comparer notre facturation par rapport entre autres à l'année précédente. C'est des factures qui sont plus grandes aussi. Donc, avec une révision, où on va aller vers une facturation mensuelle, ça va aider beaucoup notre clientèle.

On a parlé de transparence, oui, transparence avec nos clients au niveau de nos communications, mais aussi au niveau de nos services. Un exemple ici d'un… enfin, un changement qu'on a fait à l'interne pour mieux organiser nos travaux puis donner aussi aux clients accès sur le Web directement sur l'état d'avancement des travaux, comme je mentionnais. Donc, vous voyez, le visuel ici permet vraiment aux clients de savoir le travail… la demande est rendue à quelle étape, les dates de projection de fin, aussi lui donner des contacts. Les personnes-ressources à Hydro-Québec sont très au fait des dossiers.

Efficacité énergétique. Ça demeure toujours une priorité. Donc, ici, ce qu'on vous présente, c'est de 2003 à 2015, le bilan de notre plan global en efficacité énergétique. Évidemment, il y a eu des gains substantiels qui ont été faits, plusieurs programmes qu'on a déployés, on parle de plus de 25. On a travaillé vraiment à sensibiliser la clientèle, mais aussi transformer les marchés avec plusieurs intervenants. Donc, les résultats : 8,8 TWh d'économie. Ça, c'est l'équivalent de 500 000 ménages. Donc, c'est substantiel, puis ça a été 10 % de plus que les objectifs qu'on avait. On a également fait des investissements importants de l'ordre de 1,7 milliard pendant cette période pour faciliter nos programmes…

M. Filion (Éric) : ...donc les résultats : 8,8 TWh d'économies. Ça, c'est l'équivalent de 500 000 ménages. Donc, c'est substantiel. Ça a été 10 % de plus que les objectifs qu'on avait. On a également fait des investissements importants de l'ordre de 1,7 milliard pendant cette période pour faciliter nos programmes. Il y a une suite à ça. Évidemment, n est toujours très engagés dans l'efficacité énergétique. Donc, quelques exemples des choses qui ont été, en fait, soit en poursuite cette année ou qu'on a lancées cette année.

Premièrement, une campagne, Les bons réflexes, pour vraiment donner des conseils, outiller nos clients pour réduire leur facture. On a également une nouvelle signature qui a été déployée qui s'appelle MIEUX CONSOMMER, encore là, qui vient vraiment donner des conseils à nos différents types de clientèles. Puis, dans les clientèles d'affaires ou commerciales, on travaille avec des programmes, là, qu'on... on travaille de très près avec le client, entre autres, des systèmes de bâtiment ou de système industriel pour les accompagner dans leur croissance ou dans leur optimisation.

Un autre volet qui est important, c'est l'électrification, pardon, des transports, dont on a des objectifs ambitieux à ce niveau-là. On veut atteindre 2 500 bornes qui vont être installées au Québec d'ici 2020 sur notre circuit électrique. Donc, très important. À ce jour, on est déployés dans 16 régions au Québec. On a 9 580 membres, 85 % des électroautomobilistes puis 150 partenaires qui contribuent à ce projet-là, donc c'est un beau projet. Il y a eu des annonces tout récemment, entre autres dans la région de Coaticook on a lancé 11 nouvelles bornes. Donc, on est très, très actifs dans ce dossier-là puis on va continuer de l'être jusqu'en 2020. Le dernier point, pour moi, c'est... Évidemment toute l'amélioration qu'on fait au niveau du service à la clientèle se fait aussi dans l'optique de ce que M. Martel a mentionné, le contrôle de nos tarifs. Donc, on veut maintenir notre engagement d'avoir des hausses tarifaires qui sont en moyenne inférieures ou égales à l'inflation avec les exemples qui ont été donnés, là, les tarifs à Montréal qui sont la moitié de Toronto et le quart de ce qu'on retrouve dans l'État de... à New York et à Boston. Donc, très important, puis toute l'optimisation qu'on fait dans nos services se fait en considération de l'efficience de nos services. Donc, peut-être, pour moi, juste pour conclure notre stratégie d'amélioration des services à la clientèle... évidemment, on compte sur des employés. Je peux dire que nos employés sont très engagés dans la qualité puis dans la performance de nos services. Puis ça, c'est un atout majeur pour effectuer notre virage. Puis notre ambition de devenir une référence, bien c'est réel. On a des résultats concrets déjà cette année. Évidemment, il y a encore beaucoup de travail qui est à déployer, mais nous sommes très engagés. Puis en bout de ligne, ce qu'on veut, c'est vraiment de fournir à nos clients un service qui va être simple, un service qui va être efficace puis adapté à leurs besoins, à tous les types de clientèles. Merci beaucoup.

Le Président (M. Pagé) : Je vous remercie, M. Filion. Alors, à ce moment-ci, on va passer à l'échange avec les parlementaires. Je crois que nous disposons de 30 minutes et que la partie gouvernementale... Une heure en tout? Ah oui! C'est ça, mais 30 minutes pour la partie gouvernementale, 18 minutes pour l'opposition officielle, et, pour le deuxième groupe d'opposition, 12 minutes. Donc, on va commencer immédiatement avec M. le député d'Abitibi-Est. Je cherche toujours le nom de la circonscription. Allez-y.

• (11 heures) •

M. Bourgeois : Merci, M. le Président. M. Martel, M. Desgagné, M. Filion et toute votre équipe, même votre équipe probablement via la rediffusion de nos échanges. Bienvenue à l'Assemblée nationale. Je suis bien heureux de vous voir aujourd'hui. Et on va tenter de par nos échanges d'éclaircir encore plus ce qu'est cette belle organisation qu'est Hydro-Québec dont les Québécois, je pense, doivent être fiers, mais aussi dont on peut se permettre de questionner à l'occasion certaines décisions, certaines façons de faire et où, dans le fond, mieux comprendre ce que c'est que cette société d'État. Et d'entrée de jeu, j'aimerais... Par rapport, au service à la clientèle, vraiment, j'apprécie, je pense, cette mise à jour là qui somme toute est fort intéressante, presque surprenante pour moi dans certains des cas, parce que je regarde. Et, pour me fier aux commentaires que j'ai parfois avec mes attachés politiques dans le comté avec les citoyens qui viennent se présenter à nos bureaux pour parler de la relation d'affaires qu'ils ont avec la société d'État. Eh oui, il y a eu amélioration, parce que je peux aussi... parce que je l'ai vérifié, encore cette semaine, avec mon monde pour dire : Je vais aller voir Hydro-Québec, là. Y a-tu des choses qu'on devrait leur parler plus? Parce que, oui, on a parlé des problèmes au niveau des raccordements dans les nouveaux développements ou par rapport à certains joueurs industriels...


 
 

11 h (version non révisée)

M. Bourgeois : ...et, oui, il y a eu amélioration, parce que je peux aussi... parce que je l'ai vérifié, encore cette semaine, avec mon monde pour dire : Je vais aller voir Hydro-Québec, là. Y a-tu des choses qu'on devrait leur parler plus? Parce que, oui, on a parlé des problèmes au niveau des raccordements dans les nouveaux développements ou par rapport à certains joueurs industriels, oui, on a parlé parfois des ententes de paiement, et je vois qu'on a fait le tour, mais je veux revenir sur certains éléments. Entre autres, au niveau du système téléphonique, M. Filion, vous nous parliez des volumes d'appel. Quand un citoyen appelle ou un client industriel, le système téléphonique, est-ce que c'est une personne qui lui répond ou c'est dans un système automatisé?

Le Président (M. Pagé) : M. Filion.

M. Filion (Éric) : Oui, M. le Président. Donc, il y a plusieurs canaux pour entrer en contact avec nous. J'ai parlé beaucoup du Web. Quand on nous appelle dans les centres d'appels, en fait, il y a deux voies : il y a premièrement une voie de service automatisée sur le téléphone, donc le client peut être autonome pour répondre à des enjeux ou à des questions qu'il nous pose, mais il peut également faire le choix de parler directement avec nos représentants, qui sont situés, comme je l'ai mentionné, dans les 14 centres d'appels à travers la province.

Le Président (M. Pagé) : M. le député d'Abitibi-Est.

M. Bourgeois : Et, de ce côté-là, est-ce que... Je pense que l'amélioration, par exemple, avec les fins de semaine, le soir, ça doit être grandement apprécié par la clientèle. Est-ce que vous avez des statistiques sur les délais d'appel? Parce que les effectifs ne doivent pas être les mêmes qu'en pleine journée. Est-ce que les délais de réponse se situent dans les mêmes ordres de grandeur?

Le Président (M. Pagé) : M. Filion.

M. Filion (Éric) : M. le Président, pour répondre à la question, quand on a fait ce virage-là au mois de juin, comme j'ai mentionné, ça a été fait à coût nul, donc c'est à même l'équipe qu'on avait en place; il n'y a pas eu d'ajout de personnel dans les centres d'appels, ça fait que, ça, c'est un élément très important. En fait, on a travaillé de collaboration avec nos employés et les syndicats pour redistribuer nos ressources, nos employés et offrir cette plus grande couverture là.

Puis un autre fait qui est important, c'est que, comme je l'ai mentionné, la productivité ou l'efficacité de nos services s'est améliorée. Donc, le délai pour être capable de rejoindre quelqu'un sur le téléphone est en moyenne à 94 secondes. Donc, il peut y avoir un petit peu de variations. Évidemment, il y a des périodes comme les périodes où il y a des pannes où évidemment il y a beaucoup plus d'achalandage, mais, quand on regarde ça sur une base moyenne, c'est un délai qui est en dessous de deux minutes.

Le Président (M. Pagé) : M. Martel.

M. Filion (Éric) : L'an passé, on était à 205 secondes, donc c'est pour ça que je parlais d'une amélioration de plus de 50 % dans le contexte de tous les changements.

Le Président (M. Pagé) : M. le député.

M. Bourgeois : Oui. Et donc je pense qu'effectivement c'est... de ce côté-là, la population, en général, va être... non seulement doit être satisfaite parce que, déjà là, vos statistiques le démontrent, mais on sait qu'habituellement... je ne sais pas pourquoi, on manque d'électricité quand on est en dehors des heures normales. Et c'est une préoccupation, à savoir : Je fais quoi la fin de semaine? On est au chalet, il n'y a plus d'électricité. On le sait, l'été, il y a des perturbations, compte tenu de la température. Ça fait que je pense que cette initiative-là mérite d'être soulignée vraiment. Bravo de ce côté-là. En autant que les délais demeurent, je dirais, justes et raisonnables. Parce que c'est l'autre danger : c'est de créer des attentes qui font en sorte qu'à un moment donné les gens disent : Bien oui, je peux appeler, mais les délais pour ultimement avoir une réponse sont trop élevés.

Du côté des clientèles industrielles, vous parlez de développer de la clientèle. Là, je ne sais pas si c'est M. Filion ou M. Martel qui me répondra, on regarde le marché à l'exportation, on regarde des alternatives. Moi, je suis dans une région d'exploitation de ressources naturelles, et, la transition énergétique, on s'aperçoit qu'il y a des places fort intéressantes, sur lesquelles on a des joueurs qui, bon, sont des consommateurs... je ne dirais pas des très grands consommateurs, mais des bons consommateurs d'énergie, en l'occurrence le secteur minier. On a eu des discussions encore tout récemment avec des gens de ce secteur-là qui nous parlent... par exemple, dans les sites d'exploitation à ciel ouvert, on utilise de très grands camions, mais il y a des mines ailleurs dans le monde qui utilisent des camions d'encore plus grandes capacités et qui se meuvent par l'électricité sur des systèmes qu'on appelle de «trolley», là. Et est-ce que c'est des démarches que vous faites auprès de ce type de client là, donc d'analyser le type de consommation énergétique globale et de voir comment on pourrait venir positionner l'électricité dans ce besoin-là plus spécifique de ces clients-là?

Le Président (M. Pagé) : M. Martel.

M. Martel (Éric) : M. le Président, bien, M. le député, merci de me donner l'opportunité de parler de ça parce qu'on parle...

M. Bourgeois : …de ce type de client là, donc d'analyser le type de consommation énergétique globale et de voir comment on pourrait venir positionner l'électricité dans ce besoin-là plus spécifique de ces clients-là.

Le Président (M. Pagé) : M. Martel.

M. Martel (Éric) : M. le Président… Bien, M. le député, merci de me donner l'opportunité de parler de ça, parce qu'on parle souvent de nos clients résidentiels, évidemment, qui sont extrêmement importants. On en a 4,2 millions à s'occuper. Mais les clients industriels au Québec, c'est extrêmement important. Premièrement, c'est une grande partie de la charge d'Hydro-Québec, hein? C'est des clients extrêmement importants qui consomment beaucoup. Puis, en même temps, bien, on connaît évidemment les répercussions, l'importance pour l'économie. Alors, nous, on a un rôle à travers ça de s'assurer que nos industries demeurent compétitives et continuent de s'améliorer. Alors, une des démarches, je vous ai mentionné tantôt, hein, on veut se rapprocher de notre clientèle. Et je pense qu'on pose des gestes concrets. On a des résultats tangibles déjà en moins d'un an qu'on est sur le dossier. Un des gestes tangibles entre autres, c'est que, dans l'organisation de M. Filion, c'est qu'on a une organisation qui s'occupe des grands clients. Et là, on est en train de faire un calendrier et un plan de match pour aller rencontrer tous nos grands clients. Et on veut faire ça sur un cycle annuel, question d'écouter leurs préoccupations. Est-ce qu'il y a des choses qui ne fonctionnent pas? Est-ce qu'il y a des idées comme ça qui percolent présentement puis que personne vraiment ne prend le ballon?

Alors, nous, on a une capacité chez nous des fois à travailler avec eux puis être capable, tu sais, que ça soit en efficacité énergétique. En efficacité énergétique, c'est des dossiers importants, hein, pour ces compagnies-là, pour être plus compétitives. On en a fait beaucoup. M. Filion mentionnait un peu plus tôt qu'on a sauvé 8,8 térawattheures, tu sais, en 10 ans. C'est l'équivalent de ce qu'on fait sur La Romaine présentement, là. C'est significatif. On a sauvé donc la construction d'un barrage. Et on aime… J'aime toujours dire que l'énergie qui est la moins chère, c'est celles qu'on ne consomme pas, hein? Alors, c'est important, ça, qu'on garde ça en tête. Alors oui, il y a un désir extrêmement grand de notre part. On est en train de justement de travailler avec les associations et aussi avec les clients, les grands clients, qu'on appelle, là, ceux qui sont les grands consommateurs, de travailler avec eux pour justement que le dialogue reprenne place. Parce qu'il y en avait, mais c'était un peu, passez-moi l'expression, ad hoc un peu. Alors là, on est vraiment en train de formaliser ce processus-là.

Le Président (M. Pagé) : M. le député.

M. Bourgeois : Oui. Bien peut-être qu'on pourrait aller un peu plus loin, parce que, si vous avez besoin de compléter l'échange, on pourra le faire par la suite, mais je veux juste amener… Oui, il y a une amélioration aussi par rapport aux gaz à effet de serre pour les sites comme ceux-là, mais il y a aussi l'exploitation sous terre qui… De plus en plus on parle d'utiliser des équipements électriques avec télécommande, donc opération à distance, parce qu'après une opération de sautage, il y a un délai au niveau de la ventilation pour être capable de permettre aux travailleurs de retourner. Mais avec des opérations à distance, on serait capable de remettre en opération plus rapidement les sites. Donc, il y a un gain de productivité, un gain d'efficacité. Aussi la question de pouvoir amener plus de puissance sous terre permettrait d'opérer plus de machinerie. Et là-dessus, encore hier, j'ai été interpellé par un producteur important qui dit : Moi, là, avec Hydro-Québec, là, si j'aurais plus de jus, j'aurais plus de machinerie. Donc, je permettrais de mieux garantir l'opération de la mine. Donc, de ce côté-là, moi, je vous invite à être proactif. Oui, on recherche parfois d'autres clients, là, mais, comme on dit si bien, hein, le client qu'on a déjà, est-ce qu'on pourrait s'assurer qu'il va être desservi ultimement à la hauteur de ses aspirations?

Le Président (M. Pagé) : M. Martel.

M. Martel (Éric) : M. le Président, si je peux me permettre. Écoutez, ça cadre exactement dans nos objectifs puis dans ce qu'on veut faire. Je vous montrais tantôt la courbe, hein, que la charge au Québec n'a pas augmenté depuis 2007. Alors, évidemment, il y a des gens qui sont déjà là, où est-ce qu'on peut travailler ensemble. Alors, dans notre démarche que j'expliquais tantôt, où est-ce qu'on va rencontrer tous nos grands clients, on va faire ça sur un cycle annuel. Si vous avez des gens, là, je vous inviterais même à collaborer avec nous, de les inviter à venir avec leurs projets concrets pour nous expliquer. Puis, après ça, bien, on va voir comment on peut les faire… les exécuter puis les faire arriver ensemble. Mais ça fait partie… Un, c'est important pour Hydro-Québec aussi d'avoir plus de charge, hein, parce qu'on a de la capacité, mais, en même temps, ça permet à notre industrialisation d'être plus compétitive dans certains domaines.

D'ailleurs, je vous dirais, là, le weekend dernier, on avait une grande entreprise que je ne nommerai pas, où est-ce qu'ils nous ont demandé… Ils avaient une fenêtre très, très courte pour qu'on arrête les travaux. Ils étaient extrêmement contents ce matin, parce qu'on l'a fait même en moins de temps qu'on leur a dit qu'on le faisait. Mais, on est très conscient de ça, il y a des périodes de pointe. Des fois, ils sont en forte demande. Alors, on s'ajuste toujours avec nos clients pour faire ça le plus efficacement possible. Merci.

Le Président (M. Pagé) : M. le député.

M. Bourgeois : Oui. J'aurais encore… J'ai toujours quelques questions.

Le Président (M. Pagé) : La parole est à vous. Je sais qu'il y a des collègues également qui souhaitent poser des questions. Alors que…

M. Bourgeois : Mais je vais me permettre une dernière question…

Le Président (M. Pagé) : Allez-y, M. le député d'Abitibi-Est.

M. Bourgeois : …et je laisserai la parole à mes collègues. Mais, dans le tableau que vous nous avec présenté, M. Martel, au niveau de votre réalité financière, dans la section au niveau des charges fixes, vous parlez d'achat d'électricité et de combustible. Est-ce qu'il y a une répartition qui est faite entre achat d'électricité et achat de combustible?

• (11 h 10) •

M. Martel (Éric) : Il y a une séparation qui est faite. On ne l'a pas fait sur le graphique, ici, mais, évidemment, on parle ici de…

M. Bourgeois : ... au niveau des charges fixes, vous parlez d'achat d'électricité et de combustible. Est-ce qu'il y a une répartition qui est faite entre achat d'électricité et achat de combustible?

M. Martel (Éric) : Pour la répartition qui est faite, on ne l'a pas faite sur le graphique ici, mais évidemment on parle ici de... il y a... Hydro-Québec a Distribution et Production, a deux entités séparées. Distribution achète de l'électricité, hein, parce que c'est eux qui le distribue aux clients, alors on va acheter de l'électricité de la biomasse, de l'éolien ou même, des fois, l'hiver, de l'Ontario ou de d'autres endroits, et Production, eux, vont acheter surtout de l'électricité des petits producteurs privés. Alors, ça, c'est surtout sur le plan électricité.

Ensuite de ça, Distribution doit opérer tous les réseaux autonomes au Québec. Alors, on a des réseaux, exemple, qui sont autonomes parce qu'ils sont à trop grande distance et qu'on ne peut pas les alimenter à partir de notre réseau, soit très, très loin dans le Nord, où le cas le plus particulier, ce sont les Îles-de-la-Madeleine qui ne sont pas connectées au réseau d'Hydro-Québec et qu'ils ont une centrale au mazout pour alimenter les Îles-de-la-Madeleine.

Alors, ce que vous voyez ici, c'est le coût du mazout, le coût du gaz, le coût de l'électricité qu'on doit acheter pour subvenir aux besoins des Québécois.

Le Président (M. Pagé) : M. le député.

M. Bourgeois : Et donc je présume que ce coût-là, votre objectif, c'est de l'aliéner via d'autres sources de production électrique?

Le Président (M. Pagé) : M. Martel.

M. Martel (Éric) : C'est certain qu'il y a une partie de l'énergie... M. le Président, il y a une partie de l'énergie dans ça qui est de l'énergie renouvelable, l'éolien qu'on achète, qu'on a eu par contrats spéciaux, alors ça fait partie... il y a une partie de ça que, dans nos objectifs, dans notre plan stratégique, c'est qu'on veut réduire le plus possible... faire une transition énergétique de nos réseaux autonomes. Alors, on a des solutions qui sont sur la table présentement, en train d'être regardées par Hydro-Québec Distribution, pour réduire la consommation en mazout ou en gaz naturel pour s'en aller vers une énergie la plus renouvelable possible.

M. Bourgeois : D'accord.

M. Martel (Éric) : Merci.

Le Président (M. Pagé) : Ça va? Alors, je sais que vous auriez envie de discuter encore longtemps, mais je sens qu'il y a plusieurs de vos collègues qui le souhaiteraient également. Alors, on y va, je pense, avec le député des Îles-de-la-Madeleine. Alors, allez-y.

M. Chevarie : Oui, merci. D'abord, je veux saluer tout le monde ici. Bonne rentrée parlementaire!

Concernant l'électrification des transports, j'aimerais avoir un peu plus de détails par rapport à ce que vous avez donné en préambule. C'est quoi, les principaux projets, les bornes? J'ai manqué l'information. Je sais que vous avez l'objectif de 2 500 bornes d'ici 2000, mais actuellement qu'est-ce que ça représente comme état de situation? Et, bien, j'aurai probablement des questions supplémentaires, mais, dans un premier temps, j'aimerais avoir cet état de situation là.

Le Président (M. Pagé) : M. Martel.

M. Martel (Éric) : Si vous me permettez, M. le Président. M. le député, merci pour votre question.

Écoutez, d'abord, peut-être pour contextualiser les choses, il y a une croissance importante des véhicules électriques au Québec. Quand je suis arrivé en poste l'été dernier, on avait à peu près 5 000, 5 500 véhicules électriques au Québec. En date du 31 août, on est à 11 600. Alors, ça veut dire qu'on a doublé la flotte au Québec, et on sait qu'on représente à peu près 50 % de la flotte canadienne. Alors, on est quand même un leader, là, au Canada dans ce domaine-là.

Pour Hydro-Québec, présentement, on a 731 bornes en service sur les 2 500 qu'on parlait un peu plus tôt, et nous, ce qui est important dans ça, c'est que c'est une opportunité d'affaires dans le sens que, un, on ne veut pas que la disponibilité de l'électricité devienne un empêchement aux consommateurs de s'acheter un véhicule. Alors, les gens vont dire : Bien, si je peux juste me brancher chez moi puis qu'il n'y a pas de bornes, bien, ça me limite un petit peu, je ne suis pas capable de faire Québec-Montréal, alors c'est problématique. Alors, c'est important que l'infrastructure supporte le potentiel de croissance qu'il y a. Vous le savez, le gouvernement a un objectif de 100 000 véhicules d'ici 2020, et nous, bien, on veut supporter cet objectif-là parce que, pour Hydro-Québec, c'est intéressant aussi. 1 million de véhicules, ça serait trois térawattheures d'électricité, c'est beaucoup d'électricité.

Alors, on connaît aussi le potentiel. Et moi, j'ai toujours dit que c'est un des plus beaux projets pour le Québec parce que ça fait deux choses : un, c'est que, collectivement, sur le plan économique et sur le plan environnemental, on y gagne beaucoup. D'abord, sur le plan environnemental, on sait que le parc automobile aujourd'hui et tout le transport par véhicule qu'on fait représente plus de 40 % de nos émissions. Alors, c'est clair que, si... rêvons deux minutes, là, qu'on réussit à réduire de moitié notre parc automobile, bien, on réduit nos émissions de façon importante.

La deuxième chose, sur le plan économique, O.K., ce qu'on réussit à faire, c'est d'améliorer notre balance commerciale, les Québécois, parce que, pour nos voitures qui consomment du pétrole, aujourd'hui, on doit l'importer, le pétrole, on n'en fabrique pas. Par contre, on est un producteur d'électricité, on a des surplus. Alors, moi, je serais heureux demain matin qu'il y ait 1 million de véhicules parce qu'Hydro-Québec pourrait, avec de l'énergie renouvelable, hein... C'est ça qui est important, parce qu'il y a d'autres États qui n'ont pas non plus ce luxe-là qu'on a, nous, parce qu'on charge nos batteries avec de l'électricité fabriquée avec du renouvelable. Dans d'autres villes nord-américaines, l'électricité a été fabriquée avec du mazout ou avec d'autres... du charbon ou avec d'autres fossiles pour charger une batterie. Alors, ça, ça fait juste déplacer le problème...

M. Martel (Éric) : ...ce luxe-là, qu'on a, nous, parce qu'on charge nos batteries avec de l'électricité fabriquée avec du renouvelable. Dans d'autres villes nord-américaines, l'électricité a été fabriquée avec du mazout ou avec d'autres... du charbon ou avec d'autres fossiles pour charger une batterie, alors ça, ça fait juste déplacer le problème d'endroit. Mais nous, on est chanceux, on est capables, sur le plan environnemental, d'avoir un impact important, et, sur le plan économique, au niveau de notre balance commerciale, d'avoir un impact très important aussi.

Le Président (M. Pagé) : Gagnant, gagnant. Alors, M. le député des Îles, encore une fois.

M. Chevarie : Oui, merci. Combien de temps qu'il nous reste?

Le Président (M. Pagé) : Il nous reste 13 minutes.

M. Chevarie : 13 minutes? Ah! O.K. 731 bornes actuelles, l'objectif de 2 500 pour 2020. Donc, d'ici trois ans, il faut pratiquement mettre en place à peu près le même nombre de bornes qu'on a actuellement pour arriver à nos objectifs.

Par rapport aux modalités en vigueur concernant les bornes électriques, pour les bénéfices de nos téléspectateurs puis les personnes ici, j'aimerais ça qu'on nous précise un peu c'est quoi, les modalités de mise en place des bornes. Par ailleurs, j'ai peut-être une petite question particulière : Il n'y a pas de borne installée dans les stations de service? Merci.

Le Président (M. Pagé) : Je crois que ça va être M. Desgagné puis je suis très intéressé par la réponse, également.

M. Desgagné (Pierre-Luc) : Merci, M. le Président. Alors, au bénéfice de la secrétaire de la commission, Pierre-Luc Desgagné, je suis vice-président, Affaires corporatives, chez Hydro-Québec, très heureux d'être avec vous ce matin.

Alors, pour répondre directement à la question du député des Îles-de-la-Madeleine, M. le Président, d'abord il y a un modèle d'affaires qui est à deux volets. Alors, pour ce qui concerne les bornes à 240 V, ce qu'on peut appeler les bornes de base, celles qui sont utilisées par tous les véhicules électriques sans exception, c'est un modèle d'affaires où ce sont les partenaires qui assument le coût des bornes ainsi que le coût d'installation des bornes, et bien entendu ça fait en sorte qu'il y a un vrai partenariat ces partenaires-là de l'externe. Ils sont autour de 150 actuellement. Et ça nous permet, nous, de conserver la responsabilité, bien sûr, d'administrer le réseau, d'en faire le marketing, d'en faire le développement. Ça, c'est pour les bornes à 240 V.

Pour ce qui est des bornes rapides, celles qui permettent de recharger les véhicules tout électriques, ces bornes-là sont réservées aux véhicules tout électriques, on parle de 80 % de la recharge en 20 minutes. Pour l'installation de ces bornes-là, la façon dont ça fonctionne, il y a un partage des coûts à 50 %, donc c'est 50-50. Hydro-Québec assume 50 % du coût d'achat et d'installation de la borne, le partenaire externe assume l'autre 50 %, et ça, le tarif, c'est 10 $ l'heure, mais vous êtes chargé bien sûr à la minute. Vous restez 30 minutes, vous êtes chargé 5 $. Alors, c'est vraiment calculé à la minute, mais c'est 10 $ l'heure. Et ces bornes rapides là se déploient à un rythme, pardonnez-moi le pléonasme, assez rapide. On est rendus à 52 bornes rapides le long des grands axes routiers, et la borne de Mont-Tremblant, M. le Président, est parmi les populaires.

Le Président (M. Pagé) : Bon. Je suis heureux de l'entendre. M. le député des îles.

M. Chevarie : Donc, c'est un partenariat d'affaire entre les promoteurs et Hydro-Québec, et, j'imagine, les promoteurs achètent de l'électricité puis ils la vendent aux clients avec un pourcentage, là, qui...

M. Desgagné (Pierre-Luc) : Si vous me permettez, M. le Président...

Le Président (M. Pagé) : Oui. Allez-y.

M. Desgagné (Pierre-Luc) : ...la question du député est fort intéressante. Comme vous savez, la revente d'électricité n'est pas permise suivant la loi. Alors, pour ce qui est des bornes à 240 V, c'est 2,50 $, et ça, ça inclut... c'est un forfait. Et, peu importe la durée de votre recharge, vous payez un coût de 2,50 $. Ça, c'est un forfait. En ce qui concerne la borne rapide, comme Hydro y participe, c'est Hydro qui vend l'électricité. Là non plus, il n'y a pas de revente, il n'y a pas, en bon français, de surprime, ou Hydro-Québec ne prend pas de cote, si vous me passez l'anglicisme, sur la vente d'électricité, c'est le Circuit électrique. Bien, Hydro-Québec étant l'investisseur, c'est le Circuit électrique qui...

M. Chevarie : Donc, l'avantage pour le partenaire, c'est d'avoir une borne sur son terrain.

Une voix : Absolument.

M. Chevarie : Et sa clientèle qui en profite nécessairement.

Maintenant, une question qui me vient, c'est concernant... dans les projets futurs, Hydro-Québec n'a jamais songé à faire... à bâtir ou à monter un modèle électrique à l'image un peu Tesla, de PowerWall, je pense. Est-ce que c'est des... ça a déjà été discuté ou est-ce que ça pourrait être encouragé à l'avenir?

Le Président (M. Pagé) : M. Martel.

• (11 h 20) •

M. Martel (Éric) : M. le Président, si vous me permettez, vous savez, Hydro-Québec a développé, dans les 15 dernières années, une expertise extrêmement grande en batteries électriques. Notre... le résultat de nos recherches en innovation sur les batteries électriques a surtout porté sur la capacité de stocker de l'énergie, O.K., parce que c'est un enjeu planétaire présentement. Nous, on est chanceux, on met de l'eau dans nos barrages. C'est comme ça qu'on stocke de l'énergie. Mais, dans plusieurs endroits, je pense juste à nos voisins américains, en Californie, par exemple...

M. Martel (Éric) : ...le résultat de nos recherches en innovation sur les batteries électriques a surtout porté sur la capacité de stocker de l'énergie, O.K., parce que c'est un enjeu planétaire, présentement. Nous, on est chanceux, on met de l'eau dans nos barrages, c'est comme ça qu'on stocke de l'énergie, mais, dans plusieurs endroits, je pense juste à nos voisins américains, en Californie, par exemple, il n'y a pas de barrage, alors, quand ils produisent de l'énergie solaire ou de l'énergie éolienne, ils doivent prévoir en stocker une partie pour quand il va y avoir des besoins de puissance plus grands.

Alors nous, sur nos résultats de recherche, qu'est-ce qu'on a fait, c'est qu'on a mis nos efforts sur ce type d'énergie là. Alors, aujourd'hui, on a développé une batterie à très grande capacité, on a un centre d'excellence de recherche de batterie à l'IREQ, on a développé une nouvelle chimie de batterie qui est surtout faire, au niveau de l'anode, avec du phosphate, et ça nous permet deux choses : ça nous permet d'avoir une batterie qui a plusieurs cycles de vie aujourd'hui... alors, c'est une batterie de 1,2 mégawattheure, qu'on peut mettre sur un camion de 53 pieds, là, ce n'est pas une petite batterie, et cette batterie-là, à l'intérieur, a toute la programmation nécessaire pour être capable de se brancher sur un réseau puis équilibrer le réseau, alors, ça, c'est un savoir évidemment qu'Hydro-Québec a. Mais notre batterie, la particularité qu'elle a, ce que j'allais dire, c'est qu'elle est capable de se charger jusqu'à 15 000 fois. Nos plus proches compétiteurs, après 3 000, la batterie est finie. Alors, nous, elle a une durée de vie à peu près cinq fois plus grande que notre compétition, alors c'est pour ça qu'on veut la commercialiser aussi, on va en parler un peu plus tard aujourd'hui, mais c'est vraiment des recherches. On est en train aussi de faire des recherches présentement pour une batterie qui irait plus pour un véhicule, O.K.? Parce que notre batterie aujourd'hui, elle a été développée pour une autre... elle est trop lourde pour une application dans un véhicule, alors... ça n'a pas été développé pour ça, mais on sait comment, on a des très bonnes idées de choses qu'on pourrait faire pour avoir une batterie extrêmement performante pour un véhicule automobile. Alors, on est en train de faire nos plans présentement pour commercialiser la batterie qui sert à faire du stockage,mais, derrière tout ça, on fait aussi de la recherche, et ça pourrait nous ouvrir des portes sur des marchés aussi, qui seraient extrêmement intéressants pour d'autres types de batterie, d'autres types d'application.

M. Chevarie : Merci beaucoup.

Le Président (M. Pagé) : ... M. le député des Îles. Alors, on va laisser la parole à M. le député de Papineau, notre vice-président à la commission.

M. Iracà : Merci, M. le Président.

Le Président (M. Pagé) : Il vous reste six minutes, cher ami.

M. Iracà : Six minutes, O.K. Alors, bonjour, messieurs, très heureux que vous soyez ici ce matin.

Alors, moi, j'ai une question concernant un dossier spécifique qui a fait couler beaucoup d'encre dans les années passées — vous en avez peu parlé ce matin, ou pas — concernant les compteurs intelligents. Il y a eu, vous le savez, beaucoup de craintes de la part de la population, qu'il y ait de la surfacturation en lien avec les compteurs intelligents. Vous avez parlé d'emplois, puis c'est une bonne chose, que vous avez fait une restructuration d'Hydro-Québec pour diminuer le nombre d'emplois pour être le plus performant possible au moindre coût.

Alors, est-ce que... ma question va porter plusieurs volets, là. Un, pour rassurer les gens, je pense que vous êtes peut-être aujourd'hui à même de faire un bilan suite à l'installation des compteurs intelligents, par rapport aux craintes et les perceptions que les gens avaient dans ce système-là.

Et la deuxième question, deuxième volet de la question, c'est en lien avec les emplois. Quels emplois ont été touchés? Je pense notamment, en région, quel est l'impact que ça a eu par rapport aux emplois chez Hydro-Québec. Et donc c'est un peu ça, le bilan et le lien avec l'emploi.

Le Président (M. Pagé) : M. Martel.

M. Martel (Éric) : M. le Président, M. le député, merci pour votre question. Je suis heureux que vous me donniez l'occasion d'en parler parce que le dossier des compteurs, chez Hydro-Québec, c'est un dossier qui a beaucoup progressé dans la dernière année. On a à peu près 3,8 millions, 3,9 millions de compteurs d'installés présentement, fonctionnels, et ça va très, très bien, alors on est capables de faire la lecture en temps réel, on est capables... ça a beaucoup d'avantages, d'ailleurs, des factures plus précises. Et je sais qu'il y avait une conjonction l'an dernier, O.K., les gens arrivaient, nouveau compteur, on venait de passer les deux hivers les plus froids au Québec, alors les gens, ils avaient... même si le prix de l'électricité n'avait pas changé, il y avait 20 % de plus de consommation. Alors, tout de suite en partant, tout le monde avait 20 % de plus, là, nouveau compteur, pas nouveau compteur, pas de tarif augmenté, juste par la quantité d'énergie qu'ils consommaient. Alors là, les compteurs arrivaient, on n'avait peut-être pas fait un bon travail à Hydro-Québec, on va prendre... à bien expliquer ce qui s'en venait.

Alors, aujourd'hui, je peux vous dire que, là, je pense que les gens ont beaucoup mieux compris. Il y avait des légendes urbaines qui circulaient, que, bon, les champs magnétiques qui étaient dégagés pouvaient causer des problèmes, alors, juste peut-être pour rassurer tout le monde, ça émet 13 fois moins que votre téléphone cellulaire, que vous portez collé à votre oreille, alors, en termes d'émissions... ça fait que ça, c'est important de le dire. Ça fait qu'il y a eu beaucoup d'éducation à faire dans la dernière année, et je crois qu'on a passé ça, alors les gens comprennent bien, c'est un appareil extraordinaire, ça nous permet, comme je vous dis, de faire de la lecture en temps réel, avoir des factures extrêmement précises, et tous les cas de factures qui nous ont été amenés, on les a regardés pour rassurer les gens, mais on n'a pas trouvé... je ne vous dirais pas qu'on n'a pas un appareil... par exception, mais ça va extrêmement bien, c'est un beau projet.

Et, en même temps, peut-être pour aller sur le plan des emplois, c'est un projet qui était important, hein, on voulait avoir des tarifs... ça, ça a sauvé 80 millions de dollars aux Québécois sur leur...

M. Martel (Éric) : ...pour rassurer les gens, mais on n'a pas trouvé... Là, je ne vous dirais pas qu'on n'a pas eu un appareil, tu sais, par exception, mais ça va extrêmement bien, c'est un beau projet. Et, en même temps, peut-être pour aller sur le plan des emplois, c'est un projet qui est important, on avait... hein, on voulait avoir des tarifs. Ça, ça a sauvé 80 millions de dollars aux Québécois sur leur facture d'électricité par année, puis c'est récurrent, parce qu'avant on avait des gens qui circulaient partout avec des véhicules, 800 personnes, et 800 quelques personnes qui allaient prendre des lectures de compteur. Alors, ça, aujourd'hui, on n'en a presque plus, on l'a automatisé. Alors, c'est au bénéfice des Québécois sur leur facture, ça leur a sauvé 80 millions année après année. Alors, économiquement, c'était la bonne chose à faire aussi.

Par rapport aux emplois — puis je vais en parler peut-être de façon plus globale — évidemment, ces emplois-là, il y a des gens qui sont partis à la retraite, il y en a plusieurs aussi qui ont été recyclés chez Hydro-Québec dans d'autres types d'emplois où est-ce qu'on devait embaucher. Alors, il y a eu un peu des deux, il y a des gens qui sont dans les centres d'appel, il y a des gens qui sont ailleurs. Alors, ça, c'est important de le faire.

Et, par rapport aux régions, si je peux vous rassurer sur une chose, chez Hydro-Québec on est toujours extrêmement sensibles à ça. Quand on prend ce genre de décisions là, on se pose toujours la question, et moi, je peux vous dire, chez Hydro-Québec, dans les 10... dans... pas les 10 dernières années, mais depuis 2010, on a réduit notre population de 14 % On a 14 % moins de monde dans Hydro-Québec, et je peux vous dire que ça ne s'est pas fait au détriment des régions, au contraire, O.K. Il y a une seule région, en fait, qui est en hausse dans tout ça, puis c'est la Côte-Nord, avec 1 % de plus. Les autres régions ont soit suivi à peu près le même type de réduction, 14 %. Alors, on fait toujours très attention. Des fois, il y a des perceptions, hein, tu sais : Ah, c'est toujours en région! À Montréal, ils ne sont jamais touchés. Mais je peux vous rassurer d'une chose, c'est que les proportions demeurent les mêmes. En fait, quand on le regarde, là, à peu près 50 % des emplois d'Hydro-Québec sont à Québec et Montréal, les deux ensemble, puis l'autre 50 %, c'est tout le reste du Québec. Ça fait que c'est une façon, un peu, de le vulgariser, là, mais ce chiffre-là est vrai année après année, et on se soucie toujours de ça. Oui, quand on fait des réductions, ça affecte tout le monde, mais on s'assure de bien compenser ça.

Alors, j'espère que ça répond à votre question, M. le député.

Le Président (M. Pagé) : M. le député de Papineau, il reste un petit peu plus de 1 min 30 s.

M. Iracà : Bien alors, tout simplement, en terminant, pour mentionner que... Ah! Si vous avez une question, je vais passer à mon collègue. Mais c'est rassurant pour les gens des régions. Merci beaucoup.

Le Président (M. Pagé) : Oui. M. le député de...

M. Busque : Beauce-Sud.

Le Président (M. Pagé) : ...de Beauce-Sud, allez-y. 1 min 30 s.

M. Busque : Bien, c'est en plein ça. Merci, M. le Président, merci. Alors, je souhaite la... bien entendu, souhaiter la bienvenue à tous les collègues, là. Bonne rentrée à tout le monde. M. Martel, M. Desgagné, M. Filion, j'avais une couple de questions, là, on va... je vais faire rapidement. Donc, je vais commencer par la première. Au niveau du service à la clientèle, là, M. Filion, je me demandais... c'est quand même des très, très bonnes nouvelles qu'on entend ce matin, c'est quand même une orientation très importante, je pense, au niveau d'Hydro-Québec, et je pense que ça va venir répondre à bien des questions que nos concitoyens avaient versus Hydro-Québec. Je me demandais : Est-ce qu'il y aura, bien entendu, un plan de communication d'Hydro pour bien informer tous les clients d'Hydro de ce virage que je considère comme très important, de ces bonnes nouvelles qu'on nous communique ce matin? Je ne sais pas... Je pensais, via la facturation, envoyer, mettons, les diminutions du nombre de plaintes, les nouveaux enlignements, les engagements de la direction, les engagements des employés. Tout ça, moi, je considère que c'est vraiment extrêmement positif, et je suis persuadé que l'ensemble des Québécois seraient très, très, très intéressés d'avoir toutes ces bonnes nouvelles concernant notre société d'État préférée, l'Hydro-Québec. Alors, ça, c'était au niveau clientèle.

