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Point de presse de M. Sylvain Roy, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière d’enseignement supérieur

Version finale

Le jueves 27 mai 2021, 11 h 18

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Onze heures dix-neuf minutes)

La Modératrice : Alors, bonjour et bienvenue à ce point de presse du Parti québécois. S'adresseront à vous aujourd'hui, M. Sylvain Roy, porte-parole en matière d'éducation supérieure, il sera accompagné de Louis-Xavier Lamy, représentant de l'AELIES de l'Université Laval. Alors, M. Roy, c'est à vous.

M. Roy : Merci beaucoup. Bon, on est ici aujourd'hui pour présenter un projet de loi que je parraine et qui a été planifié et développé par des jeunes universitaires des assos étudiantes. Donc, l'enjeu, c'est le suivant, c'est que le gouvernement du Québec, depuis les années 90, a déboursé tout près de 1,7 milliard de dollars pour financer les prêts étudiants. C'est sûr qu'à l'époque l'État avait peut-être moins de moyens ou considérait que ce n'était pas un enjeu important, mais aujourd'hui, un État moderne se doit de réfléchir à toutes les stratégies qu'il peut prendre pour financer les études. Mais, entre autres, pourquoi payer des intérêts à des banques qui font des milliards et des milliards de profits quand l'État peut récupérer les prêts, soutenir les études, prêter aux étudiants à des taux qu'il définira, mais qui devraient être avantageux pour l'État et les étudiants, et récupérera les prêts avec de l'intérêt?

Donc, le projet de loi, ce n'est pas compliqué, ce qu'on demande, c'est que le gouvernement du Québec rapatrie dans les années à venir… ça ne sera pas rétroactif, mais rapatrie des prêts étudiants ou l'offre de prêts étudiants aux étudiants pour permettre de réinvestir les sommes épargnées dans le réseau de l'éducation.

Juste à titre d'exemple, actuellement, on a toute sorte de problématique en éducation postsecondaire. Un qui nous inquiète particulièrement, c'est la pérennisation que les cégeps semblent vouloir faire de la formation à distance parce que ça coûte moins cher. On sait que les jeunes ont besoin de vivre l'expérience éducative en groupe, mais là on a des cégeps qui décident de continuer à offrir de la formation à distance parce que ça coûte moins cher, bon, en sécurité associée à la COVID, de présence en classe, entretien des gymnases. Donc, ça, c'est inadmissible. Et ils le font parce qu'ils ont des colonnes de chiffres.

On a aussi la déréglementation des frais de scolarité à l'université qui fait en sorte que les universités manquent tellement d'argent qu'elles sont obligées d'offrir des programmes, bon, à des anglophones qui ont beaucoup d'argent, qui paient des 20 000 $, 25 000$ de frais de scolarité, et ça vient contaminer l'offre de formation dans les universités où les francophones sont obligés d'aller chercher des formations en anglais pour répondre aux besoins financiers des universités.

Donc, ce ne sont que des exemples, mais il y a un manque criant d'argent dans le réseau postsecondaire. Et avec les jeunes et M. Lamy qui va prendre la parole dans quelques secondes, on a une solution, ça ne règle pas tout, mais ça permet à l'État d'aller récupérer des sommes pour financer l'éducation postsecondaire au Québec. Et je laisserais la parole à M. Lamy, dans les règles de l'art.

M. Lamy (Louis-Xavier) : Bonjour à toutes et à tous. Au nom de l'AELIES, je souhaite remercier M. Roy pour l'intérêt porté au projet, ce qui nous permet aujourd'hui de présenter le projet de loi.

Nécessairement, la nationalisation de l'AFE, ce n'est pas une mince affaire, mais il semble que c'est maintenant une nécessité. À travers les années, l'aide financière aux études a été amendée, modifiée de façon à l'adapter aux circonstances, mais maintenant, ce qu'il lui faut, c'est une réforme.

