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Point de presse de M. Pascal Bérubé, chef du troisième groupe d’opposition, et M. Sylvain Roy, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière d’agriculture et d’alimentation

Version finale

Le miércoles 28 avril 2021, 8 h 20

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures vingt-trois minutes)

M. Roy : Bon matin à tous. Bon, bien, M. Louis Robert a déposé son bouquin aujourd'hui. Bon, je ne l'ai pas lu. On a vu certains éléments qui sont extrêmement troublants, mais qui étaient connus quand même, hein?

Nous avons fait, quand même, une commission parlementaire sur l'utilisation des pesticides au Québec. On a abouti avec des recommandations, O.K.? Pour moi, c'était un travail sérieux. Le ministre est arrivé avec un plan d'agriculture durable qui, à mon avis, ressemblait plus à un plan de marketing qu'un vrai plan pour faire une transition agroenvironnementale dans l'agriculture au Québec.

Lorsqu'on a été en commission parlementaire pour la création de l'ITAQ, l'Institut de technologie agroalimentaire du Québec, j'ai demandé au ministre je ne sais pas combien de fois : Est-ce que vous allez intégrer les recommandations du rapport à l'intérieur du curriculum de formation et votre fameux plan d'agriculture durable? Ah! ce n'est pas la bonne place, on n'est pas rendu là, etc.

Donc, force est de constater que le gouvernement, c'est un gouvernement sous influence, le ministère de l'Agriculture est encore noyauté par l'industrie des pesticides. Et ça ressemble énormément à la situation du ministère des Forêts qui, bon... dont les orientations de gestion de la forêt sont contrôlées par l'industrie forestière. Donc, un gouvernement sous influence, noyauté par, je dirais, des groupes d'intérêts qui en orientent les décisions.

Hier, on a déposé une motion sur les lanceurs d'alerte. C'est important de protéger ces gens-là et de leur permettre de dénoncer des situations inacceptables. Donc, écoutez, je n'irai pas plus loin là-dedans.

Seul petit bémol, donc, Louis Robert jette un peu le bébé avec l'eau du bain dans le sens où il nous attaque, d'une certaine manière, en disant que, bon, nous sommes des néophytes. Mais c'est sûr que les députés, on n'est pas des spécialistes dans tout. Mais on a quand même assez de jugement pour reconnaître qu'une situation est problématique, et de proposer des outils législatifs, puis de relever l'enjeu dans la société. Ça fait que, bon, ça, c'est le seul bémol que je mets sur le bouquin, pour le moment, là, de Louis Robert.

Une voix :

M. Roy : Je ne l'ai pas lu, mais j'ai lu quand même des extraits. Ça fait que voilà.

La Modératrice : On va passer au chef parlementaire, M. Pascal Bérubé, et ensuite on prendra les questions.

M. Bérubé : Bonjour, tout le monde. Merci, Sylvain. Ce n'était pas prévu que Sylvain soit avec nous, mais, compte tenu de l'importance de l'enjeu, de la sortie du livre de ce sonneur d'alerte, ça s'imposait.

Aujourd'hui, je veux parler d'un exercice important qui est l'étude des crédits. Annuellement, c'est un moment privilégié pour la reddition de comptes. Quelques observations.

Jusqu'à maintenant, en matière de transports, en matière de justice, en matière d'aînés, beaucoup de rigidité. Les ministres ne veulent pas répondre aux questions, contrôlent même l'accès à d'autres personnalités de leurs ministères, à qui ils ne veulent pas qu'on pose des questions, que ça soit le président de la Commission des droits de la personne, que ça soit le bureau de projet pour le troisième lien, que ça soit différent intervenants. Je pense qu'il y a un mot d'ordre qui a été donné d'en dire le moins possible. Et ça s'ajoute au contrôle, au contrôle de l'information de la part du gouvernement. Et je vous ferais part de deux propositions en ce sens aujourd'hui.

