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Point de presse de Mme Manon Massé, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière d’affaires autochtones, et M. Vincent Marissal, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de santé

Version finale

Le miércoles 2 février 2022, 8 h 20

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures vingt-sept minutes)

Mme Massé : Bonjour, tout le monde. Hier matin, j'ai été horrifiée d'apprendre que 200 de mes concitoyens, des aînés de ma circonscription, ont reçu un avis d'éviction, à la fin de la semaine dernière, en pleine crise du logement. Un nouveau propriétaire a acheté la résidence Mont-Carmel, en décembre, puis il a fait miroiter à ces aînés-là qu'il allait pouvoir maintenir les services, qu'il allait, d'ailleurs, maintenir les services de l'ancien propriétaire, donc de faire en sorte que cette résidence pour personnes âgées allait continuer à être une résidence pour personnes âgées.

Ceci étant dit, ils apprennent, avec l'avis d'éviction, que, dans les faits, un mois plus tard, d'ailleurs, hein, il l'a achetée en décembre, puis, en janvier, que ça ne sera plus une RPA, ça va devenir un immeuble locatif en plein coeur du centre-ville de Montréal. Ce que ça veut dire, là, c'est que les personnes qui habitent là depuis plusieurs années, très majoritairement des aînés, 70, 80 — je parlais, hier soir, avec une dame de 88 ans — qui sont là, qui habitent là, n'auront plus de service, plus d'infirmière auxiliaire, plus de bouton panique, plus de service de sécurité, de réception, toutes des choses sécurisantes et aidantes pour nos aînés à garder leur autonomie le plus longtemps possible.

Je suis abasourdie de la facilité avec laquelle un promoteur propriétaire peut retirer un milieu de vie à des aînés aussi facilement. On parle ici des personnes aînées, vulnérables, puis, en plus, dans le cas du Mont-Carmel, des gens qui ont des faibles revenus. Où vont aller ces gens? Où ils vont aller pour retrouver leur sentiment de sécurité, pour pouvoir poursuivre, dans la vie, de façon autonome, en pleine crise du logement?

Depuis hier, mon équipe de circonscription et moi, on est en contact constant avec ces gens-là qui sont paniqués. La détresse est réelle. La détresse, elle est touchable, on l'entend au bout du fil. D'ailleurs, une résidente prenait cette image-là pour me décrire son sentiment puis ce qu'elle vit autour d'elle, elle me parlait de tsunami, de véritable ravage humain. Je suis, c'est ça, abasourdie.

En fait, on va faire tout ce qu'on peut pour les aider, ces gens-là. Je suis députée de la circonscription, on va travailler fort pour les protéger. Mais il faut que le gouvernement se réveille. Il est où, le ministre Dubé, ministre des Aînés? Elle est où, la ministre Laforest, responsable de l'Habitation? Silence radio depuis hier. Le gouvernement doit prendre ses responsabilités puis empêcher qu'un promoteur immobilier appauvrisse des centaines de locataires, comme ça, sans crier gare. Combien de fois la CAQ nous a dit que les aînés, c'était important pour elle? Bien, là, c'est le temps de le prouver. Là, c'est le temps de le démontrer. 200 aînés qui attendent que leur gouvernement intervienne pour leur donner de l'air parce qu'actuellement ils se retrouvent dans une très mauvaise situation.

M. Marissal : Bonjour, tout le monde. Quelques mots sur la santé, évidemment. Le réseau de la santé, vous avez vu comme moi, ce matin, qu'il y a encore des articles, là, des reportages qui démontrent que le grand plan retour du ministre Dubé ne fonctionne pas. Malheureusement, ce n'est pas une grande surprise parce que c'est tellement mal foutu, ça a été improvisé comme le reste. On promet des choses qu'on n'est pas capable de livrer. On a mis tous nos oeufs dans le panier de primes salariales, alors que les infirmières en particulier ont dit au gouvernement : Ce n'est pas ça, le problème.

Alors, pendant que le ministre Dubé parle beaucoup, il livre peu. Pendant qu'il fantasme sur une petite révolution dans le réseau de la santé, ce qu'on a, dans le milieu, c'est une vague de démissions. Et ça continue. Seulement pour le CIUSSS de l'Est-de-Montréal, qui est un des plus gros au Québec, dans les trois dernières années, selon ce qu'on me dit, il y a eu 1 600 départs, majoritairement des infirmières. Alors, c'est des portes tournantes, puis il y a plus de monde qui sort qu'il y a de monde qui rentre.

