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Conférence de presse de M. François Legault, premier ministre, et M. Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux

Situation au Québec quant à la COVID-19

Version finale

Le martes 8 février 2022, 13 h

Salle Evelyn-Dumas (1.30), édifice Pamphile-Le May

(Treize heures une minute)

Le Modérateur : Bonjour et bienvenue à cette conférence de presse du premier ministre du Québec, M. François Legault, accompagné du ministre de la Santé et des Services sociaux, M. Christian Dubé, et du directeur national de la santé publique par intérim, M. Luc Boileau. Alors, M. le premier ministre, je vais vous céder la parole. Juste vous rappeler qu'on a un enjeu de temps, comme tous les mardis, donc il y a la période de questions à 14 heures. Je vous demanderais de respecter la consigne d'une question, une sous-question, s'il vous plaît. À vous la parole, M. le premier ministre.

M. Legault : Oui. Bonjour, tout le monde. Bien, d'abord, je veux revenir sur les manifestations de la fin de semaine à Québec. Je veux en profiter pour féliciter le maire de Québec, Bruno Marchand, la vice-première ministre, Geneviève Guilbault, la police de Québec puis la Sûreté du Québec. Je pense qu'ils ont fait un excellent travail pour que tout se passe bien.

Mais, au-delà de la manifestation, je pense qu'il faut quand même constater, là, qu'il y a de plus en plus de Québécois qui trouvent qu'il y a trop de contraintes suite à la COVID. Et je veux juste dire aux Québécois : Je vous comprends d'être tannés de ces contraintes-là. Mais, en même temps, je pense c'est important qu'on se rappelle pourquoi on a mis en place ces mesures-là.

Essentiellement, bien, on a un réseau de la santé qui était fragile même avant la pandémie. Il nous manquait d'infirmières depuis longtemps, même avant la pandémie. Puis évidemment, bien, oui, on peut faire des efforts pour recruter plus d'infirmières, en convaincre de passer à temps plein, de sortir de leur retraite, on a mis des incitatifs aussi pour que des étudiants choisissent les sciences infirmières, mais il reste qu'on ne peut pas, du jour au lendemain, faire apparaître, là, des infirmières. Puis, bien, c'est assez simple à comprendre, c'est de dire, déjà, on avait un réseau qui était fragile, où il nous manquait d'infirmières. Puis, depuis que je suis arrivé, on a affiché beaucoup de postes, mais malheureusement, souvent, les postes restent non comblés parce qu'il n'y a pas assez d'infirmières formées de disponibles. Donc, quand on a ajouté la COVID, quand on a ajouté des patients COVID aux patients réguliers, bien, ça a fait que les hôpitaux se sont engorgés. Puis c'est ça qu'on a vu plus que jamais depuis le début de la pandémie, dans le dernier mois, avec le variant Omicron, qui était hypercontagieux.

Donc, c'est important de se le dire, là, on a beau être contre les contraintes, mais je veux juste qu'on comprenne qu'on avait le choix entre mettre des contraintes ou ne pas être capable de soigner tous les Québécois, que ça soit des patients réguliers ou des patients COVID. Et donc il faut comprendre la raison pourquoi on met des contraintes : c'est pour réduire les contacts. En réduisant les contacts entre les personnes, on réduit la contagion puis on réduit les hospitalisations. Donc, ce n'est pas par plaisir qu'on a mis des contraintes, c'est pour être responsable puis s'assurer, tous les Québécois, qu'on soit capable de continuer à les soigner. Bon.

Maintenant, à chaque semaine, surtout le lundi soir, on passe beaucoup de temps avec les gens de la Santé et de la Santé publique. Ça fait déjà un bout de temps qu'on aurait souhaité, comme le demandent beaucoup de personnes, avoir un plan et puis un horaire, là, du déconfinement, qu'est-ce qui s'en vient dans les prochaines semaines. Mais, pour l'instant, jusqu'à la semaine dernière, il y avait trop d'incertitudes sur où on s'en allait dans les prochaines semaines. Puis, selon la Santé publique, puis, je pense, avec raison, le risque était trop grand, si on assouplissait trop, que les hôpitaux débordent puis qu'on ne soit plus capable de soigner les gens. Donc, c'est ça, le dilemme qu'on a.

Par contre, quand on regarde la situation des dernières semaines, bien, on a vu une baisse des hospitalisations. Au début, c'était une baisse assez rapide. Mais il ne faut pas oublier, là, on a accepté d'ouvrir les écoles, on a accepté d'annoncer certains assouplissements, puis, comme on s'y attendait, ça a fait augmenter ou ça a ralenti la baisse des hospitalisations. Puis même les experts nous disaient, hier soir, que ce n'est pas impossible, dans les prochains jours, les prochaines semaines, avec les assouplissements qu'on annonce, qu'il va y avoir une augmentation des hospitalisations. Donc, il faut vraiment gérer ça.

Puis, bon, ce dont on a tenu compte... Bon, d'abord, la grande différence, plus on avance, c'est la vaccination. On est rendu, chez les adultes, à 63 % des Québécois adultes qui sont vaccinés. Plus — puis Dr Boileau pourra vous en parler — bien, tous ceux, là, qu'on essaie d'évaluer, qui ont eu la COVID, bien, c'est comme s'ils avaient eu une dose additionnelle. Donc, quand même, de ce côté-là, ça fait tout un changement. Bon.

L'autre marge de manoeuvre qu'on voit, c'est que, depuis trois semaines, on est passé, quand même, de 3 400 hospitalisations à 2 400 hospitalisations. Donc, il y a une marge de manoeuvre. Et puis on en a discuté aussi avec ceux, au ministère de la Santé, qui sont responsables des hôpitaux, parce qu'on veut que tout le monde soit bien conscient, si on annonce d'autres assouplissements, qu'on soit capable de continuer à soigner tous les Québécois, là, qui ont besoin d'être soignés. Et donc c'est... Puis il faut toujours garder en tête aussi qu'on a un rattrapage à faire sur les chirurgies. Tu sais, oui, il y a des chirurgies qui peuvent être reportées, mais, à un moment donné, il va falloir le faire, le rattrapage.

