Assemblée nationale du Québec - Retour à l'accueil

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Skip Navigation LinksL'historique

 

La présence du livre auprès des parlementaires québécois remonte à la fin du XVIIIe siècle. À l'ouverture de la première session de la Chambre d'assemblée du Bas-Canada, en décembre 1792, les parlementaires avaient à leur disposition les quelque 2 000 volumes de la Bibliothèque de Québec. Les membres du Conseil législatif jouissaient déjà de ce privilège depuis 1783. La Bibliothèque de Québec accepte que les députés aient « l’usage des livres pendant la session [...] en payant trois piastres et se conformant aux règles ». (Gazette de Québec, 3 janvier 1793)

La Bibliothèque de Québec, association d'initiative privée, occupe un local dans l’édifice parlementaire; c’est pourquoi on permet aux députés et conseillers de l’utiliser. Mais, avec le temps, ses collections se révèlent insuffisantes et un comité est chargé d'étudier la possibilité de créer une bibliothèque parlementaire. Le rapport du groupe, adopté le 10 mars 1802, constitue la charte de fondation de la Bibliothèque de la Chambre d'assemblée du Bas-Canada ainsi que ses premiers règlements. Le greffier se voit confier l'administration de la nouvelle institution. L'accès aux lieux est limité aux députés et aux employés et le prêt extérieur est réservé au gouverneur. De plus, la Bibliothèque doit suivre l'horaire de la Chambre et déposer un rapport annuel.

Le 26 mars 1802, le Conseil législatif vote à son tour une résolution visant à établir sa propre bibliothèque. C'est ainsi que de 1803 à 1821 (date du déménagement de la Bibliothèque de Québec) l'édifice du Parlement abritait trois bibliothèques : la Bibliothèque de Québec, celle de la Chambre et celle du Conseil. Le premier catalogue des collections de l’Assemblée a été imprimé en 1811.

À partir de 1825, les collections de la Bibliothèque de la Chambre d'assemblée sont, entre les sessions, à la disposition des fonctionnaires, des juges et de toute personne ayant obtenu une permission écrite de la part d'un député. Pendant les sessions, la Bibliothèque retrouve cependant sa fonction exclusivement parlementaire. En 1829, est créé la fonction de Bibliothécaire; Jacques Langlois en est le premier titulaire. Après sa mort, en 1832, le poste est confié par un vote de l’Assemblée à Étienne Parent, journaliste et « assistant-traducteur » au service de la Chambre.

En mars 1838, la constitution de 1791 est suspendue au Bas-Canada et les activités des deux bibliothèques ne reprennent qu'après l'adoption de l'Acte d'union de 1840. L'Union législative du Bas-Canada et du Haut-Canada signifie la fusion des collections parlementaires des deux provinces et leur déménagement vers le nouveau siège du gouvernement provisoirement fixé à Kingston (1841-1844), à Montréal (1844-1849), puis à Toronto (1850) et enfin à Québec en 1852. Au cours de son existence, la Bibliothèque subit trois incendies. Le premier a lieu le 25 avril 1849, à la suite de l'adoption d'une loi accordant des indemnités aux victimes de répression des rébellions de 1837-1838. Les opposants à cette loi mettent le feu à l'Hôtel du Parlement de Montréal, ce qui entraîna la perte des quelque 22 000 volumes des deux bibliothèques, des archives parlementaires du Haut-Canada, du Bas-Canada, et du Canada-Uni, ainsi que des documents officiels et des manuscrits originaux.

Le Conseil législatif renonce par la suite à se reconstituer une collection distincte de celle de l'Assemblée, préférant consacrer ses efforts et ses ressources à rebâtir une bibliothèque commune aux deux chambres. On prend alors l'habitude de la désigner comme la Bibliothèque du Parlement.

En février 1854, un deuxième incendie détruit l'Hôtel du Parlement de Québec et entraîne de nouveau une perte considérable, soit la moitié de la collection qui compte alors environ 17 000 volumes. En 1862, paraît un Catalogue alphabétique de la Bibliothèque du Parlement comprenant l’index des catalogues méthodiques publiés en 1857 et 1858.