Le gouvernement est arrivé avec un plan mal foutu. Il s'est fait croire que ça fonctionnerait. C'est, encore une fois, une approche comptable. C'est beaucoup ce qu'on voit avec ce gouvernement-là. On essaie, avec des chiffres, avec des colonnes de chiffres Excel, de régler des problèmes humains. On le voit, d'ailleurs, ce qu'on fait avec le projet de loi n° 11, en ce moment, c'est la même chose, on veut absolument vider la liste du guichet pour un médecin de famille avant les prochaines élections. C'est d'ailleurs la commande que le ministre Dubé a donnée à la FMOQ en disant qu'il fallait que ça soit vidé pour le mois de juillet. Ça tombe bien, juste deux, trois mois avant les prochaines élections.

Alors, M. Dubé, en ce moment, le ministre de la Santé, il essaie de remplir une chaudière percée puis, en plus, il fait des trous dedans, parce qu'il ne respecte pas sa parole, il n'est pas capable de livrer. Le ministre Dubé, là, c'est un gros parleur, mais un petit faiseur, parce qu'en ce moment, dans le milieu, il ne se passe rien, si ce n'est que la détresse continue. Les gens quittent massivement, et ils ne sont pas capables de les retenir parce qu'ils ne sont même pas capables de verser des primes qu'ils ont promises à des gens qui se tuent, qui suent sang et eau, tous les jours, à essayer de sauver le réseau de la santé ou ce qu'il en reste.

Alors, moi, je lui demande, là, de remettre ses idées en place, là, arrêter de courir 28 lièvres en même temps puis de faire des promesses puis des slogans, là, et d'aller sur le terrain, puis de régler les problèmes urgents sur le terrain. Merci.

La Modératrice : On va prendre vos questions.

M. Laforest (Alain) : Est-ce que vous trouvez que la Santé publique, M. Marissal, actuellement, est claire, là, entre autres pour le sport chez les jeunes, pour le retour au travail, en cas de gens qui ont eu la COVID, pour la troisième dose sur la COVID? Est-ce que trouvez que le message est clair, qu'on peut se comprendre là-dedans, actuellement?

M. Marissal : Bien, le message n'est pas clair, mais la faute en revient au gouvernement. C'est le gouvernement, à la fin, qui prend les avis, qui les étudie puis qui doit donner les directives. C'est le gouvernement qui donne les directives.

D'ailleurs, ils se sont donné tellement de moyens pour le faire, avec l'urgence sanitaire qui dure et perdure dans le temps, sans qu'on soit même capables d'en discuter ici de façon démocratique parce que ça a de l'air que c'est une fatalité puis c'est comme ça que ça marche.

Quand le message n'est pas clair, vers qui les gens se tournent? Bien, vers leur gouvernement. Puis le gouvernement, il improvise. Le gouvernement jongle, en ce moment, avec des torches allumées puis il ne sait pas quoi faire. On l'a vu avec la taxe santé : avance, recule, lance une idée, lance un ballon, ça ne marche pas, on recule.

Vous savez, les gens, là, je les comprends d'être mêlés, là. Moi aussi, je suis mêlé à l'occasion. Vous savez, j'ai des enfants, là, dans différentes écoles, ce n'est pas souvent de la plus grande des clartés. Mais le message, là, il est de la responsabilité du gouvernement.

M. Lacroix (Louis) : Est-ce que le premier ministre Legault a cédé sous la menace en reculant? La menace des manifestations, la menace de ce qu'on pourrait appeler une certaine radicalisation de la population, là, pour reculer, justement, pour expliquer son recul sur la taxe santé... Est-ce qu'à votre avis il a cédé sous la menace?

M. Marissal : Moi, je pense qu'il a surtout envoyé un ballon qui ne tenait pas. Il a envoyé un ballon percé, puis, comme d'habitude, le ballon s'est effoiré. Il n'avait pas les avis juridiques pour faire ça, il a lancé une idée dans un point de presse, ça ne tenait pas la route. Il nous a dit que son ministre des Finances avait écrit un projet de loi. J'aimerais beaucoup le voir, le projet de loi. Puis le fait est qu'il n'y avait aucun appui dans le réseau de la santé puis chez les juristes pour faire une affaire de même.