Donc, quand on regarde tout ça, l'équipe de la Santé et l'équipe de la Santé publique pensent que c'est un risque calculé, aujourd'hui, de vous annoncer un plan de déconfinement. Donc, je pense qu'on franchit une étape importante. Il y en a plusieurs qui vont dire : Enfin! Mais je veux évidemment en profiter pour remercier les Québécois. Entre autres, merci pour votre patience. Je pense que l'objectif, comme je le disais, c'était de s'assurer qu'on soit capable de continuer à soigner tous les Québécois. Bien, on a réussi même si ça a été serré. Puis là on a une petite marge de manoeuvre, donc on vous annonce un plan de déconfinement.

Donc, j'y vais par étapes. D'abord, samedi qui vient, 12 février, il n'y aura plus de limite légale pour les rassemblements privés. Ça veut dire, dans les maisons, il n'y aura plus de limite légale. Par contre, la recommandation de la Santé publique, c'est de s'en tenir à 10 personnes maximum ou des personnes de trois adresses différentes. Puis ça, c'est un gros changement, là, qui est proposé, puis on a discuté beaucoup avec la Santé publique. Évidemment, on le dit de plus en plus, il va falloir apprendre à vivre avec le virus. Ça veut dire quoi? Ça veut dire qu'il va falloir soi-même, chaque personne, évaluer ses risques. Je suis avec combien de personnes? Il y en a combien qui ont trois doses? Il y en a combien qui ont plus de 60 ans, etc.? Quels risques je suis prêt à prendre? Donc, ça va être aux citoyens, dans leur résidence, de dire : Bien, moi, j'accepte cinq, j'accepte 10, j'accepte 15. Donc, il n'y aura plus de limite légale. Mais je le répète, la recommandation de la Santé publique, c'est d'y aller graduellement puis de s'en tenir à 10 personnes ou trois adresses différentes. Maintenant, toujours samedi qui vient, pour être cohérent, dans les restaurants, on va aussi passer à 10 personnes ou des personnes de trois adresses différentes par table dans les restaurants. Donc, ça, ça va être dès samedi qui vient.

Lundi prochain, le 14 février, bon, déjà, la semaine dernière, on avait annoncé qu'on va pouvoir recommencer les sports pour les adultes, on va rouvrir les gyms puis les spas à 50 %. Ce qu'on ajoute aujourd'hui, toujours pour lundi prochain, le 14 février, c'est qu'on va avoir le droit de faire des matchs, entre autres, des matchs de hockey. On en a beaucoup entendu parler, je sais qu'il y a beaucoup de jeunes qui ont hâte que les matchs recommencent. Puis, pour les spectacles extérieurs, ça va être 5 000 personnes maximum. Bon.

Ensuite, la semaine, lundi le 21 février, tous les commerces vont pouvoir ouvrir à 100 % de capacité. Les salles de spectacles vont rester avec un maximum de 50 % de capacité, mais on va enlever la limite de 500, incluant pour le Centre Bell, le Centre Vidéotron, Place des Arts, et autres. Donc, ça veut dire c'est quand même un grand changement pour eux autres, ils vont pouvoir aller à 50 %, mais sans la limite de 500. Les lieux de culte, on va garder le 50 % de capacité, mais, toujours le 21 février, on va pouvoir passer de 250 à 500.

Ensuite, le 28 février. Bon, d'abord, je disais tantôt, les matchs vont pouvoir commencer, mais pas les tournois, là. Les tournois, les fins de semaine avec des gens qui viennent de plusieurs endroits, on attend au 28 février. Donc, ça va être à partir du 28 février qu'on va pouvoir recommencer les tournois puis les compétitions. Bon. L'autre point important, le 28 février, puis, là aussi, c'est une question de gestion de risques, c'est que le télétravail va devenir juste une recommandation, donc ça ne sera plus obligatoire, le télétravail. On le sait qu'il y a beaucoup de centres-villes qui se plaignent qu'à cause du télétravail c'est dur dans les centres-villes. Il y a des entreprises aussi qui se disent : Je suis capable de gérer le risque pour ne pas que les employés soient trop proches les uns des autres. Donc, ça va devenir seulement une recommandation. Puis, à partir du 28 février, bien, les lieux de culte, les salles de spectacle vont pouvoir ouvrir à 100 %, sauf le Centre Bell et le Centre Vidéotron. Et on va aussi, toujours le 28 février, permettre l'ouverture à 50 % de capacité des bars et des casinos, mais sans danse et karaoké, donc. Bon.

Puis finalement, dernière étape, 14 mars, la danse puis le karaoké vont être permis. Les restaurants, les bars, les grandes salles comme le Centre Bell vont pouvoir ouvrir à 100 % de capacité. Donc ça veut dire que, le 14 mars, l'essentiel des mesures sanitaires va être levé, donc on va revenir à une vie plus normale.

Maintenant, je veux parler des personnes âgées qui sont dans des résidences pour personnes âgées. D'abord, là, c'est important, il y a eu des précisions d'apportées à travers les journées, mais, d'abord, on va parler de ceux qui mangent à la cafétéria : c'est permis de manger quatre à la cafétéria. Puis, pour l'instant, les CHSLD ont le droit à un proche aidant qui va dans les chambres, puis les RPA, deux proches aidants. À partir de samedi qui vient, tous les visiteurs qui ont un passeport vaccinal vont pouvoir aller visiter. Puis c'est important, là, on a parlé beaucoup de santé mentale, les personnes âgées ont besoin d'avoir de la visite. Puis d'ailleurs j'en profite, là, pour suggérer à tout le monde : Allez visiter les personnes âgées, ils ont besoin de ça, ça fait partie de leur petit bonheur dans la vie.

Je conclus en vous disant : Il va falloir, donc, apprendre à vivre avec le virus. La COVID est là pour rester. Ce n'est pas impossible qu'il y ait une sixième vague éventuellement, mais il va falloir vivre avec la COVID. Puis la meilleure façon, c'est évidemment d'aller chercher ses trois doses ou, ceux qui ont deux doses et qui ont eu la COVID, bien, de le faire dans huit semaines après avoir contracté la COVID. Donc, je pense que... je termine en vous disant, encore une fois, merci à tous les Québécois d'avoir été patients. Je pense qu'on a besoin, plus que jamais, que tous les Québécois travaillent ensemble. Que ça soit les vaccinés, les non-vaccinés, tous les Québécois, là, doivent travailler à revenir ensemble à une vie plus normale puis à gérer nous-mêmes nos risques. Mais je veux quand même envoyer le message : On vous fait confiance, restez quand même prudents, on ne veut pas, évidemment, vous perdre. Donc, merci pour votre patience.