En 1865, commence le déménagement de la majeure partie des collections de Québec à Ottawa, ville désignée pour être la capitale de la fédération canadienne. Narcisse-Eutrope Dionne parlera du « grand et suprême déménagement ». Une nouvelle bibliothèque est créée et désignée sous l’appellation de Bibliothèque de la Législature car elle est au service des deux Chambres. Le nom de Bibliothèque du Parlement sera repris à Ottawa. Avec la Loi constitutionnelle de 1867 et la création de la province de Québec, la nouvelle Bibliothèque prend un grand essor grâce au dynamisme et à la culture de son premier bibliothécaire, le poète Léon-Pamphile Le May. Né à Lotbinière, Le May est admis au Barreau du Bas-Canada en 1865 et il publie la même année son premier recueil : Essais poétiques. Il a la tâche de créer la Bibliothèque de la Législature au lendemain de la naissance de la Confédération. Plus tard il devra aussi la réorganiser après l’incendie des édifices parlementaires en 1883. En 1873, on publie un nouveau Catalogue de la Bibliothèque. En marge de sa carrière de bibliothécaire, Le May publie de nombreux ouvrages, recueils de poèmes, contes ou pièces de théâtres. Il traduit en français Evangéline de Longfellow ainsi que The Golden Dog de William Kirby. Il a été un membre fondateur de la Société royale du Canada en 1883.

En 1883, l'incendie de l'Hôtel du Parlement de Québec détruit une grande partie de la collection, forte à ce moment-là de plus de 30 000 volumes. On en sauve à peine 4 500. Près de 1 500 volumes appartenant au conservateur de la Bibliothèque y brûlent aussi. Les collections épargnées servent de base à la nouvelle Bibliothèque. L'année suivante l'Assemblée ratifie la loi relative à la Bibliothèque de la Législature. En 1885, on installe la Bibliothèque au rez-de-chaussée de l’aile sud du Parlement. En 1890, on achète la collection Chauveau constituée de 3 660 volumes et 1 589 brochures, de livres rares et anciens sur l’histoire et la littérature, rassemblés par cet ancien surintendant du Département de l’Instruction publique et Premier ministre du Québec. Cette collection, qui offre un panorama de l’histoire du livre depuis les origines de l’imprimerie, est considérée comme un trésor national. Le May prend sa retraite en 1892.

Narcisse-Eutrope Dionne prend la relève de Le May. Originaire de Saint-Denis-de-Kamouraska, le second bibliothécaire depuis la Confédération, qui est aussi médecin, pratique d’abord sa profession de 1873 à 1880 et devient, en 1880, le rédacteur d’un journal conservateur, le Courrier du Canada. Travailleur et érudit, il mène de front plusieurs carrières. Il contribue activement au rayonnement de l’institution. En plus d’être journaliste et bibliothécaire, Dionne publie de nombreux ouvrages historiques dont un Inventaire chronologique des livres, brochures, journaux et revues publiés dans le Québec […] depuis 1764. Dionne devient également membre de la Société royale du Canada en 1893. Il prend sa retraite en 1912.

Pour succéder au docteur Dionne, on fait appel à Ernest Myrand. Né à Québec, il est d’abord journaliste attaché au Canadien, puis devient fonctionnaire. Registraire au Secrétariat provincial dès 1902, il est lui aussi l’auteur de quelques ouvrages historiques et membre de la Société royale du Canada à partir de 1909. Au cours de son mandat, les locaux actuels sont aménagés et Myrand réalise ainsi le rêve de son prédécesseur. L’édifice construit entre 1912 et 1915, qui porte maintenant le nom du premier directeur de la Bibliothèque, est l'œuvre des architectes Jean-Omer Marchand et Georges-Émile Tanguay. Depuis ce temps, la Bibliothèque occupe le rez-de-chaussée et le sous-sol de cet édifice patrimonial. En y entrant, on est frappé par la beauté d’un espace imposant avec ses colonnes de marbre rose et surtout sa verrière. Myrand meurt en fonction en 1921.

Il est remplacé par Joseph Desjardins. Ce dernier était entré, en 1883, au service de la comptabilité de l’Assemblée législative pour ensuite devenir secrétaire de l’Orateur. En 1886, il passe à la Bibliothèque à titre de commis. En 1902, il publie son Guide parlementaire historique de la Province de Québec, 1792 à 1902. Après avoir servi sous les trois bibliothécaires précédents, il dirige la Bibliothèque de 1921 jusqu’à sa retraite en 1934.