J'ajoute que reviennent encore sur le tapis les coûts importants des résidences pour aînés, ce que j'appelle Les Résidences Soleil étatiques de Mme Blais. Elle va avoir coûté cher, cette candidature-là de Mme Blais. Ce projet-là, on y met vraiment beaucoup de ressources. On ne sait toujours pas comment ça va coûter, qui va les construire, dans quelles circonstances. Pourtant, les besoins sont identifiés, présentement, on a besoin de personnels qui ont du temps, on a besoin de repas de qualité, on a besoin d'aération pour les aînés actuels.

Et les Résidences Soleil étatiques de Mme Blais, j'entendais encore Paul Arcand ce matin, à juste raison, dire que… Est-ce que ça vaut tout ce qu'on va y mettre? C'est énorme, les coûts de construction, énorme. Alors, ça, ça nous préoccupe, et c'est le moment privilégié qu'on a pour poser des questions.

D'ailleurs, je me permets de susciter votre intérêt en vous disant qu'aujourd'hui il y en a deux importantes. L'étude des crédits sur la réforme des institutions démocratiques. C'est aujourd'hui qu'on va consacrer que, non, le premier ministre ne va pas remplir tous ses engagements électoraux. Il ne va pas réformer le mode de scrutin, il n'en a pas l'intention. Tout indique, dans les travaux législatifs, qu'ils ont choisi d'utiliser cette raison-là pour qu'on ne tienne pas la commission.

Alors, je vous annonce qu'à moins d'avis contraire, et je me rétracterai si c'est le cas, et je saluerai le gouvernement, le gouvernement ne remplira pas toutes ses promesses, et il n'y aura pas de réforme des institutions démocratiques. Tout va dans ce sens-là. Le premier ministre nous a même dit, la semaine dernière, que la ministre avait autre chose à faire. Ils sont capables de faire plein de choses présentement, mais ça, ils ne veulent pas le faire. Pourquoi? Parce qu'ils considèrent que c'est un système qui les avantage.

Alors, ça, c'est l'étude des crédits, institutions démocratiques. Et cet après-midi, bien, c'est avec le premier ministre, alors là, soyez attentifs. On est fin prêts, on a bien hâte de poser des questions qui intéressent le public.

Parlant de transparence, de reddition de comptes, je me permets de faire deux suggestions. La première. Il n'est pas normal que, depuis septembre 2020, le premier ministre ait manqué 33 % des séances des périodes des questions. La population du Québec a élu le premier ministre pour être son dirigeant, et c'est à lui qu'on veut poser les questions. Alors, à chaque mercredi, on doit se rabattre sur Mme Guilbault. Je préférerais que ce soit le premier ministre. Donc, 33 % d'absence aux périodes des questions, c'est autant de moments manqués pour poser des questions au premier ministre. Ça, c'est un premier enjeu.

Le deuxième. Je suis d'avis que le gouvernement du Québec devrait désigner chaque matin, au même titre qu'on le fait, le Parti québécois, Québec solidaire, le Parti libéral, quelqu'un qui vient répondre aux questions générales de l'actualité, pour éviter que vous ayez à prendre du temps sur les points de presse aléatoires sur la pandémie, pour poser des questions sur d'autres sujets. Je suis convaincu que les membres de la Tribune de la presse de l'Assemblée nationale trouveraient que c'est une bonne idée. Pourquoi? Parce que, depuis le début de la pandémie, vous ne pouvez plus accrocher les ministres selon les sujets. Vous savez comment c'est compliqué.

Alors, ma proposition est très claire, et je vais l'adresser à la Tribune de la presse : chaque matin, on ajoute une plage supplémentaire, et le gouvernement désigne un ou une ministre qui vient répondre de façon générale à tous les enjeux de l'actualité. Et il y en a plusieurs aujourd'hui.

Je m'arrêterais là pour qu'on ait plus de temps pour échanger ensemble.