Good afternoon, everyone. With the decrease in hospitalizations we saw in the last few weeks, we asked Public Health authorities for a reopening plan. It's an important step, and I want to thank Quebeckers for all their efforts.

Starting February 12, there won't be a mandatory limit for private gatherings, but we recommend to limit yourself to 10 people or three bubbles. We ask you to evaluate your risks. We need to learn to live with the virus. Also, on February the 12th, restaurants will have tables of 10 people or three bubbles.

Starting February 14, we will restart sport's matches. Outdoor shows will also be allowed to host up to 5,000 people.

Starting February the 21, all stores will be allowed to operate at full capacity. For amphitheaters, it will be 50 % capacity. And for places of worship, it will be 50 % capacity with a maximum of 500 people.

Starting February the 28th, we'll restart competitions and sports tournaments. It won't be mandatory to work from home anymore. Amphitheaters and places of worship will reopen at full capacity, except for Bell Center and Vidéo Center. And we'll reopen bars and casinos at 50 % capacity without dance and karaoke.

Finally, starting March 14, dance and karaoke will be allowed. Restaurants, bars and large amphitheaters will reopen at full capacity. So, after March 14, almost all restrictions will be lifted. We're taking a calculated risk to learn to live with the virus. And the best way to live with the virus is to get your three doses of vaccine. Thank you.

Le Modérateur : Merci. Nous en sommes maintenant à la période de questions. Il nous reste une quarantaine de minutes, incluant, donc, la période de questions en anglais. Je vous demande à tous d'être concis, s'il vous plaît, merci. Nous commençons avec Véronique Prince, Radio-Canada.

Mme Prince (Véronique) : Oui. Bonjour à vous trois. Évidemment, il y a deux grandes questions, probablement, que les gens se posent. Je vais commencer par la première : Le port du masque, autant pour la population en général que pour les jeunes à l'école, quand allez-vous le lever?

M. Dubé : Dr Boileau, peut-être.

M. Boileau (Luc) : Nous ne prévoyons pas lever le port du masque actuellement. Ça demeure une mesure très efficace pour réduire la contagion. Et nous le recommandons toujours, nous le recommandons au gouvernement puis, évidemment, à la population. Et nous souhaitons qu'il reste ainsi au moins jusqu'au 14 mars, et on verra par la suite.

Mme Prince (Véronique) : Donc, même dans les écoles, là, avec les jeunes en classe?

M. Boileau (Luc) : Oui.

Mme Prince (Véronique) : Ma deuxième question : le passeport vaccinal. Parce que, là, il y a des provinces comme la Saskatchewan, je pense, dès la semaine prochaine, il n'y aura plus de passeport vaccinal. Est-ce que ça va être encore justifié, au Québec, de l'avoir?

M. Dubé : ...Dr Boileau, je pense que c'est la même approche qu'on veut prendre avec le masque, de garder, en ce moment, les... En fait, ce qui nous permet de faire le déconfinement beaucoup, c'est l'espace dans les hôpitaux qu'on a créé, mais aussi le fait d'avoir un passeport vaccinal et le masque. Alors, pour le moment, ces deux éléments-là, on veut qu'ils restent au moins jusqu'à la mi-mars avec nous.

Le Modérateur : Louis Lacroix, Cogeco.

M. Lacroix (Louis) : Bonjour, M. le premier ministre, M. le ministre, Dr Boileau. J'imagine qu'hier vous êtes arrivé, Dr Boileau, avec des projections. Vous avez toujours les chiffres un petit peu avant qu'ils soient dévoilés par l'INESSS ou l'INSPQ. On a quand même baissé, vous l'avez souligné, M. Legault, d'à peu près, c'est quoi, c'est 1 000 patients hospitalisés, là, en quelques semaines. On s'en va où, dans vos projections, avec les hospitalisations? Vous avez dit, tout à l'heure : Il va peut-être y avoir une remontée en raison... Donc, si on se projette un peu dans l'avenir, généralement c'est dans deux semaines, vous voyez ça à quel endroit à peu près? On devrait se situer où?

M. Boileau (Luc) : Alors, il y a beaucoup d'incertitudes de ce côté-là, évidemment, ça dépend de beaucoup de facteurs. Mais, pour l'instant, ce qu'on estime, c'est qu'avec la levée de plusieurs mesures qui ont eu lieu, déjà, depuis quelques semaines et celles qui sont annoncées aujourd'hui on devrait avoir soit un plateau qui va s'installer pour les hospitalisations, les nouvelles hospitalisations, et peut-être une remontée. Mais nous calculons que la remontée ne devrait pas être à la hauteur de ce que nous avons connu. C'est possible qu'elle monte plus, qu'elle monte moins. Je pourrais vous le détailler demain un peu plus, on tiendra un point de presse pour expliquer ça demain. Mais, pour l'instant, nos calculs montrent que c'est un risque qui est réel, d'avoir une augmentation, mais qui ne nous inviterait pas à reculer sur les mesures qui sont là. S'il y a quelque chose qui peut arriver, nous recommanderons, à ce moment-là, de ralentir l'évolution des mesures qui sont levées, mais, pour nous, c'est très peu probable. Et misons sur le fait que ça devrait être un plateau, qui n'est pas encore observé, mais qui pourrait s'observer dans les quelques prochaines journées.

M. Lacroix (Louis) : M. Legault, vous avez dit... en début de conférence de presse, vous avez reconnu qu'il semble y avoir un essoufflement, là, de la population. Les gens, on le sent de plus en plus, là, qu'ils sont un peu tannés. Là, vous savez que ça fait deux jours que la manifestation à Québec est terminée. Il y a eu une rencontre, hier, avec la Santé publique, puis, aujourd'hui, vous arrivez avec un plan de déconfinement. Eux autres, là, ils vont s'arroger cette décision-là comme étant une victoire. Jusqu'à quel point ça a pesé, la manifestation de cette fin de semaine, sur ce que vous annoncez aujourd'hui?