M. Filion (Éric) : Oui. Merci.

Le Président (M. Pagé) : M. Filion, vous disposez de 20 secondes.

M. Filion (Éric) : O.K., M. le Président. Donc, rapidement, oui, on fait beaucoup de communications sur nos nouveaux services. Un exemple : on envoie à peu près 1,6 million d'infolettres à nos clients pour leur publiciser les nouveaux services, puis il y a beaucoup d'autres campagnes qui vont être faites, là, pour vraiment se rapprocher des clients puis leur communiquer clairement notre offre de service renouvelée.

Le Président (M. Pagé) : Je vous remercie, M. Filion. Alors, nous allons... vous allez pouvoir poursuivre les échanges avec M. le député de Sanguinet, qui dispose de 18 minutes pour cette période d'échange. M. le député.

M. Therrien : Merci, M. le Président. Alors donc, il est temps d'apprendre, comme j'ai dit tantôt. Évidemment, je vous avais posé... je lui avais dit que je vous poserais la question. Donc, la question est la suivante. Vous dites que vous allez vous fier à l'inflation pour limiter les augmentations de tarifs, et vous avez donné un document, et je trouvais ça intéressant, parce qu'on voit dans le document que généralement les tarifs sont pas mal collés à l'IPC, là, et donc on peut dire que... sans me tromper, là, on peut dire qu'historiquement vous avez pas mal suivi cette idée-là. Et puis, bien, en économie, quand tu suis l'inflation, ça veut dire que tu n'as pas d'augmentation des prix en termes réels, tu n'as pas d'augmentation, donc ça ne coûte pas plus cher en termes réels, ce qui est une bonne nouvelle en soi. C'est prévisible aussi, parce que l'inflation est devenue de plus en plus prévisible, là, depuis la réforme, là, de l'objectif de la Banque du Canada en 1991.

• (11 h 30) •

Là, moi, ma question, c'est : Vous avez une augmentation de 1,6 % proposée cette année. C'est ce que vous avez... Mais, quand je regarde l'inflation... Je vous l'avais dit, là. Ce n'est pas une surprise. Je ne veux pas vous mettre en boîte, je veux apprendre, là, parce que, là, quand on regarde l'inflation en 2015 puis aussi l'inflation récente au Québec, je dis bien, si on limite l'analyse au Québec — évidemment, c'est notre champ d'intérêt à tous — bien,on parle plus de 1,1 %. C'est... Pour vous, là, quand vous dites 1,6 %... Puis le ministre semblait... quand il a parlé de 1,6 %, semblait très satisfait...


 
 

11 h 30 (version non révisée)

M. Therrien : …en boîte : je veux apprendre, là. Parce que, là, quand on regarde l'inflation en 2015 puis aussi l'inflation récente — au Québec, je dis bien, si on limite l'analyse au Québec, puis évidemment c'est notre champ d'intérêt à tous — bien on parle plus de 1,1 %. Pour vous, là, quand vous dites 1,6 %... Puis le ministre, quand il a parlé de 1,6 %, semblait très satisfait. Donc, ça satisfait pas mal tout le monde. Moi, je veux que vous disiez, là, sur quoi vous vous êtes basés exactement.

Le Président (M. Pagé) : M. Martel.

M. Martel (Éric) : Alors, M. le Président… Excellente question, M. le député. D'abord, on utilise l'IPC Québec, O.K., parce qu'étant donné que notre actionnaire, c'est le ministre des Finances, qui détient 100 % des actions, et que lui utilise l'IPC Québec, je crois qu'on serait mal vus d'utiliser autre chose. Alors, quand on regarde, par exemple, les planifications budgétaires du gouvernement du Québec, c'est l'indice qui est utilisé, alors on s'est collés à ça. Ça fait que ça, je sais que c'était une question que vous aviez au départ.

Et vous avez absolument raison : cette année, l'inflation avait été prévue pour être plus dans les alentours de 2 %. Finalement, elle est environ à 1,1 % ou 1,2 %. Mais nous, cette année, on est à 0,7 %, alors on est en bas de l'inflation. Parce que le 1,6 %, c'est pour l'an prochain, le dépôt qu'on vient de  faire. Alors, c'est important, il faut… Année sur année, là, on est à 0,7 %. L'inflation prévue présentement est à 1,1 %, 1,2 %, alors ça voudra dire qu'on sera 0,4 %, 0,5 % sous l'inflation réelle.

L'an prochain, on a demandé 1,6 %. Les pronostics, qui peuvent évidemment évoluer et changer, prévoient environ 2,2 % pour l'an prochain. Alors, il y a un consensus, là, présentement, autour de 2,2 % pour l'année 2017, et nous, on demande 1,6 %, alors, ce qui nous permet d'être à peu près à 0,5 % sous l'inflation qui est prévue.

M. Therrien : O.K., donc c'est mon erreur. C'est-à-dire que 1,6 %, c'était pour l'année prochaine.

M. Martel (Éric) : C'est l'an prochain, c'est notre demande tarifaire pour 2017 et…

M. Therrien : C'est l'erreur… J'ai fait une erreur, là, O.K. Mais vous êtes gentil, vous ne m'avez pas dit : Tu as fait une erreur. Bien, c'est bien, ça, donc j'apprécie beaucoup. Donc, c'est pour l'année prochaine, O.K., on en convient. Mais là c'est sûr que, tu sais, grosso modo, il faut généralement à la Régie de l'énergie… Tu sais, si vous dites 1,6 % l'année prochaine en vous disant : Bien, l'inflation devrait être de 2,2 %, certains modèles de prévisions, ça fait que j'imagine que la régie, elle, elle est d'accord avec ça systématiquement, ou on doit attendre un certain moment pour voir si les précisions seront robustes, ou…

M. Martel (Éric) : Alors, si vous me permettez, M. le Président, pour répondre à la question ici, c'est que le processus qui est en place, c'est que nous, on dépose toujours au début août — alors, c'est ce qu'on a fait cette année — une demande de révision tarifaire pour l'année qui s'en vient. Donc, à partir du 1er avril prochain, dans le fond, ce 1,6 % là qu'on a demandé entrerait en vigueur le 1er avril 2017, et donc il est bon jusqu'au 31 mars 2018.

Alors, ce qui arrive présentement, c'est que là, on a déposé cette offre-là. Dans les prochaines semaines, à l'automne, on a toujours une… évidemment, on va revoir notre dossier tarifaire, hein? C'est quelque chose de très volumineux. Ce qu'on explique, dans le fond, à la régie, c'est comment on est arrivés là. Voici les coûts, on veut dépenser tant dans nos centres d'appel, on a  tant de nouveaux équipements à remplacer, tant de maintenance à faire, tenir compte de la végétation, il faut s'occuper de la végétation. Voici comment ça va coûter. Et, à partir de là, là, on a des discussions avec la régie, hein? On se met d'accord sur ça, et eux… Ensuite de ça, on va continuer évidemment… On va en savoir plus, hein? On va être plus intelligents à la fin de l'année, probablement, sur les prévisions de l'an prochain parce qu'elles vont s'être raffinées. Et là on va souhaiter qu'on est toujours dans ça. Et la régie va soit confirmer notre 1,6 %, ou le diminuer, ou l'augmenter.

Le Président (M. Pagé) : M. le député.

M. Therrien : Est-ce qu'il y a moyen de… En terminant… Je ne veux pas passer tout mon temps là-dessus, mais juste une dernière petite question, là, parce que vous répondez quand même rapidement, puis ça fait mon affaire, là. C'est que, si vous arrivez avec 1,6 % l'année prochaine, puis l'inflation, finalement, est de 1,1 % ou 1 %, est-ce que vous allez prendre ça en considération pour l'année subséquente pour dire : Bien, on va vous redonner l'augmentation… Mais, en tout cas, l'inflation qui n'a pas eu lieu, on va faire en sorte que les prochains tarifs seront rajustés à la baisse?

Le Président (M. Pagé) : M. Martel.

M. Martel (Éric) : C'est hypothétique comme scénario, là, puis il faut… Ça pourrait arriver, O.K., qu'on nous donne quelque chose, puis finalement, le marché se rajuste. Alors, à ce moment-là, écoutez, je pense qu'on a un engagement, tu sais, sur le long terme, d'être sous l'inflation, ça fait qu'il faudrait voir comment on adresserait ça, s'il y aurait moyen de l'adresser dans l'année subséquente. Mais notre engagement, il est formel, il est là, et puis on veut le maintenir.

Peut-être un point que j'amènerais, ce matin, qui est important, M. le député, sur les hausses tarifaires. Alors, on a un engagement ferme, Hydro-Québec, présentement, de faire ça sous l'inflation, année après année. Et on a une petite préoccupation présentement, puis je veux la signaler parce que je veux être transparent avec la commission. C'est que, présentement, il y a des audiences devant la régie sur mettre en place un mécanisme de régulation d'incitatifs, ce qu'on appelle le MRI, O.K. Et ce mécanisme-là a été… et, en fait, c'est devenu une loi en 2012. Ça fait un bout de temps. Il avait été mis un peu sur la glace parce que les deux derniers gouvernements ont dit : Bien, on est en déficit budgétaire, on va attendre, pour ne pas affecter les bénéfices d'Hydro-Québec.

Sauf que nous, dans notre analyse fine de ce mécanisme-là, qu'on est en train de discuter comment il va fonctionner, on a fait des recherches aussi, en regardant… Parce qu'il y a beaucoup d'États américains qui avaient un mécanisme similaire pour établir les tarifs, et ce mécanisme-là a été abandonné plus souvent que renouvelé, je vous dirais, dans les dernières années, pour une raison, surtout, et on a vu des cas d'espèce…

M. Martel (Éric) : ...de ce mécanisme-là qu'on est en train de discuter comment il va fonctionner. On a fait des recherches aussi en regardant... parce qu'il y a beaucoup d'États américains qui avaient un mécanisme similaire pour établir les tarifs, et ce mécanisme-là a été abandonné plus souvent que renouvelé, je vous dirais, dans les dernières années, pour une raison surtout, et on a vu des cas d'espèce dans plusieurs États. Il y a des cas aussi où on n'a pas eu cette surprise-là, mais le mécanisme fait en sorte qu'on se dit : Sur les trois... admettons, on dit : C'est sur trois ans, on va fixer les tarifs, c'est 1,5 % d'augmentation. Alors, tout le monde est content parce que ça nous stabilise pendant trois ans. Mais où est-ce que, souvent, il y a eu des surprises, c'est à l'année qu'on appelle du «rebasing», où on refait nos calculs pour les trois prochaines années. Et là on a souvent vu des États qui ont eu la surprise, ils se sont ramassés, ils étaient à, admettons, 1,5 %, à titre d'exemple, pendant trois ans, et là ils avaient... on a vu des cas à 18 %, des cas à 16 %, des cas à 12 %.

Alors, on a, nous, une préoccupation, on est train d'en discuter parce que c'est important qu'on soit conscients de ça, on ne s'éloigne pas de notre objectif, comme on dit, on est en train de changer la mécanique. Il faut s'assurer que, collectivement, on se pose la question pourquoi on le fait, mais comment on le fait surtout pour s'éviter des surprises.

Le Président (M. Pagé) : M. le député.

M. Therrien : Donc, vous voudriez décider sur trois ans, au lieu de décider année après année?

M. Martel (Éric) : Ce n'est pas décidé,ça, encore, on est en train de discuter avec la régie sur la mécanique de la formule, comment ça va fonctionner.

M. Therrien : Puis là, vous parlez de 15 %, 18 %, c'est qu'il y a eu des augmentations de l'inflation comme ça?

M. Martel (Éric) : Oui. On a regardé des États américains où il y en avait moins six qu'on a décelé, qui avaient ce genre de mécanisme là. Alors, eux avaient annoncé soit des gels ou des 1,5 % à peu près pendant trois ans. Il y en a qui étaient sur cinq aussi, ça dépend, on n'a pas déterminé, au Québec, combien d'années. Mais, souvent, ce qu'on a vu, c'est qu'à l'année où est-ce qu'on faisait le rajustement pour un autre trois ans ou un autre cinq ans, c'est là qu'il y avait souvent des surprises.

Et ça, moi, j'ai toujours... j'ai vu beaucoup de clients, beaucoup d'associations de consommateurs et, dans tous les cas, puis les grandes industries, il y a une chose que les gens souhaitent, c'est de la prévisibilité. Ils ne veulent pas de surprise. Alors, ça, c'est une préoccupation qu'on a, puis que je partage avec vous aujourd'hui.

Le Président (M. Pagé) : M. le député.

M. Therrien : Merci. Bien, juste vous dire qu'en 1991 l'objectif de la Banque du Canada était de faire en sorte que l'inflation se situe entre 1 % et 3 %, puis qu'ils manipulaient le taux d'intérêt justement pour qu'on atteigne toujours cette cible idéale à 2 %, puis ce qui a permis à des contrats de salaire de s'étendre sur cinq ans, sans trop de surprise. Et, si vous regardez l'inflation québécoise, généralement, 0,3 % à 0,5 % en bas de ce qui se passe dans le reste du Canada. Ça fait qu'on peut dire, avec une certaine prévision, que l'inflation québécoise ... en tout cas, va se situer à 1,5 %, bon an, mal an, ça fait que ça évite les surprises. C'est pour ça que la Banque du Canada a fait ses lois, bien, avait utilisé ce genre de bracket de contrôle.

C'est intéressant, je vais vous parler de d'autre chose. Vous avez parlé tantôt des employés, vous avez diminué le nombre d'employés, puis vous avez mentionné par contre les heures supplémentaires. Moi, j'aurais aimé ça... je ne vous le demanderai pas, là, O.K., je ne vous demande pas ça, là, mais est-ce que vous avez regardé du côté de la masse salariale, à savoir que, si le nombre d'employés a diminué, est-ce que par contre le nombre d'heures supplémentaires a augmenté? Est-ce que ça, c'est quelque chose que vous avez vérifié? Je vous dis, je ne vous le demanderai pas, mais c'est juste parce que j'imagine que vous contrôlez ça aussi.

M. Martel (Éric) : Si vous voulez me permettre de vous répondre.

Le Président (M. Pagé) : M. Martel.

M. Martel (Éric) : M. le Président, je connais les chiffres...

M. Therrien : Parfait. Super.

M. Martel (Éric) : ...je les revois régulièrement.

M. Therrien : C'est bon.

M. Martel (Éric) : Alors, si regarde les huit premiers mois de l'année jusqu'à la fin août, je n'ai pas les chiffres de septembre, mais, pour les huit premiers mois de l'année, notre temps supplémentaire chez Hydro-Québec coûte 10 millions de dollars de moins. Alors, j'ai dit tantôt qu'on avait des enjeux, mais on a commencé à faire le travail déjà. Alors, ça a coûté 10 millions de dollars de moins sur une facture totale, l'an dernier, de 131. Alors, on est déjà à 121 puis on s'en va pour mieux pendant les prochains mois. Et ça, c'est malgré qu'on a eu beaucoup plus de surprises de la météo, cette année, on a eu beaucoup d'aléas climatiques, d'incidents climatiques.

Mais, en même temps, votre question est importante, hein, c'est important de dire : J'ai diminué mon temps supplémentaire, mais je n'ai pas rajouté du monde, ou vice versa. On a aussi réduit notre effectif en même temps de 550 personnes, ce qui nous sauve 22 millions de dollars. Alors, au niveau de la masse salariale, quand on prend le temps supplémentaire et les effectifs, on fonctionne avec moins de monde, ça, c'est les chiffres sur huit mois, et on fonctionne avec moins de temps supplémentaire malgré qu'on ait eu plus d'aléas climatiques.

Le Président (M. Pagé) : M. le député.

M. Therrien : Merci. En tout cas, ça répond absolument à ma question, je suis très content. Écoutez, il y a des gens... vous savez, le Parti québécois, on discute de nos comtés, évidemment, et puis on a beaucoup de députés qui sont en région, qui sont inquiets parce qu'on s'aperçoit que les temps de raccordement, souvent, dépassent les promesses qui sont faites par les gens d'Hydro-Québec, les engagements qui sont faits par Hydro-Québec.

Moi, je ne veux pas lancer... je ne suis pas ici pour lancer la pierre, là, je me dis, entre autres, en Gaspésie, on s'aperçoit, là, que les temps de raccordement sont beaucoup, beaucoup plus longs, et ça fait en sorte que les consommateurs attendent indûment et aussi quelquefois, les entreprises attendent des raccordements qui ne viennent pas tout de suite et qui font en sorte que ça neutralise partiellement, là. Je ne veux pas exagérer, mais, disons que c'est un frein, d'une certaine façon, au développement économique d'une région qui en a bien besoin.

Je veux vous entendre là-dessus. Est-ce qu'il y a des choses qui sont prévues pour justement améliorer les temps de raccordement pour qu'on se situe davantage près des engagements qu'on a pour notre clientèle? Y a-tu des choses... dans les régions surtout?

Le Président (M. Pagé) : M. Martel.

• (11 h 40) •

M. Martel (Éric) : Écoutez, tout à l'heure... je vais être transparent, je ne connais pas les chiffres région par région, là, mais...

M. Therrien : …qui sont prévues pour justement améliorer les temps de raccordement pour qu'on se situe davantage près des engagements qu'on a auprès notre clientèle? Y a-tu des choses… Dans les régions surtout.

Le Président (M. Pagé) : M. Martel.

M. Martel (Éric) : Bien écoutez, tout à l'heure… Je vais être transparent, je ne connais pas les chiffres région par région, là, mais je peux vous dire qu'au total l'an dernier les temps de raccordement pour des raccords qu'on appelle «multiples», là, tu sais, un nouveau développement, pas un petit… Quelqu'un déménage, là, je fais juste changer d'adresse, ça, c'est facile pour moi à faire, puis on performe très bien là. Mais quelqu'un qui a construit, par exemple, un nouveau parc immobilier ou une nouvelle entreprise, une nouvelle usine, les temps de raccordement, on avait des défis importants l'an passé, on rencontrait 55 % des dates qu'on donnait aux clients, O.K.? Alors, on avait la moitié… presque la moitié du temps on ratait la date qu'on avait donnée, et c'était inacceptable. Alors, depuis un an, on a fait beaucoup de travail là-dessus, on a mis des équipes en place, on a des équipes de gestion de projet, et on est rendus… cette année on en a eu pourtant autant, là, on en a eu plus de 2 200, des raccordements multiples, cette année, à faire sur des parcs, et on est à 90 % qu'on rencontre nos dates. Alors, on n'est pas parfaits, puis ça, je vais l'admettre, mais on est passés de 55 % à 90 % des temps. Et en plus de ça, on a réduit le temps qu'on se donnait. Alors, c'est sûr qu'on aurait pu être à 90 % en augmentant le temps, mais on a réduit le temps qu'on se donnait puis ensuite de ça on réussit à faire ça.

Je n'ai pas la segmentation aujourd'hui par région, mais le processus qu'on applique, il est partout le même dans la province. Alors, il n'y a pas de raison pour laquelle un client… Et ce qu'on a fait aussi, peut-être pour éclaircir ça, c'est qu'on fait beaucoup d'accompagnement. Parce que c'est clair que les gens ne font pas ça tous les jours, hein, puis des fois il y a des papiers qui ne viennent pas, à un moment donné… nous, ça nous prend, exemple, une servitude, on n'a pas d'information, alors on accompagne beaucoup plus le client à l'aider à mieux se préparer. Parce que souvent, la problématique n'était pas chez Hydro-Québec, il nous manquait des documents, un maître électricien, etc. Alors là, aujourd'hui, on a un service qui vraiment travaille avec les gens pour s'assurer de dire : Est-ce que vous avez votre papier? On en a besoin, telle date. Et ça, ça a accéléré le processus, ça l'a rendu beaucoup plus robuste.

Le Président (M. Pagé) : M. le député.

M. Therrien : Souvent, en région, vous parlez de multiraccordement, mais en région, souvent, c'est des… tu sais, c'est plus des clients qui sont isolés, des entreprises qui ne sont pas nécessairement des grosses entreprises qui attendent le courant. C'est sûr que, dans ce cas-là, est-ce que vous avez des… Vous me parliez, là, de 55 % dans les multiraccordements, bien, est-ce que vous avez des chiffres en région pour qu'on puisse voir la problématique? Parce que moi, comme je vous dis, c'est soulevé par mes collègues. Et moi, je suis sur la Rive-Sud de Montréal, ça ne s'applique pas nécessairement à mon comté, mais je suis là pour représenter l'ensemble du Québec, puis on s'aperçoit que dans les régions, entre autres en… la Gaspésie, j'ai plein d'exemples concrets, là, qui nous sont envoyés. Est-ce qu'on pourrait avoir des informations là-dessus, sur… D'abord, est-ce qu'il y a un problème qui se retrouve à être dans cette région-là mais ailleurs? Puis est-ce que vous avez des plans pour améliorer l'efficacité des raccordements? Je ne sais pas, est-ce qu'on pourrait avoir ça éventuellement, là, que vous pourriez nous envoyez ça à la commission? On apprécierait beaucoup, parce qu'il y a des gens qui sont inquiets, puis de cette façon-là, bien, ça les soulagerait probablement de savoir quelle est la situation actuelle et qu'est-ce qu'Hydro-Québec va faire pour améliorer cette situation qui est problématique.

Le Président (M. Pagé) : M. Martel.

M. Martel (Éric) : …M. le Président, il y a une chose qui est importante, c'est que, dans une organisation de la taille d'Hydro-Québec, on est en train de mettre des choses en place, entre autres, quand je dis qu'on a un objectif, on est à 90 % présentement de rencontrer les temps qu'on donne, c'est un objectif qui est provincial. Et c'est sûr que cet objectif-là, ensuite de ça, va percoler au niveau des directeurs régionaux, et tout ça, ils vont avoir le même objectif. Alors, je ne suis pas en mesure ce matin, là, je n'ai pas les chiffres avec moi puis je ne les connais pas par coeur — je suis certain que si mon vice-président, Réseau serait ici, il les connaîtrait —, mais on s'assure que tous les Québécois bénéficient du même service. Alors ça, il faudrait le regarder finement. Ça se peut qu'il y ait des endroits qu'on a un peu de rattrapage à faire, ça, je vais être très transparent, mais en général, là, l'intention, c'est que tout le monde reçoive le même service.

Le Président (M. Pagé) : M. le député.

M. Therrien : Bien écoutez, moi, honnêtement, c'est juste pour vous dire : Regarde, on a un problème, ça vient à nos oreilles, on aimerait ça entendre votre son de cloche à vous. Je sais que c'est pointu. Je le sais que ce n'est pas quelque chose que vous avez ça… vous n'avez pas ça en tête, là, évidemment, là, mais j'apprécierais beaucoup si vous nous envoyiez cette information-là. Puis moi, je transmettrai cette information-là aux députés qui sont ciblés, là, députés des régions, puis même les autres partis pourront faire de même, j'imagine, et puis comme ça, bien, ça va nous permettre, là, de voir à quel point Hydro-Québec, là, justement, par son mandat initial, qui était d'offrir les services comparables à l'ensemble du Québec, ça a été nationalisé à cause de ça, pour ça entre autres, bien, que ça soit une réalité qui vous préoccupe. Alors donc, ça, ça va pour ça. Donc, on va attendre les documents. Vous vous engagez à… Parfait, vous êtes bien gentil, merci.

Autre chose, le programme de charge interruptible pour les entreprises. Vous savez, les compteurs intelligents, on a entendu toutes sortes de choses, puis vous l'avez expliqué partiellement tantôt pourquoi on avait entendu ce genre de bruit là, tu sais, que parce que les hivers avaient été froids, puis eux autres ils ont fait… les gens ont fait le lien, là, ils ont fait une corrélation, là, qui n'est pas une relation de cause à effet, mais vous l'avez bien expliqué ça. Mais est-ce qu'on a des plans pour justement agrandir l'accès à ce programme-là, qui est volontaire au départ — à moins que je me trompe, là, mais il me semble qu'il est volontaire — faire en sorte…

M. Therrien : ...de bruit-là, tu sais, que parce que les hivers avaient été froids... Après ça, ils ont fait... les gens ont fait le lien, là. Ils ont fait une corrélation, là, qui n'est pas une relation de cause à effet, mais vous l'avez bien expliqué ça. Mais est-ce qu'on a des plans pour justement agrandir l'accès à ce programme-là, qui est volontaire au départ, à moins que je me trompe, là, me semble qu'il est volontaire, faire en sorte que l'approche client soit efficace, que les gens puissent embrasser cette possibilité-là, parce que vous savez, on avait déjà parlé des «peak», là, puis tu sais, comment gérer les «peaks». Puis ça fait partie d'un des problèmes que vous avez. Puis vous avez bien des problèmes. Ça, ça fait partie... un problème. Donc, à quel point...

Une voix : ...

M. Therrien : Oui, non, non. Je ne veux pas dire que vous avez un problème personnel. Mais vous n'avez pas de problème. Vous semblez un homme très sympathique, mais, bon... Moi, je veux savoir d'abord qu'en est-il de la popularité de ce programme-là? Je veux vous entendre aussi sur à quel point ça pourrait être efficace pour éliminer les menaces de «peak» qui sont difficiles, pour vous, à combler puis c'est bien naturel, là. Donc, j'aimerais vous entendre là-dessus, là.

Le Président (M. Pagé) : En une minute, M. Filion.

M. Filion (Éric) : M. le Président. Donc, je vais répondre à ça. Gestion de la puissance, évidemment, c'est un élément très important. On a plusieurs programmes. Celui auquel vous faites référence, c'est un programme qu'on a lancé en pilote l'an passé pour les petites et moyennes entreprises. Moi, je peux vous dire qu'on a eu des résultats intéressants l'hiver passé, un effacement de l'ordre d'environ 30 MW. Cette année, au mois d'avril, on a lancé ça à plus grande échelle puis il y a vraiment une grande popularité. On a rencontré, on a fait des points de rencontre pour les entreprises, pour expliquer nos services. Puis la demande est très, très forte. Cet hiver, on s'attend d'avoir un effacement de l'ordre d'environ 70 MW. Donc, on va poursuivre dans cette démarche-là, puis c'est très bien reçu par ce type de clientèle là, oui. Donc, la petite et moyenne entreprise, l'industrie.

Le Président (M. Pagé) : C'est ce qui met fin à notre bloc. Il nous reste 10 secondes.

M. Therrien : Bien, juste vous remercier pour la réponse très claire et puis on peut espérer...

Le Président (M. Pagé) : Parfait. Merci, M. le député de Sanguinet. Nous passons donc avec la deuxième opposition pour une période de 12 minutes. Mme la députée de Saint-Hyacinthe, la parole est à vous.

Mme Soucy : Merci, M. le Président. Vous parlez de sondages. Vous dites : Bien, les clients sont satisfaits, le sondage nous le disait. Mais je pense qu'on s'entend pour dire que nous, en tout cas, comme députés, puis je pense que les 125 députés vous diraient probablement la même chose, ce qu'on entend sur le terrain, c'est le tendon d'Achille d'Hydro-Québec, c'est le service à la clientèle. Comme votre objectif, d'ici 2020, c'est d'être la référence en matière de services à la clientèle... puis je pense que vous avez beaucoup de chemin à faire, notamment à la distribution et à TransÉnergie. Alors, la première étape, ça serait de faire des sondages sérieux, de faire des sondages aléatoires, et non pas des sondages ciblés.

Quelle nature — puis la question, je vais vous la posez — quelle nature de demandes sont ciblées pour les sondages au service à la clientèle? Je vous donne un exemple. Je ne pense pas que les natures de promoteurs où je pense que c'est souvent les... bien, pas «je pense», là, je sais que c'est souvent... Ceux qui sont sondés, c'est souvent les gens qui s'adressent au service à la clientèle, qui ont une question sur leur facture d'électricité, par exemple. Ils vont avoir une réponse très rapide. Vous avez des gens au service à la clientèle qui sont formés, qui sont vraiment compétents, mais le reste... ne sont pas sondés. Donc, un promoteur, une compagnie qui fait affaire avec Hydro-Québec, ne sera pas sondée, donc ils ne font pas partie de ce sondage-là. Ça fait que tu sais, quand que je regarde vos sondages qui disent que 85 % sont satisfaits, c'est sûr que 85 % vont être satisfaits quand ils appellent au service à la clientèle puis qu'ils demandent une question sur la facture d'électricité, mais je pense que ce n'est pas représentatif de tous les clients d'Hydro-Québec. Alors, j'aimerais vous entendre sur ça.

Le Président (M. Pagé) : M. Martel.

M. Martel (Éric) : Si vous me permettez...

Le Président (M. Pagé) : Oui.

• (11 h 50) •

M. Martel (Éric) : ...M. le Président, puis peut-être que mon collègue M. Filion pourra complémenter, Mme la députée, je peux vous rassurer sur une chose : On a des sondages qui sont faits par des experts, O.K., à Hydro-Québec, depuis plusieurs années. Et ces sondages-là sont le résidentiel et les grands clients. On a deux types de sondage et dans le résidentiel, on va parler à des promoteurs. Et statistiquement, on s'assure toujours d'avoir une représentation dans nos sondages qu'on parle aux régions, on parle aux grands centres urbains, on parle aux différents groupes d'âge, on parle à des promoteurs, on parle à des gens qui sont... Ça, c'est extrêmement important pour nous d'avoir ça. Et on est toujours en train de se poser la question pour améliorer, parce que moi, ce qui est important à la fin, c'est d'être transparent puis d'être capable d'aller prendre le pouls de la population. Est-ce qu'on peut les améliorer? Je suis certain que oui, O.K.? Mais ce qui est important pour Hydro-Québec présentement, c'est... on a un très grand appétit, je pourrais vous dire, pour comprendre ce que nos clients ont comme enjeux et de régler des problèmes. Ça fait que le sondage, à la fin, c'est une chose... Ça ne remplacera jamais un dialogue face à face. Alors, quand que je mentionnais tout à l'heure que M. Filion, dans son organisation, va faire des tournées pour rencontrer toutes les grandes entreprises du Québec au moins une fois par année avec son équipe... Pas lui personnellement, mais son équipe et lui à l'occasion, c'est dans cette veine-là, d'être capable d'aller prendre le pouls. Alors...

M. Martel (Éric) : ...ça ne remplacera jamais un dialogue face à face. Alors, quand que je mentionnais tout à l'heure que M. Filion, dans son organisation, va faire des tournées pour rencontrer toutes les grandes entreprises du Québec au moins une fois par année avec son équipe — pas lui personnellement, mais son équipe et lui à l'occasion — c'est dans cette veine-là, d'être capable d'aller prendre le pouls. Alors, des sondages, c'est un outil, mais il ne faut pas en faire un tout puis penser qu'on a toutes les réponses dans ça. Il faut aller faire un contact sur le plancher là-dessus.

Mme Soucy : Donc, vous... nature 135, les natures 150 sont ciblées dans vos... dans votre sondage au service à la clientèle?

M. Filion (Éric) : Bien, écoutez, ça, je vais prendre la question, je vais le clarifier... Mais ce qui est important...

Mme Soucy : Est-ce que vous pourriez nous fournir la liste des natures qui sont sondées?

M. Filion (Éric) : Écoutez, ça, c'est du vocabulaire Hydro-Québec, là, les 135, les 150, que je connais moi aussi. Mais il faudrait vous revenir... On peut vous revenir puis prendre la question une autre fois.

Mme Soucy : Merci. O.K., c'est beau. Parfait. Les délais... Je regarde le délai moyen de réponse. Vous dites : Bien, écoutez, il y a quand même une baisse de 54 %... On sait que, depuis peut-être, là, je peux... grosso modo, deux ans, à Hydro-Québec, ils ont changé la façon de faire pour diminuer les délais. Je vous donne dans... des cas très concrets pour que tout le monde comprenne, là.

Supposons qu'un promoteur qui commence un projet. On sait qu'il a plusieurs étapes à faire avant d'être branché. Alors, pour donner un exemple très concret, prenons gestion Poirier, Luc Poirier, qui est un gros... qui est un promoteur immobilier sur la Rive-Sud. Il paie en 2013 des frais d'ingénierie de 15 000 $. Son projet va bon train, mais il doit... il a quand même des étapes à franchir. Et là, on me dit que les techniciens ont de la pression de la part de la gestion pour qu'ils ferment la demande. Pourquoi? Parce qu'ils considèrent le dossier inactif. Et, s'il est inactif, pour eux, bien, ils vont le fermer immédiatement, ce qu'on ne faisait pas avant, parce que je travaillais Hydro-Québec Distribution, on les laissait ouverts. Donc, c'est sûr que ça évite d'augmenter le délai moyen d'attente des projets, on s'entend? On se comprend, vous me suivez? Donc, il est fermé. À partir de ce moment-là, le promoteur doit faire une réouverture de son dossier, donc une nouvelle date apparaît, repayer les frais d'ingénierie de 15 000 $... Puis on sait qu'un projet, bon, c'est quand même assez commun que ça va coûter environ 100 000 $ de travaux. Donc, en plus d'être pris un an avec un temporaire, parce que là, évidemment, il est hors délai, s'il a repris son dossier à partir d'une nouvelle date... Vous comprenez?

Alors, je peux comprendre que vos délais moyens diminuent, parce qu'avant, chez Hydro-Québec, ils laissaient les dossiers ouverts jusqu'à temps que le promoteur ait fini son projet. Maintenant, ils les ferment. Évidemment, ça joue sur le délai moyen, s'il est fermé. On ne compte plus le délai. Alors, sur ça... Puis là, bien... puisqu'on parle de... le service à la clientèle, et également de nombre de plaintes reçues. Bien, écoutez, faire une plainte au service à la clientèle, ça fait cinq semaines, aucune réponse écrite... Alors, j'aimerais vous entendre sur ça.

Le Président (M. Pagé) : M. Martel.

M. Martel (Éric) : Alors, écoutez, je vais reprendre où ce que j'ai dit tout à l'heure, c'est qu'on a fait du service à la clientèle une priorité, puis j'ai aussi, d'entrée de jeu, dit qu'on avait des enjeux. Et j'ai aussi dit que tout n'était pas réglé, on avait encore beaucoup de travail à faire. Alors, c'est des exemples concrets que vous me donnez sur lesquels je suis absolument certain que mes gens se pensent... Alors, quand je disais tantôt : C'est important pour nous, les sondages, c'est un moyen de prendre le pouls, mais les exemples concrets où nous même ça nous permet... Alors, on est dans un esprit d'amélioration continue à Hydro-Québec présentement. On s'est améliorés de façon importante dans la dernière année, on a baissé, tu sais, nos temps de délai de raccordement, et tout ça. Puis, écoutez, il y a des gens — j'ai le pouls sur le plancher aussi — que me le disent. Mais on a encore des enjeux, et vous ameniez quelques exemples sur lesquels on va devoir continuer de se pencher.

Mme Soucy : Je vous amène des exemples concrets parce que c'est ce genre de dossier là qu'on a à faire en tant que députés et puis pas juste moi, mais mes collègues également. Puis ce n'est pas tous les délais non plus qui sont comptabilisés à Hydro-Québec, hein? Les natures... puisque, bon, vous allez dire, c'est du jargon d'Hydro-Québec, mais ça vous donne un bon exemple. Les natures 543 qui ne sont pas des problèmes de réseau mais qu'un poteau penché puis scié dans ta cour puis qu'on a donc hâte qu'Hydro-Québec vienne l'enlever, parce qu'il ne... il ne sert plus, et que ça prend un délai de deux ans, c'est... Il y a beaucoup d'amélioration à faire sur ça. Et ils ne sont pas comptabilisés. Alors, on a beau nous donner des chiffres puis dire que le délai moyen diminue... Oui. Par contre, il faudrait tenir en compte tous les délais. Parce que les gens, les clients attendent également pour faire enlever le poteau dans leur cour. Alors...

Puis ce n'est pas le...

Mme Soucy : ...sur ça. Et ce ne sont pas comptabilisés. Alors, on a beau nous donner des chiffres puis dire que le délai moyen diminue, oui. Par contre, il faudrait tenir en compte tous les délais, parce que les gens, les clients attendent également pour faire enlever le poteau dans leur cour. Alors... Puis ce n'est pas... le but, là, n'étant pas d'attaquer Hydro-Québec, pas du tout, mais c'est pour vraiment... Je pense qu'on se doit, au Québec, d'aider nos entrepreneurs. On va prendre l'exemple d'entrepreneurs, parce que ces natures-là, c'est des natures où est-ce que c'est plus des entrepreneurs qui sont impliqués.

Alors, vous dites que vous voulez avoir une communication proactive avec vos clients. Comment expliquez-vous qu'une entreprise, une PME, soit obligée de mandater une compagnie comme gestionnaire de projet qui, à son tour, est obligée de mandater un retraité de chez Hydro-Québec qui connaît bien la boîte pour arriver à parler à un humain chez Hydro‑Québec TransÉnergie? Soyons conscients, là, une entreprise, ça a des engagements financiers, ça a des engagements contractuels. Ils se trouvent dans une situation excessivement précaire due à un manque de communication et de collaboration entre Hydro‑Québec TransÉnergie et Hydro-Québec Distribution.

Tu sais, c'est le genre de situation qui jette de l'ombre sur le service à la clientèle d'Hydro-Québec. Tu sais, en février dernier, un formulaire sur le site Web d'Hydro‑Québec TransÉnergie est dûment rempli pour faire une demande de déplacement de réseau. Février. Fin mars, le client reçoit un courriel de TransÉnergie, courriel sans signature, sans numéro de téléphone, sans adresse courriel parce que l'adresse courriel de laquelle il est envoyé, il ne peut pas répondre avec ça. Signature dans les courriels, est-ce que c'est trop demander? Tu sais, ça ne coûte pas un sou, ça s'appelle le gros bon sens. Puis ça ne demande pas de faire des nouveaux processus, c'est juste du gros bon sens. Et, ça, ça joue sur le service à la clientèle d'Hydro-Québec.

Tu sais, au Québec, on en a beaucoup, de petits promoteurs immobiliers. Ils créent des emplois. On doit cesser de leur mettre des bâtons dans les roues. Puis les problématiques sont beaucoup moins grandes chez les gros promoteurs, mais ce n'est pas la majorité. Et, tu sais, des grosses compagnies sont capables de s'organiser, puis ils ont des containers avec des... pour monter leur ligne, puis ils n'ont pas besoin d'Hydro. Les petits promoteurs qui ont des engagements, puis qui se font mettre des bâtons dans les roues, puis que les délais sont interminables, ça a des répercussions financières sur eux autres.

Alors, je ne dis pas que tout va mal, là, ce n'est pas ça, là, mais je pense que, chez les promoteurs, il y a vraiment un devoir d'Hydro-Québec de simplifier la vie des promoteurs. Tu sais, les dossiers avec les promoteurs, c'est excessivement difficile d'obtenir des résultats sans avoir des connaissances dans les processus puis avec des contacts internes chez Hydro-Québec. Je parle, bien entendu, là, des dossiers qui nécessitent l'intervention des techniciens et des ingénieurs, comme vous avez appelé communément, là, mais le processus est beaucoup plus laborieux. Toutes les natures qui sont... Des 135, des 150, vous pouvez en prendre note, là, des 263. Moi, c'est ce qu'on... quand on a des dossiers, là, qu'ils nous rapportent, les citoyens, là, c'est toujours ces natures-là.

Actuellement, dans tous les projets à Hydro-Québec Distribution, ils utilisent des délais moyens bruts pour définir les échéanciers préliminaires. Bien, on s'entend pour dire que calculer un délai moyen brut, là, on utilise un nombre important de projets…

Le Président (M. Pagé) : Mme la députée, c'est tout le temps dont nous disposons.

Mme Soucy : Ah! déjà.

Le Président (M. Pagé) : Je pense que, cet après-midi, vous aurez la chance d'intervenir à nouveau parce que nous allons nous revoir à nouveau à partir de 15 h 30.

Alors, compte tenu de l'heure, la commission suspend ses travaux jusqu'à après les affaires courantes, soit 15 h 30, et la commission reprendra son mandat. Merci.

(Suspension de la séance à 11 h 59)


 
 

15 h 30 (version non révisée)

(Reprise à 15 h 53)

Le Président (M. Pagé) : Alors, s'il vous plaît! S'il vous plaît, je vous demande votre attention!

Des voix : ...

Le Président (M. Pagé) : S'il vous plaît, collègues, nous reprenons nos travaux. Alors, je vous demande votre attention. Je vous demande évidemment, bien sûr, comme à l'habitude, d'éteindre vos cellulaires, tablettes et tout le reste, les mettre en mode vibration.

Alors, nous allons poursuivre l'étude du Plan stratégique 2016‑2020 d'Hydro-Québec. Cet après-midi, il y aura les présentations des stratégies 2 et 3 de ce plan stratégique, suivies d'échanges avec les membres de la commission. Alors, afin de... avant la présentation de la stratégie 2, je demanderais aux nouvelles personnes, en fait, qui sont sensiblement les mêmes, mais, comme à l'habitude, de se présenter à nouveau pour les fins de l'enregistrement. Je vous rappelle que vous disposez de 15 minutes pour la présentation de la stratégie 2, soit la stratégie que l'on appelle Communiquer de façon proactive avec nos clients, nos employés et nos partenaires. Par la suite, nous procéderons comme à l'habitude à la période d'échange avec les parlementaires, et nous avons convenu, compte tenu de l'heure, qu'il y aurait un petit peu moins de temps d'échange pour que l'on puisse terminer à l'heure prévue, soit 18 heures.

Alors, à partir de maintenant, je vous demande de vous présenter à nouveau et de commencer votre présentation de 15 minutes.

