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Point de presse de Mme Christine Labrie, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière d’éducation

Version finale

Le martes 18 janvier 2022, 12 h 30

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Douze heures trente-deux minutes)

Mme Labrie : Bonjour. De nombreux élèves ont fait leur rentrée en classe hier. Pour d'autres, ça se passe aujourd'hui. Et ce qu'on constate en ce moment, c'est que le ministre de l'Éducation non seulement n'a pas été ouvert à mettre en place des mesures que l'opposition proposait pour rendre nos écoles plus sécuritaires, mais, en plus, il ne respecte pas les propres engagements que, lui, avait pris auprès des familles, auprès des parents, des membres du personnel. Notamment, il s'était engagé à rendre accessibles des masques N95 pour le personnel des écoles et des classes spécialisées.

On est informé qu'à quelques endroits au Québec, en ce moment, ce matériel-là n'est pas disponible. Le ministre s'était engagé à distribuer des tests rapides dans les écoles primaires. On est informé que, dans plusieurs écoles primaires, il n'y a pas eu de livraison de tests rapides.

Également, le ministre a mis fin à la directive qui faisait en sorte que les parents étaient informés des cas qu'il y avait dans la classe de leur enfant. C'est un manque de transparence très préoccupant pour les parents. On a besoin de savoir ce qui se passe dans la classe de nos enfants. Et donc, moi, je suis inquiète parce que ces décisions-là risquent de favoriser qu'il y ait davantage d'éclosions.

Puis en plus, on apprenait hier que le seuil pour que l'enseignement bascule en virtuel, c'est 60 % d'absences. Donc, ça, ce que ça veut dire, c'est qu'on peut avoir plus de la moitié des élèves qui sont absents dans une classe, et puis l'enseignement va continuer de se faire en présence en classe alors qu'il n'y a pas de seuil minimal de services pour les élèves qui sont à la maison. Ça crée des inégalités très, très importantes entre les élèves, et ça, c'est ce qu'on doit à tout prix éviter, que des inégalités se creusent entre les élèves. Ça pose des enjeux au niveau de la réussite, puis notamment de la réussite des élèves qui ont des besoins particuliers, qui risquent de perdre, dans les prochaines semaines, certains services auxquels ils avaient accès si, par exemple, leur orthophoniste, leur orthopédagogue est requis pour aller prendre la responsabilité d'un groupe.

Mme Gamache (Valérie) : ...est-ce que vous avez l'impression que le gouvernement met en danger actuellement les élèves et les enseignants au Québec?

Mme Labrie : Ce qui est mis en danger, c'est la qualité des services éducatifs. Donc, moi, à ma connaissance, les symptômes du variant Omicron sont plutôt mineurs par rapport à ce qu'on a vu depuis le début de la pandémie. Donc, ce n'est pas la santé physique des élèves qui m'inquiète. C'est vraiment la qualité des services éducatifs qu'on est en mesure de rendre. C'est les inégalités qui vont se creuser entre les élèves.

Mme Gamache (Valérie) : Puis il y a, par exemple, ce matin, la cheffe libérale qui disait : Il faut se pencher, là, sur, par exemple, tout le volet sportif, le volet activités physiques. Est-ce qu'il faut, à quelque part, être imaginatifs, puis trouver une façon de ramener... une façon de bouger aux enfants, sinon, on va frapper un mur, là?

Mme Labrie : Bien, je comprends cette préoccupation-là, parce qu'on sait que c'est un facteur de motivation scolaire très, très important, tout ce qui est connexe aux activités d'enseignement. Les jeunes ont hâte de les retrouver, ils en ont besoin pour se sentir motivés d'aller à l'école. Donc, oui, il va falloir que ça revienne.

Mais en ce moment, moi, ce qui me préoccupe, c'est vraiment la qualité des services éducatifs, et tout ce qui est connexe à l'enseignement, là, qu'on est... qui sont très à risque, hein? Il y a, en ce moment, du délestage, là, dans les services offerts aux élèves.

Mme Gamache (Valérie) : Il y a des enseignants, ce matin, qui ont manifesté. Est-ce que vous appuyez ce mouvement-là?

Mme Labrie : Je n'ai pas...

Mme Gamache (Valérie) : Il y a les enseignants, ce matin, qui ont manifesté, qui ont dit : Bien, on est mal à l'aise, on trouve que ça va trop vite. Est-ce que vous appuyez ce mouvement-là?

Mme Labrie : Ils étaient mal à l'aise avec le retour en classe? Mais, moi, c'est un malaise que je partage, effectivement. On avait émis plusieurs suggestions pour s'assurer que ce soit le plus sécuritaire possible. Le ministre n'a pas été à l'écoute de ces suggestions-là, puis il n'a même pas non plus respecté ses propres engagements. Donc, évidemment que ça soulève des questions. Moi, je comprends les membres du personnel de demander plus d'actions de la part du gouvernement.

Puis, là, en ce moment, le focus, dans la gestion de la pandémie, on dirait qu'il est complètement concentré sur pénaliser le 10 % de gens qui ne sont pas vaccinés, alors que la gestion de la pandémie demande des interventions beaucoup plus larges que ça, demande des actions gouvernementales pour limiter les éclosions. Ce n'est pas vrai, là, que 100 % des gens qui sont malades en ce moment sont des gens qui ne sont pas vaccinés, là.

Mme Gamache (Valérie) : Puis, en terminant, sur le protecteur de l'élève, avez-vous l'impression que ce… On a eu certains commentaires, ce matin, d'intervenants qui disaient : C'est un peu un écran de fumée, là. Est-ce que vous avez… Est-ce que c'est votre sentiment sur ce projet de loi là, ou vous y croyez, vous y tenez, là?

Mme Labrie : Bien, il y a plusieurs éléments qui vont devoir changer pour améliorer le projet de loi, notamment le protecteur national de l'élève devrait être nommé aux deux tiers de l'Assemblée nationale, ça, plusieurs groupes nous l'ont déjà dit, si on veut garantir son indépendance. Et puis également, moi, je vais certainement militer pour qu'on ouvre une porte pour que le personnel puisse signaler des manquements au respect des droits des élèves. Je pense que ce serait une occasion ratée si on ne le faisait pas. Ils sont les premiers à pouvoir voir s'il y a un manquement au respect des droits des élèves. Souvent, les élèves et leurs parents ne sont pas équipés eux-mêmes pour savoir qu'une telle situation s'est produite, donc il faut permettre aux membres du personnel de le faire. Mais, moi, je sens qu'il y a de l'ouverture de la part du ministre. Donc, à ce stade-ci, j'estime qu'on peut améliorer le projet de loi. Il y a déjà des gains intéressants dans le projet de loi par rapport à ce qu'on avait avant, mais, évidemment, là, il y a plusieurs choses qu'on peut faire encore pour améliorer.

Mme Gamache (Valérie) : Bien, merci beaucoup.

La Modératrice : Merci.

(Fin à 12 h 37)

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