Le projet qu'on présente aujourd'hui, c'est la base de cette réforme qui est tant attendue. Je tiens à le mentionner, le projet est le résultat de plusieurs années de travail à l'AELIES, avec le travail, là-dessus, qui a commencé en 2013. Il y a donc plusieurs générations d'exécutants et d'exécutantes de l'AELIES qui y ont travaillé, et je salue leur travail.

Maintenant, le projet proposé offre à l'État le contrôle des prêts et des intérêts qui y sont associés parce que le gain qui en serait retiré permettrait d'améliorer le programme à la fois pour l'État et pour les étudiants et étudiantes du Québec. Le gouvernement du Québec y gagnerait des dizaines de millions de dollars par année, en plus de lui permettre une plus grande autonomie financière. C'est-à-dire que, dans le modèle actuel, le gouvernement du Québec doit payer la facture si les institutions financières décident d'augmenter les taux d'intérêt, comme ce fut le cas en 2008, par exemple. En devenant le créancier des prêts, en plus d'en être l'endosseur et le régulateur, le gouvernement est gagnant autant financièrement qu'en termes d'autonomie.

Cependant, au-delà des gains considérables pour le gouvernement, ce qui nous intéresse, nous, comme association étudiante, c'est le bénéfice pour les étudiants et les étudiantes. L'AELIES a le devoir d'être à l'écoute de ses membres et de les représenter, et nous avons entendu nos membres par rapport à l'aide financière aux études. Ce qui est ressorti de cette écoute-là, c'est le besoin d'élargir l'accès à l'aide financière aux études et de réduire les taux d'intérêt pour les étudiants pour diminuer l'endettement étudiant. Ça peut être fait si le gouvernement va de l'avant avec le projet et réinvestit l'argent libéré par la nationalisation de l'AFE dans le programme. Somme toute, ça permettrait de favoriser l'accès aux études postsecondaires, ce qui est l'objectif principal de l'aide financière aux études.

L'éducation est, bien entendu, une richesse sans limites pour notre société et elle doit être favorisée en ce sens. Concrètement, les avantages seraient nombreux pour tous. Par exemple, un réinvestissement de l'argent libéré par la nationalisation, comme je l'ai dit, permettrait possiblement de baisser les taux d'intérêt pour les étudiants, ce qui diminue l'endettement étudiant, ce qui diminue aussi les mauvaises créances et les frais de recouvrement pour le gouvernement du Québec. Comme société, nous y gagnons tous parce que c'est l'argent des contribuables qui paient, en ce moment, les intérêts aux institutions financières, alors que cet argent-là pourrait être investi pour avoir des retombées positives.

Dans une perspective d'équité intergénérationnelle et d'autonomie financière, donc, l'amélioration du programme semble une nécessité, et nous donnons aujourd'hui au gouvernement une solution pour avoir les fonds et l'autonomie pour le faire. Ce projet de loi n'en est pas un qui est fondamentalement partisan. On parle d'éducation ici. Donc, nous espérons de tout coeur être entendus par le gouvernement Legault. Le projet est bénéfique pour tout le monde et il doit aller de l'avant. Merci beaucoup.

La Modératrice : M. Roy, est-ce qu'il y a une dernière intervention?

M. Roy : Ce que nous voulons, c'est que le gouvernement prenne au sérieux la demande et que, si le projet de loi ne correspond pas à ce qu'ils aimeraient voir, mais qu'ils s'engagent à travailler avec nous, à moderniser le régime de prêts et bourses et à rapatrier la gestion complète au gouvernement du Québec. Donc, c'est une ouverture. Et je pense que le ministre des Finances en tant que banquier doit reconnaître qu'il y a des économies à faire. Et je lui demande d'oublier d'où il vient, mais qu'il prenne au sérieux son rôle de législateur puis de personne qui est responsable des finances publiques. Les finances publiques dans le domaine de l'éducation, ça veut dire aussi l'accès aux études pour tous ceux et celles qui veulent avoir la possibilité de poursuivre leurs études sans se casser la tête avec les enjeux financiers. Voilà. Merci.

La Modératrice : Alors, il n'y a pas de question. Donc, ceci met fin à ce point de presse. Merci et bonne journée.

(Fin à 11 h 26)

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