M. Martel (Éric) : Alors, Éric Martel, président-directeur général d'Hydro-Québec.

M. Desgagné (Pierre-Luc) : Bonjour, M. le Président. Bonjour à tous. Pierre-Luc Desgagné, je suis vice-président, Affaires corporatives chez Hydro-Québec. J'aurai la chance, M. le Président, de faire la présentation de la stratégie 2. Sans plus attendre, on débute.

Alors, la stratégie, comme vous l'avez dit, c'est : Communiquer de façon proactive avec nos clients, nos employés et nos partenaires. Tout d'abord, qu'est-ce que ça veut dire, communiquer de façon...

M. Desgagné (Pierre-Luc) : …affaires corporatives chez Hydro-Québec. J'aurai la chance, M. le Président, de faire la présentation de la stratégie 2. Sans plus attendre, on débute. Alors, la stratégie, comme vous l'avez dit, c'est communiquer de façon proactive avec nos clients, nos employés et nos partenaires. Tout d'abord, qu'est-ce que ça veut dire, communiquer de façon proactive? Bien, ça veut dire tout d'abord informer, mais informer en ayant conscience du fait qu'il faut également écouter, donc une relation bidirectionnelle, et favoriser la… l'accessibilité, pardon, et l'ouverture.

D'abord un mot sur notre environnement de communication. Vous avez sur la présentation quelques grands chiffres, mais je me permettrai d'insister sur le fait suivant : Hydro-Québec est, au Québec et au Canada, l'une des entreprises qui bénéficient de la plus grande couverture de presse. On parle de 2 500 demandes médias par année. Et ça, ça inclut les demandes nationales et les demandes régionales. On a également, comme vous pouvez le voir à l'écran, 11 000 mentions dans les médias. Donc, 11 000 mentions d'Hydro-Québec, ça veut dire par exemple un article publié dans de multiples journal… ou journaux, pardon, et qui sont… qui reprennent des mots-clés. Un autre fait qui est fort intéressant, c'est que nous avons utilisé au fil du temps, de plus en plus, les médias sociaux. Nous avons maintenant 23 000 abonnés Twitter et nous avons 32 000 abonnés LinkedIn. Et notre application mobile, sur laquelle je reviendrai un peu plus tard, a été téléchargée 150 000 fois. Et j'insiste sur un chiffre parce que c'est important de le garder à l'esprit, 2 500 demandes médias par année.

Donc, c'est assez difficile quand on est chez Hydro en communication de se placer sous le boisseau. Communiquer avec nos clients, on l'a fait avec beaucoup plus de proaction depuis l'été 2015. Comme vous le savez, une des premières choses qu'on a fait dans l'année 2015‑2016, c'est de lancer une campagne d'information, une publicité autour d'un thème que l'on voulait significatif, un thème rassembleur, un thème aussi qui lançait un message de fond qui était important pour nous, soit le Bienvenue chez vous. On croyait que c'était le temps que les Québécois se réapproprient la relation importante avec Hydro-Québec. Et c'est ce qui a sous-entendu la campagne de publicité qu'on a lancée. Cinq grands thèmes ont été couverts. Vous les avez à l'écran. Et le plus récent, c'est le thème du développement international. Et c'est celui d'ailleurs qui est à l'écran en ce moment cette semaine. Et ça met en valeur, bien sûr, l'expertise de notre institut de recherche, parce qu'il est important, mais également l'intérêt que portent les étrangers à cet institut de recherche là et la possibilité de nouer des partenariats. Donc, c'est le cinquième thème. Quant aux autres thèmes, c'est des thèmes qui avaient été choisis sciemment, très près des réalités de nos clients et d'intérêt pour la population du Québec.

Communiquer avec nos clients, je vous le disais tout à l'heure, c'est également avoir une approche modernisée, une approche plus jeune, donc une approche qui se sert grandement des médias sociaux. En ce qui concerne les médias sociaux, nos plateformes sont les suivantes. On a tout d'abord deux comptes Twitter, un premier compte qu'on a ouvert dès 2013, là-dessus, on faisait partie des précurseurs, qui est un compte corpo, donc qui est le compte qu'on utilise pour, par exemple, faire connaître nos grands communiqués de presse ou certains grands messages d'entreprise. Mais également, depuis cette année, un compte Twitter pour les clients, donc une façon pour les clients de communiquer avec nous, par exemple, pour signaler une panne ou signaler une problématique quelque part. Bien sûr, on doit répondre après ça en privé, pas question de transmettre des informations personnelles à 32 000 personnes qui sont connectées, mais on le fait de façon, je vous dirais, régulière.

On a également la plateforme LinkedIn, qui une plateforme fort intéressante. Et, là aussi, il y a un deux pour un. Vous avez la plateforme générale d'Hydro-Québec. Et il y a un chiffre que je vais vous mentionner, qui est intéressant. Dans la plateforme corporative LinkedIn, 85 % des gens qui sont connectés sur LinkedIn Hydro-Québec ne sont pas des employés d'Hydro-Québec. Donc, on va chercher, là aussi, une partie de la population, et c'est intéressant. Et récemment, le P.D.G. d'Hydro-Québec s'est doté lui aussi d'une page LinkedIn sur laquelle il fait de façon régulièrement des messages sur certains de nos grands enjeux. Et notre dernier petit bébé, c'est Facebook. Donc, depuis le mois de juillet dernier, soit avant le dépôt de la cause tarifaire, on s'est doté d'un compte Facebook qui est littéralement un prolongement de la campagne Bienvenue chez vous, parce que ça nous permet avec le compte Facebook d'être en interaction constante avec nos clients, avec la population en général. Et l'opérateur Facebook nous a coté très réactif, ce qui est dans le langage Facebook extrêmement positif. Ça veut dire qu'on est rapide sur la gâchette. Ça veut dire qu'on répond rapidement aux gens qui communiquent avec nous.

• (16 heures) •

Communiquer, ça veut également dire se servir des joies des téléphones intelligents. Et nous avons créé une plateforme et une application mobile…


 
 

16 h (version non révisée)

M. Desgagné (Pierre-Luc) : ...Facebook extrêmement positif, ça veut dire qu'on est rapides sur la gâchette, ça veut dire qu'on répond rapidement aux gens qui communiquent avec nous.

Communiquer, ça veut également dire se servir des joies des téléphones intelligents, et nous avons créé une plateforme et une application mobile, qui s'appelle l'application Hydro-Québec. Cette application-là, Info-pannes permet au client d'avoir en temps réel l'information sur les pannes qui les touchent, les délais de raccordement, et c'est très, très précis, on y va presque au coin de rue, alors, peu importe où vous êtes au Québec, vous allez pouvoir savoir si, par exemple, le problème que vous vivez à la maison pour un problème d'alimentation temporaire... est-ce qu'il est connu? Il va être certainement connu très rapidement, donc il apparaît. Par la suite, vous avez les délais de raccordement, vous avez le quartier, qui est identifié, c'est fort bien fait. Et on a gagné cette année un prix Octas, ça, c'est un prix qui existe depuis 1987, qui est donné par un réseau d'experts en TI, et on a reçu le prix coup de coeur pour l'application Info-pannes, et on voit que ça marche. Et sur l'horizon du plan stratégique, ce qu'on va souhaiter, c'est ajouter des services à cette plateforme-là, à la plateforme Info-pannes. Par exemple, est-ce qu'un client pourrait, avec sa propre application, dénoncer lui-même une panne ou une situation qui pourrait être dangereuse sur le réseau, par exemple, je ne sais pas, moi, un fil qui pourrait pendre à un endroit et qui n'est pas encore connu. Il pourrait le faire, donc c'est le genre de choses qu'on veut faire sur l'horizon du plan stratégique.

Communiquer, ça veut également dire de le faire avec nos partenaires, et de le faire de la bonne façon, et de leur transmettre de l'information de qualité. Tout d'abord, un mot qui va certainement sonner des cloches à bon nombre d'entre vous autour de la table, vous savez qu'on a neuf équipes de relations avec le milieu qui sont réparties dans neuf centres régionaux du Québec. Ces équipes-là, bien sûr, elles sont la voix d'Hydro-Québec et surtout notre interface avec le milieu et avec, bien sûr, les députés. Ce qu'il faut, en relation avec le milieu, lorsqu'on communique, c'est d'avoir les bonnes ressources avec les bonnes informations au bon moment. Et ça, c'est un défi presque journalier, il faut s'assurer que ces équipes-là soient toujours à jour, et donc on organise des formations, on fait en sorte que ces gens-là soient, bien sûr, bien au fait des dossiers, et vous avez, dans ces équipes-là, des gens extrêmement dédiés, dirigés par des leaders de grande qualité, et ces gens-là sont répartis partout au Québec, dans neuf grands centres, et on a bien l'intention que ça continue.

Ils nous aident aussi à l'égard d'une question qui est fondamentale — et qui est fondamentale, je sais, pour les parlementaires ici — qui est la question de l'acceptabilité sociale. Les équipes RAM sont extrêmement utiles dans les liens que l'on maintient avec les milieux locaux. Quand vient le temps de faire atterrir ou de faire accepter un projet, ces équipes-là sont toujours bien mobilisées.

Communiquer avec nos partenaires, c'est également les partenaires, je vous dirais, les grands partenaires nationaux, qui sont l'UMQ, la FQM, l'UPA, ce genre de partenaires là. Et récemment on a assaini l'atmosphère avec les grandes organisations municipales, notamment en signant une entente de partage des coûts. Ça va vous sembler peut-être un peu technique, mais, pour résumer ça rapidement et grossièrement, ça faisait des années qu'Hydro-Québec et, par exemple, les municipalités s'échangeaient des factures, bon an, mal an. Tu as une facture de 500 $ pour tel service, ils nous refacturaient 1 000 $ pour un autre, alors c'était de la perte de temps. Ce qu'on a fait, on s'est dotés d'un cadre, qui vient assainir justement ce genre de relation là, qui clarifie qu'est-ce qui est payable, par qui, quand, et qui fait en sorte qu'on évite ce genre d'échange là, de facturation. C'est un exemple parmi d'autres. Avec l'UPA, on travaille de très près avec eux, comme vous le savez. Certains d'entre vous représentent des comtés où la population agricole est très présente. Bien, on est en lien constant avec l'UPA et, avec ces trois associations là, on maintient ce qu'on appelle des comités de liaison, donc on s'assure que, sur une base régulière, des gens d'Hydro-Québec et des gens des associations se voient, échangent sur les grands dossiers et puissent identifier les enjeux sur lesquels il faut travailler.

Communiquer, bien sûr, avec la population. Je vous ai parlé des clients. Je vous ai parlé des partenaires. Je ne peux m'empêcher de vous parler de la population. Je vous rappelle que le meilleur moyen de communiquer avec eux, bien sûr, c'est les médias. Je vous rappelle que c'est 2 500 demandes par année. Mais le grand changement dans nos communications médiatiques, c'est la proactivité. Vous savez, à son arrivée, le P.D.G. a souhaité qu'on soit proactifs. Avait été développée, là, je vous dirais, au fil du temps, une habitude un peu plus défensive. On était toujours disponibles mais moins proactifs. Et là on est proactifs, et on sent que ça a un impact positif auprès des médias, avec lesquels, bien sûr, la relation doit être de qualité. Bien sûr, ils ont un travail à faire, nous aussi, mais on peut établir une relation de qualité, et c'est ce qu'on veut faire.

Il y a aussi, je vous dirais, en termes de proactivité, des activités de...

M. Desgagné (Pierre-Luc) : ...on est proactifs et on sent que ça a un impact positif auprès des médias, avec lesquels, bien sûr, la relation doit être de qualité. Bien sûr, ils ont un travail à faire, nous aussi, mais on peut établir une relation de qualité et c'est ce qu'on veut faire.

Il y a aussi, je vous dirais, en termes de proactivité, des activités de breffage. Ce qu'on veut dire par là, c'est qu'en amont, et c'est certainement des choses que vous connaissez, en amont, on peut rencontrer des membres de la presse pour les informer de façon technique sur un dossier, s'assurer que, lorsqu'ils auront à couvrir ce dossier-là, ils auront l'information dont ils ont besoin.

Communiquer, ça veut également dire, bien sûr, communiquer avec nos employés. Vous savez que c'est dans les trois grands piliers sur lesquels on appuie nos efforts de communication. Alors, nos employés, vous savez qu'on a à peu près 19 500 employés, on en a vus, et ça a été surtout le P.D.G., quoique les présidents de division et celui qui vous parle font aussi des tournées. C'est 8 000 employés qu'on a vus au courant de la dernière année, et ça, tous les efforts dont je vous parle, tous ces efforts-là qu'on a consacrés depuis un an, bien, ça commence à porter fruit.

Alors, vous avez à l'écran un graphique qui est fort important, qui illustre des résultats très encourageants. En bleu, vous avez nos résultats de 2015 en termes de satisfaction générale de la population par trimestre. Alors, on voit qu'on a connu un creux au trimestre 2 de 2015 à 79 % de satisfaction de la population, et on voit qu'à la fin de l'année 2015 il y avait une remontée, là, qui était quand même positive, qui nous amenait à 85 % en fin 2015. Et en jaune vous avez — là, c'est mois par mois parce qu'on est en 2016 — nos résultats de 2016, et on voit qu'à l'été 2016, donc vous avez des résultats encore tout chauds, on a dépassé les 90 % de satisfaction avec une pointe à 93 %.

Donc, on voit que les résultats portent fruit. Je vous dis ça, bien sûr, avec à la fois une certaine satisfaction, mais beaucoup d'humilité, parce que ça veut dire beaucoup de travail, ça veut dire qu'il faut continuer, et je vous dirais que sur l'horizon du plan, lorsqu'on regarde les enjeux, là, qui vont être les nôtres sur l'horizon du plan pour maintenir cette satisfaction-là, le maintien de l'ouverture, maintien de la proactivité, travail sur l'accueil de nos projets... Vous savez, on a à peu près, bon an, mal an, 1 000 projets qui sont travaillés par nos collègues d'Équipement. Il y en a plusieurs centaines dans les régions, alors il faut s'assurer d'un bon travail sur l'accueil des projets et du travail aussi sur la communication interne.

Donc, quand on fait de la communication chez Hydro-Québec, il faut se rappeler de deux choses : un, les Québécois ont un lien très particulier avec Hydro-Québec, ils veulent que ce lien-là soit maintenu, mais ils ont besoin d'être bien informés, de sentir qu'ils ne sont pas pris pour acquis, et Dieu sait si on ne prend ni nos clients... ni la population ni nos clients pour acquis, et c'est comme ça qu'on veut travailler.

Je vous remercie, M. le Président.

Le Président (M. Pagé) : Je vous remercie, M. Desgagné, pour cette présentation. Alors, on va passer à un premier bloc de 24 minutes avec la partie gouvernementale. M. le ministre, la parole est à vous.

M. Arcand : Bien, merci infiniment, M. Desgagné. Merci pour votre présentation. J'ai toujours eu un principe dans la vie, c'est qu'on ne communique jamais assez, hein? Alors, je pense qu'on voit des efforts. Je voudrais d'abord vous féliciter pour votre application mobile parce que, vous savez, comme ministre, c'est fou, parfois, les gens venaient cogner chez moi pour me demander, quand il y avait une panne d'électricité, à quel moment ça reviendrait. Puis, quand il y a eu, je pense, c'était fin juin, début juillet... il y a eu à Québec... il y a eu des pannes assez sérieuses parce qu'il y avait eu des orages assez incroyables, il y a même des députés qui m'appelaient pour me demander : Ça va revenir quand? Et je dois dire, donc, que j'ai eu l'occasion à quelques reprises de consulter votre application mobile, qui est très bien faite et qui donne une information, en tout cas, qui sécurise les citoyens et qui montre justement qu'Hydro essaie de rétablir le service le plus rapidement possible. Alors, je pense que c'est extrêmement, extrêmement intéressant.

J'ai une question de nature technique que j'aimerais juste avoir peut-être un petit peu de détails, c'est... Je comprends très bien qu'on veut être sur Twitter, je comprends très bien qu'on veut être sur Facebook. J'ai un petit peu plus de difficulté sur LinkedIn parce que je me pose la question, LinkedIn est... c'est ce qu'on appelle un service qui est un peu plus un service sur... pour des gens qui soit recherchent un emploi soit des cadres. Je voudrais juste essayer d'un peu mieux comprendre l'utilisation de ce service-là pour Hydro-Québec.

Le Président (M. Pagé) : M. Desgagné.

• (16 h 10) •

M. Desgagné (Pierre-Luc) : Merci, M. le Président. Merci, M. le ministre, de votre question. Vous êtes bien renseigné. Effectivement, LinkedIn est plutôt un réseau de nature professionnelle, c'est du réseautage professionnel, mais ça nous est utile pour deux motifs principaux : un, on rejoint des gens qu'on ne rejoindrait pas autrement, et, surtout, c'est un bassin fort intéressant...

M. Desgagné (Pierre-Luc) : ...merci, M. le Président. Merci, M. le ministre, de votre question. Vous êtes bien renseigné. Effectivement, LinkedIn est plutôt un réseau de nature professionnelle, c'est du réseautage professionnel, mais ça nous est utile pour deux motifs principaux. Un, on rejoint des gens qu'on des gens qu'on ne rejoindrait pas autrement, et surtout c'est un bassin fort intéressant pour mes collègues de RH parce que gravitent évidemment sur LinkedIn des gens de diverses professions, des gens de diverses expertises, et il y a des échanges parfois justement avec des gens pour qui on pourrait avoir de l'intérêt et, à l'inverse, qui ont de l'intérêt pour Hydro. Alors, je vous dirais qu'il y a une niche, là, qui est fort intéressante, qui est la niche d'avoir accès à un bassin de ressources humaines qui peut être fort intéressant.

Le Président (M. Pagé) : M. le ministre.

M. Arcand : Très bien, merci. Merci beaucoup. Je pense que... en tout cas, j'ai... j'entends de bons commentaires jusqu'ici sur les efforts qui sont faits au niveau de la communication, et surtout je pense que la difficulté dans un organisme comme Hydro-Québec, comme une organisation comme Hydro-Québec, c'est toujours à recommencer, il y a toujours un... je dirais, un sentiment de la part de la population qui fait en sorte que, bon, parce que c'est un monopole, parce que, les gens, évidemment ils voient les résultats quand même très, très importants sur le plan financier d'Hydro-Québec alors, et parce qu'à quelque part le gouvernement est rattaché à Hydro-Québec, évidemment que ce soit au niveau des ententes de paiement, que ce soit au niveau de la communication générale, ils s'attendent évidemment à ce qu'Hydro-Québec fasse preuve encore davantage d'empathie par rapport à n'importe quelle organisation un peu plus traditionnelle, alors ça, je comprends ça. Mais je voulais essayer un peu de comprendre qu'est-ce que vous demandez aux gens qui travaillent au niveau de la communication et ceux qui rencontrent... qui ont à discuter avec le public. Quel genre formation ils ont pour pouvoir traiter avec des gens qui souvent vont vous appeler pas nécessairement... ils ne vous appellent pas quand ça va bien, ils vous appellent quand ils ont soit des problèmes de facturation, soit des ententes de paiement, soit toutes sortes de demandes à gauche et à droite. Quel genre de formation vous leur donnez de façon générale?

Le Président (M. Pagé) : M. Desgagnés.

M. Desgagné (Pierre-Luc) : Merci, M. le ministre. On va... ça se fait, je vous dirais, sur deux plans. Premièrement, dans nos équipes régionales, les gens qui font de la communication, des affaires publiques et des relations avec le milieu, on va chercher à avoir des expertises variées d'abord au sein de l'équipe, étant donné la variété de dossiers qui leur sont soumis. Par exemple, là, dans une de mes équipes, c'est un urbaniste qui va diriger l'équipe, mais, avec lui, il y a des gens formés à la base en science politique. Vous avez, bien sûr, des gens qui peuvent être formés en communications. Il peut y avoir des gens qui sont formés en sociologie. On essaie vraiment d'avoir des équipes multidisciplinaires, autant faire se peut, dans nos équipes régionales étant donné la variété des dossiers.

Mais, à l'évidence, lorsque ces gens-là doivent s'adresser au public, d'abord ils reçoivent des instructions assez claires : empathie, humilité, ouverture. C'est le genre de valeurs, là, qu'on veut que nos gens aient à la base, et on les forme comme ça. Et, bien sûr, en termes de communications, ils vont toujours bénéficier d'une formation de base, là, en communications. Mais ce sur quoi on est chanceux, c'est, règle générale, les gens chez nous qui veulent faire ce travail-là et qui le font, ils ont déjà soit une base académique en communications ou soit un bon talent en communications parce qu'on ne s'improvise pas, bien sûr, dans ce type de relations interpersonnelles si on n'a pas les qualités de base. Alors, sur ça, je vous parlais des équipes en région.

En ce qui concerne, bien sûr, nos porte-parole qui sont au siège social, là, on va s'assurer d'avoir des communicateurs, c'est leur job de base, donc des gens qui sont formés en communications. On peut avoir parfois, soit des anciens journalistes, soit des gens qui ont été formés dans des programmes universitaires de communications ou de relations publiques, et, encore là, lorsqu'ils arrivent, bien, il y a une progression. Exemple, on n'enverrait pas, tu sais, un porte-parole qui vient de se joindre à nous défendre un dossier réglementé ou être le porte-parole d'un dossier réglementé à la Régie de l'énergie parce que ça a plein de ramifications. Donc, on va s'assurer qu'ils prennent le temps d'arriver, qu'ils se forment et, par la suite, bien sûr, on commence à les utiliser. Et, si parfois on doit, là, de façon épisodique revoir la formation ou s'assurer que les gens soient vraiment en phase avec nos besoins, on le fait et on n'hésite pas à le faire.

Le Président (M. Pagé) : M. le ministre.

M. Arcand : Merci infiniment pour ces réponses. Maintenant, sur la question l'acceptabilité sociale, comme vous le savez, j'ai un dossier actuellement que nous pilotons sur ces questions-là. Et c'est sûr que, lorsqu'Hydro-Québec...

M. Desgagné (Pierre-Luc) : ...avec nos besoins, on le fait et on n'hésite pas à le faire.

Le Président (M. Pagé) : M. le ministre.

M. Arcand : Merci infiniment pour ces réponses. Maintenant, sur la question de l'acceptabilité sociale, comme vous le savez, j'ai un dossier actuellement que nous pilotons sur ces questions-là. Et c'est sûr que, lorsqu'Hydro-Québec, par exemple, a des projets, particulièrement plus vous vous rapprochez des centres urbains, plus les projets sont difficiles à réaliser. Et c'est sûr que personne ne veut voir Hydro-Québec arriver, dans bien des cas, parce qu'ils voudraient avoir, évidemment... dans le cadre de ces projets-là, ils ne veulent pas avoir une tour, un pylône près de chez eux. Et je comprends très bien ça.

Sur cette question d'acceptabilité sociale, avez-vous des leçons ou des conseils à nous donner sur des expériences que vous avez vécues, sur des choses qui peuvent être corrigées dans l'avenir, des choses que vous avez dit : Bon, bien, maintenant on va procéder différemment pour faire certains types de projets? Alors, ça, c'est ma première question. Puis ma deuxième : Est-ce que vous avez, vis-à-vis des groupes autochtones, une approche qui est différente, et à quel niveau?

Le Président (M. Pagé) : M. Martel.

M. Martel (Éric) : Si je peux me permettre... Puis je laisserai mon collègue M. Desgagné compléter.

Le Président (M. Pagé) : Oui, allez-y.

M. Martel (Éric) : D'abord, peut-être juste rappeler, c'est quelque chose qui fait partie de notre quotidien, chez Hydro-Québec, de faire de l'acceptabilité sociale. On a des projets, hein, puis des fois on ne réalise pas non plus l'envergure. Présentement, on a 1 041 projets de front sur lesquels on travaille, chez Hydro-Québec. On en a plus de 400 qui sont considérés en acceptabilité sociale. Alors, ça, ça veut dire qu'on a à peu près 400 projets présentement. On avait plus de 1 400 chantiers, cet été, à la mi-août. Alors, on a beaucoup d'interaction avec les communautés, les différentes populations. Et ça, c'est quelque chose qu'on fait tous les jours.

Alors, oui, on en a des fois un, ou deux, ou trois, même, qui sont dans les médias, mais je vous dirais qu'en général on en a 406, 407 aussi qui ne le sont pas, parce qu'on a toujours été... notre approche est d'être ouverts, d'écouter, de prendre du temps avec les gens, de leur expliquer pourquoi on fait ce projet-là, d'écouter les conséquences que ça pourrait avoir sur eux aussi. Et souvent, et je dirais dans la grande majorité des cas, on va revenir avec des solutions ou des compromis, des choses qu'on peut faire.

Alors, ça, pour nos, c'est un dialogue, hein, tu sais? Puis c'est un travail de terrain, là. Il faut aller cogner aux portes, rencontrer les gens, leur expliquer le projet, faire des assemblées. Alors, on a toujours... Et je pense que la chose la plus importante là-dedans, c'est d'être respectueux. C'est peut-être la plus grande leçon que je dirais que les gens chez nous retiennent. Il ne faut pas arriver puis prétendre tout savoir puis dire : Écoutez, on en fait 400, on sait comment faire ça. Il faut plutôt être extrêmement modestes et bien écouter les gens, parce que chaque personne a ses... tu sais, ils ont leur histoire, c'est leur lot de terre, c'est la ferme de leur grand-père. Il y a toute sorte de situations qu'on doit tenir compte.

Et évidemment il faut amener des solutions aussi, puis être ouvert à changer nos solutions, puis d'amener aussi des compromis puis des solutions techniques nouvelles. Tu sais, on a «designé» dernièrement des nouvelles familles de pylônes pour accommoder un projet, parce que, bon, sur le plan visuel c'était extrêmement important pour eux. Alors, on a mis nos ingénieurs à contribution. Ça fait que c'est un exemple pratique, un exemple réel. Alors, on est prêts à faire ce genre de choses là.

Alors, je pense que d'être respectueux dans notre approche, c'est important. Par rapport aux autochtones aussi, écoutez, on est évidemment très présents sur les différents territoires. Ce sont des partenaires importants pour nous. Je crois que... J'ose croire qu'on est des partenaires importants pour eux aussi. On travaille ensemble dans des dizaines de projets, hein, tu sais. On travaille avec les différentes communautés cries, innues, etc. Bon, est-ce qu'il y a des contextes où ce que des fois c'est difficile, où on ne s'entend pas? Oui, mais on réussit toujours finalement par trouver des solutions. Tout le monde met de l'eau dans son vin puis on s'entend sur différentes choses à faire. Alors, je pense que, peu importe la communauté, ça demeure la même chose avec les autochtones, c'est toujours d'être très respectueux, d'être à l'écoute de leurs préoccupations et d'essayer de trouver des solutions ensemble.

Alors, je ne sais pas si mon collègue, M. Desgagné, voulait peut-être rajouter...

Une voix : Je pense que c'est limpide...

Le Président (M. Pagé) : Souhaitez-vous ajouter, M. Desgagné?

M. Desgagné (Pierre-Luc) : Non, ça va. Merci.

Le Président (M. Pagé) : M. le ministre. M. le député d'Abitibi-Est, la parole est à vous.

M. Bourgeois : Merci, monsieur...

Le Président (M. Pagé) : Il vous reste 12 min 30 s.

M. Bourgeois : C'est parfait. Merci, M. le Président. Vous me permettrez de revenir un petit peu sur la notion des applications. Premièrement, est-ce que vous avez des ententes avec les réseaux autonomes qui, dans le fond, ne sont pas nécessairement Hydro-Québec, mais qui sont souvent des clients indirects parce que vous fournissez à ces réseaux-là l'énergie et s'il arrive des situations de panne, est-ce qu'il y a une interconnexion? Est-ce qu'il y a une connexion aussi au niveau des médias sociaux?

• (16 h 30) •

M. Desgagné (Pierre-Luc) : Comme vous savez, vous faites sans doute référence aux réseaux municipaux, là, les neuf réseaux qui n'ont pas été nationalisés dans les années 1960. Il y a des ententes de collaboration qui existent depuis des années. Si vous vous souvenez...

M. Bourgeois : ...est-ce qu'il y a une connexion aussi au niveau des médias sociaux?

M. Desgagné (Pierre-Luc) : Comme vous savez, ils ont fait sans doute référence aux réseaux municipaux, là, les neuf réseaux qui n'ont pas été nationalisés dans les années 60. Il y a des ententes de collaboration qui existent depuis des années. Si... Vous vous souviendrez, même si ce n'est pas un super souvenir, mais Noël il y a deux ans, la région de l'Estrie avait été frappée par un verglas assez intense, et notamment la ville de Sherbrooke et la région immédiate de Sherbrooke, et on est allés donner un coup de main, on a prêté des équipes à Hydro-Sherbrooke, on a participé à la reconstruction du réseau à certains endroits. Donc, les... et, à l'inverse, si jamais nous, on avait des besoins, Hydro-Sherbrooke, j'en suis sûr, n'hésiterait pas à nous donner un coup de main.

Donc, il y a vraiment, là... ce n'est pas des... en situation de panne ou en situation d'urgence, il n'y a personne qui se pose des questions, là, la collaboration, elle est très présente. L'échange d'information se fait effectivement en continu. À ma connaissance, mais je ne veux pas induire les membres de la commission en erreur et je le vérifierai, à ma connaissance, notre application Info-pannes ne couvre que nos clients, que les régions où... je devrais plutôt dire que les municipalités où nous sommes actifs. Je pourrais vous confirmer si les réseaux municipaux sont inclus, mais je pense que non. Mais ça ne change pas le fait que l'échange d'information est là, mais je pourrai fournir l'information à la commission puis vérifier aussi si, dans le futur, ces réseaux-là ont l'intention de se doter du même type d'application.

Le Président (M. Pagé) : M. le député d'Abitibi.

M. Bourgeois : Oui, merci, M. le Président. Bien, effectivement, pour le bénéfice de ces populations-là, je pense qu'il y aurait lieu de voir un transfert d'info pour le citoyen qui, à un moment donné... des fois, les gens se posent même la question : Je suis avec Hydro ou je suis avec le service municipal, parce qu'ils ont... des fois, ils se déplacent sur le territoire puis à un moment donné ils ne font plus nécessairement le lien.

L'autre élément : ça va bien quand le réseau est en fonction. Dans les régions, on souvent la problématique de vide, en termes de services, que ce soit Internet, que ce soit au niveau de la téléphonie cellulaire. Votre stratégie de communication, en cas de panne, par rapport aux médias, par rapport aux autres types d'applications, elle se déploie comment?

Le Président (M. Pagé) : M. Desgagné.

M. Desgagné (Pierre-Luc) : Merci de votre question. Bon, à l'évidence, la responsabilité, par exemple, des réseaux de télécom, on a bien des responsabilités, mais on n'a pas celle-là. Alors, bien sûr, nous, on va s'adapter, comme doivent le faire les populations à certains endroits, à la disponibilité de la télécom sur place ou à la disponibilité... je ne sais pas, dans certains cas, de la bande passante, là, mais je vous rassure sur une chose : la stratégie de communication, en cas de panne, elle est adaptée, bien sûr, à la région qui est concernée puis aux municipalités qui sont concernées.

Si vous êtes dans des endroits qui vont être soit plus éloignés ou qui ne sont pas desservis par certains réseaux de télécom, on va adapter notre communication en conséquence. On peut faire, par exemple, des téléphones préventifs. Il y a des choses qu'on met de l'avant, un peu comme, par exemple, quand on fait des interruptions planifiées. Vous savez qu'on va communiquer avec les clients à l'avance, on va les informer, bon, c'est le genre de chose qu'on fait.

Vous savez, en période de panne, là, et je suis persuadé que... Je pourrais laisser aller le P.D.G. là-dessus, mais en période de panne, là, la priorité absolue, c'est de rétablir les clients dans le délai le plus bref. Alors, on ne se pose pas de questions sur les juridictions puis on ne se pose pas de questions... En période de panne, c'est d'informer les clients puis de les rétablir le plus rapidement possible, c'est la seule priorité.

Le Président (M. Pagé) : Parfait. M. le député.

M. Bourgeois : Oui, dans un autre ordre d'idées, vous nous avez parlé beaucoup de vos équipes RAM, donc relations avec le milieu. Je vous faire un renforcement positif de ce côté-là, je peux confirmer que dans plusieurs cas, la présence constante de vos équipes sur le terrain en relation avec les différents groupes d'intérêt, que ce soit des socioéconomiques, que ce soit des communautés, je suis convaincu que ça a fait une grande différence dans des situations plus difficiles, soit de situations de crise, soit des situations d'enjeux de développement ou de travaux majeurs et, de ce côté-là, votre stratégie... Bon, vous êtes... Il y a eu des questionnements au niveau des régions, à savoir si le maintien de ces équipes-là était pour se faire. Il y a des gens que... il y avait des rumeurs à l'effet qu'au niveau des effectifs sur tout ce volet-là d'Hydro-Québec, dans sa présence en région, qu'il y avait des intentions de ramener les équipes plus vers Montréal et Québec. Pouvez-vous nous rassurer?

Le Président (M. Pagé) : M. Desgagné.

M. Desgagné (Pierre-Luc) : Oui, je vais vous rassurer avec grand plaisir, puis mon boss est à ma droite, ça fait que...

Alors, je vous rassure avec grand plaisir. Je n'ose pas imaginer comment Hydro pourrait fonctionner sans ces équipes régionales. Ça fait partie de notre ADN, d'être une entreprise présente en région puis ces équipes-là sont essentielles à notre bon fonctionnement, puis au bon lien qu'on a avec la population, puis les clients. Alors, il n'y a aucune intention de quelque façon que ce soit de ramener ça vers les...

M. Desgagné (Pierre-Luc) : ... Alors, je vous rassure avec grand plaisir. Je n'ose pas imaginer comment Hydro pourrait fonctionner sans ses équipes régionales. Ça fait partie de notre ADN d'être une entreprise présente en région, puis ces équipes-là sont essentielles à notre bon fonctionnement puis aux bons liens qu'on a avec la population puis les clients. Alors, il n'y a aucune intention, de quelque façon que ce soit, de ramener ça vers les grands centres, ce serait contraire à nos propres intérêts.

M. Martel (Éric) : Si je peux vous rassurer là-dessus, il y a... Si vous me permettez, M. le Président...

Le Président (M. Pagé) : Allez-y, M. Martel.

M. Martel (Éric) : ...il n'y a aucune discussion à l'intérieur chez Hydro-Québec , là, pour diminuer ou ramener ou... C'est important. Ça fait partie, comme mon collègue, M. Desgagné, le disait, de l'ADN d'Hydro-Québec d'être présent sur le terrain, d'écouter nos clients et de... C'est nos yeux et nos oreilles, un peu, ce qui nous permet de mieux comprendre aussi qu'est-ce qui se passe en région et d'adresser des problèmes aussi qui sont de nature beaucoup plus régionale que des fois on ne verrait pas passer chez... sur le boulevard René-Lévesque à Montréal. Alors, ça nous permet d'avoir des gens sur le terrain qui font le travail et qui travaillent avec la communauté locale. Merci.

Le Président (M. Pagé) : M. le député.

M. Bourgeois : Oui. Vous nous avez parlé de l'entente-cadre avec l'UMQ et la FQM. Au niveau des groupes, je pense, des associations soit dans le domaine forestier... dans le domaine minier, est-ce que vous avec ce même type de discussion là en termes d'évolution des besoins de l'industrie sur le territoire québécois ou plus spécifiquement par rapport certaines régions?

Le Président (M. Pagé) : M. Desgagné.

M. Desgagné (Pierre-Luc) : Merci, M. le Président. Deux éléments importants que votre question me permet de couvrir... Tout d'abord, les grandes associations de nature économique, que ce soit la Fédération des chambres de commerce, par exemple, ou les grandes chambres de commerce du Québec ou même les chambres de commerce locales, ça, c'est chez nous. On est membres à bien des endroits. On va s'assurer d'être en phase avec leurs demandes et avec, s'il y a lieu, leurs doléances. Moi, je siège d'ailleurs sur celui de la chambre de commerce de Montréal. J'ai des collègues qui vont siéger dans d'autres villes. Alors, ça, ça se fait très bien. On a aussi des liens, encore une fois, c'est dans l'équipe relation avec les collectivités et donc relation avec le milieu, avec des grandes associations aussi d'autres natures qui vont couvrir, par exemple, les organisations économiques, les manufacturiers exportateurs, c'est un bon exemple, la FCEI, Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, section Québec. On va être en lien avec le Conseil du patronat. Alors, je pourrais faire la liste, mais ça, on maintient des liens constants puis ces gens-là savent où appeler, s'ils ont quelque chose à nous dire. Je sais que le P.D.G., dans sa première année, les a à peu près tous rencontrés pour s'assurer que le lien se fasse. Et en ce qui concerne, là, les associations très ciblées, qui sont des associations de secteur, exemple, l'association de l'aluminium ou encore des groupes forestiers, ils vont avoir, eux, plutôt un lien avec le groupe soit grands clients industriels ou le groupe plus près de distribution, le groupe de services à la clientèle. Le lien va plus se faire à cet égard-là, bien qu'ils peuvent très bien rentrer chez nous, mais ça va plus se faire avec mes collègues de distribution et de service à la clientèle. Pourquoi? Parce que c'est plus souvent des enjeux de terrain, là, liés à la relation vraiment très solide entre Hydro et ses clients.

Le Président (M. Pagé) : M. le député.

M. Bourgeois : Oui. Dans le même autre d'idée, Hydro-Québec, qui est un grand client pour soit les réseaux de fournisseurs, de sous-traitants, l'intégration de la connaissance de comment faire des affaires avec Hydro-Québec, est-ce que vous avez une stratégie de ce côté-là? On veut que l'ensemble des entrepreneurs québécois puisse desservir adéquatement une société d'État comme la vôtre et on a constaté dans le passé qu'il y a des opportunités d'affaires qui se sont présentées, qui ont été saisies au bond par des acteurs qui n'avaient pas été identifiés au départ comme ayant un potentiel et à l'inverse, dans d'autres situations où on aurait probablement pu avoir des joueurs qui auraient pu répondre aux besoins d'Hydro-Québec, devenir des nouveaux fournisseurs, des nouveaux sous-traitants, mais que malheureusement il y avait un manque d'information ou de connaissances des besoins de l'entreprise.

Le Président (M. Pagé) : M. Martel.

M. Martel (Éric) : Si vous permettez, M. le Président, alors écoutez... D'abord, peut-être... je voudrais rappeler qu'Hydro-Québec ont fait des achats d'environ 2,8, 2,9 milliards de dollars par année au Québec et que plus de 92 % de ces valeurs-là sont faites ici. Alors, on est très heureux de ça et vu que je le disais ce matin, là, on a une contribution à l'économie qui est quand même très importante à l'extérieur de livrer un dividende puis d'avoir 20 000 employés. Alors, ça, on continue de faire ça, puis ça fait partie de notre plan de le faire.

• (16 h 30) •

Ce que vous abordez est un sujet important et on veut toujours s'assurer d'avoir le maximum de personnes qui peuvent participer. Et on est très rigoureux chez nous dans notre système d'achat et sur comment on fait les choses. Alors, des fois, ça pourrait arriver que ça puisse éliminer des joueurs qui ne rencontrent pas certaines normes, mais je peux vous dire qu'il y a un désir très grand chez nous de s'assurer que notre base de fournisseurs... que les gens puissent appliquer chez nous. D'ailleurs, je vous inviterais tout à l'heure, quand on aura la section productivité, on va spécifiquement parler des achats, comment on fait des achats... Mon collègue M. Réal Laporte...


 
 

16 h 30 (version non révisée)

M. Martel (Éric) : ...des fois ça pourrait arriver que ça puisse éliminer des joueurs qui ne rencontrent pas certaines normes. Mais je peux vous dire qu'il y a un désir très grand chez nous d'élargir... de s'assurer que notre base de fournisseurs, que les gens puissent appliquer chez nous. D'ailleurs, je vous inviterais tout à l'heure, quand on aura la section productivité, on va spécifiquement parler des achats, comment on fait des achats. Mon collègue, M. Réal Laporte, va en parler. Alors, on pourra peut-être même revenir sur ce sujet-là, si vous le permettez. Merci.

Le Président (M. Pagé) : Il vous reste à peine... un peu plus que 1 min 30 s, puis votre collègue des Îles-de-la-Madeleine. Alors, allez-y, M. le député.

M. Chevarie : Merci, M. le Président. Vous avez fait, lors du début de votre présentation, un état de situation sur tout le volet communications, puis vous parliez... vous avez mentionné que vous avez 2 500 demandes d'entrevues, plus de 200 communiqués par année. Bon. C'est tous des éléments ou des outils pour mieux informer les milieux. J'aimerais savoir, dans un premier temps, quels sont les deux, trois thèmes qui reviennent le plus souvent par rapport à ces interventions-là de la part des médias ou encore qui font l'objet de communiqués.

Le Président (M. Pagé) : En 45 secondes, s'il vous plaît.

M. Desgagné (Pierre-Luc) : Oui. Alors, très rapidement. Les thèmes de service à la clientèle vont intéresser bon nombre de médias, et il y a des médias d'ailleurs qui ont pris un certain virage consommateur, donc qui vont s'intéresser de près aux questions de service à la clientèle. La question des tarifs anime beaucoup les médias. Vous savez, il y a comme trois rendez-vous annuels, là : il y a le rendez-vous du dépôt en août; il y a le rendez-vous des audiences publiques en décembre; puis il y a le rendez-vous de la décision de la régie en mars. Ça, ça va vraiment animer, je vous dirais, les médias.

La question de nos grands projets, là, ça, puis on peut comprendre pourquoi compte tenu de l'importance des investissements, la question de nos grands projets va aussi les intéresser grandement. Et ce qui les a intéressés, je vous dirais, au cours des deux, trois dernières années, mais un sujet sur lequel on n'a à peu près plus d'appels, c'est les compteurs intelligents. Parce que le dossier est derrière nous, c'est déployé, je pense que les gens vont... voient les fonctionnalités, les avantages. Ça, on a peu d'appels.