M. Laforest (Alain) : … mais ils ne l'utilisent pas, à partir de 9 heures.

M. Bérubé : Oui, mais, ce n'est pas normal. Nous, on répond à toutes les questions, y compris des questions qui portent parfois sur nos formations politiques, où il y a plus d'enjeux, où vous pouvez nous poser des questions qui sont plus difficiles, c'est normal. Mais le gouvernement, à plus forte raison, lui, il gère l'argent.

M. Lacroix (Louis) : M. Bérubé, quand vous étiez ministre du Tourisme, là, vous avez joué dans le psychodrame du Grand Prix de Montréal.

M. Bérubé : Oui, c'était moi, le négociateur.

M. Lacroix (Louis) : Alors, de voir ce matin que le Grand Prix va être annulé et qu'on va donner une compensation supplémentaire, des millions supplémentaires à cette industrie, en, vraisemblablement, 2030-2031, pour…

M. Bérubé : Pour une rallonge.

M. Lacroix (Louis) : …pour une rallonge, autrement dit, pour reprendre les deux Grands Prix annulés, qu'est-ce que ça suscite, chez vous, comme réaction?

M. Bérubé : Bon, alors, là, vous me…

M. Lacroix (Louis) : ...

M. Bérubé : Bien, oui, je l'ai négociée. Pour l'entente qu'on a actuellement, c'était moi qui étais désigné par la première ministre Marois. Ce que je peux vous dire, c'est qu'à l'époque, ça ne fait pas si longtemps, on parle de 2013, il y avait des exigences qui étaient un hôpital de piste, des paddocks, enfin, il y avait quatre éléments qu'il fallait payer. On les a payés, puis on a une entente à long terme. La crainte que j'aie, c'est qu'en 2022 le Grand Prix ne revienne pas, qu'ils décident d'aller en Turquie, par exemple. Alors, on va en apprendre plus à 11 heures.

Moi, je suis d'avis que c'est un événement hors norme qui a des retombées extraordinaires pour le Québec, en termes de visibilité, en termes de nuitées, en termes de restauration. On peut bien avoir un jugement sur l'industrie automobile ou sur, parfois, les dépassements nocturnes, là, mais ça rapporte beaucoup. On l'a déjà faite, l'analyse, là, d'opportunité, c'est un événement qu'on aurait de la difficulté à remplacer. Ceci étant dit, je comprends que la compensation va être beaucoup pour le promoteur, que je connais très bien, à qui j'ai déjà parlé, il y a quelques semaines, François Dumontier, qui, lui, ça fait deux ans qu'il n'a pas de revenus. Alors, c'est un Québécois qui opère, depuis Normand Legault, ensuite, François Dumontier.

Donc, moi, je veux savoir : Est-ce que le financement permet à l'entreprise de maintenir à flot jusqu'en 2022 ou est-ce qu'on n'a pas de garantie, puis en 2022 ça risque d'aller en Turquie? Ça, ça se gère avec Formula 1, je n'en sais pas plus. Mais, moi, je suis d'avis que le Grand Prix de Formule 1 mérite la considération que le gouvernement lui accorde présentement.

M. Larin (Vincent) : …qu'est-ce que vous pensez du fait que le gouvernement veut aller jusqu'au bout, c'est ce navire-là ou rien?

M. Bérubé : Au bout de quoi, tu sais? J'ai failli dire quelque chose, mais je ne le dirai pas. C'est le bout de quelque chose, certain. Je veux dire, ce navire-là, depuis sa conception, est un problème. Et on ne trouve pas, justement, le bout de le réparer pour qu'il fonctionne. Il a coûté 175 millions. C'est une perte, quant à moi, tout comme l'Apollo que M. Bonnardel a acheté sans inspection, tout comme tous les coûts qui ont été engendrés.

Proposition double. Première affaire : pourquoi on ne poursuit pas le chantier maritime italien Fincantieri? Parce que manifestement c'est vicié depuis la construction.

M. Larin (Vincent) : C'est possible, ça, poursuivre une entité italienne?

M. Bérubé : Bien oui, on le fait dans plein de domaines. Il y a un contentieux au gouvernement du Québec. Pourquoi on renonce à poursuivre un chantier qui nous a fourrés? Bon.