M. Legault : Bien, écoutez, d'abord, je pense que la manifestation comme telle n'a pas pesé. Ce qu'on voulait, c'est d'avoir une certaine assurance de la Santé publique et de la Santé que le risque était calculé, que le risque était minime. Maintenant, bon, s'ils veulent s'approprier ça puis qu'ils ne reviennent pas dans deux semaines, je ne m'opposerai pas à ça, là.

Le Modérateur : Marie-Michèle Sioui, Le Devoir.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Oui. Bonjour à tous les trois. Enfin, je vais peut-être continuer dans cette veine-là. Vous parliez, M. Legault, récemment, de la vitesse mollo. Là, on dirait que vous êtes comme passé à presto tout d'un coup, mais le Dr Boileau dit que c'est possible qu'on ralentisse les mesures. Mais donc ce ne serait pas possible de reculer, là? Ce qu'on annonce, là, c'est acquis, puis, le pire scénario, là, ce serait vraiment qu'on ralentisse puis qu'on se rende plus loin que le 14 mars?

M. Legault : Bien, écoutez, Dr Boileau nous disait, hier soir : Les chances sont faibles. On pourrait peut-être devancer certaines dates, peut-être en reculer certaines. Mais là, pour l'instant, le scénario le plus probable, puis qui est assez solide, c'est celui jusqu'au 14 mars. Je suis content que vous pensiez, Mme Sioui, que c'est rapide, d'ici le 14 mars. Ma crainte, c'est qu'il y en a qui vont peut-être trouver que ce n'est pas assez rapide, le 14 mars. Donc, tout est une question de comment on définit «mollo».

M. Boileau (Luc) : Pour nous, ça reste graduel et ça reste probable que ce qui est proposé là tienne la route solidement, mais ça reste graduel. «Mollo», pour nous, ça voulait dire : On va commencer graduellement puis on va continuer graduellement. Et, dans l'espace du temps qu'il y a devant nous, ça reste graduel.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Il y a des experts, des observateurs qui vous reprochent de naviguer à l'aveugle au lieu de naviguer à vue parce qu'on ne sait pas il y a combien de cas, là, de COVID. Dans le contexte, est-ce que vous pourriez repartir l'étude sur les eaux usées, l'étude connexe sur les contacts ou est-ce que ce serait possible de rendre les tests disponibles, le dépistage disponible à la population en général? Il me semble que, dans ces trois avenues-là, il y a peut-être des solutions, là, pour avoir une meilleure idée des cas dans la population.

M. Boileau (Luc) : Est-ce que je peux répondre? Nous avons regardé, depuis plusieurs journées, toutes les possibilités de bien calculer combien qu'il y a eu de cas jusqu'à maintenant. Et on se donne une occasion, demain, pour présenter qu'est-ce que ça veut dire en termes de probabilité de nombre de cas que nous aurons eus jusqu'à maintenant. Et on regarde toutes les approches aussi, que ce soient les eaux usées, reprendre les tests de dépistage, vous l'avez mentionné, mais on a quand même des indices solides. On suit d'une façon très serrée toute la cohorte des employés de la santé, c'est beaucoup de monde qui représente quand même une distribution assez élargie, là, du milieu de la vie québécoise d'une façon générale, et le milieu des enfants, le milieu scolaire, qui représente 1,3 million de personnes, qui est en reflet de ce qui se passe dans les familles. Donc, on a des prises solides pour suivre l'évolution de cette pandémie. Mais on pourra, demain, présenter quelles sont nos idées les plus justes sur le portrait de la charge épidémique qu'il y a eu jusqu'à maintenant dans cette vague-ci.

Le Modérateur : Alain Laforest, TVA.

M. Laforest (Alain) : Bonjour à vous trois. Je vais poursuivre avec le Dr Boileau. La semaine passée, si ma mémoire est bonne, vous nous avez parlé de nuages, puis c'était assez clair que vous aviez de grandes craintes. Je ne sens pas cette crainte-là, aujourd'hui, avec la phase de déconfinement. Qu'en est-il? Et surtout vous avez parlé d'immunité pour ceux qui ont eu Omicron, qu'il y en a beaucoup, là, ce qui fait qui augmente l'immunité communautaire. Au niveau des vaccins, des doses, ça va arriver comment? Comment vous allez fonctionner pour gérer tout ça avec le déconfinement?

M. Boileau (Luc) : D'abord, la semaine passée, on avait justement un paysage météorologique, là, qui nous disait qu'il y avait des nuages devant nous, et notamment sur la question du nombre de cas et de l'augmentation des hospitalisations. Les nuages, ça ne reste pas tout le temps, ça peut se dissiper. On a de meilleures éclaircies, cette semaine, parce que, justement, on a une expérience d'une semaine de plus qui nous a montré qu'on a été capable de baisser encore les hospitalisations, d'augmenter la vaccination, pas suffisamment pour moi, mais quand même augmenter la vaccination, et de se permettre aussi d'avoir des calculs plus solides tout en étant probabilistique de ce qui s'est passé depuis le début du mois de décembre. Donc, c'est plus clair.

M. Laforest (Alain) : On le sait, là, on l'a vécu, là, il y a un variant Omicron, il y a un sous-variant d'Omicron, on n'est pas à l'abri de l'arrivée d'un autre variant. Qu'en est-il de ceux qui ont eu leur troisième dose? Pensons aux personnes âgées, là, CHSLD, RPA, dont l'immunité commence à décroître, là. C'est quoi, le risque? Est-ce que vous allez suggérer une quatrième dose ou leur suggérer d'attendre le vaccin qui comprend les nouveaux variants?

M. Boileau (Luc) : Bien, il y a trois choses. La première, c'est qu'on n'est pas à l'abri d'un nouvel astéroïde qui pourrait nous tomber dessus avec un autre nom grec, là, mais ça, c'est toute la planète, et on ne le sait pas. Tous les radars suivent ça. Est-ce qu'il y en a un? Pour l'instant, non. Le BA.2, il est présent au Québec. Il y a plus que cinq cas, là. On a fait des «testings», ils nous montrent qu'il est présent, mais pour nous, c'est une source de préoccupation qui est intégrée dans les calculs que nous avons faits. Et enfin, quant à l'immunité qui diminue pour les personnes qui l'auraient reçu depuis quelques semaines, nous sommes très actifs de ce côté-là, et on a demandé à l'INSPQ et en particulier au Comité d'immunisation du Québec de suivre ça avec attention et nous faire les recommandations dans les meilleurs délais.