Alors, s'il a reculé devant quoi que ce soit, l'idée, c'est qu'on ne s'excuse pas, on fait attention. Il est premier ministre, M. Legault. Il ne peut pas lancer des idées en l'air de même sans avoir une base juridique, politique et sociale, pour ensuite nous dire, après : Moi, je suis un bon père de famille, je suis très, très responsable. Bien, non, ce n'était vraiment pas responsable de lancer cette idée-là.

M. Lacroix (Louis) : Parce qu'hier il dit, à quelques reprises, il a utilisé l'expression «menace pour la paix sociale». Il a dit craindre pour la division des Québécois, pour l'unité sociale, etc. Donc, ce changement de ton là de la part du premier ministre, est-ce que ce n'est pas en réaction à ce qui se passe au Québec, en ce moment, cette espèce de climat où on sent de plus en plus, là, la fatigue des gens mais aussi une certaine polarisation des gens par rapport aux mesures sanitaires?

M. Marissal : C'est sûr que les gens en ont marre. Moi aussi, vous aussi, hein? Tu sais, vous avez un masque, moi, je vais être obligé de le remettre. C'est sûr que ça nous embête, puis c'est long, puis ça ne finit plus, puis on est découragés. Cela dit, dans ce cas-ci, là, le premier ministre se trouve dans le rôle proverbial du pompier pyromane. C'est lui qui a créé la division en envoyant une idée farfelue qui ne tenait pas la route juridiquement, et politiquement, et socialement. Et là, aujourd'hui, il se présente comme le bon père de famille qui veut protéger sa famille et son clan. C'est lui qui a lancé cette idée-là.

Mme Gamache (Valérie) : M. Marissal, concernant les manifestations qui s'en viennent à Québec, camionneurs et même des familles, là, qui veulent se rassembler ici, à l'Assemblée nationale, quel message vous envoyez aux gens qui vont débarquer à Québec au cours des prochaines heures, prochains jours? Oui, Mme Massé.

Mme Massé : Quel message que... Quoi, madame?

Mme Gamache (Valérie) : Quel message vous envoyez à ces gens-là qui viennent manifester... Voulez-vous les rencontrer, ces gens-là, même?

Mme Massé : Bien, écoutez, je vous dirais, on les rencontre régulièrement, ils nous contactent dans nos bureaux, on les croise dans la rue, etc. Je pense que Québec a déjà vu d'autres manifestations dans la vie. Je pense que Québec, le Parlement, est équipé pour encadrer les manifestations. Mais, moi, ma pensée va beaucoup, beaucoup aux commerçants, aux gens qui avaient prévu venir au carnaval durant les prochains jours. Je pense que ça suscite une certaine inquiétude. Alors, manifester, certes, mais le faire aussi en respect avec les gens et les règles qui nous entourent.

M. Lecavalier (Charles) : ...

Mme Massé : Bien, moi, en fin de semaine, je vais être avec mes citoyens de Mont-Carmel, et vous allez comprendre pourquoi. Parce que, là, j'ai 200 aînés qui capotent leur vie, là, parce qu'ils ne savent pas, au 31 juillet...

M. Lecavalier (Charles) : ...

Mme Massé : Je ne sais pas, pour Catherine, ce qu'elle va faire. Mais je réitère, je vous le dis, là, ils sont dans nos bureaux, ils viennent, ils nous appellent, on est constamment... Et je vous dirais, nous, à Québec solidaire, on a toujours la même posture, ça fait quelques semaines qu'on vous le dit. L'objectif de polariser... bien, l'objectif... Lorsqu'on polarise, on reçoit un boomerang en pleine face. Là, ce qu'il faut, c'est continuer à se solidariser les uns les autres parce que, bien, ce n'est pas terminé, cette pandémie-là.

M. Laforest (Alain) : ...du gouvernement, là, des gouvernements et des politiciens, vous en faites partie, vous êtes inclus, ils ne croient plus aux 125 élus de l'Assemblée nationale. Il y en a beaucoup, là, vous devez les lire sur les réseaux sociaux.