Ensuite, le navire, il est là pour 40 ans. Le Camille-Marcourx a fait à peu près 40 ans. Bien, qu'on en construise un nouveau, au Québec cette fois-ci, qui répond aux exigences de navigation sur le fleuve Saint-Laurent.

Et, quand j'entends le ministre des Transports, de façon désinvolte, dire hier : Non, on va aller au bout du bateau, puis il n'y aura pas de nouveau navire... Je veux dire, ça, c'est le même ministre qui n'est pas capable de nous donner un chiffre à 3 milliards près pour le troisième lien, quand c'est notre unique lien vers la Côte-Nord. Alors c'est un manque de considération à l'égard de la population de la rive sud du Saint-Laurent et de la Côte-Nord. Je peux vous dire que ça a été noté, soyez-en assurés. C'est un enjeu majeur.

Donc, c'est ça, ma proposition : Pourquoi on ne poursuit pas puis pourquoi on ne construit pas un nouveau navire au Québec? C'est la colonne des pertes, le F-.A.-Gauthier. Il faut que quelqu'un le dise, et c'est moi qui vous le dis aujourd'hui.

M. Larin (Vincent) : Et toujours sur le... juste une autre question sur le troisième lien, là. M. Bonnardel ne voulait pas qu'il y ait de questions qui soient posées au directeur du bureau de projet.

M. Bérubé : J'ai vu ça.

M. Larin (Vincent) : Dans le cadre d'une étude de crédits, c'est assez spécial quand même.

M. Bérubé : C'est devenu un dossier sensible pour ceux qui en ont fait la promotion. C'est ça qui est incroyable. Et n'oubliez pas qu'ils ont un livrable : la première pelletée de terre avant la prochaine élection. Puis ils ont intérêt parce qu'Éric Caire a dit qu'il démissionnait si on n'avait pas ça. Alors, ils sont nerveux là-dessus. Ils n'ont pas de chiffres à donner. Ils ont donné les mêmes réponses l'an dernier en temps et lieu.

Moi, je ne remets pas en question le troisième lien. C'est l'engagement du gouvernement, ils veulent le réaliser. Mais dites-nous ça va coûter combien. Ça va coûter, je ne sais pas, moi, 5 milliards, 8 milliards, 10 milliards? Je ne le sais pas. En attendant, moi, j'ai besoin de 200 millions pour un navire qui fait la traverse deux fois par jour entre deux régions, qu'on nous dit que, non, on n'a pas cet argent-là. Ça ne fonctionne pas. Alors, la population de l'Est du Québec, là, ils ont noté la belle considération que la CAQ a pour elle.

M. Lacroix (Louis) : M. Bérubé, la semaine dernière, Theresa Tam, la responsable de la santé publique du Canada, disait que, selon les études, pour accéder à un certain retour à la normale, il fallait que 75 % de la population soit vaccinée d'une première dose et 20 % d'une deuxième dose. Or, hier, M. Dubé a reconnu qu'au 24 juin 75 % des gens vont avoir reçu leur première dose, mais seulement 500 000 personnes vont avoir reçu la deuxième dose, ce qui n'est même pas 10 %. Alors, qu'est-ce que ça vous laisse entrevoir sur un retour à la normale?

M. Bérubé : Bon, deux choses. D'abord, est-ce que l'objectif du 24 juin est atteignable? Évidemment, vous avez compris que c'est un symbole que le gouvernement veut s'accorder, un symbole de liberté avec la Fête nationale. Un petit peu de politique là-dedans. Mais, on veut que ça fonctionne. On veut y contribuer puis on veut que ça se passe bien.