Le Modérateur : Patrick Bellerose, Le Journal de Québec.

M. Bellerose (Patrick) : Oui. Bonjour à tous les trois. Ma question pour M. Legault : Vous semblez annoncer un tournant dans la gestion de la pandémie. On entend clairement. Qu'est-ce qui arrive dans une prochaine vague? Est-ce qu'on utilise les mêmes mesures de reconfinement, de couvre-feu, de fermeture de bars et restaurants, ou est-ce que l'approche change drastiquement pour une éventuelle prochaine vague?

M. Legault : Bien, je pense que l'approche doit changer. Puis c'est comme ça que ça va se passer pas mal partout dans le monde, il va y avoir de moins en moins de confinement avec la vaccination. Puis, bien, il va falloir que les Québécois puis les citoyens en général, partout, apprennent à vivre avec le virus en minimisant leurs risques, et, bien, en acceptant aussi d'aller chercher les doses au fur et à mesure qu'elles sont nécessaires, là. Donc, je pense, ça va changer.

Bon, évidemment, Christian travaille très fort à augmenter la capacité hospitalière. Comme je l'expliquais tantôt, la raison principale pourquoi, dans le dernier mois, on a été obligés d'avoir beaucoup de contraintes, c'est pour ne pas que ça déborde dans les hôpitaux, qu'on soit capables de continuer à soigner tout le monde. Donc, un de nos objectifs, c'est d'augmenter la capacité hospitalière. Le gros frein, c'est de trouver des infirmières. On a mis des incitatifs pour que des étudiants s'inscrivent plus en sciences infirmières, mais ça n'arrive pas du jour au lendemain.

M. Bellerose (Patrick) : Mais justement, pour ce qui est de la capacité hospitalière, pour l'instant, ce n'est toujours pas réglé, là. On y travaille. Il y a environ un mois, on parlait d'un délestage massif, là, de donner des soins b ou c. Qu'est-ce qui fait que, maintenant, vous sentez qu'on est prêts, qu'on est capables d'aller vers ces assouplissements-là, alors que la capacité n'a pas changé dans les hôpitaux pour le moment?

M. Dubé : ...bien, deux ou trois choses, peut-être. Les deux premières sont évidentes. Au pire de la vague, quand on s'est rapprochés de la priorisation, on avait 20 000 employés absents, et là, on a baissé jusqu'à à peu près 10 000, 11 000, là. Ça fait que c'est... On a réduit l'absence des employés, justement, parce que plusieurs sont revenus travailler, puis ça, on l'apprécie énormément. Ça fait que ça, déjà en partant, avec les mêmes lits, on a plus de monde pour soigner nos gens. Ça fait que ça, ça a fait une grosse différence.

La deuxième, c'est que le taux de... on l'a bien dit, on a été capables de passer de 3 500, où on était vraiment au bouchon, à 2 400. Alors, déjà, c'est le tiers de notre capacité qu'on a regagné. Et ça, puis vous l'avez vu, on a, dans nos statistiques qu'on publie tous les jours, la moitié de ces cas-là qui ne sont pas des cas COVID, quelqu'un est rentré à l'hôpital avec la COVID, mais je veux dire... pour la COVID, mais il rentrait avec la COVID, parce que la contagion communautaire, elle est énorme. Donc ça, ça nous rassure beaucoup, parce que non seulement on a baissé le nombre de lits, mais on sait que ces gens-là, on est capables de s'organiser avec eux différemment, c'est-à-dire que, maintenant, avec des règles de PCI que nos experts, Dre Opatrny, vont regarder : Est-ce qu'on est capables, maintenant, de les replacer sans risque? Ce qui n'était pas le cas du tout dans la première vague.

Ça fait que le phénomène Omicron nous permet de gérer différemment nos lits maintenant. Ça fait que non seulement on s'est créé une marge de manoeuvre d'environ 1 000 lits, ce qui n'est pas rien, là, mais, deuxièmement, on pense qu'on en a plus que ça, de marge de manœuvre, à cause de la gestion que le Dr Boileau avec Dre Opatrny sont en train de regarder. Ça fait que c'est tout ça qui fait qu'on pense qu'on a une marge de manœuvre pour prendre un certain soubresaut, on va le dire comme ça. Parce qu'on s'attend qu'il va y en avoir plus, d'hospitalisations, mais on a de la marge de manoeuvre, puis c'est ça qui nous permet, aujourd'hui, de se dire que... Mais on attendait de voir ces chiffres-là se confirmer, et c'est pour ça que, je pense, dans les deux dernières semaines, on est dans la bonne tendance.

Le Modérateur : Olivier Bossé, Le Soleil.

M. Bossé (Olivier) : Bonjour. Au-delà des manifestations d'en fin de semaine, il y a eu beaucoup des mouvements citoyens positifs, comme par exemple, là, dans le sport, on a eu On veut jouer. Je pense que les gens se sont exprimés de façon correcte avec ça. À quel point c'est venu vous toucher ou, en tout cas, influencer les décisions? Ou à quel point vous avez pris ça en compte, peut-être?

M. Legault : Bien, n'oubliez pas aussi que j'ai un caucus de 74 députés. Donc, une fois par semaine, je les écoute. Et puis ces 74 députés là écoutent leurs citoyens. Donc, j'ai bien vu, dans les dernières semaines, que la grogne, les gens qui étaient tannés, le pourcentage qui mettait en question les contraintes, bien, augmentaient. Mais, encore une fois, au-delà de la pression... D'abord, on l'a tolérée pendant tout le mois de janvier, la pression, là. Ça aurait été facile, en janvier, pour nous autres, de dire : On lâche tout ça lousse, mais ça n'aurait pas été responsable. Et, bien, ce qu'on attendait, c'est d'avoir le go — comme disait l'autre — de la Santé publique pour être capable d'avoir un plan de déconfinement sur une période d'un mois.