Le Président (M. Pagé) : Alors, on va continuer l'échange avec l'opposition officielle, M. le député de Sanguinet, pour un peu plus de 14 minutes.

M. Therrien : Merci, M. le Président. Alors, donc enchaînons avec ce sujet des communications.

D'abord, je voudrais juste comprendre les argents investis dans les communications. Parce que là, évidemment, avant qu'arrivent les téléphones intelligents, vous aviez... vous faisiez des coms. Vous avez une application sur les téléphones mobiles, refonte du site Internet, vous avez des interventions ailleurs. Est-ce qu'il s'agit tout simplement d'une reconfiguration de votre stratégie de communication, c'est-à-dire qu'on a pris de l'argent dans les coms en quelque part pour le transférer ailleurs ou on a mis de l'argent neuf pour arriver à être plus efficace ou en tout cas moderniser nos façons de faire?

Le Président (M. Pagé) : M. Martel.

M. Martel (Éric) : Je peux me permettre de répondre, M. le Président, merci pour la question, M. le député. C'est très, très clair qu'on s'en est tenus à l'enveloppe budgétaire qu'on avait. Alors, on a réalloué des sommes à différents sujets, tu sais, dans notre désir d'être disponible, de se rendre accessible, de communiquer, d'être transparent. On n'a rien à cacher, on s'explique, on a changé un peu, comme M. Desgagné le disait un peu plus tôt, la façon de faire, hein, de nos porte-parole par exemple. Nos porte-parole aujourd'hui, par exemple, on n'en a pas plus qu'avant, au contraire. Mais les porte-parole, on leur donne le ton puis on leur dit : Écoutez, quand vous allez devant les médias, préparez-vous bien, par exemple. C'est votre responsabilité de bien vous préparer. Connaissez vos dossiers, mais répondez aux questions. O.K. Alors, c'est important et ça, c'est le message qu'on a chez nous, mais on travaille toujours dans l'enveloppe budgétaire qu'on avait dans le passé.

M. Therrien : Donc, il n'y a pas... entre guillemets, il n'y a pas d'argent neuf là-dedans et puis vous estimez, évidemment, comme le reste des entreprises qui ont à faire face au tournant informatique, vous estimez que vous êtes plus efficace qu'avant juste en réorientant ces montants d'argent là? Je comprends bien, là?

M. Martel (Éric) : Mais, je pense, M. le Président, que les résultats parlent d'eux-mêmes, hein. Tu sais, on a fait un virage dans la dernière année. Ce n'est par hasard qu'on est passé de 79 % au deuxième trimestre de satisfaction et à, dans les trois derniers mois, au-delà de 90 %. On s'est rendus accessibles, on a des moyens... nouveaux moyens de se rendre accessible, hein, que ce soit par les médias sociaux... On a été beaucoup plus présent, on a fait des campagnes aussi, publicitaires, que vous avez peut-être eu la chance de faire avec un objectif d'informer les gens sur Hydro-Québec. On voulait que les gens connaissent Hydro-Québec. On voulait que les gens redeviennent fiers d'Hydro-Québec. Alors, c'est ce qu'on a entrepris.

M. Therrien : Et donc...

Le Président (M. Pagé) : M. le député, oui, ça va.

M. Therrien : Écoutez, ça veut dire que dans les coms, je pense que vous avez dit ça d'entrée de jeu ou presque, vous me direz si je me trompe, là, mais vous disiez : Bien, ça sert à expliquer ce qu'on fait, ce que les gens aussi aimeraient qu'on fasse. Donc, il y a un canal de communication qui s'est établi pour être plus efficace.

Moi, ça, ça irait pour ça, mais concrètement, là, le ministre parlait tantôt d'acceptabilité sociale, c'est un mot qui est de plus en plus à la mode et qui est très important, vous le savez plus que quiconque, là, vous avez eu certains, entre guillemets, vous avez eu à faire face...

M. Therrien : ...donc il y a un canal de communication qui s'est établi pour être plus efficace. Moi, ça, ça irait pour ça, mais concrètement, là, le ministre parlait tantôt d'acceptabilité sociale. C'est un mot qui est de plus en plus à la mode et qui est très important, vous le savez plus que quiconque, là. Vous avez eu certains, entre guillemets... vous avez à faire face, disons, si j'en parle autrement, à faire face à l'acceptabilité sociale pour vos lignes, là, Chamouchouane, entre autres, Bout-de-l'Île.

En quoi ces outils de communication peuvent vous permettre d'être plus efficaces et de faire en sorte que les gens comprennent mieux ce que vous faites et, par ricochet, d'atteindre une acceptabilité sociale? Est-ce que ça... Oui, je vous laisse aller là-dessus.

Le Président (M. Pagé) : Oui, M. Desgagné.

M. Desgagné (Pierre-Luc) : Oui, M. le Président. Merci, M. le député de Sanguinet. Peut-être juste un petit aparté de 30 secondes. Je me suis servi des nouveaux médias pour pouvoir avoir une réponse rapide sur une question qui m'a été posée. Alors, l'application mobile ne couvre pas les neuf réseaux municipaux parce que, bien sûr, on n'a pas de contrôle sur les réseaux de distribution municipaux. Alors, je voulais répondre immédiatement à la question. Alors, j'arrive.

M. Therrien : Vous êtes efficace, en effet.

M. Desgagné (Pierre-Luc) : Bien, on voulait prouver que les nouveaux médias, ça marche. Mais pour répondre directement à votre question, l'utilisation accrue des médias sociaux chez Hydro-Québec, ça nous permet de jouer dans la même ligue, par exemple, que certaines personnes qui s'opposent à nos projets. Ce qu'on avait remarqué, c'est qu'évidemment, les réseaux sociaux, et je dis ça, il n'y a aucune forme de reproche dans ce que je vous dis, mais permettre, par exemple, une mobilisation plus rapide, par exemple, de certains groupes d'opposition, et on a vu aussi dans le passé, parfois, certaines légendes urbaines, là, être entretenues sur les réseaux sociaux, et on y était peu ou pas encore beaucoup, ce qui faisait en sorte que, comme c'était répété régulièrement, certaines personnes, de la plus entière bonne foi, pensaient que c'était vrai.

Alors, le fait d'être sur les réseaux sociaux, lorsque vient le temps, par exemple, de présenter un projet, ça nous permet de jouer dans la même ligue, par exemple, que tout le monde. Ça c'est un.

Deux, ce que ça nous permet surtout — là, j'y vais sur le plan positif — c'est que ça nous permet de rejoindre directement les clientèles et les gens sur place et de leur donner l'information de façon directe, de recevoir leurs questions s'il y a lieu et de répondre. Alors, de créer cette espèce d'interaction là directe, sans prisme et sans phare, donc vraiment d'être en mesure de communiquer avec eux. Donc, je vous dirais que ça améliore beaucoup.

Le Président (M. Pagé) : M. le député.

M. Therrien : Donc, pour les deux lignes de transmission, ce qu'on a entendu parler beaucoup, selon ce que vous me dites, ça a accentué l'acceptabilité sociale, si je comprends bien, là.

M. Desgagné (Pierre-Luc) : Je vous dirais que ça... Je vous dirais que c'est assez utile, les médias sociaux. Dans le cas de Chamouchouane, Bout-de-l'Île — c'est probablement le premier projet auquel vous faites référence, qui est d'ailleurs en construction actuellement, un grand projet dont on est très fiers — à l'époque, lorsqu'est venu le temps de... bon, l'avant-projet, on a procédé avec des méthodes plus classiques. On n'était pas encore équipés, je le dis très humblement, avec les nouveaux médias sociaux, mais on a été efficaces quand même. On faisait le travail de terrain, comme on l'a toujours fait, avec des multiples assemblées publiques, des centaines d'assemblées d'information, des portes ouvertes, bon, on l'aura fait de façon plus classique. Ça fait que je vous dirais que Chamouchouane s'applique peu à l'explication que je viens de vous donner. C'est plus dans... C'est plus actuel, je vous dirais, l'utilisation des médias sociaux.

M. Therrien : O.K. Donc, vous n'avez pas comme eu encore l'occasion vraiment de mettre... de tester, là... de tester les stimuli qu'on peut avoir avec ça, avec ces nouveaux programmes-là pour l'acceptabilité sociale. C'est ce que j'ai compris, là.

M. Desgagné (Pierre-Luc) : Oui, exact. Mais on a 400 projets, alors, on va voir, justement, les stimuli assez vite. Mais récemment...

Une voix : ...

M. Desgagné (Pierre-Luc) : Récemment, on a utilisé grandement les médias sociaux pour rectifier certaines choses qui pouvaient se dire sur un projet, là, dans les Basses-Laurentides et là, on a utilisé les médias sociaux pour s'assurer, par exemple, de ce qui pouvait être rapporté par certains opposants, et c'est leur droit de le faire, mais de pouvoir faire en sorte de rectifier certains faits qu'affirmaient les opposants. Ça, on l'a fait récemment, là.

M. Therrien : O.K. Et puis, là-dessus, qu'est-ce qu'on pourrait faire? Qu'est-ce que vous allez faire? Qu'est-ce qui est sur les... qui est est écrit sur les cartons, là, pour qu'on puisse continuer dans ce sens-là? Il y a-t-u des... tu sais, je veux dire, vous portez tout le temps, là, une attention particulière à l'acceptabilité sociale. Quels sont les projets futurs, là, très rapidement, là, qui pourraient être mis en place au niveau de la communication pour accentuer, si on veut, être plus efficace à ce moment-là? Est-ce que vous avez déjà des idées ou vous allez commencer par tester davantage ce que vous avez mis...

Le Président (M. Pagé) : M. Desgagné.

• (16 h 40) •

M. Desgagné (Pierre-Luc) : On ne... Merci, M. le Président. On ne travaille pas nos projets, on ne travaille pas sur l'accueil de nos projets de la même façon qu'on le faisait, par exemple, dans les années 90. On n'est pas équipés de la même façon, on a appris du passé, on a appris de nos leçons et je vous dirais que c'est une réflexion en continu. Dans chaque projet, il y a des choses, bon, qu'on va faire de façon classique, parce qu'on y tient et... Exemple, de parler aux gens en amont, je vous dirais, de s'assurer que si on a un projet dans une région x qui s'en vient, de ne pas arriver, vous savez, un vendredi matin, au bureau de la municipalité, en disant : Voilà notre projet et puis débrouillez-vous, de les voir avant, leur dire : Voici ce sur quoi on travaille, voici... Voici, par exemple, pourquoi ce projet-là est nécessaire dans votre région. Est-ce qu'on peut regarder ça ensemble pour attacher le plus de fils possible, pour quand vient le temps de déposer officiellement le projet, bien qu'il soit assez bien fignolé pour que là, on soit...

M. Desgagné (Pierre-Luc) : …vendredi matin au bureau de la municipalité en disant : V'là notre projet et puis débrouillez-vous. Les voir avant, leur dire : Voici ce sur quoi on travaille. Voici, par exemple, pourquoi ce projet-là est nécessaire dans votre région. Est-ce qu'on peut regarder ça ensemble? Pour attacher le plus de fils possibles pour que, quand vient le temps de déposer officiellement le projet, bien, qu'il soit assez bien fignolé pour que là on soit vraiment dans les derniers ajustements. Je vous dirais que, s'il y a une chose sur laquelle j'insisterais pour le futur : s'assurer d'être le plus en amont possible dans les projets et que notre communication, elle ne soit pas qu'au moment du dépôt ou par la suite ou qu'elle ne soit pas réactive uniquement, mais qu'elle soit proactive dès le départ.

Le Président (M. Pagé) : M. le député.

M. Therrien : Moi, je vous dirais, au niveau des compteurs intelligents, là, j'en ai vu défiler à mon bureau, des gens qui m'expliquaient, là, les conséquences négatives sur la santé, sur un peu tout, là. Et moi, je ne suis pas spécialiste là-dedans, disons que j'aurais aimé beaucoup qu'on ait en place, là, un réseau de communication qui soit plus solide parce que… J'imagine que les autres députés aussi ont vécu ça, là. Est-ce qu'aujourd'hui, avec… si on avait eu ces outils-là, ça aurait été, d'après vous, plus facile de faire en sorte que les compteurs intelligents soient mis en place de façon plus généralisée?

Le Président (M. Pagé) : M. Martel.

M. Martel (Éric) : Je pense que, M. le Président, si vous me permettez, c'est un très bel exemple que vous apportez parce que… On appelle ça faire de la gestion de changement, hein, c'est de… D'abord, on était excellents chez Hydro-Québec pour faire le changement technique. Il n'y en a pas, de problème avec les compteurs. On a eu des ingénieurs qui ont travaillé là-dessus cinq ans. On a fait modifier les designs, les rendre plus robustes. On a fait la gestion de changement technique de façon impeccable. Par contre, la partie de gestion du changement sur le terrain avec la population pour ce projet-là, c'est clair que c'était un projet de masse, on touchait à quatre millions de personnes, quatre millions de clients, on aurait pu faire un bien meilleur boulot. Et c'est drôle parce qu'on le fait dans des plus petits projets, on en a quatre, cinq, comme on disait, et celui-là, c'est comme… je ne sais pas pourquoi, à cause de la taille, etc., on s'est approchés différemment et on a appris des leçons de ça.

Alors, aujourd'hui, je dirais, si on aurait à refaire un grand projet comme ça, un, je pense qu'il faudrait reprendre notre façon de faire dans les plus petits projets… bien, il y a des très grands projets aussi, là, mais surtout sur la façon de faire puis d'utiliser d'abord les outils de communication qui permettraient aux gens de comprendre, tu sais, parce qu'il y avait beaucoup de légendes urbaines dans ce projet-là, et on a peut-être été un peu lents à les démystifier. Parce que c'est devenu, un peu comme M. Desgagné disait tantôt, ça devient la vérité, à un certain moment, hein, puis, même si c'est faux, ça s'emballe et là ça devient très difficile à récupérer. Alors, aujourd'hui, c'est pour ça, quand on parle de communication proactive, on va être là avant, on va aller en parler avant. Puis quand ça sera le temps d'avoir quelqu'un qui arrive installer un compteur, les gens comprendront pourquoi puis à quoi ça va servir, puis que tout a été vérifié avant que ça sorte.

Le Président (M. Pagé) : M. le député.

M. Desgagné (Pierre-Luc) : Mais, si vous permettez…

Le Président (M. Pagé) : Oui, M. Desgagné, allez-y.

M. Desgagné (Pierre-Luc) : …puis ça va compléter ce que le P.D.G. mentionne, très humblement, j'aurais aimé ça être équipé comme je le suis actuellement, quand on lancé les compteurs intelligents, parce que c'est un peu comme si j'avais un gant de baseball puis ça jouait au hockey, là, tu sais. Alors, on aurait le bon bâton, puis je l'aurais du bon bord. Et, tu sais, les médias sociaux, à cette époque-là, on n'avait pas développé la vélocité qu'on a actuellement. Et votre point est très bien, puis on a appris des leçons de ça.

Le Président (M. Pagé) : M. le député.

M. Therrien : …Sidney Crosby des compteurs intelligents. O.K., bien, c'est ça. Bien, en tout cas, moi, je ne fais rien que vous dire que — je suis sûr que les autres collègues sont d'accord avec moi, là — on aurait apprécié avoir plus d'information, parce que des fois on est un peu dépassés par les événements, on n'avait même pas de gant de baseball, on n'avait rien. Ce n'était pas facile.

O.K. C'est sûr que vous êtes une grosse entreprise. C'est sûr que vous êtes scrutés, parce que les gens disent que vous appartenez à la population québécoise. Vous êtes dans une situation de monopole. Est-ce que vous… Vous pouvez, je pense, vous pouvez devenir paresseux. Tu sais, quand… généralement, quand tu as un monopole d'État, on peut avoir tendance à devenir paresseux. Puis ce n'est pas propre à Hydro-Québec, là, tu regardes l'ensemble des monopoles d'État, c'est un peu pour ça que souvent les gens sont contre, on peut devenir paresseux. Sauf que le fait, je pense, le fait que les Québécois soient vos propriétaires, j'ai comme l'impression que vous, vous ne l'êtes pas. Donc, ça, je vous envoie une fleur, là. D'après ce que j'entends, là, vous ne me semblez pas paresseux. Est-ce que vous… dans le cas des communications, dans le cas de tournant technologique qu'on va suggérer, entre guillemets, essayer d'imposer à la population, est-ce que vous êtes basés sur des stratégies de com des grandes entreprises qui sont souvent dans des situations d'oligopole, ou de concurrence monopolistique, ou… situations où le marché pour eux est extrêmement important et vital, alors que, veux veux pas, dans un cas de monopole d'État, c'est un petit peu moins le cas. Est-ce que vous êtes stimulés ou vous allez chercher des sources d'inspiration chez ces gens-là, tu sais, les grosses entreprises?

Le Président (M. Pagé) : M. Martel.

M. Martel (Éric) : M. le Président, puis M. Desgagné pourra enchaîner, c'est clair qu'on est dans une situation, comme vous dites, particulière, hein, on est un quasi-monopole d'État, on est un monopole d'État, et on doit approcher notre clientèle d'un angle que… ils sont, dans le fond, les propriétaires d'Hydro-Québec à quelque part, ils sont aussi tous les clients d'Hydro-Québec. Alors, ça, c'est assez unique et particulier comme situation. C'est clair que, bon, moi-même, je viens de l'entreprise privée et…

M. Martel (Éric) : ...d'État, on est un monopole d'État et on doit approcher notre clientèle d'un angle qu'ils sont dans le fond les propriétaires d'Hydro-Québec à quelque part, ils sont aussi tous les clients d'Hydro-Québec. Alors, ça, c'est assez unique et particulier comme situation. C'est clair que, bon, moi-même, je viens de l'entreprise privée, et je pense que c'est plus en termes de — excusez-moi l'anglicisme, là — de «mind-set», de façon de voir les choses et de... Quand on dit qu'on... Ce n'est pas parce qu'on est... Je n'arrête pas de répéter à mes gens les termes : Ce n'est pas parce qu'on est un monopole qu'on doit s'asseoir sur nos lauriers. Alors, moi, je peux vous dire que c'est très actif depuis mon arrivée. On voit les choses d'une certaine façon et on se dit : À cause qu'on est un monopole, on devrait être les meilleurs, on devrait se glorifier de dire : En service à la clientèle, là, on est une référence. Les gens nous regardent puis ils veulent être comme nous. Alors, on n'est pas rendus là, on a fait des pas de géant, mais c'est l'attitude que je veux que mon équipe ait et qu'on est en train de faire transparaître partout dans Hydro-Québec. Et ça, je le répète aux 20 000 employés régulièrement dans des vidéos, dans des sessions quand on est face à face avec eux : On veut devenir une référence en service à la clientèle. Et, oui, on regarde ce que d'autres entreprises font, mais, comme je vous dis, on est une... on a des particularités aussi uniques et on doit s'adapter à ça.

Le Président (M. Pagé) : Il reste 30 secondes.

M. Therrien : Ah bien, écoutez, parlez-moi du Labrador. Ça vous tenterait, hein? Vous avec 20 secondes. De toute façon...

M. Desgagné (Pierre-Luc) : Vous parlez de la chanson de Claude Dubois?

M. Therrien : Non, ça va. Alors, je vous laisse là-dessus. Merci de l'information. Merci.

M. Martel (Éric) : Merci beaucoup, M. le député.

Le Président (M. Pagé) : Alors, nous allons passer au bloc avec la deuxième opposition pour un temps de 9 min 36 s. Mme la députée de Saint-Hyacinthe, la parole est à vous.

Mme Soucy : Merci. Revenons sur votre campagne publicitaire, Bienvenue chez vous. La première phase a été lancée, 2,5 millions, pour améliorer un peu la perception aussi que les gens avaient d'Hydro-Québec. Là, vous avez annoncé la deuxième phase, 2,3 millions. J'aimerais ça... Là, c'est récemment, je pense, c'est début septembre que vous aviez annoncé la phase 2. J'aimerais ça, savoir : Est-ce que vous avez... Quel était votre objectif? Puis est-ce que ça a.. Est-ce que votre campagne, vous avez validé voir si vous aviez atteint votre objectif?

M. Martel (Éric) : Bien, écoutez, M. le Président, si vous me permettez de répondre, définitivement. Sinon, il n'y aurait pas eu de phase 2, O.K. Alors, on a regardé les résultats de la campagne, la réaction des gens à cette campagne-là. Et vous me posiez la question sur les objectifs. Ce n'est pas une campagne pour améliorer l'image d'Hydro-Québec, là. Ça a cet effet-là, O.K., mais ce qui est important pour moi et pour l'équipe, c'était d'informer les gens sur Hydro-Québec et de lancer un message au Québec de... aux Québécois, de dire : C'est à vous, Hydro-Québec, bienvenue chez vous. Venez, on va vous parler, on va vous expliquer comment ça se passe, par exemple comment on fait ça, les tarifs, comment... pourquoi les exportations, c'est important. Alors, c'est des capsules publicitaires de 30 secondes. Mais, si vous avez eu la chance aussi d'aller sur le site, vous pouvez aller voir, puis les gens expliquent pendant trois minutes, quatre minutes, même, plus en profondeur comment on fait, tu sais, l'exportation tous les jours, qui représente le tiers de nos profits, hein, puis c'est pourtant juste 15 % de l'électricité qu'on produit. C'est essentiel comme... pour Hydro-Québec et pour le peuple québécois.

Alors, toute notre campagne a été basée là-dessus, parce que, vous le saviez, il y avait eu — et on est honnêtes, là — il y avait eu une cassure avec Hydro-Québec, un peu, on s'était un peu éloignés, et on a dit : Bien, écoute, il faut... c'est nos clients. En même temps, c'est eux qui sont propriétaires d'Hydro-Québec, et on doit se rapprocher, on doit s'assurer... On voyait qu'il y avait beaucoup de désinformation aussi par rapport à Hydro-Québec, alors on est allés sur la place. On va expliquer... Et, je vous le dis, moi, quand je suis arrivé en poste, on m'a dit : Il faut être transparent. Ce n'était même pas une... Je me posais la question pourquoi on me disait ça, parce que, pour moi, ça doit être naturel, on doit expliquer puis on ne doit pas avoir peur d'expliquer ce qu'on fait, puis, quand on fait une erreur, il ne faut pas avoir peur de dire : On s'est trompés, puis on a fait une erreur, puis on va se reprendre. Alors, il faut être humble aussi dans notre approche. Et ça, on a essayé de faire ça. On a pris des employés, hein, pour faire nos campagnes, ils étaient d'ailleurs extrêmement fiers. Ça a suscité un mouvement de fierté aussi à l'intérieur d'Hydro-Québec chez nos employés, qui sont importants dans tout ça, parce qu'ils sont un reflet... Pour moi, quand je parle à mes employés, ça me permet de prendre le pouls de la population, parce qu'ils sont 20 000, et ils représentent quand même des gens de toutes les régions du Québec. Alors, il ne faut pas les ignorer, ils sont importants dans ça, et on souhaitait les mettre à contribution. Mais c'est vraiment...

• (16 h 50) •

Notre objectif, c'était deux choses : c'était d'informer les gens sur Hydro-Québec, hein... Les exportations, ah oui? Les gens me disaient : Ça rapporte tant que ça? Ils étaient surpris. Alors, il fallait l'expliquer et comment ça se faisait. Alors, ça, on a fait ça. Et en même temps on souhaitait avoir un sentiment de fierté d'Hydro-Québec... par rapport à Hydro-Québec, que les gens redeviennent fiers d'Hydro-Québec. C'était ça, nos deux objectifs principaux. Et, écoutez, il y a eu... pas juste les campagnes. Ça a aidé, mais je regarde en général la satisfaction de la population en fonction de ce qu'on a fait, tu sais, avec le service à la clientèle, puis on a dit : On va améliorer le service à la clientèle, on va mettre des efforts concrets là-dessus. Le fait qu'on était présents dans les régions, le fait qu'on s'est rendus accessibles... Moi, j'ai fait le tour de la province, il me reste encore une ou deux régions que je fais d'ici Noël. Mais on s'est rendus accessibles, on est allés rencontrer les employés, des gens des chambres de commerce...

M. Martel (Éric) : ... en général, la satisfaction de la population en fonction de ce qu'on a fait, c'est avec le service à la clientèle qu'on a dit : On va améliorer le service à la clientèle, on va mettre des efforts concrets là-dessus. Le fait qu'on était présents dans les régions, le fait qu'on s'est rendus accessibles... Moi, j'ai fait le tour de la province. Il me reste encore une ou deux régions que je fais d'ici Noël, mais on s'est rendus accessibles. On est allés rencontrer les employés, des gens des chambres de commerce, des élus et on avait des vraies discussions avec eux puis on faisait des suivis par la suite. Alors, tout ça ensemble, incluant la campagne, ça nous a permis... vous le voyez, le graphique est encore disponible, là, de revenir à des niveaux qui sont d'après moi acceptables et qu'il faut continuer de s'améliorer, parce qu'on n'a pas terminé.

Mme Soucy : Par curiosité, savez-vous combien de gens ont vu les campagnes publicitaires sur le Web avec les capsules?

M. Desgagné (Pierre-Luc) : Vous voulez dire la consultation des capsules?

Mme Soucy : Oui.

M. Desgagné (Pierre-Luc) : On est au-delà de 100 000 consultations directes, là, sur le site.

Mme Soucy : Oui, sur le site, là.

M. Desgagné (Pierre-Luc) : Oui, exact.

Mme Soucy : O.K. Parce que c'est vrai, vous dites : les Québécois ne connaissent pas beaucoup. Il y a une choses que j'ai remarquée. On n'entend pas beaucoup parler de l'IREQ alors que l'IREQ font des choses fantastiques, c'est des chercheurs hors pair. On en... Vous... On dirait que ce n'est pas valorisé comme tel. Je trouve qu'ils sont un peu oubliés dans le discours d'Hydro-Québec. C'est rare qu'on entend les gens parler des projets qu'ils font. Juste... Oui, c'était les batteries. C'est fantastique. Allez-vous mettre un peu d'emphase là-dessus?

M. Martel (Éric) : M. le Président, écoutez, c'est un point extrêmement important. L'IREQ est capital et ils ont été un contributeur extrêmement important dans l'histoire d'Hydro-Québec et ils vont continuer d'être un contributeur extrêmement important dans le futur d'Hydro-Québec. Ça, c'est quelque chose qui est réglé chez Hydro-Québec. On ne se pose même pas cette question-là. Et c'est vrai qu'on ne les met pas de l'avant suffisamment. Je pense qu'on... écoutez, on fait des choses extraordinaires. Moi, dans la première semaine que j'étais à Hydro-Québec, je suis allé voir ça, là, j'ai dit : Wow! C'est quelque chose de fantastique. On a des chercheurs extrêmement capables, là-bas, des sommités mondiales. Et on est reconnus. Vous le savez, on va en parler plus tard ce soir avec l'internationalisation d'Hydro-Québec puis le retour à l'international... Honnêtement, là, ceux qui ont gardé le plus de contacts à l'international, c'est notre centre de recherche. Quand je prenais le téléphone pour appeler un «CEO» de l'équivalent d'Hydro-Québec en France, ou en Espagne, ou en Italie, tout le monde nous connaît et on a une réputation à l'extérieur du Québec. Ils ont fait... et l'IREQ a eu un rôle important là-dedans, ils ont fait rayonner le Québec à l'extérieur malgré qu'on était absents de la scène internationale, là, sur des projets, des choses comme ça. Alors, Il faut reprendre ça. Il faut les remettre à l'avant-scène. Et c'est pour ça que, dans notre stratégie qu'on va parler ce soir, on veut d'ailleurs commercialiser des idées... des choses qui ont été inventées ici. Je vous ai parlé brièvement de la batterie ce matin, là. Alors, on a des gens très capables... On a un savoir reconnu sur la planète. Quand vous parlez aux gens à l'extérieur, le réseau de transmission à haut voltage, là, qu'on a ici, là, on est une référence. Tout le monde... c'est nous qui est cité en référence à peu près partout sur la planète. On a des travaux de collaboration, des travaux de recherche avec RTE, EDF, en France, par exemple, ou avec beaucoup d'autres partenaires. Alors, ça, c'est extrêmement important. D'ailleurs, aussi, là-dessus, Mme la députée, ce qu'il serait aussi important de mentionner, c'est que la nouvelle campagne d'Hydro-Québec, qui va commencer à tourner dans les prochains jours, s'est faite à l'IREQ. Alors, on est heureux de faire ça, parce qu'on voulait mettre le côté innovation d'Hydro-Québec de l'avant et le côté international. Alors, vous allez voir tout ça. Et ça s'est passé avec un employé de l'IREQ d'ailleurs, qui a été une actrice dans ça, dans notre vidéo. Alors, on va répondre à vos attentes très prochainement.

Mme Soucy : Encore combien de temps?

Le Président (M. Pagé) : Oui. 2 min 30 s.

Mme Soucy : O.K. Concernant justement les batteries, le partenariat avec Sony, est-ce que ces batteries-là vont être commercialisées également ou c'est Sony qui vont le commercialiser puis qui vont retirer les profits de ça?

Le Président (M. Pagé) : M. Martel.

M. Martel (Éric) : Alors, M. le Président, évidemment, c'est un partenariat présentement qui est un partenariat de recherche et développement à 50-50. Alors, 50 % appartenait... c'est une compagnie qu'on a créé qui s'appelle Esstalion. 50 % appartient à Sony, 50 % à Hydro-Québec. On est tous les deux à parts égales exactes dans ça. On est en train d'avoir... parce que les résultats de notre recherche sont concluants. On a un beau produit. Alors, on est en train d'avoir des discussions avec Hydro-Québec et les intentions, c'est que, dans le partenariat que je vais appeler «commercial»... alors ce qui veut dire mettre en production, fabriquer des batteries, les vendre, hein, puis évidemment en faire le marketing, tout ça, aussi, ça va se faire dans un contexte de partenariat 50-50. Alors, on va le faire ensemble, parce qu'eux, ils ont une contribution importante, hein? C'est eux qui savent fabriquer les cellules des piles et tout ça sur le plan manufacturier. Alors, on amène chacun notre savoir dans ça. Nous, on a une recette de batterie. Eux, ils savent fabriquer des batteries. Et nous, on va assembler les batteries. D'ailleurs, on va faire ça... l'intention de notre partenariat, c'est de faire ça au Québec. Alors, dans les prochaines semaines, on est en train de négocier ce partenariat. Alors, on fait évidemment des profits, là, parce qu'on va vendre ces batteries-là. Et évidemment, ça va être ce qu'on appelle un joint venture. On va être 50-50 dans ça. Alors, on aura le droit à 50 % des profits.

Mme Soucy : Mais vous dites : On est en train de négocier ça. La négociation n'avait pas été faite avant? Parce que, bon, il y a eu...

M. Martel (Éric) : …on est en train de négocier ce partenariat. Alors, on ferait évidemment des profits, hein, parce qu'on va vendre ces batteries-là. Et évidemment, ça va être ce qu'on appelle un joint venture, on va être 50-50 dans ça, alors on aura droit à 50 % des profits.

Mme Soucy : Mais vous dites : On est en train de négocier ça. La négociation n'avait pas été faite avant? Parce que, bon, il y a eu le partenariat pour développer, mais ça n'avait pas été prévu, l'entente de commercialisation?

M. Martel (Éric) : Alors, si je peux répondre…

Le Président (M. Pagé) : En moins d'une minute.

M. Martel (Éric) : En moins d'une minute, c'est un partenariat qui avait été négocié il y a quand même un bout de temps. L'entente qu'il y avait eu entre les deux parties, c'était de faire d'abord toute la recherche, le développement, s'assurer qu'on avait un produit, un concept qui fonctionnait. On l'a testé. Aujourd'hui, on sait que ça fonctionne puis que ça fonctionne très bien. Mais non, il n'y avait pas eu de discussion sur le commercial. Il y avait peut-être eu des concepts discutés, mais là on est en train vraiment de se mettre un contrat de partenaire 50-50 avec nos collègues japonais.

Mme Soucy : Merci.

Le Président (M. Pagé) : Il vous reste 25 secondes, si…

Mme Soucy : Bien, écoutez…

Le Président (M. Pagé) : Ça va aller? O.K. Alors, c'est ce qui met fin à la deuxième partie de la stratégie qui… dont vous venez de présenter. Donc, maintenant, on va passer à la troisième stratégie du Plan stratégique, soit Améliorer notre productivité — c'est le nom de la troisième stratégie. Je vous rappelle que vous disposez encore une fois de 15 minutes. Et là, je comprends qu'il y a de nouvelles personnes qui vous entourent, alors chaque personne qui prendra la parole, je lui demanderai de se présenter préalablement. Et comme à l'habitude, suite aux 15 minutes, il y aura une période d'échange avec les parlementaires. Alors, on débute avec M. Martel.

M. Martel (Éric) : Oui, c'est moi qui va…

Le Président (M. Pagé) :

M. Martel (Éric) : …qui va faire la présentation cette fois-là. Et je suis entouré de mes collègues Réal Laporte, qui est président de la division Innovation, équipement et services partagés chez Hydro-Québec. Alors, celui qui a les 1 040 quelques projets de front, c'est le monsieur à ma droite, M. David Murray, qui est le nouveau président d'Hydro-Québec Distribution, qui était préalablement, dans la dernière année aussi, chef de tous nos systèmes informatiques. Alors, il va venir aujourd'hui parler plus en fonction de son ancien rôle sur les systèmes informatiques parce qu'on va couvrir ce sujet-là dans notre présentation.

Alors, je vais de ce point aller de l'avant. Alors, c'est important dans une grande société d'État comme Hydro-Québec de se remettre en question puis de dire : Comment on peut être plus productif, hein, ou comment est-ce qu'on peut être plus efficace? Il y a des nouvelles technologies qui arrivent, il y a des pratiques aussi d'affaires qu'on peut améliorer. Alors, on a mis de l'avant une stratégie, et ça ne veut pas dire qu'on ne travaille pas sur d'autres choses, mais disons qu'il y a des endroits où est-ce qu'on s'est dit : On va cibler, tu sais, on veut, mais on a fait… on a pris un engagement d'avoir des tarifs qui monteraient en bas de l'inflation, on a une profitabilité à s'assurer qu'on va rester une compagnie extrêmement profitable et continuer de contribuer à l'État québécois. Alors, on a dit : Il y a des endroits où est-ce que, oui, on veut améliorer notre ligne de revenus, mais en même temps il faut regarder nos lignes de coûts et les gérer de façon efficace.

Alors, il y avait une chose qui était importante, c'était de s'assurer d'acheter nos énergies en phase avec nos besoins. On avait eu… dans le passé, on était en surplus, aujourd'hui… Alors, c'est toujours important de bien synchroniser la demande et l'offre de notre énergie pour que tout ça arrive synchronisé pour éviter des situations de surplus et aussi de coûts astronomiques à acheter qu'on n'utilise pas.

Technologies de l'information étaient, selon moi, à mon arrivée, un enjeu. On a pris le taureau par les cornes et on va partager avec vous des résultats assez probants qu'on a déjà cette année.

Nos pratiques d'acquisition aussi. Vous savez, Hydro-Québec, hein, on l'a dit tantôt, c'est une grosse machine, on investit 4 milliards de dollars par année au Québec et on a 20 000 employés. On a beaucoup de choses à faire et à livrer chaque jour. On achète environ… On passe environ 51 000 bons de commande par année. Alors, c'est impressionnant comme chiffre, ça en fait des centaines par jour, si vous faites les calculs. Alors, nos pratiques d'achat sont extrêmement importantes et on doit être très rigoureux là-dedans. On avait des pratiques d'achat extrêmement robustes dans l'organisation de Réal, au niveau de notre groupe d'équipement, qui est celui qui achète le plus, dans le fond, à cause des grands projets qu'ils s'occupent, et on est en train présentement, justement, d'amener ces pratiques d'achat là qui sont reconnues. D'ailleurs, la semaine dernière, on a reçu une opinion… on travaille présentement avec une firme de consultants reconnue mondialement qui nous faisait le point en disant que les pratiques d'achat chez Hydro-Québec étaient vraiment de classe mondiale et qu'on suivait… qu'on rencontrait toutes les normes présentement puis les meilleures pratiques d'achat. Et on est en train de s'assurer de déployer ces pratiques d'achat là partout dans l'organisation, dans toutes nos divisions.

Alors, les pratiques d'acquisition, il y avait un potentiel aussi de mieux négocier — puis on va en parler dans quelques minutes avec Réal — pour s'assurer de, comme on dit en bon québécois, de ne pas laisser d'argent sur la table. On veut s'assurer que nos fournisseurs restent en santé, mais en même temps on veut s'assurer de payer le juste prix au bénéfice des Québécois.

L'autre outil important aussi, c'est l'engagement de nos employés. Si on veut être une organisation productive, on veut avoir des employés engagés, des employés mobilisés. Et ça, ça fait partie de notre stratégie.

• (17 heures) •

Alors, peut-être, la première chose que je vais vous dire ici, c'est que les achats d'énergie en phase, on l'a mis clairement dans notre Plan stratégique, c'est que… on le sait, tantôt, je vous expliquais qu'on consomme environ…


 
 

17 h (version non révisée)

M. Martel (Éric) : ...outil important aussi, c'est l'engagement de nos employés. Si on veut être une organisation productive, on veut avoir des employés engagés, des employés mobilisés et ça, ça faisait partie... ça fait partie de notre stratégie.

Alors, peut-être la première chose que je vais vous dire ici, c'est que les achats d'énergie en phase, on l'a mis clairement dans notre plan stratégique, c'est qu'on... on sait tantôt, je vous expliquais qu'on consomme environ 170 térawatts-heure au Québec. On a aussi 30 térawatts-heure d'exportation, donc on parle de 200 térawatts-heure par année, ce qui est quand même énorme. On est très, très gros joueur sur le marché nord-américain et ce qu'on dit, c'est qu'évidemment, on a des surplus présentement. Vous voyez un peu la ligne de surplus, là, en 2016, on a environ neuf térawatts-heure de surplus et ce qu'on voit, c'est que, selon nos prévisions, d'ici 2020, ça va être environ à 7,3.

Le point d'équilibre, c'est cinq, là, on ne veut jamais aller en bas de cinq, parce qu'il peut y avoir des imprévus, et le métier d'Hydro-Québec, c'est de s'assurer que les Québécois ne manqueront jamais d'énergie et ça, vous pouvez compter, on est plus conservateurs dans notre approche. Alors, le jour où est-ce qu'on verra que, oups! notre marge de manoeuvre descend en bas de cinq térawatts-heure, là, on va devoir réapprovisionner le Québec et ça fait partie de notre plan stratégique, on va se poser la question après ça : de quelle façon on le fait? Est-ce qu'on ajoute de parcs éoliens? Est-ce qu'on doit bâtir une centrale hydroélectrique? On va revenir sur ce sujet-là un peu plus tard, mais ça va être des questions qu'on va se poser, mais d'acheter de l'énergie... Dans le fond, ça paraît simplet, mais c'est important, c'est de s'assurer qu'on est le plus possible synchronisés entre la demande et l'offre puis qu'on n'ait pas de surplus d'accumulés trop, parce que sinon, c'est très coûteux.

Ensuite de ça, on a parlé d'améliorer la productivité et ça a été le rôle de M. Murray pendant la dernière année. Alors, je peux vous dire que dans la dernière année, on a utilisé... on a optimisé l'utilisation de nos technologies d'information chez Hydro-Québec. On a réduit notre portefeuille de projets, d'abord, de 158 millions de dollars, parce que la ligne directrice à l'interne, c'est : si vous avez un projet qui ne repaie pas en trois ans, il n'y a pas de projet. Alors, on est très rigoureux là-dessus et on s'assure que les projets vont apporter des bénéfices. C'est sûr, en même temps aussi, qu'il y a des projets qui sont importants pour maintenir le réseau et tout ça. Alors, on ne mettra pas à risque notre réseau et alors, il y a de projets de pérennité qu'on appelle, qu'on doit remplacer des équipements, mais, par contre, on a été très rigoureux sur nos investissements en informatique.

On a réduit nos dépenses de contrats de service de 4 millions, mais, au total, on a réduit notre force de travail aussi, en prévision de l'application du plan d'amélioration de notre efficacité et aussi, on a effectué une gestion extrêmement serrée des charges et cette année, en 2016, notre département d'informatique, nos systèmes informatiques vont nous coûter, résultat de ces efforts-là, 68 millions de moins que l'an dernier. Alors, c'est un gros chiffre, hein, c'est important, mais l'informatique, ce sont des gros chiffres, on essaie d'être très efficaces. Alors, cette année, on va sauver 68 millions, comparativement à l'an passé.

L'autre domaine aussi qui était important, c'était de travailler sur nos pratiques d'acquisition. C'est important, en acquisition, de créer de la concurrence, là, c'est important de créer, des fois, de l'imprévisibilité pour s'assurer que nos fournisseurs sont toujours «challengés», qu'ils vont toujours nous donner le meilleur coût possible puis qu'on va créer de la compétition. Alors, tout notre système d'achats est en train de se bâtir dans ce modèle-là. Comme je vous disais tantôt, on suit les normes internationales et des pratiques internationales au niveau des achats et on a des cibles. Cette année, on avait comme objectif d'avoir un impact de 75 millions de dollars puis on est en voie d'atteindre cet objectif-là. L'an prochain, on veut sauver, à cause de nos achats, la façon qu'on achète, 125 millions de dollars et, en 2018, 150 millions de dollars. Alors, ça, c'est extrêmement important. Vous le savez, on fait quand même 93 % de nos achats auprès de fournisseurs installés au Québec. Alors, l'idée, ce n'est pas de déstabiliser la chaîne d'approvisionnement, mais c'est de s'assurer qu'on paie le juste prix pour ce qu'on achète, au bénéfice des Québécois, de nos tarifs d'électricité puis notre profitabilité à Hydro-Québec.