Quant à l'immunité, bien, il faut préciser les éléments. Le président Macron va annoncer ce vendredi, si je ne me trompe pas, son plan de retour, retour à la normale. Ce qui nous manque, c'est clairement des indications sur la base des chiffres, comme vous l'indiquez. À partir de tant de taux de vaccination, qu'est-ce qu'on peut faire de plus? Qu'est-ce qu'on gagne de plus? C'est quoi, les défis collectifs qu'on a?, pour qu'on puisse les mesurer. Puis, une fois qu'on les atteint, on peut poursuivre vers un autre.

Donc, ça nous prend un plan de retour à la normale basé sur des chiffres et des étapes. Parce qu'ils les ont, hein, dans la cellule de crise, ils ont ça puis là ils nous distillent ça, là, pour qu'on demeure attentifs : Mais là, c'est le trio santé, mais qu'est-ce qu'il va dire? Mais… Donnez-nous l'information, puis il va y en avoir, des questions, après.

Je trouve qu'on dépend trop des paroles des participants au point de presse. Tandis que j'aimerais mieux avoir un tableau puis qu'on puisse suivre : 24 juin, objectif, vaccination. Telle date si on a telle immunité collective atteinte. Là, on peut déconfiner tel élément. Ça, là, ça nous donnerait de l'espoir. C'est ça que je propose.

M. Laforest (Alain) : À partir des éléments qu'on connaît, depuis les dernières 24 heures, quelle est votre position par rapport à AstraZeneca et éventuellement Johnson & Johnson?

M. Bérubé : C'est clair qu'AstraZeneca il y a une crainte là? Il y a des gens qui n'avaient pas de craintes puis il y a des gens qui sont allés au-delà de leur crainte parce qu'ils se disaient que c'est mieux d'avoir un vaccin puis c'est très rare qu'il y a des problèmes. C'est sûr qu'il y a une gestion de la perception. Je sais très bien qu'il y a des gens qui ne voudront plus l'avoir à cause de ça.

Donc, qui peut nous rassurer? Bien, des scientifiques, en disant : Bien, voici la loterie, voici le taux de complication possible. Puis on nous dit également, ce matin, que... Soyez attentifs, après l'admission du vaccin, parce que, si vous avez des symptômes, vous pouvez aller voir votre médecin.

C'est clair qu'il y aura un impact, je ne le nie pas, là. Puis, il y a des gens que j'entends, moi, dans ma circonscription, qui voulaient se faire vacciner, qui ne veulent plus se faire vacciner avec l'AstraZeneca. Ils aimeraient avec les autres doses. Donc, est-ce que ça va jouer avec l'objectif du 24 juin que j'ai évoqué avec votre collègue? Peut-être. Alors là, il y a un travail de rassurer la population.

Mais, on veut vraiment que ça fonctionne, la vaccination. On veut collectivement encourager le ministre, puis on lui rapporte régulièrement des choses qu'on peut modifier, puis il a une bonne écoute là-dessus. Donc, c'est un effort collectif, hein? Ce n'est pas seulement le gouvernement du Québec. On y contribue tous, les députés.

M. Bergeron (Patrice) : Sur l'action du premier ministre en Chambre, vous connaissez les raisons qui sont invoquées. Il y a une équipe A puis une équipe B, au fond.

M. Bérubé : Oui.

M. Bergeron (Patrice) : Et on ne veut pas qu'il y ait de…

M. Bérubé : On va prendre l'équipe A.

M. Bergeron (Patrice) : Oui, j'ai compris que vous voulez prendre le chef de l'équipe A, en tout cas. Mais ces raisons-là, selon vous, ne sont pas suffisantes, de vouloir éviter un risque de contamination…