M. Bossé (Olivier) : M. Legault, dans le...

M. Lacroix (Louis) : ...juste une précision...

M. Bossé (Olivier) : Ah! allez-y, oui.

M. Lacroix (Louis) : ...parce que vous avez parlé de vos 74 députés, vous avez dit : J'ai bien vu que le pourcentage qui remettait en question les mesures augmentait. Parlez-vous de vos députés?

M. Legault : Non, je parle de ce qu'ils entendent dans la population, là. Puis peut-être que c'est plus concentré, aussi, dans certaines régions. Je parle de ce qu'ils entendent de leurs députés. Non, non, non, les députés sont tous solidaires et tous d'accord.

Le Modérateur : M. Bossé.

M. Bossé (Olivier) : Dans votre calendrier, je pense que je n'ai pas vu de levée d'état d'urgence sanitaire, M. Legault. Est-ce que je me trompe?

M. Legault : Oui. Bien, écoutez, ce qu'on...

M. Bossé (Olivier) : Est-ce que vous l'avez oublié? Non?

M. Legault : Non, non, on ne l'a pas oublié. 14 mars, hein, ça va être la fin de l'essentiel des mesures. Il va nous rester... bon, dépendamment, ce qu'on fait avec les masques, ce qu'on fait avec le passeport vaccinal, ce qu'on fait avec les primes aux infirmières, il va rester des raisons d'utiliser l'urgence sanitaire. Mais, ce qu'on regarde, c'est pour déposer, en mars, un projet de loi qui viendrait encadrer, justement, ce besoin d'avoir des règles exceptionnelles. Ce n'est pas notre objectif, là, de continuer à garder indéfiniment l'urgence sanitaire. Mais, comme vous le voyez, ne serait-ce que toutes les mesures qu'on va enlever d'ici le 14 mars, bien, il y en a beaucoup où ça nécessite l'urgence sanitaire. Il va en rester quelques-unes après, mais peut-être que c'est possible de les encadrer dans un projet de loi. Puis Christian travaille à déposer, en mars, donc, un projet de loi pour enlever l'urgence sanitaire.

M. Bossé (Olivier) : ...prêt à lever l'état d'urgence sanitaire?

M. Legault : En mars, disons.

Le Modérateur : Simon Bourassa, Noovo.

M. Bourassa (Simon) : M. le ministre de la Santé, maintenant qu'on sait que le passeport vaccinal est là pour rester, l'imposition de la troisième dose, là, pour la validité de ce passeport, ça, c'est toujours dans les cartons? Et, si oui, à quel moment on peut s'attendre à ce que ça soit effectif?

M. Dubé : Je pense que j'ai répondu à ça plusieurs fois, mais je vais en profiter pour le répéter. Ce que vous allez voir, demain, dans les statistiques que le Dr Boileau va présenter, dans son point de presse, c'est combien de personnes qui ont décalé leur troisième dose parce qu'entre autres l'INSPQ avait demandé, avec le CIQ, de déplacer de huit semaines. Alors, c'est évident que, là, ce qu'on a fait faire par nos experts, c'est : quand est-ce que les gens vont prendre leur troisième dose — c'est-u en mars?, c'est-u en avril? — pour respecter ça. Ça fait que c'est sûr qu'on ne peut pas demander la troisième dose tant qu'on n'a pas donné la chance aux gens d'aller chercher leur troisième dose. Ça fait que moi, je vous demanderais qu'on attende un petit peu. On va voir un peu les simulations qui ont été faites par nos différents experts. Je vais laisser le Dr Boileau vous en parler demain dans son point de presse. Puis, quand on aura une meilleure idée de quand est-ce qu'on pense que l'essentiel des gens auront eu la chance d'aller chercher leur troisième dose, bien là, on reviendra avec un plan pour le passeport vaccinal.

M. Bourassa (Simon) : Merci. M. Legault, vous avez probablement pris connaissance de la sortie du député Joël Lightbound, député fédéral libéral, un peu plus tôt aujourd'hui, qui s'est vu assez critique, là, de l'administration de son premier ministre. Vous avez pensé quoi de cette sortie-là? Êtes-vous plutôt en accord, plutôt en désaccord?

M. Legault : Bien, j'ai vu qu'il demandait à son premier ministre d'accélérer les discussions sur l'augmentation des transferts en santé la même journée où notre cheffe de l'opposition officielle, ici, n'a aucune idée de combien on demande, alors que, bon, les chiffres sont assez clairs, on demande une augmentation de 6 milliards pour le Québec. C'est important. On parlait d'augmenter la capacité hospitalière. Bien, il est temps, effectivement, que Justin Trudeau puis le gouvernement fédéral se mettent à la table. Ça a été... On a fait encore un point de presse la semaine passée, tous les premiers ministres des provinces et territoires, pour demander de passer de 22 % de financement à 35 % de financement des soins de santé. Là, il est temps qu'on s'assoie. Il me semble qu'avec la pandémie, c'est plus à-propos que jamais.

Le Modérateur : Fanny Lévesque, LaPresse.

Mme Lévesque (Fanny) : Oui. Bonjour à vous trois. M. Legault, la caisse dit qu'elle pourrait abandonner ou qu'elle va abandonner le projet du REM de l'Est si l'ARTM ne change pas de décision. Est-ce que vous craignez pour l'avenir du REM de l'Est?

M. Legault : Bien, ce qu'on a dit, c'est qu'on veut travailler avec la Caisse de dépôt puis, surtout, avec Valérie Plante, la mairesse de Montréal, pour ajuster le projet. Mais, pour moi, la clé, c'est vraiment l'appui de Valérie Plante. Tu sais, on n'ira pas faire un projet si on n'a pas l'appui de la mairesse de Montréal. Donc, quant à moi, la balle est dans le court de Mme Plante de nous présenter un nouveau projet qui fait son affaire.

Mme Lévesque (Fanny) : Je voudrais juste revenir sur le passeport vaccinal, là, M. Dubé, là. Est-ce que je comprends que vous avez évoqué que, peut-être, à partir du 14 mars, on pourrait évaluer sa levée? Puis au sujet de l'urgence sanitaire, est-ce que la levée serait donc au moment du dépôt du projet de loi ou à son adoption possiblement vers la fin de la session?