Mme Massé : Bien, M. Laforest, honnêtement, des gens qui ne croient pas à nos institutions démocratiques, il y en a plusieurs. Mais c'est sûr que, puis je vous donne un exemple, quand on a un gouvernement, un premier ministre qui s'est engagé deux fois plutôt qu'une à réformer le mode de scrutin pour s'assurer une meilleure représentation de la diversité des voix au Québec, puis que, finalement, il se retrouve, en bout de ligne, qu'il abandonne sa promesse, c'est sûr qu'il y a des gens qui doutent d'une certaine sincérité.

Ceci étant dit, la pandémie, la pandémie... la science nous dit qu'on doit prendre soin les uns des autres et qu'on doit prendre soin de notre système de santé, qui, lui, n'est plus capable d'absorber les présences aux hôpitaux.

M. Lacroix (Louis) : Jusqu'où est-ce qu'on doit tolérer la présence de ces manifestants-là? Parce que, là, si se produit à Québec ce qui se produit à Ottawa, c'est-à-dire d'avoir une espèce de blocus, si on veut, de toute une région, de toute une ville, d'un centre-ville, des institutions, en plein carnaval, comme vous le mentionniez tout à l'heure, il y a des gens qui ont le droit, eux aussi, de fêter puis de profiter du carnaval, si ces gens-là viennent paralyser Québec, jusqu'où est-ce qu'on doit les tolérer avant d'intervenir? Et est-ce que, justement, on doit avoir un plan d'intervention pour éventuellement dégager ces gens-là? M. Legault, hier, disait : La liberté des uns se termine là où la liberté des autres commence. Alors, c'est quoi, le taux de tolérance qu'on doit avoir avant d'intervenir?

Mme Massé : Moi, je réitère, là, ici, là, devant le parlement, il y a des manifestations, y compris des gens qui sont contre les vaccins, des gens qui sont tannés des mesures sanitaires, mais, plus largement, toutes sortes de manifestations. Et la ville de Québec, le Parlement de Québec est habitué d'accueillir des gens qui manifestent.

M. Lacroix (Louis) : ...trois heures, puis, après ça, ils s'en vont. Si, là, ils viennent s'installer…

Mme Massé : Bien, il y a eu des manifestations qui ont duré plus que trois heures. Ceci étant dit, pour moi, là, et c'est un appel à tout le monde, oui, c'est contre-productif lorsqu'on se met à avoir des impacts... Tu veux t'adresser au gouvernement, et, finalement, c'est les commerçants qui vont en subir les impacts, qui ont d'ailleurs eu la vie assez difficile dans les deux dernières années, ce sont les citoyens, tes concitoyens qui vont avoir des impacts. Moi, je pense que les manifestants doivent avoir ça en tête. Et, de l'autre côté, j'ai tout à fait confiance que notre Parlement et les systèmes de police ici, à Québec... On n'est pas notre première manif à Québec, là.

La Modératrice : On va prendre une dernière question.

M. Lecavalier (Charles) : ...sur les hydrocarbures, Mme Massé, est-ce que 500 millions, ça serait une juste compensation pour l'industrie des hydrocarbures...

Mme Massé : Moi, je ne comprends pas pourquoi on parle d'une juste compensation face à des entreprises qui exploitent les hydrocarbures, qui ont acheté leurs claims à prix de rabais ici, au Québec, à une période où ils savaient que les hydrocarbures amenaient la planète dans un réchauffement qu'on est en train de vivre aujourd'hui. Pourquoi qu'on allait encore les compenser?

Si vous voulez mon avis, là, ces loups-là tournent autour de la bergerie depuis toujours. Puis d'ailleurs, avec M. Julien comme berger, là, je pense que je ne suis pas surprise de voir qu'il augmente les enchères. Ça fait des mois qu'il leur ouvre la porte, alors qu'il aurait pu politiquement, simplement dire : Il n'y aura pas d'exploitation, il n'y aura pas d'exploration des hydrocarbures, au Québec, et il n'y aura pas de compensation. Mais, non, il a choisi un autre chemin, et là c'est les Québécois et Québécoises qui, en plus d'avoir manqué de l'argent de ces entreprises-là, par le passé, en vendant à rabais nos claims, bien, en plus, vont être obligés de boucher leurs trous qu'ils n'ont pas remplis en gaz. Ça me choque, ça me choque vraiment, ça me choque beaucoup.