M. Bérubé : Bien, voyons donc!

M. Bergeron (Patrice) : …de l'ensemble des parlementaires ou des ministres?

M. Bérubé : Bien, voyons donc! C'est ça qu'ils vous disent?

M. Bergeron (Patrice) : Bien, c'est ce qui a été expliqué. C'est pour ça qu'on a mis en place…

M. Bérubé : Ça ne tient pas, non...

M. Bergeron (Patrice) : …deux systèmes, là.

M. Bérubé : Bien, deux systèmes, je veux dire… Manon Massé puis Gabriel Nadeau-Dubois sont ensemble régulièrement puis… Non, non, il y a moyen d'aménager ça, je veux dire… Justin Trudeau, il est là pas mal tout le temps, là, en Chambre. Ça ne tient pas. Ça fait l'affaire du gouvernement, de préserver le premier ministre des questions une fois sur trois. Mais moi, je demande qu'on s'organise. Je préfère que ça soit Geneviève Guilbault dans son bureau puis le premier ministre au salon bleu. D'ailleurs, ce n'est pas toujours évident avec Mme Guilbault le mercredi.

Donc, je vous rappelle, là, de septembre 2020 à, mettons, au 1er mai, parce que ça va se poursuivre, nous, on accepte que le premier ministre manque le tiers des périodes des questions? Ça ne marche pas.

Mme Lévesque (Fanny) : La question, c'est pour M. Roy s'il vous plaît.

M. Bérubé : Oui.

La Modératrice : Dernière question en français.

Mme Lévesque (Fanny) : Juste, sur l'affaire Louis Robert. Vous l'avez dit, là, vous avez parlé de la consultation, qu'il y a eu des recommandations. Vous estimez à… Votre message, finalement, est-ce que vous estimez quand même que le gouvernement a agi, depuis un an, ou, pour vous, c'est nettement insuffisant, les problèmes dénoncés sont encore présents?

M. Roy : Bien, écoutez, force est de constater qu'il n'y a pas beaucoup de recommandations qui ont été opérationnalisées ou mises en place, hein? Là, on oblige les agronomes à être plus transparents par rapport à leurs liens avec les entreprises, mais on ne les sanctionne pas. Bien, moi, là, si j'avais une recommandation autre à faire, c'est que le ministère réembauche des agronomes qui vont devenir indépendants et qui ne seront plus soumis à la pression des grands lobbyistes et vendeurs de pesticides. Il faut recréer l'indépendance du ministère par rapport à ces gens-là qui font une pression énorme.

Mme Lévesque (Fanny) : Cette pression est toujours là. Cette pression est toujours…

M. Roy : Bien, moi, à mon avis… Écoutez, je me souviens en commission parlementaire où le sous-ministre était fier de nous annoncer qu'il s'était séparé ou qu'il avait mis à pied un nombre considérable d'agronomes pour répondre à des objectifs financiers du gouvernement et que, par contre, la livraison des services des entreprises privées était fabuleuse. Écoutez, là, moi, je n'en revenais pas, là.

Mme Gamache (Valérie) : Mais quel message ça envoie, M. Roy, ce matin, aux lanceurs d'alerte, quand on entend... un des très connus lanceurs d'alerte dit : Ça a été un travail insipide, en quelque sorte, une commission parlementaire? Est-ce que ça n'enlève pasle goût de dénoncer?

M. Roy : Bien, écoutez, le travail n'était pas insipide. C'est l'application des recommandations qui ne sont pas au rendez-vous. C'est la même chose avec le Plan d'agriculture durable. Le ministre en a fait une annonce, il m'a même appelé : J'ai une bonne nouvelle pour tout le monde en agriculture. Oui, mais comment ça a atterri sur terre, ces affaires-là?

Moi, là, je lui ai offert, en commission parlementaire, je vous le dis, là, par rapport à l'ITAQ, l'Institut de technologie agroalimentaire, d'aller chercher le Plan d'agriculture durable, de l'intégrer à l'intérieur du processus de formation, de prendre les recommandations liées au rapport des pesticides puis de l'inclure. J'ai dit : C'est la plus belle occasion pour démontrer votre sérieux et votre respect envers les Québécois et les Québécoises. Non, on n'a rien eu.

Donc, écoutez, quand je dis «un gouvernement sous influence», là, bien, c'est inquiétant. Parce que, là, il faut que le ministre prenne ses responsabilités, qu'il fasse du ménage et qu'il réponde à son imputabilité envers la nation québécoise. Je ne demande pas sa démission, je demande qu'il fasse ses devoirs, et qu'il aille chercher une autorité par rapport à ses fonctionnaires, et qu'il démontre qu'il est l'homme de la situation.