M. Dubé : Non. Ce que j'ai dit tout à l'heure, puis je vais le préciser, là — merci d'avoir posé la question — pour qu'il n'y ait pas de confusion : Pour moi, le passeport vaccinal, il est là pour rester, parce qu'on a dit que c'est les deux mesures qui nous permettent, en ce moment, d'avoir le déconfinement dont on a parlé aujourd'hui. La question est plus, pour moi : en ce moment, on a un passeport qui est basé sur deux doses, parce qu'on a une grande partie de la population qui n'a pas eu encore leur troisième dose. Alors, commençons par voir quand est-ce qu'on est capables d'avoir la troisième dose, puis on reviendra sur un échéancier.

Mais je ne veux pas être le prophète de malheur, là, mais on revient au mois de septembre, il y a une sixième vague, il y a une autre... c'est sûr que le passeport vaccinal va faire partie des outils qu'on a besoin, comme le masque va en faire partie. Mais, en ce moment, je pense que la question était plus sur la question de la troisième dose. Moi, j'aimerais mieux voir qu'on donne la chance à tous ceux qui ne se sont pas fait vacciner, parce que... Puis je rappellerais, peut être que le Dr Boileau... puis je veux aller rapidement, parce qu'on déconfine, il y a encore plus de gens qui vont la prendre la... qui vont l'avoir, la COVID. Alors, je le dis, les deux choses qui nous protègent en ce moment, c'est la vaccination et le lien avec le passeport vaccinal, et c'est le masque. Alors, c'est sûr que ces deux mesures-là sont avec nous pour rester.

M. Bergeron (Patrice) : Alors, juste avant de passer à l'anglais, si vous me permettez, deux questions. Patrice Bergeron, LaPresse canadienne.

Les aînés en RPA se demandent aussi quand ils vont pouvoir recommencer à faire des activités dans les résidences pour personnes âgées. Parce que, là, on leur permet, donc, d'avoir un peu plus de visites, mais ils ont aussi des activités qui ont été, donc, toutes mises sur la glace et ils ont besoin de socialiser aussi de d'autres façons. Ça, ce sera pour quand?

M. Dubé : Dr Boileau, voulez-vous en glisser un mot?

M. Boileau (Luc) : Bien, écoutez, toute la question de tout ce qu'on appelle la prévention et le contrôle des infections dans les milieux de vie, que ce soit les CHSLD ou les RPA, on y travaille activement. On est sur ce dossier avec les équipes ministérielles, les équipes d'experts aussi, pour trouver une façon d'alléger ces conditions-là, tout en gérant les risques de contagion, et de nous amener avec une progression rapide vers une gestion plus normale de comment on doit vivre avec le virus.

M. Legault : Et peut-être vous dire, là, aussi, même si Marguerite Blais est en congé, elle souhaite que la Santé publique puis la Santé se penchent rapidement sur les activités dans les résidences pour personnes âgées. Donc, on a fait, effectivement, la demande.

M. Bergeron (Patrice) : Et, vous savez, l'industrie du tourisme d'affaires s'est fait beaucoup entendre dans les derniers jours, que ce soient les congrès, et on dit que le Québec est en train de manquer le bateau pour des réservations et tout. Ils s'attendaient peut-être à voir des annonces aujourd'hui. Est-ce que vous pouvez être plus précis sur ce que vous pouvez leur accorder?

M. Legault : Bien, c'est là.

M. Boileau (Luc) : C'est dans le plan, oui.

M. Legault : ...mais les congrès, c'est dedans.

M. Boileau (Luc) : Les congrès seront donc tous repris dans la progression du temps, et certainement qu'à partir de la mi-mars, tout pourra être réalisé, comme nous l'espérons tous, dans un contexte très normal.

Le Modérateur : Bien, merci. Nous sommes prêts à passer à la période de questions en anglais maintenant. Nous allons commencer avec Phil Authier, The Gazette.

M. Authier (Philip) : Good day to you all. You're lifting, you're easing quite a few measures, many of them by March Break and nearly all of them by March 14th. Are you reacting, really, to the pressure that has been on all political leaders, in Québec and in Canada, to ease up on these restrictions? And did you fear... we saw the street demonstration on the weekend, did you fear losing control?

M. Legault : No, we are asking Public Health, since a few weeks now, to have a plan. Unfortunately, until last night, they told us that there was too much uncertainty to be able to table this kind of plan. But, last night, they said that the risk is a calculated risk, and we can go forward. So, we were waiting for the OK of the Public Health.

M. Authier (Philip) : But you saw...

M. Legault : That's it.

M. Authier (Philip) : OK. Sorry, I cut you off. Can you...

M. Legault : No, no, but, of course, like you, in the last weeks, I would say, since the beginning of January, we see that the population is fed up. I'm fed up, we're all fed up, so I can understand. But the reason why we resist, until today, is because there was too much risk about the situation in our hospitals. We wanted to be sure that we will be able to take care of each patient.

M. Authier (Philip) : And did you... I'm sure that everybody heard Mr. Lightbound's comments this morning. He denounces and describes policies that, he says, divided people needlessly, that's the kind of language that he uses in his statement. Do you think he's targeting all political leaders? Because you also had a role in applying pandemic measures, Mr. Trudeau did. Do you think that he is targeting people in power?

M. Legault : Ask him. I don't know who he's targeting. I know that he was targeting Justin about the health care transfers. And I agree with him that it's about time we settle this matter about increasing health care transfers. Regarding measures, like I explained, I understand that these measures can divide Quebeckers, but we had no choice but to protect our hospitals' situation.

Le Modérateur : Cathy Senay, CBC.

Mme Senay (Cathy) : Good afternoon. First of all, just one quick clarification. The lifting of the public health emergency will happen when your bill, Mr. Dubé, will be adopted, not tabled, right?

M. Legault : Right.

Mme Senay (Cathy) : The adoption, this is what we are looking for. So, we are crossing our fingers, perhaps, that it will be adopted before mid-June.

M. Dubé : Well, I mean, the minute we will put it on the table, it will be a decision of the Opposition, how long they want us to deal with it. But the Premier has asked me to make it ready for March, and it will be ready for March.