La Modératrice : M. Lachance...

M. Lachance (Nicolas) : ...ce matin, qu'il faudra payer, encore trois ans, des consultants 1 000 $ de l'heure pour implanter le RENIR, le système de radiocommunication d'urgence, puis qu'on est encore, aussi, pour la SQ, obligés de payer 33 millions pour maintenir en vie une technologie désuète en attendant. Le ministre Caire répète que c'est la bonne technologie puis qu'il faut aller jusqu'au bout avec ça.

M. Marissal : «What else is new?», comme on dit en anglais, là. Ça, malheureusement, c'est un film qui tourne en boucle depuis combien de décennies au Québec? Le ministre Caire, après beaucoup d'attente et d'efforts, est enfin devenu ministre plénipotentiaire. Alors, qu'il mette ses culottes, qu'il mette de l'ordre dans le réseau informatique. C'est pour ça qu'il est en politique, c'est ça qu'il voulait, il est maintenant ministre. Moi, je le trouve assez discret, puis ça fait deux, trois fois que je l'interpelle en disant : Ça serait le fun de vous entendre, là, M. le ministre, parce que c'est vous, là, le grand gardien de l'informatique au Québec.

Quant à ce système-là, RENIR, moi, je ne suis pas informaticien puis je ne suis pas programmeur, là, ça fait que je ne le sais pas exactement, si c'est le bon système ou non. Mais est-ce qu'on peut, dans un plan cohérent, à moyen terme, rétablir l'expertise maison? Parce que c'est ça, le problème, au gouvernement du Québec, c'est vrai pour les ingénieurs en transport mais c'est vrai aussi dans le domaine informatique, c'est qu'on a tellement laissé partir notre monde, à force de ne pas les payer ou de ne pas les valoriser, ils sont partis ailleurs. Puis le même monde qu'on payait, avant, dans la fonction publique, sont partis travailler pour des fournisseurs privés, puis ils chargent trois fois le prix. On n'a plus d'expertise maison.

Alors, maintenant que M. Caire est ministre, là, de plein titre, là, est-ce qu'il peut nous présenter son plan de recrutement et de rétention de la main-d'oeuvre pour qu'on se rebâtisse une expertise maison au sein du gouvernement du Québec? Parce que l'informatique est là pour rester.

La Modératrice : On va passer en anglais, s'il vous plaît.

Mme Senay (Cathy) : Mrs. Massé, for the compensations to companies for the exploration and exploitation of hydrocarbons, for you, it's no, all the way.

Mme Massé : I mean, the political courage, it's not to say yes to these enterprises, these companies who have already a lot of money, a lot of public money. We give them a lot of public money. And as I told Mr. Julien, he opened the door, since a year, to say : You know, if we stop the exploration, we'll give compensation. He said that. So, why these companies would say : No, it's enough? It will be never enough. It will be never enough.

Mme Senay (Cathy) : It's never going to be enough.

Mme Massé : No, it's not enough.

Mme Senay (Cathy) : And Quebeckers will pay for that.

Mme Massé : And that's why I tabled my project, my law project, in September, because the National Assembly has the authority, the legitimity to say no to compensation to these compagnies.

Mme Senay (Cathy) : But, if you say no, are you sending the wrong message to those companies to not invest in Québec at all?

Mme Massé : For Québec solidaire? Of course. Of course, I say no to exploration, to exploitation and to compensation.

Mme Senay (Cathy) : For the protest, this weekend, you're asking protesters to think twice, because their targets will be businesses, will be citizens, families that wanted to come to the carnival. I mean, to what point they should think : OK, am I doing the right thing to provoke what I want, the stop to public health measures?

Mme Massé : Let's say, the right to protest, it's a right, so it's OK. But, at the same time, I want to say that it's so important to stay together in front the pandemic. It's so important because our health system, the people who are working in the health system, it's so hard for them, you know, it's too much. So, I think it's important that they think about that.

And for the right to demonstrate, it's OK, but think about the impact that you'll have on the gyms, on the «petits commerces». And I'm sure that, you know, Québec City, Québec Parliament know what to do with demonstrations. I mean, there's a lot of demonstrations in front of the Parliament every year.

Mme Senay (Cathy) : ...how long it would be.

Mme Massé : I saw some demonstrations in front of here for weeks. They know what to do with that.