La Modératrice : On va passer en anglais, s'il vous plaît...

M. Bergeron (Patrice) : ...producteurs agricoles qui, eux, disent : Écoutez, il faut qu'on reste concurrentiels par rapport aux méthodes de nos concurrents américains, français. C'est ce qui est toujours ressorti comme argument.

M. Roy : La majorité de la production... bien, en tout cas, une grande partie de la production de grains qui utilise des pesticides va pour l'industrie du porc, qui est une industrie d'exportation en majorité. Ça fait qu'à un moment donné, là, il faut évaluer toutes les choses comme elles sont, O.K.?

Ceci étant dit, ce que les agriculteurs nous disent, puis même Équiterre puis la Fondation David-Suzuki nous ont dit : On ne peut pas se débarrasser à 100 % des pesticides, c'est impossible. Il y a toutes sortes de techniques, de stratégies qui existent, d'aller, bon, prendre des drones puis aller cibler des portions de territoire qui doivent être traitées pour juste... pour minimiser l'impact, tu sais? Ça, ça existe, ça, puis en Europe, ils l'appliquent. Bon, mais ça, ça n'a pas été développé, puis les agriculteurs ne sont pas soutenus là-dedans. On est encore dans une stratégie d'épandage tous azimuts, avec des liens des agronomes avec les entreprises, qu'ils doivent déclarer, mais qui ne sont pas sanctionnés quand le conflit d'intérêts est patent.    Ça fait qu'il y a beaucoup de travail à faire encore. Et il faut juste que le gouvernement prenne ses responsabilités et puis qu'on sanctionne les sous-ministres, puis je l'ai dit aussi, dans un autre point de presse, par rapport à la forêt, là, qui se sentent comme une caste d'intouchables, là. Bien, il faut sanctionner.

La Modératrice : On va passer en anglais, s'il vous plaît.

Mme Senay (Cathy) : Good morning. Mr. Bérubé, with all those negociations with the F1 and now that the contract might be extended to 2030‑2031 instead of 2020‑2029, what's at stake? What Quebeckers have to understand?

M. Bérubé : They might loose the race to Turkey. Because there is a major threat because we didn't held the race last year and now this year. So it's about big money. And I know pretty well this topic because I used to be the negotiator for the Government of Québec, for the renewal of the agreement. That was in 2013. And I remember that, to talk about about big money, they don't have a lot of feelings about Montréal. There's : OK with Montréal, it's such a great place to hold a race. But money talks, and if Québec cannot be there totally for the race, I am afraid that we might loose that great race to Turkey. So that's major threat to this big event.

Mme Senay (Cathy) : So, it's important to Québec that the Government keeps putting pressure on and put this as a…

M. Bérubé : It keeps alive the François Dumontier's company, which is a good thing. He is someone from Montréal, he does a great job. Normand Legault used to do a great job as well. But I'm pretty sure that today is not a great day for the future of Formula 1 in Montréal.

Mme Senay (Cathy) : Now that there is a death and there is a name link to AstraZeneca's complications, what's your role as an MNA responsible of citizens?

M. Bérubé : Well, I have some questions myself. And, since the beginning, what we have to do is to make sure that people understand that it's better to have a vaccine than not. And then, we have different offers, and, since the beginning, AstraZeneca, it's hard to sell. And now someone is dead, it's sure, I'm pretty sure that a lot of people do not want to be inoculated with AstraZeneca. So, that's a big problem. It might play in the objective of the Government to be free, collectively, June 24.

Mme Senay (Cathy) : That's your worry?

M. Bérubé : That's the major worry of Mr. Dubé. But my worry is to make sure that we can get rid of this pandemic as soon as possible. So, it's a game changer.

Mme Senay (Cathy) : It is? It is?