L'autre secteur qui me tient extrêmement à coeur, puis on l'a mentionné tout à l'heure, j'ai moi-même, puis mes collaborateurs, mes collègues l'ont fait aussi beaucoup pendant l'année, mais juste moi, j'ai rencontré, devant moi, là, pas par vidéoconférence, mais face à face, comme on pourrait dire — c'est sûr que des fois, il y avait des grandes assemblées — mais au-delà de 8 000 employés depuis mon arrivée sur les 20 000. Alors, on a fait des assemblées, on s'est promenés en province et c'est important, on travaille énormément fort présentement. On parlé de communication tantôt, je veux que les employés, chez Hydro-Québec, soient bien informés. Je veux que les employés chez Hydro-Québec, comme on fait avec nos clients, soient écoutés aussi et qu'ils soient mobilisés.

Présentement, une des choses qu'on est en train de faire aussi, il faut que ça se fasse de façon ordonnée, mais c'est de redonner, au bon niveau dans l'organisation, les décisions qu'ils peuvent prendre et aussi dans les régions. Souvent, on était allés vers un modèle beaucoup plus centralisé chez Hydro-Québec et moi, ça m'a étonné, à mon arrivée, qu'il y avait des choses qui venaient sur mon bureau, que ça prenait mon autorisation à moi. Je leur disais : Pourquoi ce n'est pas deux, trois niveaux plus bas dans l'organisation que ça se décide? On a des gens capables, des gens intelligents. Laissons-les, donnons-leur la chance, on leur donne la chance de prendre ces...

M. Martel (Éric) : ...souvent, on était allé vers un modèle beaucoup plus centralisé chez Hydro-Québec et, moi, ça m'a étonné à mon arrivée qu'il y avait des choses qui venaient sur mon bureau puis que ça prenait mon autorisation à moi. Je leur disais : Pourquoi ce n'est pas deux, trois niveaux plus bas dans l'organisation que ça se décide. On a des gens capables, des gens intelligents, laissons-les, donnons-leur la chance. On leur donne la chance de prendre ces décisions-là, ils vont être très capables de le faire et, en même temps, ça mobilise les gens, hein, d'être responsables. Ça les responsabilise en même temps. Alors, il y a un mouvement vers ça présentement dans l'organisation. Il faut le faire de façon ordonnée parce qu'il ne faut pas perdre le contrôle de tout ça, parce que c'est une grosse machine, comme on disait tantôt. Mais on va... on est en train de bien le faire et nos employés en sont très, très heureux.

Ce qu'on fait aussi en même temps, c'est dans les régions, on va donner plus de pouvoir de décision dans les régions, qu'ils soient capables eux-mêmes de prendre les décisions qui les impactent. Alors, on a des sondages aux employés, vous avez vu tantôt, on vous avait montré que dans les dernières années, on a remonté un petit peu l'an dernier, et on avait du boulot à faire. Alors, cette année, on va recevoir nos résultats de sondages dans les prochaines semaines et on est assez confiants qu'on va avoir amélioré la situation d'engagement des employés d'Hydro-Québec.

Alors, ça complète un peu notre présentation, en fait, et puis, moi, et mon collègue, on va être très heureux de prendre vos questions.

Le Président (M. Pagé) : Parfait. Alors, merci pour la présentation de la troisième stratégie. On passe immédiatement à un bloc de 25 minutes. M. le ministre, la parole est à vous.

M. Arcand : Merci infiniment, M. Martel. La question qui me vient en tête, et je pense qu'on va discuter de cette question-là pour les 50 prochaines années au moins, si ce n'est pas plus, qui est la question toujours éternelle, le casse-tête dans lequel vous êtes toujours impliqué, parce que, d'une part, on vous demande évidemment les meilleurs prix possibles en ce qui concerne les contre-offres, on vous demande les appels d'offres les plus démocratiques quand il s'agit d'appels d'offres, on vous demande lorsque vous voulez essayer d'avoir un bon deal, je pense, entre autres, à... à un moment donné il y avait une rumeur, là, sur des pylônes en Inde qui pouvaient être achetés et là, évidemment, dès que vous allez à l'extérieur du Québec, il y a toujours un petit côté suspect parce qu'on se dit : On n'encourage pas le Québec. En même temps, on vous demande de prioriser, avec raison d'ailleurs, l'achat local, qu'il faut que ce soit le plus prioritaire possible. Vous savez en partant que quand vous avez des entreprises qui sont un peu plus importantes, vous pouvez avoir des économies de volume en même temps, et, également, vous devez combattre constamment le fait qu'Hydro-Québec, c'est un peu comme... c'est comme des contracteurs qui... les contracteurs en général dans le domaine de la construction me disent parfois : Bien, quand on va à Westmount, on sait qu'il y a une prime. Ça coûte toujours 10 %, 15 % ou 20 % plus cher lorsqu'on va bâtir une maison à Westmount et donc, ça, il y a ce critère-là, les clients nous disent ça, puis les contracteurs mêmes nous le confirment. Quand on est chez des gens riches, ça coûte plus cher, puis quand Hydro-Québec nous donne des contrats, c'est plus cher.

Alors, quand je vois cela, j'essaie d'essayer de comprendre dans quelle situation... comment vous priorisez ces différents casse-têtes là, d'une part, et je voudrais donc vous entendre un peu là-dessus parce que j'essaie de voir comment vous essayez de composer avec ces différents éléments là qui sont tous un petit peu contradictoires les uns avec les autres.

M. Martel (Éric) : La quadrature du cercle...

Le Président (M. Pagé) : M. Martel, allez-y.

M. Martel (Éric) : Alors, , M. le Président, M. le ministre, merci pour votre question. C'est sûr que c'est toujours un enjeu, hein, parce que si on va trop de façon extrême, un peu trop sur, par exemple, augmenter nos profits bien, on va avoir des questions sur les tarifs, etc. Ça fait qu'il faut trouver équilibre, et, ça, c'est... ça fait partie de notre quotidien, on doit trouver cet équilibre-là et les achats sont un morceau important chez nous. Et c'est clair que... d'ailleurs, vous en faites le point, il y avait des endroits où ce que je sais qu'on chargeait plus cher à Hydro-Québec. Et c'est pour ça qu'on est en train de prendre nos pratiques du groupe de M. Laporte au niveau des contrats, par exemple, de construction, et tout ça. De ce côté-là, on est extrêmement rigoureux, on a des experts à l'interne qui ont une capacité d'estimation très, très grande. Alors, on est capable d'aller négocier après, puis on a une très, très bonne idée de qu'est-ce que ça va coûter. Oui, on a des standards très élevés puis des fois, bien, il y a une prime à payer pour ça, mais au moins, on sait qu'est-ce qu'on paie.

• (17 h 10) •

C'est pour ça que là, présentement, on ramène ce savoir-là partout dans l'organisation pour justement être capable de payer le juste prix. Alors, nous, ce n'est pas de mettre en difficulté personne, c'est de s'assurer... Et là, il faut créer de la compétition. On l'a fait, l'exemple que vous donniez tantôt sur les pylônes, on a dit : Oui. Puis ça fait des années qu'on fait juste prendre les pylônes au Québec et on veut continuer. Moi, mon souhait, c'est que tous les pylônes soient faits au Québec, mais en même temps on a choisi d'aller chercher des joueurs à l'international qui ont participé à une soumission. À la fin, là, presque plus de 80 % du volume finalement est resté au Québec et en même temps on a eu un meilleur partout. Alors, on était très heureux de ça. Alors, créer de la saine compétition...

M. Martel (Éric) : ...qu'on fait juste vendre des pylônes au Québec, et on veut continuer. Moi, mon souhait, c'est que tous les pylônes soient faits au Québec. Mais, en même temps, on a choisi d'aller chercher des joueurs à l'international qui ont participé à une soumission. À la fin, là, presque plus de 80 % du volume finalement est resté au Québec, et en même temps on a eu un meilleur prix partout. Alors, on était très heureux de ça. Alors, créer de la saine compétition, c'est sain pour tout le monde, ça nous rend plus compétitifs, ça rend nos fournisseurs plus compétitifs. Et il faut garder, comme je disais tantôt, tout le monde sur le qui-vive, il faut créer une certaine imprévisibilité dans la chaîne d'approvisionnement puis que les gens disent : Bien, ce n'est pas sûr que je vais avoir le contrat si j'arrive à ce prix-là, je vais m'assurer de donner mon meilleur prix pour l'avoir. Alors, ça, quand on réussit à atteindre ce niveau-là et à faire ça, et on l'a fait à plusieurs exemples cette année avec l'aide de Réal, qui a pris en charge tous les approvisionnements de l'organisation, on voit présentement cette façon de penser là, cette façon de négocier là plus présente, et ça va tous bien nous servir. Moi, je pense que ça va renforcer nos fournisseurs au Québec, je pense que ça va, nous, Hydro-Québec, s'assurer qu'on paie le juste prix, ça va favoriser nos tarifs et ça va favoriser aussi en même temps la profitabilité d'Hydro-Québec. Alors, ça fait beaucoup de choses, hein, à jongler, mais c'est une question d'équilibre, c'est une question d'être transparents dans ça, c'est une question de s'assurer de payer le juste prix et d'avoir une chaîne d'approvisionnement.

Puis une autre chose qu'on fait qu'on est très conscients chez Hydro-Québec, hein, c'est qu'on essaie... On pourrait dire : On donne ça à un gros fournisseur, puis il va nous fournir sur tout. Par contre, on sait qu'on... il y a un phénomène important au niveau des régions. Alors, on essaie d'encourager, mais en même temps il faut que les gens soient quand même compétitifs. Tu sais, on ne peut pas se permettre de dire : Pour donner le travail dans une région, on va donner... on va payer 30 % de plus. Alors, on est très vigilants là-dessus. Mais, en général, on s'en sort très bien. Les régions sont compétitives aussi, des fois, dans certains endroits, de façon très importante. Alors, on jongle avec toutes ces pièces de casse-tête là. C'est complexe, mais on s'en sort assez bien.

Le Président (M. Pagé) : M. Laporte.

M. Laporte (Réal) : Oui. Effectivement, le défi là-dedans, c'est de trouver le juste équilibre entre ce qui est fait au Québec aux prix internationaux — ça, c'est l'idéal — et de ne pas être à risque et dépendant d'un seul fournisseur, ce qui se présente assez souvent dans des fournitures de type stratégique dans lesquelles on investit beaucoup année après année. Donc, on s'est appliqués depuis quelques années, dans les projets et les... justement, les équipements stratégiques, à diversifier notre base de fournisseurs, parce qu'on était trop dépendants de certains fournisseurs, et ça, c'est important. Puis, un coup que cette diversification-là est faite, là il y a une certaine compétition qui s'installe dans le marché. Il faut qu'on maintienne les pôles d'expertise aux différents endroits de façon à maintenir cette compétition-là, et ça nous garantit sur le long terme d'avoir un bon... une... des bons services et de développer une certaine relation de partenariat avec nos fournisseurs. C'est fait avec les équipementiers, c'est fait avec les services professionnels et ça continue à avancer au niveau des entrepreneurs, où est-ce que l'aspect évaluation, en «partnership» sur le long terme, est en train de se travailler. On migre vers là aussi.

Et ça, c'est vraiment très important pour réussir sur le long terme et pour le fournisseur avec lequel on travaille et, pour nous, améliorer certaines specs, parce qu'il faut aussi revoir nos spécifications si on veut que nos coûts baissent. Donc, ça va amener, comment je pourrais dire, nos experts à évaluer quelles sortes de spécifications coûtent cher, mais ont peu de valeur, et faire l'équilibre entre le coût et la valeur, ce n'est pas toujours facile. Donc, c'est... Mais ces sujets-là... on est en train d'implanter ces discussions-là avec des équipes multidisciplinaires qui sont spécialisées autant en exploitation qu'en ingénierie, qu'en finance et en approvisionnement, donc avec des acheteurs qui sont plus professionnels que transactionnels. Historiquement, à Hydro-Québec, l'aspect approvisionnement, qu'on appelait la direction acquisitions, était très forte, mais on s'attardait beaucoup, beaucoup à la conformité pure du processus entre le lancement de l'appel d'offres jusqu'à l'attribution, et c'était... le cycle d'approvisionnement était à cette longueur-là. Ce qu'on appelle aujourd'hui les approvisionnements stratégiques, c'est un cycle d'approvisionnement qui commence par l'analyse du besoin, l'analyse du marché : Le marché est-il suffisant? La quantité de fournisseurs est-elle suffisante? Et ont-ils la capacité? Et est-ce que nos prix se comparent avec le marché international? Et nos specs se comparent-elles? Donc, on fait cette analyse-là avant de commencer le cycle, préparer les appels d'offres, les découpages d'appels d'offres, et on veut essayer, donc, d'arriver avec ça, avec des approvisionnements qui sont plus efficaces et moins chers.

Cette année, effectivement, on a un objectif de 75 millions. Ce qu'on a actuellement comme prévision qu'on va sauver cette année, c'est juste un peu en bas de 80. Donc, ça, c'est la première année. Puis on est en train de faire l'équipe en même temps. Donc, c'est quand même assez intéressant. Pour l'année prochaine, 125 millions. On a déjà capturé pour l'année prochaine à peu près une quarantaine... un peu moins de 40 millions de dollars d'économies, ça fait que le 125 millions est bien parti. Idéalement, on aurait déjà identifié 65 millions avant de commencer l'année. Donc, il faut aller de cette façon-là, puis c'est des cycles assez longs. Une des choses aussi qu'il faut faire, c'est d'essayer d'avoir des relations à long terme et des contrats à long terme avec des fournisseurs puis de diminuer le nombre de transactions. On a beaucoup, beaucoup de transactions. Tantôt, M. Martel parlait de 50 000 commandes en parallèle par année qu'on donne. Ça, ça ne veut pas dire qu'elles sont fermées dans l'année, ça veut dire qu'on se ramasse avec 250 000 commandes ouvertes où on facture dans une année. Ça amène un travail de fou au niveau de la...

M. Laporte (Réal) : ...contrat à long terme avec des fournisseurs puis de diminuer le nombre de transactions. On a beaucoup, beaucoup de transactions. Tantôt, M. Martel parlait de 50 000 commandes en parallèle par année qu'on donne. Ça, ça ne veut pas dire qu'ils sont fermés dans l'année. Ça veut dire qu'on se ramasse avec 250 000 commandes ouvertes où on facture dans une année. Ça amène un travail de fou au niveau de la facturation. Ce n'est pas bon pour le fournisseur, ce n'est pas bon pour nous, ce n'est pas bon pour personne. On dépense notre argent à la mauvaise place. Donc, il faut diminuer cette plage-là, favoriser les contrats-cadres, qui permettent une prévisibilité pour le fournisseur puis l'économie qu'il a, puis on va en recevoir une grande partie.

Le Président (M. Pagé) : Très bien. M. le ministre.

M. Arcand : Moi, là, tout ce que je voudrais vous dire par rapport à ça, puis je comprends les contraintes, mais je fais simplement dire : Moi, lorsque je vous parle de ça aussi, je me positionne également comme étant ministre régional de la Côte-Nord. Vous aviez donné un contrat, je pense, à Dexter, à un moment donné, à Sept-Îles, un important contrat de 25 millions qui a fait une grande différence dans la communauté. Alors, je voudrais juste qu'on s'assure que, lorsque Hydro-Québec, évidemment, dans la mesure du possible... Puis je comprends toutes les contraintes, mais que la priorité régionale évidemment est toujours respectée. Je sais que le temps file puis je sais qu'il y a des collègues qui ont des questions. J'aurais juste une question pour M. Murray, parce que j'ai l'impression que je vais recommander votre nom au Conseil du trésor, parce que vous avez 68 millions d'économies au niveau de l'informatique, ce que j'ai cru voir. Est-ce que c'est des employés à l'interne que vous avez embauchés plutôt que de faire affaire avec des gens de l'extérieur? Comment vous avez fait pour aller faire de telles économies?

Le Président (M. Pagé) : M. Murray.

M. Murray (David) : M. le Président, M. le ministre.

Le Président (M. Pagé) : Futur président du Conseil du trésor, allez-y.

Une voix : Je ne le savais pas.

M. Murray (David) : Je tiens à noter, premièrement, on a déjà débuté une rencontre avec les responsables de l'État au Québec. Donc, on a déjà eu une rencontre. D'ailleurs, on a une rencontre la semaine prochaine, donc on a le plaisir d'échanger les meilleures pratiques dans l'organisation, et il y en a certainement chez Hydro-Québec qu'on peut prendre à travers les autres organisations québécoises. Oui, on a travaillé très fort. En fait, l'équipe a travaillé très fort à regarder... en fait, une des choses qu'on a faites suite à la décision du P.D.G. de centraliser les technologies de l'information et les télécoms sous une entité chez Hydro-Québec, ça avait effectivement permis d'aller chercher les bénéfices au niveau de l'organisation. À plusieurs endroits, à plusieurs égards... Et une des choses qu'on a voulu mettre de l'avant, c'est d'utiliser les compétences techniques des gens de chez Hydro-Québec. Donc, effectivement, une des démarches a été de réduire le nombre de consultants qu'il y avait à l'intérieur de chez Hydro-Québec et d'utiliser un petit peu les ressources et l'expertise que l'on avait à l'interne.

Une voix : Très bien.

Le Président (M. Pagé) : Merci, M. Murray. Alors, on va passer au député des Îles. C'est ça. Mais en même temps, M. le ministre, je suis heureux de la sensibilité que vous avez portée. Effectivement, parfois un petit contrat dans une région éloignée, c'est important pour l'occupation du territoire. Alors, effectivement, je pense qu'il faut être sensible à cette réalité-là. Alors, M. le député d'Abitibi-Est. Allez-y. Bien.

M. Bourgeois : M. le Président, je vais vous faire plaisir...

Le Président (M. Pagé) : Bon, allez-y.

M. Bourgeois : ...parce que je vais continuer un peu sur le même sujet. Pour avoir vécu l'expérience de très près au niveau de la différence que ça peut faire, cette ouverture-là d'Hydro-Québec, à permettre à des gens en région d'au moins évaluer leur capacité à pouvoir se qualifier puis à soumissionner sur des contrats. M. Laporte, vous nous parliez de contrats-cadres. Les contrats-cadres ont des avantages et des inconvénients. Une fois qu'ils sont attribués, ils limitent l'accès à d'autres joueurs. Est-ce que vous prévoyez, à l'intérieur de ces contrats-cadres là des clauses de sous-traitance ou quelque chose qui pourrait au moins faciliter l'intégration d'autres fournisseurs locaux régionaux en lien avec la prestation de services de ces acteurs-là?

Le Président (M. Pagé) : M. Laporte.

• (17 h 20) •

M. Laporte (Réal) : Merci. Donc, merci pour la question. Dans les faits, je regarde... on en a eu, des expériences, cette année, là. Je vais dire comme l'autre : on est dans le rodage dans certains types d'acquisitions qu'on n'avait pas pris de la même façon historiquement, mais ce qu'on peut voir, par exemple, pour certains équipements de protection personnelle, il y a certains contrats qui sont attribués... généralement, mais on regarde la présence locale ou régionale, là, que certains fournisseurs peuvent avoir quand ils ont un contrat-cadre. Et lorsqu'il n'y a pas une bonne représentativité régionale, on va donner un deuxième, un troisième ou un quatrième contrat de façon à ce que chaque région du Québec soit représentée. Donc, généralement, il va y avoir un majeur, si on veut, là, au niveau de l'économique, mais la représentativité régionale va peut-être nous amener... Bien, là, je pense notamment au mode de construction, aux équipements de construction comme ça. On a fait un contrat-cadre cette année là-dessus qui... pour trois ans. Et ça, ça permet de... ça a permis de trouver... quelqu'un qui est installé à Bonaventure, «by the way», qui est aussi en région, et qui a obtenu le plus gros morceau, mais il n'était pas nécessairement présent dans toutes les régions du Québec... Donc, c'est ce qui nous a amenés à attribuer trois autres contrats pour assurer une représentativité partout au Québec. Donc, ce n'est pas, oui, l'économique, mais en deuxième lieu on regarde, bon, l'économique à quel prix puis on a dit partout...

M. Laporte (Réal) : …et qui a obtenu le plus gros morceau, mais il n'était pas nécessairement présent dans toutes les régions du Québec, donc c'est ce qui nous a amenés à attribuer trois autres contrats pour assurer une représentativité partout au Québec. Donc, ce n'est pas… Oui, l'économique, mais en deuxième lieu on regarde, bon, l'économique, à quel prix, puis on a dit : Partout, on a-tu les conditions gagnantes au niveau de la représentativité? Parce qu'on a des employés partout, donc… et quand on a besoin d'équipement de protection personnelle, bien, on va en avoir besoin dans toutes nos centrales, nos lignes, nos postes, etc. Donc, c'est important, la représentativité régionale. Donc, ça va rogner un petit peu sur l'économique maximal qu'on aurait pu avoir, mais en contrepartie on a une présence régionale, et nos employés sont partout. Donc, c'est un exemple, ça, typique, qui est arrivé en 2016, puis que j'avais, là, qu'on pouvait trouver. Donc, c'est le genre d'approche qu'on va essayer d'avoir tout au long plutôt que d'essayer de faire des sous-traitances. C'est des contrats qui ne sont peut-être pas assez gros de façon générale pour qu'on puisse commencer à faire des clauses de sous-traitance comme dans les travaux avec des contrats, mettons, de 20 millions. Les contrats de bottes, ce n'est pas 20 millions, puis j'espère que ça n'arrivera pas là.

Et donc, on arrive vraiment à faire plus segmenté dans ce cas-là, quand c'est plus des besoins qui sont un peu moins grands, puis ça, ça devrait pouvoir faire la job. Mais ça donne une opportunité à tous les entrepreneurs entreprenants du Québec où, quand il y a un contrat-cadre qui se donne, il n'y a personne qui dit que tu ne peux pas aller voir celui qui a le contrat-cadre pour devenir un distributeur régional. Donc, on se fie un peu sur la capacité d'entrepreneuriat de certains fournisseurs qui sont déjà installés, qui ne font peut-être pas cette distribution-là, qui en font peut-être d'autres ou qui distribuent pour une autre compagnie. Peut-être qu'ils pourraient aussi suivre le contrat où il va. S'ils suivent ça de proche, ça peut aussi leur donner des opportunités.

Le Président (M. Pagé) : M. le député.

M. Bourgeois : Juste un commentaire, M. le Président, il est non négligeable l'impact des décisions d'Hydro-Québec sur le territoire. Ça permet, puis là je cite en exemple la région de l'Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec, qui a pu développer des services d'ingénierie parce qu'Hydro-Québec a pris une décision à un moment donné de dire : Oui, on va inclure des modalités qui vont permettre à des firmes qui sont régionales de se qualifier. Et ça, ça a eu un impact pas seulement au niveau des travaux d'Hydro-Québec, mais tout le monde, que ce soit municipal, le secteur minier en a bénéficié, a développé autour de ça. Donc, ces décisions-là, elles sont stratégiques non seulement pour la société d'État, mais pour l'ensemble du territoire. Donc, je vous encourage là-dedans et je suis convaincu que vous aurez des bonnes discussions avec les gens de la Société du Plan Nord parce que vous allez être un acteur important aussi dans cette stratégie-là.

Le Président (M. Pagé) : Monsieur… oui, M. Laporte.

M. Laporte (Réal) : Juste dire un mot, dans le cadre des négociations qu'il y a pour les ententes Québec-Ontario, Québec-Canada, Canada-Europe, et autres, on fait toujours des représentations qui visent à exclure certains services qui sont présents en région de façon à s'assurer qu'on a une certaine liberté de pouvoir faire participer les gens. Les services professionnels dont vous parlez sont notamment exclus de l'entente Canada-Europe qui a été paraphée ou qui est en voie de l'être, et de Québec-Ontario et Québec-Canada justement pour permettre d'avoir une certaine latitude pour l'attribution sous certaines conditions, bien sûr, là, de contrats à des firmes qui peuvent être installées en région.

Le Président (M. Pagé) : D'accord. Alors, je ne me souviens jamais de votre circonscription, M. le député de…

M. Giguère : Saint-Maurice.

Le Président (M. Pagé) : Saint-Maurice.

M. Giguère : Elle est facile à retenir, donc…

Le Président (M. Pagé) : Alors, M. le député de Saint-Maurice, la parole est à vous, il vous reste un peu moins… bien, neuf minutes à peu près.

M. Giguère : Ah! je ne prendrai pas… ce n'est rien qu'une petite question ou deux, parce que j'aime la discussion que nous avons présentement, pour parler que vous êtes, là, près dans les régions, vous allez donner des contrats dans les régions. J'aurais deux petits points. Moi, je viens de la Mauricie, la rivière Saint-Maurice, je pense qu'il y en a beaucoup qui la connaissent, il y a quand même 11 centrales, donc, plus le barrage Gouin. On a une certaine expérience avec l'électricité, avec la Shawinigan Water & Power. Donc, on a connu que… on a construit des barrages avec les gens de la Mauricie et après aussi, avec l'entretien, on a été avec l'extérieur, quand Hydro-Québec a pris ça en marche. Donc, on a vécu des contrats de l'extérieur, la frustration, on pourrait dire, des citoyens de la Mauricie, on a vécu ça aussi de voir, là, que les contrats étaient donnés à l'extérieur. Qu'on revienne dans les régions, c'est très important. Quand on dit qu'on veut se rapprocher de notre clientèle, Hydro-Québec, c'est très important.

Moi, j'ai une petite… deux choses : un, vous avez parlé que vous voulez faire, là, des gains, là, quand même très appréciables, des économies, quand même, on parle de 150 millions de dollars. La fiabilité du réseau dans tout ça. Parce que je pense que vous avez abordé un petit peu tantôt, là, la question du coût des équipements et de la valeur des équipements. Donc, j'aimerais ça qu'on rassure quand même la population parce que ça pourrait être un…

M. Laporte (Réal) : Écoutez, les…

Le Président (M. Pagé) : M. Laporte.

M. Laporte (Réal) : Merci, M. le Président. Donc, essentiellement, les…

M. Giguère : ...un petit peu tantôt, là, la question du coût des équipements et de la valeur des équipements. Donc, j'aimerais ça qu'on rassure quand même la population parce que ça pourrait être...

Le Président (M. Pagé) : M. Laporte.

M. Laporte (Réal) : Merci, M. le Président. Donc, essentiellement, les... J'ai un faible pour la construction des barrages et des lignes, là. Mon passé est plutôt dans la construction, donc je sais comment c'est important de bien les faire, ça, je peux vous dire. Et c'est important parce que l'actif d'Hydro-Québec est notre valeur. C'est justement la continuité du service de pouvoir exporter quand on veut, que les machines fonctionnent puis que les lignes fonctionnent pendant qu'on en a besoin, autant pour les besoins au Québec que les besoins en exportation. Donc, ça, ce n'est pas ça qu'on veut négliger.

Par contre, au même sens qu'on parlait de l'IREQ tantôt ou des centres de recherche, ce n'est pas vrai que ça reste statique, les technologies; ça change, ça évolue. Et souvent, comme pour les ordinateurs ou autres, les prix baissent quand les technologies changent. C'est peut-être un paradigme qui a changé il y a quelques années, quelques décennies. Donc, c'est important de les adopter, ça fait baisser les coûts et ça ne diminue pas pour autant la performance. Donc, il faut trouver cet équilibre-là.

C'est pour ça que nos équipes d'acquisition qu'on regroupe ensemble sont composées d'exploitants qu'il va falloir que ça s'exploite comme il faut, d'ingénieurs pour s'assurer que les spécifications vont être... que ce soit durable comme on a besoin sur nos sites, mais d'acheteurs professionnels et de financiers — donc c'est des équipes mixtes, qu'on les appelle AFI, c'est un acronyme, on aime ça, donc on les appelle les équipes AFI chez nous — de façon à s'assurer que tu ne fais pas juste acheter au plus bas prix, tu achètes au plus bas prix quelque chose d'exploitable qui a la même durabilité puis les mêmes «specs». On est très, très sensibles à ça, c'est notre fonds de commerce, comme on dirait quand on était plus jeunes, la fiabilité du réseau puis la fiabilité de la production. Donc, ça, c'est très, très important, il n'y a pas de problème.

Le Président (M. Pagé) : Oui. M. Martel, allez-y.

M. Martel (Éric) : Une des choses qui est extrêmement impressionnante, qui m'a impressé, moi, à mon arrivée chez Hydro-Québec, c'est la culture d'excellence qu'il y a là-bas. Alors, ça, c'est quelque chose qui fait qu'on a aujourd'hui un réseau extrêmement performant, qui fait des envieux partout sur la planète en termes de fiabilité. Et on se doit d'avoir un réseau extrêmement fiable : un, on a un réseau complexe — hein, c'est une boucle avec des distances de... nos lignes parcourent des distances énormes — et aussi on exporte aux États-Unis. Et les Américains nous regardent à tous les jours, à savoir : Est-ce que votre réseau est fiable? Parce que c'est sûr qu'il y a des gens qui font du lobbying là-bas pour dire : Bien, on devrait acheter du gaz parce que le réseau n'est pas fiable. Alors, on ne peut pas se permettre... Il faut vraiment garder de très, très, très hauts standards de fiabilité puis de qualité de notre réseau.

Alors, c'est clair que les... dans la tête de tout le monde ici, chez Hydro-Québec, que nos acquisitions, oui, on veut payer le juste prix, mais, comme M. Laporte le mentionnait, ce qui est capital, c'est de maintenir nos actifs en santé, fiables et avoir un réseau extrêmement productif.

Le Président (M. Pagé) : M. le député de Saint-Maurice.

M. Giguère : Oui. Et puis, comme vous avez dit, vous aimez quelque chose de bien construit, qui dure dans le temps, et puis vous avez une belle centrale quand même, au Québec, qui est à Shawinigan puis ça fait 105 ans, 105 ans. Il n'y en a pas beaucoup dans le monde. Ça fait 105 ans qu'elle est encore en production. Donc, on voit que l'expertise, on l'a, ici, au Québec. Et une des premières lignes longue distance, c'est de Shawinigan à Montréal. Donc, Shawinigan a éclairé Montréal.

J'ai aimé aussi... Vous avez parlé de l'IREQ tantôt, le centre de recherche. On en a un à Shawinigan aussi, en région, qui est très, très important. Parce qu'on le sait, que l'énergie qui rapporte le plus à Hydro-Québec, c'est l'énergie qu'on n'a pas besoin de produire.

Donc, vous avez abordé, ce matin, que les maisons aujourd'hui sont 30 % moins énergivores, et puis où est-ce que je rejoins ma collègue de la deuxième opposition, c'est qu'autant l'IREQ que le LTE, on ne les met pas en avant, on ne connaît pas, puis même les entrepreneurs ne les connaissent pas tellement non plus. J'aimerais ça vous entendre parler un petit peu c'est quoi, dans les prochaines années... avec ces centres-là? Est-ce que vous allez les mettre plus en avant plus...

Le Président (M. Pagé) : M. Laporte.

M. Laporte (Réal) : Merci. J'ai l'insigne honneur d'être le grand patron de l'IREQ depuis une semaine. Donc, j'ai commencé à rencontrer les gens lundi passé, j'étais très heureux de faire le tour de l'IREQ. On est partis de Varennes, on va aller bientôt à Shawinigan. Il n'y a aucune intention de fermer ces installations-là, loin de là. Ce qu'on va vouloir faire avec l'IREQ puis continuer à faire, qu'est-ce qui est déjà parti : il y a la partie commercialisation de certains actifs ou de certaines connaissances et biens qui ont existé, notamment Esstalion, mais il y a aussi vraiment avoir un... maximiser le bénéfice d'Hydro-Québec sur la gestion du réseau et des barrages et des installations d'Hydro-Québec.

• (17 h 30) •

Donc, Hydro-Québec, l'IREQ peut se payer uniquement avec l'argent qu'elle nous fait sauver, qu'elle nous évite d'investir en connaissant mieux l'état du réseau, en connaissant mieux comment ça peut vieillir, un réseau, et jusqu'à quand c'est le bon temps, à partir de quand, en simulant le réseau pour faire des meilleures réponses qui sont, sur le long terme, valables pour Hydro-Québec, donc en diminuant certains investissements. Et on est dans un marché actuellement qui est complètement en transformation en énergie, et il y a les changements climatiques dans le nord qui amènent aussi d'autres challenges. Donc, notre...


 
 

17 h 30 (version non révisée)

M. Laporte (Réal) : ...en simulant le réseau pour faire des meilleures réponses qui sont, sur le long terme, valables pour Hydro-Québec, donc en diminuant certains investissements, et on est dans un marché actuellement qui est complètement en transformation en énergie, et il y a les changements climatiques dans le Nord qui amènent aussi d'autres challenges. Donc, notre capacité de faire des simulations, notre capacité de simuler le réseau, de faire du... de traiter de big data, de faire de la robotique de systèmes pour nous aider à pouvoir entretenir ça, assurer une continuité de service et peut-être à amener des solutions qui ne sont pas évidentes pour les autres utilités sur la planète.

Et ça, là-dessus, on a un grand défi avec l'IREQ et je suis certain qu'on va réussir. Donc, on va se mobiliser ensemble et on va réussir. Maintenant, il faut continuer à valoriser des connaissances, là, qui ont beaucoup de valeur pour Hydro-Québec.

Le Président (M. Pagé) : M. le député des Îles-de-la-Madeleine, il vous restrait à peu près 2 min 30 s.

M. Chevarie : Merci, M. le Président. Je voulais aborder, avec M. Martel, la question des réseaux autonomes, parce qu'on sait qu'évidemment, le Québec est principalement alimenté par l'hydroélectrité, mais il y a quand même une vingtaine de centrales autonomes. Les Îles ont une centrale autonome, alimentée au diesel, compte tenu de notre situation géographique et d'absence de lien terrestre avec le continent.

Ma question serait la suivante : Compte tenu qu'une centrale alimentée au mazout, d'abord, ça coûte cher puis, en plus, c'est peu écologique, mais, en même temps, il y a des avantages, parce qu'on a, aux Îles, quand même des retombées économiques importantes avec l'ensemble des employés qui sont à... qui travaillent pour Hydro-Québec, mais j'aimerais connaître, M. Martel, vos perspectives par rapport à la centrale aux Îles. Quelles sont les... Je sais que vous allez, dans votre planification stratégique, vous avez mentionné qu'il y aurait éventuellement, en 2018 ou dans ces années-là, là, des appels de propositions pour différents types d'énergies qui seraient plus économiques, mais à la fois fiables.

Le Président (M. Pagé) : En moins d'une minute, s'il vous plaît.

M. Martel (Éric) : Alors, M. le Président, en moins d'une minute, j'ai été aux Îles... présent aux Îles-de-la-Madeleine en juin dernier. J'ai rencontré les 80 employés d'Hydro-Québec dans une salle, j'ai eu des discussions avec les élus municipaux aussi à ce moment-là et ce qu'on a garanti qu'on allait faire... C'est parce que la centrale présentement consomme 40 millions de litres de mazout par année. Alors, ce n'est pas négligeable, hein, c'est du volume, parce qu'on alimente les Îles-de-la-Madeleine au complet. C'est extrêmement coûteux à faire fonctionner et, en même temps, il y a un aspect important, c'est qu'on sait qu'il y a à peu près 60 et quelques emplois d'Hydro-Québec qui sont reliés à ça.

Alors, l'engagement que j'ai pris, et mon... David qui arrive dans le poste, on en a parlé pas plus tard que ce midi, on a pris l'engagement de regarder des alternatives, O.K., aux Îles-de-la-Madeleine pour les alimenter en efficacité... en électricité de façon efficace. On va regarder trois critères : le coût, évidemment, hein, parce que c'est très coûteux; des critères environnementaux, mais l'aspect social. Alors, ce qu'on veut faire, c'est de s'assurer qu'aux Îles-de-la-Madeleine, si aujourd'hui, on a 80 emplois environ, quand on regarde de distribution et de la centrale, c'est qu'à la fin, peu importe la solution qu'on va adopter, on va avoir à peu près ce niveau d'emplois là, toujours aux Îles-de-la-Madeleine.

Alors, on regarde les projets en regardant ces trois critères-là et ça, ça va se faire en collaboration avec les gens des Îles-de-la-Madeleine dans les prochains mois.

Le Président (M. Pagé) : Je vous remercie. Je vous ai laissé un 20 secondes de plus, parce que c'était trop important pour les gens des Îles. Alors, M. le député de Sanguinet, vous disposez de 16 minutes. Allez-y.

M. Therrien : Merci, M. le Président. Écoutez, je regarde, à la page 4, ça a retenu mon attention, évidemment, là, les surplus qui sont prévus jusqu'en 2020. On... En tout cas, ce qu'on voit, c'est qu'il va y avoir des surplus jusqu'en 2020 puis sûrement, par la suite, il va y en avoir d'autres. Là, je veux savoir comment vous faites vos prévisions, parce que... puis aidez-moi si me trompe, là. Dans vos prévisions, vous parlez d'efficacité énergétique, croissance économique, qui est plus faible depuis que les libéraux sont au pouvoir.

Des voix : ...

M. Therrien : C'est un fait. Alors... Excusez, M. le ministre, on ne fait pas de...

Une voix : ...

M. Therrien : C'est correct, ça? O.K. Donc, c'est bon pour les surplus que le gouvernement soit là.

Alors donc, électrification des transports et puis les exportations. Vous faites vos prévisions à partir de ces quatre... Est-ce que j'en oublie?

M. Martel (Éric) : Principalement, là.

M. Therrien : C'est ça, en gros?

Une voix : ...

M. Therrien : O.K.

M. Martel (Éric) : Bien, je pourrai revenir en répondant...

M. Therrien : O.K. Bien, en tout cas, c'est parce que là, je veux que vous m'aidiez. Tu sais, je ne connais pas ça comme vous, là.

Peut-être, ma question va être niaiseuse, je ne sais pas, je vais m'essayer, O.K.? Mais il ne faut pas dire que je suis niaiseux, c'est peut-être... je ne devrais peut-être pas poser la question, mais bon...

Le Président (M. Pagé) : Allez-y avec votre question. On jugera.

M. Therrien : Oui, c'est correct. Alors, quand tu regardes, là... Quand tu regardes...

M. Therrien : ...que vous m'aidiez. Tu sais, je ne connais pas ça comme vous, là. Peut-être que ma question va être niaiseuse, là. Je ne le sais pas. Je vais m'essayer, O.K.? Je ne me ferai pas dire que je suis niaiseux. C'est peut-être... Je ne devrais peut-être pas poser la question, mais, bon...

Le Président (M. Pagé) : Allez-y avec votre question... en jugera.

M. Therrien : Oui. C'est correct. Quand tu regardes, là, quand tu regardes un barrage qui est déjà... Comme dans mon coin, Beauharnois, là, qui est un très, très gros barrage, soit dit en passant. On n'a rien à vous envier, M. le député de Saint-Maurice. Il est tout près de chez nous. Est-ce qu'il y a une façon de rendre le barrage plus productif? Parce que la productivité, c'est plus d'extrants par intrant, là. Est-ce qu'il y a moyen... Je ne connais pas ça. Est-ce qu'il y a moyen de dire, mettons, dans cette usine-là, si... Il y en a un qui rit. En tout cas... qui rit de moi? Ah! O.K. Non, mais est-ce qu'il y a moyen de rendre un barrage plus productif?

Le Président (M. Pagé) : Alors, M. Martel, allez-y.

M. Martel (Éric) : Je vais prendre... Il y avait un peu deux volets. Je vais répondre au premier puis je vais laisser M. Laporte parler de la turbine, qu'est-ce qu'on peut faire pour augmenter la puissance ou l'énergie d'une centrale. Alors, ce qui est important, c'est qu'on a un groupe d'experts chez Hydro-Québec, c'est notre métier de faire ça. C'est... Le devoir premier d'Hydro-Québec, là, c'est de s'assurer qu'on a suffisamment d'énergie et de puissance, qui sont deux produits différents et on fait des bilans énergétiques, des bilans de puissance avec toutes les options qui nous sont offertes. On a des plans très précis pour dire, exemple, en efficacité énergétique, on va aller chercher tant. On va avoir plus de véhicules électriques. Alors, ça, ça va consommer tant. Alors, il y a tout ce bilan-là... est fait par des analystes professionnels qui font ce métier-là et à la fin, nos décisions à court, moyen et long terme sont prises à partir de ce bilan énergétique là. Alors, c'est un exercice extrêmement important. Ça nous permet de voir qu'est-ce qu'on peut exporter, quelle quantité on a et tout ça.

Alors, ça, on fait ça de façon extrêmement rigoureuse année après année. Évidemment, hein, ce sont des prévisions. Il y a des choses des fois qui nous frappent, qui arrivent et qui peuvent changer la situation de façon importante, mais c'est de cette façon-là qu'on le fait. Alors, votre question par rapport... est-ce que c'est possible d'augmenter la capacité de puissance ou d'énergie d'un barrage... je vais laisser M. Laporte répondre à cette question-là.

M. Laporte (Réal) : Premièrement, avec les...

Le Président (M. Pagé) : M. Laporte.