Mme Senay (Cathy) : OK. Premier Legault, after months, and months, and months of restrictions, how do you feel, today, that you are starting asking Quebeckers to manage their own risks?

M. Legault : I'm happy because we know, since a long time, that we'll have to learn to live with the virus. But, until last night, the forecast didn't give us the opportunity to switch to this approach because of the hospitals' situation. So, I'm happy to see that we have a margin because we went from 3,400 to 2,400 hospitalizations, because of the vaccination. So, right now, we can take a calculated risk, and finally, a bit, turn the page.

Mme Senay (Cathy) : Regarding the vaccine passport, Mr. Dubé, you were clear, a few minutes ago, saying : This is one of the two important tools, with the wearing of mask, so you have to live with it, like, we will keep it. But then, how can you justify this? And what will be your criteria to get rid of the vaccine passport if you have a province like Saskatchewan that the requirement should provide... a proof of vaccination will be lifted on Monday?

M. Dubé : Well, I think, first, it's very important that this recommendation of those two tools are recommendations of Public Health. I'm just saying... what I'm saying : Very clearly, we have seen how important that has been, especially the passport, for those that were vaccinated to be able to have a normal life. So, in a case where, say, we're finished with this famous fifth wave and we're back next Fall, or whenever, another Omicron, another one will be, that's for sure that those would be the tools that we can use, because people have been dealing with those tools now for almost two years. So, I'm just saying that the best tools to make sure that we go back to a normal life, apart from confinement, would be mask and passport. That's very clear.

Le Modérateur : Ian Wood, CTV.

M. Wood (Ian) : Premier Legault, I just want to switch topics here. Onto the REM, the Transportation Authority of Montréal recommends that, perhaps, it's poorly aligned, it's not complementary to the existing transit system in Montréal. Are you prepared to go back to the drawing table with the «caisse» to create a new plan?

M. Legault : We already said that we were ready to make adjustment. It's important for us that the East of Montréal be better served for collective transportation. So, we're open for adjustment. I would like to have the support of the mayor of Montréal, Valérie Plante, in the adjusted project. So, for me, the important partner is more the mayor of Montréal than the ARTM.

M. Wood (Ian) : And then, on another topic here, there're these allegations of sexual assault in a high school, which regards their basketball team there. The Education Minister says he wants to have a further look into that. I mean, this is quite a serious allegation that's come forward in this… of alleged culture of silence. You know, what can the Government do to sort of open things up on this, beside just having an inquiry? I mean, this is quite a serious allegation.

M. Legault : No, no, it's very serious and totally unacceptable. The Minister of Education will have an inquiry. The Minister of Sports also is looking, with the basketball association, what can be done. I know also that the service center also is making an inquiry. We already tabled a bill about having a more independent «protecteur de l'élève». And if needed, we'll do more than that. I remember, we've asked each school in Québec to have a plan against violence. So, it's totally unacceptable, and I'll do everything I can to fight against this kind of violence.

Mme Prince (Véronique) : Pouvez-vous le répéter en français, s'il vous plaît?

Le Modérateur : Oui. Allez-y, monsieur.

M. Legault : Oui. Bien, je trouve ça très grave, ce qui est arrivé. On a le ministre de l'Éducation qui dit qu'il va faire une enquête. On a le centre de services qui a dit qu'il était pour faire une enquête. Je sais aussi que la ministre responsable du Sport parle avec l'association de basketball pour voir aussi ce qu'il est possible de faire. Déjà, on avait mis en place un plan d'action, qu'on a demandé à chaque école, pour lutter contre la violence. On a déposé un projet de loi, aussi, pour créer un poste indépendant puis facilement accessible de protecteur de l'élève. Puis je n'exclus aucun moyen, là, pour aller plus loin, là. C'est abominable qu'est ce qui est arrivé, puis il ne faut plus jamais que ça arrive, là. Puis on est prêts à faire ce qu'il faut.

Le Modérateur : Notre collègue, Raquel Fletcher, de Global ne peut pas être là aujourd'hui, mais on a deux questions de chez Global : Why eliminate gathering limits in homes but wait to open bars? Lequel d'entre vous répond?

M. Boileau (Luc) : Do I have to answer it in English or…

M. Legault : In English.

M. Boileau (Luc) : Will it be better…

Le Modérateur : Yes, in English.

M. Boileau (Luc) : OK. I'm sorry.

Le Modérateur :

M. Boileau (Luc) : English. So, I'm sorry. It was… It's just to say that there's a difference between living at home, and the possibility of gathering ourselves with our family and friends, and controlling what's going on in bars. Bars are normally, much largely, with more numerous numbers of persons. We have a lot of studies that have been done that shows us that it's still a place that the contagiosity might be increased compared to home. And this is mostly why we adopt those proposal for the Premier and the Minister of Health. And we've been in contact with all the people representing bars, sports, I mean, all the fields. And I think that what we're proposing is something that is strong enough to be acceptable for all.

Le Modérateur : Et maintenant une dernière question de Global, donc en anglais, je pense qu'elle est dirigée vers vous, M. Dubé : What is the contingency plan for hospitals given that the reopening might bring more cases and hospitalizations?

M. Dubé : Well, as I explained, it's because we think that we had this room of maneuver that we didn't have a month ago. When we were at 3,500 hospitalizations and we had more than 20,000 absent employees, we were really close to having to make very tough choices. Since then, we got back half of our employees that were sick, so that's good news. And second, we have reduced the total number of hospitalizations by one-third, we went from 3,500 to 2,400. So these two, and combined with other measures that we're discussing with our people in the hospitals, PCI measures that would be adjusted to Omicron, give us this room of maneuver that, if there were to be some increase, which is possible, we will be able to manage those increases.

Le Modérateur : C'est ce qui met fin à cette conférence de presse.

M. Bellerose (Patrick) : ...Est-ce que la date du 14 mars, c'est symbolique? Ça va faire deux ans précisément qu'on aura vécu sous les mesures sanitaires au 14 mars.

M. Legault : Non. C'est un lundi. Non, non.

M. Bellerose (Patrick) : C'est un hasard?

M. Dubé : Merci, tout le monde. Merci beaucoup.

Le Modérateur : Coïncidence. Merci beaucoup. Bonne fin de journée.

(Fin à 13 h 53)

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