M. Bérubé : It's a game changer because a lot of people, I'm pretty sure, do not want to be inoculated with AstraZeneca, and maybe we need a campaign for that. It's hard to convince someone to… 50 years old, to get this vaccine, when yesterday a woman of this age died in Québec. So, it's not a good publicity at all.

M. Grillo (Matthew) : Going back to F1, how fragile do you think the situation is?

M. Bérubé : It is.

M. Grillo (Matthew) : You have experience…

M. Bérubé : It is, it is. I used to negotiate, myself, with Bernie Ecclestone. That's something I will remember for the rest of my life. It's all about money. The only reason Mr. Ecclestone used to come to Montréal is to make sure that he secures the deal that we have with Montréal. And we negotiate with the federal Government, the city of Montréal and Tourisme Montréal. This is the four parts of the agreement. And, since I know pretty well what's going on right now, I talked to Mr. Dumontier, a few weeks ago, I feel that they are in a weak position right know for 2022. It might be relocated in Turkey. If it's not the case, good thing. But I have some worries about that.

M. Grillo (Matthew) : So what? If Turkey throws more money on the table, you think the F1…

M. Bérubé : It works like that. And there's different links between the different places, how many kilometers, how many time you have to travel the cars, and all the people, and with the pandemic issue. And I'm pretty sure all around the world we have big cities, like, new cities, getting bigger and bigger, with a lot of money, who could hold this kind of Formula 1.

The good thing with us, is that we are the only one in North America. So that's a good thing. And this is the major tourism attraction in Canada, in Montréal and in Canada as well. So, since we have it, we should keep it. And I'm afraid we… I want to know, at the press conference of Mr. Fitzgibbon : Where you want to go, how far you want to go to save Formula 1? And you won't hear from us that Formula 1 should disappear, like : good riddance. No.

And it's good for Montréal, for the image of Québec, it's good for hotels, restaurants, it's... Money talks there too. And I remember asking for the different studies. It's impressive, the money from… Not money from someone who leaves Saint-Eustache to come to downtown Montréal, Île-Sainte-Hélène. People from New-York city, from Chicago, from Tel-Aviv, from Rio, this is the kind of people we have coming to Montréal. And we need these people.

M. Lacroix (Louis) : Juste un petit détail. Vous avez dit tout à l'heure que M. Legault a manqué 33 % des périodes de questions. Votre chef n'est pas là depuis deux jours. Lui, c'est 66 % des conférences de presse, ce matin, qu'il manque.

M. Bérubé : Il est occupé sur un.. Bien, d'ailleurs, il est ici, mais il est occupé sur un enjeu qu'on va pouvoir vous communiquer bientôt. Je vous avais écouté hier, je lui ai dit que vous aviez dit ça. Mais il dit : Il va être étonné de voir sur quoi on a travaillé. On est une petite équipe, Paul met la main à la tâche.

Mme Senay (Cathy) : … c'est ça que vous êtes en train de nous dire?

M. Bérubé : Non, mais là, je dis que c'est cette semaine. Le premier ministre, c'est depuis septembre. C'est systémique, dans le cas du premier ministre. Mais vous aimeriez mieux qu'il soit là tous les jours?

Des voix : ...

M. Bérubé : Vous aimeriez mieux qu'il soit là tous les jours, M. Legault?

M. Lacroix (Louis) : ...il n'y a pas de problème.

M. Bérubé : Je sais que vous m'aimez bien, vous me l'avez déjà dit. Et je vous l'ai dit. Mais l'autre affaire, puis j'espère que vous êtes d'accord avec ça, je pense ça prend un porte-parole gouvernemental qui vient répondre le matin sur les sujets généraux. On lui laisse la place. Je vais écrire à la Tribune, je ne vois pas Marco qui est là. Je vais lui écrire.

Une voix :

M. Bérubé : Marco.

La Modératrice : On va continuer la conversation après. Merci beaucoup. Bonne journée.

(Fin à 8 h 52)  

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