M. Laporte (Réal) : Merci, M. le Président. Généralement, avec les nouveaux profils hydrauliques qu'on fait avec les... puis ces choses-là, on est capables d'augmenter l'efficacité de chaque groupe qu'on a installé. Depuis le début des années 90, il y a une réfection de la centrale de Beauharnois qui est en cours. Il y a 36 groupes dans cette centrale-là, donc une centrale d'un kilomètre, qui est très grande. Donc, ce qu'on fait, c'est que, lorsqu'on achète des nouveaux groupes, lorsque... au moment du remplacement on en profite pour prendre des profils qui sont plus efficients et les nouvelles roues, les nouveaux groupes sont beaucoup moins pesants que les anciens notamment, puis les technologies ont changé, donc tu peux faire plus d'énergie, plus de puissance avec des nouveaux profils hydrauliques. Tu pourrais augmenter la puissance si tu en avais... si tu le voulais. Par contre, souvent, les problématiques deviennent une problématique de réseau de transport. Ça fait que là, il faut que tu changes les transformateurs puis ces choses-là, puis ça ne vaut plus la peine de le faire à ce moment-là souvent.

M. Therrien : Je pense que vous répondez très bien à ma question. Là, la Romaine, là, entre tranquillement, là, en production, là, jusqu'en 2020, là, ça va rentrer en production. C'est quoi le coût moyen? Je le sais qu'on l'a déjà demandé, mais je veux juste... Tu sais, regarde, vous êtes là, là, puis je veux en profiter, là. Le coût moyen de la Romaine, là, du kilowattheure, la Romaine, c'est quoi?

Des voix : ...

M. Therrien : 0,06 $?

Le Président (M. Pagé) : M. Martel.

M. Martel (Éric) : 0,06 $ en moyenne.

M. Therrien : La valeur sur le marché québécois, c'est quoi, à peu près, en moyenne? Parce que là, c'est sûr que tu as différents tarifs, là, mais comment vous calculez ça en moyenne, parce que vous dites... Tu sais, avant de faire un barrage, vous dites : Ça vas-tu être payant? Donc, c'est quoi le prix du kilowatt en moyenne au Québec?

M. Martel (Éric) : Est-ce que je peux... M. le Président, alors... me permettre de répondre à la question. Alors, la Romaine, qui est un nouveau projet, O.K., on parle de six sous le kWh à la sortie. Ce projet-là, présentement, est fait dans les coûts. Puis on est même légèrement en avance sur le projet. Ça va très bien de ce côté-là. M. Laporte et son équipe font un excellent boulot. Ce qui est important de savoir, c'est que le parc au complet d'Hydro-Québec... Là-dessus, on parle qu'il y a des actifs qui ont 120 quelque années, on a la Baie-James qui en a 50. Évidemment, ils ont coûté moins cher à l'époque. On les a amortis. Notre coût moyen aujourd'hui est d'environ deux sous à produire. Ça, c'est le coût, là, pour Hydro-Québec Production de produire un kilowatt. Alors, à ce moment-là, par contre, ce n'est pas de transporter, ce n'est pas de distribuer, mais de produire à l'extérieur des centrales.

M. Therrien : O.K. Puis la valeur sur les marchés... Vous avez dit 7,2, 5,4 cents que vous vendez au Québec, à peu près, là, en moyenne. C'est ça?

M. Martel (Éric) : Oui. Je ferais attention. Ici, ce qui est important, c'est qu'on vend. Après ça, il faut ajouter les coûts de transport, les coûts de distribution.

M. Therrien : Oui, oui.

M. Martel (Éric) : Et au Québec, aux Québécois, donc on le vend à 0,079 $, 0,08 $ environ présentement. Mais ça, c'est... Il faut rajouter, comme je vous le disais, là, aux deux sous, là, tous les autres frais.

M. Therrien : Oui, oui, oui. Vous savez que les coûts moyens ne sont jamais utilisés pour évaluer les projets qui s'en viennent? C'est toujours le coût marginal qu'on utilise.

Une voix : Effectivement, effectivement.

• (17 h 40) •

M. Therrien : …coût marginal, donc 0,06 $. Prochain barrage, on s'entend pour dire qu'on est dans la loi des rendements marginaux décroissants, ça va être sûrement plus élevé que 0,06 $, à moins qu'il nous sorte un lapin de son chapeau, le monsieur de l'IREQ, ils disent : On a trouvé une façon. Je ne le sais pas, là, mais ça peut arriver, je ne le sais pas, s'il dit : Il y a une façon extraordinaire, mais, en tout cas, on doit s'attendre à un barrage qui soit plus élevé...

M. Therrien : …coût marginal, donc 0,06 $. Prochain barrage, on s'entend pour dire qu'on est dans la loi des rendements marginaux décroissants, ça va être sûrement plus élevé que 0,06 $. À moins qu'il nous sorte un lapin de son chapeau, le monsieur de l'IREQ, qu'il dise : On a trouvé une façon. Je ne le sais pas, là, mais ça peut arriver, je ne le sais pas, s'il dit : Il y a une façon extraordinaire. Mais, en tout cas, on doit s'attendre à un barrage qui soit plus élevé que 0,06 $.

Ma question, vous me voyez peut-être venir, c'est : vous avez… Parce qu'à partir de 2020, vous dites : On va probablement faire un autre gros projet ou, en tout cas, on va étudier ça. Je ne veux pas vous mettre des mots dans la bouche, je l'ai lu en quelque part. Quand on parle de gros projets, est-ce que ce n'est que des projets hydroélectriques ou ça peut être des projets dans l'éolien ou autre chose?

Le Président (M. Pagé) : M. Martel.

M. Martel (Éric) : M. le Président, C'est une très, très bonne question. Alors, nous, notre métier à Hydro-Québec, évidemment, il est dans l'hydraulique. Alors, on va regarder, O.K., au niveau de la production, je veux dire, ici, c'est quoi, le prochain grand projet possible. On a plusieurs rivières au Québec. Comme on sait, on doit travailler avec les communautés locales. Alors, le mandat que M. Laporte a, c'est que, d'ici cinq ans, on doit être capable de dire, si on veut construire un prochain barrage, à quel endroit ça ferait la plus de sens au niveau des coûts puis qu'économiquement ça fait du sens pour nous. Mais par contre ça va dépendre aussi pour nous du produit qu'on a besoin. Est-ce qu'on recherche de l'énergie? Est-ce qu'on recherche de la puissance? Et là, il y a une très forte probabilité que notre solution ne soit pas exclusivement un barrage ou une centrale hydroélectrique. Ça pourrait un mixte avec le l'éolien, ça peut être du solaire, ça pourrait être d'autres sources d'énergies renouvelables qui viennent ajouter à la capacité qu'on recherche.

M. Therrien : Donc, vous êtes ouvert à ça à quelque part, je veux dire. Il y a plusieurs… Parce que de la façon que c'était exprimé, je me disais, ça, ça porte à confusion. C'est peut-être… Donc, vous êtes ouvert à d'autres sources d'énergie. L'éolien, je pense que c'est rendu à peu près à 0,06 $, là. Dans les derniers achats, c'est 0,5 $... À peu près?

M. Martel (Éric) : Oui. 0,06 $. Monsieur…

Une voix : …qu'on achète à 0,09 $

M. Therrien : À peu près.

M. Martel (Éric) : M. le Président.

Le Président (M. Pagé) : Oui.

M. Martel (Éric) : Alors, si je peux me permettre de répondre, on achète en moyenne, parce qu'il y a des contrats qui datent de plusieurs années, Hydro-Québec, on paie présentement, là, Hydro-Québec Distribution, environ 0,095 $ à 0,10 $. Par contre, il y a des nouveaux projets éoliens qui sont plus performants, qui prennent place aujourd'hui. Et là, on gravite alentour de 0,065 $, probablement plus. Alors, ça s'est amélioré.

M. Therrien : Puis je leur avais parlé, ils sont venus ici, pour leur demander si eux ils étaient frappés par la loi des rendements marginaux décroissants. Puis ils m'ont dit que non. Ils m'ont dit que, même à la limite, l'économie d'échelle entre autres ferait en sorte qu'ils pourraient peut-être avoir éventuellement une baisse de leur prix. D'où l'intérêt que ça peut avoir. En tout cas, regardez, ça peut être intéressant de regarder de ce côté-là. Mais ça, je vais peut-être en parler plus loin.

Là, je vais revenir sur ce que vous m'avez envoyé. Tu sais, j'avais demandé à l'époque, là, par rapport à TransCanada. Je pense que ça fait… J'aime ça être… Tu sais, je n'aime pas ça être hors d'ordre, là, tu sais? Ça fait que, je peux vous dire, ça a un lien avec ça. Parce que, tu sais, on parle des «peak», là. Ça, c'est sûr que ce n'est pas les… Ça, ce n'est pas les «peak». Ça ne tient pas compte des «peak», n'est-ce pas? Est-ce que je ne me trompe? Ça, ici, les surplus, là, ce n'est pas dans les «peak», ces surplus-là.

Une voix : C'est dans l'énergie. Dans l'énergie.

M. Therrien : C'est ça. Mais, dans les «peak», comme ça fait des années qu'on n'a pas… qu'on n'a pas été, comment je pourrais dire, qu'on n'a pas été obligé d'acheter de l'électricité. Je pense que c'est…

Le Président (M. Pagé) : M. Martel.

M. Martel (Éric) : Non, non. J'aimerais répondre, parce que, là, il y a…

M. Therrien : Allez-y. Allez-y. Allez-y.

M. Martel (Éric) : Je veux juste m'assurer, là. Il y a un…

Le Président (M. Pagé) : Oui, oui. Allez-y, M. Martel.

M. Martel (Éric) : Je pense qu'il y a un petit peu de confusion. M. le Président, deux choses. On des surplus d'énergie. C'est ce que la charte démontre présentement. O.K.? On est à peu près à 9 térawattheures, puis on pense que ça va baisser dans les prochaines années. Où on a des écarts aujourd'hui, à certains moments dans l'année où est-ce qu'on n'a pas suffisamment de puissance, O.K., ça, la puissance, c'est le nombre… la quantité d'énergie dans un moment précis. On a de la capacité pour 37, on est capable d'aller en chercher plus. On a des engagements à gauche et à droite. On a une réserve, hein, avec l'Ontario, avec d'autres joueurs et avec ce qu'on appelle une — un «peaker» en français — un…

Une voix : Une centrale de pointe.

M. Martel (Éric) : Une centrale de pointe. J'allais le dire en anglais, excusez-moi. Alors, on doit bénéficier… On fait notre bilan, comme je disais tantôt, de puissance, de la même façon qu'on fait notre bilan d'énergie. Alors, ce qu'on regarde aujourd'hui, ce qu'on sait chez Hydro-Québec, c'est que là, par contre, au niveau de la puissance, comme je disais ce matin à l'introduction, on est un petit peu plus serré. Et quand on doit aller acheter de la puissance sur les marchés, c'est extrêmement dispendieux. C'est très, très, très dispendieux.

M. Therrien : Vous l'avez dit. J'avais… Mais la question était… Puis merci de la précision. Mais la question était par rapport à TransCanada. Je vais revenir là-dessus, parce que vous m'avez donné l'information, puis on n'avait pas pu en parler. C'est la première fois qu'on se voit depuis ce temps-là. Je m'étais beaucoup ennuyé d'ailleurs, là. Ça fait que, donc… C'est vrai. On s'entend bien, n'est-ce pas?

M. Martel (Éric) : Absolument.

M. Therrien : Bon, absolument. Donc, voilà. Ce que j'avais à dire sur Hydro-Québec. Alors, je regarde ça, là, puis vous avez fait la VAN, là, à partir de… la VAN, avec les valeurs de 2016, les 21 années, de 2016 à 2036. Est-ce que vous avez le document devant vous?

M. Martel (Éric) : Je l'ai devant moi.

M. Therrien : Bon. Moi j'aurais une question très simple. Parce que c'est sûr qu'au début j'avais demandé, là, tu sais, la différence des coûts fixes et variables puis, tu sais, ventilés. Ça n'a pas été fait, mais on peut s'arranger avec ça. Pour vrai, là. J'aurais aimé ça, les avoir, mais on peut s'arranger avec ça, là. Ma question est la suivante. C'est que, si on regarde les alternatives… Parce que ça, vous n'avez pas eu besoin de ça encore, hein? Je pense que depuis que ça a été signé, les ententes, on n'a pas utilisé, puis on ne l'utiliserait pas avant 2020, ce qui était prévu. C'est ce que j'avais entendu.

M. Martel (Éric) : Alors, permettez-moi peut-être de faire un petit point sur la centrale de Bécancour. Vous savez, c'est une centrale qu'on a depuis plusieurs années. Elle est arrêtée présentement. Quand on regarde notre bilan de puissance que je parlais…

M. Therrien : ... je pense que depuis que ça a été signé, les ententes, ça... on ne l'a pas utilisé puis on ne l'utilisera pas avant 2020, ce qui était prévu. C'est ce que j'avais entendu.

Alors, permettez-moi, peut-être, de faire un petit point sur la centrale de Bécancour. Vous savez que c'est une centrale qu'on a depuis plusieurs années, elle est arrêtée présentement. Quand on regarde notre bilan de puissance, que je parlais tantôt, on dit : On va en avoir besoin de puissance. O.K. Pas nécessairement de cette centrale-là, mais on a besoin de puissance. Alors, les gens d'Hydro-Québec sont créatifs. On a cette centrale-là qui est assise présentement, qui ne sert pas. Alors, on s'est dit : En ajoutant un peu d'argent à la centrale pour la rendre une centrale de pointe, ça nous coûterait, de 2016 à 2036, 449 millions. O.K.

L'autre alternative, c'est d'aller sur les marchés acheter cette énergie-là, de l'Ontario, à l'extérieur...

Une voix :...

M. Therrien : J'ai compris ça puis, honnêtement, ma question va être simple. O.K. Mais juste...

M. Martel (Éric) :  Si vous permettez, je vais finir. 931 millions. Alors, les gens à Hydro-Québec ont dit : On sauve 481 millions. Alors, ça fait du sens, notre boulot, c'est de sauver de l'argent aux Québécois pour éviter les hausses tarifaires. Alors, on devrait redémarrer... se servir de la centrale en pointe.

M. Therrien : O.K. Moi, je vais vous dire : Ce qui agace les gens, là, parce que, tu sais, on en parle puis ce qui m'agace aussi un peu, là, puis vous allez répondre à ça, puis peut-être que ça ne sera plus de l'agacement, là, c'est que quand on regarde les deux, la différence, c'est que l'alternative du marché, là, ça, c'est des achats ponctuels. Je comprends bien? C'est-à-dire que si une année on en a besoin, «poup», on va chercher ça. Il n'y a pas d'engagement à long terme. C'est-u correct, ce qu'on nous dit ça? Quand on regarde l'alternative, là, aux deux marchés, aux ententes pour utilisation de pointe, c'est-à-dire que si une année, là, je n'ai pas besoin, je n'achète pas, ça ne me coûte rien. Bien, je veux vous entendre là-dessus et ça veut dire que ça, c'est ça mes questions, là.

Le Président (M. Pagé) : Allez-y, M. Martel.

M. Martel (Éric) : Ici, là, ça, ce sont les coûts. Ça coûte ça sur le marché de réserver de la puissance. Ça, c'est comme je m'achète une assurance pour être sûr que si j'en ai de besoin, elle est là. Alors, la même chose si l'Ontario, je leur dis : J'ai besoin que vous me réserviez 500 mégawatts, je vais payer une prime pour ça, le prix qui est à peu près le 931 millions. C'est un prix réservé. Ça, ça n'inclut pas le prix si je l'utilise après ça un 100 heures ou 300 heures pour, entre 100 et 300 heures, puis c'est ça qu'on prévoyait dans ce cas-là, là, il va falloir que je brûle du gaz, il va falloir que je l'opère. Ça, il va y avoir un coût qui va s'ajouter à ça. Ça, c'est un coût puis c'est comme ça que le marché énergétique fonctionne, c'est un coût de réserve d'un équipement et de la puissance qui me garantit, comme je vous dis. Je simplifie, là, je caricaturise, c'est un peu une police d'assurance dans le fond.

M. Therrien : Donc, vous me dites que, dans les deux cas, vous êtes obligé d'avoir cette police d'assurance là. Si vous n'avez pas TransCanada qui coûte 400 quelque chose en VAN de 2016, vous seriez obligé de prendre des engagements, une assurance avec d'autres.

M. Martel (Éric) : Oui.

M. Therrien : Vous ne pouvez pas dire, mettons, une année : Bien, regarde, j'en ai de besoin, peux-tu me refiler un peu d'énergie? Vous ne pouvez pas faire ça?

M. Martel (Éric) : Non. Le marché...

M. Therrien : C'est-u niaiseux comme question? Moi, c'est parce que j'essaie de voir comment ça peut fonctionner pour qu'on épargne de l'argent, là.

M. Martel (Éric) : C'est qu'il y a un marché qui est là. Évidemment, c'est une assurance. Alors, moi, j'ai besoin qu'ils me garantissent. Je ne peux pas arriver un matin qu'il fait moins 35 °C au Québec puis dire : Je suis désolé, les Québécois, on va être obligés de fermer... parce que... une ville au complet parce qu'on n'a pas assez d'énergie ou de puissance parce que l'Ontario, eux aussi, il fait moins 35 °C, puis ils ne sont pas capables de m'en fournir. Ça peut arriver. Alors, nous, c'est pour ça qu'un bilan de puissance, ça, c'est extrêmement important et c'est sûr qu'on joue plus conservateur, je ne vais pas... Mais je ne peux pas prendre ce risque-là. C'est  impossible à imaginer. Je crois qu'Hydro-Québec pourrait prendre... mettre à risque l'alimentation électrique des Québécois.

Alors, c'est pour ça qu'on achète des réserves et on dit : Vous allez me garantir un bloc de tant de mégawatts. Alors, dans ce cas-ci, c'est que la centrale est déjà là, on a une conversion à faire et on est capable de dire : Cette assurance-là, demain matin, si j'ai besoin de 500 mégawatts, on met du gaz naturel et elle est démarrée.

M. Therrien : O.K. Bon, j'ai compris. J'ai compris. J'aurais une question à vous poser, parce que là, on parle de politique énergétique, là, de, tu sais, de devenir plus propre dans notre façon de produire. Est-ce que vous avez des alternatives propres à cette possibilité-là de TransCanada qui est du gaz naturel, qui n'est pas nécessairement propre? Il y a des façons plus efficaces de façon environnementale, là, pour produire. Est-ce que vous avez envisagé des changements de sources.

Le Président (M. Pagé) : 30 secondes.

M. Martel (Éric) : Alors, rapidement, c'est clair que les alternatives sont limitées. Le solaire, l'éolien, ne peut pas être une alternative en termes de puissance, parce que s'il ne vente pas, puis il fait moins 35 °C, on a un problème. Par contre, au niveau hydroélectrique, ou même nucléaire, tu sais, parce que nos voisins ontariens ont toujours du nucléaire, ça, c'est ce qu'on appelle une puissance que je peux réserver qui va... je sais qu'elle va toujours être là quand je vais en avoir de besoin. Alors, qu'est-ce qu'il y a d'autres alternatives? Il y a toujours d'autres alternatives, mais aujourd'hui on regarde, par exemple, La Romaine, on a mis La Romaine I et II en marche, on va mettre III et IV, alors, dans notre bilan de puissance, on dit : On en a de besoin.

Le Président (M. Pagé) : Je vous remercie. C'est ce qui met fin à ce bloc. On passe immédiatement avec Mme la députée Saint-Hyacinthe pour 10 min 30 s, s'il vous plaît.

Mme Soucy : Merci. Comme mon collègue a ouvert la porte à la centrale de Bécancour, bien...

Une voix : ...

• (17 h 50) •

Mme Soucy : Bien, c'est ça. Les... Vous parliez tantôt des négociations des plus hauts standards. On se ramène en 2006, puis vous nous avez fait l'historique, je ne le referai pas, là...

Le Président (M. Pagé) : ...avec Mme la députée de Saint-Hyacinthe, pour 10 min 30 s, s'il vous plaît.

Mme Soucy : Merci. Comme mon collègue a ouvert la porte à la centrale de Bécancour, bien...

Une voix : ...

Mme Soucy : Bien, c'est ça. Vous parliez tantôt, les négociations des plus hauts standards, on se ramène en 2006, puis vous avez fait l'historique, je ne le referai pas, là, mais il y avait quand même un contrat d'approvisionnement de 20 ans, donc jusqu'en 2026. 2008, la centrale ferme, pénalité 150 millions par année. En 2015, Hydro-Québec fait une entente avec Gaz Métro sans appel d'offres, prétextant, puis avec raison, que Gaz Métro avait les meilleurs prix. Alors, pourquoi ne pas avoir été en appel d'offres? Parce que là, la régie, la régie vous a critiqués là-dessus, et là l'entente, elle est... ils ont annulé l'entente, en fait.

Donc, j'aurais le goût de vous poser la question, c'est qui, qui a négocié ça, mais vous ne me répondrez pas. Mais pourquoi ne pas avoir, en fait, profité de la négociation d'une nouvelle entente avec TransCanada pour annuler justement cette clause de pénalité qui, 1,2 milliard, pour garder la centrale fermée qui coûte aux Québécois? Donc, d'ici 2026, c'est un autre 1,5 milliard. Alors, j'aimerais vous entendre, quelles sont vos solutions pour mettre fin au gouffre financier. Puis allez-vous continuer à dédommager TransCanada, sans rien en retour?

Le Président (M. Pagé) : Alors, M. Martel.

M. Martel (Éric) : M. le Président, je vous remercie de me donner l'opportunité, parce qu'il y a beaucoup de confusion dans ce dossier qui est complexe, je dois l'avouer, alors vous me donnez l'occasion de rendre les choses plus claires. Alors, oui, vous avez absolument raison, c'est une centrale qui a été ajoutée. Il y a eu des décisions de prises par la suite d'acheter d'autres types d'énergie, d'autres types d'énergie qui ont fait que, bon, on n'avait plus besoin de la centrale, et on a fermé la centrale. Alors, ça, tout le monde comprend ça. C'est sûr et certain que TransCanada a un contrat avec nous, on leur paie environ 100 millions de dollars par année, ça, je l'ai déjà dit, et ils ont un contrat, alors il n'y a aucune raison pourquoi eux renégocieraient.

Alors, nous, on a essayé d'être créatifs, Hydro-Québec, on a dit : On veut aider nos clients, on a déjà cette affaire-là, comment on peut faire? Alors là, l'idée de la centrale de pointe est venue, on a dit : On peut sauver, comme le chiffre que j'ai fourni, à peu près 500 millions de dollars aux Québécois, entre l'utiliser, parce qu'on en paie déjà une partie avec quelques modifications, versus aller acheter à l'extérieur. Alors, ça, c'est extrêmement important.

Moi, je vous rappelle que ce qu'on a fait, c'est qu'on est allé à la régie, vous avez absolument raison, et la régie a rendu une décision le 29 octobre 2015, alors, octobre dernier, sur ce projet-là. Et elle a autorisé le projet et la justification économique du projet, et la régie supportait le projet, ils nous ont dit : C'est le bon projet, c'est au bénéfice des Québécois, c'est la bonne chose à faire.

Par contre, ils ont revisité cette décision-là. Ils n'ont pas dit que ce n'était pas un bon projet, ils n'ont pas dit que ce n'était pas la bonne chose à faire, tout le monde est d'accord avec ça, c'est la bonne chose à faire honnêtement, mais par contre ils ont dit : Vous auriez dû aller en appel d'offres. Là, on est dans une situation un peu complexe. Hydro-Québec Distribution, qui est le propriétaire du contrat de TCE, ne peut pas aller en appel d'offres présentement pour qu'Hydro-Québec Distribution soumette sur son projet que lui va en appel d'offres. O.K., parce qu'ils sont propriétaires présentement des droits de cette centrale-là via le contrat qu'on a avec TCE.

Alors, on est un peu dans une impasse. Nous, on voulait faire la bonne chose, et là ce qu'on essaie de faire reconnaître et ce qu'on a plaidé, à l'époque, au bénéfice des Québécois, on a dit : Écoutez, on en paie déjà un bout de cette centrale-là puis on ne s'en sert pas. Si on rajoute un peu, les Québécois vont en bénéficier, ça va leur coûter moins cher que si on va l'acheter sur les marchés. Tout le monde était d'accord, tout le monde disait : Ça fait du sens, au moins, on va l'utiliser à bon escient plutôt que de payer quelque chose en double.

Alors là, aujourd'hui, quand on nous demande d'aller en appel d'offres, Hydro-Québec Distribution ne pourra pas soumettre sur un appel d'offres qu'ils font eux-mêmes, alors Hydro-Québec Production pourrait y aller, mais n'est pas propriétaire des droits de contrat, on ne pourra pas soumissionner Bécancour, on ne peut pas faire ça. Alors, ce qui est important, là, il ne faut pas être simplet là-dedans, il y a une complexité présentement à une situation un peu particulière, et on se dit... parce qu'Hydro-Québec Production, ils vont... ils pourraient soumissionner, quand Hydro-Québec Distribution va demander de la puissance, on pourrait soumissionner. Et par contre ils vont soumissionner au prix du marché, le 931 millions que je vous ai envoyé, qui allait coûter... Alors là, ça veut dire qu'Hydro-Québec, moi, je pourrais dire : Ça fait notre affaire parce qu'on va faire, en termes de profit, 500 millions, mais en même temps j'ai le chapeau aussi que je ne veux pas faire 500 millions sur le dos des consommateurs québécois, alors je dois équilibrer tout ça.

Alors, c'est une situation particulière, la régie l'a autorisée, tout le monde trouvait que c'était une bonne idée, et là ils ont dit : On aurait dû aller en appel d'offres parce que les gens ont fait de la pression, mais là on se ramasse un peu dans une impasse. Alors, ce qu'on a demandé, c'est de dire : Est-ce qu'on peut faire un amendement à la loi qui permettrait qu'on aille tous... vous parliez de gros bon sens ce matin, là, je suis un fervent garant du gros bon sens, et j'aimerais beaucoup qu'on fasse un amendement qui nous permette...

M. Martel (Éric) : ...bonne idée, là. Ils ont dit : Oups!. On aurait dû aller en appel d'offres, parce que des gens ont fait de la pression, mais là, on se ramasse un peu dans une impasse. Alors, ce qu'on a demandé, c'est de dire : Est-ce qu'on peut faire un amendement à la loi qui permettrait qu'on aille tous... vous parliez de gros bon sens ce matin, là. Je suis un fervent garant du gros bon sens et j'aimerais beaucoup qu'on fasse un amendement qui nous permette, qui permette à la régie de dire : dans cette situation-là, étant donné qu'ils ont déjà l'actif, ce serait du gros bon sens de dire : On va leur permettre de l'utiliser en période de pointe. Alors, c'est ça qu'on demande.

Mme Soucy : Mais vous parlez de ne pas être simplet, mais ce n'est pas une question d'être... de faire... d'être simplet, mais c'est la question que là, on paie pour une centrale qui est fermée. On parle des plus hauts standards dans le domaine des contrats, mais vous n'êtes pas allé en appel d'offres. Et je comprends cette avenue-là, mais en tout cas, vous ne l'aviez pas anticipée avant. Votre département juridique ne l'avait pas anticipée. Alors, là, à partir de maintenant, j'imagine qu'il y a des modifications qui vont se faire puis à partir de quand vous prévoyez, là... Le plan de match est à partir de quelle date que vous prévoyez l'utiliser quand vous allez en avoir de besoin? Le savez-vous?

M. Martel (Éric) : Alors, M. le Président, alors, l'objectif de notre centrale, c'était de la convertir puis de commencer à l'utiliser aux alentours des années 18, là. Alors, ça, c'est toujours le plan. Aujourd'hui, on est en train de refaire notre bilan de puissance. Est-ce qu'il y a des choses qui ont changé qui... qu'on a un peu plus de temps? Alors, ça, c'est important. On va se requestionner là-dessus. Par contre, on a redemandé un amendement législatif qui nous permet de faire quelque chose qui a, d'après moi, du gros bon sens. Et c'est ce qui est important.

Mme Soucy : On parlait tantôt des batteries. Est-ce qu'on pourrait utiliser les batteries à un moment de «peak»? Est-ce que c'est quelque chose qui va être déployé rapidement? Parce que là, le test est fait en Montérégie puis ça fonctionne. Alors, est-ce que c'est quelque chose que vous prévoyez déployer rapidement?

M. Martel (Éric) : Au niveau des batteries, ça peut être une alternative, O.K. Par contre, que l'on parle de 500 MW, c'est une demande, là... c'est quelque chose d'assez costaud en termes de demande de puissance. Alors, peut-être que des batteries pourraient être une solution et nous aider particulièrement pour couvrir au moins une partie de ça. Alors, on est en train de revoir tout ça. Tu sais, on n'est pas fermés. On se questionne sur c'est quoi la meilleure solution. Et un peu comme le député faisait allusion. Tu sais, en termes... Sur le plan environnemental, aussi, ce n'est pas la meilleure chose à faire. Alors, on regarde tout ça. Là, on était pris un peu dans une mécanique, je dirais, de soumission que nous croyons, nous... On essaie juste de sauver de l'argent aux Québécois puis on va continuer dans cette voie-là.

Mme Soucy : Parfait, je vais profiter de M. Laporte pendant qu'il est ici pour lui poser quelques questions. Au sujet du Plan Nord, je vais y aller tout de suite avec ça : Hydro-Québec, donne déjà 15 millions par année à la Société du Plan Nord. Cette part a augmenté, là, dans le dernier budget libéral dans les études de crédit. Jusqu'à présent, on s'entend pour dire que le Plan Nord et... reste des voeux pieux, parce qu'il n'y a rien qui se passe, mais vous avez eu quand même un décret. Il y a eu quand même un décret en juillet 2015 qui demandait à Hydro-Québec d'énumérer les projets qu'elle souhaite développer dans le Grand Nord. Ni plus ni moins, vous avez le mandat de trouver des solutions aux solutions qui ne sont peut-être pas trouvées par le gouvernement pour développer le Plan Nord. Est-ce que... Puis on pourrait penser à la mine Raglan, qui est un succès, un partenariat avec les entreprises dans une transition énergétique. Bref, où vous êtes rendus concrètement dans l'élaboration de ce plan-là?

Une voix : Alors...

Le Président (M. Pagé) : M. Martel, vous disposez... Oui, un peu moins de deux minutes. Allez-y.

M. Martel (Éric) : ...M. Laporte d'enchaîner. Il est clair qu'on a un plan précis. Tu sais, je veux dire... on ne s'est pas lancés... On sait exactement ce qu'on va faire et où dans les cinq prochaines années. Je l'ai mentionné un peu plus tôt ce matin. 4,3 milliards de dollars de la part d'Hydro-Québec vont être investis sur le territoire du Plan Nord dans les cinq prochaines. C'est beaucoup d'argent. Alors, évidemment, il y a la Romaine, hein, qu'on complète et ensuite de ça des travaux de réfection importants dans certaines centrales au niveau de la Baie-James. Il y a des lignes de transmission. Alors, on a une liste de projets qui est très concrète, là, avec les coûts et combien par année on va dépenser qui permet... Alors, pour répondre à votre question, oui, on a une liste concrète.

Mme Soucy : O.K. Parce qu'on ne voit pas, dans votre plan... alors, le plan stratégique, on ne voit rien de ça. Alors, est-ce que... Je ne sais pas pour les mines, par exemple, est-ce que vous avez des solutions concrètes?. Est-ce qu'il y a quelque chose que vous pourriez nous présenter sous peu?

Le Président (M. Pagé) : ...minutes, M. Laporte.

M. Laporte (Réal) : Pardon. Oui. Si on regarde, par exemple, dans le coin plus de l'Abitibi où il y a certaines activités minières... Parce qu'avec le prix des métaux, il y a eu une chute, pas besoin de se le dire...

Mme Soucy : Il faut prévoir, il faut prévoir.

M. Laporte (Réal) : Oui, il faut prévoir, mais il y a déjà des problématiques d'alimentation ou il y a eu des problématiques d'alimentation qui sont pas mal réglées actuellement avec un nouveau poste qui s'appelle le poste Figuery, qui a été fait en Abitibi. Et, pour les mines qui sont actives présentement, ces activités-là de consolidation du réseau, de renforcement du réseau se réalisent. Et les travaux se font pour s'assurer qu'eux autres sont alimentés. Par contre, il y a beaucoup de projets qui sont associés au prix du fer et pour fabriquer ou construire la mine, c'est aussi long que de faire... que de construire la ligne qui y va. Donc, ça ne sert à rien de commencer à construire la ligne avant que la mine parte.

• (18 heures) •

Mme Soucy : Je sais qu'il y a déjà des projets...


 
 

18 h (version non révisée)

M. Laporte (Réal) : ... du réseau, le renforcement du réseau se réalise et les travaux se font pour s'assurer qu'eux autres sont alimentés. Par contre, il y a beaucoup de projets qui sont associés au prix du fer et pour fabriquer ou construire la mine, c'est aussi long que de faire... que de construire la ligne qui y va. Donc, ça ne sert à rien de commencer à construire la ligne avant que la mine parte.

Mme Soucy : Je sais qu'il y a déjà des projets qui ont été étudiés à l'interne. Il y a des endroits ciblés...

Le Président (M. Pagé) : Je vous remercie. C'est ce qui, malheureusement, met fin à nos travaux, compte tenu de l'heure. Donc, je suspends jusqu'à 19 h 30 et nous reprenons nos travaux ici à 19 h 30. Merci.

(Suspension de la séance à 18 heures)


 
 

19 h 30 (version non révisée)

(Reprise à 19 h 40)

Le Président (M. Bourgeois) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend ses travaux, et je demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs téléphones cellulaires.

Nous allons poursuivre l'étude du Plan stratégique 2016‑2020 d'Hydro-Québec. Ce soir, il y aura présentation de la stratégie 4 de ce plan stratégique, présentation qui sera suivie d'un échange avec les membres de la commission, puis nous terminerons par les remarques finales.

Donc, je vous invite à vous présenter, ainsi que les personnes qui vous accompagnent, et nous pouvons débuter la présentation.

M. Martel (Éric) : Alors, M. le Président, Éric Martel, P.D.G. d'Hydro-Québec.

Mme Croteau (Lise) : Lise Croteau, vice-présidente exécutive et chef de la direction financière.

M. Desgagné (Pierre-Luc) : Pierre-Luc Desgagné, vice-président, affaires corporatives. Bonsoir.

M. Martel (Éric) : Alors, M. le Président, merci d'abord de nous permettre de parler ce soir de notre quatrième stratégie de croissance. Je crois qu'on a fait le point d'entrée de jeu ce matin sur les raisons et l'importance pour Hydro-Québec d'augmenter sa ligne de revenus. Alors, vous le savez, on a un objectif maintenant de doubler les revenus d'Hydro-Québec, c'est un objectif ambitieux, mais qui est très réalisable. On a pris le temps d'évaluer nos capacités, d'évaluer les talents qu'on possédait chez Hydro-Québec pour être capable d'augmenter cette ligne de revenus là.

Alors, on va vous présenter cette stratégie-là qui est extrêmement importante. Alors, je l'ai mentionné ce matin, hein, c'est qu'une compagnie de la taille d'Hydro-Québec, qui a vu ses... en fait, la quantité d'électricité livrée au Québec, vraiment, sans croissance depuis déjà 2007, doit trouver des avenues de croissance, parce qu'il n'y a pas une infinité de temps à réduire nos coûts, et éventuellement il faut être capable aussi d'augmenter notre ligne de revenus, et c'est pour ça qu'on met cette stratégie-là de l'avant.

D'abord, on doit mentionner qu'il va y avoir plusieurs façons de le faire. On en a cinq présentement qu'on va cibler, dont trois sont vraiment des possibilités d'aller à l'international pour Hydro-Québec.

La première qui est importante, c'est la croissance des exportations. Déjà, on est un exportateur important à cause de notre énergie renouvelable. On exporte environ, depuis quelques années, entre 29 et 30 TWh d'électricité par année. C'est une source d'énergie fiable qui est reconnue par nos voisins, une source d'énergie renouvelable, et on veut continuer de faire plus d'exportations parce qu'on a des surplus. Alors, aujourd'hui, la limitation pour nous, la limite d'exporter aujourd'hui est surtout à cause de l'infrastructure des lignes de transport. Alors, si on a plus de lignes de transport, on va être capables de signer des contrats à plus long terme et de descendre davantage d'énergie vers... surtout vers nos voisins américains.

L'autre stratégie qui est importante, c'est qu'Hydro-Québec veut aller sur la scène internationale acheter des actifs, O.K., prendre une... faire des acquisitions, des prises de participation dans des actifs déjà existants, dans des pays qui offrent une perspective de croissance, et ça, ça va nous permettre, évidemment, comme Québécois, d'utiliser notre savoir, d'être fiers d'Hydro-Québec, de faire rayonner le Québec à l'international, mais surtout de s'enrichir aussi comme peuple, parce qu'évidemment les projets qu'on va cibler vont être des projets qui vont amener un profit chez Hydro-Québec.

L'autre, on en a brièvement parlé plus tôt, mais c'est la commercialisation de nos innovations. On a des innovations à l'IREQ, on a, je le disais un peu plus tôt, des groupes de chercheurs importants et très capables à l'IREQ, et on veut être capables de prendre certaines de ces technologies-là et de créer des compagnies pour être capable d'exporter ces idées-là et aussi de développer des unités d'affaires qui vont être capables de prendre une expansion importante.

L'autre, c'est qu'au Québec c'est important, on doit augmenter la puissance, hein? Tantôt, on a fait le point qu'on avait des surplus d'énergie, mais que, par contre, au niveau de la puissance, on avait des enjeux, il fallait acheter de la puissance à très grand coût. Alors, on a des projets aussi puis on va revenir là-dessus un peu plus tard.

Et la croissance du Québec, c'est important de dire : Oui, on a 170 TWh depuis 2007, mais qu'est-ce qu'on fait pour, au minimum, préserver ça, mais même aller plus loin puis être capable d'augmenter ça? Et on va vous parler de quelques idées qu'on a déjà.

• (19 h 40) •

Peut-être juste pour vous mettre en contexte, les exportations, vous voyez ici la charge québécoise, je parlais de 170, là, ça varie entre 169 et 171 TWh. Vous voyez que notre marché le plus important, c'est celui de la Nouvelle-Angleterre. Alors, quand on regarde nos 30 TWh d'exportation...

M. Martel (Éric) : …idées qu'on a déjà.

Peut-être juste pour vous mettre en contexte. Les exportations. Vous voyez ici la charge québécoise. Je parlais de 170, là, ça varie entre 169 et 171 térawattheures. Vous voyez que notre marché le plus important, c'est celui de la Nouvelle-Angleterre. Alors, quand on regarde nos 30 térawattheures d'exportation qu'on fait, la moitié, c'est vers la Nouvelle-Angleterre, 24 %, donc le quart, vers New York, et ensuite de ça, on a l'Ontario, 12 %, le Nouveau-Brunswick, à 8 %, et ensuite on a d'autres marchés, PGM, qui est plus à l'Est, même de l'Ontario, au sud de la frontière américaine, où est-ce qu'on descend de l'énergie là-bas pour à peu près 5 %. Alors, c'est aussi une possibilité de plus de revenus pour nous parce qu'eux aussi veulent décarboniser, en fait, leur production d'électricité. Alors, ça vous donne un peu le contexte dans lequel on est.

Aujourd'hui, on cible un marché qui est toujours notre plus gros marché, mais qui est aussi un marché plus lucratif. Habituellement, traditionnellement, si on regarde historiquement puis qu'on regarde dans le futur, les taux de vente… le prix de l'électricité en Nouvelle-Angleterre est toujours légèrement… on obtient un meilleur prix pour Hydro-Québec que dans les autres marchés. Alors, évidemment, c'est un marché qui attire beaucoup notre attention.

Alors, présentement, il y a une soumission, hein? Il y a trois États américains qui se sont regroupés dernièrement et… en fait, ça fait presque… c'est au début de l'année. On a fait une soumission, nous, Hydro-Québec, avec des partenaires. On est presque 40 groupes qui ont soumissionné sur cet appel d'offres là. Alors, il y a le Massachusetts, il y a le Connecticut et le Rhode Island. Ce sont les trois États. Alors, on attend des réponses de ça d'ici la fin de l'année. Alors, c'est possible qu'on soit retenus, c'est possible qu'on ne soit pas retenus.

Mais on a soumissionné deux projets. Peut-être un projet que vous connaissez bien, qui est la ligne qu'on voit, là, qui était située à votre droite, si vous êtes face à l'écran. Ça, c'est le projet de NPT, bien connu sous ce nom-là, qui passe dans le New Hampshire et qui descend là-bas, où est-ce qu'on doit obtenir un permis l'an prochain. On doit construire un bout de ligne au Québec, un investissement, quand même, d'environ 600 millions du côté de la ligne québécoise, qui est un investissement important. Et on est capable d'amener de l'hydroélectricité, environ 1 000 mégawatts d'électricité, jusque dans la région de Boston pour être capable, évidemment, d'alimenter. Alors, ça, c'est un très, très beau projet, un projet porteur pour Hydro-Québec et, évidemment, très important pour nos clients américains, pour remplacer le mazout et substituer d'autres ressources.

Le deuxième projet qu'on a soumissionné… Puis là c'est important, parce qu'on parlait d'éolien un peu plus tôt. C'est un projet qu'on s'est joints avec des promoteurs éoliens qui nous ont approchés, qui étaient dans l'État de New York, et eux, ce qu'ils veulent faire, c'est fournir 400 mégawatts d'électricité en passant par New York et le Vermont. Et évidemment, l'éolien seul s'engage à 400 mégawatts, mais le problème, c'est que ça prend une source d'énergie comme l'hydroélectricité, la grande hydro, pour que le 400 mégawatts soit toujours là. Parce que, si, un matin, il ne vente pas, puis qu'ils sont capables de fournir une centaine de mégawatts, nous, Hydro-Québec, on va contribuer pour le 300 supplémentaire. Alors, c'est des projets, hein, qui… On amène en partenariat avec nous de l'éolien. On a le projet qui est une ligne purement d'hydroélectricité, et ça, on a des nouvelles d'ici la fin de l'année.