Mme Senay (Cathy) : It's not going to stop you to do your work.

Mme Massé : Sorry?

Mme Senay (Cathy) : It's not going to stop you to do your work. It's not going to stop you to enter here.

Mme Massé : No, no.

Mme Senay (Cathy) : You hope so.

Mme Massé : I don't know why it's going to stop me, I mean, democracy is democracy. They don't believe in democracy, this is their point. But I know, for us, it's... You know, we'll be here because we have questions to ask, you know, we have questions to ask the Prime Minister. We want to give to the Québec population some answers, so that's why it's important to be here.

La Modératrice : Dernière question.

Mme Fletcher (Raquel) : On the ankle bracelets, say, I just want to hear you on the bill being presented on the ankle bracelets. Does this indicate to you that we're finally taking violence... seriously?

Mme Massé : Which bill?

Mme Fletcher (Raquel) : The ankle bracelets.

Mme Massé : Oh! yes. OK. Sorry, I don't know the... So, we're going to read it. As we said, in the Rebâtir la confiance report, it's one measure who can save lives. And we're going to look at the project and make sure that it's going to be a good project, let's say, to be sure that it won't be a false security feeling, you know, with this bracelet, it's going to work. So, we're going to look at it and say to you what we think about it after we'll read it.

La Modératrice : En terminant.

Mme Fletcher (Raquel) : Does this indicate to you that the Government is pulling in the right direction? Because you were very critical before, the Government wasn't taking violence against women seriously.

Mme Massé : For the bracelet?

Mme Fletcher (Raquel) : Yes.

Mme Massé : We've been in the same commission. Not me, it was Christine Labrie, but we've been in the same commission. We saw what... We hear what groups tell us. I hope that the Government listened to the groups, and we'll see, in a few minutes, what's going to be in this project. But we hope that it's going to be right.

M. Brennan (Andrew) : Bonjour, Mme Massé. You were talking about Mont-Carmel... today. You seemed not only shocked, but very upset. Tell me how you're feeling and what you want to do to help these seniors.

Mme Massé : Let's say, I'm so upset because, in December, this new landlord buys, how do you say that, nursing house. In the sell act, says that he will maintain the nursing. house. And, one month after, sends an expulsion... No. I don't know...

M. Brennan (Andrew) : Notice of eviction.

Mme Massé : A notcie of... So, he sends, one month after, a notice for eviction, and says to the people : We decide to stop the nursing house and get it in a normal locative appartment.

So, these people, these elders need this kind of services, I mean, the security at the door, the panic button, if something arrives in their appartement, a nurse in the place. So, what's going to happen to these 200 people, elders who are shocked?

So, that's why I'm beside them, and I ask to Mrs. Laforest and Mr. Dubé to do something, because, in six months, in the middle of a housing crisis, it's the... So, yes, I'm very upset. I heard nothing from them since yesterday. And the CAQ said that he's supposed to be the Government for elders. I don't saw that in this.

M. Brennan (Andrew) : So, we know that there's been a housing crisis for a long time. I mean, we talked about it, when you were running for as an MNA, that was four years ago, I remember that. But moral of the story is, one, this is not something new, and you said there was radio silence when you brought this up yesterday. How do we support particularly seniors, in the middle of a housing crisis, in the middle of a pandemic, so that this doesn't happen again?

Mme Massé : You know what? I think, maybe, I'm pretty sure, that the system doesn't work. We build for years now, for decades, we build private «résidences pour personnes âgées», and now, in a month, they can change this like this. I think there's a problem, and we have to fix it. But, for these people, the only thing that I hope, it's Mr. Dubé and Mme Laforest will take the phone and talk with these people. And don't forget that, when these people renew their... release…

Une voix : Lease.

Mme Massé : …yes, last time, they signed for services. And now, the new owner said : You can stay, if you want, but we'll increase your place and we'll stop the services. I'm not sure that's very, very legit. So, we will work with these people for social services, for maybe lawyers, we have maybe a lawyer in the... «dans le dossier». We'll work with them. But my hope, it's Mr. Dubé and Mrs. Laforest have to do something. Because, if it's so easy to switch like this, what's going to happen to a lot of elders?

La Modératrice : Merci beaucoup.

(Fin de la séance à 8 h 57)

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