Georges-Émile Marquis, qui lui succède, est d’abord instituteur et inspecteur d’écoles. En 1914, il prend la direction du Bureau des statistiques provinciales nouvellement créé. En 1934, il est permuté à la Bibliothèque dans des circonstances inusitées. Jean-Charles Harvey, rédacteur en chef du Soleil, écrivain de talent, publie, en 1934, un roman qui fait scandale : Les demi-civilisés. Ce faisant, il s’attire les foudres de l’épiscopat et se voit destitué de son poste. Le gouvernement libéral de Louis-Alexandre Taschereau voudrait bien assurer à Jean-Charles Harvey un poste digne de lui qui lui permettrait de gagner honorablement sa vie. Harvey, une personne de grande culture et amoureux des livres, aurait dû normalement accéder au poste vacant de bibliothécaire. On nomme plutôt Marquis et Harvey devient directeur de la statistique. Marquis prend sa retraite en décembre 1952.

En décembre 1952, l’assistant bibliothécaire Jean-Charles Bonenfant prend la succession de Georges-Émile Marquis. Avocat, Bonenfant avait d’abord été le secrétaire du Premier ministre Duplessis à l’époque de son premier mandat. Me Bonenfant a dirigé la Bibliothèque jusqu’en 1969. Grand humaniste, journaliste et professeur à l'Université Laval, il est en outre un vulgarisateur de génie, collaborateur à L’Action catholique, et auteur de nombreux ouvrages. L'Assemblée nationale a honoré sa mémoire en créant, en 1978, la Fondation Jean-Charles-Bonenfant, laquelle a pour objet d'augmenter, d'améliorer et de diffuser la connaissance des institutions politiques et parlementaires dans le grand public. La Bibliothèque était à son époque une bibliothèque à la fois publique, universitaire et parlementaire. Me Bonenfant a accueilli de nombreux universitaires canadiens, français, américains et anglais, qui poursuivaient des recherches à Québec. Enfin, il a agi comme conseiller auprès de plusieurs Présidents. En 1965, le ministère des Travaux publics procède à la transformation du sous-sol. Les usagers disposent de nouveaux locaux climatisés dont une salle de lecture de cinquante places, une salle de microfilms, une autre pour la reliure et un magasin.

Après le départ de Me Bonenfant, la Bibliothèque sera dirigée par Jacques Prémont de 1969 à 1993 et par Gaston Bernier, de 1994 à 2000. Durant cette période, le cadre de la bibliothèque parlementaire traditionnelle éclate; l’institution connaît un développement considérable avec le lancement du Bulletin (1970) et de la collection « Bibliographie et documentation » (1972), et avec la création des Services de recherche (1971), de la documentation de presse (1972), de la reconstitution des débats (1974), de la revue de presse L’Argus (1977), de l’indexation du Journal des débats (1979), de la gestion des archives de l’Assemblée (1981) et de la gestion de ses documents administratifs (1989).

En 2001, Philippe Sauvageau prend la direction de la Bibliothèque qui s’apprête alors à célébrer son deuxième centenaire. Sous sa gouverne, on entreprend des travaux majeurs pour rénover l’enceinte de la Bibliothèque afin de lui redonner son cachet d’antan. La Bibliothèque s’implique dans plusieurs événements culturels, dont la création, en 2003, de la Journée du livre politique et la production d’expositions thématiques. Avec le développement rapide des technologies de l’information, la Bibliothèque a dû s’adapter au changement. Elle s’est ainsi dotée d’équipements pour la numérisation, qui lui ont permis d’entreprendre la numérisation de plusieurs documents parlementaires anciens et récents. La collection numérique a également été développée afin de répondre à une demande de plus en plus grande.

De 2010 à 2012, l'équipe de la Bibliothèque est sous la direction de Hélène Galarneau, qui devient ainsi la première femme à occuper cette fonction. En septembre 2012, Frédéric Fortin lui succède. La Bibliothèque de l’Assemblée nationale continue de répondre aux besoins d’information, de recherche et de documentation des parlementaires contemporains et de ses autres usagers en harmonisant les ressources documentaires et intellectuelles léguées par deux siècles d’histoire aux nouvelles techniques de l’information et de la communication existantes ou en émergence.