Il y a aussi un autre projet extrêmement important. On a mis… Et ça, je dois le partager avec vous. Cette année, particulièrement, on savait que ça s'en venait. Le gouverneur de l'État du Massachusetts, le gouverneur Baker, a décidé de faire une loi qui lui permettait d'acheter en très grandes quantités de la grande hydroélectricité comme nous, on est capables de la produire. Alors, on a été très présents sur le territoire des Bostonais parce qu'on devait s'assurer que les gens comprenaient bien le produit qu'on offre. Évidemment, il y avait beaucoup de lobbyistes qui étaient présents pour d'autres types, alors nous, on devait expliquer notre produit et les avantages de notre produit. On a fait, là, juste pour vous donner un ordre de grandeur, à peu près une cinquantaine de rencontres entre le 1er janvier puis le 31 juillet, parce que la loi a été votée le 31 juillet. Des groupes environnementaux, des élus. J'ai rencontré des comités moi-même, et mon équipe était très présente.

Et on était très heureux parce que, le 31 juillet, la loi a été adoptée. C'est une loi qui avait tenté d'être adoptée il y a quelques années, et ça n'avait pas fonctionné. Mais je pense qu'on a très bien fait nos devoirs cette fois-là. Alors, ça, ça ouvre une autre possibilité à Hydro-Québec parce que, maintenant, ils peuvent acheter 9,45 térawattheures de grande hydro, et honnêtement, il y a à peu près juste nous qui peut fournir des quantités aussi grandes que ça. On ne sera pas seuls. Il va y avoir d'autres petits joueurs qui vont offrir des quantités moindres. Mais ils peuvent acheter «jusqu'à». Alors, ça devient quelque chose d'intéressant pour nous.

Alors, si jamais NPT ne serait pas retenu, par exemple, dans le premier appel d'offres, on pourrait représenter le projet. Et on a d'autres projets en tête aussi qu'on pourrait présenter pour amener cette grande hydroélectricité là vers les grands centres américains comme Boston, qui sont extrêmement intéressés par le type d'énergie qu'on a. Alors, c'est clair que… Je vous parle de deux exemples. On travaille sur New York présentement, on travaille sur les autres grands centres américains qui sont d'intérêt pour nous.

Alors, l'exportation, c'est encore au coeur de ce qu'Hydro-Québec fait. Il y a encore une possibilité là, et c'est extrêmement payant. Je veux juste vous rappeler et je l'ai dit ce matin, mais c'est 15 % du volume d'électricité qu'on produit, mais ça rapporte le tiers de nos profits, à Hydro-Québec. Et à chaque fois que le prix de l'électricité monte de 0,01 $, pour 30 térawattheures, c'est 300 millions de dollars…

M. Martel (Éric) : ...de ce qu'Hydro-Québec fait, il y a encore une possibilité là, et c'est extrêmement payant. Je veux juste vous rappeler, je l'ai dit ce matin, mais c'est 15 % du volume d'électricité qu'on produit, mais ça rapporte le tiers de nos profits à Hydro-Québec. Et, à chaque fois que le prix de l'électricité monte d'un 0,01 $ pour 30 TWh, c'est 30 millions de dollars de plus. Alors, on souhaite évidemment, mais, ça, on est conservateurs peut-être dans nos prédictions, le coût, il s'est effondré depuis quelques années, surtout à cause de la grande disponibilité de gaz naturel, mais, nous, on demeure extrêmement confiants, et malgré ça on est capables de compétitionner avec le coût du gaz naturel qui a baissé, et évidemment, si le coût... le prix remonte, ça va être extrêmement lucratif pour nous. Éventuellement, c'est quelque chose qui va arriver dans le temps. Est-ce que ça va arriver dans deux ans, trois ans? Toujours difficile de prévoir, mais ça va être possible.

Ensuite de ça, ce que je veux vous rassurer aussi aujourd'hui, puis je voulais prendre le temps de le faire, c'est qu'on ne s'aventure pas dans des... dans quelque chose qui n'est pas structuré présentement. On a pris beaucoup de temps de réflexion, depuis le mois de janvier surtout, et peut-être même on avait débuté l'an dernier. On a eu des discussions avec notre conseil d'administration, on a eu des discussions évidemment avec les dirigeants à Hydro-Québec, et on a mis en place toute une structure.

D'abord, on a critères extrêmement robustes pour choisir le type de projets. On ne s'embarque pas dans n'importe quoi. D'abord, on cherche des projets d'acquisition et d'investissement à l'étranger qui vont contribuer aux bénéfices d'Hydro-Québec. Ça, c'est important. On ne va pas faire des choses qui ne sont pas profitables. L'autre, c'est d'offrir un potentiel de rendement pour les... qui est en fonction des risques d'investissement puis qui dépasse le coût évidemment des fonds d'Hydro-Québec, représente un investissement prudent. Ensuite de ça, on veut que ça soit réalisé en partenariat. Il y a des leçons apprises ici du passé puis d'autres gens qui l'ont fait, c'est important d'avoir des partenaires locaux, des gens qui connaissent bien le secteur, alors on va toujours cibler ça dans notre modèle. On veut mettre au profit les compétences d'Hydro-Québec. Nous, on n'est pas dans certains secteurs. On est reconnus internationalement pour être bons en hydroélectricité puis en transport, alors on va cibler des acquisitions d'actif dans d'autres pays qui sont dans ces créneaux-là, quand je parle de... et surtout de transport à haute tension. Qui s'inscrivent aussi dans une logique de développement durable, hein? On veut promouvoir. Un des rôles qu'on se donne à Hydro-Québec, c'est qu'on veut continuer d'améliorer le sort de notre planète. On est très reconnus dans ça. On a 99 % de notre énergie ici qui est... électrique qui est produite à partir de... qui est de l'énergie renouvelable produite à partir de l'hydro surtout et de l'éolien, alors on veut continuer dans ce sens-là. Et aussi on va être dans des pays où est-ce qu'il y a des régimes politiques stables puis qu'il y a une réglementation qui est stable. C'est extrêmement important pour qu'on ait un environnement d'affaires stable en fonction de cet environnement-là.

L'autre aspect, c'est la commercialisation de nos innovations. Je vais passer rapidement parce que j'en ai déjà parlé. On a parlé de la batterie, hein, la grosse batterie que vous voyez là, là, elle a 53 pieds de long, et c'est une batterie qui est capable de stocker de l'énergie. Alors, il y a un marché énorme pour ça. En haut, vous voyez le moteur TM4. On a deux modèles de moteur. Juste pour vous donner une appréciation, cette année, on a un «joint venture» en Chine avec un partenaire, on va livrer 5 000 moteurs. Les Chinois mettent en service 100 000 autobus par année présentement, et on a 5 % des parts de marché. L'an dernier, on en avait seulement 800 moteurs, on était 0,8 %. Alors, notre moteur est fiable, notre moteur performe, on a des millions d'heures de cumulées déjà et on s'est fait une réputation très enviable. Alors, on a un marché énorme en Chine, mais on regarde aussi des marchés comme l'Inde et aussi l'Amérique du Nord.

Comment aussi on va augmenter la puissance de notre parc de production? Alors, j'y vais de façon simplifiée ici. D'abord, on va compléter la Romaine. On a deux des centrales qui sont en marche, on en a deux autres à démarrer, une plus à l'été prochain, puis une autre d'ici 2020, la Romaine-4. Et aussi, je l'ai expliqué un peu plus tôt, on va travailler, dans les prochaines années, à identifier si, et encore là je dis «si», les besoins sont là, et que notre bilan le permet, en 2020, qu'on ait identifié c'est quoi le prochain grand projet hydroélectrique, si on veut en faire un, qui serait le bon choix pour nous, pour des raisons économiques et des raisons évidemment environnementales et d'acceptabilité sociale.

• (9 h 50) •

L'autre aspect qui est extrêmement important, c'est que, je l'ai dit, on doit augmenter la charge au Québec. Alors, on doit attirer des industries qui amènent de la charge à Hydro-Québec, et une des cibles qu'on a présentement, ce sont les centres de données. Ça fait du sens pour un centre de données de venir s'établir au Québec. D'abord, on leur offre une énergie qui est fiable puis qui est propre, hein, notre réseau est reconnu pour être extrêmement robuste et fiable. Les tarifs d'électricité sont extrêmement concurrentiels. On a un réseau de télécommunications extrêmement moderne et on a un climat qui permet de réduire la consommation d'énergie. L'hiver, eux, ils doivent climatiser, alors évidemment ils n'ont pas besoin d'en utiliser autant l'hiver parce qu'il fait déjà très froid. Et c'est à l'inverse aussi, nous, l'hiver, on consomme déjà beaucoup pour la chauffe, alors, l'été, eux, ils vont consommer plus, alors ça ne vient pas amplifier notre problème de puissance qu'on a l'hiver. Et on a une main-d'oeuvre extrêmement qualifiée au Québec pour faire ce genre de travaux là et qui est disponible. Alors, on est allés dans une offensive, on a approché les gens. On a de l'énergie qui est disponible. On a même des terrains disponibles. Les gens qui voudraient construire, Hydro-Québec a des terrains partout. On a 25 millions de pieds carrés...

M. Martel (Éric) : ...alors, ça ne vient pas amplifier notre problème de puissance qu'on a en hiver, et on a une main-d'oeuvre extrêmement qualifiée au Québec pour faire ce genre de travaux là et qui est disponible.

Alors, on est allé dans une offensive. On a approché les gens, on a de l'énergie de disponible. On a même des terrains disponibles, des gens qui voudraient construire, Hydro-Québec a des terrains partout. On a 25 millions de pieds carrés de terrain situés à des endroits stratégiques, on a un service d'accompagnement pour accélérer les réalisations de projets puis on a une expertise en efficacité énergétique.

Alors, en quelques mots, c'était notre brève introduction sur une stratégie qui est capitale pour Hydro-Québec, c'est-à-dire de croître nos revenus, et on a l'ambition d'abord d'être ambitieux, mais on veut aussi avoir l'ambition de doubler nos revenus d'ici 2030 et puis d'aller aussi... d'amener... de faire rayonner Hydro-Québec et le Québec sur la scène internationale. Merci.

Le Président (M. Pagé) : Merci, M. Martel, pour cette haute présentation fort intéressante. Alors, on passe avec M. le ministre. Je pense que la parole est à vous pour une période de 27 minutes. Allez-y.

M. Arcand : Merci beaucoup, M. le Président. M. Martel, c'est très rafraîchissant d'entendre tout ça, mais, vous savez, depuis à peu près les deux dernières années, je sais que vous l'avez abordé tout à l'heure, mais depuis les deux dernières années, je n'arrête pas de lire, dans certains journaux, certains professeurs éminents qui n'arrêtent pas de nous dire jusqu'à quel point c'est mauvais, des exportations, que ce n'est pas payant pour Hydro-Québec, et moi, j'essaie de répondre, mais je ne suis pas toujours l'expert qui a tous les chiffres et toutes les données pour pouvoir répondre à cela, mais à chaque fois, le même débat revient. Est-ce qu'on peut profiter de l'occasion, ce soir, une fois pour toutes, pour que vous puissiez nous dire encore une fois jusqu'à quel point les exportations que le Québec peut faire, que ce soit en Ontario, que ce soit aux États-Unis en particulier, c'est une bonne chose pour les Québécois? Si vous pouviez nous réexpliquer çà, je pense que ce serait important que le message soit bien compris pour qu'on puisse passer à d'autre chose, parce qu'il y a encore des gens, dans l'opinion publique, qui ne sont pas toujours convaincus, qui prétendent qu'on vend notre électricité à bas prix aux États-Unis, que ce n'est pas une bonne chose, etc. Alors, si vous pouviez peut-être juste nous rassurer, s'il vous plaît?

Le Président (M. Pagé) : M. Martel.

M. Martel (Éric) : Alors, merci, M. le Président. Merci, M. le ministre, de nous donner l'opportunité, parce que c'est extrêmement important de faire ça.

Vous savez, il y a, des fois, de la confusion. Les gens disent : On vend de l'électricité au Québécois à 0,079 $. Ce qui est important, c'est que c'est de l'électricité évidemment qui est transportée et puis qui est distribuée, hein. On va jusqu'à la maison puis il y a tout l'appareillage qui vient avec ça, puis les services qui viennent avec ça. Le profit des deux entités qui font ce travail, ce sont des entités réglementées, Hydro-Québec Distribution et TransÉnergie, qui sont les lignes à haute tension. Ces deux entreprises-là sont réglementées et doivent aller devant la Régie. Quand on va devant la Régie, on leur dit : Voici, nous, nous pouvons offrir le service pour x dollars, et ce montant-là, on reçoit un retour dans le fond de 8,2 %, qui est le profit qu'Hydro-Québec fait sur ces deux unités d'affaires là. Alors, ça, c'est quelques centaines de millions.

Mais Hydro-Québec Production, c'est eux qui produisent et qui amènent la majorité des bénéfices d'Hydro-Québec. Alors, il y a le patrimoine québécois d'électricité qui était réservée pour les Québécois environ de l'ordre de 160 et quelques térawattheures qui est dirigé vers Hydro-Québec TransÉnergie et Distribution, et Hydro-Québec Production le vend à ces deux entités là environ à 0,028 $, et quand on vend sur les marchés à l'extérieur, la moyenne, cette année, je pense qu'on parle de 0,04 point quelques sous. Alors, la majorité des profits qu'Hydro-Québec fait, c'est dans la quantité qu'Hydro-Québec Production, qui n'est pas une entité réglementée, vend aux Québécois sur le patrimoine qui a été réservé aux Québécois, et la différence, là-bas.

Alors, quand on regarde l'équation totale d'Hydro-Québec, on a des bénéfices qui nous viennent, des profits qui nous viennent de Distribution et de TransÉnergie, mais on a surtout des profits qui nous viennent du groupe de production. Et quand on regarde le total de toute l'énergie qu'on livre, à peu près 200 térawattheures, là, quand on prend l'exportation et aussi le Québec, il y en a 30 qui s'en vont à l'exportation, donc 15 % du volume. Là, j'arrondis, mais c'est à peu près 14 %, 15 % du volume, et ce volume-là, quand on fait le calcul de notre profitabilité, ça représente, sur le 3 milliards de profit que nous avons livré l'an dernier, à peu près 1 milliard de dollars. Alors, c'est le tiers de nos profits pour 15 % du volume. Alors, je pense que cette explication-là, j'essaie de la faire simple, là, mais elle explique très clairement que c'était important et c'est extrêmement payant pour le Québec.

Alors, c'est pour ça que nous, quand on a la chance... Les gens disent : Bien, pourquoi vous faites de l'économie d'énergie, c'est parce qu'on sait qu'on est en train de continuer de faire de... puis quand vous êtes en situation de surplus, c'est parce qu'on sait qu'on est en train de travailler sur des projets pour en exporter plus, et ce qu'on va économiser au Québec, d'abord on va dire : on va envoyer nos surplus, hein?, celle qu'on n'utilise pas, ça va nous ramener des revenus supplémentaires importants, et ensuite de ça, ce qu'on va avoir économisé au Québec en...

M. Martel (Éric) : ... c'est parce qu'on sait qu'on est en train de continuer de faire de... puis quand vous êtes en situation de surplus, c'est parce qu'on sait qu'on est en train de travailler sur des projets pour en exporter plus. Et ce qu'on va économiser au Québec, d'abord on va dire qu'on va envoyer nos surplus, hein, ceux-là qu'on n'utilise pas. Ça va nous ramener des revenus supplémentaires importants et ensuite de ça, ce qu'on va avoir économisé au Québec en efficacité énergétique, on va pouvoir aussi l'exporter si on a des lignes, suffisamment de lignes pour le descendre. Et on va s'enrichir collectivement parce que là, bien, au lieu d'utiliser de l'énergie puis d'être inefficace, on va l'utiliser pour l'exportation. Et de l'exportation, c'est extrêmement payant, c'est de l'argent qui revient dans les poches des Québécois et c'est pour ça que cette stratégie-là est importante. Alors, j'espère que je me suis fait clair. Si vous avez d'autres questions, ça va me faire plaisir d'y répondre.

M. Arcand : J'ai bien compris que pour 15 % du volume, c'est 30 %...

M. Martel (Éric) : Des profits...

M. Arcand : ...33 % des profits. Je pense que c'est assez clair, là, puis j'espère que le débat va être clos dans l'avenir puis qu'on va arrêter de dire que c'est mauvais pour le Québec d'exporter vers les États-Unis.

Ma deuxième question, c'est... porte essentiellement sur, je vous dirais, ce qui s'appelle les marchés ontariens et américains en particulier. Essayons de rêver pendant quelques instants, disons qu'on est rendus en 2018, qu'on a une entente avec l'Ontario, qu'on a des possibilités dans l'État de New York et qu'on a des possibilités également dans le... au Massachusetts et dans certains états de la Nouvelle-Angleterre. On parle de quel potentiel d'exportation en termes de mégawatts? Est-ce que c'est comme ça qu'il faut le définir? Comment on peut, si toutes choses étant, je dirais, égales, qu'est-ce qui... quel est le potentiel de croissance que l'on peut avoir de ce côté-là? Et, deuxièmement, si on réussissait à avoir ce potentiel de croissance là, qu'est-ce que ça peut faire en termes de changements par rapport à nos surplus au moment où on se parle?

Le Président (M. Pagé) : M. Martel.

M. Martel (Éric) : Merci. D'abord, à court terme, je vous le disais tantôt, le marché de la Nouvelle-Angleterre est, pour nous, plus lucratif. Les prix, historiquement sur le marché, sont mieux. Alors, juste dans... même si on travaille juste avec le même 30 térawattheures, d'avoir des lignes qui peuvent descendre plus d'énergie en Nouvelle-Angleterre, juste un effet de déplacement, comme je vous le disais tantôt, sur 330 térawattheures, un sou, c'est 300 millions de dollars. Alors, si j'en déplace, admettons, une centaine, je peux aller chercher avec un sou une centaine de... environ quelques térawattheures, 10 térawattheures, je peux aller chercher déjà de l'argent. Alors, il y a ça d'abord qu'on fait en premier.

La deuxième chose aussi qui est importante et qui est extrêmement importante, c'est qu'il faut analyser, là on regarde les contrats à long terme, ça peut être intéressant pour nous parce que ça solidifie nos revenus, ça nous donne un potentiel. Alors, aujourd'hui, on sait qu'on a 30 térawattheures qu'on livre, je peux en livrer plus que ça avec l'appareillage qu'on a, mais je dois toujours me garder une réserve pour m'assurer de protéger le Québec. Et ça, c'est important.

Cette réserve-là, on pourrait, si on a une meilleure coordination de nos activités de maintenance, se créer de la capacité avec nos équipements actuels qu'on pourrait exporter. Alors, on peut se rendre disponible aussi en étant plus efficace et plus performant à faire nos travaux de maintenance et mieux synchroniser TransÉnergie avec production. Il y a un potentiel de ce côté-là qu'on est en train d'évaluer, mais qu'on croît être aux alentours de peut-être un quatre, cinq térawattheures de plus qui est beaucoup, beaucoup de volume, là, en termes d'énergie.

Ensuite de ça, là, la question va venir de dire : Bien, si on prend des engagements à long terme, on pourrait voir des engagements qui sont, mettons, au début de trois, quatre térawattheures par année avec une croissance. Alors là, ça pourrait nous amener à dire : Bien, on va construire de la nouvelle capacité au Québec. Alors, c'est pour ça que, moi, d'ici 2020, les choses vont s'être clarifiées. On sait que les Américains aiment de plus en plus notre produit, hein, parce qu'on a fait des démarches. Vous nous avez d'ailleurs supportés à maintes reprises dans ça. C'est extrêmement important et, nous, on continue de vendre notre produit du côté américain puis un peu partout, que les gens le comprennent bien, mais ça pourrait vouloir dire... C'est pour ça qu'en 2020 on veut être prêts à dire : Bien, là, si on a une possibilité de vendre de l'énergie puis de la puissance encore plus loin, est-ce que c'est rentable? D'ailleurs, est-ce que ça va être quoi le prix du marché? Ça va me coûter combien, par exemple, dans un nouveau projet hydroélectrique, chaque térawattheure que je vais produire ou chaque... en termes de kilowattheures, en termes de sous par kilowattheure?

• (20 heures) •

Alors, on a besoin d'analyser tout ça. Mais il y a un potentiel énorme. Nos voisins américains, présentement, sont en train... ils ont des cibles extrêmement agressives, hein, de 30 % de réduction et il y a certains états qui sont extrêmement précurseurs présentement, qui sont très motivés à faire... à atteindre ces cibles-là. Le seul moyen qu'ils vont y arriver, c'est de déplacer des énergies fossiles pour les remplacer par les énergies renouvelables. Et ils ont enfin compris, là, et de plus en plus c'est bien compris, les gens le comprenaient depuis longtemps, mais il y a de plus en plus de monde qui le comprennent aux États-Unis, c'est que ça ne peut pas être juste, ou c'est très coûteux d'être juste, par exemple, des énergies comme le solaire et l'éolien parce que ça...


 
 

20 h (version non révisée)

M. Martel (Éric) : ...ils vont y arriver, c'est de déplacer des énergies fossiles pour les remplacer par les énergies renouvelables, et ils ont enfin compris, là, et, de plus en plus, c'est bien compris. Il y avait des gens qui le comprenaient depuis longtemps, mais il y a de plus en plus de monde qui le comprennent aux États-Unis, c'est que ça ne peut pas être juste... ou c'est très coûteux d'être juste, par exemple, des énergies comme le solaire et l'éolien parce que ça prend une source de puissance derrière. Alors, nous, quand on travaille en équipe avec les autres sources d'énergies renouvelables, ça permet aux gens d'aller plus loin dans les quantités qu'ils peuvent faire, et ça, c'est extrêmement important.

Alors, il y a un potentiel, moi, je dirais, probablement d'un autre... on a 30 TWh aujourd'hui, on pourrait probablement aller chercher un autre 15 à 20 facilement, et peut-être même rêver à plus que ça, mais, facilement, on voit, d'ici les années 2030, qu'on pourrait se rendre là. J'espère que ça répond à votre question.

Le Président (M. Pagé) : M. le ministre.

M. Arcand : Très bien, merci infiniment. Quand vous parlez d'un parc de production de puissance dans les possibilités de croissance, je voudrais juste que vous définissiez de quoi on parle exactement. Est-ce que ça veut dire que c'est un nouveau barrage? Est-ce que c'est... Qu'est-ce que c'est exactement?

M. Martel (Éric) : Bien, dans les cinq prochaines années, il y a quelques éléments qu'on souhaite faire. On dit : On a besoin de puissance, comme je l'ai mentionné, je l'ai expliqué à quelques reprises aujourd'hui. Et d'abord on a la Romaine-3 et 4 qui vont venir en service. Alors, ça, ça va rajouter de la puissance à notre parc. On n'aura pas besoin, quand on en a besoin, d'importer puis de payer un fort prix. Alors, ça nous met dans une meilleure position de ce côté-là.

L'autre chose qu'on est en train de regarder, mon collègue Réal Laporte en a parlé un peu plus tôt aujourd'hui, on a des possibilités, en modifiant des équipements... quand on remplace une turbine, par exemple, à la Baie James, qui arrive à son âge de 40 quelque, 50 quelque années et qu'on la remplace, on est capables... des fois, il y a des nouveaux produits aujourd'hui plus performants avec un profil... avec des aubes, avec un profil plus performant qui permet de générer plus de puissance. Alors, ça, il y a des possibilités aussi de ce côté-là.

Alors, c'est pour ça que je dis : Tu sais, on a un surplus d'énergie, par contre, en puissance, on a des possibilités, alors la Romaine-3, la Romaine-4, et on est en train de regarder pour des projets d'augmentation de puissance potentiels dans certaines centrales existantes aujourd'hui avec une amélioration de la technologie, qui pourrait prendre place en 23-24, mais il faut les planifier aujourd'hui, faire ces calculs-là, s'entendre avec les communautés, puis nous, préparer les projets.

Le Président (M. Pagé) : M. le ministre.

M. Arcand : O.K. J'ai eu beaucoup de commentaires évidemment lorsqu'on a annoncé qu'Hydro-Québec allait jouer un rôle peut-être plus significatif sur la scène internationale. Vous avez parlé dans votre présentation de partenariat et vous avez parlé d'endroits où il y a, je dirais, un peu de stabilité sur le plan politique. Vous voulez évidemment ne pas investir dans les hydrocarbures, vous voulez investir dans des énergies renouvelables, etc. Je pense qu'on comprend ça. Est-ce que vous pourriez peut-être nous définir de quelle façon vous voyez les prochaines étapes, si vous me permettez l'expression anglaise, la «road map» des prochaines années au niveau de la croissance, puis si vous pouvez nous dire de quelle façon ou quel genre d'orientation? Vous semblez indiquer qu'Hydro-Québec ne veut pas nécessairement avoir des entités à 100 %, veut plus être partenaire. Vous voulez avoir des joueurs avec vous. Juste nous expliquer un peu qu'est-ce que vous voulez faire.

Le Président (M. Pagé) : M. Martel.

M. Martel (Éric) : Alors, c'est une excellente question. M. le Président, si vous me permettez, d'abord, on est extrêmement rigoureux et disciplinés dans notre approche. Je n'ai pas l'intention qu'Hydro-Québec soit, dans cinq ans, dans 25 pays, sinon on va s'éparpiller. Alors, on est très... Évidemment, il faut que les opportunités arrivent. Alors, on est très vigilants présentement. On a énormément de contacts et je peux vous dire qu'on est très actifs. On a plusieurs projets qu'on observe, sur lesquels on a des discussions. Il y a beaucoup de compétition aussi, ça fait qu'il faut être prudent, parce qu'il y a beaucoup de désir aujourd'hui pour plusieurs joueurs financiers importants aujourd'hui de faire l'acquisition d'actifs, hein? C'est quelque chose qui est très populaire. Mais nous, on se distingue d'une chose, c'est qu'on est plus un opérateur. On n'est pas en compétition, par exemple, pour certains actifs, avec des fonds de pension ou des choses comme ça qui sont un bras financier purement. Nous, ça nous intéresse de voir un actif qu'on peut avoir à un plus bas prix, mais dans lequel on peut amener l'expertise d'Hydro-Québec, que ça soit sur le plan... un barrage hydroélectrique, par exemple, ou de production de grande hydro, ou, par contre, des lignes de transmission. Alors, c'est ça qu'on cible parce que c'est dans ça qu'on est reconnus. Alors, on est en train de regarder des pays où est-ce qu'on voit que, un, on est capables de faire des affaires correctement, qu'on achèterait ces actifs-là qui sont dans notre créneau d'expertise et que, par la suite, il y a un potentiel, dans ces pays-là, de croissance.

Alors, c'est pour ça qu'on n'est pas partout. Alors, on cible... présentement, on regarde en Amérique du Sud, on regarde les Amériques, je vous dirais, présentement, un peu partout. On regarde en Europe. Vous avez sûrement lu les journaux, on est... on a été... on est venus très, très près de faire quelque chose en France. Alors, ça ne s'est pas concrétisé, mais ça, ça a fait partie, hein... les transactions, on va peut-être en faire une sur 10. Alors, on travaille très, très fort, puis il faut être discipliné puis il faut être rigoureux...

M. Martel (Éric) : ...on regarde en Amérique du Sud, on regarde les Amériques, je vous dirais, présentement, un peu partout. On regarde en Europe, vous avez sûrement lu les journaux, on est venu très, très près de faire quelque chose en France. Alors, ça ne s'est pas concrétisé, mais ça, ça fait partie, hein, des transactions. On va peut-être en faire une sur 10. Alors, on travaille très, très fort puis il faut être discipliné, il faut être rigoureux. Alors, on a des critères, vous avez vu tantôt, très précis. On a mis toute la gouvernance en place aussi, on a recréé, on a... en fait, on avait encore l'entité légale Hydro-Québec International, mais elle est active présentement, alors ça nous permet d'avoir un modèle qu'on va utiliser sur la scène internationale. On a revérifié toute... comment est-ce que les choses fonctionnaient parce que ça a évolué depuis qu'on l'avait déjà fait. Alors, important pour nous, cette rigueur-là, mais vraiment, là, c'est un peu notre approche présentement. Alors, on est très à l'affût de ce qui se passe.

On a parlé de partenariats. Ça, c'est un point que vous me posez aussi comme question, puis qui est importante, c'est qu'on est discipliné dans le type d'actifs qu'on veut acheter, mais en même temps aussi avec qui on va faire affaire. C'est clair que tu arrives dans un pays que tu connais moins, ça peut être extrêmement aidant d'avoir un partenaire là-bas qui est très bien établi puis qui connaît très bien ce marché-là. Parce que chaque marché a ses particularités. Alors, on doit bien comprendre ça et ça peut être très, très aidant pour la suite des choses de se mettre en équipe, puis ensuite dire : Ensemble, on va croître. Alors, c'est un peu l'approche qu'on préconise. On est à l'aise d'avoir le contrôle, de ne pas avoir le contrôle, dépendamment de qui est l'autre joueur. Alors, c'est quelque chose... dans l'exemple qui a été rendu public en France, on aurait pu être propriétaire de 24,5 % du réseau de transport français, là, qui est RTE qui est l'équivalent de TransÉnergie. Alors, c'est un énorme réseau et on était très à l'aise parce que notre partenaire, c'était EDF, là, quoi est une entité bien connue et très légale et qui ont des tentacules à l'international un peu partout. Alors, c'est un peu ça le modèle, là, qu'on a en tête et sur lequel on met nos efforts.

Le Président (M. Pagé) : M. le ministre.

M. Arcand : Moi, il y a une question. Quand je suis arrivé au... comme ministre de l'Énergie, il y a une question que je me suis toujours posée au départ parce qu'il y a quand même au Québec plusieurs petites entités qui existent, hein. Je pense que Westmount a son propre système, Hydro-Sherbrooke, je pense au Saguenay, Rio Tinto possède des barrages, etc., puis j'essaie juste de poser la question parce que souvent les gens m'en parlent puis ils me disent : Comment ça se fait qu'après 50 ans, Hydro-Québec n'a jamais été propriétaire de toutes les entités qui existaient au Québec? Il y a toutes sortes de notions historiques reliées à ça. Mais est-ce que demain matin, c'est quelque chose d'envisageable que vous regardiez ou si vous passez à d'autres choses, il y a d'autres éléments qui sont plus intéressants que ça?

Le Président (M. Pagé) : M. Martel.

M. Martel (Éric) : M. le Président, écoutez. J'ai rencontré l'association, hein, parce qu'il y a une association qui les regroupe, ces distributeurs-là, il y a quelques mois, puis on a eu des discussions. Moi, je leur ai fait connaître qu'on pourrait avoir un intérêt, mais c'est clair que dans les municipalités, souvent, c'est une source de revenus, c'est une source de fierté. Alors, il n'y a pas un désir de vendre. Il va-tu y avoir des moments où est-ce qu'il va y avoir des investissements puis peut-être qu'on pourrait faire un partenariat, travailler ensemble. Alors, nous, on reste ouvert à faire une acquisition ou devenir partenaire. C'est quelque chose qu'on pourrait envisager. On n'est pas fermé à ça du tout. Évidemment, il faut que le désir soit des deux côtés.

Le Président (M. Pagé) : M. le ministre.

M. Arcand : Très bien. J'avais une question aussi parce que j'ai cru lire à un moment donné l'intérêt que vous aviez dans le projet de la Caisse de dépôt pour le réseau électrique de Montréal. Est-ce que vous pouvez me dire un peu comment vous voyez les choses?

Le Président (M. Pagé) : M. Martel.

M. Martel (Éric) : M. le Président. Alors, dans le projet de la Caisse de dépôt, c'est clair qu'on va être un acteur, hein, parce que, d'abord, c'est nous qui allons les alimenter. Alors, au minimum, on va devoir ou on a d'ailleurs des discussions, des rencontres déjà avec la Caisse, là, pour bien comprendre le projet, le cristalliser avec eux puis d'être capable de comprendre les besoins, à quel endroit et tout ça. Alors, on est en train de faire... de commencer à avoir des discussions de plus en plus détaillées. Alors, il va y avoir d'avoir ce premier rôle là, et on ne ferme pas la porte à un moment donné quand il y aura des discussions sur l'électrification, etc. Est-ce que leur désir serait qu'on joue un rôle plus grand? Est-ce que, nous, on pourrait se permettre de le faire? Est-ce que la réglementation nous permet de le faire?

Alors, il y a des discussions qu'on est ouvert d'avoir parce que, écoutez, on est prêt à faire des acquisitions d'actifs à l'extérieur du Québec. C'est sûr et certain, là, il y a quelqu'un qui m'a posé la question l'autre fois, que s'il y a des actifs intéressants au Québec dans lesquels Hydro-Québec on aura... on a une raison d'être là, c'est dans notre créneau à nous, on pourrait être intéressé de faire l'acquisition d'actifs au Québec qui ne nous appartiennent pas aujourd'hui dans les secteurs qui sont soit très proches ou rapprochés de notre milieu, de notre domaine.

• (20 h 10) •

M. Arcand : J'avais une question également parce que... qui touche évidemment, tout le monde est très excité par le... votre... lorsque vous avez fait votre discours, que vous avez dit : D'ici 2030 on va doubler les revenus. Alors, ça, les gens sont très excités. Ma question, c'est : Est-ce qu'on double les profits dans ce temps-là? ...

M. Arcand : ...j'avais une question également, parce que... qui touche évidemment... Tout le monde est très excité par votre... lorsque vous avez fait votre discours puis vous avez dit : D'ici 2030, on va doubler les revenus. Alors, ça, les gens sont très excités. Ma question, c'est : Est-ce qu'on double les profits dans ce temps-là?

M. Martel (Éric) : Bien, ce matin...

Le Président (M. Pagé) : M. Martel, le monde vous écoute.

M. Arcand : Parce que parfois on peut doubler les revenus, mais ça ne veut pas dire nécessairement qu'on double les profits.

M. Martel (Éric) : Effectivement, et c'est pour ça... Vous avez absolument raison, là, les gens qui sont en affaires savent que ça ne va pas nécessairement ensemble. Mais c'est extrêmement important pour nous, on le dit qu'on veut faire... on veut doubler les revenus, puis de façon profitable. Ce qu'on regarde aujourd'hui, c'est qu'on... notre plan, puis j'ai montré les chiffres ce matin, c'est qu'aujourd'hui on a à peu près 3 milliards, on pense être capables de monter à 5,2. Alors, ce qu'on dit, c'est qu'aujourd'hui on ne va pas les doubler, là, parce qu'il va y avoir des rendements peut-être plus bas que les rendements, parce qu'aujourd'hui, écoutez, on a un rendement extrêmement solide et extrêmement... je veux dire, qui est difficile de répéter dans des acquisitions. Alors, il va y avoir un rendement peut-être plus bas dans certaines acquisitions à ce qu'on est habitués d'avoir aujourd'hui, mais clairement, si on passe de 3 à 5,2 milliards, ça voudrait dire qu'on n'a pas doublé, mais qu'on a quand même fait un bon bout de chemin.

M. Arcand : Très bon.

Le Président (M. Pagé) : C'est intéressant, M. le ministre.

M. Arcand : Oui, c'est bon. Très satisfait, je suis très satisfait.

Le Président (M. Pagé) : Alors, M. le député d'Abitibi-Est, pour 6 min 30 s.

M. Bourgeois : Oui, parfait. Merci, M. le Président. Je veux revenir sur un des tableaux que vous nous avez présentés au début complètement de la présentation, mais qui a un lien avec toute la question de l'exportation, dans lequel vous nous illustriez la différence, là, au niveau de la valeur de la contribution unitaire par rapport aux térawattheures transigés. On était à 0,56 $. Et je veux faire la notion avec le marché spot parce que vous en avez parlé un peu, mais il y a des gens qui étaient très convaincus que le seul avantage d'Hydro-Québec d'aller à l'exportation, c'était plus sur le marché spot et que sinon il n'y avait aucun avantage à vendre des volumes importants. Donc, j'aimerais ça vous entendre par rapport à ça.

Le Président (M. Pagé) : M. Martel.

M. Martel (Éric) : Bien, merci, M. le Président. Alors, écoutez, ce qu'on essaie d'avoir, c'est d'avoir un équilibre. On ne va pas quitter le marché spot complètement, on ne va pas s'engager, toute la quantité d'énergie qu'on a à livrer à l'extérieur et la puissance qu'on a à livrer, dans des contrats à long terme. Il y a un avantage à être capable d'en faire une partie puis de mieux équilibrer notre portefeuille. Alors, aujourd'hui, vous savez, on a un parquet et on transige, là, comme une bourse. Vous l'avez peut-être vu dans la publicité, là, qu'on fait sur les exportations. D'ailleurs, je vous invite à aller la voir sur le site, vous voyez les gens vraiment en action, qui transigent, là, sur le téléphone avec les Américains, qui disent : Je t'envoie tant de mégawatts à tel prix, et là ils font une entente.

Alors, ça, ce marché-là va demeurer. Puis vous voyez, aujourd'hui, ce qui est intéressant, c'est de cristalliser un peu une partie de nos revenus, parce qu'aujourd'hui on n'a pas beaucoup de contrats à long terme, alors ce qui fait qu'on est très volatiles en termes de profitabilité par rapport au prix du marché. Je vous le disais tantôt, on est à 5,6 cette année, et on est à 5,6 parce que notre équipe fait un excellent travail à prendre des couvertures. On vend aujourd'hui des positions pour dans un an, deux ans, trois ans, cinq ans. De ce temps-ci, on en vend moins à long terme parce que les prix de marché se sont effondrés. On attend un peu que les prix reviennent. Alors, ça, c'est un travail qu'on fait à tous les jours pour diminuer le risque, mais c'est sûr que, dans notre portfolio, si on a une partie qui est à contrat puis qu'il y a un prix fixe très déterminé d'avance, alors on s'assure de garantir ça. Aujourd'hui, on est exposés à plus de volatilité. La volatilité, elle peut aller dans le bon sens, mais elle peut aller dans le mauvais sens aussi. Alors, c'est pour ça qu'on pense qu'avoir une plus grande partie de notre portefeuille sur des contrats à long terme nous permet d'obtenir des meilleurs prix puis d'avoir moins de fluctuations dans le futur.

Le Président (M. Pagé) : M. le député.

M. Bourgeois : Oui. Vous nous avez parlé également d'un possible partenariat par rapport à un projet où il y aurait une participation importante au niveau de l'éolien. Compte tenu que l'éolien a cette particularité d'être efficace quand il y a suffisamment de vent, l'intégration aussi de l'onde, dans l'onde, l'impédance fait en sorte que vous avez, avec l'hydroélectricité, cet avantage-là de faciliter l'intégration. Est-ce que les autres sources d'énergie comme les centrales au mazout ou d'autres types ont cette même qualité-là, et, si oui, est-ce qu'elles se produisent au même prix? Donc, à ce moment-là, est-ce qu'on pourrait aller chercher une plus-value sur notre kilowattheure vendu par rapport aux autres sources de stabilité?

Le Président (M. Pagé) : M. Martel.

M. Martel (Éric) : Les Américains, par contre, reconnaissent une valeur aux énergies renouvelables. Alors, c'est là qu'il y a une reconnaissance de valeur qui vient. Par contre, nous, on a développé une expertise au Québec, ça, c'est très technique, puis c'est d'ailleurs dû aux travaux de recherche de l'IREQ. On a d'ailleurs annoncé un partenariat la semaine prochaine... la semaine dernière, excusez-moi, pour travailler en collaboration...

M. Martel (Éric) : …les Américains, par contre, reconnaissent une valeur aux énergies renouvelables. Alors, c'est là qu'il y a une reconnaissance de valeur qui vient. Par contre, nous, on a développé une expertise au Québec. Ça, c'est très technique puis c'est d'ailleurs dû aux travaux de recherche de l'IREC. On a d'ailleurs annoncé un partenariat la semaine dernière pour travailler en collaboration, pour, d'ailleurs, encore améliorer. Mais on est extrêmement capables présentement de bien intégrer, hein? Parce qu'il y a une complexité. Tu intègres de l'éolien, puis il y a beaucoup de fluctuations avec l'hydroélectricité, mais au bout, là, quand on livre aux clients, il faut que ce soit stable et fiable. Alors, il y a toute une capacité technique, qu'on a développée ici au Québec, d'être capable de faire ça.

Alors, cette expertise-là, on peut la retransposer, tu sais, comme dans un parc éolien. Tantôt, je parlais d'un parc éolien potentiel à New York avec de l'hydro. On installe une station là, puis on est capable de faire ça au même moment, et on le fait très, très bien. D'ailleurs, on travaille avec plusieurs autres grands… des équivalents d'Hydro-Québec dans d'autres pays, qui viennent voir souvent qu'est-ce qu'on a fait. Mais nous, on est capables. C'est un avantage compétitif qu'on peut mettre sur la table aussi quand on fait ce genre de projet là.

Le Président (M. Pagé) : M. le député, il reste 1 min 30 s.

M. Bourgeois : Parfait. Dans le passé, Hydro-Québec a réalisé des projets en Amérique du Sud au niveau des lignes. Je pense que, quand même, cette expertise-là, elle est très bien reconnue, la notion de l'exportation ou de développer des projets ailleurs… Il y a, je pense, aussi, un lien stratégique à maintenir l'expertise. Puis là je fais le parallèle un peu avec le délai qu'il y a eu avec la reprise des travaux dans les projets de l'Eastmain, où, à un moment donné, on cherchait où étaient rendus les gens qui avaient travaillé sur les grands travaux auparavant, puis là on se disait : Est-ce qu'on a perdu cette expertise-là au Québec? Donc, stratégiquement, cette vision-là s'arrime bien avec cette stratégie-là?

M. Martel (Éric) : Alors, M. le Président…

Le Président (M. Pagé) : …une minute.

M. Martel (Éric) : Une minute? Alors, la réponse à votre question, c'est oui. Quand on a eu notre réflexion stratégique, c'est clair qu'on a dit : Bien, si, en 2020, on n'est pas prêts à commencer un grand ouvrage… On a nos gens qui sortent de la Romaine, parce que la Romaine est complétée. On fait quoi avec eux? Et c'est une expertise unique qu'on a, qu'on a développée avec le temps, et qu'il ne faut pas perdre. Alors, vous avez absolument raison. Dans notre réflexion stratégique, il y a une question aussi de protéger nos connaissances, de dire : Peut-être qu'on ferait travailler nos gens, nos ingénieurs, et nos géologues, et nos… toutes les ressources qu'on a de besoin pour faire un barrage, par exemple, sur des projets ailleurs pour être capable de maintenir ce savoir-là.

Le Président (M. Pagé) : Excellent. Alors, ça met fin à ce bloc d'échange. Alors, on passe avec l'opposition officielle, M. le député de Sanguinet, pour un petit peu plus de 16 minutes.

M. Therrien : Merci, M. le Président. Bien, écoutez, très rapidement, il y a une question qui me vient à l'esprit. D'après ce que vous avez dit, vous avez 15 % de votre production qui va aux États-Unis, puis c'est équivalent à peu près à 30 %, 33 % des profits. En tout cas, il y a… Jadis, on parlait beaucoup de ça, là, du fait que les exportations étaient très, très payantes pour Hydro-Québec, puis à un moment donné, on a parlé des prix qui s'étaient affaissés aux États-Unis, dans un premier temps. Dans un deuxième temps, c'est que les Américains cherchaient davantage d'énergies vertes, et ils disaient que l'hydroélectricité n'était peut-être pas considérée comme une énergie verte. Et là vous me dites que, malgré ces deux écueils là, on a quand même une belle rentabilité dans nos ventes. Bien, j'aimerais vous entendre là-dessus, à quel point ça a peut-être érodé nos ventes en partie, puis comment vous vous en sortez quand même avec un bilan que je considère quand même intéressant au niveau des exportations.

Le Président (M. Pagé) : M. Martel.

M. Martel (Éric) : Alors, M. le Président, c'est clair qu'il y a eu une évolution dans les dernières années. Il y a des États américains — et il y en a certains qui sont encore là — qui ne considéraient pas la grande hydro comme une source renouvelable. Alors, ça nous a mis des barrières. Il y avait toutes sortes de légendes urbaines. Encore là, c'est pour ça que je disais tantôt : On était sur le terrain plusieurs fois dans les derniers mois aux États-Unis pour expliquer notre produit. Et je pense qu'on a passé... Alors, tous les États de la Nouvelle-Angleterre aujourd'hui reconnaissent la grande hydro comme une énergie renouvelable. L'État de New York aussi reconnaît… Alors, pour nous, là, disons que… je vous dirais, ce sont les deux marchés les plus importants sur lesquels… non pas que les autres ne sont pas importants, mais ce sont les deux marchés sur lesquels on peut exporter en grande quantité. Et eux reconnaissent la grande hydro comme étant énergie renouvelable.

Le Président (M. Pagé) : M. le député.

M. Therrien : Et puis pour la partie liée à l'affaissement des prix suite à l'explosion de la production de gaz naturel, gaz de schiste?

• (20 h 20) •

M. Martel (Éric) : Alors, là-dessus, c'est certain… Ce matin, je vous montrais une courbe qui donne une histoire, hein? On faisait 6 térawattheures seulement d'exportation en 2005. Par contre, on se faisait payer 0,125 $ pour chaque kilowattheure. Aujourd'hui, on en fait 30, puis on est 11 ans pus tard, puis on se fait payer beaucoup moins, on se fait payer 0,05 $ point quelques, alors. Et même, le prix du marché, là, sur le spot, aujourd'hui, des fois, il est à 0,02 $, à 0,03 $. Dépendamment des heures, et tout ça, ça évolue beaucoup. Alors, c'est un marché qui est devenu extrêmement compétitif. Il y a eu des… Comme vous dites, les gaz de schiste ont pris beaucoup d'espace. Présentement, il y a beaucoup de disponibilité. D'ailleurs, les inventaires cet hiver… parce qu'on avait eu un hiver doux, les inventaires de gaz naturel étaient très, très hauts. Cet…

M. Martel (Éric) : ...aujourd'hui, des fois, est à 2, à 3, dépendamment des heures, et tout ça, ça évolue beaucoup. Alors, c'est un marché qui est devenu extrêmement compétitif.

Il y a eu... Comme vous dites, les gaz de schiste ont pris beaucoup d'espace. Présentement, il y a beaucoup de disponibilité. D'ailleurs, les inventaires, cet hiver, parce qu'on avait eu un hiver doux, les inventaires de gaz naturel étaient très, très hauts. Cet été, ils ont ralenti la production, puis, en plus, on a eu un été quand même assez chaud en Amérique du Nord, alors ça a permis de rebaisser les stocks. Les inventaires présentement de gaz naturel sont au même niveau que quand on est rentrés, là, dans l'hiver, dans les dernières années ou qu'on se prépare à rentrer dans l'hiver. Alors, ça, c'est important.

Mais tout ça, hein, c'est un jeu de marché important. On surveille ça... On a des gens qui surveillent ça, je vous dirais, pas à tous les jours, mais à toutes les minutes, qu'est-ce qui se passe avec les prix du gaz, comment ils vont évoluer, c'est quoi... Mais il y a aussi, à un moment donné, un certain plafond où est-ce que les gens qui font du gaz de schiste... je veux dire, à un certain prix, à un moment donné, ils vont en faire un bout de temps, mais, à un moment donné, ça ne devient pas rentable. Tu sais, ils espèrent toujours que ça va remonter. Mais, sinon, les inventaires vont baisser, et ça va avoir un impact positif sur les prix.

Alors, c'est un marché important. On doit comprendre cet environnement-là, et on le comprend quand même assez bien, mais ça demeure un marché qui est très volatil.

M. Therrien : Donc, c'est difficile de prévoir...

Le Président (M. Pagé) : M. le député.

M. Therrien : Merci, M. le Président. C'est difficile, à ce moment-là, de prévoir l'évolution des prix à court, moyen et long terme.

M. Martel (Éric) : Et ce qu'on prévoit... Et c'est pour ça que vous voyez le bénéfice. Tu sais, on dit, on va doubler nos revenus, on va avoir 5,2, mais, dans les cinq prochaines années, on a vraiment un défi, c'est que, les prix de marché, on les voit affaisser jusqu'en 2020. Et je vous le disais tantôt, un sou, c'est 300 millions, alors ça va assez vite. Et puis ça nous amène toutes sortes de défis, alors c'est pour ça qu'on est assez généreux en volumes présentement. On essaie de prendre notre place, mais, à un moment donné, aussi, comme je vous dis, on a des lignes... on n'a pas assez de lignes pour descendre tout ce qu'on voudrait descendre, alors ça nous limite un peu dans ce qu'on peut faire en quantités.

Le Président (M. Pagé) : M. le député.

M. Therrien : Il y a aussi un phénomène qui peut avoir un impact à long terme, c'est qu'ils sont en train de se débarrasser du nucléaire — aux États-Unis, là — à cause justement de la baisse des prix liée aux gaz de schiste. Ce n'est pas... Vous, est-ce que vous analysez ça de façon à ce qu'à moyen et long terme ça peut être, pour eux, très nocif? Parce qu'à un moment donné, les gaz de schiste vont peut-être tendre à disparaître, puis ils n'auront plus de nucléaire, puis, à ce moment-là, vous allez devenir très, très intéressants pour eux, j'imagine. Avez-vous planifié ça?

M. Martel (Éric) : On est déjà très...

Le Président (M. Pagé) : M. Martel.

M. Martel (Éric) : M. le Président, on est déjà très intéressants pour eux. Alors, les Américains comprennent bien ça, hein? Quand on déplace des énergies fossiles, évidemment, ça remplace... ça évite des émissions. C'est sûr que s'ils remplacent du nucléaire par du gaz, ils s'en vont dans la mauvaise direction, parce qu'en termes d'émissions, surtout, c'est moins... c'est sûr que le nucléaire amène d'autres sources de risque, là.

Mais, nous, on est vraiment un choix. On a la taille pour le faire, on a la quantité disponible, on a l'expertise, on est reconnus pour un réseau fiable, alors il y a plein de raisons pourquoi ils veulent faire affaire avec nous. Et alors on est extrêmement contents quand il y a une loi qui est votée dans un État qui dit : On va acheter jusqu'à 9,45... de grande Hydro, là. C'est un excellent message et un excellent signal pour le Québec.

Le Président (M. Pagé) : M. le député.

M. Therrien : Ça fait pas mal le tour de ce sujet-là. Et je voulais vous parler de l'électrification des transports parce que si vous voulez augmenter vos revenus... Puis c'est bon que le ministre ait parlé de ça, l'augmentation, de doubler les revenus, quel est l'impact sur les profits parce que... Bien, moi, c'est la question que je voulais poser; il me l'a comme un peu volée. Parce que, tu sais, habituellement, on a tendance à vouloir doubler les profits, ou, bon. Vous l'avez quand même bien expliqué, donc je suis content que la question ait été posée.

Donc, pour augmenter les revenus, il faut augmenter l'activité, il faut augmenter le marché, il faut trouver des nouveaux preneurs. L'électrification des transports, c'est tout désigné pour vous, hein? Il faut être clair là-dessus. Comment vous trouvez ça que... Le gouvernement a tendu un peu la main, là, puis je ne veux pas lui prêter des intentions, au ministre, parce que je l'aime beaucoup, mais il a tendu la main à l'hydrogène liquide. Vous, c'est quoi, les impacts? Comment vous voyez ça, le fait qu'on puisse, parallèlement à l'électrification des transports, on puisse donner une possibilité, là, d'utiliser l'hydrogène liquide pour les transports?

Le Président (M. Pagé) : Monsieur... Oui. M. Desgagnés.

M. Desgagné (Pierre-Luc) : Merci, M. le Président. La question est tout à fait censée, surtout quand on sait qu'un des grands constructeurs, un grand constructeur mondial comme Toyota a fait un choix technologique, là, assez clair du côté de l'hydrogène. Je vous dirais que le bon côté de l'hydrogène, c'est que ça prend de l'électricité pour produire la réaction chimique qui va faire en sorte qu'on peut avoir de l'hydrogène. Il reste encore beaucoup de questions en suspens. Je vous dirais que ce pour quoi on a misé jusqu'à présent sur le transport électrique comme tel, le déploiement de bornes, le soutien au transport électrique, c'est que, le réseau électrique, il est déjà là, il est déjà disponible. Vous savez, installer une borne dans un commerce, ce n'est pas très, très compliqué : il suffit de faire une rallonge à 240, vous installez la borne, c'est terminé.

Un des défis, et, ça, les gens de l'hydrogène le reconnaissent, un des défis majeurs, c'est le réseau de distribution et d'approvisionnement de l'hydrogène; ça reste un grand défi. Et ce réseau-là, il n'est pas encore déployé et va demander des investissements substantiels.

Mais, une fois que je vous ai dit ça, nous, comme producteurs d'électricité, s'il y avait une filière hydrogène qui se développe, on ne veut pas être contre parce que ça va nous permettre de vendre de l'électricité aussi. Mais ce n'est pas...

M. Desgagné (Pierre-Luc) : ...de distribution et d'approvisionnement de l'hydrogène, ça reste un grand défi. Et ce réseau-là, il n'est pas encore déployé et va demander des investissements substantiels, mais une fois que je vous ai dit ça, nous, comme producteurs d'électricité, s'il y avait une filière hydrogène qui se développe, on ne veut pas être contre, parce que ça va nous permettre de vendre l'électricité aussi. Mais ce n'est pas le choix stratégique qu'on fait à court terme.

M. Therrien : O.K.

Le Président (M. Pagé) : M. le député.

M. Therrien : O.K. Vous parlez d'un circuit électrique, là, pour favoriser l'électrification des transports. Jusqu'à 2020, c'est quoi, là, les actions que vous avez prises pour justement... les actions que vous avez prises, là, pour qu'on puisse avoir une amélioration du déploiement de l'électrification des transports. Dans un premier temps, qu'est-ce que vous avez fait? Dans un deuxième temps, qu'est-ce que vous aimeriez que le gouvernement fasse à ce sujet-là?

Le Président (M. Pagé) : M. Martel. Oui...

M. Desgagné (Pierre-Luc) : Écoutez, M. le député, deux choses : tout d'abord, M. le Président, c'est très important qu'on puisse interpeller amicalement les parlementaires. Vous savez qu'il y a une partie du projet de loi n° 106 qui est importante pour nous et qui pourrait permettre à Hydro-Québec de devenir un joueur dans l'électrification du transport collectif, donc permettre à Hydro-Québec de prendre à sa charge une partie des infrastructures qui pourraient permettre l'électrification du transport collectif. Et évidemment, si tous les parlementaires s'entendent là-dessus, on serait très heureux de pouvoir collaborer aux grands projets de transport collectif, mais en fait, j'interpellais amicalement les parlementaires, mais c'est parce que vous savez qu'on parle de ça depuis 2009‑2010, il y a déjà eu deux tentatives pour toutes sortes de motifs, ça avait été plus difficile dans le passé, mais là, je pense que l'alignement des planètes est là. Ça, c'est sur le collectif. On veut être dans le transport collectif, mais on veut l'être correctement puis actuellement la loi ne nous permet pas de l'être. Ça, c'est vrai. En ce qui concerne le transport individuel, je pense qu'un des gros efforts qu'il faut continuer à faire puis en collaboration avec notre actionnaire, c'est un effort de pédagogie. Il y a encore énormément de légendes urbaines qui circulent sur le transport électrique et je ne dis pas ça méchamment sur la population. Je veux dire : Il y a beaucoup de légendes urbaines qui circulent sur le transport électrique, par exemple que vous allez tomber en panne rapidement, que ça n'a pas de puissance, bon, tout ça. Vous les avez entendues. Ce sont des faussetés. Je peux quand moi-même témoigner, conduisant un véhicule rechargeable, que ça fonctionne plutôt bien. Et vous demanderez à tous ceux qui ont goûté à l'électricité dans le transport individuel. Ils disent qu'ils ne reviendront jamais en arrière. Moi, je pense qu'on doit faire énormément d'efforts du côté de la communication, dans le sens noble du terme. Puis par ailleurs, en ce qui concerne nos investissements, on voit que le modèle d'affaires fonctionne. Puis notre modèle d'affaires fonctionne tellement bien qu'il commence à essaimer dans d'autres juridictions. On a été choisis dans un appel d'offres en Ontario, donc on va couvrir l'Est ontarien de bornes du circuit électrique. Vous savez qu'on a une entente avec le Vermont, qui avait été annoncée en 2013. Récemment, à la conférence des premiers ministres et gouverneurs et de l'Est, à la fin du mois d'août, le premier ministre et le gouverneur du Maine annonçaient l'intention de faire des corridors Québec-Maine. Alors, notre modèle, il commence à essaimer. Puis on voit que c'est un mouvement qui va vraiment vers l'avant.

Le Président (M. Pagé) : M. le député.

M. Therrien : Je vous dirais que notre gouvernement, de 2012 à 2014, avait été extrêmement actif dans l'électrification des transports et que le présent gouvernement a des très petits pieds dans de grands souliers à chausser. Alors donc... Ça va, M. le ministre, ça va aller? Oui? Et on ne parle pas de Petit-Pied le dinosaure, là, on... Alors... parce que ça, c'est l'énergie fossile, ce n'est pas bon. Il est tard, M. le Président.

Le Président (M. Pagé) : Pour les gens qui nous écoutent, nous avons commencé il y a plusieurs heures.

M. Therrien : La pognez-vous, M. le Président? Petit-Pied le dinosaure, énergie fossile...

Le Président (M. Pagé) : Allez-y avec votre question, M. le député de Sanguinet. Il vous reste exactement cinq minutes.

M. Therrien : Oui, je vais me dépêcher. Écoutez nous, on est pour ça, l'électrification des transports, la participation d'Hydro-Québec dans le transport collectif. On ne voit pas de problème. La question que j'avais posée... Je ne sais pas si je l'ai posée au ministre ou... en tout cas, ça serait arrivé de toute façon. Bien, je vais la reposer à vous. Les craintes que beaucoup ont, c'est si l'électrification des transports, au niveau collectif, on va avoir une répercussion sur les tarifs d'Hydro-Québec. Écoutez, parce que comment vous voyez le financement de ça, la rentabilisation de votre action? Est-ce que ça passe par une augmentation des tarifs? C'est la seule crainte qu'on avait, nous, là.

Le Président (M. Pagé) : C'est... M. Desgagné.

• (20 h 30) •

M. Desgagné (Pierre-Luc) : C'est une excellente question. Vous savez, il n'est pas de notre intention de se servir de l'électrification des transports pour entraîner une hausse des tarifs. Vous savez, c'est une action qui est déjà rentable dans les engagements qu'on vous avait produits suite à la commission, on le démontrait assez facilement. Ce qui pourrait peut-être arriver un jour, et ça, je ne vous dis pas que c'est notre intention, mais est-ce que la société civile ou les élus pourraient se poser cette question-là? Quand ça va devenir un mouvement qui est très large, très étendu, est-ce que étant donné l'écart de prix entre le prix du pétrole à la pompe et le prix de l'électricité, est-ce que collectivement on pourrait avoir une discussion à savoir est-ce qu'il n'y aurait pas lieu d'avoir une espèce de tarif VE, mais ça, ce n'est pas moi qui va décider ça. C'est la collectivité qui pourrait le...


 
 

20 h 30 (version non révisée)

M. Desgagné (Pierre-Luc) : ...cette question-là quand ça va devenir un mouvement qui est très large, très étendu. Est-ce qu'étant donné l'écart de prix entre le prix du pétrole à la pompe et le prix d'électricité, est-ce que, collectivement, on pourrait avoir une discussion, à savoir : Est-ce qu'il n'y aurait pas lieu d'avoir une espèce de tarif VE? Mais ça, ce n'est pas moi qui va décider ça, c'est la collectivité qui pourrait le décider. Mais, à court terme — et là, cette fois-ci, mon patron est à ma gauche — mais ce n'est pas notre intention de se servir du transport électrique pour demander des hausses de tarifs, là.

M. Therrien : O.K.

Le Président (M. Pagé) : M. le député.

M. Therrien : Bien, c'était un peu notre crainte, ce n'était pas... nos craintes n'allaient pas plus que ça, là. Écoutez, à long terme... Les investissements, vous faisiez avant... Hydro-Québec faisait des investissements, et ils ont cessé ça, je pense, en 2003 ou 2005, 2005?

M. Desgagné (Pierre-Luc) : Les investissements où? Excusez-moi.

M. Therrien : Bien, à l'extérieur.

M. Desgagné (Pierre-Luc) : Ah! Pardon.

M. Therrien : Bon. Excusez-moi.

M. Desgagné (Pierre-Luc) : O.K. O.K. Je pensais que vous étiez sur l'électrification des transports. Excusez-moi.

M. Therrien : Non, non. Excusez-moi. Non, non, les investissements à l'étranger, là. Je m'excuse, là. Il est tard. Et donc... et donc vous avez arrêté de faire ça en 2005. Pourquoi? Pourquoi ça s'est arrêté, et pourquoi on a décidé de recommencer?

Le Président (M. Pagé) : M. Martel.

M. Martel (Éric) : Oui, alors c'est une excellente question. Merci, M. le Président. Dans un premier temps, il y a un contexte aujourd'hui où est-ce qu'il n'y a pas de croissance au Québec. Quand on retourne en 2003‑2004, on voyait le Québec qui avait une croissance en termes de quantité d'énergie. Ça s'est-u matérialisé, oui ou non? Peut-être que non, mais il y avait quand même une croyance que ça arrivait. Aujourd'hui, on a une vue un peu différente. On a une expertise à Hydro-Québec — tantôt, je pense, le député... — qu'on veut protéger, on veut s'assurer que notre savoir, on ne va pas le perdre parce qu'on n'aura pas de projet ici. Et c'est clair qu'Hydro-Québec, on en a fait la démonstration ce matin, c'est peut-être pour des raisons différentes qu'on y avait été dans les années 90, on avait peut-être un désir de faire ça, mais aujourd'hui, si on veut protéger et augmenter la profitabilité d'Hydro-Québec, c'est nécessaire qu'on le fasse. Ça fait que je veux juste être très clair avec tout le monde. C'est que, si on ne le fait pas et qu'on n'a pas de croissance, le profit d'Hydro-Québec va réduire dans le temps, il pourrait même disparaître.

Une compagnie qui a, trop longtemps, pas d'augmentation de ses revenus, alors c'est un risque que, moi, comme P.D.G., je dois gérer avec mon équipe et dire : Comment on fait ça? Alors, c'est une situation qui est très différente du début des années 2000. Il y a... les raisons pour lesquelles on a arrêté, pour répondre à votre autre question, d'abord, je pense qu'on voulait se concentrer, il y avait beaucoup de projets ici, au Québec, à l'époque, ce qui est un peu différent de présentement. Dans quelques années, il y avait plusieurs projets qui allaient de l'avant parce que, vous vous souvenez, il y a une époque où on pensait manquer d'eau, alors il y avait une situation complètement différente. De l'eau, aujourd'hui, je peux vous dire, on en a, on en a pleinement nos barrages. Alors, contexte différent, contexte d'affaires extrêmement différent aussi qui nous permet... et il devient un peu un devoir, pour nous, à Hydro-Québec, pour maintenir le niveau de profitabilité qu'on a aujourd'hui de regarder à l'extérieur puis de faire rayonner le Québec à l'extérieur.

M. Therrien : O.K.

Le Président (M. Pagé) : Il reste moins d'une minute.

M. Therrien : O.K. Rapidement, on fait une visite mondiale des endroits où est-ce que vous voulez aller, très rapidement. Vous en avez parlé un peu. Résumez-moi ça, là, c'est quoi, les endroits où est-ce que vous verriez un beau potentiel pour vous? Vous l'avez dit, mais je veux vous entendre là-dessus.

M. Martel (Éric) : Alors, présentement, et ça va évoluer avec le temps, mais présentement on regarde surtout les Amériques, je dirais, et on s'est attardé aussi à l'Europe. Il y a des choses intéressantes, en Europe. L'Europe est assez bouleversée présentement sur le marché énergétique. Il y a beaucoup de changements. Il y a des joueurs en difficulté et ça, ça crée des opportunités. Il faut comprendre pourquoi ils sont en difficulté, il faut s'assurer de faire profiter de notre savoir. Alors, ça crée, je vous dirais, en Europe présentement et dans les Amériques, des opportunités très intéressantes.

Le Président (M. Pagé) : C'est ce qui met fin à ce bloc. Merci, M. le député de Sanguinet. Dernier bloc avec la deuxième opposition pour 10 min 48. Mme la députée de Saint-Hyacinthe, la parole est à vous.

Mme Soucy : Je vais essayer de faire ça vite parce que j'ai quelques questions, notamment la première que je vais vous poser, vous savez, en juin dernier, il y a eu une catastrophe chez nous concernant la rivière Yamaska. Plusieurs milliers de poissons sont décédés. On sait principalement que les causes sont le débit et le niveau d'eau. Le Parti québécois avait la chance de faire modifier le contrat en 2013, mais ils ne l'ont pas fait. Maintenant, le contrat a été renouvelé pour 20 ans. On sait que la politique d'achat par Hydro-Québec d'électricité auprès des producteurs privés doit être modifiée, doit faire passer son débit de 2 à 7 m³‑seconde pour le débit. Alors, je voulais savoir si vous étiez prêt à faire quelque chose pour soit à négocier, à faire un changement, une modification au niveau de la politique d'achat.

Le Président (M. Pagé) : M. Desgagnés?

Mme Soucy : Peut-être, pour vous mettre en contexte, peut-être que vous n'avez pas...

M. Desgagné (Pierre-Luc) : Oui, je suis au courant du renouvellement des contrats et tout ça, mais est-ce que la question a rapport à la croissance ou...

Mme Soucy : Non.

M. Desgagné (Pierre-Luc) : Non? Ah, d'accord.

Mme Soucy : Non. Le rapport...

Mme Soucy : …négocier, à faire un changement, une modification au niveau de la politique d'achat.

Le Président (M. Pagé) : M. Desgagnés?

Mme Soucy : Peut-être que je peux vous mettre en contexte, peut-être que vous n'avez… 

M. Martel (Éric) : Oui, je suis au courant…

Mme Soucy : Oui?

M. Martel (Éric) : …du renouvellement des contrats, et tout ça. Mais… Ça fait… Est-ce que la question a rapport à la croissance ou…

Mme Soucy : Non.

M. Martel (Éric) : Non? Ah! d'accord, O.K.

Mme Soucy : La question a rapport à… Il faut modifier, en fait. Dans la politique d'achat d'Hydro-Québec, c'est prévu qu'il y a un débit minimal de 2 m²/seconde, O.K., pour le débit. Mais ce n'est pas assez pour la centrale T.–D. Bouchard à Saint-Hyacinthe, parce que ça fait un assèchement, et en période de chaleur, bien c'est ce qui est arrivé récemment. Lorsqu'il y a déversement, bien les poissons sont morts. Alors, il faudrait faire une modification. Je voulais savoir si vous étiez ouverts à faire cette modification-là.

Le Président (M. Pagé) : M. Desgagné.

M. Desgagné (Pierre-Luc) : Oui, merci, M. le Président. Si je comprends bien la députée de Saint-Hyacinthe, là, elle fait référence à des centrales opérées par une firme qui s'appelle Algonquin, qui fait partie du grand groupe de contrats liés à ce qui s'appelle l'APR-91, donc, des contrats qui remontent aux années 90, au moment où on a lancé des appels de proposition pour, notamment, de la petite hydroélectricité. Si je ne m'abuse, à moins qu'on ne parle pas du même incident, Mme la députée de Saint-Hyacinthe, je pense que la ville avait reconnu, dans cette question-là, que c'était une question de gestion de l'usine d'eau usée, quelque chose comme ça, là, mais c'était un peu lié… Si on parle du même incident, la ville a reconnu publiquement, par communiqué, qu'il y avait eu une problématique à cet égard-là.

Mais pour la question qui concerne Hydro-Québec, vous savez, c'est des contrats assez types, les contrats qui nous lient aux APR-91. Il y a, avec certains producteurs qui sont en renouvellement, un processus d'arbitrage qui est en cours, qui va servir un peu de cause type. Ça ne nous empêche pas de négocier avec certains d'entre eux, ce qu'on fait, par ailleurs, mais c'est dans le cadre de contrats qui sont quand même des contrats assez types. Et, pour ce qui est, par la suite, de la gestion du contrat, du lien avec le ministère de l'Environnement, des liens avec les différents ministères, ce sont des promoteurs privés, propriétaires de leurs actifs, et c'est à eux à voir à ce genre de questions là. J'espère que ça aide les parlementaires.

Le Président (M. Pagé) : Merci.

Mme Soucy : Bien, en fait, c'est important, là, de préciser qu'il y a quand même... en 1997, il y a eu une commission d'enquête Doyon sur la politique d'achat d'Hydro-Québec, d'électricité auprès des producteurs privés, et ils réclamaient déjà publiquement que le gouvernement devrait réviser à la hausse le débit minimal réservé au barrage de la rivière Yamaska, pour le porter de deux à sept, pour empêcher qu'il y ait dessèchement et puis qu'on vive des catastrophes comme on a vécues. Donc... puis, dans le comité également de la ville de Saint-Hyacinthe, ils le mentionnent, alors vous auriez, tu sais, un rôle à jouer pour la modification de cette clause-là.

M. Desgagné (Pierre-Luc) : Mais, donc on parle bien du même événement où la ville a reconnu sa responsabilité, là...

Mme Soucy : En fait, oui, la ville a reconnu. Par contre, ce n'est pas que cette...

M. Desgagné (Pierre-Luc) : Non, non, je comprends, mais je voulais être sûr de parler du même événement. La ville a reconnu que c'était...

Mme Soucy : Oui, oui, tout à fait, le 28. Par chance, c'est arrivé juste une fois, c'est arrivé au mois de juin dernier.

M. Desgagné (Pierre-Luc) : Mais c'était l'action notamment des eaux usées. Alors, on parle effectivement du même événement. Vous faites référence au rapport de la commission Doyon, qui s'était d'ailleurs penchée, à la fin des années 90, sur la négociation de ces contrats-là et tout le processus d'octroi qui avait mené à ça. Et je pense que la citation que vous faites vous-même fait référence à une interpellation quant au rôle du gouvernement et du ministère de l'Environnement sur la question des débits. Et je vous le dis, ce sont des promoteurs privés, détenteurs de leurs centrales, responsables de l'obtention des permis et du respect des lois, alors c'est dans ce contexte-là qu'on travaille, ce n'est pas une centrale d'Hydro-Québec.

Mme Soucy : Non, non, non, ça, je comprends. Allons-y avec... j'ai une petite question sur le tableau que vous nous avez passé ce matin. Je ne connais pas votre façon de comptabiliser les coûts et les ventes d'éolien, alors je voulais savoir, pouvez-vous m'expliquer où est-ce que... en fait, dans l'achat d'électricité de 1,9 milliard, c'est quoi, le pourcentage d'achat éolien dans ce tableau-là? Puis, également, c'est quoi, la proportion du revenu des éoliens dans votre 13,8 milliards?

Le Président (M. Pagé) : Monsieur...

Mme Croteau (Lise) : Je peux la prendre?

M. Desgagné (Pierre-Luc) : Peut-être Mme Croteau...

Le Président (M. Pagé) : Ah! Mme Croteau. Allez-y, Mme Croteau.

• (20 h 40) •

Mme Croteau (Lise) : Alors, M. le Président, écoutez, pour répondre à la question, les achats éoliens sur le 1,9 milliard qui est présenté là, donc, c'est près de 1 milliard, nos achats éoliens dans les achats d'électricité. Pour ce qui est de nos produits, nous, on gère un parc, donc, quand on vend nos électrons, là, on ne regarde pas la provenance, là. Donc, dans le fond, on a un prix de vente, et c'est comme ça que c'est comptabilisé, donc on comptabilise vraiment toutes nos ventes d'électricité, donc, au prix pour lequel on reçoit pour ces ventes-là, mais nos achats éoliens correspondent à près de 1milliard de dollars, c'est à peu près la moitié...

Mme Croteau (Lise) : ...on a un prix de vente et c'est comme ça que c'est comptabilisé. Donc, on comptabilise vraiment toutes nos ventes d'électricité donc au prix pour lequel on reçoit pour ces ventes-là. Mais nos achats éoliens correspondent à près de 1 milliard de dollars, c'est près de... c'est à peu près la moitié du montant que vous voyez là.

Mme Soucy : O.K. Puis vous dites que, dans la... vous n'avez pas la proportion de la vente qui appartient à l'éolien, mais vous avez le nombre de...

Mme Croteau (Lise) : Mais on connaît le nombre de térawattheures.

Mme Soucy : Bien, oui.

Mme Croteau (Lise) : On en achète 10. Donc, c'est 10 TWh de vente. Mais, ici, quand on regarde notre chiffre de vente, bien, c'est un prix de vente moyen, on a des prix de vente à l'exportation dans ça. On a des prix de vente d'électricité patrimoniale au Québec et postpatrimoniale aussi.

Mme Soucy : O.K. Parce que, si je... j'ai été comme un peu surprise parce qu'en fait, dans les... excusez-moi, la moitié, là, de 2016, donc le premier semestre versus le premier semestre de 2015, en ce qui... il y a eu quand même une baisse de 2,9 à aller à 2,6 pour six mois, donc...

M. Martel (Éric) : De 2,9 quoi? Excusez-moi.

Mme Soucy : O.K. Le rendement en fait. Dans le rendement, si on prend, là, le six mois, celui qui se termine le 30 juin 2015, celui qui se termine le 30 juin 2016, l'écart, le rendement était de 2,6 pour l'année 2016, puis le rendement était de 2,9 pour le 30 juin 2015. On se suit?

Mme Croteau (Lise) : Quand vous parlez de rendement...

M. Martel (Éric) : Vous parlez de quel type de rendement? Là, je ne suis pas sûr que je vous suis.

Mme Soucy : O.K.

M. Martel (Éric) : Le rendement financier, le rendement...

Mme Soucy : Oui, bien, en fait, oui, pour transport, pour production, pour distribution, pour construction, toutes les activités, là, corporatives et tout. Dans le tableau que... en fait, c'est sur votre site, sur le site Internet qu'on a pris les chiffres.

M. Martel (Éric) : Écoutez, le rendement total d'Hydro-Québec, en tout cas, le chiffre de 2015, c'est à peu près 25 %. Ça fait que je ne comprends 2,9. Le rendement des business réglementés, c'est de 8,2 %. Alors, je ne suis pas certain que je comprends 2,9 %, quel est ce chiffre-là. Excusez-moi, là, j'aimerais ça vous répondre, mais...

Mme Soucy : Bien, j'irai vous voir parce que je ne veux pas perdre les gens dans les chiffres, là.

M. Martel (Éric) : D'accord.

Mme Soucy : J'irai vous voir après puis je lui expliquerai.

M. Martel (Éric) : Venez nous voir à la fin, ça va nous faire plaisir de vous répondre, et je ne suis pas sûr de comprendre.

Mme Soucy : Oui.

M. Martel (Éric) : Excusez-moi.

Mme Soucy : On prend juste ici. On sait que... revenir, là, sur les exportations, vous avez... avant, on vous entendait beaucoup parler des exportations en Ontario. On vous entend un petit peu moins parler de ça, on vous entend beaucoup parler vers les États-Unis. Je voulais savoir : Est-ce qu'il y a eu plusieurs échanges? Est-ce que vous êtes allé plusieurs fois en Ontario pour voir les possibilités d'une entente? Parce qu'on le sait que l'Ontario est à la croisée des chemins, puis qu'ils vont avoir besoin d'électricité avec leurs centrales qu'il faut qu'ils... voyons! qu'ils renouvellent, et puis...

Le Président (M. Pagé) : M. Martel, il reste 1 min 30 s. Il vous reste 1 min 30 s, M. Martel.

M. Martel (Éric) : Parfait. Alors, écoutez, l'Ontario, c'est extrêmement... un dossier extrêmement important pour Hydro-Québec. On est allés à maintes reprises. On est très présents sur le marché ontarien. Les Ontariens eux-mêmes avaient des décisions à prendre, alors, entre autres, ils ont déplacé, dans le temps, d'environ quatre à cinq ans toute la rénovation qu'ils doivent faire sur leurs centrales nucléaires parce qu'on en avait, des discussions, pour leur fournir de l'énergie dès cette année. On en fournit toujours, vous le savez, c'est 12 % de nos exportations quand même. Ils ont un surplus présentement souvent alors. Par contre, quand ils arrêteraient les centrales nucléaires, alors ça nous permettait, pendant à peu près 16 ans, parce que c'est le plan qu'ils ont sur 16 ans de faire toute la réfection des centrales, on aurait pu être un... on peut être un fournisseur pendant cette période-là. Et il y a aussi, avec l'Ontario, des discussions à plus long terme. Alors, oui, on est actifs. Écoutez, j'étais là encore la semaine dernière personnellement, mon équipe est encore là cette semaine, et on a des discussions, et on souhaite, une fois qu'eux vont avoir cristallisé leur plan, être capables d'identifier leurs besoins parce qu'on était encore dans cette discussion-là à aller jusqu'à il y a très récemment.

Mme Soucy : O.K. Donc, il n'y a rien de concret, il n'y a rien de...

M. Martel (Éric) : Bien, il y a des choses qui avancent bien.

Mme Soucy : Oui. On sait qu'il y a certains États américains qui ne considèrent pas notre électricité comme verte. J'imagine que ça a des répercussions sur la négociation. Est-ce que... c'est quoi votre plan d'action pour les convaincre que finalement notre hydroélectricité, c'est une électricité verte?

M. Martel (Éric) : Bien, écoutez...

Le Président (M. Pagé) : Tout ça en 15 secondes.

M. Martel (Éric) : En 15 secondes. On est allés 40, 50 fois à Boston cette année parce qu'on a...

Mme Soucy : Combien?

M. Martel (Éric) : 50 fois à Boston.

Mme Soucy : O.K.

M. Martel (Éric) : Puis on a eu des rencontres tout près de 50, c'est 48 ou 49, quelque chose comme ça, avec des groupes environnementaux, des élus du Massachusetts pour faire l'éducation sur notre produit. Les États de la Nouvelle-Angleterre reconnaissent maintenant la grande hydro comme une énergie renouvelable ainsi que l'État de New York.

Le Président (M. Pagé) : Je vous remercie.

Mme Soucy : ...un peu de protectionnisme.

Le Président (M. Pagé) : C'est ce qui met fin à cet échange pour ce quatrième bloc. Alors, à ce moment-ci de la journée, tout en vous remerciant pour votre très agréable participation et pour la qualité de vos réponses également, j'inviterais maintenant les parlementaires à procéder aux remarques finales, et nous commençons, comme le veut nos habitudes, par...

Le Président (M. Pagé) : ...c'est ce qui met fin à cet échange pour ce quatrième bloc. Alors, à ce moment-ci de la journée, tout en vous remerciant pour votre très agréable participation et pour la qualité de vos réponses également, j'inviterais maintenant les parlementaires à procéder aux remarques finales, et nous commençons, comme le veut nos habitudes, par la députée de Saint-Hyacinthe pour une période maximale de trois minutes.

Mme Soucy : Bien, écoutez, je veux vous remercier. C'est toujours un plaisir de vous avoir puis de répondre à nos questions. Puis je voudrais en profiter pour... M. Martel, j'ai vraiment des bons commentaires sur vous. J'ai encore des amis à l'interne chez Hydro-Québec puis plusieurs me disent qu'ils ont... ils voient une différence, que vous êtes à l'écoute, puis je tenais à le mentionner. Alors, félicitations pour ce beau changement.

Donc, merci à mes collègues qui, parfois, hein... on a certaines partisaneries au salon bleu, mais je pense qu'on fait... on sort de ce cadre-là quand qu'on est en commission parlementaire. Alors, je vous remercie, et puis on aura la chance de se revoir durant notre mandat. Merci.

Le Président (M. Pagé) : Merci, Mme la députée de Saint-Hyacinthe. M. le député de Sanguinet, vous avez un temps maximal de 4 min 30 s. La parole est à vous.

M. Therrien : Merci, M. le Président. Non, je tiens à vous remercier. Évidemment, je suis arrivé ici dans l'esprit des joueurs russes de 1972. J'ai appris beaucoup. Alors, je suis très content de ça. Et puis écoutez, ce fut une expérience très agréable. J'ai appris beaucoup pour vrai. J'avais plusieurs questions, et j'ai obtenu plusieurs réponses, et des bonnes réponses, donc je vous salue, M. Martel, je vous remercie. Je salue votre équipe, qui semble extrêmement dynamique aussi. Alors, le portefeuille des Québécois ne s'en portera que mieux. Voilà. Merci.

Le Président (M. Pagé) : Merci beaucoup, M. le député de Sanguinet. M. le ministre, vous disposez d'un temps maximal de 7 min 30 s pour les remarques finales. À vous la parole.

M. Arcand : Je ne pense pas que je vais les prendre, parce qu'il se fait tard, mais je dirais d'abord, moi aussi, à mon tour, j'aimerais remercier d'abord... je pense que ça a été une rencontre intéressante où tout le monde a beaucoup appris. Je dirais évidemment que votre plan stratégique me semble, en tout cas, très bien structuré d'une part. Moi aussi, je reconnais l'amélioration, particulièrement au niveau de l'écoute des consommateurs. Je pense que c'est un point qui, pour moi, est très important. Et ce qui est intéressant, je pense, dans ce que vous présentez aujourd'hui, c'est cette espèce de responsabilité que vous avez envers les consommateurs. Les possibilités de croissance qui sont très importante pour l'avenir... Et donc... Puis je sais, M. Martel, parce que je vous connais peut-être un peu plus que les parlementaires... Alors, je ne veux pas vous mettre de pression inutile, mais je sais qu'en général, dans les chiffres, vous êtes assez conservateur. Donc, si vous dites que vous êtes capable de doubler les revenus, je pense que vous êtes capable, même avec un peu de chance d'aller plus loin que ça encore. Alors, ça, là-dessus, je peux vous dire qu'on vous fait confiance. Et je pense que vous écoutez depuis le début de la journée... je pense que, quand on voit ce qu'Adélard Godbout a fait et ce que René Lévesque a fait avec la création d'Hydro-Québec, je pense qu'on doit reconnaître qu'on en est très fier et je pense que vous faites un excellent travail. Je terminerais en vous disant évidemment qu'en tant que responsable du Plan Nord, je sais que c'est parfois plus intéressant d'aller aux États-Unis puis de... les grands projets à l'international... je ne veux juste pas qu'on oublie évidemment qu'il y a un Plan Nord, il y a des gens qui utilisent encore le diesel. Et j'espère juste que ça va faire partie des priorités, soit de passer à l'éolien ou d'essayer d'avoir des énergies renouvelables dans ces régions-là également, pas seulement évidemment vers le sud. Alors, je vous remercie infiniment. Je pense que ça a été... votre équipe me semble excellente en tout cas. Et je vous souhaite la meilleure des chances puis je pense qu'Hydro... on termine en disant ça : Je pense qu'Hydro est entre bonnes mains. Alors, merci encore, merci.

Le Président (M. Pagé) : Merci. Alors, chers collègues. M. le ministre, chers députés, M. Martel, les gens de votre équipe. Je vous remercie de votre participation. Alors, je lève la séance. La commission ayant accompli son mandat ajourne ses travaux sine die. Merci.

(Fin de la séance à 20 h 49)


 
 

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